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7e dimanche de Pâques A
Évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17,1-11
À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il leva les yeux au ciel et pria ainsi : "Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie."
Homélie
au choix (autre)
La gloire du Christ, c’est sa croix
Homélie de saint Jean Chrysostome († 407)
Homélie sur : "Père, si c’est possible", PG 51, 34-35.
À l’approche de sa mort, le Sauveur s’écriait : Père, l’heure est venue, glorifie ton Fils (Jn 17,1). Or, sa gloire, c’est la croix. Comment donc pourrait-il avoir cherché à éviter ce qu’il sollicite à un autre moment ? Que sa gloire soit la croix, l’Évangile nous l’enseigne en disant : L’Esprit Saint n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié (Jn 7,39). Voici le sens de cette parole : la grâce n’avait pas encore été donnée, parce que le Christ n’était pas encore monté sur la croix pour mettre fin à l’hostilité entre Dieu et les hommes. En effet, c’est la croix qui a réconcilié les hommes avec Dieu, qui a fait de la terre un ciel, qui a réuni les hommes aux anges. Elle a renversé la citadelle de la mort, détruit la puissance du démon, délivré la terre de l’erreur, posé les fondements de l’Église. La croix, c’est la volonté du Père, la gloire du Fils, la jubilation de l’Esprit Saint. Elle est l’orgueil de saint Paul : Que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste mon seul orgueil (Ga 6,14) !
La croix est plus éclatante que le soleil, plus brillante que ses rayons. Car, lorsque le soleil s’obscurcit, c’est alors que la croix étincelle ; et le soleil s’obscurcit non en ce sens qu’il serait anéanti, mais qu’il est vaincu par la splendeur de la croix. La croix a déchiré l’acte de notre condamnation, elle a brisé les chaînes de la mort. La croix est la manifestation de l’amour de Dieu : Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que tout homme qui croit en lui ne périsse pas (Jn 3,16).
La croix a ouvert le paradis, elle y a introduit le malfaiteur et elle a ramené au Royaume des cieux le genre humain voué à la mort, devenu indigne de la terre elle-même.
Puisque tous ces biens nous sont venus et nous viennent encore par la croix, comment le Sauveur aurait-il pu la refuser ? Et s’il ne l’avait pas voulue, qui aurait pu l’y forcer ? Pourquoi aurait-il envoyé des prophètes annoncer qu’il serait crucifié, si cela ne devait pas se faire, et qu’il ne l’eût pas voulu ? Pour quel motif désignait-il la croix par le mot de "coupe", s’il ne voulait pas être crucifié ? C’est ainsi qu’il montre combien il la désirait. De même que boire une coupe est doux aux assoiffés, de même pour lui être mis en croix. C’est pourquoi il a déclaré : J’ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous (Lc 22,15), quand il savait qu’il serait crucifié le lendemain.
Lui qui appelle ce sacrifice "sa gloire", qui réprimande le disciple qui veut l’en détourner, qui se fait reconnaître pour le Bon Pasteur à ce qu’il donne sa vie pour ses brebis, lui qui affirme désirer ardemment l’heure de sa Passion et qui s’y présente de son plein gré, comment demanderait-il qu’elle n’ait pas lieu ?
ou bien

Le Fils, empreinte de la gloire du Père
Homélie de saint Cyrille d’Alexandrie († 444)
Commentaire sur l’évangile de Jean, 11,7 ; PG 74, 497-499.
Notre Sauveur affirme avoir glorifié le nom de Dieu son Père, ce qui veut dire qu’il a rendu sa gloire illustre et éclatante par toute la terre. Comment cela ? En se montrant lui-même son témoin et son annonciateur par des œuvres extraordinaires. En effet, le Père est glorifié dans le Fils, comme dans une image et une empreinte de sa forme et de sa figure. Car les empreintes reflètent toujours la beauté de leurs archétypes.
