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13e dimanche du temps ordinaire B
Évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 5,21-43
Jésus regagna en barque l’autre rive, et une grande foule s’assembla autour de lui. Il était au bord du lac. Arrive un chef de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie instamment : "Ma petite fille est à toute extrémité."
Homélie
Pour Dieu, la mort est un sommeil
Homélie de saint Pierre Chrysologue († 450)
Sermon 34, 1.5 ; CCL 24, 193.197-199.
Toute lecture d’évangile nous est d’un grand profit aussi bien pour la vie présente que pour la vie future. Mais plus encore l’évangile de ce jour, car il contient la totalité de notre espérance et bannit tout motif de désespoir.
Mais venons-en au chef de la synagogue qui conduisit le Christ auprès de sa fille, et donna en même temps l’occasion à une femme (qui souffrait d’hémorragie) de venir trouver Jésus. Ainsi commence la lecture de ce jour : Voici qu’un chef s’approcha. Il se prosternait devant Jésus en disant : "Ma fille est morte à l’instant, mais viens lui imposer la main, et elle vivra"(Mt 9,18)2.
Le Christ connaissait l’avenir et n’ignorait pas que cette femme viendrait à sa rencontre. C’est elle qui ferait comprendre au chef des Juifs que Dieu n’a pas besoin de se déplacer, qu’il n’est pas nécessaire de lui montrer le chemin ni de solliciter sa présence physique. Il faut croire, au contraire, que Dieu est présent partout, qu’il y est avec tout son être et pour toujours. Qu’il peut tout faire sans peine en donnant un ordre, qu’il envoie sa puissance sans la transporter ; qu’il met la mort en fuite par un commandement sans bouger la main ; qu’il rend la vie en le décidant, sans recourir à la médecine.
Ma fille est morte à l’instant, mais viens. Ce qui signifie : "Son corps conserve encore la chaleur de la vie et des traces visibles de son âme ; son esprit ne l’a pas encore quittée ; la famille garde encore son enfant ; le royaume des morts ne la reconnaît pas encore pour sienne. Viens donc vite retenir son âme prête à partir."
L’insensé ! Il ne croyait pas que le Christ pourrait ressusciter une morte, mais seulement la retenir. Aussi, dès que le Christ arriva à la maison et vit que les gens pleuraient la jeune fille comme une morte, il voulut amener à la foi leurs cœurs incrédules. Comme eux pensaient qu’on ne pouvait pas ressusciter d’entre les morts plus facilement que sortir du sommeil, le Christ déclara que la fille du chef (de la synagogue) était endormie et non pas morte. La jeune fille n’est pas morte, dit-il, elle dort (Mt 9,23).
Et vraiment, pour Dieu, la mort est un sommeil. Car Dieu fait revenir un mort à la vie en moins de temps qu’un homme ne tire un dormeur de son sommeil. Et Dieu rend la chaleur aux membres refroidis par la mort plus vite qu’un homme ne peut rendre vigueur aux corps plongés dans le sommeil.
Écoute ce que dit l’Apôtre : Instantanément, en un clin d’œil, <> les morts ressusciteront (1 Co 15,52). Sachant qu’il lui était impossible de signifier par des mots l’immédiateté de la résurrection, le bienheureux Apôtre l’a évoquée par des images. D’ailleurs, comment aurait-il pu condenser dans des mots la rapidité d’un événement dans lequel la puissance divine dépasse la rapidité même ? Ou bien, comment le temps pourrait-il intervenir dans le don d’une réalité éternelle, non soumise au temps ? Parce qu’il n’y a pas de temps sans flux qui s’écoule, l’éternité exclut le temps.
Prière
Tu as voulu, Seigneur, qu’en recevant ta grâce nous devenions des fils de lumière ; ne permets pas que l’erreur nous plonge dans la nuit, mais accorde-nous d’être toujours rayonnants de ta vérité. Par Jésus Christ.
ou bien
"Talitha koum". Daigne, Seigneur Dieu, prononcer sur nous cette parole de résurrection, comme ton Fils, jadis, la prononça sur l’enfant qui était morte. Toi qui n’as pas fait la mort, donne-nous de partager la vie qui jaillit de ton Fils, Jésus Christ, notre Seigneur. Lui qui règne.


