SERMON LIII.
POUR LE VINGT-QUATRIÈME DIMANCHE APRES LA PENTECOTE.
Du blasphème.
Cdm ergâ videritis abominationem desclationis. (Matth. xxiv. 15.)
Quand donc vous verrez l’abomination de la désolation
Dieu hait tous les péchés; mais le plus odieux à ses yeux sans doute, c'est le blasphème, qu'on peut appeler l'abomination du Seigneur; parce que le blasphème tend directement à outrager Dieu, dont il maudit le saint Nom, tandis que les autres péchés mortels,ne contenant qu'une' transgression de la loi, ne l'outragent en quelque sorte que d'une manière indirecte; per prœvaricalionem Ugis Deum inhonoras, dit l'Apôtre. (Rom. Il. 23.) St.-Jean Chrysostôme disait, avec raison, qu'aucune faute des hommes n'aigrit autant le Seigneur que d'entendre blasphémer son nom. Je va,s aujourd'hui, mes chers auditeurs, vous montrer:
I" point. La gravité du péché de blasphème.
II* point. La rigueur avec laquelle Dieu punit le blasphémateur.
PREMIER POINT.
Gravité du péché de blasphème.
I. Qu'est-ce que le blasphème? c'est une parole, une expression injiu ieuse à Dieu. Est contumetiosa in Deum locutio. C'est ainsi que les docteurs le définissent. Oh! grand Dieu, à qui en veulent donc les hommes quand ils blasphèment; c'est Dieu luimême qu'ils attaquent directement. Contrd Omnipotentem voboratus est. (Job. xv. 24.) Eh! quoi, s'écrie St.-Ephrem, il ne craint point, le blasphémateur, que le feu du ciel tombe sur lui et le dévore! Que la terre s'entr'ouvre sous ses pieds pour l'engloutir? Non metnis ne forti ignis de cœlo descendait et devoret te, qui sic os adverstls Omnipotentem aperis ? neqae vereris ne terra te ubsorbeat ? ( St.-Ephr. paren. 2.) Les démons tremblent au nom du Christ, dit St.-Grégoire de Nazianze, et nous ne craignons pas, nous, de l'injurier. (St.-Greg. Naz. orat. 21.) Le vindicatif s'en prend à un homme son égal; le blasphémateur semble, lorsqu'il blasphème, vouloir se venger de Dieu même, parce que Dieu a permis les choses qui le contrarient ou lui déplaisent. Il y a beaucoup de différence entre l'offense faite à l'image du roi, et l'offense faite à sa personne. L'homme est l'image de Dieu, mais le blasphémateur attaque directement la divinité même. Qui blaiphemat, dit St.-Athaiiase, contrd ipsam deitatem agit. Celui qui transgresse la loi du roi, pèche; celui qui attaque sa personne commet lu crime de lèse-majesté, crime qui le prive du droit d'asile dans les églises, et le soumet à d'horribles supplices. Que dirons-nous de celui qui outrage la majesté de Dieu. La prophétesse Anne, disait dans son cantique : Si peccaverit tir in virum, placari eipotest Deus. Si aulem in Dominum peccaverit, qais orabit pro eo. (1. Reg. 11. 25.) Le péché de blasphème est donc si énorme que les saints eux-mêmes semblent peu disposés à prier pour le blasphémateur.
II. Des bouches sacrilèges blasphèment contre celui qui les soutient. Tu Dto benéficient iibi, dit St.Jean-Chrysostôme, et lui curam agenti maledicis ? Un de tes pieds est déjà dans l'enfer; si Dieu ne te conservait la vie par ses miséricordes, tu serais déjà dumné à jamais; et, au lieu de le remercier, tu le maudis au moment même où il te fait du bien? Si ivimicus meus maledixisset mihi, dit le Seigneur, sustinuissem utiquè. (Psalm. Liv. 13.) Si tu m'injuriais au temps où je te châtie, je pourrais le souffrir; mais c'est au moment même où je te fais dn bien, que tu me maudi;. — 0 langue infernale, s'écrie Sl.-Bcruardin de Sienne, quelle raison peut te pousser à blasphémer le Dieu qui t'a créé, et qui ensuite t'a racheté au prix de son 8aug? 0 lingup diabolica, qui point te iaducere ad blasphemandum Deam tuum, qui te psatmavit, qui te pretioso sanguine redemit. (Serm. 33.) Quelques-uns blasphèment plus particulièrement con'.re Jésus-Christ, contre celui qui est mort pour eux sur une croix? Si nous ne devions pas mourir, nous devrions désirer la mort pour donner une légère marque de reconnaissance au Dieu qui a donné pour uous sa vie. Je dis une légère marque, parce qu'on ne peut établir de comparaison entre la mort d'un Dieu, et celle d'une misérable créature; et, au lieu de le bénir et de l'aimer, vous le maudites? Flagtllatus est Cluistus, dit St.-Augustin, flagcllis Judœorum; sed non minus flagetlalur blasphemiis falsorum Christianorum. (St.-Aug-in Joan. ) D'autres ont blasphémé contre la Ste.-Vierge Marie, cette bonne mère de Dieu qui nous aime tarit et qui toujours prie pour nous. Mais ces scélérats ont été punis d'une manière terrible. Surins (pour le 7 août) rapporte qu'un impie blasphéma d'abord contre la Vierge, et qu'ensuite il frappa de plusieurs coups de poignard une de ses images qui était dans une église. La punition fut prompte. En sortant de de l'église, il fut atteint de la foudre, et réduit en cendres. L'infâme Nestor, qui avait aussi blasphémé contre Marie, et induit les autres à l'imiter, et à dire comme lui qu'elle n'était pas mère de Dieu, mourut dans le désespoir, la langue rongée, par les vers.
III. Quis luquilur blasphemiasi (Luc. v. 21.) Quel est le blasphémateur? c'est un chrétien, un homme qui a reçu le baptême, et dent la langue a été en quelque sorte consacrée, suivant un savant docteur. On pose le sel béni sur la langue de l'enfant qu'on baptise, pour qu'elle apprenne à bénir Dieu. Ut tingua Christiani quasi sacra effleiatur, et Deum benedicere consuescat. (Clcricat. tom. 1. dec. tract. 52.) Et il faudra que cette langue devienne une épée qui traverse le cœur de Dieu, dit St.-Bernardin? Lingua blasphemaniis efficitur quasi gladius cor Dei ptnétrons. (Tom. l\. serm. 33.) C'est pour cela que, selon le même St.-Bernardin, nul péché ne renferme autant de malice que le blasphème.Dfiillum est peccatum qui habeat in se tantum iniquilaiem sicut blasphemia. St.-Chrysostôme l'a dit de même eu d'iutres lermes : Nultum hoepeccato deteriàs,7taii in eoaccessio est omnium malorum,et omne supplicium. St.-Jérôme a tenu le même langage, en soutenant que,eomparéau blasphème,tout autre péché est moins grave.Nihil horribiliàs blasphemia; omnequippi ► peccatum comparatum blasphemiœ levius est. (St.-Hier, in Isa. c. 18. ) Il est bon d'avertir ici que les blasphèmes qui attaquent les saints et les choses saintes, tels que les sacrements, la messe, etc. sont de la même espèce que les blasphèmes contre Dieu, parce que, comme St.-Thomas nous l'apprend, de même que les honneurs qu'on rend aux saints et aux choses saintes se rapportent à Dieu, de même l'injure faite aux saints rejaillit sur la divinité, source de la sainteté. Sicut Deus in sanctis suis laudalur, ( Lnudate Dominant in sanctis ejus. Psalm. 150.) ita et blasphernia in sanctos in Detim redundat. (St.-Thom. qu. 13. art. 1. ad 2. ) Et c'est le plus grand péché contre la religion ajoutc-t-il. (Ibid. art. 8.)
V. Ainsi, reprenant les paroles de St.-Jérôme, nous dirons que le blasphème est plus grave que le vol, que l'adultère, que l'homicide. Tous les autres péchés, dit St.-Bernaidin, proviennent de fragilité ou d'ignorance, mais le blasphème est le produit dela malice même. Omnia alia peccata tidentur procedere partlm ex fritgilitate, partlm ex ignorantiâ; sed peccatum blasphemiœ procedit ex propriâ malitiâ. (Cit. serm. 33.) Car il est né de la mauvaise volonté, et d'une sorte de haine que nous avons conçue contre Dieu, de 'telle sorte que le blasphémateur se rend semblable aux damnés qui, dit St.-Thomas, ne blasphèment pas avec la bouche, parce qu'ils n'ont point de corps, mais blasphèment avec le cœur, maudissant la justice divine qui les punit. DetesUttio divinœ justiiiœ in eis interim- cordis blasphernia. ( xxn. qu. art. t\. ) Il ajoute qu'il est vraisemblable qu'après la résurrection, de même que les saints dans le ciel loueront Dieu avec la voix, ce sera de même avec la voix que les réprouvés blasphémeront dans l'enfer. Et credibile est quod, post resurrectionem, erit in eis etiam vocalis blasphernia, sicut in sanctis vocalis laus Dei. Un auteur instruit appelle le blasphème langage d'enfer, parce que c'est le démon qui parle par la bouche des blasphémateurs, de même que Dieu parle par la bouche des saints. Blasphernia est peccatum diabolicum, toquela infernalis; sicut enivi Spiritus sancius
loquitur per bonos, ita diaboius per blasphemos. ( Mansf. diseurs, vu. 2. ) Lorsque St.-Pierre, au palais de Caïphe, reniait Jésus-Christ, en jurant qu'il ne le connaissait pas, les Juifs lui dirent que son langage le trahissait et le faisait reconnaître pour disciple do Jésus. Vere et lu ex Mis es; nom et loquela tua manifestant te facit. ( Matth. xxvi. 73.) On peut dire de même à tout blasphémateur : Tu viens des régions infernales, et tu es un vrai disciple de Lucifier, car tu as le même langage que les damnés. St.-Antonin a dit que les damnés, dans l'enfer, n'ont pas d'autre occupation que de blasphémer et maudire Dieu. Non aliud opus in in femo exercent, nisi blasphemare Deum et malediccre. ( Part. u. Ut. 7. cap. 5. ) Le texte de l'apocalypse vient à l'appui : Et commanducaverunt linguas suas prm dolore, et blaspltemaverunt Deum cœli. ( Apoc. xvi. 10. 11. ) Enfin, St.-Antonin ajoute que celui qui a le vice de blasphémer appartient, dès cette vie, à la classe des damnés, dont il fait les fonctions. Qui ergo hoc vitio cletinetur, ostendil se pertinere ad statum dafnnator uth, ex quo exercet ariem eovum. (Ibid.)
