Ressources Catholiques Missel Romain

Luc chap. 4 verset 21. - Et il commença à leur dire : Aujourd’hui, cette parole de l’Ecriture que vous venez d’entendre est accomplie. - Quel commentaire tout divin Jésus ne dût-il pas faire des paroles d'Isaïe ! Toutefois il n'a pas plu à l'Esprit-Saint de nous le conserver. S. Luc n'en donne que l'exorde, qui dut être en même temps le thème du discours de Notre-Seigneur : Aujourd'hui cette parole … est accomplie. Au moment même où Jésus lisait aux habitants de Nazareth la prophétie d'Isaïe, elle trouvait sa réalisation ; l'Évangile était prêché par le Messie. L'interprétation d'Euthymius, de Paulus, de Rosenmüller (ce texte que vous avez entendu) est donc très inexacte.

Luc chap. 4 verset 22. - Et tous lui rendaient témoignage, et ils admiraient les paroles de grâce qui sortaient de sa bouche, et ils disaient : N’est-ce pas là le fils de Joseph ? - L'écrivain sacré décrit avec force l'effet produit par le discours de Jésus. Tous louaient le céleste orateur ; Eût-il été possible de ne pas admirer, de ne pas louer ? Les paroles qui sortaient de la bouche de Notre-Seigneur n'étaient -elles pas remplies, et pour le fond et pour la forme, d'une grâce surnaturelle que rien n'avait égalé jusqu'alors ? « La grâce est répandue sur tes lèvres », prophétisait de lui le Psalmiste, Ps. 44, 3, et ses ennemis eux-mêmes reconnaîtront, Joan. 7, 46, que personne ne savait parler comme lui. Voir sur l'éloquence de Jésus-Christ l'Evang. selon S. Matth. pp. 96 et ss. A la suite du discours qu'ils avaient entendu et justement admiré, les assistants auraient dû acclamer d'une seule voix Jésus comme le Messie. Mais voici qu'une réflexion toute humaine transforme soudain leurs sentiments : N'est-ce pas là le fils de Joseph ? Ils se rappellent que celui qui vient de leur parler n'est que le fils du pauvre charpentier Joseph, qu'il n'a reçu aucune éducation, et aussitôt leur foi naissante fait place à la plus complète incrédulité. Ils refusent de reconnaître à Jésus une mission venue d'en haut parce qu'il était de condition obscure.

Luc chap. 4 verset 23. - Alors il leur dit : Sans doute, vous m’appliquerez ce proverbe : Médecin, guéris-toi toi-même ; les grandes choses faites à Capharnaüm, dont nous avons entendu parler, faites-les également ici, dans votre pays. - Jésus a remarqué le changement qui s'est opéré dans l'assistance : peut-être même a-t-il entendu les expressions dédaigneuses qui circulaient à son égard, les Juifs ne se gênant guère pour manifester, même au sein des assemblées religieuses, leurs dispositions hostiles ou bienveillantes (cfr. Farrar, Life of Christ, t. 1, p. 224 de la 23è édit.). Il prend de nouveau la parole pour y répondre. Notre-Seigneur suppose que ses auditeurs mécontents lui citent, par mode d'objection, le proverbe Médecin, guéris-toi toi-même, que l'on ne rencontre pas sans un intérêt spécial dans l'Évangile du « très cher médecin ». Il est d'ailleurs fréquemment employé non-seulement par les rabbins, mais aussi par les classiques romains et grecs, car la vérité naïve et mordante qu'il exprime appartient à la sagesse populaire de tous les temps et de tous les pays. « Au lieu d'aller combattre, défendez-nous », Virgile (ap. Schegg, h. l.). Ce mot du grand poète latin indique très bien la signification que pouvait avoir notre proverbe placé sur les lèvres des rudes habitants de Nazareth. « Fais d'abord pour les tiens, si tu veux qu'ils croient en ta mission, ce que tu opères si bien pour d'autres ». Au reste, Jésus ajoute lui-même l'explication, en continuant de parler au nom de ses concitoyens : les grandes choses faites à Capharnaüm… S. Luc n'a mentionné nulle part encore les miracles que Jésus avait accomplis à Capharnaüm : mais cette réflexion suppose qu'ils existaient, éclatants et nombreux.

...suite