14e dimanche du temps ordinaire B
Évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6,1-6
Jésus est parti pour son pays, et ses disciples le suivent. Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. Les nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : "D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?’
Homélie
Croire en Jésus, aujourd’hui, sans le voir
Catéchèse de Syméon le Nouveau Théologien († 1022)
Catéchèses, 29, version remaniée de SC 113, 164-169.
Frères et Pères, beaucoup ne cessent de dire — et leurs paroles parviennent à nos oreilles — : "Si nous avions vécu au temps des Apôtres, et si nous avions été jugés dignes de voir le Christ comme eux, nous serions aussi devenus des saints comme eux." Ils ignorent qu’il est le même, lui qui parle, maintenant comme alors, dans tout l’univers. Car s’il n’était pas le même jadis et maintenant, identiquement Dieu à tous égards, par ses opérations et par ses rites, comment le Père se montrerait-il toujours présent dans le Fils, et le Fils dans le Père, par l’Esprit, puisque le Christ dit : Mon Père est à l’œuvre jusqu’à maintenant, et moi aussi je suis à l’œuvre (Jn 5,17) ?
Mais quelqu’un dira peut-être : "Ce n’est pas la même chose de l’avoir vu lui-même corporellement, en ce temps-là, ou d’entendre uniquement ses paroles aujourd’hui et recevoir un enseignement sur lui et sur son Royaume. Et je réponds : "La situation actuelle n’est sûrement pas la même que celle d’alors, mais c’est la situation d’aujourd’hui, de maintenant, qui est beaucoup plus heureuse. Elle nous conduit plus facilement à une foi et une conviction plus profondes que le fait de l’avoir vu et entendu alors corporellement. "
Alors, en effet, c’était un homme qui apparaissait aux Juifs sans intelligence, un homme d’humble condition ; mais maintenant c’est un Dieu véritable qui nous est prêché. Alors, il fréquentait corporellement les publicains et les pécheurs et mangeait avec eux ; mais maintenant il est assis à la droite de Dieu le Père, n’ayant jamais été séparé de lui en aucune manière. Nous croyons qu’il nourrit le monde entier et nous disons, si du moins nous sommes croyants, que sans lui rien ne s’est fait. Alors, même les gens de rien le méprisaient en disant : N’est-il pas le fils de Marie(Mc 13,15) et de Joseph (Lc 4,22), le charpentier (Mt 13,55) ? Mais maintenant les rois et les princes l’adorent comme le Fils du vrai Dieu, et vrai Dieu lui-même, et il a glorifié et glorifie ceux qui l’adorent en esprit et en vérité, même s’il les corrige souvent quand ils pèchent. Eux qui étaient d’argile, il les rend de fer, les plaçant au-dessus de toutes les nations qui sont sous le ciel. Alors, il était tenu pour un homme corruptible et mortel parmi tous les autres. Dieu sans forme et invisible, il a reçu, sans subir d’altération ni de changement, une forme dans un corps humain et s’est montré totalement homme, en n’offrant aux regards rien de plus que les autres hommes. Mais il a mangé, bu, dormi, transpiré et s’est fatigué ; il a fait tout ce que font les hommes, excepté le péché.
C’était une grande chose de reconnaître et de croire qu’un homme pareil était Dieu, celui qui a fait le ciel même, la terre et tout ce qu’ils contiennent. C’est pourquoi, lorsque Pierre a dit : Tu es le Fils du Dieu vivant, le Maître l’a déclaré bienheureux en ces termes : Heureux es-tu, Simon, fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela — c’est-à-dire qui te l’ont fait voir et dire — mais mon Père qui est aux cieux (Mt 16,16-17).
