Seconde prédiction officielle de la Passion. 9, 44 et 45. - Parall. Matth. 17, 21 et 22 ; Marc. 9, 29-31.
44Et tous étaient frappés de la grandeur de Dieu ; et comme tous étaient dans l’admiration de tout ce que faisait Jésus, il dit à ses disciples : Vous, mettez bien dans vos cœurs ces paroles : Le Fils de l’homme doit être livré entre les mains des hommes. 45Mais ils ne comprenaient pas cette parole, et elle était voilée pour eux, de sorte qu’ils n’en avaient pas le sens ; et ils craignaient de l’interroger à ce sujet.
Luc chap. 9 verset 44. - Et tous étaient frappés de la grandeur de Dieu ; et comme tous étaient dans l’admiration de tout ce que faisait Jésus, il dit à ses disciples : Vous, mettez bien dans vos cœurs ces paroles : Le Fils de l’homme doit être livré entre les mains des hommes. - Ils étaient vivement frappés : S. Luc relève seul, et comme on le voit, en termes énergiques, l'impression produite par la guérison du lunatique. La divine puissance de Jésus s'était rarement déployée sous les yeux de la foule avec tant d'éclat. Mais ce prodige en rappela d'autres à ceux qui venaient de le contempler ; chacun se mit à les raconter avec admiration, comme l'ajoute notre évangéliste avec emphase : tous étaient dans l'admiration de tout ce que faisait Jésus. Jésus, ce semble, craignait que l'enthousiasme universel ne fît oublier à ses apôtres les humiliations qu'il leur avait récemment annoncées ; c'est pourquoi il leur en renouvelle la sombre prophétie. - Mettez vous bien dans vos cœurs… (dans le grec, « dans vos oreilles »). Cette solennelle formule d'introduction n'a été conservée que par S. Luc. « Vous » est emphatique : vous, mes disciples, par opposition à la foule superficielle et ignorante. - Ces paroles ne désigne pas, comme le veut Meyer, les paroles louangeuses du peuple, mais la prédiction suivante de Jésus. - Le Fils de l'homme… les mains des hommes : antithèse remarquable, qu'on trouve dans les trois synoptiques. S. Luc se borne à un rapide sommaire de la prophétie, qui paraît d'autant plus lugubre dans son récit, qu'il omet de mentionner la joyeuse espérance de la Résurrection. Cfr. Matth. 17, 22 ; Marc. 9, 30.
Luc chap. 9 verset 45. - Mais ils ne comprenaient pas cette parole, et elle était voilée pour eux, de sorte qu’ils n’en avaient pas le sens ; et ils craignaient de l’interroger à ce sujet. - Nous avons eu l'impression de la foule à propos du miracle ; nous apprenons maintenant celle qu'éprouvèrent les disciples à l'occasion de la sombre nouvelle qui leur était ainsi réitérée par Jésus. S. Luc la décrit en psychologue. Le premier (ils ne comprenaient pas) et le dernier trait (et ils craignaient de l'interroger) lui sont, il est vrai, communs avec S. Marc (voyez le commentaire p. 138). Mais la pensée intermédiaire, exprimée à l'aide d'une vivante image, et elle était voilée pour eux, lui appartient en propre. Tel était encore, après de longs mois passés en la société de Jésus, l'état d'âme des apôtres. Mille préjugés les aveuglaient. Voir dans Bossuet, 1er sermon pour le Dim. de la Quinquagésime (édit. de Versailles, t. 12, pp. 27, 33, 36 et 37), un beau commentaire de tout ce passage.