Solennités du temps ordinaire B
La Sainte Trinité B
Évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 28,16-20
Au temps de Pâques, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent.
Homélie
L’action propre à chaque personne divine
Homélie de Nicolas Cabasilas († 1323)
La Vie en Christ, 2, PG 150, 532-533
Bien que la sainte Trinité ait donné le salut au genre humain par un seul et même amour des hommes, la foi nous dit que chacune des personnes divines y apporte sa contribution particulière. Le Père se réconcilia avec nous, le Fils opéra la réconciliation, et le Saint-Esprit fut le don accordé à ceux qui étaient devenus les amis de Dieu. Le Père nous a libérés, le Fils fut la rançon de notre délivrance ; quant à l’Esprit, il est la liberté en personne, selon la parole de saint Paul : Là où l’Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté (2 Co 3,17). Si le Père nous a créés, le Fils nous a re-créés, et c’est l’Esprit qui fait vivre (Jn 6,63). Car, dans la création initiale, la Trinité s’inscrivait en filigrane. Le Père était le modeleur, le Fils était sa main, l’Esprit Défenseur insufflait la vie. Mais pourquoi parler de cela ? Car c’est seulement dans la création nouvelle que nous ont été révélées les distinctions qui existent en Dieu.
En effet, à toutes les époques, Dieu a répandu ses bienfaits sur la création, mais vous n’en trouverez pas un que l’on puisse rapporter au Père seul, au Fils seul, ou à l’Esprit seul. Au contraire, ils sont tous communs à la Trinité, parce que c’est par une seule puissance, une seule providence et une seule activité créatrice qu’elle réalise toute chose.
Dans le plan du salut par lequel elle a restauré notre genre humain en le renouvelant, c’est bien la Trinité tout entière qui a voulu mon salut et qui a prévu comment il se réaliserait. Mais ce n’est pas la Trinité tout entière qui l’a réalisé. Son artisan, ce n’est ni le Père ni le Saint-Esprit, mais le Verbe seul, le Fils unique seul. C’est lui qui a assumé la chair et le sang. C’est lui qui a subi les fouets et la douleur, c’est lui qui est mort et ressuscité. C’est par lui que la nature a reçu une vie nouvelle et que le baptême fut institué comme une naissance nouvelle et une création nouvelle. C’est pourquoi, lorsque l’on baptise, il faut invoquer Dieu en distinguant les personnes : le Père, le Fils, le Saint-Esprit, que cette création nouvelle est seule à nous révéler.
Prière
Dieu notre Père, tu as envoyé dans le monde ta Parole de vérité et ton Esprit de sainteté pour révéler aux hommes ton admirable mystère ; donne-nous de professer la vraie foi en reconnaissant la gloire de l’éternelle Trinité, en adorant son Unité toute-puissante. Par Jésus Christ.
Le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ B
Évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 14,12-16.22-26
Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : "Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs de ton repas pascal ?"
Homélie
Le mystère de la Pâque nouvelle
Homélie de saint Jean Chrysostome († 407)
Homélies sur l’évangile de saint Matthieu, 82, 1, PG 58, 737-739
Pendant le repas, Jésus prit le pain et le rompit (Mt 26,26 passim). Pourquoi célèbre-t-il ce mystère au moment de la Pâque ? Afin de vous montrer de toute façon qu’il est le législateur de l’Ancien Testament et que tous les événements de ce jour y étaient préfigurés. Il remplace le symbole figuratif par la vérité. Que cela se soit passé le soir, signifiait la plénitude des temps et la fin prochaine de ce qui concernait le Christ.
Pourquoi rend-il grâce ? Pour nous enseigner comment il faut accomplir ce mystère. Pour nous montrer qu’il ne va pas à la Passion malgré lui. Et il nous formait à supporter avec action de grâce ce que nous avons à souffrir, en y puisant même de grandes espérances.