Ainsi, celui qui actuellement écoute chaque jour Jésus proclamer et annoncer par les saints évangiles la volonté de son Père béni, sans lui obéir avec crainte et tremblement et sans garder ses commandements, n’aurait pas plus accepté alors de croire en lui, absolument pas, même s’il avait été présent, s’il l’avait vu lui-même et entendu prêcher. Il est même à craindre que, dans sa totale incrédulité, il l’aurait regardé comme un ennemi de Dieu, non comme le vrai Dieu, et l’aurait blasphémé.
Prière
Dieu qui as relevé le monde par les abaissements de ton Fils, donne à tes fidèles une joie sainte : tu les as tirés de l’esclavage du péché : fais-leur connaître le bonheur impérissable. Par Jésus Christ.
ou bien
Seigneur notre Dieu, ton Fils ne fut pas reconnu comme prophète par les gens de son pays et il s’étonna de leur manque de foi. Rends-nous attentifs à l’action de Jésus Christ en ceux que nous côtoyons chaque jour, car c’est peut-être par l’un de nos proches qu’il veut aujourd’hui nous parler. Lui qui règne.


15e dimanche du temps ordinaire B
Évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6,7-13
Jésus appelle les Douze, et pour la première fois il les envoie deux par deux. Il leur donnait pouvoir sur les esprits mauvais.
Homélie
Consignes aux missionnaires
Homélie de Théophylacte († 1109)
Commentaire sur l’évangile de Marc, PG 123, 548-549.
En plus de l’enseignement qu’il a donné lui-même, le Seigneur a envoyé les Douze deux par deux, pour que leur zèle en soit augmenté, car, envoyés seuls, ils auraient pu manquer d’ardeur. Si, d’autre part, il les avait envoyés à plus de deux, il n’aurait pas eu assez d’Apôtres pour parcourir les nombreux villages.
Il les envoie donc deux par deux : Deux hommes valent mieux qu’un seul (Qo 4,9), dit l’Ecclésiaste. Il leur prescrit aussi de ne rien emporter, ni sac, ni pièces de monnaie, ni pain, leur enseignant par ces paroles à mépriser les richesses. Ainsi mériteront-ils le respect de ceux qui les verront et, en ne possédant rien en propre, ils leur apprendront la pauvreté. Qui donc, à la vue d’un Apôtre sans besace ni pain — qui est la chose la plus nécessaire — ne se laisserait pas fléchir et ne se dépouillerait pas pour vivre dans la pauvreté ?
Il leur ordonne de rester dans une maison pour ne pas s’acquérir une réputation d’hommes inconstants que la gloutonnerie fait passer d’une famille à l’autre. Il leur dit par ailleurs de quitter ceux qui ne les reçoivent pas, en secouant la poussière de leurs pieds. Ils leur montreront ainsi qu’ils ont parcouru un long chemin pour eux sans aucune utilité, ou qu’ils ne gardent rien d’eux, pas même la poussière, qu’ils secouent au contraire en témoignage contre eux, c’est-à-dire en signe de désaveu.
"Amen, je vous le dis, au jour du jugement, Sodome et Gomorrhe seront traitées moins sévèrement (Mt 10,15) que ceux qui ne vous auront pas reçus." Car, pour avoir subi une punition en ce monde, les habitants de Sodome seront frappés d’une peine moins sévère dans l’autre. À quoi il faut encore ajouter que les Apôtres ne leur ont pas été envoyés. Or ceux qui n’auront pas reçu les Apôtres subiront des peines plus lourdes.
Ils partirent et proclamèrent qu’il fallait se convertir. Ils chassaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient (Mc 6, 12-13). Marc est le seul à rapporter que les Apôtres faisaient des onctions d’huile. À propos de cette pratique, Jacques, le frère du Seigneur, dit dans son épître catholique : Si l’un de vous est malade, qu’il appelle ceux qui exercent dans l’Église la fonction d’Anciens. Ils prieront sur lui après avoir fait une onction d’huile (Je 5,14). Ainsi l’huile sert-elle à soulager la souffrance. Elle donne la lumière et apporte l’allégresse ; elle symbolise la bonté de Dieu, et la grâce de l’Esprit Saint par laquelle nous sommes délivrés de nos souffrances et nous recevons la lumière, la joie et l’allégresse spirituelles.