Donc, le Fils unique a été glorifié, lui qui est substantiellement la sagesse et la vie, le créateur et l’architecte de l’univers, plus fort que la mort et la corruption, pur, immaculé, miséricordieux, saint, plein de bonté. Que son Père soit tout cela, c’est évident, car il ne peut pas différer en sa nature de celui qui procède de lui par nature. Le Père a donc rayonné dans la gloire du Fils comme dans l’image et l’empreinte de sa forme.
Le Fils a fait connaître le nom du Père non seulement en le révélant et en nous donnant un enseignement exact sur sa divinité. Car tout cela était proclamé avant la venue du Fils, par l’Écriture inspirée. Mais aussi en nous enseignant non seulement qu’il est vraiment Dieu, mais qu’il est aussi vraiment Père, et vraiment qualifié ainsi, ayant en lui-même et produisant hors de lui-même son Fils, co-éternel à sa nature.
Le nom de Père convient à Dieu plus proprement que le nom de Dieu : celui-ci est un nom de dignité, celui-là signifie une propriété substantielle. Car qui dit Dieu dit le Seigneur de l’univers. Mais celui qui nomme le Père précise la propriété de la personne : il montre que c’est lui qui engendre. Que ce nom de Père soit plus vrai et plus propre que celui de Dieu, le Fils lui-même nous le montre par l’emploi qu’il en fait. Il disait parfois, non pas "Moi et Dieu" mais : Moi et le Père, nous sommes un (Jn 10,30). Et il disait aussi : C’est lui, le Fils, que Dieu le Père a marqué de son empreinte (Jn 6,27).
Mais quand il a prescrit à ses disciples de baptiser toutes les nations, il a expressément ordonné que cela se ferait non pas au nom de Dieu, mais au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.
Prière
Entends notre prière, Seigneur : nous croyons que le Sauveur des hommes est auprès de toi dans la gloire ; fais-nous croire aussi qu’il est encore avec nous jusqu’à la fin des temps, comme il nous l’a promis. Lui qui règne.


Pentecôte A
Évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20,19-23
C’était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.
Homélie
au choix (autre)
Le double don du baptême dans l’Esprit
Homélie de Rupert de Deutz († 1129)
Sur l’évangile de saint Jean, 2, CCM 9, 61-62
Quand le Christ baptise dans le Saint-Esprit, il donne d’abord la rémission des péchés. Mais il donne aussi, en second lieu, l’ornement de diverses grâces. Car il a parlé de la grâce du pardon des péchés le jour de sa résurrection, quand, en soufflant sur ses disciples, qu’il avait déjà lavés de leurs péchés dans son sang, il a dit : Recevez l’Esprit Saint. Et il affirme qu’il le leur donne pour la rémission des péchés puisqu’il ajoute aussitôt : Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis, et ceux à qui vous les maintiendrez, ils leur seront maintenus (Jn 20,22-23).
Sur cette distribution des dons par laquelle, nous venons de le dire, il confère l’ornement de ses grâces, saint Luc nous rapporte, dans les Actes des Apôtres, cette parole de Jésus : Jean a baptisé avec de l’eau ; mais vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici quelques jours (Ac 1,5).
Le double don de ce baptême est exprimé par saint Jean Baptiste qui dit, chez les évangélistes Matthieu et Luc : Lui qui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu (Mt 3,11 ; Lc 3,16). Car il nous baptise par l’Esprit Saint quand la grâce invisible de cet Esprit descend dans la fontaine baptismale et remet tous leurs péchés à ceux qui reçoivent le baptême. Il baptise en outre par le feu lorsqu’il les rend embrasés par la ferveur du Saint-Esprit, forts dans l’amour et constants dans la foi, brillants de science et brûlants de zèle.
Dans cette rémission des péchés, on ne trouve aucune division ; c’est d’une façon égale et uniforme qu’une seule et même grâce vient sur tous, mais en délivrant de toutes nos iniquités et en jetant au fond de la mer tous nos péchés.
