Tout ce qui précède n’était pour saint Matthieu qu’un simple préambule. La vie publique de Notre-Seigneur Jésus-Christ constitue, en effet, la partie principale de tous les Évangiles, de même qu’elle constituait la partie principale et le centre de la prédication apostolique. Après tout, les trente premières années de Jésus n’ont été qu’un temps de préparation, de formation ; sa vie de Christ et de Rédempteur consiste à proprement parler dans les trois années de son ministère pastoral. Tel est le motif pour lequel on nous a conservé sur elles un si grand nombre de détails. En outre, c’est alors seulement que fut fondée l’Église, alors seulement que Jésus promulgua la Loi Nouvelle : il était juste et même nécessaire que nous connussions tout au long cette époque importante. — Dans le chapitre de notre Introduction générale qui traite de la chronologie des Évangiles, nous avons essayé de déterminer la durée de la vie publique du Sauveur ; elle ne fut pas tout à fait de trois ans, selon l’enseignement commun. Nous en avons fixé les principales périodes dans l’Harmonie évangélique qui termine cette même Introduction. Le lecteur, en s’y reportant, pourra voir aisément la place que doit occuper chaque fait particulier, conformément à l’ordre chronologique. — Quant aux éléments qui composent la vie publique, ils sont au nombre de trois : la prédication, les miracles, et ce que nous appellerons les exemples. Nous aurons bientôt l’occasion de donner quelques notions générales sur les miracles et sur la prédication de Jésus-Christ ; cf. chap. v et viii ; il suffira donc pour le moment de caractériser par quelques traits rapides le troisième élément, les exemples. Ce nom d’exemples est peut-être un peu trop restreint : nous l’avons néanmoins choisi parce que c’est celui qui désigne le mieux, croyons-nous, ce qui reste de la vie publique du Sauveur, après qu’on en a détaché les miracles et l’enseignement sous ses divers modes. En effet, tout ce que Jésus-Christ a opéré indépendamment de ses prodiges et de sa prédication n’est-il pas l’en semble le plus complet des exemples les plus admirables ? Ces exemples réunis ne forment-ils pas, aussi bien que les prodiges et la doctrine, une preuve irréfragable de la Divinité de Notre-Seigneur ? Celle partie de sa vie comprend un nombre considerable d’incidents qui nous le montrent en contact avec toutes sortes de personnes, et dans toutes sortes de circonstances. 1° Avec toutes sortes de personnes. Nous le verrons avec ses parents et avec les étrangers, avec ses amis et avec ses ennemis, entouré de quelques disciples ou au milieu de foules considérables, avec les pauvres et avec les riches, avec les ignorants et avec les scribes, en face des faibles et des grands de la terre, avec les enfants, les malades, etc. Il n’est pas une seule catégorie de personnes qu’il n’ait vue de près, avec laquelle il n’ait eu des relations plus ou moins étroites. 2° Dans toutes sortes de circonstances. Il n’est pas non plus une seule situation de la vie humaine par laquelle il n’ait passé : les honneurs, les humiliations, les persécutions, les joies, les tristesses, la privation, les voyages, les travaux fatigants ; nous le trouverons partout, même à un festin de noces ! Et partout nous le trouverons divin, et nous apprendrons de lui la manière dont nous devons agir à sa suite.