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Leçon 2 – Mt 15, 21–28

[15, 21]

1766. Plus haut, la suffisance de l’enseignement [du Seigneur] a été montrée, car il n’exige pas l’observance de la loi. Ici, [le Seigneur] montre que [son enseignement] ne se limite pas à un seul peuple, mais qu’il suffit aussi au salut des Gentils. Or, il est montré qu’il a un triple effet chez les Gentils. Premièrement, par la libération du pouvoir du Démon ; deuxièmement, [par la libération] des maladies que sont les péchés ; troisièmement, par l’alimentation spirituelle. Le second point [se trouve] en cet endroit : ÉTANT PARTI DE LÀ, JÉSUS VINT AU BORD DE LA MER DE GALILÉE [15, 29] ; le troisième, en cet endroit : JÉSUS, CEPENDANT, APPELA SES DISCIPLES ET LEUR DIT… [15, 32].

1767. La libération du pouvoir des démons est donc montrée par le fait que [le Seigneur] a libéré une femme possédée par le Diable. Premièrement, le lieu est décrit ; deuxièmement, l’insistance de la femme ; troisièmement, l’exaucement. Le second point [se trouve] en cet endroit : ET VOICI QU’UNE FEMME CANANÉENNE, etc. [15, 22] ; le troisième, en cet endroit : À QUOI JÉSUS RÉPONDIT, etc. [15, 24].

1768. [Matthieu] dit donc : EN SORTANT DE LÀ, JÉSUS SE RETIRA DANS LA RÉGION DE TYR ET DE SIDON. Tyr et Sidon sont deux villes des Gentils. Parce qu’il était rejeté par les Juifs, il se retira donc chez les païens, conformément à Ac 13, 46 : Il fallait d’abord que nous vous parlions du royaume de Dieu ; mais parce que vous rejetez celui-ci et vous vous estimez indignes de la vie éternelle, voilà que nous nous tournons vers les païens. Premièrement, le Seigneur montre que la conversion de ceux qui observent la loi est au premier plan ; deuxièmement, le passage aux païens, qui fut indiqué en Ac 10, 15, où il est dit que, alors que Pierre était chez Corneille, il vit un drap, etc., et qu’il lui fut dit que ce que Dieu rend pur, tu ne l’appelles pas impur, etc.

[15, 22]

1769. ET VOICI QU’UNE FEMME. Ici est présentée l’insistance de la femme. Au sujet de la demande de celle-ci, trois choses sont exprimées : premièrement, sa piété ; deuxièmement sa foi ; troisièmement, son humilité, et ces choses sont nécessaires pour être exaucé. Le second point [se trouve] en cet endroit : MAIS LA FEMME ÉTAIT ARRIVÉE ET SE TENAIT PROSTERNÉE DEVANT LUI [15, 25] ; le troisième, en cet endroit : MAIS CELLE-CI DIT : « OUI, SEIGNEUR… » [15, 27].

1770. En premier lieu, l’interpellation est présentée ; en second lieu, l’aide des disciples, en cet endroit : SES DISCIPLES, S’APPROCHANT, LE PRIAIENT [15, 23].

1771. À propos du premier point, la piété de la femme est d’abord présentée ; deuxièmement, le silence du Christ, en cet endroit : MAIS IL NE LUI RÉPONDIT PAS UN MOT [15, 23].