Prière
Dieu qui montres aux égarés la lumière de ta vérité pour qu’ils puissent reprendre le bon chemin, donne à tous ceux qui se déclarent chrétiens de rejeter ce qui est indigne de ce nom, et de rechercher ce qui lui fait honneur. Par Jésus Christ.
ou bien
Seigneur Jésus, tes premiers missionnaires étaient des pauvres qui ne comptaient que sur ta puissance. Fais de nous des apôtres marchant sur les routes du monde avec, comme seule richesse, ta parole à faire entendre, ton amour à partager, dans la communion du Père et de l’Esprit. Toi qui règnes.


16e dimanche du temps ordinaire B
Évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6,30-34
Après leur première mission, les Apôtres se réunissent auprès de Jésus, et lui rapportent tout ce qu’ils ont fait et enseigné. Il leur dit : "Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu."
Homélie
au choix (autre) :
Le bon pasteur annoncé par les Prophètes
Homélie de Didyme d’Alexandrie († 398)
Commentaire sur Zacharie, 2, 39-42, SC 84, 446-448
Il y a une promesse de Dieu rapportée par le prophète Ézékiel qui s’accorde avec les passages de l’Écriture concernant l’élévation d’un personnage célèbre. Dieu dit à ceux qu’il veut combler de ses bienfaits et sauver : Je vous susciterai un pasteur unique, mon serviteur David (Ez 34,23).C’est celui qui a dit dans l’évangile : Je suis le bon pasteur. Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis (Jn 10,11). Il est leur guide et leur très bon berger, et il s’expose au danger pour elles. Il meurt, en effet, ayant, par la grâce de Dieu, goûté la mort pour le salut de tous(He 2,9), afin de leur donner la vie et de glorifier le Seigneur tout-puissant.
Car Michée, le saint prophète, a prophétisé à son sujet, et fait cette prédiction dans un cantique : Le Seigneur se dressera, il verra et il fera paître son troupeau avec puissance, et ils vivront au nom de leur Dieu tout-puissant (Mi 5,3), c’est-à-dire qu’ils participeront à Celui qui a dit à Moïse, l’annonciateur des divins mystères : Je suis celui qui suis (Ex 3,14).
De même que le véritable David, pasteur très bon à la main vigoureuse, s’est dressé pour faire paître les brebis qui écoutent la voix de Jésus (cf. Jn 10,3), brebis conduites par la main de Jésus et peuple de son pâturage (Ps 94,7), de même Celui qui s’élève d’une racine, comme le dit l’Écriture (Is 11,1), s’est levé en très bon chef de guerre envoyé par la bienveillance du Père. Il a mis en déroute ses ennemis épouvantés, en les frappant dans le dos avec ses mains. Il est loué et glorifié par ses propres frères, car il est apparu comme le premier-né d’entre eux, selon la parole de l’Apôtre : Ceux que lui, Dieu, connaissait par avance, il les a aussi destinés à être l’image de son Fils, pour faire de ce Fils l’aîné d’une multitude de frères (Rrn 8,29). À leur propos, le premier-né dit à Dieu : Je proclame ton nom devant mes frères, je te loue en pleine assemblée (Ps 21,23).
ou bien

Suivre le Christ à l’écart
Commentaire de saint Bède le Vénérable († 735)
Commentaire sur l’évangile de Marc, 2 ; CCL 120, 5 10-5 H
Les Apôtres se réunissent auprès de Jésus et lui rapportent tout ce qu’ils ont fait et enseigné (Mc 6,30). Les Apôtres ne sont pas seuls lorsqu’ils rapportent au Seigneur ce qu’ils ont fait et enseigné, mais ses disciples et ceux de Jean Baptiste viennent aussi lui annoncer ce que Jean a souffert pendant que les Apôtres enseignaient. <> Et il leur dit : Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. <> Pour faire comprendre combien il était nécessaire d’accorder du repos aux disciples, l’évangéliste poursuit en disant : De fait, les arrivants et les partants étaient si nombreux qu’on n’avait même pas le temps de manger (Mc 6,31) La fatigue de ceux qui enseignaient, ainsi que l’ardeur de ceux qui s’instruisaient, montrent bien ici comme on était heureux en ce temps-là.