Si le signe figuratif a obtenu la délivrance de l’esclavage, combien plus encore la vérité affranchira-t-elle l’univers et nous sera-t-elle accordée pour le plus grand bien de notre nature ! C’est donc pour cela que le Christ ne nous livre pas plus tôt ce mystère, mais seulement lorsque doivent cesser les observances légales. Il abolit alors la principale des fêtes juives, il invite ses disciples à une autre table, autrement digne de crainte. Et il leur dit : Prenez, mangez, ceci est mon corps, rompu pour vous (cf. 1 Co, 16,24).
Comment n’ont-ils pas été troublés en entendant cela ? Parce qu’il leur avait déjà donné de grands et magnifiques enseignements. C’est pourquoi maintenant il n’insiste pas, car ils ont été assez instruits. Mais il leur dit le motif de sa Passion, qui est d’enlever les péchés. Le sang de la nouvelle alliance signifiait le gage de cette Loi nouvelle qu’il avait annoncée. Il avait promis longtemps auparavant que la nouvelle alliance devait être ratifiée par son sang. De même que l’Ancien Testament avait les sacrifices des brebis et des taureaux, de même le Nouveau Testament a le sang du Seigneur. Par là Jésus montre encore qu’il doit mourir. C’est pourquoi il parle de Testament en rappelant le premier, car celui-ci avait été consacré par le sang. Et il parle encore de la cause de sa mort : Ce sang sera répandu pour beaucoup en rémission des péchés. Puis il ajoute : Quand vous ferez, cela, vous le ferez en mémoire de moi.
Il parle ainsi pour montrer que sa passion et sa croix sont un mystère, et, par là, consoler encore ses disciples. Comme Moïse disait : Ceci sera pour vous un mémorial éternel (cf. Ex 3,15), Jésus dit de même : en mémoire de moi, jusqu’à ce que je vienne (cf. 1 Co, 11,26). C’est pourquoi il disait aussi : J’ai ardemment désiré manger cette Pâque (Lc 22,15), pour vous donner ces institutions nouvelles et vous laisser une Pâque qui ferait de vous des hommes animés par l’Esprit.
Prière
Seigneur Jésus Christ, dans cet admirable sacrement tu nous as laissé le mémorial de ta Passion ; donne-nous de vénérer d’un si grand amour le mystère de ton corps et de ton sang, que nous puissions recueillir sans cesse le fruit de la rédemption. Toi qui règnes.
Le Sacré-Cœur de Jésus B
Évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 19,31-37
Jésus venait de mourir. Comme c’était le vendredi, il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat (d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque).
Homélie
Tout-puissant, Dieu remet les péchés
Sermon de saint Augustin († 430)
Sermon 213, 2b, éd des Mauristes, 5, 942
Je crois en Dieu, le Père tout-puissant. Voyez comme c’est concis, et comme c’est riche ! Il est Dieu, et il est Père : Dieu par sa puissance, Père par sa bonté. Que nous avons de la chance : trouver un Père en la personne de notre Seigneur ! Croyons donc en lui et attendons tout de sa miséricorde, parce qu’il est tout-puissant. Que personne ne dise : Il ne peut pas pardonner mes péchés. Comment, tout-puissant, ne le pourrait-il pas ? Mais tu insistes : Moi, j’ai beaucoup péché ! et je te réponds : Mais il est tout-puissant ! Et toi : J’ai commis de si grands péchés que je ne puis en être délivré et purifié. Je réponds : Mais lui est tout-puissant !
La rémission des péchés. Si elle n’existait pas dans l’Église, il n’y aurait aucun espoir, car alors nous ne poumons aucunement espérer la vie future ni la libération éternelle. Nous rendons grâce à Dieu qui a fait ce don à son Église.
