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SERMON XXXVII.
POUR LE HUITIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE.
Du jugement particulier.
Redde rationem villicationis tuœ (Luc. 16. 2.)
Rendez compte de votre gestion.
De tous les biens que nous avons reçus de Dieu, biens de la nature, de la fortune et de la grâce, chrétiens mes frères, aucun ne nous appartient : nous n'en sommes pas les maîtres, mais seulement les administrateurs ; nous ne pouvons donc en disposer à notre gré ; nous devons les employer selon la volonté de Dieu, qui est notre souverain Seigneur. c'est pourquoi, au moment de la mort, nous aurons à rendre un compte rigoureux de ces biens à Jésus-Christ, notre Juge : car nous devons tous paraître au tribunal de Dieu, dit l'Apôtre, pour recevoir le prix des actions bonnes ou mauvaises que chacun de nous aura faites pendant sa vie mortelle Omnes enim nos manifestari oportet ante tribunal Christi, ut référât unusquisque propria corporis, prout gessit, sive bonum, sive malum. II. Cor. 5. 10.  C'est ce que signifient les paroles que nous lisons dans l'Évangile de ce jour : Redde rationem villicationis tuœ ; suivant l'explication qu'en donne saint Bonaventure : « Vous n'êtes pas maître, mais administrateur des choses qui vous ont été confiées ; et par conséquent vous en rendrez compte Non es dominus, sed villicus, in rébus tibi commissis ; ideo de ipsis redditurus es rationem. » je veux aujourd'hui vous mettre devant les yeux la rigueur de ce jugement que chacun de nous doit subir au dernier jour de sa vie ; considérons donc la terreur qu'éprouvera l'âme coupable : — d'abord, quand elle sera présentée au jugement ; — ensuite, quand elle sera examinée ; — et enfin, quand elle sera condamnée.
1. Terreur de l'âme, quand elle sera présentée au jugement.
Il est de foi que nous devons mourir, et qu'après notre mort, nous devons être jugés sur toutes les actions de notre vie Statutum est hominibus semel mori ; post hoc autem, judicium. Heb. 9. 27. Or, quelle frayeur saisira chacun de nous, quand, se voyant près de mourir, il pensera au jugement qu'il devra subir, dès qu'il aura expiré ! C'est alors que se décide la cause de notre vie ou de notre mort éternelle. Au moment où l'âme doit passer de cette vie à l'éternité, la vue des péchés commis, la rigueur du jugement de Dieu, l'incertitude du salut éternel font trembler même les saints. — Sainte Marie-Madeleine de Pazzi, étant malade, tremblait par crainte du jugement ; et elle répondit à son confesseur, qui l'encourageait : a Ah ! mon Père, c'est une grande chose de devoir comparaître au tribunal de Jésus-Christ ! » — L'abbé Agathon, après tant d'années de pénitence passées dans le désert, tremblait aussi devant la mort, en disant : « Qu'en sera-l-il de moi, quand je serai jugé ? » — Le vénérable père louis Dupont, pensant aux comptes qu'il devait rendre à dieu au moment de sa mort, tremblait tellement, qu'il faisait trembler avec lui sa cellule. — Cette même pensée du jugement de Dieu porta le vénérable père Juvénal Ancina, de l'Oratoire, et puis évêque de Saluées, à quitter le monde. un jour qu'il entendait chanter le Dies irœ, considérant la terreur qui saisit l'âme, quand elle doit être présentée au tribunal de Jésus-Christ, il forma la résolution de se donner tout à Dieu, comme il le fit en effet.
C'est le sentiment des théologiens, que, à l'instant même et au lieu même où l'âme se sépare du corps, le divin tribunal est érigé, le procès est lu, et la sentence est prononcée par le souverain Juge, Jésus-Christ. Chacun de nous doit être présenté à ce grand tribunal, pour rendre compte de tout ce qu'il a pensé, de tout ce qu'il a dit et de tout ce qu'il a fait : Il nous faut tous paraître au tribunal de Jésus-Christ, pour y recevoir le prix de ce que nous avons fait de bien ou de mal pendant notre vie mortelle (II. Cor. 5. 10.) On a vu quelquefois des accusés saisis de crainte, au point de se couvrir d'une sueur froide, en comparaissant devant un juge terrestre. On raconte de Pison que, lorsqu'il dut comparaître devant le sénat en costume de criminel, sa confusion fut si grande, que, ne pouvant la supporter, il se tua de sa propre main. Quelle peine n'est-ce pas aussi pour un sujet ou pour un fils de devoir comparaître devant son prince ou son père irrité, qui l'a fait appeler pour rendre compte d'une mauvaise action qu'il a commise ! Oh ! quelle peine et quelle confusion bien plus grandes éprouve une âme en comparaissant devant Jésus-Christ, indigné des offenses qu'elle lui a faites durant sa vie ! Alors ils verront le Fils de l'homme Tunc videbunt Filium hominis. Luc. 21. 27. On verra Jésus-Christ dans sa force humaine, portant ces mêmes plaies avec lesquelles il est monté au ciel. Grand sujet de joie pour les uns et de terreur pour les autres Grande gaudium intuentium, grandis timor exspectantium ! De oper. Spir. S. l. 9. c. 8. s'écrie l'abbé Rupert ; ces plaies consoleront les justes ; mais les pécheurs seront glacés d'effroi, en y voyant quel a été l'amour du divin rédempteur envers eux, et quelle a été leur ingratitude.
