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CHAPITRE III — RECOMPENSE ET CHÂTIMENT
Leçon 1 : 1 Corinthiens III, 1-8 — Le jugement de la chair
SOMMAIRE : L’Apôtre attaque les jugements que les Corinthiens portaient sur les ministres de Jésus-Christ, jugements qui sont de venus la source de leurs divisions. Il qualifie les Corinthiens de charnels et d’imparfaits.

1. Ainsi, mes frères, je n’ai pu vous parler comme à des hommes spi rituels, mais comme à des personnes charnelles, comme à des petits enfants dans le Christ.

2. Je ne vous ai nourris, que de lait et non de viandes solides, parce que vous n’en étiez pas alors capables; et à présent même vous ne l’êtes pas encore, parce que vous êtes encore charnels;

3. Car, puisqu’il y a parmi vous des jalousies et des disputes, n’est-il pas visible que vous êtes charnels et que vous vous conduisez selon l’homme?

4. En effet, puisque l’un dit : je suis à Paul, et l’autre : je suis d'Apollon, n’êtes-vous pas encore charnels? Qu’est donc Paul et qu’est Apollon?

5. Ce sont des ministres de Celui en qui vous avez cru, et chacun selon le don qu’il a reçu du Seigneur.

6. C’est moi qui ai planté, c’est Apollon qui a arrosé; mais c’est Dieu qui a donné l’accroissement.

7. Ainsi celui qui plante n’est rien, ni celui qui arrose; mais tout vient de Dieu, qui donne l’accroissement.

8. Et celui qui plante et celui qui arrose ne sont qu’une même chose.

Saint Paul, après avoir montré les contestations et les divisions des Corinthiens qui se disputaient entre eux à propos des ministres de Jésus-Christ qui les avaient baptisés et instruits, commence ici à improuver les jugements qu’ils portaient sur ces ministres, jugements qui étaient devenus parmi eux la source de leurs disputes. Sur ce sujet, il fait deux choses : pour commencer, il condamne leurs jugements, d’abord en ce qu’ils attribuaient plus qu’ils ne devaient à certains ministres dont ils se glorifiaient ; ensuite en ce qu’ils méprisaient les autres ministres de Jésus-Christ (IV, 1), à ces mots : Que les hommes nous regardent. Sur le premier de ces points, saint Paul montre d’abord le préjudice que les Corinthiens subissent par suite des contestations qui naissent de ces faux jugements ; il condamne ensuite ces faux jugements eux-mêmes, à ces mots (verset 4) : Qu’est-ce donc qu’Apollos ?

I° Sur le préjudice qui résulte de ces disputes, I. il expose celui qu’ils ont déjà éprouvé par leur faute ; II. il montre qu’ils l’éprouvent encore, à ces mots (verset 2) : à présent même vous ne pouvez encore.

I. Il expose d’abord le préjudice qu’ils ont subi par leur faute, 1° Il avait dit plus haut que les apôtres donnaient à ceux qui étaient spirituels des enseignements spirituels que les hommes charnels ne pouvaient comprendre ; il applique ces paroles aux Corinthiens, en disant (verset 1) : Et moi, mes frères, c’est-à-dire moi qui, parmi les autres apôtres, prêche des choses spirituelles à ceux qui sont spirituels, je n’ai pu, à savoir convenablement, vous parler comme à des personnes spirituelles, c’est-à-dire vous donner des enseignements spirituels ; c’est comme à des personnes encore charnelles que je vous ai parlé. Il appelle ainsi du nom de charnels ceux dont tout à l’heure il disait : « l’homme animal » et à qui il ne faut donner que ce qui est proportionné à leur faiblesse ; (Isaïe, XXVIII, 9) : "A qui le Seigneur enseignera t-il sa loi ? et à qui donnera t-il l’intelligence de sa parole ? A ceux qui sont déjà sevrés, à ceux qui ont quitté déjà le sein de leurs mères," c’est-à-dire à ceux dont la vie et les sens ne sont plus selon la chair. 2° Ensuite il emploie une similitude, en disant (verset 1) : comme à des petits enfants en Jésus-Christ, c’est-à-dire peu avancés encore dans la doctrine parfaite de la foi qu’on doit aux spirituels ; (Hébr., V, 13) : "Quiconque en est encore au lait est incapable d’entendre la doctrine de la justice, car il est encore enfant ; or la nourriture solide n’est que pour les parfaits."