Voici que vous allez venir à la fontaine sainte, que vous serez purifiés par le baptême, renouvelés par le bain salutaire de la nouvelle naissance. En remontant de ce bain, vous serez sans aucun péché. Tous les péchés passés qui vous poursuivaient seront détruits. Ils étaient semblables aux Égyptiens qui poursuivaient les Israélites jusqu’à la mer Rouge. Que veut dire : jusqu’à la mer Rouge ? Jusqu’à cette fontaine, consacrée par la croix et le sang de Jésus Christ. En effet, nous appelons rouge ce qui rougeoie. Or, ne voyez-vous pas que tout ce qui touche à Jésus Christ est rougeoyant ? Interrogez les yeux de la foi. Si tu regardes la croix, remarque le sang. Si tu vois celui qui est cloué, vois ce qu’il a versé. Le côté du Christ a été percé par la lance, et notre rançon en a jailli. Voilà pourquoi le signe du Christ imprime sa marque sur le baptême, c’est-à-dire sur l’eau où vous êtes plongés, comme si vous traversiez la mer Rouge.
Vos péchés, ce sont vos ennemis. Ils vous poursuivent, mais seulement jusqu’à la mer. Dès que vous y serez entrés, vous leur échapperez et ils seront détruits, de même que les Israélites s’échappèrent à pied sec, tandis que l’eau engloutissait les Égyptiens. Et que dit l’Écriture ? Il n’en resta pas un seul (cf. ps 105,11).
Que vos péchés soient nombreux ou non, qu’ils soient grands ou petits : il n’en restera pas un seul.
Prière
Seigneur notre Père, en vénérant le Cœur de ton Fils bien-aimé, nous disons les merveilles de ton amour pour nous ; fais que nous recevions de cette source divine une grâce plus abondante. Par Jésus Christ.
Temps ordinaire B
2e dimanche du temps ordinaire B
Évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1,35-42
Jean Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : "Voici l’Agneau de Dieu."
Homélie
André, le premier Apôtre
Homélie de Basile de Séleucie († 459)
Éloge de saint André, 3-4, PG 28, 1104-1105.
André, le plus illustre des Apôtres, est touché par les paroles du Baptiste. Quittant son maître, il court vers celui qu’il lui désigne : ses paroles lui sont parvenues comme un signal, et il gagne même de vitesse la langue de Jean. Signe évident de son amour, il accourt vers le Seigneur, emmenant avec lui l’évangéliste Jean. Laissant là le flambeau, tous deux s’élancent vers le soleil.
André a été la première plantation du Seigneur. C’est lui qui ouvrit la porte à l’enseignement du Christ. Le premier, il récolta les fruits de la terre cultivée par les prophètes. Le premier, il embrassa celui que tous attendaient, devançant ainsi l’espérance de tous. Le premier, il montra que les commandements de la Loi étaient arrivés à leur terme.
Le premier, il mit un frein à la langue de Moïse, et il ne la laissa plus parler après la venue du Christ. On ne l’en blâma pas, et il ne jeta pas le blâme sur celui qui avait été le guide des Juifs, mais, avant l’envoyé, il honora celui qui l’avait envoyé. Qui plus est, il se montra le premier à honorer Moïse, en étant le premier à reconnaître celui que Moïse avait annoncé : Le Seigneur notre Dieu vous suscitera d’entre vos frères un prophète tel que moi : écoutez-le (Dt 18,15). André, pour obéir à la Loi, l’a rejetée. Il a entendu la parole de Moïse : Écoutez-le.
Ayant entendu Jean proclamer : Voici l’Agneau de Dieu (Jn 1,37), il va spontanément vers celui qu’il lui désigne. L’ayant trouvé, et ayant reconnu en lui le prophète annoncé, il lui amène son frère. À Pierre, qui ne le connaît pas encore, il révèle le trésor : "Nous avons trouvé le Messie (Jn 1,41), celui dont nous désirions la venue. <> Oh ! Nous qui avons veillé durant tant de nuits près des eaux du Jourdain, nous venons de trouver celui que nous désirions."
Dès qu’André a fini de parler, Pierre, son frère, qui l’a écouté attentivement, part en toute hâte, plein d’enthousiasme. En amenant Pierre au Seigneur, André fait de son frère un disciple comme lui. C’est la première bonne chose à mettre à son actif : il a augmenté le nombre des Apôtres, il a présenté Pierre au Christ, si bien que Jésus trouvera en lui le guide de ses disciples.