V. A la malice du blasphème, il faut ajouter le scandale que presque toujours il entraîne avec lui ; le blasphème étant un péché extérieur et qui très-souvent secfmmet devant d'autres persornes. Si.-Paul reprenait les Juifs de ce que, par leurs péchés, ils étaient cause que les gentils blasphémaient contre notre Dieu et qu'ils tournaient sa loi en dérision. Nomen enim Dei per tos blasphematur inter Genies. (Rom. n. 2Zi. ) Combien plus coupables sont les chrétiens qui, par leurs blasphèmes, induisent d'autres chrétiens à les imiter. Mais commentse fait-il, demanderai-je, que, dans certaines provinces, on n'entendpoint de blasphémateurs et que s'il y en a ils sont très-rares, tandis que, dans d'autres provinces, ils sont très-communs, de sorte qu'on pourrait leur dire ce que Dieu disait par la bouche d'Isaïe : Jugiter, totâ die nomen meum btaspfiematur. Sur les places, dans les rues, dans la campagne, de toutes paris on n'entend que blasphèmes. D'où cela vient-il? Cela vient de ce que les uns apprennent des autres, les fils de leur père, les ouvriers de leurs maîtres, les enfants des vieillards. On voit spécialement des familles dans lesquelles on dirait que le blasphème est héréditaire,et cette belle héréditéestrecueillieavec soin. Ô malheureux parents qui, au lieu d'enseigner à vos enfants à louer Dieu, ne leur avez appris qu'à le maudire; quel compte vous aurez à rendre ! Mais, dites-vous, vousreprenczvos enfants quand vous les entendez. Oh l qu'elles seront efficaces les représentations d'une bouche où le blasphème réside. Ne sentez-vous pas que le mauvais exemple que vous leur donnez détruit tout l'effet de vos remontrances? Par charité, pères de famille, ne blasphémez plus, ou si cela vous arrive encore que ce ne soit pas devant vos enfants; et quand vous entendrez que ces derniers blasphèment, reprenez-les fortement : Confère os iplius, dit St.-Chrysostônie, et manum tuam perctminnr, stnciifica. ( Hom. i. ad pop. ) Brisez-leur la bouche, vous sanctifierez votre main. Il y a des pères qui, si leurs enfuns ne font pas sur-le-champ ce qu'ils leur commandent, les assomment de coups ; mais qu'ils les entendent blasphémer, il ne font qu'en rire, où, du moins, ils ne disent rien. Saint-Grégoire raconte ( dial. iv. cap. 18. ) qu'un enfant de 5 ans, fils d'un noble romain, avait l'habitude de tourner en dérision le saint nom de Dieu ; le père ne le reprenait pas. Un jour, l'enfant assailli par plusieurs hommes noirs, courut se réfugier dans les bras de son père; mais les hommes noirs, qui étaient autant de démons, le poursuivirent, le tuèrent et l'entraînèrent aux enfers.
DEUXIÈME POINT.
Rigueur avec laquelle Dieu punit le blasphémateur.
VI. Vœ genti peccalrici ! s'écriait Isaïe (i. 4- ) Blasphamaverunt tanctum Israël. Malheur éternel aux blasphémateurs; car tous ceux qui blasphèment seront condamnés. Comilemnati erunt omnns qui blnsphemaverint te. (Tob. xin. 16.) Dieu a dit, par la bouche de Job : Imitaris lingnam blasphemantium; coniiemnabit te os tiium et non ego. (Job. xv. 5. 6.) En condamnant le blasphémateur, Dieu lui dira : Ce n'est pas moi qui te condamne aux peines de l'enfer, c'est ta propre bouche, ta bouche qui a osé me maudire, moi et mes suints. Ces malheureux blasphémateurs! ils iront continuer de blasphémer dans l'éternité; ce sera leur plus grande peine, car les blasphèmes euxmêmes leur rappelleront sans cesse que c'est par eux qu'ils ont perdu leur salut.
VII. Ce n'est pas seulement dans renier que les blasphémateurs sont punis, ils le sont aussi dans cette vie. Sous l'ancienne loi, ils étaient lapidés par le peuple. Et qui Llasphemaverit nomen Domini morte morialur; lapitIibus opprimet eum omnis multitudo. (Levit. xxiv. 16. ) Sous la loi nouvelle, an temps de l'empereur Justinien, ils étaient pareillement condamnés à, mort ; St.-Louis, roi de France, leur faisait percer la langue et marquer le front avec un fer chaud; la récidive était punie de mort. Un auteur rapporte que la loi civile leurrelusail le droit de rendre témoignage en justice. La constitution de Grégoire XIV les avait d'abord exclus des honneurs de la sépulture. Et le blasphémateur se plaint et se lamente de ce qui lui arrive. Je prends, dit-il, beaucoup de peine, je me donne du souci, et je me vois toujours pauvre, toujours dans la misère. On dirait qu'une excommunication a été lancée sur ma maison ! — Une excommunication ? dites - vous; et ce sont ces .blasphèmes qui sont toujou-s dans votre bouche, qui sont cause de votre mal; ils vous feront toujours maudire de Dieu que vous outragez sans cesse.
VIII. Oh ! combien d'exemples je pourrais vous citer de blasphémateurs qui ont fait une mauvaise mort ! Le P. Ségnéri I tom. i. rag. 8.) rapporte que, dans la Gascogne, deux hommes qui avaient blasphémé par le sang de Jésuf-Christ, furent peu de temps après tués dans une rixe, et que leurs corps furent déchirés par les chiens. Un habitant du Mexique, repris pour ses blasphème^, répondit : Je ferai pire d'ici en avant ; mais, dans la nuit de ce même jour, sa langue se trouva fortement adhérente au palais. Ce malheureux mourut peu après, désespéré, et sans donner auoun signe de repentir. Dresselius rapporte qu'un homme se livrant à d'horribles blasphèmes perdit subitement la vue, et qu'en outre, blasphémant contre St.-Antoine, il sortit de l'image du saint une flamme active qui le dévora. Sarnelli, dans son livre contre les blasphèmes, dit qu'à Constantinople, un homme ayant blasphémé contre Dieu, entra dans une rage telle qu'il déchira ses propres chairs avec seà mains, ce qui lui causa la mort. Thomas de Cantiprenne parle d'un homme, appelé Simon de Tournai, qui, après avoir proféré d'horribles blasphèmes, tomba sur le sol avec d'affreuses convulsions, et mugissant comme une bete féroce.
Ses yeux se retournèrent dans leur orbite, sa bouche se tordit, et il expira dans les tourments Je pourrais citer beaucoup d'autres cas ; mais pour ne point vous fatiguer, je vais passer à la conclusion de mon discours. Seulement, je vous dirai que le livre du père Sarnelli vous fournira, si vous voulez le lire, un grand nombre d'autres faits semblables.
IX. Dites-moi, blasphémateurs qui m'entendez, s'il s'en trouve parmi vous, mes frères, dites-moi ce que vous retirez de cette détestable habitude. Elle ne vous vaut point de plaisir, comme dit le cardinal Bellarmin ; c'est un péché sans plaisir que le blasphème. Elle ne vous enrichit pas, car la fortune fuit les blasphémateurs. Elle ne vous fait point d'honneur dans le monde, car lorsque vous blasphémez, vous faites horreur à ceux qui vous entendent, même à ceux qui ont la même habitude que vous, et qui tous vous appellent bouche de damné. Ditez-le moi donc: pourquoi blasphémez-vous? — C'est une habitude,— Une habitude? Mais croyez-vous que cette raison-là vous servirait d'excuse devant Dieu ? Si un fils maltraitait son père de coups, et qu'ensuite il lui dit : Mon père, excusez-moi, je n'agis que par habitude, pensez-vous que son père devrait l'excuser. Vous ne blasphémez, dites-vous, que parce que vos fils, votre femme, vos serviteurs vous font mettre en colère; eh bien ! ce sont vos fils, vos serviteurs, votre femme qui excitent votre colère, et c'est à Dieu et aux saints que vous vous en prenez. Les saints prient Dieu pour vous, et, pour les payer, vous blasphémez contre eux î c'est le démon qui vous tente, ajoutez-vous ? Si le démon vous tente, faites ce que fit un homme qui, dans un cas assez semblable au vôtre, alla consulter l'abbé Fémène. Celui-ci lui conseilla de dire, toutes les fois qu'il se sentirait tenté par le démon i les paroles suivantes: Pourqnoi blasphèmerai-je contre Dieu qui m'a créé, et qui me fait tant de bien? Je veux au contraire le louer et le bénir sans cesse. Cet homme suivit ce conseil, et le démon cessa de le tourmenter. Quand vous éprouvez quelque mouvement de colère, ne trouvez-vous rien à dire sans recourir au blasphème ? Ecriez-vous: Maudit soit le péché ! Seigneur, venez à mon aide ! Vierge sainte, donnez-moi de la patience. Et si vous avez réellement une longue habitude du blasphème, tous les matins, en vous levant, à compter de ce jour, renouvelez la résolution que vous aurez prise de ne plus blasphémer, et ne manquez pas d'invoquer la sainte Vierge, pour qu'elle obtienne pour vous la grâce de pouvoir résister aux tentations.