Plût au ciel qu’il en fût de même encore à notre époque, qu’un grand concours de fidèles se pressât autour des ministres de la Parole pour les entendre, sans même leur laisser le temps de reprendre des forces ! Car lorsqu’ils manquent du temps nécessaire pour prendre soin d’eux-mêmes, ils ont encore moins la possibilité de s’abandonner aux séductions de l’âme et du corps. Ou plutôt, du fait que l’on réclame d’eux à temps et à contretemps la parole de foi et le ministère du salut, ils brûlent du désir de méditer les pensées célestes et de les mettre sans cesse en pratique, de sorte que leurs actes ne démentent pas leurs enseignements.
Ils partirent donc dans la barque pour un endroit désert, à l’écart (Mc 6,32). Les disciples ne montèrent pas seuls dans la barque, mais ils prirent avec eux le Seigneur et gagnèrent un endroit désert, comme l’évangéliste Matthieu l’indique clairement. Les gens les virent s’éloigner et beaucoup les reconnurent. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux (Mc 6,33). En disant qu’ils partirent à pied et arrivèrent avant eux, l’évangéliste laisse entendre que les disciples et le Seigneur n’ont pas navigué jusqu’à l’autre rive de la mer de Galilée ou du Jourdain, mais qu’après avoir traversé en barque un bras de mer ou une crique, ils sont parvenus à un endroit proche, situé dans la même région, et que les gens du pays pouvaient aussi gagner à pied.
En débarquant, Jésus vit une foule nombreuse, et il en eut pitié, parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont pas de berger, et il se mit à les instruire longuement (Mc 6,34). Matthieu donne plus d’explications sur la manière dont Jésus eut pitié d’eux, quand il dit : Et il en eut pitié, et il guérit leurs infirmes (Mt 14,14). Car avoir pitié des pauvres et de ceux qui n’ont pas de berger, c’est précisément leur ouvrir le chemin de la vérité en les instruisant, faire disparaître leurs infirmités physiques en les soignant, mais aussi les nourrir quand ils ont faim, et les encourager ainsi à louer la générosité divine. C’est ce que Jésus a fait, comme nous le rappelle encore la suite de cet évangile.
Il a en outre mis à l’épreuve la foi de la foule, et l’ayant éprouvée, lui a donné en retour une récompense proportionnée. Il a gagné en effet un endroit isolé pour voir si les gens auraient soin de les suivre. Eux l’ont suivi. Ils ont pris en toute hâte la route du désert, non sur des ânes ou des véhicules de tout genre, mais à pied, et ils ont montré, par cet effort personnel, quel grand soin ils avaient de leur salut.
En retour, Jésus a accueilli ces gens fatigués. Comme sauveur et médecin plein de puissance et de bonté, il a instruit les ignorants, guéri les malades et nourri les affamés, manifestant ainsi quelle grande joie lui procure l’amour des croyants.
Prière
Sois favorable à tes fidèles, Seigneur, et multiplie les dons de ta grâce : entretiens en eux la foi, l’espérance et la charité, pour qu’ils soient attentifs à garder tes commandements. Par Jésus Christ.
ou bien
Seigneur Jésus, tu as eu pitié des foules qui étaient comme des brebis sans berger, et tu leur as sacrifié ton repos pour leur donner ta parole de vie. Fais de nous des messagers de l’Évangile, qu’aucune fatigue ne lasse, que nulle difficulté n’arrête. Toi qui règnes.