1772. [Matthieu] dit donc : ET VOICI QU’UNE FEMME CANANÉENNE. Nous pouvons relever six choses. Premièrement, la conversion de celle qui demande. Si 18, 23 : Avant de prier, prépare ton âme et ne sois pas comme l’homme qui met Dieu à l’épreuve. Elle prépare en effet son âme lorsqu’elle se purifie de ses vices. Is 1, 15 : Alors même que vous multiplieriez les prières, je ne vous écouterai pas, car vos mains sont pleines de sang. Et cela est indiqué par ce nom : CANANÉENNE, qui est la même chose que « changée ». Ps 76[77], 11 : Tel est le changement [apporté] par la main du Très-Haut. De même, celui qui se convertit doit non seulement éviter le péché, mais aussi l’occasion du péché. Si 21, 2 : Fuis le péché comme la face du serpent. Deuxièmement, il faut relever l’attachement, car elle criait. Le cri indique un grand sentiment. Ps 119[120], 1 : J’ai crié vers le Seigneur dans mes tribulations. Troisièmement, la piété est signalée, car elle considérait comme sienne la misère d’un autre ; c’est pourquoi elle dit : AIE PITIÉ DE MOI, et cela est une grande miséricorde. Jb 30, 25 : Je pleurais sur celui qui était affligé et mon âme compatissait avec le pauvre. De même, l’humilité est abordée, car elle adresse sa demande avec confiance en la miséricorde de Dieu. Dn 9, 4 : Toi qui gardes ton alliance et ta miséricorde envers ceux qui t’aiment et qui observent tes commandements. Quatrièmement, la foi est touchée, elle qui est nécessaire pour demander. Jc 1, 6 : Qu’il demande avec foi et sans hésiter. Aussi, elle confesse la nature divine en lui par le fait de dire : SEIGNEUR ! Ps 99[100], 3 : Sachez que le Seigneur est Dieu. [Elle confesse aussi la nature] humaine : FILS DE DAVID, lui qui descend de David. Rm 1, 3 : Lui qui est issu de la lignée de David selon la chair. De même, elle expose son besoin particulier : MA FILLE SE TROUVE MAL, à savoir, gravement ; ELLE EST MALMENÉE PAR LE DÉMON. Et elle peut être le type de toute l’Église des Gentils ou de toute autre pour ce qui est de sa conscience, qui est malmenée par le Démon, lorsqu’elle agit contre sa conscience. Lc 6, 18 : Et ceux qui étaient malmenés par des esprits impurs étaient guéris. Et elle dit : SE TROUVE MAL, du fait qu’elle aggrave son péché. 2 Ch 36 : J’ai péché Seigneur, j’ai péché et je reconnais ma faute ; ne me condamne pas avec toutes mes iniquités.

[15, 23]

1773. Ensuite, le fait que le Christ se taise est présenté : MAIS IL NE LUI RÉPONDIT PAS UN MOT. Mais cela semble étonnant que la source de la compassion se soit tue. On en donne une triple raison. Première [raison] : afin qu’il ne semble pas aller contre ce qu’il avait dit plus haut : N’allez pas du côté des païens [10, 5]. C’est pourquoi il n’a pas voulu écouter immédiatement. Toutefois, comme elle insistait beaucoup, il acquiesça à ce qu’elle demandait. Il faut donc comprendre qu’elle est exaucée en raison de son insistance, ce qui va au-delà de la loi. En effet, selon la loi, seuls les Juifs devaient être sauvés ; mais celle-ci, par son insistance, obtint ce qui allait au-delà de la loi. Deuxième raison : afin qu’augmente la dévotion. Ha 1, 2 : Jusqu’à quand appellerai-je au secours sans que tu écoutes, crierai-je vers toi : « À la violence ! », sans que tu me sauves ? Pourquoi me fais-tu voir l’iniquité et la souffrance, me fais-tu voir la rapine et l’injustice qui sévissent contre moi ? Troisième raison : afin de donner aux disciples l’occasion d’intercéder eux-mêmes pour elle, car, aussi bon que soit quelqu’un, il a besoin des prières des autres.

1774. L’intercession des apôtres suit immédiatement. Premièrement, leur demande est présentée ; deuxièmement, la réponse du Christ. [Matthieu] dit donc : SES DISCIPLES, S’APPROCHANT, LE PRIAIENT. Pourquoi se sont-ils approchés ? Une première raison est qu’ils ne savaient pourquoi [le Seigneur] tardait tant ; une deuxième, qu’ils furent poussés par la miséricorde ; aussi, ils ne pouvaient par supporter l’insistance de la femme. Lc 11, 8 : S’il continue à frapper, je vous dis que, s’il ne se lève pas pour répondre parce qu’il est son ami, il se lèvera à cause de son insistance, et il lui donnera tout ce qui lui est nécessaire. Les disciples ne disent pas : Guéris-la, mais : RENVOIE-LA, c’est-à-dire : Dis-lui : « Je ne ferai rien pour toi. » C’est là une manière de parler, car lorsque nous désirons une chose, nous disons son contraire. Mais il y a une objection, car, en Mc 7, 25, il est dit qu’elle entra dans la maison et y adressa sa demande. Que veut donc dire ce qui est dit ici : CAR ELLE CRIE APRÈS NOUS ? Augustin dit que, sans aucun doute, elle entra d’abord dans la maison et, là, dit : AIE PITIÉ DE MOI, puis que Jésus se retira. Mais elle le suivit.