Au contraire, dans les dons de la grâce, tous n’en reçoivent pas autant, lorsque l’un reçoit le don de la foi, l’autre le langage de la connaissance de Dieu ou de la sagesse, un autre le don de parler en langues, un autre le don d’interpréter, et ainsi de suite. Mais celui qui agit en tout cela, c’est le même et unique Esprit : il distribue ses dons à chacun, selon sa volonté (cf. 1 Co 12,8-11).
Chez les saints du Nouveau Testament, nous voyons ces charismes donnés par celui qui baptise, nous voyons ces marques éclatantes d’un baptême de gloire que nul d’entre eux, d’après l’Écriture, n’a reçu avant d’avoir été baptisé pour la rémission des péchés. Sauf dans le cas de Corneille et de ses compagnons : comme Pierre était encore en train de les instruire, le Saint-Esprit tomba sur eux, et ils se mirent à parler en langues et à glorifier Dieu.
Or, si quelques Pères de l’Ancien Testament ont reçu le don des miracles, beaucoup reçurent le don de prophétie, alors qu’ils n’avaient pas été baptisés en rémission des péchés. Car il est certain que tous furent baptisés quand le Christ, mort sur la croix, répandit un flot de sang et d’eau de son côté percé par la lance, pour la purification de l’Église universelle. Celle-ci englobe tous les hommes, depuis l’origine du monde, depuis le premier des justes, Abel, jusqu’au bandit crucifié avec le Christ, à l’heure même de sa mort. Car, alors que cette effusion si précieuse et si salutaire n’avait pas encore jailli du côté du Christ, ce bandit reconnut qu’il était le Seigneur en croyant à la venue future de son règne, et il acheta son entrée dans celui-ci par cette confession de foi imprévue.
ou bien

L’Esprit donné à l’Église
Homélie de saint Augustin († 430)
Sermon 271, éd des Mauristes 5, 1102-1103
Nous avons vu avec joie, mes frères, se lever ce jour de la Pentecôte, où la sainte Église resplendit aux yeux des fidèles et enflamme leurs cœurs. Car nous célébrons ce jour où notre Seigneur Jésus Christ, après sa résurrection et la gloire de son ascension, a envoyé le Saint-Esprit. Il avait dit, comme l’Évangile nous le rapporte : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’Écriture : Des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur. L’Évangéliste donne alors cette explication : En disant cela, il parlait de l’Esprit Saint, l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Jésus. En effet, l’Esprit n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié par le Père (Jn 7,37-39).
Il restait donc, après la glorification de Jésus, sa résurrection d’entre les morts et sa montée aux cieux, que l’Esprit Saint fût donné, après avoir été envoyé par celui qui l’avait promis. Et c’est ce qui s’est produit.
En effet, après avoir vécu avec ses disciples pendant les quarante jours qui suivirent sa résurrection, le Seigneur monta au ciel, et, le cinquantième jour, que nous célébrons aujourd’hui, il envoya le Saint-Esprit, ainsi qu’il est écrit : Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent : il virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d’eux. Ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit (Ac 2,2-4).
Ce souffle purifiait les cœurs de leur paille charnelle ; ce feu consumait le foin de l’ancienne convoitise ; ces langues que parlaient les Apôtres comblés de l’Esprit Saint préfiguraient la diffusion de l’Église par les langues de toutes les nations. Car, de même qu’après le déluge l’impiété des hommes édifia une haute tour contre le Seigneur, quand le genre humain mérita d’être divisé par des langues diverses si bien que chaque nation parlait sa propre langue sans être comprise par les autres nations, ainsi l’humble piété des croyants ramena vers l’Église la diversité de ces langues. Ainsi, ce que la discorde avait dispersé, la charité le rassemblerait, et les membres épars d’un unique genre humain seraient reliés entre eux et avec le Christ, le chef unique, et seraient fondus par le feu de l’amour dans l’unité de ce corps très saint.