3° Enfin il donne la raison de sa position, pour qu’on ne croie point que c’est par jalousie qu’il leur a soustrait la doctrine spirituelle, contrairement à ce qu’on lit au livre de la Sagesse (VII, 13) : "J’ai appris la sagesse sans déguisement, et je la communique sans envie." Il ajoute donc (verset 2) : à présent même vous ne le pouvez pas encore", comme s’il disait : je ne vous ai point privé de nourriture par un sentiment de jalousie qui me serait personnel, mais à cause de votre incapacité, parce que ces enseignements spirituels (verset 2) : vous ne pouvez bien les recevoir encore, selon cette parole de saint Jean (XVI, 12) : "J‘ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez les porter présentement."

II. En disant (verset 2) : "même à présent vous ne le pouvez pas encore," saint Paul montre que le même préjudice dure encore.

1° Il fait sentir l’état d’incapacité auquel ils étaient encore réduits, en disant (verset 2) : A présent même vous ne pouvez pas ; comme s’il disait : que dans les commencements vous n’ayez pu porter une doctrine parfaite, il n’y a rien d’étonnant, car c’était la suite de votre entrée toute récente dans la foi ; (I Pierre, II, 2) : "Comme des enfants nouvellement nés, désirez ardemment le lait." Mais ce qui paraît répréhensible, c’est qu’après un temps si long, pendant lequel vous avez dû faire des progrès, vous ayez conservé la même incapacité ; (Hébreux V, 12) : "Vous qui devriez être maîtres depuis le temps qu’on vous parle, vous avez encore besoin qu’on vous apprenne les premiers éléments de la parole de Dieu."

2° Il donne la raison de cette incapacité, en disant (verset 2) : parce que vous êtes encore charnels, à savoir par la vie et par les sens ; et par suite vous ne pouvez comprendre ce qui est de l’Esprit, tandis que vous n’avez de goût que pour ce qui est de la chair ; (Rom., VIII, 5) : "Ceux qui vivent selon la chair recherchent les choses de la chair."

3° Enfin il donne la raison de sa preuve induite, en disant (verset 3) : En effet, puisqu’il y a parmi vous des jalousies et des contestations, n’êtes-vous pas charnels encore, et ne vous conduisez-vous pas selon l’homme ?

A) Il faut remarquer que l’Apôtre réunit avec raison la jalousie et la contestation, parce que le faux zèle, c’est-à-dire la jalousie, est la source de la contestation ; car celui qui est envieux s’attriste du bien auquel son frère s’efforce de parvenir : de là la contestation ; (Jacques III, 16) : "Là où il y a jalousie et contestation, là aussi est le trouble et toute espèce de mal." De la même façon, la charité, au contraire, qui fait aimer le bien du prochain, est la source de la paix.

B) Il faut ensuite remarquer que la jalousie et la contestation ne se rencontrent que dans des hommes charnels, parce que ceux qui sont tels affectionnent eux-mêmes les biens du corps, que plusieurs ensemble ne peuvent posséder complètement et simultanément. Ainsi, quand l’un possède un bien corporel, un autre ne peut posséder complètement ce même bien : de là naît la jalousie, et par conséquent la contestation. Mais les biens spirituels, qui sont l’objet de l’affection des bons, peuvent être possédés en même temps par plusieurs, et par suite le bien de l’un n’est pas un obstacle à la possession de l’autre : pour cette raison, chez les bons l’on ne rencontre ni la jalousie ni la contestation. Aussi lit-on au livre de la Sagesse (VII, 13) : "Je communique la sagesse sans envie."

