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21. - Ensevelissement de Jésus, vv. 57-61. Parall. Marc. 15, 42-47 ; Luc. 23, 50-56 ; Joan. 19, 38-42.

57Lorsque le soir fut venu, il vint un homme riche d’Arimathie, nommé Joseph, qui était aussi disciple de Jésus. 58Cet homme alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna qu’on rendît le corps. 59Et ayant pris le corps, Joseph l’enveloppa d’un linceul blanc. 60Et le déposa dans son tombeau neuf, qu’il avait fait tailler dans le roc ; puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau, et il s’en alla. 61Or, Marie Madeleine et l’autre Marie étaient là, assises en face du sépulcre.

Matthieu chap. 27 verset 57.  - Lorsque le soir fut venu, il vint un homme riche d’Arimathie, nommé Joseph, qui était aussi disciple de Jésus.  - Les Grecs appelaient « soir », tantôt la partie de la journée comprise entre trois et six heures, c'est-à-dire ce que nous nommons après-midi, cf. 8, 16 ; 14, 15 et Marc. 4, 35 ; tantôt les dernières heures du jour, celles qui précèdent immédiatement la nuit ; cf. 14, 15-23. C'est du premier de ces deux soirs qu'il est question dans cet endroit, comme il ressort du récit de S. Marc, 15, 42. - Il vint. Plusieurs commentateurs ont pensé que Joseph d'Arimathie était allé au Calvaire avant de se rendre chez Pilate : c'est possible, mais le texte sacré n'en dit absolument rien. « Il vint » est en effet parallèle à « alla trouver » du verset suivant, cf. Marc. 15, 43 ; Luc. 23, 52, et ces deux verbes réunis semblent n'exprimer qu'une seule et même démarche. - Un homme riche. Cette circonstance n'était pas sans valeur. Elle donnait à Joseph une plus grande autorité pour se présenter chez Pilate et pour lui exposer sa requête. Du reste, ce pieux disciple avait une autre source de crédit et d'influence : c'était son titre de Membre du Sanhédrin. cf. Luc. 23, 50 et ss. - D'Arimathie. On n'a pas encore réussi à fixer d'une manière certaine la situation d'Arimathie. Les voyageurs et les géographes hésitent entre trois localités principales : Ramleh, Renthieh et Neby-Samouil. La première, bâtie sur une dune qui s'élève au-dessus de la riche plaine de Saron, près de la route de Jaffa à Jérusalem, à 30 km environ de cette dernière ville, a en sa faveur une tradition qui semble remonter au moins jusqu'aux croisades, et qui semble même s'appuyer sur le témoignage d'Eusèbe et de S. Jérôme, puisque ces deux anciens auteurs, l'un dans son Onomasticon, s. v. Armathem Sophim, l'autre dans l'épitaphe de sainte Paule, placent Arimathie dans le voisinage de Lydda, c'est-à-dire de la Loudd actuelle, dont Ramleh n'est distant que d'une lieue. Cf. Raumer, Palaestina, 4è édit. p. 217 et 448 ; Schegg, Gedenkbuch einer Pilgerreise, t. 1, p. 229 ; Kitto, Cyclopedia of the Bible, s. v. Arimathaea. Le village de Renthieh, situé un peu plus au nord (voir la carte de Van de Velde), est loin de réunir des chances aussi avantageuses : les auteurs qui l'identifient avec la patrie de Joseph, en particulier M. Thomson, the Land and the Book, 2è édit. p. 525, et M. Ayre, Treasury of Bible Knowledge, s. v. Arimathaea, ne peuvent guère baser leur sentiment que sur une simple probabilité. Neby-Samouil possède au contraire des titres assez sérieux. Les Arabes nomment ainsi une colline pittoresque qui se dresse au N. O. de Jérusalem et sur laquelle était autrefois bâtie, selon toute probabilité, le bourg de Ramathaïm, patrie du prophète Samuel ; cf. 1 Reg. 1, 1-19. La ressemblance d'appellations a décidé quelques topographes et commentateurs, cf. Sepp, Jerusalem u. das h. Land, t. 2, p. 13 et ss., à chercher sur le Neby-Semouil l'emplacement de l'ancienne Arimathie. Nous doutons cependant qu'elle suffise pour contrebalancer la tradition citée plus haut et pour déposséder Ramleh. - Quoi qu'il en soit, au moment de la mort de Jésus, Joseph d'Arimathie avait sans doute quitté depuis un certain temps le lieu de sa naissance pour se fixer à Jérusalem, puisqu'il venait de se faire ériger un tombeau de famille dans la capitale ; cf. v. 60. - Nommé Joseph. S. Joseph avait été chargé par la Providence de protéger l'enfance du Sauveur ; un autre Joseph reçoit d'elle la mission de veiller à sa sépulture. Joseph était un des disciples de Jésus, de là le zèle qu'il déploie pour honorer son Maître ; mais son adhésion était demeurée secrète « par crainte des Juifs », comme nous le lirons dans le quatrième Évangile, Joan. 19, 38.