[15, 24]

1775. Suit alors la réponse du Christ : MAIS LUI RÉPONDIT, etc. La femme semblait avoir montré suffisamment de piété, mais celle-ci paraissait naturelle. C’est pourquoi le Seigneur exigeait une profession de foi. Il la repoussa donc en disant : JE N’AI ÉTÉ ENVOYÉ QU’AUX BREBIS PERDUES DE LA MAISON D’ISRAËL. Il appartenait en propre aux Hébreux ; c’est pourquoi ceux-ci disaient : Nous, son peuple, et ses brebis [Ps 99[100], 3]. Et ces brebis étaient perdues parce qu’elles avaient été égarées par les diverses observances ; ainsi, plus haut, 9, 36 : Voyant les foules, il eut pitié d’elles, parce qu’elles étaient fatiguées et gisaient comme des brebis sans berger. Ps 118[119], 176 : J’ai erré comme une brebis égarée.

1776. Mais que veut-il dire lorsqu’il dit : JE N’AI ÉTÉ ENVOYÉ QU’AUX BREBIS PERDUES DE LA MAISON D’ISRAËL ? Ne lit-on pas en Is 49, 6 : Je t’ai donné comme lumière aux nations, afin que tu sois mon salut jusqu’aux confins de la terre ? Il n’a donc pas été envoyé aux seuls Juifs, mais aussi aux païens. Il faut dire qu’il a été envoyé à tous, afin de tous les rassembler, mais il a été envoyé d’abord aux Juifs, afin de faire passer les Juifs chez les Gentils. Rm 15, 8 : Je dis que le Christ a été le ministre des circoncis en raison de la fidélité de Dieu, afin de confirmer les promesses faites aux pères.

[15, 25]

1777. MAIS LA FEMME S’APPROCHA ET SE PROSTERNA DEVANT LUI ; elle s’élança donc [vers lui]. Premièrement, [sa profession] est présentée ; deuxièmement, la réponse [du Christ].

1778. La profession [de la femme] est présentée, car elle reconnut Dieu : elle l’adora donc. En effet, bien qu’elle eût essuyé un refus de la part des apôtres, elle s’élança néanmoins et se prosterna. Par cela, elle reconnut Dieu. Dt 8, 19 : Tu adoreras ton Dieu et ne serviras que lui. Ps 65[66], 4 : Que toute la terre t’adore, Dieu, etc. » SEIGNEUR, VIENS À MON SECOURS ! » Elle ne dit pas : « Prie pour moi », mais : « Toi, VIENS À MON SECOURS, car tu le peux. » Ps 120[121], 2 : Mon secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre, etc.

[15, 26]

1779. IL LUI RÉPONDIT : « IL NE CONVIENT PAS DE PRENDRE LE PAIN DES ENFANTS ET DE LE DONNER AUX CHIENS. » Cela est ajouté afin de mettre l’humilité [de la femme] à l’épreuve, car sa foi était déjà manifeste et montrait l’excellence des Juifs par rapport aux païens. En effet, [son] humilité est mise à l’épreuve lorsqu’elle supporte que des reproches soient adressés à son peuple. C’est pourquoi [le Christ] dit : « IL NE CONVIENT PAS, etc. » Les Juifs étaient appelés fils : J’ai nourri et élevé des fils, mais ils m’ont bafoué, car ils avaient été instruits des commandements de Dieu, Jn 10, 34. Le pain est l’enseignement. Si 15, 3 : Il les a nourris du pain de la vie et de l’intelligence. Les miracles du Seigneur ou les enseignements de la loi peuvent être appelés un pain. Ce pain est donc dû aux fidèles, à savoir, les Juifs. « IL NE CONVIENT PAS DE PRENDRE LE PAIN DES ENFANTS, c’est-à-dire, des Juifs, qui jusqu’alors étaient les enfants, ET DE LE DONNER AUX CHIENS », c’est-à-dire, aux Gentils, car, de même que le chien est un animal impur, de même le sont les Gentils. Ainsi, [il est dit] plus haut, 7, 6 : Ne jetez pas aux chiens ce qui est saint. Ils ne l’ont donc pas encore totalement rejeté, mais, comme le dit Jérôme, il est approprié que les Juifs soient appelés des chiens, conformément à ce qu’on lit en Ps 21[22], 17 : De nombreux chiens m’ont encerclé. Et Ep 4, 28 : Mais nous, nous sommes des fils.

[15, 27]

1780. MAIS CELLE-CI LUI DIT : « OUI, SEIGNEUR ! » Ici sont abordées l’humilité et la sagesse admirables de la femme. [Jésus] avait semblé faire un affront à son peuple, mais c’est avec humilité qu’elle accepte l’affront. Elle dit donc : « OUI, SEIGNEUR ! » De même, elle manifeste une plus grande humilité, car le Seigneur lui-même avait dit : CHIENS, mais elle dit : PETITS CHIENS. Elle dit ainsi : « MAIS MÊME LES PETITS CHIENS MANGENT LES MIETTES. » De même, le Seigneur avait appelé les Juifs des enfants, mais elle les appelle des MAÎTRES. C’est pourquoi elle dit : [LES MIETTES] QUI TOMBENT DE LA TABLE DES MAÎTRES. Et elle sut ainsi humblement forcer le Seigneur, comme si elle disait : « Seigneur, je ne demande pas que tu me donnes autant de bienfaits qu’aux Juifs, mais donne-moi des miettes. ». Si 35, 21 : La prière de l’humble pénètre les cieux ; et Ps 101[102], 18 : Il a regardé la prière des humbles.

