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Conception de S. Jean-Baptiste (vv. 23-25)

23Lorsque les jours de son ministère furent écoulés, il s’en alla dans sa maison. 24Quelque temps après, Elisabeth sa femme conçut ; et elle se tenait cachée durant cinq mois, disant : 25Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi aux jours où il m’a regardée, afin de me délivrer de mon opprobre parmi les hommes.

Luc chap. 1 verset 23. - Lorsque les jours de son ministère furent écoulés, il s’en alla dans sa maison. - Ce verset et les deux suivants racontent la conception miraculeuse de S. Jean Baptiste. Lorsque les jours… C'est-à-dire, d'après les explications données plus haut, à la fin de la semaine. Il s'en alla. Durant leur semaine de service, les prêtres ne sortaient pas du temple et il leur était interdit d'aller dans leurs habitations privées. Du reste, ils étaient pour la plupart domiciliés hors de Jérusalem, et tel était le cas pour Zacharie, ainsi que nous le verrons en expliquant le v. 39.

Luc chap. 1 verset 24. - Quelque temps après, Elisabeth sa femme conçut ; et elle se tenait cachée durant cinq mois, disant - L'accomplissement des divines promesses ne se fit pas longtemps attendre : « quelque temps après » ne peut indiquer ici qu'un intervalle de temps assez court. - Elle se tenait cachée… Dans la pensée d'Elisabeth, cet isolement devait durer jusqu'au jour de la naissance de son enfant ; mais, comme l'écrivain sacré le dira bientôt (comp. Les vv. 26 et 39), Marie vint y mettre un terme au sixième mois. De là ce « cinq mois » mentionné d'une façon expresse : c'est une date qui en prépare une autre. Mais pourquoi Elisabeth se cachait-elle ainsi ? On a expliqué sa conduite par les raisons les plus variées, parfois même les plus invraisemblables. « Parce qu'elle n'était pas assez certaine, aux premiers mois, d'être enceinte », dit Rosenmüller (Scholia in Luc. p. 21) à la suite de Paulus. C'était, suivant de Wette, une simple précaution hygiénique, destinée à écarter d'Elisabeth et du fruit de son sein tout accident fâcheux. Plusieurs Pères et divers exégètes (Origène, S. Ambroise, Théophylacte, Euthymius, etc.) pensent que cette retraite avait pour mobile la délicatesse de la pudeur : « Son enfantement faisait rougir l’âge », écrit S. Ambroise. Bleek croit qu'elle était dictée par un besoin profondément senti de reconnaissance, de recueillement et de prière. Nous préférons admettre, avec un assez grand nombre d'auteurs contemporains (entre autres MM. Von Burger, Bisping, van Oosterzee), qu'Elisabeth, de même que la Très Sainte Vierge d'après le premier Évangile (Matth. 1, 18-20 ; voyez le commentaire), se cachait par respect pour le secret du ciel. Le Seigneur lui avait tout à coup accordé une grâce inespérée ; mais elle ne croyait pas qu'il lui appartînt à elle-même de la révéler aux hommes. Elle voulut donc attendre dans la solitude qu'il manifestât par le cours ordinaire des événements l'immense faveur qu'il avait daigné lui faire.

Luc chap. 1 verset 25. - Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi aux jours où il m’a regardée, afin de me délivrer de mon opprobre parmi les hommes. - Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi. Parole toute hébraïque ; nous ne croyons pas que la phrase introduite par elle ait aucun rapport avec les raisons pour lesquelles Elisabeth entrait dans sa pieuse retraite. Les mots sont emphatiques. C'est à Dieu, et à Dieu seul que la sainte épouse de Zacharie rapporte la gloire de sa maternité. Comme Eve, elle s'écrie : « J'ai formé un homme avec l'aide de l'Éternel ». - Aux jours où il m'a regardée… Le Seigneur, d'après une pensée qui revient à chaque instant dans la Bible, est censé avoir jeté du haut du ciel un regard favorable sur Elisabeth, en vue de faire cesser la longue épreuve qu'elle avait endurée. - Mon opprobre parmi les hommes. Rachel, devenue mère après plusieurs années de stérilité, s'écriait aussi avec bonheur : « Dieu a enlevé mon opprobre ! » Gen. 30, 23. Chez les Juifs en effet, et en générale dans tout l'Orient, la privation d'enfants a toujours été considérée comme un indice du mécontentement divin et par suite, comme une grande humiliation. Comparez 1 Reg. 1, 6, 11 ; Is. 4, 1 ; 47, 9 ; 54, 4, etc.

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