17e dimanche du temps ordinaire B
Évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,1-15
Jésus était passé de l’autre côté du lac de Tibériade (appelé aussi mer de Galilée). Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait en guérissant les malades. Jésus gagna la montagne, et là, il s’assit avec ses disciples.
Homélie
Dieu nous est connu par ses œuvres
Homélie de saint Augustin († 430)
Commentaire sur l’évangile de Jean, 24, 1.6.7 ; CCL 36, 244.247.
Les miracles accomplis par notre Seigneur Jésus Christ sont vraiment des œuvres divines. Ils disposent l’intelligence humaine à connaître Dieu en partant de ce qui est visible, puisque nos yeux sont incapables de le voir en raison même de sa nature. En outre, les miracles que Dieu opère pour gouverner l’univers et organiser toute sa création ont tellement perdu de leur valeur à force de se répéter, que presque personne ne prend la peine de remarquer quelle œuvre merveilleuse et étonnante il réalise dans n’importe quelle petite graine de semence.
C’est pourquoi il s’est réservé, dans sa bienveillance, d’accomplir au moment choisi certaines actions en dehors du cours habituel des choses et de l’ordre de la nature. Ainsi, ceux qui tiennent pour négligeables les merveilles de tous les jours, restent stupéfaits à la vue d’œuvres qui sortent de l’ordinaire et cependant ne l’emportent pas sur celles-là. Gouverner l’univers est en vérité un miracle plus grand que de rassasier cinq mille hommes avec cinq pains ! Personne toutefois ne s’en étonne, alors que l’on s’extasie devant un miracle de moindre importance parce qu’il sort de l’ordinaire. Qui, en effet, nourrit aujourd’hui encore l’univers sinon celui qui, avec quelques grains, crée les moissons ?
Le Christ a donc fait ce que Dieu fait. Usant de son pouvoir de multiplier les moissons à partir de quelques grains, il a multiplié cinq pains dans ses mains. Car la puissance se trouvait entre les mains du Christ, et ces cinq pains étaient comme des semences que le Créateur de la terre multipliait sans même les confier à la terre.
Cette œuvre a donc été placée sous les sens pour élever l’esprit, et elle s’est offerte aux regards pour exercer l’intelligence. Il nous est ainsi devenu possible d’admirer le Dieu invisible en considérant ses œuvres visibles (cf. Rm 1,20). Après avoir été éveillés à la foi et purifiés par elle, nous pouvons même désirer voir sans les yeux du corps l’Être invisible que nous connaissons à partir du visible.
En effet, Jésus a fait ce miracle pour qu’il soit vu de ceux qui se trouvaient là, et ils l’ont mis par écrit pour que nous en ayons connaissance. Ce que les yeux ont fait pour eux, la foi le fait pour nous. Aussi bien, nous reconnaissons en notre âme ce que nos yeux n’ont pu voir et nous avons reçu un plus bel éloge, puisque c’est de nous qu’il a été dit : Heureux ceux qui croient sans avoir vu (Jn 20,29) !
D’après l’évangile, les gens dirent, à la vue du signe qu’il venait d’opérer : Celui-ci est vraiment un prophète (Jn 6,14). Or, il était le Seigneur des prophètes, l’inspirateur des prophètes, le sanctificateur des prophètes. Mais il était aussi un prophète, comme cela avait été dit à Moïse : C’est un prophète comme toi que je leur susciterai (Dt 18,18).
Le Seigneur est prophète, il est la Parole de Dieu et, sans la Parole de Dieu, aucun prophète ne prophétise. La Parole de Dieu est avec les prophètes et la Parole de Dieu est prophète. Dans le passé, les hommes ont mérité d’avoir des prophètes inspirés et remplis de la Parole de Dieu (cf. He 1,1) ; nous, nous avons mérité d’avoir pour prophète la Parole même de Dieu.