[15, 28]

1781. Ainsi donc, le Seigneur l’exauça : ALORS, JÉSUS LUI RÉPONDIT, etc. Et il fait trois choses : premièrement, l’éloge [de la femme] est présenté ; deuxièmement, son exaucement ; troisièmement, l’effet.

Comme elle s’humilie, il dit : GRANDE EST TA FOI. GRANDE, parce qu’elle a cru de grandes choses. Aussi, en raison de sa rectitude. Jc 1, 6 : Qu’il demande avec foi sans hésiter. GRANDE aussi en raison de la ferveur. Ainsi : Si vous aviez ne serait-ce qu’un grain de sénevé de foi, vous diriez à cette montagne : « Va là ! », et elle y irait [Mt 17, 19] Vient donc ensuite l’exaucement : « QU’IL T’ADVIENNE SELON CE QUE TU DÉSIRES ! » Ps 144[145], 19 : Il fera comme le veulent ceux qui le craignent. Vient ensuite l’effet : ET, À PARTIR DE CE MOMENT, SA FILLE FUT GUÉRIE. Ainsi, comme il avait dit au commencement, Gn 1, 3 : Que la lumière soit, et elle fut, il est dit ici : « QU’IL T’ADVIENNE… » Cette parole était le Verbe éternel. Si 8, 4 : Sa parole est remplie de puissance.

 

Leçon 3 – Mt 15, 29‑38

[15, 29]

1782. Plus haut, l’enseignement évangélique a été confirmé par la libération des Gentils du pouvoir des démons par la puissance du Christ. Maintenant, il le confirme par la libération des maladies spirituelles par le fait qu’il en guérit un grand nombre. Et [Matthieu] fait trois choses : premièrement, le lieu est présenté ; deuxièmement, [les malades] sont présentés ; troisièmement, la libération. Le second point [se trouve] en cet endroit : ET DES FOULES NOMBREUSES S’APPROCHÈRENT DE LUI [15, 30] ; le troisième, en cet endroit : ET IL LES GUÉRIT [15, 30].

1783. Premièrement, le lieu est décrit en termes généraux : ÉTANT PARTI DE LÀ, à savoir, du pays des Gentils, JÉSUS VINT AU BORD DE LA MER, qui se trouvait en Judée, et qui parfois était appelé [la mer de] Génésareth, parfois la mer de Galilée. Le fait que [Jésus] revienne vers les Juifs signifie que les restes d’Israël seront sauvés. Rm 11, 5 : Ainsi donc, en ce temps-là, les restes issus de l’élection de la grâce de Dieu ont été sauvés. Ensuite, le lieu est décrit d’une manière particulière, lorsque [Matthieu] dit : IL GRAVIT LA MONTAGNE ET S’ASSIT. Par la montagne, est signifiée l’élévation du Verbe. Ps 35[36], 7 : Ta justice est comme les montagnes de Dieu. Mais Jésus ne se tenait pas debout ; il était assis, car, s’il n’était pas descendu, nous ne l’aurions pas connu, selon ce qui est dit en Ps 143[144], 5 : Seigneur, incline tes cieux et descends. Aussi, par la montagne, [est signifiée] l’élévation de la gloire, comme on le lit en Gn 19, 17 : Qu’il te sauve sur la montagne, etc., pour indiquer que là se trouve le véritable repos, et non pas ici. He 13, 14 : Nous n’avons pas ici une demeure permanente, mais nous recherchons la demeure à venir, c’est-à-dire que nous attendons [la demeure] à venir.

[15, 30]

1784. Vient ensuite la présentation [des malades] : ET DES FOULES NOMBREUSES S’APPROCHÈRENT DE LUI. Premièrement, l’ampleur des foules est présentée ; deuxièmement, la présentation des malades ; troisièmement, la façon d’agir.