FIN DES SERMONS.
AVIS DE L'AUTEUR (1)
Il se trouvera sans doute des gens qui diront que ces sermons ne sont pas écrits d'un style assez élevé ; mais je l'avoue, j'ai toujours désiré que les orateurs sacrés préchassent d'une manière simple, et qu'ils fissent retentir souvent la parole divine aux oreilles des gens grossiers et peu éclairés qui se trouvent toujours en grand nombre dans un auditoire : c'est le moyen, selon moi, de gagner plus d'âmes à Dieu, ainsi que je l'ai démontré dans une Lettre sur la Manière de Prêcher. C'est donc à dessein que j'ai écrit d'un style humble et tout-à-fait dénué d'ornement. D'un autre côté, j'ai eu l'intention d'écrire principalement pour les curés des campagnes et les prédicateurs qui, parcourant le pays, n'ont guère pour auditeurs que des paysans ignorans. Au fond, je crois que chacun de mes sermons renferme, sur le sujet qui lui sert de texte, assez de matière pour que les prédicateurs, au style élevé et fleuri, puissent en tirer, s'ils le veulent, des discours ornés, polis et lumineux. Réussiront-ils
(1) Si quelque personne désire avoir les Sermons pour les sept principales fêtes de la Très-Sainte-Vierge, je le renverrai a la seconde partie de mon livre des Gloires de Marie, oà j'ai beaucoup écrit sur ce sujet. Là on trouvera des matériaux abondans, non-seulement pour des Sermons de ce genre, mais encore pour d'autres Sermons sur les douleurs de Marie.
mieux que moi, tant pour eux-mêmes que pour les autres. Le temps et l'expérience pourront le dire. Ipsi vider int.
Loués soient te nom de Jésus notre amour, et celui de Marie notre espérance.
SERMON
DE LA PASSION DE JESUS-CHRIST. .
Hélas! quels signes funestes frappent mes yeux dans ce temple. Je vois l'air obscurci, l'autel nu et sans ornements. J'entends des accents plaintifs. Dieu! je les comprends, ces signes extérieurs de la douleur que souffre l'église de la mort de son éponx Jésus. Il est donc juste que dans ce jour nos larmes se mêlent aux pleurs de l'église notre mère, et que nous arrêlions nos pensées sur la mort de notre Dieu, qui, après une vie de peine et de fatigue, a voulu mourir sur un gibet infâme, au milieu d'un océan d'opprobres et de douleurs.
Venez, Croix sainte, venez ! montrez-vous à tout ce peuple. Vous êtes l'arche fortunée où nous trouverons un refuge contre les naufrages du monde ; vous êtes la baguette miraculeuse qui transforme les hommes, de monstres d'iniquités en verges fleuries de vertus ; vous êtes le serpent d'airain, dont l'aspect salutaiie garantit les pécheurs du poison de leurs fautes ; vous êtes l'arbre resplendissant, choisi entre mille pour soutenir les membres du Rédempteur. Vous fûtes, en un mot, l'autel douloureux sur lequel le Sauveur du monde voulut s'immoler pour notre salut : Donnez-moi donc la force nécessaire pour que je puisse représenter, devant ces ames fidèles, les outrages, les souffrances et les angoisses de Jésus-Christ, lorsqu'attaché à vous il rendit l'esprit. Toute la vie de Jésus-Cûrist fut semée d'ignominie, et de douleur; mais ce fut dans trois occasions principales que se montra pins spécialement l'amour qu'il avait pour nous. Le premier théâtre de ses souffrances fut le Jardin, le second fut le Prétoire, le Calvaire fut le dernier. Dans le jardin deGethsémani, ses douleurs furent cachées Lux yeux des hommes ; Dieu seul et ses anges le virent. Ce fut là que commença la passion de notre Rédempteur.
LE JARDIN, PREMIER THEATRE DE DOIILECR.
Après avoir, dans la nuit du jeudi, lavé les pieds à ses disciples, après nous avoir laissé son propre corps, dans le sacrement de l'autel, comme un gage de son amour pour nous, il arriva vers minuit au jardin, où, se prosternant contre terre. il se mit en oraison. Là, il fut assailli par la craixte, par le dégoût et par la tristesse.
Il commença par éprouver une grande crainte de la mort et des peines qu'il devait souffrir. Cœpit patere. Mais comment ? ne s'était-il pas offert volontairement à ces souffrances ? Oblatus est, quia ipse volait. N'avait-il pas désiré ardemment le temps de sa Passion ? Ne sont-elles pas de lui, ces paroles : Desiderium desideravi hoc pascha manducare vobiscum ? Et maintenant la mort lui inspire tant de terreur qu'il prie son père de l'en délivrer ! Pater mi, si possibile est, transeat d me calix iste. Ah! toujours plein d'amour et voulant le montrer, voulant aussi que le* hommes comprissent à quel degré de tourments et de douleurs il allait se dévouer dans sa Passion, il se montra accablé et vaincu par la crainte : cœpit timere.
Cœpit tœdere. Il commença aussi de sentir un grand dégoût à l'aspect des tourments qu'on lui préparait. Lorsqu'on éprouve du dégoût, les délices même sont à charge. Dans Un pareil étai, où le dégoût dominait, qu'elles angoisses ne dut-il point causer à Jésus-Christ, l'horrible appareil qui se fit voir à son esprit, de tourments intérieurs et extérieurs, qui devaient si cruellement remplir le reste de sa vie, déchirer à la fois son corps et son âme. Oui, sans doute, il aperçut distinctement alors les douleurs, les railleries, l'opprobre, les traitements infâmes, la flagellation, les épines, la croix et surtout cette mort ignominieuse sûr un gibet, où, privé de consolation, abandonné de Dieu et des hommes, il devait expirer au milieu des souffrances. Ce fut là ce qui lui causa ce dégoût si amer, qu'il fut obligé de demander du secours et de la force à son père. Cœpit iœdere.
La crainte et le dégoût ne tardèrent pas à produire Une grande mélancolie et une profonde affliction d'esprit. Cœpit contristari et nues lus esse. Mais, n'est-ce point vous, ô mon Dieu, qui avez danné à vos martyrs tant de force que, non seulement ils méprisaient les tourments et la mort, mais qu'ils la recevaient encore avec joie ? Oh ! sans doute, dans ce moment, le Seigneur vit sous ses yeux tous les péchés du monde, le blasphème, le sacrilège, l'impudicité et toutes les fautes où les hommes devaient tomber après sa mort. Tous ces péchés lui apparurent comme autant de monstres cruels qui déchirèrent son cœur. Alors, le Seigneur, dans un état voisin de l'agonie, dut s'écrier: C'est donc là, ô mortels, la récompense que vous me gardez pour mon amour infini ? Après tant de souffrances que je dois endurer, voir tant de pé* chés; après tant d'amour, tant d'ingratitude, voilà ce qui m'afflige, ce qui me cause une tristesse mortelle, ce qui me fait suer jusqu'au sang; et foetus est sudor ejus lient guttœ sanguinis decurrentis in terram.
Oh mon Jésus! je ne vois dans ce jardin ni les* verges, ni les épines, ni les clous dont vous fûtes blessé, et pourtant je vous vois baigné de sang de la lête aux pieds! Ce furent donc mes péchés qui, comme un poids immense de tristesse et d'affliction, ont pressé votre corps, et en ont fait sortir tant de sang ? Je fus donc alors un de vos plus cruels bourreaux? Mais pourquoi m'entretiendrai-je à parler à Jésus, au moment où Jésus court à sa passion tant désirée. Voici venir Judas, accompagné d'une troupe de Juifs et de soldats, qui viennent pour se saisir de la personne de Jésus-Christ dans le jardin. Jésus le voit: et encore tont baigné de sang, et le cœur plein d'amour pour nous, il se lève, et dit aux trois disciples qui sont avec lui : Surgite, eamus ecce qui me tradet. (Marc. xiv. 32. ) Allons à la rencontre des ennemis qui viennent pour me prendre. Quand il les eut rencontrés, Judas s'avança, l'embrassa, et le balsa. Ce baiser était le signal donné par le traître. Le Seigneur le lui reprocha. Juda, osculo fitium hominis tradis? (Luc, xxu. A8.) Se tournant ensuite vers les Juifs, il leur dit : Quem quœritis? ils répondirent: Jésus de Nazareth. Aussitôt ils le saisirent brutalement, et ils le lièrent comme un malfaiteur: Comprehenderunt Jesum et ligaverunt eum. (Jo. xvm. 12.) Hélas! un Dieu lié comme un criminel ! ô roi des Rois, s'écrie St.-Bernard, O rex regum, qu'ici tibi et zinculis ? Que les liens soient réservés pour les coupables, non pour vous, Seigneur, qui êtes l'innocence, vous, le saint des saints. Intuere, homo, canes illum trahentes, dit St.-Bonaventure.
