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5. Guérison d'un lépreux. 5, 12-16. Parall. Matth. 8, 2-4 ; Marc. 1, 40-45

12Et comme il était dans une des villes, voici qu’un homme couvert de lèpre, voyant Jésus, se prosterna la face contre terre, et le pria, en disant : Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir. 13Jésus, étendant la main, le toucha et dit : Je le veux, sois guéri. Et, au même instant, la lèpre le quitta. 14Et il lui ordonna de n’en parler à personne : Mais, dit-il, va, montre-toi au prêtre, et offre pour ta guérison ce que Moïse a prescrit, afin que cela leur serve de témoignage. 15Cependant, sa renommée se répandait de plus en plus, et des foules nombreuses venaient pour l’entendre, et pour être guéries de leurs maladies. 16Mais lui, il se retirait dans le désert et priait.

Luc chap. 5 verset 12. - Et comme il était dans une des villes, voici qu’un homme couvert de lèpre, voyant Jésus, se prosterna la face contre terre, et le pria, en disant : Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir. - Dans une des villes est un trait propre à S. Luc. La ville témoin du miracle était située, d'après le contexte (cfr. 4, 43), dans la province de Galilée, où Jésus faisait alors une sorte de tournée pastorale.  Notre évangéliste a seul noté que le suppliant était plein de lèpre : tout le corps était donc affecté de cette affreuse maladie, que nous avons décrite ailleurs (Evang. selon S. Matth. p. 153), et qui, à un tel degré, était complètement incurable. Voyez l'intéressant opuscule du Dr. F. Delitzsch Durch Krakheit zur Genesung, eine jerusalemische Geschicht der Herodierzeit, Leipzig 1873. - Il se prosterna. S. Matthieu : il adorait ; S. Marc : il se jeta à genoux. Trois expressions diverses pour décrire un même fait, la prostration du lépreux aux pieds de Jésus. - Si tu le veux, tu peux me guérir. Les trois synoptiques citent dans les mêmes termes cette prière pleine de foi.

Luc chap. 5 verset 13. - Jésus, étendant la main, le toucha et dit : Je le veux, sois guéri. Et, au même instant, la lèpre le quitta. - D'après S. Marc, c'était le cœur compatissant de Jésus qui dirigeait sa main toute-puissante. - Je le veux, sois guéri. « Réponse répondant  bellement à la demande » (Fr Luc). A peine le Sauveur avait-il prononcé cette parole que la lèpre abandonnait pour toujours le malade. En effet, « rien ne s'interpose entre l’œuvre de Dieu et le commandement, parce que le commandement est œuvre », S. Ambroise. S. Matthieu envisage la guérison au point de vue cérémonial ; voilà pourquoi il la désigne par le verbe « a été guérie ». S. Luc s'exprime en médecin : « la lèpre le quitta ». S. Marc combine les deux manières de voir : « La lèpre le quitta, et il fut guéri ».

Luc chap. 5 verset 14. - Et il lui ordonna de n’en parler à personne : Mais, dit-il, va, montre-toi au prêtre, et offre pour ta guérison ce que Moïse a prescrit, afin que cela leur serve de témoignage. - Les trois narrations synoptiques exposent en des termes presque identiques les deux ordres que contient ce verset : 1° n'en parler à personne (voyez dans l'Evang. selon S. Matth., p. 154, les motifs de cette interdiction qui paraît tout d'abord surprenante) ; 2° Va, montre-toi… En passant ainsi brusquement du langage indirect au discours direct, S. Luc a donné une grande vie au récit. Les auteurs classiques ont souvent recours à ce procédé.

Luc chap. 5 verset 15. - Cependant, sa renommée se répandait de plus en plus, et des foules nombreuses venaient pour l’entendre, et pour être guéries de leurs maladies. - Un mot de S. Marc explique pourquoi la réputation de Jésus se propagea ainsi avec une nouvelle rapidité : « Il se mit à proclamer partout la nouvelle et à la propager ». - Des foules nombreuses … pour l'entendre. On est heureux de lire que les foules n'accouraient pas seulement auprès de Jésus dans un but égoïste, pour se faire guérir, mais aussi pour recueillir de sa bouche la parole divine, dont elles étaient saintement avides.

Luc chap. 5 verset 16. - Mais lui, il se retirait dans le désert et priait. - Il se retirait : la tournure grecque correspondrait à il était en retraite, et désigne mieux les habitudes de retraite adoptées par Notre-Seigneur tant que dura l'effervescence populaire qu'avait excitée la guérison du lépreux. - Et il priait. Voyez, sur ce détail caractéristique du troisième Évangile, 3, 21 et l'explication. Quand Jésus était empêché de se livrer à la prédication, qui était alors son œuvre par excellence, il se retirait dans les solitudes qui avoisinent le lac, et il y passait de longues heures à prier.

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