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EVANGILE SELON SAINT MATTHIEU CHAPITRE 28

Les deux Marie viennent au sépulcre, v. 1. - Apparition de l'ange du Seigneur et frayeur des gardes, vv. 2-4. - L'ange annonce aux saintes femmes la résurrection de Jésus et les envoie porter cette nouvelle aux Apôtres, vv. 5-7. - Elles obéissent et sont favorisées d'une des premières apparitions du Sauveur, vv. 8-10. - Les soldats romains corrompus par le Sanhédrin, vv. 11-15. - Jésus apparaît à ses disciples sur une montagne de Galilée, vv. 16-17. - Il les munit de pleins pouvoirs et leur fait une promesse consolante, vv. 18-20.

 

APPENDICE

La résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ

 

« Car tu ne livreras pas mon âme au séjour des morts, Tu ne permettras pas que ton bien-aimé voie la corruption », s'était écrié David, Ps. 15, 10, en tant qu'il était le type du Messie. S. Matthieu nous montre, dans la dernière page de son Évangile, la manière dont cette glorieuse prophétie s'est réalisé en Jésus. C'est avec sa simplicité accoutumée de langage, quoique pourtant avec une joie qu'on voit percer à travers son récit, qu'il décrit ce grand événement qui forme vraiment, comme le disait l'apôtre des Gentils, 1 Cor. 1, 14-22, la base de notre foi et du Christianisme tout entier. - Si les rationalistes ont attaqué violemment les miracles ordinaires de Jésus, on peut dire qu'ils se sont déchaînés avec une véritable fureur contre le prodige de sa Résurrection.  Et l'on devait s'y attendre ; comment en effet ceux qui prétendaient anéantir la religion chrétienne n'auraient-ils pas essayé de renverser la colonne fondamentale qui la soutient depuis dix-huit siècles ? Pour parvenir à leurs fins, ils n'ont reculé devant aucun moyen, et n'ont pas craint d'accuser les évangélistes de mensonge ou de manœuvres encore plus indélicates. - Fidèle à notre rôle de simple commentateur, nous ne les suivrons pas à travers les obscurs labyrinthes de leur critique toute négative. Il suffira d'indiquer ici le plus sérieux de leurs griefs et d'en prouver brièvement l'inanité. S'appuyant sur les variantes parfois assez considérables qui existent entre les quatre récits évangéliques relativement au fait de la Résurrection, ils prétendent que ce sont des contradictions réelles ; d'où ils concluent que les narrations ne méritent aucune créance. A cette assertion, nous opposons les considérations suivantes : 1° Il est vrai qu'il existe entre les quatre évangélistes, touchant le miracle de la Résurrection, des divergences assez notables. 2° Ces divergences s'expliquent de la façon la plus simple : elles proviennent de ce que les évangélistes ne donnent tous qu'une relation incomplète, chacun à son point de vue spécial, des événements qui eurent lieu entre la Résurrection de Jésus et son Ascension. 3° Ces divergences, dont on trouve de fréquents exemples chez tous les écrivains indépendants qui ont écrit sur un même sujet, n'ont absolument rien de commun avec les contradictions proprement dites . Entre les quatre récits, l'harmonie s'établit même assez facilement, comme l'admet quiconque n'est pas sous l'influence d'idées préconçues, et comme le prouvent les nombreux essais de conciliation qui ont eu lieu depuis les premiers siècles chrétiens jusqu'à nos jours.  Cf. S. Augustin, de Consens. Evang. 3, 61-85 ; Tischendorf, Synops. Evang. p. 49 et suiv. 4° Sur les points essentiels, il règne un accord parfait entre les évangélistes ; les différences ne portent que sur des détails secondaires. Le récit, de même que le fait lui-même, demeure donc inébranlable. Dans sa narration, qui est la plus courte et la moins détaillée des quatre, S. Matthieu se borne aux traits principaux : il signale seulement la visite des saintes femmes au sépulcre, la fuite des gardes et une apparition de Jésus à ses disciples.