C’est donc André qui aura semé en Pierre tout le bien qui, par la suite, sera porté au crédit de celui-ci. La louange adressée à l’un rejaillit également sur l’autre, car les vertus de l’un appartiennent aussi à l’autre, et chacun se glorifie des mérites de l’autre.
Vraiment, quelle joie Pierre ne procurera-t-il pas à tous les disciples quand il rompit leur silence embarrassé en répondant sans retard à la question du Seigneur ! <> Pierre seul prononça ces paroles : Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant (Mt 16,16) ! Il parlait au nom de tous, comme s’il était la langue de ceux dont Jésus attendait une réponse, ou comme si eux tous s’exprimaient par lui. En une seule phrase, il proclama le Sauveur et son plan de salut.
Oh ! Que cette proclamation s’accorde bien avec celle d’André ! Pour approuver les paroles qu’André avait dites à Pierre lorsqu’il l’avait conduit au Christ, le Père céleste les a aussi inspirées à Pierre.
Prière
Dieu éternel et tout-puissant, qui régis l’univers du ciel et de la terre, exauce, en ta bonté, les prières de ton peuple et fais à notre temps la grâce de la paix. Par Jésus Christ.
ou bien
Seigneur notre Dieu, ton Fils a interpellé ceux qui le suivaient sans le connaître vraiment. Comme eux, nous sommes à la recherche du Christ, le Messie, et, souvent, nous ne savons où le trouver. Fais-nous voir aujourd’hui le lieu de sa demeure et rends-nous prompts à le suivre. Lui qui règne.
3e dimanche du temps ordinaire B
Évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1,14-20
Après l’arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ; il disait : "Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle."
Homélie
Le repentir, chemin de la conversion
Homélie de saint Césaire d’Arles († 543)
Sermon 144, 1-4, CCL 104, 593-595
La lecture de l’évangile, frères bien-aimés, nous a fait entendre ces paroles du Seigneur : Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche (Mt 4,17). Le Royaume des cieux est le Christ qui, nous en avons la certitude, connaît les actes bons et mauvais et juge tous les motifs de nos actes.
Aussi nous faut-il devancer Dieu en confessant nos fautes et réprimer tous les dérèglements de l’âme avant le jugement. Nous nous exposons au danger si nous ne savons quel traitement suivre pour nous guérir du péché. Nous devons faire pénitence avant tout parce que nous savons que nous aurons à rendre compte des raisons de nos errements.
Voyez, frères bien-aimés, combien la bonté de notre Dieu est grande envers nous, si grande qu’il veut remettre le péché de celui qui s’en reconnaît coupable et le répare avant le jugement. Car lui, le juste juge, fait toujours précéder le jugement d’un avertissement, pour n’avoir jamais à exercer une justice sévère. Si Dieu veut tirer de nous des ruisseaux de larmes, ce n’est pas pour rien, frères bien-aimés, mais pour que nous puissions recouvrer par le repentir ce que nous avions perdu par la négligence.
Car notre Dieu sait que l’homme n’a pas toujours une volonté droite, et qu’il peut souvent pécher dans sa chair ou commettre des écarts de langage. Aussi nous a-t-il appris la voie du repentir par laquelle nous pouvons réparer les dommages que nous avons causés, et nous corriger de nos fautes. Pour être sûrs d’en obtenir le pardon, nous ne devons donc jamais cesser de regretter nos péchés.
Si affaiblie que soit la nature humaine par tant de blessures, personne ne doit désespérer. Car le Seigneur est d’une générosité si grande qu’il répand de bon cœur sur tous ceux qui sont à bout de force les dons de sa miséricorde.
Mais l’un de vous dira peut-être : "Pourquoi craindrais-je, puisque je ne fais aucun mal ?" Sur ce point, écoutez ce que dit l’apôtre Jean : Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous (1 Jn 1,8). Que personne donc ne vous égare, mes bien-aimés, car la pire espèce de péché est de ne pas apercevoir ses péchés. Alors que tous ceux qui reconnaissent leurs fautes peuvent se réconcilier avec Dieu en se repentant, aucun pécheur ne mérite davantage notre pitié que celui qui croit n’avoir rien à se reprocher.