Ainsi lié et garrotté, au milieu de cette populace effrénée, Jésus-Christ fut traîné du jardin à Jérusalem chez le grand prêtre Caïphc. Et ses disciples où sont-ils? Si du moins ils se trouvaient avec leur maître pour le défendre? non, ils l'ont tous abandonné. Tunediscipuli ejus, relictoeo, fugerunt. (Marc, iiv. 50.)
Jésus entra de nuit dans Jérusalem. Au bruit de tant de gens qui passent, les habitants se réveillent, ils se mettent aux fenêtres, demandent quel est celui qu'on conduit, et on leur répoud : Crest Jésus de Nazareth, un menteur et un imposteur.
On le mène en présence du pontife qui l'attend: lé superbe est assis, et Jésus est devant lui, comme un criminel, les yeux baissés, le maintien humble et soumis. Le pontife lui demande quelles sont les doctrines qu'il enseigne. Jésus répond : Ego paldm locutus sum mundo...,ecce hi sciunt quœ dixerim ego. (Jo. xvin. 20. 21.) Cette réponse était juste et mesurée. Un des bourreaux s'avance avec fureur, et lui appliquant un rude soufflet, sic respondes pontifici? lui dit-il. Mais une réponse aussi humble avait-elle mérité une injure aussi grande en présence de tant de personnes? Et le pontife, au lieu de reprendre son insolent ministre, se tait et semble par ce silence approuver sa conduite. Si malè toculus sum, dit Jésus, testimonium perldbe de malo; si autem beni quid me cœdis? (Jo. xvin. 28.)
Ensuite Caïphe conjura le Seigneur de lui avouer, au nom de Dieu, s'il était véritablement le fils de Dieu : Adjuro te per Deum tivum, ut dicas mihi si tu es Christus filias Dei. ( Matth. xxvi. €3. ) En entendant le le nom sacré de Dieu, le Seigneur répondit la vérité et dit : Ego sum, je le suis ; et vous me verrez un jour assis à la droite de mon père, où je viendrai sur les nuées pour juger le monde. A ces mots, Caïphe, au lieu de se jeter la face contre terre et d adorer le fils de Dieu, s'écrie en déchirant ses vêtements, que le Christ a blasphémé : Nunc audistis blasphemiam; quid vobis tidetur? (Matth. xxvi. 65.) Tous répondirent qu'il méritait la mort : Reus est mortis. Oui, mon Sauveur, vous méritiez la mort, puisque vous aviez voulu vous charger de la peine de nos péchés.
Alors les bourreaux s'emparèrent de lui, et comme si la peine de mort avait été déjà prononcée, ils commencèrent à le maltraiter de paroles et de coups, et à lui cracher sur le visage. Tune exspuerunt in faciem ejus, et colaphis eum cœciderunt; aiii autem palmas in faciem ejus dederunt. (Matth. Lxvii. 68.) Ils se moquaient de lui, en l'appelant faux prophète, lui couvraient la figure, et puis lui disaient en le frappant : Devine qui t'a frappé: Prophetiza nobis, Christe, qui) te percussit.
Le lendemain, dès que le jour fut venu, oji conduisit Jésus chez Pilate, pour le aire condamner à mort; mais Pilate, ne trouvant aucun motif de condamnation, déclara que Jésus était innocent : Nihil intenio causœ in hoc homine. (Lue. 2. 23.) Mais comme les Juifs insistaient, il renvoya Jésus à Hérode, pour que celui-ci le jugeât. Hércde fut bien aise qu'on eût amené Jésus devant lui, dans l'espérance de lui voir faire quelque miracle pareil à ceux dont il avait entendu parler plusieurs fois; en conséquence, il lui fit un grand nombre de questions; mais le Seigneur dédaigna de répondre; le roi le fit alors revêtir d'une robe blanche, comme un insensé, et il le renvoya à Pilate, au milieu des huées et des moqueries de ses courtisans. Sprevic autem illum Herodes cum e.tercitu suoet iltudit, indutum veste albd, et remisit ad Pilatum. (Luc. xxiu. 11.) O fils de Dieu, sagesse éternelle, il ne Vous manquait que cet opprobre : être traité comme un insensé.
Pilate voyant qu'il ne lui avait servi de rien d'en» voyer Jésus àHérode, et ne voulant pas néanmoins condamner un innocent, imagina de le sauver par un autre moyen. Il existait une coutume, suivant laquelle le peuple, au temps de Pâques, jouissait du droit d'obtenir la liberté d'un criminel; Pilate demanda an peuple s'il voulait la grâce de Jésus ou celle de Barrabas, scélérat convaincu d'homici Je; mais le peuple, excité par les prêtres, qui voulaient la mort de Jésus, répondit par acclamation : Non hune, sed Barrabam. ( Matth. 27. ) Voyons là-dedans l'image de ce qui arrive aux hommes dans le monde: Que voulez-vous? leur a-t-on dit. Qu'aimez-vous mieux, de Jésus-Christ ou de ce péché que vous allez commettre, de cette vengeance qui vous sourit, de ce plaisir qui vous attend? Le pécheur tombe dans ce péché : il répond : Non hune, sed Barrabam.
Pilate voyant échouer le moyen qu'il avait pris, de proposer Jésus et Barrabas, pcjiisa qu'en le faisant battre de verges, il pourrait satisfaire le peuple, et puis sauver l'innocent: Emendatumergà illum dimittam. (Luc. xxin. 15. ) Nous arrivons au second théâtre des souffrances de Jésus - Christ. Tune ergo apprehentiit Pi lai us Jesum et flagellai it. (Jo. xix. 1.) Combien le Seigneur aurait moins souffert, si Pilate, sans coin passion l'avait condamné au supplice de la Croix! Tout ne servit qu'à augmenter la fureur des bourreaux, et accroître les outrages dù Seigneur.
LE PRÉTOIRE, SECOND THEATRE.
Aussitôt que Jésus fut arrivé au Prétoire, les bourreaux lui ordonnèrent de se dépouiller de ses vêtements, ce qu'il fit sans murmure; ensuite il embrassa la colonne et tendit ses mains pour y être attaché. O mon Dieu! voilà tes cruelles tortures qui commencent. Anges du ciel, venez assister à ce douloureux spectacle ; et s'il ne vous est pas permis de soustraire votre roi aux injurieux traitements des hommes, venez au moins pleurer près de lui par compassion. Et vous, âme chrétienne, figurez-vous que vous êtes présente à cette sanglante exécution de votre Rédempteur bien-aimé. Voyez Jésus dans l'affliction, les yeux baissés vers la terre, le front couvert de rougeur. Mais déjà les barbares, armés de verges, se jettent sur l'innocent agneau, tels que des chiens enragés. L'un le frappe sur la poitrine, l'autre sur les épaules, celui-ci sur les bras, celui-là jusque sur les jambes; sa tête sacrée et sa noble figure ne sont pas à l'abri des coups. Hélas I le sang divin coule de toutes parts, le sang teint les verges, les mains des bourreaux, la colonne et la terre. Lœdilur, dit St.-Pierre d'Amiens, totoque flagris corpore laniatur : nunc scapalos, nunc crur». cingunt; vulnera vulneribus, et ptagas plagis recentibui addunt.
Oh ! cruels ! contre qui vous acharnez-vous ? arrêtez, arrêtez : cet homme que vous tourmentez est innocent et saint; nous sommes, nous, les coupables, à nous sont dus les coups et les tortures. Et vous, père éternel! comment supportez-vous que votre fils bicn-aimé subisse tant d'outrages, sans que vous le secouriez ? Quel délit a-t-il commis, qui mérite un supplice aussi honteux et aussi cruel ? Propter scelus populi mei, percussi eum. Je sais bien que moii fils est innocent, qu'il est saint et sans tache, mais puisqu'il s"est volontairement offert à satisfaire ma justice, pour tous les péchés des hommes, je dois l'abandonner à La fureur de ses plus cruels ennemis.
Barbares! êtes-vous contents ? Non ; ils ne le sont point ! Après l'avoir ainsi déchiré à coups de verges, les bourreaux ajoutent l'insulte à la cruauté ; on lui donne le litre de roi. On le fait asseoir sur une pierre, on jette sur ses épaules un lambeau d'étoffe rouge, en guise de pourpre royale; un roseau placé dans sa main lui tient lieu de sceptre; un faisceau d'épines qui lui couvre la tète., depuis le front jusqu'au cou, lui sert de couronne, et afin que les épines pénètrent davantage, ils les battent avec des roseaux. Acceperunt arundinem, tt percuiiebant caput ejus.
Cela ne les satisfait point encore ; ils se mettent à genoux devant lui, en lui disant : Nous te saluons, loi des Juifs ; puis ils se lèvent, en riant, et ils le frappent sur la figure. Et genuflexi anti eum, illudebant ei, dicentes : A ve, rtx Judœoram: et dabant ei alapas. ( Matth. xxvii. 29. et Jo. xix. 3.) Approche, âme dévote, dans cet homme sujet de raillerie et d'outrages, viens reconnaître ton Seigneur. Il est roi, mais dans jee moment il est roi de douleur, il est aussi roi d'amour, puisque c'est pour l'amour de toi qu'il souffre tant.
Après l'avoir ainsi maltraité, les bourreaux se saisirent de nouveau de sa personne, et tout couvert qu'il est de sang et de plaies, ils le couduisent devant Pilate. Celui-ci, le voyant réduit à ce triste état, crut pouvoir appaiser les Juifs, en le leur faisant voir. Aussitôt, sortant avec Jésus sur une terrasse, il le montra au peuple, en disant : Ecce homo. Exivit Pitatus fords, et dixit eis ; Ecce homo. ( Jo. xix. /). 5. ) Comme s'il eût dit: Voici cet homme de qui vous craigniez qu'il voulût être votre roi ; le voilà réduit à un état d'où il est preequ'impossible qu'il sorte ; souffrez qu'il aille mourir dans son logis, puisqu'il ne lui reste que quelques jours de vie. Le voilà ; ce n'est plus que l'ombre d'un homme; laissez-le en liberté; votre furënr doit être satisfaite. Mais si vous exigez que je le condamne à mort, je vous dis que je ne puis le faire, parce que je ne trouve aucune raison de le condamner. Non intenio in eo causam.