 

1. Les saintes femmes au sépulcre, vv. 1-10. Parall. Marc. 16, 1-8, Luc. 24, 1-8.

1Le sabbat passé, lorsque le premier jour de la semaine commençait à luire, Marie-Madeleine et l’autre Marie vinrent pour voir le tombeau. 2Et voici qu’il se fit un grand tremblement de terre car un ange du Seigneur descendit du ciel et s’approchant, il renversa la pierre et s’assit dessus. 3Son visage était comme l’éclair et son vêtement comme la neige. 4A cause de lui les gardes furent terrifiés et devinrent comme morts. 5Mais l’ange, prenant la parole, dit aux femmes : Ne craignez pas, vous ; car je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié. 6Il n’est pas ici ; car il est ressuscité comme il l’avait dit. Venez et voyez le lieu où le Seigneur avait été mis. 7Et hâtez-vous d’aller dire à ses disciples qu’il est ressuscité, et voici qu’il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez. Voici, je vous l’ai prédit. 8Elles sortirent aussitôt du tombeau, avec crainte et avec une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. 9Et voici que Jésus vint au-devant d’elles, en disant : Je vous salue. Elles s’approchèrent, et embrassèrent ses pieds et l’adorèrent. 10Alors Jésus leur dit : Ne craignez pas;  allez, dites à mes frères de partir pour la Galilée ; c’est là qu’ils me verront.

Matthieu chap. 28 verset 1. -  Le sabbat passé, lorsque le premier jour de la semaine commençait à luire, Marie-Madeleine et l’autre Marie vinrent pour voir le tombeau. - La première partie de ce verset est assez obscure, surtout dans la Vulgate : heureusement, on peut l'éclaircir à l'aide des autres récits. - Le sabbat passé. Cette locution ne désigne pas le soir du samedi ; mais, comme on le voit par le contexte, le début du jour suivant. Le grec porte « tard dans le sabbat », c'est-à-dire après le sabbat. Ce sens est garanti par de nombreux exemples tirés des classiques. Cf. Philostrat. Vit. Apoll. 4, 18, après l'achèvement des mystères ; Thucyd, 4, 96, le jour fini ; etc. Voir Bretschneider, Lexic. Man. t. 2, p. 195. ; Hagen, Sprachl. Eroerterungen zur Vulgata, p. 101. Cependant, on peut admettre aussi avec Maldonat que cette expression représente par métaphore tout le temps écoulé entre le samedi soir et le dimanche matin : « Ce que l’évangéliste appelle le soir du sabbat, ce n’est pas le temps vespéral qui s’écoule entre le jour et la nuit,  mais toute la nuit, à la fin de laquelle, c’est-à-dire à l’aurore, on dit que les femmes sont venues au sépulcre ». Toutefois, cette interprétation nous paraît moins exacte. - A luire. Le verbe grec correspondant se dit habituellement des astres, quand on veut dépeindre les premiers rayons qu'ils envoient sur la terre en apparaissant à l'horizon ou au firmament ; mais on l'emploie souvent aussi pour représenter le crépuscule du matin, les premières lueurs du jour. Le « premier jour de la semaine » est un terme technique emprunté au langage liturgique des anciens Juifs, pour désigner le lendemain du sabbat, le jour du Seigneur (d'où nous avons fait Dimanche), comme l'a plus tard nommé l'Église. De même que nous prenons le dimanche pour point de départ, dans la numération chrétienne des jours, de même les Hébreux rapportaient au sabbat tous les jours suivants de la semaine. Le premier jour après le sabbat est donc la dénomination juive du dimanche, qui demeura en usage dans la chrétienté pendant un certain nombre d'années. Cf. Act. 20, 7 ; 1 Cor. 16, 2 ; Joan. 20, 1. - De toutes les explications qui précèdent, il suit que la phrase obscure de S. Matthieu pourrait se traduire simplement par ces mots : à l'aube du dimanche. Cf. Luc. 14, 1 ; Joan. 20, 1.   - Marie-Madeleine... Nous retrouvons ici les deux saintes femmes qui avaient été mentionnées plus haut, 28, 61.  Demeurées les dernières auprès du sépulcre dans la soirée du vendredi, elles arrivent les premières le dimanche matin. Il est vrai que S. Marc, 16, 1, et S. Luc, 14, 10, nomment encore plusieurs autres des amis de Jésus. - Pour voir le tombeau. Plus exactement, elles venaient pour embaumer le corps du Sauveur, et pour compléter sa sépulture que l'approche du sabbat avait interrompue.