Je vous exhorte donc, mes bien-aimés, avec les paroles de l’Écriture, à vous tenir humblement sous la main toute-puissante de Dieu (1 P 5,6). Et que personne ne refuse de réparer son péché, puisque personne n’en est exempt, car ce serait déjà une faute que de prétendre être sans péché. Il peut se faire que l’un soit moins coupable que l’autre, mais nul n’est exempt de tout péché. Les hommes sont certes pécheurs à des degrés divers ; il n’y en a pourtant aucun qui soit net de toute souillure.
Voilà pourquoi, mes bien-aimés, il faut que ceux qui se sont rendus coupables d’offenses plus graves implorent leur pardon avec plus de foi. Quant à ceux qui se sont préservés des fautes les plus honteuses, qu’ils prient afin de ne pas les commettre. Par la grâce de Jésus Christ notre Seigneur, qui vit et règne avec le Père et l’Esprit Saint pour les siècles des siècles. Amen.
Prière
Dieu éternel et tout-puissant, dirige notre vie selon ton amour, afin qu’au nom de ton Fils bien-aimé, nous portions des fruits en abondance. Par Jésus Christ.
ou bien
Seigneur notre Dieu, en ton Fils Jésus tu as invité ton peuple à la conversion. Rends-nous accueillants à la Bonne Nouvelle et prêts à répondre à ton appel. Alors nous pourrons marcher à la suite du Christ et préparer les hommes à l’avènement de ton Règne. Par Jésus Christ.
4e dimanche du temps ordinaire B
Évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1,21-28
Jésus, accompagné de ses disciples, arrive à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.
Homélie
L’autorité de Jésus
Homélie de saint Jean Chrysostome († 407) sur la Lettre aux Hébreux
Homélies sur la Lettre aux Hébreux, -5,3 ; PG 63, 50.
Considérez Jésus Christ, apôtre et grand prêtre pour notre confession de foi, lui qui est digne de confiance pour celui qui l’a institué, tout comme Moïse, sur toute sa maison (He 3,1-2). Que signifie : Il est digne de confiance pour celui qui l’a institué ! Cela veut dire qu’il dirige par sa providence les êtres qui lui appartiennent, et ne les laisse pas périr par sa négligence.
Comme Moïse qui fut digne de confiance dans toute sa maison ; c’est-à-dire : apprenez qui est votre grand prêtre, apprenez son origine, et vous n’aurez pas besoin d’autres encouragements ni consolations. Le Christ est appelé apôtre parce qu’il a été envoyé. Il est appelé aussi grand prêtre pour notre confession, c’est-à-dire notre confession de foi. Jésus est comparé, ajuste titre, à Moïse puisqu’il a été chargé comme Moïse de gouverner un peuple, mais un peuple plus nombreux et chargé d’une mission plus importante. Moïse avait gouverné à titre de serviteur, le Christ gouverne en sa qualité de Fils. Ceux dont Moïse avait la charge n’étaient pas à lui, ceux que guide Jésus lui appartiennent.
Pour attester ce qui allait être dit (He 3,5). Que dis-tu là ? Est-il possible que Dieu accepte un témoignage humain ? Oui, sans aucun doute, car il appelle le ciel, la terre et les collines à être ses témoins. Voici ce qu’il dit par son prophète : cieux, écoutez ; terre, prête l’oreille, car le Seigneur parle (Is 1,2). Et encore : Écoutez, vous aussi, fondements inébranlables de la terre (Mi 6,2), c’est le procès du Seigneur avec son peuple. À plus forte raison prend-il des hommes à témoin.
Que signifie : Pour attester ! Pour que les hommes attestent, même quand ils agissent impudemment, que le Christ nous parle vraiment en sa qualité de Fils, car ceux dont Moïse avait la charge n’étaient pas à lui, mais ceux que guide Jésus lui appartiennent.