C) Il faut voir, en troisième lieu, pourquoi saint Paul dit que les hommes charnels se conduisent selon l’homme, quoique cependant l’homme soit composé d’esprit et de chair. C’est qu’il est conforme à la nature humaine que l’esprit reçoive la connaissance au moyen des sens corporels ; donc l’affection de la nature humaine se détermine par ce qui est selon la chair, à moins que l’esprit de l’homme ne soit élevé par l’Esprit de Dieu au-dessus de l’homme. De là cette parole (Ecclésiastique XXXIV, 6) : "Votre coeur est agité par des fantômes, comme celui de la femme qui enfante, à moins que le Très-Haut ne vous visite." Voici donc le sens de ce mot : selon l’homme, c’est-à-dire selon la nature humaine abandonnée à elle-même par l’Esprit de Dieu, comme il est dit (Psaume IV, 3) : "Enfants des hommes, jusques à quand aurez-vous le coeur appesanti ? pourquoi aimez-vous la vanité et cherchez-vous le mensonge ?"

4° Enfin saint Paul développe sa preuve induite en disant (verset 4) : Et puisque l’un dit, c’est-à-dire l’un d’entre vous dit : « je suis à Paul », parce que j’ai été baptisé et instruit par Paul ; et l’autre : « je suis à Apollos » (au génitif), ce qui fait voir qu’il y a parmi vous des jalousies et des contestations, n’est-il pas visible que vous vous conduisez selon l’homme, c’est-à-dire que vous êtes charnels et non spirituels, puisque vous avez sur les choses humaines des jalousies et des disputes ? Car l’homme est tel qu’est l’objet de ses affections ; et c’est par ces affections qu’il s’attache, suivant cette parole d’Osée (IX, 40) : "Ils sont devenus abominables, comme tout ce qu’ils ont aimé."

II° Lorsque saint Paul ajoute (verset 4) : "Qu’est-ce donc qu’Apollos ?" il improuve leurs jugements en tant qu’ils attribuaient aux ministres plus qu’ils n’auraient dû. Et d’abord il rétablit la vérité ; ensuite il repousse l’erreur, à ces mots (verset 18) : Que personne ne se séduise soi-même ; enfin il déduit la conclusion proposée, à ces autres (verset 24) : Que personne donc ne se glorifie dans les hommes. Or, premier point, il montre d’abord la condition des ministres ; ensuite il traite de leur récompense, à ces mots (verset 8) : Chacun recevra son salaire. A l’égard de la condition des ministres, I. il dit ce qu’elle est ; II. il emploie une comparaison, à ces mots (verset 6) : C’est moi qui ai planté ; c’est Apollos qui a arrosé ; III. il déduit sa conclusion, à ces autres (verset 17) : Or celui qui plante.