1785. À propos du premier point, [il est dit] : ET DES FOULES NOMBREUSES S’APPROCHÈRENT DE LUI. Ps 85[86], 9 : Toutes les nations que tu as faites viendront vers toi pour t’adorer, Seigneur. Et elles ne vinrent pas les mains vides, car ELLES AVAIENT AVEC ELLES DES MUETS, DES AVEUGLES, DES BOITEUX, etc. Et par cela est signifié que ceux qui se convertissent au Seigneur doivent en offrir d’autres au Seigneur. C’est ce que [Matthieu] dit : ELLES AVAIENT AVEC ELLES DES MUETS, DES AVEUGLES, DES BOITEUX ET DES INFIRMES. « INFIRME » veut dire en latin « qui manque de puissance », mais, en grec, « qui a une main faible » : en effet, de même qu’on appelle « boiteux » celui qui a un pied estropié, de même [appelle-t-on] « infirme » celui qui a une main inerte. Par ceux-là sont signifiés les divers genres de maladies spirituelles. Par les muets sont signifiés ceux qui ne peuvent louer Dieu, dont [il est dit] en Is 56, 10 : Des chiens muets qui ne peuvent aboyer. Sont appelés boiteux ceux qui ne marchent jamais fermement vers le bien, mais se tournent tout de suite vers le mal. 3 R [1 R] 18, 21 : Pourquoi boitez-vous des deux côtés ? Si le Seigneur est Dieu, suivez-le. Par les aveugles sont signifiés les infidèles, qui sont privés de la lumière de la foi. Is 59, 9 : Nous avons tâté les ténèbres. Par les infirmes qui ont une main inerte sont désignés ceux qui ont le cœur faible. Ps 21, 16 : Ma puissance s’est desséchée comme la terre cuite. ET DE NOMBREUX AUTRES. Par cela, [les foules] montraient une grande foi, car [elles apportaient] non seulement les leurs, mais aussi les autres.

1786. De même, elles montrent leur dévotion par leur façon d’agir. En effet, elles avaient parfois demandé que [Jésus] impose la main, comme plus haut, [Mt] 9, et parfois de toucher la frange [de son vêtement], comme plus haut, [Mt] 9 et 14. Mais maintenant, il suffisait de les déposer à ses pieds. Et par cela, il nous est donné à comprendre, au sens mystique, que nous ne devons pas nous soumettre les pécheurs que nous convertissons, conformément à ce qu’on lit en 1 Co 4, 1 : Que l’homme nous considère comme les ministres du Christ et les dispensateurs des mystères de Dieu.

1787.Vient ensuite la guérison. Premièrement, la guérison est présentée ; deuxièmement, l’admiration ; troisièmement, l’effet.

[Matthieu] dit donc : ET IL LES GUÉRIT. Ps 106[107], 20 : Il envoya sa parole et il les guérit, et il les arracha à la mort. Et ailleurs, Ps 102[103], 3 : Lui qui pardonne toutes nos fautes, qui guérit toutes nos infirmités.

[15, 31]

1788. Puis vient l’admiration : ET LES FOULES S’ÉMERVEILLAIENT EN VOYANT CES MUETS, etc. Ici est présenté l’effet. Cela avait été annoncé par Is 35, 5 : Alors s’ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds se déboucheront ; et en Ps 138[139], 3 : Que tes œuvres sont admirables ! Mais une question se pose : pourquoi n’est-il pas fait mention des infirmes ? Parce qu’il n’y avait pas d’acte contraire auquel il aurait pu répondre. Mais voyez comment certains, en voyant les miracles, blasphémaient, comme on le lit plus haut, [Mt] 14, alors que ceux-ci s’unissent pour louer ! Ainsi, ILS BÉNISSAIENT LE DIEU D’ISRAËL.

[15, 32]

1789. JÉSUS, CEPENDANT, APPELA SES DISCIPLES, etc. Ici est montré par l’alimentation des bons à quel point l’enseignement du Christ est louable. Premièrement, le motif est indiqué ; deuxièmement, la matière ; troisièmement, la distribution ; quatrièmement, l’alimentation. Le second point [se trouve] en cet endroit : LES DISCIPLES LUI DISENT, etc. [15, 31] ; le troisième, en cet endroit : ET IL ORDONNA À LA FOULE DE S’ÉTENDRE À TERRE [15, 35] ; le quatrième, en cet endroit : TOUS MANGÈRENT ET FURENT RASSASIÉS [15, 37].

1790. Il faut remarquer que le motif en question est présenté après ce qui vient d’être dit, car les malades ne peuvent être nourris, puisque leur âme éprouve de la répulsion pour toute nourriture, Ps 106[107], 18. Il faut donc qu’avant d’être nourris, ils soient guéris. Il en est de même pour les réalités spirituelles. Augustin [écrit] : « Pour le palais malade le pain est une souffrance, alors qu’il est délectable pour celui qui est en santé, etc. » C’est pourquoi le Seigneur nourrit après avoir guéri. Et il faut remarquer que, d’abord, il appelle les disciples pour les rendre attentifs, afin qu’ils se souviennent du miracle. De même, [il appelle les disciples] afin de nous donner en exemple comment, si grand que soit un homme, il doit se comporter envers les inférieurs. Si 3, 20 : Humilie-toi d’autant que tu es plus grand.