 

Matthieu chap. 28 verset 2. - Et voici qu’il se fit un grand tremblement de terre car un ange du Seigneur descendit du ciel et s’approchant, il renversa la pierre et s’assit dessus. - Les versets 2-4 racontent des faits antérieurs à l'arrivée des saintes femmes. C'est pendant qu'elles étaient en route que l'ange descendit du ciel et ouvrit le tombeau : elles le trouvèrent assis sur la pierre ; il ne fit donc pas sous leurs yeux sa première apparition. - Et voici… Cette particule annonce un prodige éclatant. Le vendredi soir, au moment où Jésus expirait, une violente commotion s'était fait sentir aux alentours du Calvaire, cf. 27, 51, 54 ; un ébranlement du même genre se produisit le dimanche matin dans le voisinage du sépulcre. Il avait pour but de montrer aux sentinelles romaines, placées là par le Sanhédrin, le caractère surnaturel et divin de tout ce qui se passait alors. - Car un ange du Seigneur… explique la relation qui existait entre le tremblement de terre et l'apparition de l'ange. - Il renversa la pierre. Brisant les scellés du Grand Conseil, l'envoyé céleste roule de côté cette énorme pierre et ouvre ainsi le sépulcre de Jésus. On admet généralement, à la suite des Pères, que la résurrection du Sauveur avait eu lieu quelques instants auparavant. Ce n'est pas pour Lui que le tombeau fut ouvert, mais pour les saintes femmes et pour les disciples. Ce signe devait leur dire dès leur approche : « Il n'est pas ici, il est ressuscité », Cf. v. 6. Quant au fait même de la Résurrection, il est complètement passé sous silence par les écrivains sacrés : c'est un mystère dont il n'a pas plu à l'Esprit-Saint de nous révéler les détails. Les Pères le comparent à la naissance miraculeuse de Jésus. « Les Juifs perfides ont scellé la pierre du monument pour que Christ n’ait pas d’issue. Mais comment ne pouvait-il pas sortir du sépulcre celui qui est sorti du sein non souillé  de sa mère en préservant sa virginité ? », S. August. Serm. 138 de tempore ; Cf. Euthymius, in h.l. Glorieux triomphe, devant lequel il faut encore adorer et nous taire ! - Il s'assit : l'ange prend ainsi l'attitude d'un conquérant qui foule aux pieds ses ennemis vaincus ; c'est lui qui est désormais le vrai gardien du saint Sépulcre, mais du sépulcre vide.

 

Matthieu chap. 28 verset 3. - Son visage était comme l’éclair et son vêtement comme la neige. - Après avoir indiqué les actes du divin messager, l'évangéliste décrit en quelques mots son apparition extérieure. Tout son être, et spécialement son visage, était éblouissant de clarté. Il ressemblait en tous points à un homme transfiguré. C'est ainsi que se manifestent habituellement les anges. Cf. Dan. 10, 5, 6 ; Act. 1, 10 ; 10, 10 ; Apoc. 10, 1, etc.

 

Matthieu chap. 28 verset 4.  - A cause de lui les gardes furent terrifiés et devinrent comme morts. - Effet produit sur les soldats romains par cette apparition soudaine : ce fut une panique irrésistible. - Terrifiés : dans le texte grec, le verbe dénote une frayeur extrêmement violente ; cf. 21, 10. D'ailleurs, le trait suivant montre bien jusqu'à quel point les gardes furent terrifiés : ils devinrent semblables à des morts, c'est-à-dire qu'ils tombèrent à la renverse et qu'ils demeurèrent quelque temps étendus à terre, sans pouvoir ou du moins sans oser se relever.