C’est pourquoi ils sont totalement exclus de ce don du Saint-Esprit, ceux qui haïssent la grâce de la paix, et qui ne restent pas en communion avec l’unité. Car, bien qu’eux-mêmes se réunissent aujourd’hui comme chaque année, bien qu’ils entendent lire ces Écritures qui attestent la promesse et l’envoi du Saint-Esprit, ils les entendent pour leur condamnation, non pour leur récompense. À quoi leur sert-il, en effet, de percevoir par les oreilles ce que rejette leur cœur et de célébrer le jour de celui dont ils détestent la lumière ?
Mais vous, mes frères, membres du corps du Christ, germes d’unité, enfants de paix, passez ce jour dans la joie, célébrez-le en sécurité. Car ce qui était annoncé en ces jours où vint le Saint-Esprit, c’est cela qui s’accomplit en vous. Car chacun de ceux qui recevait alors l’Esprit Saint parlait, à lui seul, toutes les langues. C’est ainsi qu’aujourd’hui l’unité elle-même parle toutes les langues à travers toutes les nations, cette unité dans laquelle vous possédez l’Esprit Saint, vous qui n’êtes séparés par aucun schisme de l’Église du Christ, laquelle parle toutes les langues.
Prière
Aujourd’hui, Seigneur, par le mystère de la Pentecôte, tu sanctifies ton Église chez tous les peuples et dans toutes les nations ; répands les dons du Saint-Esprit sur l’immensité du monde, et continue dans les cœurs des croyants l’œuvre d’amour que tu as entreprise au début de la prédication évangélique. Par Jésus Christ.
Solennités du temps ordinaire A


La Sainte Trinité A
Évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,16-18
Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.
Homélie
Le Fils, donné pour la vie du monde
Homélie de saint Jean Chrysostome († 407)
Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle (Jn 3,16).
Vous voyez la cause de l’avènement du Fils de Dieu : il est venu pour que tous ceux qui devaient périr trouvent, par la foi en lui, l’accès au salut. Qui aurait pu imaginer une générosité pareille, au-delà de tout éloge ? Par le don du baptême, Dieu accorde à notre nature le pardon de tous nos péchés ! Non seulement ici la pensée est impuissante, mais la parole est incapable de dénombrer les autres bienfaits de Dieu. Si nombreux qu’ils soient, je suis obligé d’en omettre encore davantage. Que serait-ce donc, si l’on songeait encore à ce chemin de la conversion que Dieu, dans son indicible amour des hommes, a donné au genre humain, ainsi qu’à ses prescriptions merveilleuses grâce auxquelles, si nous le voulons, même après le bienfait du baptême, nous pourrons attirer la grâce d’en haut !
Vous voyez, mes enfants, l’abîme des bienfaits de Dieu ! Vous voyez combien leur énumération est longue, bien que nous n’en ayons encore rappelé qu’une faible partie ! Comment, en effet, le langage humain pourrait-il dénombrer tout ce que Dieu a fait pour nous ? Mais si grands et si nombreux que soient ces bienfaits, ils sont plus ineffables et plus grands encore, ceux qu’il a promis pour la vie future à ceux qui marchent sur le chemin de la vertu. Et, pour nous montrer en peu de mots l’excès de leur grandeur, saint Paul nous dit : Ce que personne n’avait vu de ses yeux ni entendu de ses oreilles, ce que le cœur de l’homme n’avait pas imaginé, ce qui avait été préparé pour ceux qui aiment Dieu (1 Co 2,9).
Voyez-vous l’excellence de ces bienfaits ? Voyez-vous comme ils sont au-dessus de toutes les idées de l’homme ? Ce que le cœur de l’homme n’avait pas imaginé, c’est l’expression de saint Paul. Si nous voulons récapituler toutes ces merveilles, si nous voulons en rendre grâce selon nos forces, nous pourrons attirer sur nous encore plus de grâces divines et grandir en vertu. Le souvenir des bienfaits de Dieu nous aide à affronter les labeurs de la vertu, à mépriser les biens terrestres, pour nous ouvrir à l’auteur de tous ces dons et augmenter, de jour en jour, l’amour que nous lui témoignons.