Personne ne peut tenir devant Dieu irrité Ante faciera indignationis ejus, quis stabit ? Xah. 1. 6. Quelle sera donc la terreur d'une âme se trouvant en état de péché devant ce Juge indigné, la première fois qu'elle le verra ! saint Basile dit qu'alors elle sera plus tourmentée par sa honte que par le feu même de l'enfer Horridior, quam ignis, erit pudor. Un des valets de Philippe II lui ayant dit un mensonge, le roi lui fit ce simple reproche : « C'est ainsi que tu me trompes ? » Ce malheureux retourna chez lui et mourut de chagrin. Lorsque Joseph déclara à ses frères qui il était, ils ne purent dire un seul mot, tant ils étaient saisis de frayeur Non poterant respondere fratres, nimio terrore perterriti. gen. 45. 3. Que répondra donc le pécheur à Jésus-Christ, quand ce divin Maître lui dira : Je suis ton Rédempteur et ton Juge, celui que tu as tant méprisé ! — Où fuira-t-il, ce malheureux, demande saint augustin, quand il verra au-dessus de lui son Juge irrité, au-dessous l'enfer ouvert, d'un côté les péchés qui l'accuseront, de l'autre les démons prêts à l'entraîner au supplice, et qu'il se sentira brûlé au dedans do lui-même par les remords de sa conscience ? Superius erit Judex iratus, inferius horrendam ohaos, a dextris peccata accusantia, a sinistris dsemonia ad siipplicium trahentia, intus conscientia urer.s ; quo fugiet peccator sic comprehensus î apud S. Bonav. Diœt. sal. t. 9. Peut-être alors qu'il demandera miséricorde ? Mais, répond Eusèbe d'Emèse, comment osera-t-il demander miséricorde, quand avant tout il devra rendre compte du mépris qu'il a fait de la miséricorde dont Jésus-Christ a usé envers lui ? Qua fronte misericordiara petes, primum de miseroordiae contemptu judicandus ?
Passons à la reddition des comptes.
2. Terreur de l'âme, quand elle sera examinée.
Dès que l'âme sera présentée au tribunal de Jésus-Christ, le divin Juge lui dira : Redde rationem villicationis tuœ : maintenant, rendez-moi compte de toute votre vie. — l'Apôtre dit que l'âme, pour être jugée digne du salut éternel, doit avoir conformé sa vie à celle de Jésus-Christ Quos prsescivit^ et praedestinavit conformes fieri imaginis Filii sui... ; illos et glorificavit, Rom. S. 29. Et saint Pierre a écrit que, au jugement qu'exercera Jésus-Christ, le juste même se sauvera à peine, après avoir observé la loi de Dieu, pardonné à ses ennemis, respecté les saints, pratiqué la chasteté, la douceur, etc. Ensuite, il ajoute : l'impie et le pécheur, que deviendront-ils ? Justus vix salvabitur. — Impius et peccator ubi parebunt ? pet. 4. 18. Où se réfugieront les vindicatifs, les blasphémateurs, les impudiques, les médisants ? — Cela considéré, voici ce que je demande : qu'en sera-t-il de ceux dont la vie aura été presque toujours contraire à la vie de Jésus-Christ ?
Ce grand Juge, avant tout, voudra que le pécheur rende compte des bienfaits et des grâces qui lui auront été accordés pour se sauver, et dont il n'aura pas su profiter ; compte des années qu'il aura eues pour servir Dieu, et qu'il aura employées à l'offenser. Ensuite, il lui demandera compte de ses péchés. Les pécheurs commettent les fautes, et puis ils les oublient ; mais Jésus-Christ ne les oublie point : il tient bien comptées et comme renfermées, dit Job, dans un sac toutes nos iniquités Signasti quasi in sacculo delicta mea, Job. 14. il. En outre, il nous prévient que, au jour des comptes, il emploiera la lumière des lampes, pour scruter tous les actes de notre vie Et erit in tempore illo : scrutabor Jérusalem in lucernis. so'ph. 1. 12. La lampe, observe Mendozza, pénètre dans tous les coins de la maison : Lucerna omnes ancjulos permeat. C'est-à-dire que Dieu découvrira toutes les taches, grandes et petites, de la conscience ; car, alors, dit saint Anselme, il sera demandé compte du moindre coup d'œil Exigetur usque ad ictum oculi. Medit. 2. Et le divin Maître a déclaré lui-même qu'on rendra compte de toute parole inutile Omne verbum otiosum, quod locuti fuerint horaines, reddent rationem de eo in die judicii . Malth. 12. 36.