M?is, tandis que Pilate, de sa terrasse, montre Jésus au peuple, le père éternel, du haut des cicux, nous présente son fils chéri, en nous disant aussi: Ecce homo, voici mon fils unique, que j'aime autant que moi-même ; Hic est filius meus dilectas, in quo mihi beni complacui. Voilà l'homme, votre Sauveur, que je vous avais promis, et que vous attendiez ; le voilà devenu l'homme des douleurs. Voyez l'état déplorable auquel il s'est réduit pour l'amour de vous. Admirez-le, et l'aimez, et si vous n'y êtes portés par ses propres mérites, soyez touchés au moins de ses douleurs et des injures qu'il souffre.
La cruauté des ennemis de Jésus s'est-elle calmée à la voix de Pilate ? non ; les prêtres répandus dans la foule crient aussitôt : Tulle, toile, crucifige eum. Cependant Pilate résistait encore, il ne pouvait se résoudre à prononcer la condamnation; mais on le menace de l'accuser d'être ennemi de Cé?ai. Si hune dimittis, non es arnicas Cœsatis. ( Jo. xix. 12. ) Ce moyen réussit à ces furieux; mais avant de prononcer la sentence fatale, Pilate, se lavant les mains, se déclare innocent de la mort de cet homme. Innocent ego sum d fanguine jusii hujus; vos tideritis. ( Matlh. xxvn. 24. ) O injustice inouie ! le juge déclare l'accusé innocent, et il le condamne à mourir!
Misérables Juifs ! vous répondîtes alors: Sanguit ejussuper n»s et super filios nostros. (Ibid. Xxtii 25.) Vous prononçâtes vous-mêmes le châtiment, il vous a été infligé. Vos fils portent la peine de ce sang innocent; ils la porteront jusqu'à la fin du monde.
La sentence est prononcée. Jésus l'accepte sans résistance, en expiation de nos péchés. Humiliavit semeptisum, factus obediens usquè ad morlem, rnortem aatem crucit. (Ph. 1i. 8.)
La sentence ayantétépubliée, on lecouvrit de noA'eau de ses vêtements, afin que le peuple le reconnût, pendant qu'on l'abreuvait d'outrages. Ensuite on lui présente la croix, instrument de son futur supplice; Jésus l'embrasse et il en charge ses épaules : Et bajulans siùi crucem exivit in eum qui dicitur CalvariiB locum. (ix. 17.) Les agents de la justice précèdent notre Rédempteur, portant la croix où il laissera la vie : O Dieu! ce Messie qui peu de jours aupavarant, le diman-' che des rameaux, avait été fêté, Benedictus qui venit in ncmine Domini, trawerse maintenant les mêmes rues de Jérusalem, chargé de liens, maudit de tous, condamné au supplice des scélérats. La condition de Jésus pendant le trajet était si déplorable, il inspirait tant de compassion, que tous ceux qui le voyaient répandaient des larmes. Sequebatur illum turba populi et mulierum, quatplangebant, et lamentabantur eum. (Luc. xxxm. 25.) Regardez-le encore, âmes dévotes, amantes de Jésus-Christ, voyez ses chairs déchirées et le sang qui ruisselle sous le faisceau d'épines dont sa tète est chargée;
considérez le lourd fardeau sous lequel il succombe. Un des bourreaux le tire brutalement au moyau d'une corde, et lui, le corps courbé, les genoux chancelants chemine avec tant peine qu'à chaque pas il semble près de rendre l'esprit. 0 agneau divin! n'êtes-vous pas encore rassasié de douleurs ? qu'il vous en coûte cher d'avoir voulu m'apprendre jusqu'où va la charité dont vous avez usé envers moi. Accordez- moi donc, pour que je vous aime, les secours que vous m'avez mérités par vos souffrances ; donnez-moi ce feu sacré que vous êtes venu allumer ..ur la terre en mourant pour nous. Rappelez-moi toujours votre mort, afin que je n'oublie jamais de vous aimer.
Factus est principatus super humerum ejus. (Isa. 9.) La croix, dit Tertulien, a été le noble instrument avec lequel Jésus-Christ a gagné tant d'ames; c'est qu'en expiant nos péchés par sa mort il nous a rachetés de l'enfer, et nous a faits siens. Quia peccata nostra ipse pcrtulil in corpore super lignum. (1. Petr. 2.) Ainsi, ô mon Jésus, si le Père Eternel vous a chargé de tous les péchés des hommes, posait in to iniquitatem omnium noslrûm, j'ai moi-même, avec mes péchés, rendu plus pesante la croix que vous portâtes au Calvaire.
O mon très-doux Sauveur,^vous voyez dès-loss toutes les injures que vous deviez recevoir de moi, et malgré cela vous n'avez pas cessé de m'aimer et de me préparer toutes les miséricordes, qu'ensuite vous m'avez faites. Si je vous ai été si cher, moi pécheur vil et ingrat qui vous ai tant offensé, combien ne devez-vous pas m'être cher vous-même ô mon Dieu, beauté et bonté infinie! Ah! que n'ai-je toujours pu éviter de vous causer du chagrin! Je reconnais maintenant, ô mon Jésus, le tort que je vous ai fait; ô péchés maudits que j'ai commis, c'est par vous que j'ai rempli d'amertume le cœur aimant de mon Rédempteur. 0 mon Jésus, pardonnez-moi, car je me repentsde vous avoir méprisé; mais soyez à l'avenir l'unique objet de mes affections, je vous aime, ô aimable infini, de toutes les forces de mon cœur, et je ne veux désormais aimer que vous. Pardonnez-moi, Seigneur, accordez-moi votre amour et je ne vous demanderai plus rien. Amorem tui solum, vous dirai-je avec St.Ignace, cum gratiû tuâ mihi dona, et dites sum satis.
LE CALVAIRE, TROISIEME THEATRE.
Voici Jésus-Christ arrivé au troisième théâtre de ses douleurs, au Calvaire où doit se terminer sa vïe. A peine le Seigneur y fut-il arrivé que les bourreaux lui arrachèrent les vêtements qui couvraient ses membres déchirés, et ils le jetèrent avec fureur sur la croix. L'Agneau divin leur présente ses mains et ses pieds, et il offre au Père Éternel le grand sacrifice de sa vie pour notre salut. Lorsqu'une main eut été clouée, les nerfs se retirèrent. Il fallut avec des cordes attachées à l'autre main ainsi qu'aux pieds, étendre les membres divins, en les tiraillant jusqu'aux lieux où les clous devaient être plantés, de sorte que les nerfs et les veines se rompirent. M anus et pedes cum fune trahsbant ad loca clavorum, itd ut nervi et venœ exlenderentitr et rumperentur. Cette circonstance a été révélée à Ste.-Brigitte. Ainsi on pouvait compter tous ses os, comme David l'avait prédit. Foderunt manus meas, et pedes meos; dinumeraverunt omnia ossa mea. (Psalm. 21.)
St.-Augustin dit qu'il n'y a pas de mort plus cruelle que celle de la croix. Pejils nihilfuit in genere mortium. (Tract. 26. in Jo.) Et St.-Thomas l'explique en disant que les pieds et les mains que les clous traverserit, étant tout composés de nerfs, de muscles et de veines, sont extrêmement sensibles à la douleur, douleur que le poids du corps ne fait que rendre plus vive et accroître jusqu'à la mort. D'ailleurs les douleurs de Jésus-Christ ont dû surpasser en intensité toutes les douleurs des hommes, car son corps, parfaitement conformé, a dû être plus vivace et plus sensible aux douleurs. Ce corps, l'Esprit-Saint l'avait préparé pour les souffrances : Corpus autem aptasti mihi. (Hebr. x. 5.) Il y a plus encore, Jésus-Christ à souffert, dit St.Thomas, des douleurs proportionnées à la rigueur de tous les châtiments que nos péchés méritaient.
O mon âme, vois ton Seigneur qui est ta vie, suspendu à cette croix. Et erit vita tua quasi pendent ante te. (Deut. 28.) Vois-le sur ce douloureux gibet ou il ne peut trouver de repos. Tantôt il se suspend sur les mains, tantôt il s'appuie sur les pieds, mais partout où il s'appuie la douleur s'accroît. Il tourne tantôt d'un côté tantôt de l'autre sa tête endolorée. S'il la penche sur sa poitrine, ses mains surchargées et tirées en avant se déchirent; s'il l'abaisse sur ses épaules, les épines s'y enfoncent ; s'il l'appuie contre la croix, les épines entrent plus avant dans la tête même, ô mon Jésus, quelle mort douloureuse est la vôtre!
Oh ! mon Rédempteur crucifié, je vous adore sur ce trône d'ignominie et de peine ; je lis sur cette croix une inscription qui me dit que vous êtes roi: Jesus Nasarenus, rex Judœorum. Mais sans nous arrêter à ce titre, qu'on vous donna par dérision, par où montrez-vous que vous n'êtes pas roi ? Ah ! ces mains clouées, cette tête couronnée d'épines t ces chairs déchirées, ce trône do douleur, vous font reconnaître pour roi, mais oroi d'amour. Je, m'approche donc, humble et attendri, pour baiser vos pieds sacrés: j'embrasse votre croix, sur laquelle, victime d'amour, vous avez voulu vous immoler pour moi h la justice divine. Factus obediens usqué ad mortem, moriem autem crucis. O heureuse obéissance qui nous a valu le pardon de nos péchés. Que serait-ce donc de moi, ô mon Sauveur, si vous n'aviez payé ma dette?