Prière
Accorde-nous, Seigneur, de pouvoir t’adorer sans partage, et d’avoir pour tout homme une vraie charité. Par Jésus Christ.
ou bien
Qui es-tu Seigneur, toi qui parles avec autorité ? Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Toi, le Saint de Dieu, venu pour mettre fin à la puissance du mal, délivre nos esprits et nos corps de tout ce qui les entrave. Alors, possédés de ton Esprit, nous chanterons à jamais ta victoire. Toi qui règnes.
5e dimanche du temps ordinaire B
Évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1,29-39
En quittant la synagogue de Capharnaüm, Jésus, accompagné de Jacques et de Jean, alla chez Simon et André. Or, la belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre.
Homélie
Jésus vient nous sauver
Homélie de saint Pierre Chrysologue († 450)
Sermon 18, 1-3 ; CCL 24, 107-108.
Ceux qui ont écouté attentivement l’évangile de ce jour savent pour quelle raison le Seigneur du ciel est entré dans d’humbles demeures terrestres. Puisqu’il est venu par bonté secourir tous les hommes, il n’est pas étonnant qu’il ait bien voulu porter ses pas en tous lieux.
Étant venu dans la maison de Pierre, Jésus vit sa belle-mère alitée, avec de la fièvre (Mt, 8,14). Voyez quel motif a conduit le Christ chez Pierre : nullement le désir de se mettre à table, mais la faiblesse de la malade ; non le besoin de prendre un repas, mais l’occasion d’opérer une guérison. Il voulait exercer sa divine puissance, et non prendre part à un banquet avec des hommes. Ce n’était pas du vin qu’on versait chez Pierre, mais des larmes.
Aussi le Christ n’est-il pas entré dans cette maison pour prendre sa nourriture, mais pour restaurer la vie. Dieu est à la recherche des hommes, non des choses humaines. Il veut leur donner les biens célestes, il ne désire pas trouver les biens terrestres. Le Christ est donc venu ici-bas pour nous prendre avec lui, il n’est pas venu chercher ce que nous possédons.
Étant venu dans la maison de Pierre, Jésus vit sa belle-mère alitée, avec de la fièvre. Dès qu’il fut entré chez Pierre, le Christ vit ce pour quoi il était venu. L’aspect de la maison ne retint pas ses regards, ni la multitude venue à sa rencontre, ni l’hommage de ceux qui le saluaient, ni la famille qui le pressait. Il ne jeta même pas un coup d’œil sur les dispositions prises pour le recevoir, mais il écouta les gémissements de la malade et porta son attention à la fièvre qui la consumait. Il vit qu’elle était dans un état désespéré, et aussitôt il étendit les mains pour qu’elles accomplissent leur œuvre divine. Et le Christ ne prit pas place à la table des hommes avant que la femme ne se lève de sa couche pour louer Dieu.
Il lui prit la main, dit l’évangile, et la fièvre la quitta (Mt 8,15). Voyez comment la fièvre quitte celle que le Christ tient par la main. La maladie ne résiste pas devant l’auteur du salut. Il n’y a pas de place pour la mort, là où est entré le Prince de la vie.
Prière
Dans ton amour inlassable, Seigneur, veille sur ta famille ; et puisque ta grâce est notre unique espoir, garde-nous sous ta constante protection. Par Jésus Christ.
ou bien
Seigneur notre Dieu, ton Fils est passé parmi nous en faisant le bien : il guérissait les malades et proclamait la Bonne Nouvelle. Il savait aussi se retirer dans la solitude pour te prier. Accueille notre prière avec la sienne, car il est le seul à te prier comme il faut. Lui qui règne.
6e dimanche du temps ordinaire B
Évangile
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1,40-45 Un lépreux vient trouver Jésus ; il tombe à ses genoux et le supplie : "Si tu le veux, tu peux me purifier."
Homélie
Le Christ guérit celui qui croit
Homélie de saint Paschase Radbert († 860)
Commentaire sur l’évangile de Matthieu, 5, 8, CCM 56 A, 475-476.