Le prophète Malachie dit que, comme on fait fondre l'or pour en séparer les scories, de même, au jugement, toutes nos actions doivent être examinées, pour en ôter et punir tout ce qui s'y trouve d'impur Et purgabit filios Levi, et colabit eos quasi aurum. Malach. 3. 3. Les justices même, c'est-à-dire, les bonnes œuvres, telles que les confessions, les communions, les oraisons, seront examinées, pour juger comment elles ont été faites Cum accepero tempus, ego justitias judicabo. Ps. IL 3. Or, s'il en est ainsi des simples regards, des paroles inutiles, et même des bonnes œuvres, avec quelle rigueur seront jugés les propos déshonnêtes, les blasphèmes, les médisances graves, les vols, les sacrilèges ! En ce jour-là, dit saint Jérôme, chaque âme verra d'elle-même, à sa confusion, tout le mal qu'elle a fait : videbit unisquisque quod fecit.
Les jugements du Seigneur sont une juste balance Pondus et statera judicia Domini sunt. Prov. 16 Il n'y pèse point la noblesse, ni la richesse, ni la science, mais la vie et les œuvres : ainsi, le roturier, le pauvre et l'ignorant, seront récompensés, s'ils se trouvent innocents ; le noble, le riche et le savant, seront punis, s'ils se trouvent coupables. De là cette parole de Daniel au roi Balthazar : vous avez été pesé et trouvé trop léger Appcnsus es in statera, et inventus es minus habens. Dan. 5. 21. Parole que le père Alvarez commente en ces termes : Ce qui vient dans la balance, ce n'est ni l'or ni la puissance du roi ; c'est uniquement sa personne Non aurum, non opes, in stateram veniunt ; solus rex appensus est.
Alors, le malheureux pécheur se verra accusé par le démon, dit saint Augustin. Cet ennemi représentera les promesses que nous avons faites à Dieu, et auxquelles nous avons manqué ; il nous reprochera en face toutes nos fautes, en marquant le jour et le lieu où nous les avons commises Praesto erit diabolus ante tribunal Christi, et recitabuntur vei'ba professionis nostrae : objiciet nobis in faciem quidquid fecimus, in qua die peccavimus, in quo loco. De Sal. Doc. c. 62.
— Il dira ensuite au Juge, d'après saint Cyprien : Moi, seigneur, pour cet ingrat, je n'ai rien souffert ; il vous a tourné le dos, à vous qui avez tant souffert pour le sauver, et il s'est fait mon esclave ; il est donc à moi Ego, pro eis, nec alapas accepi, nec flagella sustinui. De Op. et Eleem. — Son ange gardien viendra aussi l'accuser, comme le dit Origène ; il dira : J'ai travaillé tant d'années auprès de ce misérable, et il a méprisé tous mes avertissements Unusquisque Angelorum testimonium perhibet, quot annis circa eura laboreravit, sed ille monita sprevit. — De sorte qu'alors les amis de l'âme coupable se tourneront aussi contre elle Omnes amici ejus spreverunt eam. Thren. 1. 2. Et ses péchés eux-mêmes, ajoute saint Bernard, se feront ses accusateurs, en disant : Nous sommes tes œuvres, nous ne te quitterons point, nous serons tes compagnons en enfer durant toute l'éternité Tu nos egisti, opéra tua sumus, non te deseremus. Médit, c. 2.
Voyons maintenant quelles excuses pourra donner le pécheur. Il dira que sa mauvaise inclination naturelle l'a porté au mal ; mais il lui sera répondu que, si les sens le portaient au mal, rien cependant ne le forçait à le commettre, et que, d'ailleurs, s'il avait eu recours à Dieu dans ses tentations, le Seigneur lui aurait donné par sa grâce la force de résister. C'est à cette fin que Jésus-Christ nous a laissé les sacrements ; mais, si nous ne voulons pas en profiter, de qui pouvons-nous nous plaindre, si ce n'est de nous-mêmes ? Nunc autem excusationem non habent de peccato suo. Jo.15. f2. Le pécheur dira encore, pour excuse, que le démon l'a tenté ; mais saint Augustin observe que cet ennemi, comme un chien à l'attache, peut bien aboyer, mais qu'il ne peut mordre, si ce n'est celui qui veut s'en approcher et se laisser prendre Alligatus est diabolus taraquam canis innexus catenis, et neminem potesl mordere.nisi eum qui se ad illum vdtro mortifera securitate conjunxerit. Serm. 37. E. B. app. A quoi le saint Docteur ajoute qu'il faut être insensé pour se laisser mordre par un tel chien Jam videte quam stultus ille est, quem canis in catena positus mordet. Il alléguera peut-être aussi pour excuse la mauvaise habitude contractée ; mais ce moyen ne lui réussira pas non plus ; car saint Augustin dit encore que bien qu'il soit difficile de résister à la mauvaise habitude, néanmoins, si l'on ne s'abandonne pas au péché, en ayant soin de se recommander à Dieu, avec l'aide de Dieu on vaincra Tamen, si se quisque non deserat, Deo adjuvante, superabit. de serm. D. in monte, l. i. c. 15. Le seigneur ne permet pas, dit saint Paul, que nous soyons tentés au delà de nos forces Fidelis autem Deus est, qui non patietur vos tentari supra id quod potestis. I. Cor. 10. 13.