1791. Ainsi, JÉSUS APPELA LES DISCIPLES ET LEUR DIT : « J’AI PITIÉ DE LA FOULE, etc. » Tel fut le motif : il montre ainsi comment l’humanité convient à la divinité. La miséricorde est une passion, car le miséricordieux est celui qui a un cœur compatissant et considère la misère d’un autre comme la sienne. Mais la miséricorde convient au plus haut point à Dieu. Ps 102[103], 8 : Le Seigneur est compatissant et miséricordieux, longanime et plein de miséricorde. Et [la misère] qu’il considère comme la sienne, il doit l’écarter comme la sienne. Ainsi, pour autant qu’il écarte la misère, le Seigneur est appelé miséricordieux.

1792. Mais un triple motif de miséricorde est proposé. Premièrement, [le Seigneur] présente la persévérance ; deuxièmement, le dénuement ; troisièmement, le danger imminent.

1793. Premièrement, la persévérance est présentée lorsqu’il est dit : CAR VOILÀ DÉJÀ TROIS JOURS QU’ILS RESTENT AUPRÈS DE MOI. Par cela vous pouvez apprendre que ceux qui restent avec le Christ sont nourris de son pain, car celui qui persévérera jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé [Mt 10, 22]. Par les trois jours, vous pouvez entendre la confession de la Sainte Trinité. Ainsi, plus loin, 28, 19 : Allez par tout le monde et baptisez au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ou [vous pouvez entendre] le triple acte du cœur, de la bouche et de l’action. De même, [vous pouvez entendre] les trois époques du temps : l’époque de la loi de la nature, celle de la loi mosaïque et celle de la loi de la grâce et de la gloire finale. Ps 16[17], 15 : Je serai rassasié lorsque paraîtra ta gloire. Ou bien, par les trois jours, [vous pouvez entendre] les trois jours de la mort du Christ. Ainsi, ceux-là sont restés trois jours avec le Seigneur, qui se sont conformés à sa mort. Os 6, 3 : Il nous ranimera après trois jours, et le troisième il nous ressuscitera. Ainsi, nous attendons la justification par la mort du Christ. Ga 6, 17 : Portant toujours dans notre chair la mise à mort de Jésus.

1794. Deuxièmement, le dénuement est abordé. [Le Seigneur] dit ainsi : ILS N’ONT PAS DE QUOI MANGER. Mais pourquoi a-t-il attendu trois jours ? Afin qu’ils ne puissent être calomniés du fait qu’ils auraient été alimentés par la nourriture qu’ils avaient apportée avec eux. Au sens mystique, il a pitié de ceux qui reconnaissent leur misère. Ap 3, 17 : Il ne sait pas que tu es dépourvu et misérable, pauvre, aveugle et nu, etc.

1795. Troisièmement, le danger [est présenté] : JE NE VEUX PAS LES RENVOYER À JEUN DE CRAINTE QU’ILS NE DÉFAILLENT EN ROUTE. Défaillent en route ceux qui ne sont pas nourris de la parole de Dieu. Dt 8, 3 : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui vient de Dieu. Si 15, 3 : Il les a nourris du pain de la vie et de l’intelligence.

[15, 33]

1796. LES DISCIPLES LUI DISENT, etc. Ici est présentée la matière : premièrement, comment il donne ; deuxièmement, quelle était la matière disponible.

1797. [Matthieu] dit donc : [LES DISCIPLES] LUI DISENT : « OÙ TROUVERONS-NOUS, DANS UN DÉSERT, ASSEZ DE PAIN ? » Ici, la lenteur et l’oubli des disciples sont blâmés, car, auparavant, le Seigneur avait rassasié cinq mille personnes avec cinq pains. Ils sont donc blâmés pour leur lenteur et leur oubli. Au sens mystique sont signifiées par cela la grâce et la miséricorde de Dieu, lui qui révèle ses mystères à ceux qui en sont indignes et administre par eux les sacrements. Jr 1, 6 : Je ne sais pas parler, Seigneur, car je suis un enfant. Et le Seigneur lui répond : Ne dis pas : « Je suis un enfant. » Ex 4, 10 : J’ai la langue malhabile et pesante, etc. Is 3, 7 : Je ne suis pas un mendiant et il n’y a pas de pain dans ma maison : ne faites pas de moi un prince du peuple.