 

Matthieu chap. 28 verset 5. - Mais l’ange, prenant la parole, dit aux femmes : Ne craignez pas, vous ; car je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié. - L'ange répond au sentiment d'effroi qu'éprouvaient les saintes femmes, et prend la parole pour faire cesser leur trouble. - Vous est emphatique : Vous, les amies du Sauveur, vous n'avez aucune raison d'être effrayées : c'est la joie, non la peur, qui doit vous agiter. Laissez ce dernier sentiment aux ennemis du Christ. Ce pronom « vous » est donc opposé à « gardes » du verset précédent. - Car je sais. L'ange continue de rassurer Marie Madeleine et ses compagnes, en leur disant qu'il connaît le pieux motif de leur visite au sépulcre de Jésus. - Jésus, qui a été crucifié. Il n'hésite pas à mentionner cette circonstance, qui est désormais un sujet de gloire pour le Rédempteur ; Cf. 1 Cor. 1, 23 et suiv. : elle sert du reste à rendre plus frappant le contraste qui  existe entre la récente humiliation du Christ et son triomphe mentionné au verset suivant. « L’ange enseigne le nom, nomme la croix, parle de la passion, reconnaît la mort, mais il confesse bientôt après la résurrection ; sans tarder il confesse le Seigneur », S. Pierre Chrysologue, sermon 76.

 

Matthieu chap. 28 verset 6. - Il n’est pas ici ; car il est ressuscité comme il l’avait dit. Venez et voyez le lieu où le Seigneur avait été mis. - Le langage de l'ange est rapide et vivant. Il est reproduit à peu près dans les mêmes termes par les trois synoptiques. Cf. Marc. 16, 6 ; Luc. 24, 6. - Comme il l'avait dit. « Et si vous ne me croyez pas, souvenez-vous de ses propres paroles », S. Jean Chrys. Hom. in h. l.  Ce n'est pas un fait inouï que l'ange annonce ; Jésus n'avait-il pas prédit depuis longtemps à ses disciples qu'il ressusciterait le troisième jour ? Voici que ses prédictions se sont glorieusement accomplies. - Venez et voyez. Douce invitation destinée à fortifier encore la foi des saintes femmes ! Elles ont vu placer le corps de Jésus dans le sépulcre ; elles peuvent maintenant se convaincre par leurs propres yeux que ce sépulcre est vide. Le divin Maître est donc vraiment ressuscité. - Le Seigneur : les disciples désignaient fréquemment Jésus-Christ par ce titre. Cf. Joan. 20, 18 ; 21, 7 ; etc. Mais, comme il le mérite plus que jamais depuis sa victoire sur la mort, dorénavant les écrivains sacrés se complairont à le lui attribuer sans cesse.

 

Matthieu chap. 28 verset 7. - Et hâtez-vous d’aller dire à ses disciples qu’il est ressuscité, et voici qu’il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez. Voici, je vous l’ai prédit. - Après une courte pause durant laquelle les saintes femmes entrèrent dans le sépulcre, selon que l'ange les y avait exhortées, celui-ci reprit son allocution. - Hâtez-vous. Il faut qu'elles aillent au plus vite porter aux disciples la bonne nouvelle qu'elles viennent elles-mêmes d'apprendre. - Il vous précède … Autre nouvelle consolante, qui n'est d'ailleurs que la confirmation d'une prédiction antérieure de Jésus ; cf. 26, 32. On ne doit pas exagérer la signification du verbe au présent, comme si l'ange eût voulu dire : Voici qu'il est déjà sur le chemin de la Galilée pour aller vous attendre dans cette province. D'après le sens naturel de la phrase, Jésus sera en Galilée quand ses disciples y arriveront. - Il vous précède. Le messager céleste termine son petit discours en certifiant que tout se passera réellement comme il l'a dit. Les saintes femmes auront bientôt le bonheur de voir le divin Ressuscité : il donne sa parole d'ange qu'il en sera vraiment ainsi.