Prière
Tu protèges, Seigneur, ceux qui comptent sur toi ; sans toi rien n’est fort et rien n’est saint ; multiplie pour nous tes gestes de miséricorde afin que, sous ta conduite, en faisant un bon usage des biens qui passent, nous puissions déjà nous attacher à ceux qui demeurent. Par Jésus Christ.
ou bien
Dieu qui aimes les hommes, ton Fils est venu dans le monde comme le grand Prophète qui nourrit les foules de sa parole et de son pain. À ceux qui forment le peuple de l’Alliance nouvelle, ne cesse pas d’accorder les signes de ta grâce et la force de ton salut. Par Jésus Christ.


18e dimanche du temps ordinaire B
Évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,24-35
La foule s’était aperçue que Jésus n’était pas au bord du lac, ni ses disciples non plus. Alors les gens prirent les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus.
Homélie
Jésus, le pain de vie
Homélie de Théophylacte († 1109)
Commentaire sur l’évangile de Jean, PG 123, 1297-1301.
Au désert, nos pères ont mangé la manne. Comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel (Jn 6,31).
Ainsi les Juifs veulent-ils pousser Jésus à accomplir lui-même un prodige semblable qui aurait pour effet de leur procurer une nourriture corporelle et, en raison de leur extraordinaire gloutonnerie, ils lui rappellent la manne.
Que leur répond donc l’infinie Sagesse de Dieu, Jésus notre Seigneur ? Voici : Ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain (Jn 6,32), ce qui revient à dire : "Moïse ne vous a pas donné le vrai pain, mais tout ce qui s’est passé alors était la figure de ce qui arrive aujourd’hui. Moïse était la figure de Dieu, le vrai chef des Israélites spirituels. Ce pain était ma propre image. Étant descendu du ciel, je suis la vraie nourriture et le pain véritable." Il se déclare "pain véritable", non que la manne eût été une chose trompeuse, mais parce que cette figure était aussi une ombre, non la réalité même.
Assurément, ce pain qui est Vie par nature, du fait qu’il est le Fils du Père vivant, accomplit l’œuvre qui lui est propre, car il vivifie tout. Comme le pain qui vient de la terre conserve la fragile substance de notre chair et prévient sa destruction, de même le Christ, lui aussi, vivifie l’âme par l’action de l’Esprit, et en outre il préserve le corps même en vue de son incorruptibilité. Car le Christ a fait don à l’humanité de la résurrection d’entre les morts et de l’immortalité des corps.
Et Jésus leur dit : Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif (in 6,35). <> Il n’a pas dit : "Le pain qui vous alimente", mais "le pain de la vie". En effet, après que la mort eût mené tous les êtres à leur perte, le Christ, qui est le pain, nous a vivifiés par lui-même. Nous croyons en effet que le levain de la pâte humaine a été cuit au feu de sa divinité. Il est le pain, non de cette vie ordinaire, mais de la vie transformée à laquelle la mort ne met pas de fin.
Si quelqu’un croit en ce pain, il ne connaîtra pas la faim, cette faim qui torture celui qui n’écoute pas la parole de Dieu, et il ne connaîtra pas la soif spirituelle de celui qui n’a pas reçu l’eau du baptême ni la sanctification de l’Esprit. L’un n’a pas été baptisé : manquant du rafraîchissement de l’eau sainte, il éprouve la soif et une grande sécheresse. L’autre a été baptisé : il possède l’Esprit et jouit sans cesse de son réconfort.
Prière
Assiste tes enfants, Seigneur, et montre à ceux qui t’implorent ton inépuisable bonté ; c’est leur fierté de t’avoir pour Créateur et Providence : restaure pour eux ta création, et l’ayant renouvelée, protège-la. Par Jésus Christ.
ou bien
Dieu notre Père, nous te rendons grâce : par le pain de la terre tu nourris nos corps et par le pain venu du ciel tu donnes au monde la vraie vie. Avec le pain quotidien, donne-nous de ce pain-là, toujours. Par Jésus Christ.

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