[15, 34]

1798. Ensuite est présentée la quantité de matière disponible. Ainsi JÉSUS DIT : « COMBIEN DE PAINS AVEZ-VOUS ? » Et il ne pose pas la question parce qu’il l’ignore, mais afin qu’un miracle soit montré. Ainsi, plus haut [14, 18], lors d’un autre miracle, il avait fait en sorte que soit signalé le petit nombre de poissons. Et il est dit qu’ils n’avaient que cinq pains et deux poissons, par lesquels est signifié l’enseignement de la loi. Et ces pains étaient faits d’orge. Ici, il y en a sept, et on ne dit pas qu’ils sont faits d’orge. Par là est signifiée la loi nouvelle façonnée par la grâce septiforme de Dieu. De même, dans le miracle antérieur, il n’y avait que deux poissons ; ici, il a plusieurs petits poissons. Le Seigneur vous a choisis comme des pauvres aux yeux du monde, mais riches de foi [Jc 2, 5] ; et Ps 8, 9 : Les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, qui suivent les sentiers de la mer, c’est-à-dire, de ce monde.

[15, 35]

1799. ALORS, IL ORDONNA À LA FOULE DE S’ÉTENDRE À TERRE. Ici est présentée la disposition. Premièrement, la disposition est présentée ; deuxièmement, il prend la matière ; troisièmement, il rend grâce, la rompt et la distribue.

1800. [Matthieu] dit donc : ALORS, IL ORDONNA. Dans l’autre repas, on lit qu’il les fit s’étendre sur l’herbe. Par l’herbe, on entend les réalités temporelles ; ainsi, en Is 40, 6 : Toute chair est comme l’herbe, et toute gloire comme la fleur des champs. Ainsi, dans la loi ancienne, les réalités temporelles étaient le fondement ; dans [la loi] nouvelle, [le fondement ne repose que sur] la solidité de la gloire. Qo 1, 4 : La terre est établie pour l’éternité. Ou bien, par l’herbe, il est indiqué que nous devons nous asseoir sur les réalités temporelles. De sorte que leur possession n’est pas interdite, mais l’amour ou l’affection [à leur endroit]. 1 Jn 2, 15 : N’aimez pas ce qui est dans le monde.

[15, 36]

1801. PUIS IL PRIT LES SEPT PAINS. Par cela est signifié que tout ce qui a été administré de spirituel aux autres s’est d’abord trouvé dans le Christ. Ainsi, Ac 1, 1 : Jésus se mit à agir et à enseigner. Toutes les réalités spirituelles étaient en lui. C’est pourquoi [il est dit] en Jn 3, 34 : Dieu ne lui a pas mesuré l’Esprit. EN RENDANT GRÂCE, IL LES ROMPIT ET LES DONNA AUX DISCIPLES. Il nous a ainsi donné un exemple afin que nous rendions grâce. 1 Th 5, 18 : Rendant grâce en toute chose. Ensuite, tout n’est pas donné à tous, comme on le lit en 1 Co 14, et aussi en 1 Co 12, 4 : Il y a diversité des dons spirituels. Ensuite vient la distribution ordonnée : IL LES DONNA À SES DISCIPLES, ET LES DISCIPLES LES DONNÈRENT À LA FOULE. D’abord, [il les donna] aux disciples, qui étaient des médiateurs. Dt 5, 5 : J’ai été en ce temps-là celui qui servait d’intermédiaire et de médiateur entre Dieu et vous afin de vous annoncer ce qu’il disait, etc. Et 1 Co 4, 5 : Que l’on nous considère comme des ministres du Christ et les dispensateurs des mystères de Dieu.

[15, 37]

1802. Ensuite, [Matthieu] présente la plénitude du repas du fait de l’abondance des restes et de ceux qui ont mangé. ET TOUS MANGÈRENT. Quelqu’un pourrait dire que beaucoup peuvent partager le même pain en en prenant chacun un peu. Mais il n’en est pas ainsi ; bien au contraire, ILS FURENT RASSASIÉS. Ils mangèrent donc à satiété. Ps 77, 29 : Ils ont mangé et tous furent rassasiés. Il y eut aussi beaucoup de restes, puisqu’ils portèrent sept corbeilles. Mais pourquoi, puisqu’il avait un petit nombre de pains, en resta-t-il beaucoup de restes, après qu’il eut rassasié cinq mille personnes avec cinq pains ? On peut dire que sept corbeilles sont la même chose que sept paniers ou davantage. Chrysostome dit que [le Seigneur] a accompli divers miracles et de manière diverse afin que les disciples s’en souviennent davantage. Dans le premier miracle [de la multiplication des pains], il y eut autant de restes que d’apôtres. Ici, [il y eut autant de restes] que de pains, par quoi est signifié que les hommes spirituels doivent être alimentés par la grâce septiforme de Dieu. 1 Co 2, 14 : L’homme en tant qu’animal ne perçoit pas ce qui vient de Dieu.

