Luc chap. 11 verset 15. - Mais quelques-uns d’entre eux dirent : C’est par Béelzébub, prince des démons, qu’il chasse les démons. - C'étaient, d'après les deux autres synoptiques, des Pharisiens et des Scribes. - C'est par Béelzébub … chasse les démons. Sur ce dieu des Philistins, dont le nom était devenu chez les Juifs un synonyme de Satan, voyez l'Evang. selon S. Matth., p. 209. Voilà Jésus accusé de complicité avec le prince des démons : Par une calomnie si hardie et si grossière, ses ennemis espéraient ruiner son autorité auprès du peuple. Les Talmudistes l'ont équivalemment reproduite, quand ils ont prétendu que Notre-Seigneur opérait ses miracles à l'aide de formules magiques, dont il avait puisé la connaissance en Égypte. Bab. Schab. f. 104, 2 ; 43, 1. Ce qui inspirait à Ligthfoot, Hor. hebr. ad Matth. 10, 25, cette verte réplique : « Ils sont voleurs ces chiots (les Talmudistes) selon la formation qu’ils ont reçue de ces chiens (les Pharisiens) ». Qu'il suffise de dire avec un ancien : « Quand arrive la cécité complète, vient l’impiété. Il n’y a pas d’œuvre de Dieu si évidente que l’impie ne pervertisse ».
Luc chap. 11 verset 16. - Et d’autres, pour le tenter, lui demandaient un signe qui vînt du ciel. - Cette demande ne fut adressée à Notre-Seigneur, suivant la narration plus précise de S. Matthieu (12, 38), qu'après qu'il eût réfuté l'accusation des Pharisiens. S. Luc unit logiquement les deux réflexions, parce que chacune d'elles provoqua une partie de la réponse de Jésus. « Les Juifs réclament des signes miraculeux », disait S. Paul, 1 Cor. 1, 22, pour caractériser ses anciens coreligionnaires. Abusant de la bonté de Dieu, qui avait prodigué les miracles en leur faveur, ils s'étaient peu à peu livrés à cette fâcheuse tendance.