Job se demandait en tremblant ce qu'il ferait au tribunal de Dieu, ce qu'il répondrait Quid faciam, cum surrexerit ad judicandum Deus ? Et cum quaesierit, quid respondebo illi ? Job. 31. 14. Que répondra donc à Jésus-Christ le malheureux pécheur ? Et que pourra-t-il répondre. en se voyant ainsi convaincu ? Rempli de confusion, il se taira, comme cet homme de l'Évangile, qui fut trouvé sans la robe nuptiale At ille obmutuit. Matth. 22. 12. Le péché même lui fermera la bouche Omnis iniquitas oppilabit os sua. Ps : 106. 42. Alors, dit saint Thomas de Villeneuve, il n'y aura plus d'intercesseur à qui l'on puisse recourir Nullus ibi precandi locus ; nullus intercessor assistet, non amicus, non pater. Dom. 1. Adv. conc. 2. Et qui, ô pécheur ! pourrait alors te sauver ? Dieu seul le pourrait ; mais, demande saint Basile, comment te sauvera-t-il, ce Dieu que tu as méprisé ? Quis te eripiet ? Deus ne ille, quem contempsisti ? Orat. de pœnit.
Ah ! certes, l'âme coupable, sortant de cette vie en état de péché, se condamne d'elle-même sans attendre la sentence du Juge ; mais, venons enfin à cette sentence.
3. Terreur de l'âme, quand elle sera condamnée.
Bien grande sera l'allégresse d'une âme juste, quand, au moment de la mort, elle se verra accueillie par Jésus-Christ, qui lui adressera ces paroles si douces : Bien ! serviteur bon et fidèle : puisque tu as été fidèle en de petites choses, je t'établirai sur de grandes ; entre dans la joie de ton Seigneur Euge, serve bone et fidelis : quia super pauca fuisti fidelis, super multa te constituam ; intra in gaudium Dominitui. Matth. 25. 21. Non moins grande sera la douleur, le désespoir d'une âme coupable, quand elle se verra repoussée par le divin Juge, et qu'elle entendra ces paroles : Va-t'en, maudit, au feu éternel Discedite a me, maledicti, in ignem aeternum. Ibid. 41. Oh ! quel terrible coup de tonnerre sera pour elle une telle sentence ! s'écrie Denis le Chartreux Oh ! quam horribiliter personabit tonitruum illud ! De Quat. nov. a. 26. Eusèbe ajoute que l'épouvante des pécheurs, quand ils entendront prononcer leur condamnation, sera telle, qu'ils en mourraient, s'ils pouvaient encore mourir Tantus terror invadet malos, cum viderint Judicem sententiam proferentem, ut, nisi essent imraortales, iterum morerentur.
Mes chers auditeurs, avant de finir ce sermon, faisons ici quelque réflexion utile pour nous. Saint Thomas de Villeneuve observe qu'il y a des personnes qui, entendant parler du jugement et de la condamnation des pécheurs, s'en mettent peu en peine, comme si elles étaient assurées que ces choses ne les regardent point, ou comme si le jour du jugement ne devait jamais arriver pour elles Heu : quam securi haec dicimus et audimus, quasi nos non tangeret hœc sententia, aut quasi dies ille nunquam esset venturus ! dom. i. Adv. conc. 1. Et quelle démence, ajoute-t-il, que de vivre sans souci au milieu d'un si grand danger ! Quaenam est stulla securitas in discrimine tanto ! Do S. Mart. conc. 1. Il en est, remarque aussi saint Augustin, qui vivent dans le péché, et ne peuvent se figurer que Dieu veuille les condamner à l'enfer Numquid vere damnaturus est Deus ? In Ps. 73. Détrompez- vous, dit le saint Docteur ; bien des réprouvés ne croyaient pas non plus qu'ils seraient condamnés à l'enfer ; cependant la fin est venue, et ils ont été précipités dans l'abîme, suivant la menace faite par Ézéchiel : La fin arrive, la fin arrive, ma fureur éclatera sur toi et je te jugerai ! Finis venit, venit finis... : immittam furorem meum in te, et judicabo te. Ezech. 7