 

Matthieu chap. 27 verset 58. - Cet homme alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna qu’on rendît le corps.  - Il vint au prétoire en suppliant. Néanmoins, il y vint en homme courageux et résolu, ainsi que le fait remarquer S. Marc, 15, 43 : « Il eut l’audace d’aller chez Pilate pour demander le corps de Jésus ». - Demanda le corps. D'après la loi juive, cf. Deut. 21, 23 ; Jos. Bell. Jud. 4, 5, 2, les corps des condamnés devaient être détachés du gibet, puis enterrés avant le coucher du soleil, le jour même du supplice. Au contraire, suivant la coutume romaine, les cadavres des crucifiés demeuraient souvent des jours entiers sur la croix, abandonnés aux oiseaux de proie ou aux animaux sauvages, à moins qu'on ne les fît brûler au bout d'un certain temps. Cf. Horat. Ep. 1, 16, 48 ; Plaute, Mil. glor. 2, 4, 19. Les magistrats avaient cependant le pouvoir de les concéder aux parent ou aux amis qui les réclamaient pour leur donner une sépulture honorable. Cf. Ulpian. 43, 24, 1, de Cadav. punit. C'est ce qui explique la démarche de Joseph d'Arimathie. - Pilate ordonna. Le gouverneur commença par s'assurer que Jésus avait cessé de vivre, Marc. 15, 44-45. Sur les renseignements qu'il reçut du centurion préposé au crucifiement, il accéda sans peine à la demande de Joseph. Il se plia d'autant plus facilement à la coutume juive dans cette circonstance, qu'il n'avait condamné Jésus qu'à regret, et qu'il croyait ainsi réparer jusqu'à un certain point son acte de faiblesse.

 

Matthieu chap. 27 verset 59. - Et ayant pris le corps, Joseph l’enveloppa d’un linceul blanc.  - Le corps du Sauveur fut respectueusement descendu de la croix ; on procéda ensuite, mais à la hâte, parce que l'heure du repos sabbatal approchait, à son ensevelissement. Comme les amis de Jésus se proposaient de rendre les derniers devoirs à sa dépouille sacrée d'une manière plus solennelle dans la matinée du dimanche, cf. Marc. 16, 1 ; Luc. 24, 1, ils se bornèrent le vendredi à lui donner une sépulture rapide et provisoire. - Joseph l'enveloppa. Après l'avoir lavé et parfumé, on l'entoura de bandelettes suivant l'usage, Joan. 19, 39-40, et on l'enveloppa finalement dans un linceul de lin. - Un linceul blanc, c'est-à-dire neuf, n'ayant pas encore servi.

 

Matthieu chap. 27 verset 60. - Et le déposa dans son tombeau neuf, qu’il avait fait tailler dans le roc ; puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau, et il s’en alla. - S. Jean, 19, 41-42, s'est chargé de commenter ces mots. « Dans le lieu où il fut crucifié se trouvait un jardin, et, dans le jardin, un sépulcre neuf dans lequel personne n'avait encore été mis. C'est là qu'ils placèrent Jésus à cause de la Parascève des Juifs, le sépulcre se trouvant à proximité. » Le sépulcre était la propriété de Joseph d'Arimathie : on achevait à peine de le creuser. Jésus y fut donc enseveli le premier. - Qu'il avait fait tailler dans le roc. Nous avons dit ailleurs, cf. 23, 29 et le commentaire, qu'aux environs de Jérusalem il y avait de nombreux tombeaux taillés dans le roc. D'après divers détails notés dans le quatrième Évangile, 20, 5-6, 11, celui de Joseph d'Arimathie semble avoir consisté en une chambre unique, taillée horizontalement dans le rocher : le corps du Sauveur dut être placé au milieu de cette salle funèbre. - Il roula une grande pierre. Ces pierres énormes, que les Juifs avaient coutume de placer à l'entrée de leurs sépulcres, étaient destinées à éloigner les bêtes féroces et les voleurs. Leur nom signifiait « ce qu'on roule ». Elles étaient parfois habilement encastrées dans le roc, et munies d'une fermeture à secret ; cf. de Saulcy, Art judaïque, p. 235 et ss.

 

Matthieu chap. 27 verset 61. - Or, Marie Madeleine et l’autre Marie étaient là, assises en face du sépulcre. - « Lorsque les autres abandonnèrent le Seigneur, les femmes continuent à le veiller …. et elles méritent ainsi d'être les premières à voir sa résurrection », S. Jérôme, in h. l. Marie-Madeleine est la première à ce poste d'amour. Avec elle s'y trouve l'autre Marie, c'est-à-dire Marie, mère de Jacques et de Joseph, mentionnée au v. 56. Elles sont là dans l'attitude de la douleur. Il leur est impossible de s'éloigner de Jésus, même après sa mort : de plus, elles avaient désiré savoir en quel lieu son corps serait déposé, parce qu'elles voulaient l'embaumer plus complètement quand le repos du sabbat aurait cessé. Cf. Marc. 15, 47 ; Luc. 23, 55 et suiv.

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