23Il disait aussi à tous : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, et qu’il porte sa croix tous les jours, et qu’il me suive. 24Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. 25Et quel avantage aurait un homme à gagner le monde entier, s’il se perd lui-même et cause sa ruine ? 26Car si quelqu’un rougit de moi et de mes paroles, le Fils de l’homme rougira de lui lorsqu’il viendra dans sa gloire, et dans celle du Père et des saints anges. 27Je vous le dis, en vérité, il en est quelques-uns, ici présents, qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le royaume de Dieu.
Voyez l'explication détaillée dans l'Évangile selon S. Matthieu, p. 330 et ss., et dans l'Evang. selon S. Marc, p. 128 et ss. La ressemblance est rarement aussi complète entre entre les trois synoptiques : c'est à peine si quelques expressions diffèrent.
Luc chap. 9 verset 23. - Il disait aussi à tous : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, et qu’il porte sa croix tous les jours, et qu’il me suive. - Il disait aussi à tous : A ce moment, Jésus n'était donc plus seul avec ses disciples (cfr. 18). « Appelant la foule avec ses disciples », lisons-nous dans le second Évangile. - Qu'il porte sa croix : chacun sa croix personnelle, celle qui lui a été destinée par la divine Providence. - Tous les jours : mot important, qui appartient en propre à la rédaction de S. Luc. L'abnégation du chrétien ne doit pas se borner à quelques moments isolés de sa vie : il faut qu'elle soit quotidienne, perpétuelle. La locution adverbiale chaque jour manque, il est vrai, dans d'assez nombreux manuscrits ; toutefois sa présence dans les meilleurs témoins (A, B, K, L, M, Sinait., etc.), suffit pour garantir son authenticité. S. Jérôme l'avait trouvée déjà dans « de très anciens exemplaires » (Ep. 16 ad Princip.), et l'on ne comprendrait guère que ce fût une glose insérée dans le texte, dès lors que les deux autres évangélistes n'ont rien de semblable. - Et qu'il me suive. Les chrétiens dignes de ce nom forment, à la suite de Jésus qui ouvre la marche, une longue procession de crucifiés.
Luc chap. 9 verset 24. - Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. - Notre-Seigneur démontre maintenant la nécessité, pour le chrétien, de ce chemin de croix quotidien. Ses divers arguments, vv. 24-26, sont présentés sous la forme piquante des jeux de mots et des antithèses. Ici, nous avons l'image d'un homme qui se sauve en se perdant, ou qui se perd en voulant se sauver.
Luc chap. 9 verset 25. - Et quel avantage aurait un homme à gagner le monde entier, s’il se perd lui-même et cause sa ruine ? - Ce n'est qu'une nuance, mais en même temps c'est une confirmation de la pensée qui précède. La fin du verset, s'il se perd lui-même et cause sa ruine, a reçu dans notre Évangile une forme spéciale, légèrement emphatique. Comparez les passages parallèles.
Luc chap. 9 verset 26. - Car si quelqu’un rougit de moi et de mes paroles, le Fils de l’homme rougira de lui lorsqu’il viendra dans sa gloire, et dans celle du Père et des saints anges. - « Rendre la pareille », et jamais les vengeances de Jésus n'auront été plus légitimes, tant il est honteux et lâche de rougir de lui et de sa doctrine après tout ce qu'il a daigné faire pour nous. - Ici encore nous avons une légère modification (cfr. Matth. 16, 27 ; Marc. 8, 38). Notre-Seigneur mentionne trois gloires distinctes dont il sera magnifiquement entouré quand il viendra juger les hommes à la fin des temps : sa gloire personnelle, la majesté de son Père céleste, et l'éclat brillant des anges qui composeront sa cour.
Luc chap. 9 verset 27. - Je vous le dis, en vérité, il en est quelques-uns, ici présents, qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le royaume de Dieu. - « Ici » est emphatique, « présents » pittoresque ; les disciples et la foule se tenaient donc alors debout autour du Sauveur. - Sur le sens de la promesse ne goûteront pas la mort avant…, voyez l'Évangile selon S. Matthieu, pp. 332 et 333. La Transfiguration, malgré toutes ses splendeurs, ne saurait mériter d'une manière adéquate le nom de règne de Dieu (« elle ne montrait pas le règne, mais l'image du futur règne », Maldonat) ; elle ne réalisa pas dans leur entier les paroles de Jésus.