Pauvres pécheurs, qui sait si, pour vous aussi, le châtiment n'est pas proche ? Et en attendant, vous jouez, vous dormez dans le péché ! Qui peut, sans trembler, entendre ce que vous annonce saint Jean-Baptiste ? Jam enim securis ad radicem arborum posita est ; omnis ergo arbor quae non facit fructum bonum, excidetur. et in ignera mittetur. Matth. 3. 10. Il déclare que tout arbre qui ne donne point de bon fruit, sera coupé et jeté au feu ; et cela, après avoir dit que pour les arbres de cette espèce, lesquels désignent les pécheurs, la hache est déjà mise à la racine ; ce qui signifie que le châtiment est près d'eux. — Suivons, mes chers frères, l'avis que nous donne l'Esprit-Saint : Justifie-toi avant le jugement Ante judicium, para justitiam tibi. Eccli. 18. 19. Réglons nos comptes avant le jour des comptes. Cherchons Dieu maintenant que nous pouvons le trouver ; sinon, il viendra un temps où nous voudrons le trouver, et nous ne le pourrons plus, nous dit-il lui-même Quœretis me, et non invenietis. Jo. 7. 34. Saint Augustin dit : « On peut apaiser le Juge avant le jugement ; mais au jugement, on ne le pourra plus Judex, ante judicium, placari potest ; injudicio, non potest. Maintenant, en changeant de vie, nous pouvons apaiser Jésus-Christ, et recouvrer sa grâce ; mais, quand il viendra nous juger, s'il nous trouve en état de péché, il devra exercer la justice, et nous serons perdus.


SERMON XXXVIII.
POUR LE NEUVIÈME DIMANCHE APRES IL PENTECOTE.
De la mort du pécheur.
Circumdabunt te inimici tui Luc. 19.43
Tes ennemis t'environneront.
Voyant un jour de loin la ville de Jérusalem, où les Juifs devaient bientôt le faire mourir, Jésus-Christ pleura sur elle : Videns civitatem, fîevit super illam. Notre tendre rédempteur versa des larmes, en considérant le châtiment suspendu sur cette ville coupable, et il le lui prédit : Circumdabunt te iniminci tui : Malheureuse cité, tu te verras un jour environnée de tes ennemis, qui te dévasteront, et ne laisseront pas en toi pierre sur pierre.
Mes chers frères, nous avons une image de cette ville malheureuse, dans l'âme pécheresse qui, à l'article de la mort, se trouvera de toute part entourée de ses ennemis. Ces ennemis redoutables, que nous allons considérer séparément, seront :
— premièrement, les remords de la conscience
— secondement, les assauts du démon
— et troisièmement, les craintes de la mort éternelle.
1. Les remords de la conscience.
Les malheureux pécheurs qui se trouvent en état de péché, meurent au milieu d'une grande tempête Morietur in tempestate anima eorum. Job. 36. 14. comme l'assure Job, et comme Dieu les en a menacés par la bouche du prophète : Une tempête se déchaînera sur la tête des impies Tempestas erumpens super caput impiorum veniet. Jer.23. 19. Au commencement de la maladie, le pécheur ne s'afflige et ne craint pas beaucoup, parce qu'alors, parents, amis, médecins, tous lui disent que ce n'est rien ; il se fait ainsi illusion, et il espère. Mais, quand le mal empire, et qu'on aperçoit des symptômes malins, précurseurs d'une mort prochaine, alors commence la tempête dont les méchants sont menacés : Quand le malheur les saisira à l' improviste, et que la ruine se précipitera sur eux comme la tempête.. Cura irruerit repentina oalaraitas, et iateritus quasi tempestas ingruerit. Prov. 1. 21. Cette tempête se formera, tant des douleurs de la maladie, que du regret de devoir partir de ce monde et quitter tout, mais plus encore des remords de la conscience, qui remettra sous les yeux du malade tous les désordres de sa vie. Alors, dit l'Esprit-Saint, ses péchés se présenteront à son esprit, et la vue de ses iniquités le remplira de terreur ; car elles se dresseront contre lui pour l'accuser, et leur témoignage suffira pour le convaincre d'avoir mérité l'enfer Venient in cogitatione peccatorum suorum timidi, et traducent illos ex adverso iniquitates ipsorum. Sap. 4. 20.