Quand Jésus eut été cloué sur la croix, la croix fut élevée perpendiculairement. St.-FrançoisdePaule, à l'aspect de Jésus crucifié, ne pouvait se lasser de louer Tamour de ce Dieu, ni de s'écrier : O charité, ô charité, ô charité ! Encore une fois, âme dévote, contemple ton Sauveur suspendu à trois clous, pesant de tout son poids sur les plaies de ses mains et de ses pieds, ne trouvant de repos dans aucune position.
Enfin, le roi du ciel touche à sa dernière heure. Demandons-lui avec le prophète : Quid sunt plagœ istae in medio manaum tuarum? (Zachar. xm. 6. ) Oh ! ditesmoi, mon Jésus, quelles plaies sont celles que vous avez au milieu des mains ? Sunt monumenta charitatis, pretia redemptionis, répond l'abbé Rupert; ce sont les signes de l'amour véhément que j'ai pour vous ; c'est le prix pOur lequel je vous ai délivré des mains de vos ennemis et de la mort éternelle. Aimez donc, âmes fidèles, aimez le Dieu qui vous a tant aimés, et si jamais vous doutez de son amour, dit St.-Thomas de Villeneuve, regardez cette croix, ces douleurs et cette mort cruelle qu'il a souffertes pour vous, témoignages peu équivoques de son amour. Testis crux, lestes dotores, testis amaru mors, quam pro te sustinuit. (Cons. ni.) Lacroix, ajoute St.-liernard, chaque plaie de Jésus-Christ, nous crient que Jésus nous aime avec le plus tendre amour. Clamât crax, clamât vulnus, quod ipse verè dilexit.
Quand il fut sur la croix, Jésus désira trouver des Consolations, et il n'en eut point. El sustinui quiconsolaretwr,tt non inveni. (Psalm.LXvm. 11.) Il n'entendit autour de lui que des railleries amères ou des blasphèmes; Les bourreaux îui disaient : Si filius Dei es, descende de cruce. ( Matth. xxvn. 40.) Vah qui desirais templum Dei, salcum foc temetipsum. ( Marc. xiv. 30.) Alios salvos fecit, semetipsum non potest salvum facere. ( Matth. Xxvii. 42.) O mon Dieu ! pourquoi souffrezvous qu'on afflige, par ces grossiers sarcasmes, le malheureux condamné qui se meurt?
Et, pendant ce temps, que fait Jésus. Peut-être vat-il prier son père de les punir. Non, il le conjure de de leur pardonner. Pater, dimitte Mis, non enim sciant quod faciunt. (Luc. xxin. 34. ) Oui, dit St.-Thomas, ce fut afin de montrer l'immensité de son amour pour les hommes, que le Rédempteur demanda le pardon pour ceux-là même qui l'avaient crucifié. Ad ostendendam abundantiam suœ charitatis, veniam persecutoribus posta lavit. ( 3. p. qu. l\9 a. 4- ad. 1. ) Il le demanda et il l'obtint; car, lorsqu'ils le virent mort, ils se repentirent de leur péché. Revertebantur percutientes pectora sua.
O mon cher Sauveur! me voici à Voj pieds. J'ai été un de vos plus ingrats persécuteurs; priez pour moi votre père qu'il me pardonne. Il est vrai que les Juifs en vous crucifiant, ne savaient pas ce qu'ils faisaient, tandis que je savais, moi, qu'en péchant, j'offensais un Dieu crucifié et mort pour moi. Mais votre sang et votre mort m'ont acquis la miséricorde divine; puis-je douter encore du pardon?
La mère désolée était au pied de la croix, avec quelques femmes dévotes. Stabant autem juxtd crucem Jesu, mater ejus, etc. (Jo. xix. 25.) O mon Dieu, qui n'aurait compassion d'une mère auprès de son fils mourant? Marie, sous la croix, contemplant les douleurs de son fils bien-aimé, désirait avec ardeur pouvoir le soulager, mais elle vit que sa présence accroissait les tourments de son fils, et ce fut-là le martyre qui fit de Marie la reine des martyrs.
Jésus se voyant donc abandonné de tous, se tourna vers son père, et il lui demanda du secours; mais le père, le voyant chargé de tous nos péchés, qu'il ne pouvait expier en satisfaisant l'éternelle justice, que par sa mort douloureuse, le père l'abandonna aussi, et ce fut alors que Jésus s'écria à haute voix: Dcus meus, Deus meus, ut quid dereliquisti me? (Matth. xxvn. 46.) Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi m'avezvous abandonné?
Mais déjà le Sauveur touche au dernier moment. Chrétien, levez les yeux sur la croix; voyez ce beau visage qui se couvre de pâleur, ces yeux qui s'obscurcissent, ce corps sacré qui s'affaisse et s'abandonne à la mort. Avant d'expirer, Jésus-Christ dit ces mots : Consummatum est, tout est accompli; c'est comme si, tourné vers nous; il nous eût dit : Hommes, hommes, aimez-moi, car je ne puis faire davantage pour me faire aimer de vous. Voyez quelle vie j'ai menée pendant trente-trois ans, voyez comme je la termine, couvert d'opprobre, de coups, de blessures, de plaies sur tout mon corps. Que faut-il encore? que je meure pour l'amour de vous ? Eh bien! oui: je veux mourir. Viens, mort j je le permets, frappemoi, prends ma vie, afin que mes brebis vivent. Et clamans voce magnâ Jesus, ait : Pater, in manus tuas commendo spiritum me.um. (Luc. xxv. 46.) Mon père, je meurs pour la gloire et pour le salut des hommes je te recommande mon esprit. Mais déjà il se meurt. Venez, arges du ciel, venez assister à la mort de votre Dieu; et vous, mère affligée, rapprochez-vous un peu de la croix; voyez votre fils qui expire.
Et vous, chrétiens, contemplez son agonie, ces yeux éteints, cette face décolorée, un cœur qui bat à peine, l'esprit va se séparer du corps. Mais le ciel s'obscurcit, la terre tremble, les tombeaux s'entr'ouvent. Que veulent dire ces signes effrayants? ils annoncent la mort du Rédempteur. Et clamans voce magnâ, oit : Pater in manus tuas commendo spiritum meiim, et hcecdkens expiracit. (Luc. 23. ) -:• .;. .- .', .
Tous ceux qui étaient chargés de le garder, l'ayant vu rendre le dernier soupir, et remarquant qu'il ne faisait plus aucun mouvement, dirent : Il est moit! il est mort! Ces mots répétés par toutes les bouches, frappèrent l'oreilfe de Marie, et de son côté elle s'écria : Mon fils est mort!'
Il est mort! O Dieu ! qui est mort ? Le roi du ciol, le créateur du monde, un Dieu a voulu mourir.... pour qui? pour nous, pauvres pécheurs.
ACTE DE DOULEUR BN DECOUVRANT L'iMAGE DU CRUCIFIX.
'}
Venez pécheurs, voici Jésus-Christ qui tient ses bras ouverts pour vous recevoir.
Que craignez-vous? qu'il ne vous pardonne pas, celui qui est mort pour pouvoir vous pardonner.
Vous craignez que le pardon vous soit refusé? pourquormaiiqueriez-vous de confiance dans la pénitence que vous avez encourue, si elle est accomplie ? Soyez sans inquiétude, ne voyez-vous pas que cette pénitence c'est Jésus-Christ qui l'a faite pour vous sur cette croix?Repentez-vous de cœur de l'avoir offensé; cela suffît.
Regardez de toutes paris; cherchez qui vous ait aimés plus que n'a fait Jésus-Christ? Allons relevezvous, âmes chrétiennes. Aimez-le, puisqu'il est mort pour que vous l'aimiez. Dites-lui, Seigneur, quivoudrais-je aimer, si je n'aimais le Dieu qui est mort pour moi.
O la plus tendr J des mères! par la douleur que vous avez ressentie en voyant mourir votre fils, demandez pour moi la sainte persévérance, et un véritable amour pour Jésus-Christ.
ROTE DES SERMONS CONTENUS DANS CET OUVRAGE, ET LES
PLUS PROPRES A ÊTRE PRÊCHES DANS LBS MISSIONS.
I. De l'importance du salut. Sermon
Ou bien, De la misericorde de Dieu.
II. Du péché mortel.
III. Des mauvaises habitudes.
12
sa
6 20
Ou bien, Du scandale. Sermon. 23
IV. Illusion des pécheurs. 14 V. Du sxerilége qui se commet, en omettant
de dire tous ses péchés, dans la confession. 18
VI. De la mort pratique. 44
VII. Du jugenieni universel. 1
VIII. De Venfer. 10 Ou bien, De l'éternité de l'enfer. 50
IX. De la confiance en Marie. 7
X. De la récidive., 21 Ou bien, Des mauvaises occasions. 22 Ou bien, Du respect humain. 37 Ou bien, Des mauvaises compagnies. 42
Sur le Sermon X De la Récidive, on a colé comme pouvant s'y réunir plusieurs autres Sermons, et l'on a cru d'autant plus devoir le faire que, s'agissant du dernier Sermon de la Mission, dans lequel on recommande au peuple la persévérance, c'est là qu'il convient de parler du péril que courent ceux qui, après la Mission, retombent dans le péché; et il est bon de laisser s'il se peut, des souvenirs qui préservent d'une rechute. Les principaux moyens à indiquer sont les suivans : Fuir les occasions et les mauvaises cnmpa gnies, ne pas tenir compte du respect humain; fréquenter les Sacrements, prier souvent, recourir à Dieu dans les tentations et lui demander tous les jours la grâce de persévérer.
