23. Leçon d'humilité et de tolérance. 9, 46-50. Parall. Matth. 17, 1-6 ; Marc. 9, 32-39.
46Or une pensée leur vint dans l’esprit : lequel d’entre eux était le plus grand. 47Mais Jésus, voyant les pensées de leurs cœurs, prit un enfant et le plaça auprès de lui. 48Puis il leur dit : Quiconque reçoit cet enfant en mon nom, me reçoit ; et quiconque me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé. Car celui qui est le plus petit parmi vous tous, celui-là est le plus grand. 49Alors Jean, prenant la parole, dit : Maître, nous avons vu un homme chasser les démons en votre nom, et nous l’en avons empêché, parce qu’il ne vous suit pas avec nous. 50Et Jésus lui dit : Ne l’en empêchez pas ; car celui qui n’est pas contre vous est pour vous.
Les lignes qui précèdent (v. 45) nous ont montré que les Douze étaient loin d'avoir des idées complètement exactes sur le rôle de leur Maître : celles-ci révèlent en eux de nouvelles imperfections. Mais Jésus les redresse avec bonté, leur enseignant le véritable esprit de son Église.
Luc chap. 9 versets 46-48. - Or une pensée leur vint dans l’esprit : lequel d’entre eux était le plus grand. 47Mais Jésus, voyant les pensées de leurs cœurs, prit un enfant et le plaça auprès de lui. 48Puis il leur dit : Quiconque reçoit cet enfant en mon nom, me reçoit ; et quiconque me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé. Car celui qui est le plus petit parmi vous tous, celui-là est le plus grand. - Leçon d'humilité, motivée par l'étrange discussion qui s'était élevée naguère entre les Apôtres : ils s'étaient demandé lequel d'entre eux était le plus grand. Une question de préséance, de vanité, les occupait en un pareil moment, alors que la croix de Jésus était déjà dressée à l'horizon ! Mais voici que leur Maître leur rappelle les austères pensées du Christianisme. - Il prit un enfant et le plaça auprès de lui. C'est l'un des traits les plus touchants de l'Évangile. Il dut rendre l'argumentation du Sauveur tout à fait saisissante. Voyez dans S. Matthieu les détails de cette argumentation. S. Luc l'abrège plus encore que S. Marc ; mais il en a bien conservé la substance dans le double axiome du v. 48. - Quiconque reçoit cet enfant … Les petits et ceux qui leur ressemblent, c'est-à-dire les humbles, sont ainsi élevés au rang le plus sublime. 2° Celui qui est le plus petit entre vous… Conséquence du premier axiome, exprimée sous une forme paradoxale : devenez petits pour être grands.
Luc chap. 9 verset 49 et 50. - Alors Jean, prenant la parole, dit : Maître, nous avons vu un homme chasser les démons en votre nom, et nous l’en avons empêché, parce qu’il ne vous suit pas avec nous. 50Et Jésus lui dit : Ne l’en empêchez pas ; car celui qui n’est pas contre vous est pour vous. - Leçon de tolérance, occasionnée par un petit problème moral que le disciple bien-aimé posa en cet instant même à Notre-Seigneur. S. Luc et S. Marc ont seuls raconté, d'une façon presque identique, ce précieux incident. Aussi aurons-nous bien peu de chose à ajouter aux explications données dans notre commentaire sur le second Évangile, p. 140 et 141. - Jean, prenant la parole. Il est vraisemblable que S. Jean avait joué le rôle principal dans la scène qu'il va brièvement exposer. Les mots en ton nom paraissent contenir la raison d'être de l'interrogation adressée à Jésus d'une manière si subite, au milieu de l'instruction qu'il avait commencée. Le divin Maître avait parlé de recevoir « en son nom » même les petits enfants, et voici que les apôtres s'étaient conduits avec sévérité envers un homme qui agissait en ce nom béni. - Nous l'en avons empêché. Nous trouvons dans les manuscrits B, L, Z, Sinait., la variante pittoresque « nous l'empêchions ». - Parce qu'il ne vous suit pas avec nous. Tel était le motif qui avait inspiré cette conduite des Douze. Les seuls disciples habituels du Christ, pensaient-ils, devaient jouir du privilège en question ; il ne pouvait être permis au premier venu de se l'approprier. - Ne l'en empêchez pas, répond Jésus ; puis, à son tour, il motive sa décision en opposant au « il ne vous suit pas » cette profonde parole : Qui n'est pas contre vous… Comme dans S. Marc, la Recepta porte « nous, avec nous » ; mais la leçon que favorisent, outre la Vulgate, les manuscrits B, C, D, K, L, M, Z, les versions syr. et italique, est selon toute probabilité la véritable.