Prière
Dieu notre Père, tu as envoyé dans le monde ta Parole de vérité et ton Esprit de sainteté pour révéler aux hommes ton admirable mystère ; donne-nous de professer la vraie foi en reconnaissant la gloire de l’éternelle Trinité, en adorant son Unité toute-puissante. Par Jésus Christ.


Le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ A
Évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,51-58
Après avoir nourri la foule avec cinq pains et deux poissons, Jésus disait : "Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement."
Homélie
Votre mystère se trouve sur la table du Seigneur
Sermon de saint Augustin († 430)
Sermon 272 ; éd. des Mauristes 5, 1103-1104.
Ce que vous voyez sur l’autel de Dieu, c’est le pain et la coupe : c’est cela que vos yeux vous signalent. Mais ce dont votre foi veut être instruite, c’est que ce pain est le corps du Christ, que cette coupe est son sang. Cela tient à une brève formule, qui peut suffire à la foi. Mais la foi cherche à s’instruire. Car vous pourriez me dire un jour : "Vous nous avez ordonné de croire. Donnez-nous une explication qui nous fasse comprendre."
En effet, chacun de nous peut avoir cette pensée : Notre Seigneur Jésus Christ, nous savons d’où il tient sa chair, de la Vierge Marie. Enfant, il a été allaité, nourri, il a grandi, il est parvenu à l’état d’homme jeune. <> Il est mort sur la croix, puis il en a été détaché pour être enseveli. Il est ressuscité le troisième jour, et il est monté au ciel le jour qu’il a voulu. C’est au ciel qu’il a élevé son corps, c’est de là qu’il viendra juger les vivants et les morts, c’est là qu’il réside présentement à la droite du Père. Alors, comment ce pain est-il son corps, et cette coupe, ou plutôt son contenu, peut-il être son sang ?
Mes frères, c’est cela que l’on appelle des sacrements : ils montrent une réalité, et en font comprendre une autre. Ce que nous voyons est une apparence corporelle, tandis que ce que nous comprenons est un fruit spirituel.
Si vous voulez comprendre ce qu’est le corps du Christ, écoutez l’Apôtre, qui dit aux fidèles : Vous êtes le corps du Christ, et chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps(1 Co 12,17). Donc, si c’est vous qui êtes le corps du Christ et ses membres, c’est votre mystère qui se trouve sur la table du Seigneur, et c’est votre mystère que vous recevez. À cela, que vous êtes, vous répondez : "Amen", et par cette réponse, vous y souscrivez. On vous dit : "Le corps du Christ", et vous répondez "Amen". Soyez donc membres du corps du Christ, pour que cet Amen soit véridique.
Pourquoi donc le corps est-il dans le pain ? Ici encore, ne disons rien de nous-mêmes, écoutons encore l’Apôtre qui, en parlant de ce sacrement, nous dit : Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps (1 Co 10,17). Comprenez cela et soyez dans la joie : unité, vérité, piété, charité ! Un seul pain : qui est ce pain unique ? Un seul corps, nous qui sommes multitude. Rappelez-vous qu’on ne fait pas du pain avec un seul grain, mais avec beaucoup. Soyez ce que vous voyez, et recevez ce que vous êtes. Voilà ce que l’Apôtre dit du pain.
Au sujet de la coupe, bien qu’il n’en ait pas parlé autant que du pain, il nous fait comprendre ce qui la concerne. Car, pour avoir l’apparence visible du pain, beaucoup de grains ne forment qu’une seule pâte, afin de réaliser ce que l’Écriture Sainte nous dit au sujet des fidèles : 7/5 avaient un seul cœur et une seule âme (Ac 4,32) devant Dieu. Il en est de même pour le vin. Rappelez-vous, mes frères, comment on fait le vin. De nombreux grains sont attachés à la grappe, mais le liquide contenu dans tous ces grains se rassemble en une boisson unique.