On a mis au N". IX le Sermon de Marie, Sermon qu'il ne faut jamais négliger, parce qu'il produit plus de fruit que beiucoupd'autres. Je sais, par expérience, que des pécheurs que tous les autres Sermons avaient laissés dans l'endurcissement, se sont convertis au Sermon de la Vierge. Ce Sermon au surplus ne doit point paraître chose étrangère aux Missions. Le P. Léonard de Port-Maurice n'a jamais omis le Sermon de Marie dans ses Missions diverses. Le P. Ségnéry Junior faisait de même; et dans notre congrégation du Très-Saint Rédempteur, on ne l'oublie dans aucune Mission. Je sais encore que d'autres Missionnaires commencent à suivre la même marche. Il est certain que l'âme qui est pénétrée de véritable dévotion pour la Vierge, et qui lui demande souvent son intercession, obtiendra la grâce de la persévérance; car Marie a parmi ses titres celdi de Mère de la persévérance." - • ,
Si la Mission devait se prolonger quelques jours, il ne faudrait pas négliger le Sermon De la Prière, Serm. 26 et Serm. ô*l. Je dirai ici que ce SèVmon de la Prière me sémble très-essentiel; car ceux qui ont suivi la Mission, ne pourront certainement persévérer qu'autant qu'ils se recommanderont à Dïèit constamment. Si le temps manquait pour faire ce Sermon en particulier, le Prédicateur devrait l'insérer, au moins en partie, dans quelque autre Sermon de saMission, ou bien parler de la prière dans les exercices spirituels, et exhorter fréquemment ses auditeurs â se recommander à Jésus et à Marie", cSr pour obtenir les grâces divines, il n'y a pas d'autre moyen que la prière, surtout s'il s'agit de la persévérance, ainsi que nous l'enseigne St.-Augustin. :'''
Si la Mission devait tirer encore beaucoup plus en longueur, soit dans quelque ville, soit dans une contrée populeuse, il y a d'autres Sermons qui ne Seraient pas moins propres à la Mission que les premiers; tels sont le Serm. UT : Des moyens nécessaires au salut; le V', De la science des Saints et dé ta folie des pêcheurs ; le VIII", Des remords du damné; le XIII", De la vie malheureuse des pêcheurs; le XVe, Du nombre des péchés; le XVp Du Paradis; le XXIV", Du prix du temps; le XXXIII*, La mort est certaine et incertaine; le XXXV", De la tanitédu monde ; le XXXVIII", De la mort du pecheur; le XLI*, De l'abus de La misericorde; le XLIII'f Tout finit et finit promptement; le XL VIP, Des mauvaises pensées ; les Lc, LI" et LU", De De l'Eternité, De Vimpénitence et Des angoisses de la mort.
Avant de faire le dernier Sermon de la Bénédiction, c'est assez l'usage, dans beaucoup de congrégations de Missionnaires, de faire, au lieu de Sermon, des méditations sur la Passion de J.-C. Cette méthode m'a toujours semblé très-utile pour obtenir' la persévérance de la part des auditeurs. Celui qui ne quitte le péché que par la crainte des châtiments, ne verra pas plus tôt la Mission finie que, perdant de vue les choses dont il s'effrayait, il retombera dans ses anciennes erreurs. Celui qui demeure lié à Dieu par amour persévérera facilement dans la bonne voie. Ainsi, durant ces deux ou trois jours, le prédicateur de la Mission fera une demi-heure d'instruction sur l'oraison mentale afin d'en rendre la pratique aisée; il fera faire aus.d les divers actes d'avant et d'après la Communion. Ensuite on pourra faire l'oraison mentale en considérant les mystères de la Passion et en mêlant à ses méditations quelques expressions de repentir, d'amour, de regret et de saintes résolutions pour l'avenir. Les Missionnaires recommanderont ensuite au Curé de la paroisse de faire faire tous les jours au peuple l'oraison mentale en commun.
NOTE DES SERMONS CONTENUS DANS CET OUVRACB ET POUVANT SERVIR AUX EXERCICES SPIRITUELS.
I. De la véritable Sagesse. Sermon. 1
II. Du prix du temps. 24
III. Abus Je la miséricorde divine. 41
IV. Des angoisses de la mort. 52
V. Du jugement particulier. 37
VI. Des peines de l'enfer. 4&
VII. De la confiance en Marie. 7
VIII. De l'amour de J.-C. pour
nous, et de l'obligation de l'aimer. 4 PROTESTATION DE L'AUTEUR. TABLE
En exécution des divers décrets d'Urbain VIII, publiés en 1625, 1631 et 1634, je proteste que je n'entends nullement qu'on ajoute plus de confiance aux divers faits rapportés dans cet ouvrage, qu'il ne convient d'en donner aux seuls témoignages humains; me soumettant pour le tout au jugement du SaintSiège Apostolique Romain, duquel je me glorifie d'être en tout le très-obéissant fils;
Alphonse-marie De LIGUORI,
Erêque de Stc.-AgatLe de' Goti.
m Dit TOME QUATORZIÈME.
Préface.
But de l'ouvrage
- Pour le premier dimanche de l'Avent.
Sur le jugement dernier.
Premier Point. Comparution des justes et des pé-
cheurs dans la vallée de Jobaphat.
Deuxième Point. Examen de conscience.
Troisième Point. Sentence prononcée sur les élus et
sur les réprouvés.
SERMON II.
Pour le second dimanche de l'Avent.
De l'utilité des souffrances.
Premier Point. Co.nbien les tribulations nous sont
utiles.
Deuxième Point. Comment nous devons nous com-
porter dans les tribulations. . •
SERMON III.
Pour le troisième dimanche de l'Avent.
Des moyens nécessaires au salut. 37
Premier" moyen. Défiance de nous-mêmes. Ib.
Deuxième moyen. Confiance en Dieu. 40
Troisième moyen. De la résistancè aux tentations. 42
page.
1
... 5
SERMON I.
SERMON IV.
Pour le quatrième dimanche de l'Avent.
Sur l'amour que nous porte Jésus- Christ, et sur l'obligation oà nous sommes de l'aimer. 44
Premier Point. Combien est grand l'amour que nous a témoigné Jésus-Christ. Ib.
Deuxième Point. Combien nous sommes obligés d'aimer Jésus-Christ. 49
SERMON V.
Pour le dimanche dans l'octave de Noël.
En quoi consiste la vraie sagesse. 52 Premier Point. Les pécheurs sont les vrais insensés. 53 Deuxième Point. Les saints sont les vrais sages. 58
SERMON VI.
Pour le premier dimanche après l'Épiphanie.
De la malice du péché mortel. 61 Premier Point. Le péché mortel est un grand mépris que l'on a pour Dieu. 62 Deuxième Point. Le péché mortel est ui grand déplaisir que l'on cause a Dieu. jSt
SERMON VII.
Pour le second dimanche après l'Épiphanie.
De la confiance que nous devons avoir en la mère de
Dieu, quand nous avons recours à elle. 69 Premier Point. Combien est puissante l'intercession r. de Marie pour nous faire obtenir de Dieu les grâ, ces que nous.désirons.. . ... :, ,. ••.î®
Deuxième Point. Combien grande-est le, .bonfé ,dfi ,, •\ Marie pour nous secqwir dans tous #osJ/^sof/l4,yH,-,-f4
ERMON VIII.
Pour le troisième dimanche après l'Épiphanie.
Remords des damnés. 80 Premier Remords. Combien peu de chose il avait à
faire pour se sauver. 81 Deuxième Remords. Pour combien peu de chose il
s'est damné. 83 Troisième Remords. Le grand bien qu'il a perdu
par sa faute. 85
SERMON IX.
Pour le quatrième dimanche après l'Épiphanie.
Dangers du salut éternel. 87
Proposition unique.
Combien sont grands les dangers de notre salut éternel; moyens de nous en préserver. Ib.
SERMON X.
Pour le cinquième dimanche après l'Épiphanie.
Peines de l'enfer. 94
Proposition du sermon.
SERMON XI.
Pour le sixième dimanche après l'Épiphanie.
Sur la non des fustes. 103 Premier Point. Lu mort nous délivre des misères de
cette vie, et des assauts de notre ennemi. 104 Deuxième Point. La mort nous délivre des péchés
actuels. -,..r 109
Troisième Point. La mort nous délivre du danger
de tomber en enfer et nous ouvre les portes du
paradis. " ' '111 page.
SERMON XII.
Pour le dimanche de la Septuagésime.
De l'importance du salut éternel. 118 Premier Point. Tout est perdu, si l'âme est perdue. 119 Deuxième Point. L'âme une jois perdue > elle est perdue pour toujours. . 124
SERMON XIII.
Pour le dimanche de la Sexagésime.
Vie malheureuse du pécheur, et vie heureuse de celui qui aime Dieu. 126
Premier Point. Existence malheureuse que mènent les pécheurs. 127
Deuxième Point. Vie heureuse que mènent ceux qui aiment Dieu. 134
SERMON XIV.
Pour le dimanche de la Quinquagésime. Erreurs du pécheur. 136
SERMON XV.
Pour le premier dimanche de Carême.
Sur le nombre des péchés. 144
SERMON XVI.
Pour le deuxième dimanche de Carême.