Ce malade voudra bien se confesser ; mais, dit saint augustin, sa conversion se ressentira de sa faiblesse Pœnitentia quae ab infirme petitur, infirma est. Serin. 255. E. b. app. Et selon saint Jérôme, sur cent mille pécheurs qui persistent jusqu'à la mort à vivre dans le péché, à peine en est-il un seul qui se sauve à ce dernier moment Vix de centum millibus, quorum mala semper fuit vita, meretur a Deo habere indulgentiam unus. In Ep. Eus. ad Daia. Saint Vincent Ferrier ajoute qu'une heureuse fin, pour un pécheur de cette sorte, serait un plus grand miracle que la résurrection d'un mort Majus miraculum esset, quod maie viventes facerent bonura finem, quara suscitare mortuos. De Nat , Virg. s. 1. Ces malheureux reconnaîtront le mal qu'ils ont fait ; ils voudront le détester, mais ils ne le pourront. Antiochus reconnut bien la malice de ses péchés, et il en fit l'aveu : je me souviens, disait-il, des maux que j'ai faits dans Jérusalem Nunc vero reminiscor malorura quœ feci in Jérusalem, 1 matth. 6. J2. Mais il n'eut pas le bon esprit de les détester, et il mourut dans le désespoir, accablé par la tristesse, comme il le dit encore : Et ecce pereo trislitia magna. La même chose eut lieu pour Saül, suivant saint Fulgence : il reconnut ses péchés, il redouta le châtiment qu'il méritait pour les avoir commis, mais sans arriver à les détester : Non odit quod fecerat, sed timuit quod nolebat.
Oh ! qu'il est difficile à un pécheur qui a dormi plusieurs années dans le péché, de foire une vraie conversion à l'heure de sa mort, quand il a l'esprit couvert de ténèbres et le cœur endurci ! Dans sa vie, au lieu de s'attendrir aux grâces et aux invitations de Dieu, il s'est endurci de plus en plus, comme l'enclume sous les coups du marteau Cor ejus indurubitur tamquam lapis, et stringetur quasi malleatoris iiicus. Job. 4i. 15. En punition de cette conduite, il se trouvera dur au moment de la mort Cor durura habebit maie in novissimo ; et qui amat periculum, in illo peribit. Eccli. 3. 27. Ayant aimé le péché jusqu'à la fin de sa vie, il a en même temps aimé le péril de se damner ; c'est pourquoi la justice de Dieu permettra qu'il se perde dans ce péril, où il a voulu vivre jusqu'à sa mort.
Selon saint Augustin, celui qui est quitté par le péché avant qu'il le quitte lui-même, le déteste difficilement à la mort comme il le doit ; car, alors, il le détestera, non par haine du péché, mais contraint par la nécessité Qui prius a peccatis relinquitur, quam ipse relinquat, ea non libère, sed quasi necessitate condemnat. De Vera Pœnit. c. 11. Et comment pourrait-il haïr dans son cœur le péché qu'il a aimé jusqu'à sa mort ? Virum injustum mala capient in interitu. Ps. 139. 12. Il devrait aimer telle personne qu'il a haïe jusqu'alors ; il devrait se détacher de telle autre personne que jusqu'alors il a aimée ; oh ! quelles montagnes à franchir ! il arrivera facilement à ce malheureux ce qui est arrivé aux habitants d'une ville, qui tenaient en réserve des bêtes féroces pour les lâcher contre leurs ennemis dès qu'ils approcheraient ; quand ils les délièrent, au lieu de se lancer contre leurs ennemis, elles les dévorèrent eux-mêmes. Quand le pécheur en cet état voudra se délivrer de ses iniquités, elles achèveront de le perdre, soit par sa complaisance pour les objets qu'il aura aimés jusqu'alors, soit par son désespoir du pardon, à la vue de l'énormité et de la multitude de ses fautes Opéra tua sumus, non te deseremus. Médit, c. 2. Saint Bernard dit que le pécheur, à la mort, se verra obsédé par ses péchés mêmes, qui se presseront autour de lui, et lui crieront : Nous sommes tes œuvres, nous ne voulons point te quitter ; nous t'accompagnerons au jugement, et nous serons ensuite tes compagnons en enfer durant toute l'éternité Descendit diabolus ad vos, habens iram raagnam, sciens quod moiicum tempus habet. Apoc. IS. 12.
2. Les assauts des démons.
Le diable est descendu vers vous avec une grande colère^ sachant qu'il lui reste peu de temps.^ Au moment de la mort, le démon met tout en œuvre pour ne pas laisser échapper de sa main l'âme qui est près de sortir de cette vie ; il voit à l'état du malade qu'il lui reste peu de temps pour s'assurer de cette âme à jamais. — Le concile de Trente dit que Jésus-Christ nous a donné le sacrement de l'Extrême-onction comme une solide défense contre les tentations du démon à l'heure de la mort. Il ajoute qu'en aucun temps cet ennemi ne combat avec plus de violence, pour nous perdre, et pour nous ôter la confiance en la divine miséricorde, qu'à la fin de notre vie (Unctionis sacramento finem vitae, tamquam firmissimo quodam praesidio munivit. — NuUum tempus est quo vehementius ille omnes suse versutire nervos intendat, ad perdendos nos penitus, et a fiducia etiam, si possit, divinse misericordiae delurbandos, quam cum impendere nobis exitum vitee perspicit. Sess. 14. cap. 9. de sacr. extr. Unct.)
