17Or Jésus, montant à Jérusalem, prit à part les douze disciples, et leur dit : 18Voici que nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux princes des prêtres et aux scribes, et ils le condamneront à mort ; 19et ils le livreront aux païens, pour qu’ils se moquent de lui, le flagellent et le crucifient ; et il ressuscitera le troisième jour.
Matthieu chap. 20 verset 17. - Or Jésus, montant à Jérusalem, prit à part les douze disciples, et leur dit – Or Jésus, montant à Jérusalem. Le moment venu, Jésus quitte sa retraite de Pérée pour aller à Jérusalem consommer son sacrifice. La capitale juive étant bâtie sur un plateau élevé, l’expression « monter à Jérusalem » était devenue technique, ou plutôt populaire, pour désigner un voyage qui avait cette ville pour terme : elle revient à chaque instant dans la Bible. Cf. 3 Reg. 12, 27, 28 ; Ps. 122, 3, 4 ; Luc. 2, 42 ; 18, 31 ; Joan. 2, 13 ; 5, 1 ; 7, 8, 10, etc. Jos. Ant. 2, 3, 1. - Prit à part... C’est donc sur la route même, et chemin faisant, qu’eut lieu l’entretien dont les trois synoptiques nous ont conservé le souvenir. Les Douze seuls entendirent ces parole mémorables de Jésus : l’Évangile le note formellement, il prit à part les douze disciples. Jésus voyageait sans doute en ce moment au milieu d’une société nombreuse : il prit à part ses Apôtres proprement dits, pour leur faire la grave communication qui va suivre : c’était une nouvelle que les autres disciples, non encore avertis, n’étaient pas capables de porter. Mais au contraire, il faut que les Douze soient avertis de nouveau, de crainte qu’ils ne soient trop scandalisés quand les événements s’accompliront.
Matthieu chap. 20 verset 18. - Voici que nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux princes des prêtres et aux scribes, et ils le condamneront à mort. - Voici que nous montons. « Voilà que déjà se produit, dans cette montée devant les portes (de Jérusalem), ce que je vous ai quelquefois annoncé au sujet de ma mort », Jansenius. La particule fait ressortir la proximité de l’accomplissement : c’est durant le voyage actuel que la Passion de Jésus aura lieu. - Le Fils de l'homme sera livré : première trahison, laissée dans le vague pour ce qui regarde l’auteur ; l’indication ne sera complétée que le soir du Jeudi Saint. Cf. 26, 2 et ss. - Aux princes des prêtres... C’est le Sanhédrin juif qui est désigné par ces mots. Cf. 2, 4. - Ils le condamneront : livré tout d’abord au Sanhédrin, Jésus sera condamné à mort par ce tribunal suprême ; mais l’exécution de la sentence viendra d’ailleurs, ainsi qu’il sera dit au verset suivant.
Matthieu chap. 20 verset 19. - Et ils le livreront aux païens, pour qu’ils se moquent de lui, le flagellent et le crucifient ; et il ressuscitera le troisième jour. - Et ils le livreront aux païens. Deuxième trahison dont les auteurs sont cette fois clairement indiqués. Nous n’avons plus un verbe passif, « sera livré », mais un verbe actif avec son sujet bien distinct. Cette trahison nouvelle placera Jésus entre des mains pires encore, s’il est possible, que le premières. Prisonnier d’abord du Sanhédrin qui avait du moins un semblant d’autorité théocratique, il deviendra le prisonnier des païens. « Païen » est la traduction de l’hébreu du nom donné par les Israélites à tout ce qui n’était pas Juif. - Pour qu'il soit moqué... Ces trois verbes affirment le but et le résultat final de cette cruelle livraison du Christ aux païens de Rome : de plus, ils contiennent en abrégé les principales scènes de la Passion. - Il ressuscitera : comme autrefois, ce mot revient à la façon d’un rayon lumineux destiné à jeter l’espoir dans le cœur des Apôtres. A deux reprises déjà, Cf. 16, 21 et 17, 21-22, et à des intervalles assez rapprochés, nous avons entendu des prédictions semblables à celle-ci ; mais la dernière des trois est de beaucoup la plus explicite. La première ne faisait aucune mention de la trahison, ni de la croix ; dans la seconde la trahison est indiquée, mais assez vaguement ; la troisième distingue les deux manières dont Jésus-Christ sera livré à ses ennemis, elle distingue aussi très nettement les divers actes du drame douloureux de la Passion, les outrages, la flagellation, le crucifiement. Tout y est donc très bien marqué. C’est un résumé de la Passion, un sommaire de ses souffrances écrit d’avance par Jésus. « L'annonce de ce qui allait arriver a été faite avec presque les mêmes mots que ceux avec lesquels la réalité est présentée ci-dessous 27,27-31 », Fritzsche - S. Matthieu omet de signaler l’effet produit sur les Apôtres par cette communication du Sauveur : S. Luc, 18. 34, le fait en termes intéressants.