Le Seigneur guérit chaque jour l’âme de tout homme qui l’implore, l’adore pieusement et proclame avec foi ces paroles : Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier (Mt 8,2), et cela quel que soit le nombre de ses fautes. Car celui qui croit du fond du cœur devient juste (Rm 10,10). Il nous faut donc adresser à Dieu nos demandes en toute confiance, sans mettre nullement en doute sa puissance.
Et si nous prions avec une foi pleine d’amour, nous bénéficions certainement, pour parvenir au salut, du concours de la volonté divine qui agit en proportion de sa puissance et qui est capable de produire son effet. C’est la raison pour laquelle le Seigneur répond aussitôt au lépreux qui le supplie : Je le veux (Mt 8,3). Car, à peine le pécheur commence-t-il à prier avec foi, que la main du Seigneur se met à soigner la lèpre de son âme.
Ce lépreux nous donne un conseil excellent sur la façon de prier. Ainsi ne met-il pas en doute la volonté du Seigneur, comme s’il refusait de croire en sa bonté. Mais, conscient de la gravité de ses fautes, il ne veut pas présumer de cette volonté. Quand il dit que le Seigneur, s’il le veut, peut le purifier, il fait bien d’affirmer ainsi le pouvoir qui appartient au Seigneur, de même que sa foi inébranlable. Car, pour obtenir une grâce, la foi pure et vraie est à bon droit requise tout autant que la mise en œuvre de la puissance et de la bonté du Créateur.
Par ailleurs, si la foi est faible, elle doit d’abord être fortifiée. C’est alors seulement qu’elle révélera toute sa puissance pour obtenir la guérison de l’âme et du corps. L’apôtre Pierre parle sans aucun doute de cette foi quand il dit : Il a purifié leurs cœurs par la foi (Ac 15,9). Si le cœur des croyants est purifié par la foi, nous devons entendre par là la force de la foi, car, comme le dit l’apôtre Jacques, celui qui doute ressemble au flot de la mer (Je 1,6).
Mais la foi pure, vécue dans l’amour, maintenue par la persévérance, patiente dans l’attente, humble dans son affirmation, ferme dans sa confiance, pleine de respect dans sa prière et de sagesse dans ce qu’elle demande, est certaine d’entendre en toute circonstance cette parole du Seigneur : Je le veux.
En ayant présente à l’esprit cette réponse admirable, nous devons regrouper les mots selon leur sens. Aussi bien le lépreux a-t-il dit pour commencer : Seigneur, si tu le veux, et le Seigneur :Je le veux. Le lépreux ayant ajouté : Tu peux me purifier, le Seigneur ordonna avec la puissance de sa parole : Sois purifié (Mt 8,2-3). Vraiment, tout ce que le pécheur a proclamé dans unevraie confession de foi, la bonté et la puissance divine l’ont aussitôt accompli par grâce.
Un autre évangéliste précise que l’homme qui recouvra la santé était tout couvert de lèpre (Lc 5,12), afin que personne ne perde confiance en raison de la gravité de ses fautes. Car tous les hommes sont pécheurs, ils sont tous privés de la gloire de Dieu (Rm 3,23).
C’est pourquoi, si nous croyons à bon droit que la puissance de Dieu est à l’œuvre partout, nous devons le croire également de sa volonté. Il veut, en effet, que tous les hommes soient sauvés et arrivent à connaître pleinement la vérité (1 Tm 2,4).
Prière
Dieu qui veux habiter les cœurs droits et sincères, donne-nous de vivre selon ta grâce ; alors tu pourras venir en nous pour y faire ta demeure. Par Jésus Christ.
ou bien
Seigneur Jésus, tu aurais voulu que tes actions bienfaisantes restent ignorées de la foule, mais leur éclat fut tel que la nouvelle s’en répandit partout. Donne-nous aujourd’hui encore des signes de ta miséricorde, afin que nous puissions répandre la Bonne Nouvelle. Toi qui règnes.