C’est ainsi que le Seigneur Christ nous a représentés, il a voulu que nous lui appartenions, et il a consacré sur sa table le mystère de notre paix et de notre unité. Celui qui reçoit ce mystère d’unité, mais ne garde pas le lien de la paix, reçoit un témoignage qui le condamne, au lieu de recevoir ce mystère pour son bien.
Prière
Seigneur Jésus Christ, dans cet admirable sacrement, tu nous as laissé le mémorial de ta passion ; donne-nous de vénérer d’un si grand amour le mystère de ton corps et de ton sang, que nous puissions recueillir sans cesse le fruit de ta rédemption. Toi qui règnes.


Le Sacré-Cœur de Jésus A
Évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11,25-30
En ce temps-là, Jésus prit la parole : "Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits."
Homélie
Jésus, doux et humble de cœur
Homélie de saint Bruno de Segni († 1123)
Sermon pour le Vendredi saint 1, PL 165, 1007-1008
Cherchez à imiter Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés. Vivez dans l’amour comme le Christ nous a aimés et s’est livré pour nous en offrant à Dieu le sacrifice qui pouvait lui plaire (Ep 5,1).
Notre Seigneur Jésus Christ, par tout ce qu’il a fait et a dit, nous a laissé, frères très chers, un modèle d’humilité et les principes d’une vie vertueuse. Il n’a pas voulu seulement nous enseigner par ses paroles, mais aussi par ses exemples. Aussi est-il écrit de lui que dès le commencement il se mit à agir et à enseigner (Ac 1,1).
Quant à l’humilité, il a dit de lui-même : Devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur (Mt 11,29). Oui, alors qu’il est tout-puissant, qu’il est le Seigneur, il a voulu pour nous être pauvre, il a méprisé les honneurs, il a subi volontairement sa passion, il a prié pour ses persécuteurs. Et il a fait tout cela pour qu’en toutes choses, selon les possibilités de notre faiblesse, nous ne négligions pas de le suivre, car autrement nous ne serions pas de vrais chrétiens. Celui qui prétend aimer le Christ doit marcher lui-même dans la voie où lui, Jésus, a marché (1 Jn 2,6).
Mais c’est parce qu’il a subi de plein gré la passion et la croix qu’il nous a arrachés par sa mort au pouvoir du démon. Cloué à la croix, il a prié pour les pécheurs. Il nous a donné cet exemple afin que ceux que d’autres font souffrir supportent avec une âme égale les maux que leur infligent leurs semblables. Lui-même les a subis avec tant de douceur de la part des esclaves, alors qu’il est le Seigneur de tous, et de la part des pécheurs, alors qu’il est le Juste.
Quant à nous, frères, quand nous sommes soumis à des épreuves, nous devons redoubler de prières, car il y a deux sortes d’épreuves. Il y a l’épreuve qui nous fait subir des dommages temporels. Et il y a l’épreuve bien plus grave par laquelle nous sommes portés à pécher. Mais il faut prier de telle façon que notre prière ne se transforme pas en péché.
En même temps, nous devons faire l’aumône, et la faire de façon parfaite. L’aumône parfaite consiste en deux choses : donner et pardonner. C’est pourquoi le Seigneur dit dans l’Évangile :Donnez, et vous recevrez une mesure bien pleine ; pardonnez, et vous serez pardonnés (Lc 6,37).
Tels sont les moyens de parvenir au Royaume des cieux. Que le Christ, notre Seigneur, nous y conduise, lui qui vit et règne pour les siècles des siècles.
Prière
Seigneur notre Père, en vénérant le Cœur de ton Fils bien-aimé, nous disons les merveilles de ton amour pour nous ; fais que nous recevions de cette source divine une grâce plus abondante. Par Jésus Christ.
Temps ordinaire A


2e dimanche du temps ordinaire A
Évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1,29-34
Comme Jean Baptiste voyait Jésus venir vers lui, il dit : "Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde."