Ah ! qu'elles sont terribles, les attaques et les embûches que le démon dresse contre les âmes des pauvres moribonds, même de ceux dont la vie a été sainte ! C'est ce qu'a fait entendre saint Elzéar, au sortir d'une grave maladie :
« Les tentations, a-t-il dit, que le démon fait subir aux mourants, ne peuvent être comprises que par celui qui les éprouve. )> On lit dans la vie de saint André d'Avellino, que, pendant son agonie, il eut à soutenir contre l'enfer un combat si terrible, qu'il fit trembler tous les religieux qui l'assistaient. Ils virent que, par l'effet de son agitation, son visage s'enfla et devint noir ; tous ses membres tremblaient, et ses yeux versaient un torrent de larmes. Tous pleuraient de compassion et étaient remplis de crainte, en voyant ainsi mourir un saint ; mais ensuite, ils furent consolés, quand ils virent le saint, en présence d'une image de la bienheureuse Vierge Marie, reprendre toute sa sérénité, et puis rendre à Dieu son âme bénie au milieu d'une joie céleste.
Or, s'il en est ainsi des saints, qu'en sera-t-il des malheureux qui ont vécu dans le péché jusqu'au dernier moment ? alors, le tentateur ne vient pas seul pour chercher par mille moyens à causer leur perte éternelle ; mais il appelle des compagnons à son aide : La maison du mourant se remplit de démons, qui s'unissent contre lui Replebuntur domus eorum draconibus. ]s. 13. 21. Tous ses ennemis l'entoureront au milieu des angoisses de la mort Omnes persecutores ejus apprehenderunt eam inter angustias. thren. 1. 3. Un d'entre eux lui dira : Ne crains rien ; tu ne mourras point de cette maladie. — Un autre : Quoi ! durant tant d'années, tu as été sourd à la voix de Dieu ; et maintenant, Dieu voudra te sauver ? — Un autre : Comment peux-tu, à cette heure, réparer ces dommages que tu as causés, ces réputations que tu as enlevées ? — Un autre : Quel espoir y a-t-il pour toi ? ne vois-tu pas que toutes les confessions que tu as faites ont été nulles, sans vraie contrition et sans bon propos ? comment peux-tu les refaire maintenant, avec ce cœur endurci que tu as ? Ne vois-tu pas que tu es damné ? — C'est au milieu de ces angoisses et de ces accès de désespoir que le pauvre moribond, troublé et confus, doit passer à l'éternité Turbabuntur populi, et pertransibunt. Job. 34. 20.
3. Les craintes de la mort éternelle.
Bien à plaindre est le malade qui se met au lit en état de péché mortel ! Celui qui vit dans le péché jusqu'à son dernier moment, mourra dans le péché In peccato vestro moriemini Jo. 8. 21. Il est vrai que, à quelque heure que le pécheur se convertisse, Dieu a promis de lui pardonner ; mais Dieu n'a promis à aucun pécheur la grâce de se convertir à l'heure de la mort. Isaïe recommande de chercher le Seigneur pendant qu'on peut le trouver Quserite Dominum, dura inveniri potest. 7s. .55. 6. Il y aura donc, pour certains pécheurs, un temps où ils chercheront Dieu, et ne le trouveront point. Quaeretis me, et non invenietis. Jo. 7. 34. Ces malheureux, à l'article de la mort, se confesseront, promettront, pleureront, demanderont pardon à Dieu, mais sans savoir ce qu'ils font. Il en est d'eux comme d'un homme qui se trouve sous les pieds de son ennemi, armé d'un couteau qu'il lui tient sur la gorge : dans cet état, il pleure, il demande grâce, il promet tout ; mais son ennemi le croira-t-il ? Nullement ; il pensera que ce sont là autant de paroles feintes, dans le but d'échapper de ses mains, et que, s'il faisait grâce à un tel suppliant, il en aurait plus à craindre qu'auparavant. De même, Dieu qui voit que toutes ces protestations de repentir et toutes ces promesses du moribond sont inspirées, non par un cœur converti, mais par la crainte de la mort et de la damnation éternelle, comment peut-il lui pardonner ?
Le prêtre qui assiste le mourant, en faisant la recommandation de son âme, prie le Seigneur de reconnaître en lui sa créature : Agnosce, Domine, creaturam tuam. Mais Dieu répond : Je reconnais qu'il est ma créature : mais lui, il ne m'a point reconnu comme son Créateur, il m'a traité en ennemi. — Le prêtre continue, en suppliant le Seigneur de ne pas se souvenir des anciennes iniquités du mourant : Ne memineris iniquitatum ejus antiquam . Et Dieu dit : Je lui pardonnerais ses anciennes fautes, commises dans le premier âge ; mais il a continué à m'offenser jusqu'au moment de sa mort. — Ils m'ont tourné le dos et non le visage ; et dans le temps de leur affliction ils diront : Levez-vous et nous délivrez. Où sont les dieux que tu t'es faits ? Qu'ils se lèvent et qu'ils te délivrent Verterunt ad me tergum, et non faciem ; et in tempore afflictionis suae, dicent : Surge, et libéra nos. Ubi sunt dii tui, quos fecisti tibi ? Surgant, et libèrent te. Jer. 2. 27. Voilà ce que dit le Seigneur : Tu as tenu le dos tourné contre moi jusqu'à ta mort ; et maintenant, tu veux que je t'exempte du châtiment ? Invoque tes dieux, c'est-à-dire, ces créatures, ces richesses, ces amis, que tu as aimés plus que moi ; dis-leur qu'ils viennent maintenant à ton secours, pour te délivrer de l'enfer qui t'attend. quant à moi, la justice veut que je me venge des offenses que tu m'as faites. Tu as méprisé mes menaces contre les pécheurs obstinés. Maintenant, c'est le temps de ma vengeance ; il est juste que je l'exécute Mea est ultio, et ego retribuam in tempore. Deut. 32. 35.