[15, 38]

1803. Vient ensuite le nombre de ceux qui ont mangé : OR, CEUX QUI MANGÈRENT ÉTAIENT QUATRE MILLE HOMMES. Plus haut, ils étaient cinq mille, parce qu’ils s’adonnaient aux cinq sens, ou en raison des cinq livres de Moïse. Mais ici, ils sont quatre [mille] en raison des quatre vertus cardinales ou des quatre évangélistes. SANS COMPTER LES FEMMES ET LES ENFANTS. Mais pourquoi fait-on exception de ceux-ci ? Parce que les imparfaits et les faibles sont exclus du véritable enseignement. Ep 4, 13 : Jusqu’à ce que tous atteignent l’état d’homme accompli, etc.

 

 

CHAPITRE XVI

 

Leçon 1  [Matthieu 15, 39‑16, 12] 15, 39 Après avoir renvoyé les foules, Jésus monta dans une barque et s’en vint dans le territoire de Magadan. 16, 1 Les Pharisiens et les Sadducéens s’approchèrent alors pour le mettre à l’épreuve et lui demandèrent de leur faire voir un signe venant du ciel. 16, 2 Il leur répondit : « Au crépuscule vous dites : “Il va faire beau : le ciel est rouge vif” ; 16, 3 et à l’aurore : “Mauvais temps aujourd’hui, car le ciel est d’un rouge sombre.” Ainsi pour le visage du ciel vous savez l’interpréter, mais pour les signes des temps vous n’en êtes pas capables ! 16, 4 Génération mauvaise et adultère ! Elle réclame un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas. » Et les laissant, il s’en alla.

16, 5 Alors que les disciples passaient sur l’autre rive, ils avaient oublié de prendre des pains. 16, 6 Or Jésus leur dit : « Ouvrez l’œil et méfiez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéens ! » 16, 7 Et eux de faire en eux-mêmes cette réflexion : « C’est que nous n’avons pas pris de pains. » 16, 8 Le sachant, Jésus dit : « Gens de peu de foi, pourquoi faire en vous-mêmes cette réflexion, que vous n’avez pas de pains ? 16, 9 Vous ne comprenez pas encore ? Ne vous rappelez-vous pas les cinq pains pour les cinq mille hommes, et le nombre de paniers que vous en avez recueillis ? 16, 10 Ni les sept pains pour les quatre mille hommes, et le nombre de corbeilles que vous en avez retirées ? 16, 11 Comment ne comprenez-vous pas que ma parole ne visait pas des pains ? Méfiez-vous, dis-je, du levain des Pharisiens et des Sadducéens ! » 16, 12 Alors ils comprirent qu’il avait dit de se méfier, non du levain dont on fait le pain, mais de l’enseignement des Pharisiens et des Sadducéens.

Leçon 2 [Matthieu 16, 13‑19] 16, 13 Jésus se rendit dans la région de Césarée de Philippe, et il posa à ses disciples cette question : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » 16, 14 Ils dirent : « Pour les uns, Jean Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou quelqu’un des prophètes » 16, 15 Mais Jésus leur dit : « Mais vous, qui dites-vous que je suis ? » 16, 16 Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » 16, 17 Jésus lui répondit : « Heureux es-tu, Simon fils de Jonas, car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. 16, 18 Et moi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne l’emporteront pas sur elle. 16, 19 Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : quoi que tu lies sur la terre, ce sera aussi lié dans les cieux, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera délié dans les cieux. »

Leçon 3 [Matthieu 16, 20‑28] 16, 20 Alors il ordonna aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ. 16, 1 À partir de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des scribes et des princes des prêtres, être tué et ressusciter le troisième jour. 16, 22 Pierre, le prenant à part, se mit à le morigéner en disant : « Dieu t’en préserve, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas ! » 16, 23 Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu m’es un scandale, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! »

16, 24 Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il me suive. 16, 25 En effet, qui voudra sauver son âme la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera. 16, 26 Car que sert à l’homme de gagner le monde entier, s’il encourt la ruine de son âme ? Et que pourra donner l’homme en échange de son âme ? 16, 27 En effet, le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon ses œuvres. 16, 28 En vérité, je vous le dis : il en est d’ici présents qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venant avec son Royaume. »

 

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