Homélie
L’Agneau de Dieu, qui enlève le péché
Homélie de saint Cyrille d’Alexandrie († 444)
Commentaire sur l’évangile de Jean, 2, Prol , PG 73, 192-193
Jean voit Jésus venir vers lui et il dit : Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde (Jn 1,29). Ce n’est plus le temps de dire : Préparez... (Mt 3,3), puisque Celui dont la venue a été préparée se laisse voir, il s’offre désormais aux regards. La nature de l’événement demande un autre discours. Il faut faire connaître Celui qui est là, expliquer pourquoi il est descendu du ciel et venu jusqu’à nous. C’est pourquoi Jean déclare : Voici l’Agneau de Dieu.
Le prophète Isaïe nous l’a annoncé en disant qu’il est traîné à l’abattoir comme une brebis, comme un agneau muet devant ceux qui le tondent (Is 53,7). La loi de Moïse l’a préfiguré, mais, étant figure et ombre, elle ne procurait qu’un salut incomplet et sa miséricorde ne s’étendait pas à tous les hommes. Or, aujourd’hui, l’Agneau véritable, représenté jadis par des symboles, la victime sans reproche est menée à l’abattoir.
C’est pour chasser le péché du monde, renverser l’Exterminateur de la terre, détruire la mort en mourant pour tous, briser la malédiction qui nous frappe et mettre désormais fin à ceci : Tu es poussière et à la poussière tu retourneras (Gn 3,19). Devenu ainsi le second Adam, d’origine céleste et non terrestre, il est la source de tout bien pour l’humanité, le destructeur de la corruption qui était étrangère à notre nature, le médiateur de la vie éternelle, le garant du retour à Dieu, le principe de la piété et de la justice, la voie qui mène au Royaume des cieux. Car un seul Agneau est mort pour tous, recouvrant pour Dieu le Père tout le troupeau de ceux qui habitent la terre ; un seul est mort pour tous, afin de les soumettre tous à Dieu ; un seul est mort pour tous afin de les gagner tous, afin que tous désormais n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux (2 Co 5,15).
Nous vivions, en effet, dans nos nombreux péchés, et, de ce fait, nous avions à acquitter une dette de mort et de corruption. Aussi le Père a-t-il livré son Fils en rançon pour nous, un seul pour tous, car toutes choses sont en lui et il est au-dessus de tout. Un seul est mort pour tous afin que nous vivions tous en lui, car la mort, qui avait englouti l’Agneau sacrifié pour tous, les a tous restitués en lui et avec lui. En effet, nous étions tous dans le Christ qui est mort pour nous et à notre place, et qui est ressuscité.
Une fois le péché détruit, comment la mort qui a en lui son principe et sa cause, échapperait-elle à la destruction complète ? Une fois la racine morte, comment le germe qui en sort pourrait-il encore se conserver ? Une fois le péché effacé, pour quelle faute encore devrions-nous mourir ? Célébrons donc dans la joie l’immolation de l’Agneau, en disant : Ô mort, où est ta victoire ? Ô enfer, où est ton dard venimeux (1 Co 15,55) ?
Comme le chantait le Psalmiste, toute injustice, en effet, fermera sa bouche (Ps 106,42), incapable qu’elle est désormais d’accuser ceux qui pèchent par faiblesse. Car c’est Dieu qui justifie (Rm 8,33). Le Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi, en devenant pour nous objet de malédiction (Ga 3,13), afin que nous échappions à la malédiction du péché.
Prière
Dieu éternel et tout-puissant, qui régis l’univers du ciel et de la terre, exauce, en ta bonté, les prières de ton peuple et fais à notre temps la grâce de la paix. Par Jésus Christ.
ou bien
Seigneur notre Dieu, tu as fait reposer ton Esprit sur Jésus de Nazareth pour qu’il puisse remplir sa mission et enlever le péché du monde. Ranime en nous le souffle reçu au baptême, et nous pourrons témoigner de ton amour. Par Jésus Christ.

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