 

Matthieu chap. 28 verset 8. - Elles sortirent aussitôt du tombeau, avec crainte et avec une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. - Les amies du Sauveur exécutent sur le champ la recommandation de l'ange. Par un trait pittoresque, le narrateur nous les montre, au sortir du tombeau, se dirigeant en toute hâte, courant vers le lieu où étaient réunis les apôtres, pour leur annoncer la résurrection de Jésus. Il ajoute aussi un détail psychologique plein d'intérêt : avec crainte et avec une grande joie . L'association de la crainte et de la joie dans un même cœur et au même moment paraît peut-être au premier abord un phénomène impossible, parce qu'il ressemble à une contradiction. Il est cependant très ordinaire qu'on éprouve à la fois ces deux sentiments sous le coup d'une bonne nouvelle inespérée. « Je ne me connais pas, s'écrie un personnage de Térence, L'Andrienne, 5, 4, 34, tant mon esprit est agité en même temps par la crainte, par la joie et par l'espérance, quand je considère ce bonheur si grand et si peu attendu ». Ou bien, l'effroi des saintes femmes avait été causé par la vue de l'ange, cf. v. 5, tandis que leur joie provenait des heureuses nouvelles qu'elles avaient entendues. L'adjectif grande retombe sur les deux substantifs, qu'il détermine de la même manière.

 

Matthieu chap. 28 verset 9. - Et voici que Jésus vint au-devant d’elles, en disant : Je vous salue. Elles s’approchèrent, et embrassèrent ses pieds et l’adorèrent.  - Ce verset et le suivant contiennent le récit abrégé de l'apparition que Jésus fit aux saintes femmes peu de temps après leur sortie du sépulcre. Sur la manière de concilier la narration de S. Matthieu avec celles de S. Marc, 16, 9-11, et de S. Jean, 20, 11-18, voir l'explication de ces deux passages. - Jésus vint au-devant d'elles. Puisqu'elles se rendaient à la ville, il semblait donc en venir lui-même. Il prononça probablement la formule hébraïque « la paix soit avec vous ». - Elles s'approchèrent . Ce fut leur premier mouvement : dès qu'elles aperçurent Jésus, elles s'approchèrent de lui avec amour. - Elles embrassèrent ses pieds. Elles saisirent respectueusement ses pieds pour les baiser. C'est de la même manière que la Sunnamite avait témoigné sa vénération au prophète Elisée, 4 Reg. 4, 27. - Et l'adorèrent. Elles demeurèrent quelque temps prosternées, dans le sentiment d'une profonde adoration pour le Fils de Dieu ressuscité.

 

Matthieu chap. 28 verset 10. - Alors Jésus leur dit : Ne craignez pas;  allez, dites à mes frères de partir pour la Galilée ; c’est là qu’ils me verront. - Ne craignez pas. Parole d'encouragement qui accompagna plusieurs des apparitions du Christ. Cf. Luc. 24, 36. L'amour que ses disciples avaient pour lui et la joie qu'ils éprouvaient à le voir ne les empêchaient pas de ressentir un premier mouvement d'effroi bien naturel, quand il se montrait soudain à leur côtés. - Allez, dites… Le langage est ému et rapide. Il reproduit, dans son ensemble, les recommandations de l'ange, v. 7 ; mais avec des variantes délicates, vraiment dignes de Jésus. La principale consiste dans le titre de frères que le divin Maître daigne adresser à ses disciples ; cf. Joan. 20, 19. Peu d'instants avant sa mort, il les avait appelés ses amis, Joan. 15, 14-15 ; mais ce nom ne suffisait pas à son cœur, il en fallait un autre plus doux et plus tendre encore pour exprimer toute l'affection qu'il avait pour les siens. - De partir. L'ange avait seulement fait annoncer aux Apôtres qu'ils trouveraient Jésus en Galilée : le Sauveur leur intime l'ordre d'aller l'y rejoindre. Rien ne pressait toutefois dans cette prescription : elle ne devait être exécutée qu'après la fête. - C'est là qu'ils me verront. Dès le soir même du jour de la résurrection, Jésus devait se manifester aux siens sur le chemin d'Emmaüs, Luc. 24, 13 et ss., et à Jérusalem, Joan. 20, 19 et ss. ; mais ce ne furent là que des apparitions transitoires, qui eurent lieu seulement devant un petit nombre d'amis intimes. En Galilée, au contraire, il rassemblera autour de lui tout le troupeau dispersé de ses disciples, afin de leur donner ses dernières  instructions. Cette province fidèle, où il avait trouvé tant d'amour, convenait beaucoup mieux que l'hostile capitale pour ces réunions sacrées, qui devaient exercer une si grande influence sur la fondation de l'Église.

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