Sur le paradis. 153 SERMON XVII.
Pour le troisième dimanche de Carême.
Du danger de celer des péchés dans la confession. 160
SERMON XVIII.
Pour le quatrième dimanche de Carême.
De la tendre compassion de Jésus-Christ, pour les
: pécheurs. . 169 pnge.
SERMON XIX.
Pour le dimanche de la Passion.
Combien Vétat de tiédeur est dangereux pour notre âme. 177
SERMON XX.
Pour le dimanche des Rameaux.
De l'habitude du péché. 186
Premier Point. L'habitude du péché aveugle l'esprit. 187
Deuxième Point. L'habitude du péché endurcit le
cœur. 189 Troisième Point. L'habitude du péché afjaiblit nos
forces. 192 SERMON XXI.
Pour le dimanche du Pâques.
Du malheureux état de rechute. 195
SERMON XXII.
Pour le premier dimanche après Pâques.
De la fuite des occasions du péché. 204
SERMON XXIII.
Pour le second dimanche après Pâques.
Du scandale. 211
Premier Point. Combien le scandale déplaît à Dieu. 212
Deuxième Point. Du châtiment sévère que Dieu ré-
serve à l'auteur du scandale. 216
SERMON XXIV.
Pour le troisième dimanche après Pâques. Le prix du temps. 221
SERMON XXV.
Pour le quatrième dimanche après Pâques.
De l'obéissance à son confesseur. 231
... . paho.
Premier Point. Quelle assurance de salut possède
celui qui obéit à son confesseur. 232
Deuxième Point. En quel danger de damnation est
celui qui n'obéit pas à son confesseur. 238
SERMON XXVI.
Pour le cinquième dimanche après Pâques.
Condition de la prière, 241
Premier Point. Jaut prier avec humilité. 242
Deuxième Point. Il faut prier avec confiance. 243
Troisième Point. Il jaut prier avec persévérance., 247
SERMON XXVII.
Pour le sixième dimanche après Pâques ou le dimanche
dans l'octave de l'Ascension.
Du respect humain. 251
Premier Point. De l'importance de ne pas tenir
compte des motifs de respect humain. 252
Deuxième Point. Des moyens de vaincre le respect
humain. 258
SERMON XXVIII.
Pour le dimanche de la Pentecôte.
De la conformité a la volonté de Dieu. 260
Premier Point. Toute l'œuvre de notre sanctifica-
tion consiste à nous conformer à la volonté de
Dieu. . 261
Deuxième Point. Comment et en quelle chose nous
devons pratiquer la conformité à la volonté de Dieu.
SERMON XXIX. v A
Pour le dimanche de la Sainte-Trinité.
De l'àmOUr dés trois personnes divines ènt^^
'l'homme. . .,. . ., 270
page.
Premier Point. L'amour que nous a porté le père étemel en. nous créant. 271
Deuxième Point. L'amour que nous a porté le Fils de Dieu dans notre rédemption. 273
Troisième Point. L'amour que nous a porté l'Esprit-saint dans notre sanctification. 277
SERMON XXX.
Pour le premier dimanche après la Pentecôte.
De la charité envers le prochain. 280 Premier Point. Comment nous devons pratiquer en
pensées la charité envers le prochain. 281 Deuxième Point. De la charité en paroles envers le
prochain. 283 Troisième Point. De la charité qui doit diriger nos
actions envers le prochain. 288
SERMON XXXI.
Pour le deuxième dimanche après la Pentecôte.
De la sainte communion. 292 Premier Ppinf. De l'amour extrême que Jésus-Christ a montré pour nous en se donnant à nous dans ce Sacrement. 293. Deuxième Point. Cé que nous devons faire en recevant la communion, pour en retirer le plus grand fruit. 298 SERMON XXXII.
Pour le troisième dimanche après la Pentecôte.
De la miséricorde de Dieu envers les pécheurs. 301 Premier Point. De la miséricorde que Dieu montre
aux pécheurs, en' lés appelant à faire pénitence. 802 Deuxième Point. ...En attendant le pécheur afin qu'il
se convertisse!' Troisième Point En accueillant le pécheur qui se
SERMON XXXIII.
Pour le quatrième dimanche après la Pentecôte.
La mort est certaine et incertaine. 310 Premier Point. Jl est certain que nous devons mourir. 311 Deuxième Point. L'époque de la mort est incertaine. 316
SERMON XXXIV.
Pour le cinquième dimanche après la Pentecôte.
Contre la colère. 320 Premier Point. La colère non réprimée cause la
ruine de l'Ame. 321 Deuxième Point. Manière de réprimer la colère
quand elle se manifeste, .,\i 325
SERMON XXXV.
Pour le sixième dimanche après la Pentecôte.
De la vanité du monde. "•.' 332
SERMON XXXVI.
Pour le septième dimanche après la Pentecôte.
De l'éducation des enfants. 341 Premier Point. Combien est importante l'éducation
des enfants.', •.' ..., . ., • •, 342
Deuxième Point. Ce que les parents doivent faire
pour les bien élever. 345
. . ., SERMON XXXVII.
Pour le huitième dimanche après la Pentecôte.
Du jugement particulier» . . . . ,, • . ., . 354
Premier Point. De l'Ame se présentant pour être jugée... v ... .....i•.• ... ...., ., 355
Deuxième Point. Terreur de l'âme quand elle est . . examinée., ... i, 357
Troisième Point. Terreur de Pâme condamnée. 362 page.
SERMON XXXVIII.
Pour le neuvième dimanche après la Pentecôte.
De la mort du pécheur. 364 Premier Point. Le pécheur mourant tourmenté par
sa conscience. Ib. Deuxième Point. Le pécheur assailli par le démon. 367 Troisième Point. Le pécheur assailli par la crainte
de la mort éternelle. 369
SERMON XXXIX.
Pour le dixième dimanche après la Pentecôte.
De la prière. 373 Premier Point. De l'efficacité de le prière. 374 Deuxième Point. De la nécessité de la prière. 377
SERMON XL.
Pour le onzième dimanche après la Pentecôte.
Des conversations et des paroles libres. 382 Premier Point. Celui dont le langage ctt obscène
fait beaucoup de mal a ceux qui l'entendent. Ib. Deuxième Point. Il se fait beaucoup de tort à luimême. 386 SERMON XLI.
Pour le douzième dimanche après la Pentecôte. Abus de la miséricorde divine. 390 SERMON XLII. Pour le treizième dimanche après la Pentecôte. Du besoin d'éviter les mauvaises compagnies. 39!) SERMON XLIII. Pour le quatorzième dimanche après la Pentecôte. Tout finit et finit promptenent. 407 Premier Point. Tout finit. 408 Deuxième Point. Tout finit prompternent,, 411 page.
SERMON XLIV.
Ponr le quinzième dimanche après la Pentecôte.
De la mort pratique, 416 Premier Point. Ce qui se passe durant la maladie. 417
Deuxième Point Au moment d'adminiserer les
Sacrements. 422 Troisième Point. . Au moment de la mort. 426
SERMON XI,V.
Pour le seizième dimanche après la Pentecôte.
De l'impudicité. 480
Premier Point. Erreur de ceux qui disent que le pé-
ché de la chair n'est qu'un petit mal. Ib.
Deuxième Point Que Dieu compatit à ce péché. 437
SERMON XLVI.
Pour le dix-septième dimanche après la Pentecôte.
De l'amour de l'homme pour Dieu. 441 Premier Point. Combien nous devons chérir le précepte d'aimer Dieu de tout notre cœur. 442 Deuxième Point- Ce que nous devons faire pour aimer Dieu de tout notre cœur. 445
SERMON XLVH.
Pour le dix-huitième dimanche après la Pentecôte.
Des mauvaises pensées. 452 Premier Point. En quel cas les mauvaises pensées
sont un péché. 453 Deuxième Point. Péril auquel on s'expose en les
accueillant. 457 Troisième Teint. Quels remèdes on doit employer,, 469 page.
SERMON XLVIII.
Pour le dix-neuvième dimanche après la Pentecôte.
Du supplice de la privation de Dieu dans l'enfer. 463 SERMON XLIX.
Pour le vingtième dimanche après la Pentecôte.
De la passion dominante. 472
SERMON L.
Pour le vingt-unième dimanche après la Pentecôte.
De l'éternité de l'enfer. 482
SERMON LI.
Pour le vingt-deuxième dimanche après la Pentecôte.
Angoisses et tourments des moribonds. 492
Premier Point. Je pouvais me sanctifier et je ne l'ai point /ait. 493
Deuxième Point. Que n'ai-je encore le temps de réparer le mal; hélas ! le temps est passé. 497
Troisième Point. Que ne puis-je au moins le faire dans le peu d'instants qui me restent ! Il n'est plus temps de remédier à rien. 499
SERMON LU.
Pour le vingt-troisième dimanche après la Pentecôte.
De Vimpénitence. 503 Premier Point. Péril de celui qui vit dans le péché
et qui néglige de se convertir. 504 Deuxième Point Moyens à employer par celui qui
veut se sauver. * 512 SERMON LUI.
page.
Pour le vingt-quatrième dimanche après la Pentecôte.
Du blasphème. 516
Premier Point. Gravité du péché de blasphème. Ib.
Deuxième Point. Rigueur avec laquelle' Dieu punit
ce péché. 523
Avertissement de l'auteur sur le genre de ses sermons. . 527
Sermon de la passion de Jésus-Christ. 528
Acte de douleur à la suite. 546
Note des sermons propres aux missions. Ib.
Note des sermons propres aux exercices spirituels. 550
Protestation ou déclaration de l'auteur. 551
Table des matières. 553