C'est précisément ce qui est arrivé à un gentilhomme de Madrid, comme le rapporte le père Charles Bovio (Es. e Mir. p. 3. es. 9.) Il menait une mauvaise vie ; mais, après la mort malheureuse d'un compagnon de ses désordres, il se confessa, et prit en outre la résolution de se faire religieux ; puis, ayant négligé d'accomplir cette résolution sur-le-champ, il retourna à son premier genre de vie. Réduit à un état misérable, il erra par le monde en vagabond, et parvint ainsi à Lima, où il tomba malade. Dans l'hôpital où il fut reçu, il se confessa, et promit de nouveau de se corriger et d'entrer en religion ; mais, étant guéri, il reprit ses habitudes vicieuses. Alors, la vengeance de Dieu éclata sur lui. Un jour, le missionnaire qui avait entendu sa confession, passant par une montagne, entendit une voix humaine qui ressemblait au hurlement d'une bête féroce ; il approcha, et vit par terre un moribond dont les membres tombaient en pourriture, et qui hurlait ainsi en désespéré. Il se mit à lui dire quelques bonnes paroles ; mais le malheureux, ouvrant les yeux, le reconnut, et s'écria : « Et toi encore, pour surcroît de misère, tu es venu ici pour être témoin de la justice de Dieu ! Sache que je suis ce malade que tu as confessé à l'hôpital de lima. Je t'ai promis de changer de vie, mais je ne l'ai point fait ; et maintenant, je meurs désespéré ! » C'est au milieu de ces actes de désespoir qu'il exhala son âme malheureuse.
Concluons. Dites-moi, mes chers auditeurs : si un homme en état de péché était subitement saisi d'un mal qui lui fît perdre l'usage de ses sens, quelle compassion n'auriez-vous pas de le voir mourir ainsi, sans recevoir les sacrements, et sans donner signe de pénitence ! N'est-il donc pas insensé, celui qui, ayant le temps de se réconcilier avec Dieu, continue de vivre dans le péché, ou y retombe, et se met ainsi en danger de mourir à l'improviste, et de mourir en état de péché ? Une mort imprévue peut arriver à chacun de nous comme à tant d'autres ; le Seigneur lui-même nous en avertit : le Fils de l'homme viendra à l'heure où vous ne l'attendez pas Qua horanon putatis, Filius hominis veniet. Luc. 12. 40. Il faut savoir en outre que, pour les hommes de mauvaise vie, la mort est toujours une mort imprévue, même quand leur maladie a quelque durée ; car ces jours de maladie mortelle sont des jours de ténèbres, des jours de confusion, dans lesquels il est difficile et même moralement impossible de mettre en bon état une conscience souillée de péchés.
Dites-moi, mes chers frères : si vous vous trouviez maintenant près de mourir, abandonnés des médecins, déjà en agonie, combien ne désireriez vous pas avoir encore un mois ou une semaine de temps, pour régler les comptes que vous avez à rendre à Dieu ! Eh bien, ce temps. Dieu vous le donne à présent, et il vous invite à en profiter, en vous faisant connaître le danger où vous êtes de vous damner. Donnez vous donc à Dieu sans délai. Qu'attendez-vous ? attendez-vous que dieu vous envoie définitivement en enfer ? Marchez tandis que vous avez la lumière Ambulate, dum lucem habetis. Jo. 12. Sachez profiter de la lumière et du temps que Dieu vous donne à présent, et remédiez au mal maintenant que vous le pouvez ; car il viendra un temps où vous ne le pourrez plus.
Je prie mon cher lecteur de lire le sermon XLIV, au XVe dimanche après la Pentecôte : « Sur la mort pratique, ou exposé de ce qui arrive ordinairement à la mort des mondains. » J'atteste par expérience que, dans les endroits où j'ai prêché ce sermon, bien qu'il soit dépourvu de citations latines, il a produit une grande sensation, et a laissé l'auditoire frappé de terreur. Les choses pratiques font beaucoup plus d'impression, que les choses spéculatives.

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