I. Sur la condition des ministres, il montre deux choses :

1° qu’ils ne sont pas maîtres, mais ministres, en disant : Vous vous glorifiez de Paul et d’Apollos ; (verset 4) : Mais qu’est-ce donc, je vous le demande, qu’Apollos, et qu’est-ce que Paul ? c’est-à-dire quelle est leur dignité, quelle est leur puissance pour que vous puissiez justement vous glorifier en eux ? Et il répond (verset 5) : Ils sont ses ministres, c’est-à-dire les ministres de Dieu ; comme s’il disait : ce qu’ils font dans le baptême, ce qu’ils font quand ils enseignent, ils ne le font pas principalement comme maîtres, mais comme les ministres de Dieu, suivant cette parole d’Isaïe (LXI, 6) : "Mais vous, vous serez appelés les ministres de Dieu." On pourrait regarder, il est vrai, comme quelque chose de grand d’être ministre de Dieu, et se glorifier devant les hommes d’exercer un tel ministère ; et cela ne manquerait pas de vérité si l’on n’avait accès à Dieu que par les hommes, comme il en est de ceux qu’on voit d’ordinaire se glorifier d’être les ministres d’un roi, sans lesquels on ne peut arriver jusqu’au roi. Mais ici il n’en va pas de la sorte, car les fidèles de Jésus-Christ ont accès auprès de Dieu par la foi, suivant cette parole (Rom., V, 2) : "Jésus-Christ qui nous a donné accès à Dieu par la foi et par la grâce, dans laquelle nous demeurons fermes, et nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire des enfants de Dieu." Aussi saint Paul ajoute expressément (verset 3) : en qui vous avez cru, comme s’il disait : par la foi vous êtes déjà unis à Dieu, et non aux hommes. C'est ainsi qu’on lit au chapitre précédent (verset 5) : afin que votre foi ne soit pas établie sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. Donc il faut d’abord vous glorifier de Dieu, et non des hommes. Or il peut arriver que ceux qui sont au service des hommes, des grands, ou de ceux qui exercent les arts, aient d’eux-mêmes d’abord quelque dignité ou vertu qui les rende aptes à ce service ; mais il n’en est pas ainsi à l’égard des ministres de Dieu : voilà pourquoi saint Paul, en second lieu, montre que toute la dignité et la puissance des ministres vient de Dieu, en disant (verset 5) : et chacun selon le don qu’il a reçu de Dieu, comme s’il disait : tout ministre, et chacun de nous, n’a, pour exercer le ministère, d’autre puissance que celle que Dieu lui a donnée. Ainsi donc nous n’avons pas de quoi nous glorifier en ce point ; (I1 Cor., III, 5) : "Toute notre capacité vient de Dieu, et c’est lui qui nous a rendus aptes à devenir les ministres de l’alliance nouvelle."

2° Lorsqu’il dit (verset 6) : C’est moi qui ai planté..., l’Apôtre compare les ministres de l’Evangile aux ouvriers des champs, et montre une double différence entre le travail des uns et le travail des autres.

A) La première différence entre le travail d’un ministre et le travail d’un autre, il l’indique (verset 6) : C’est moi qui ai planté, c’est-à-dire dans la prédication je me suis conduis à la manière de celui qui plante ; car c’est moi qui le premier vous ai prêché la foi ; (Isaïe, LI, 16) : "J’ai mis ma parole dans votre bouche, afin que vous établissiez (plantiez) les cieux" - mais Apollos a arrosé, c’est-à-dire a travaillé à la manière de celui qui arrose et qui verse aux plantes l’eau qui les nourrit et les fait croître. On lit, en effet, au ch. XVIII, 1 ss des Actes, que, Paul ayant converti un grand nombre de Corinthiens, Apollos survint, ce qui fut d’une grande utilité à ceux qui avaient reçu la foi, en montrant publiquement par les Ecritures que Jésus était le Christ ; (Ecclésiastique XXIV, 42) : "J’arroserai le jardin de mes plantations."

B) La seconde différence est dans le travail même des ministres de Dieu, travail tout extérieur, alors qu’ils plantent et qu’ils arrosent, tandis que l’opération de Dieu qui agit est intérieure ; ce qui fait dire à saint Paul (verset 6) : mais c’est Dieu qui a donné l’accroissement, à savoir par son opération intérieure ; (I1 Cor., IX, 10) : "Dieu fera croître de plus en plus les fruits de votre justice." C’est ainsi que, dans les choses corporelles, ceux qui plantent et ceux qui arrosent agissent extérieurement ; mais Dieu agit intérieurement par l’opération de la nature pour donner l’accroissement aux plantes.

3° En ajoutant (verset 7) : Or celui qui plante n’est rien, pas plus que celui qui arrose, saint Paul déduit de ces prémices deux conséquences, dont la première vient par comparaison des ministres à Dieu.

A) Du moment que Paul qui a planté et Apollos qui a arrosé ne sont que les ministres de Dieu, du moment qu’ils n’ont rien qui ne vienne de Dieu, et n’opèrent qu’extérieurement, tandis que Dieu agit intérieurement, Celui qui plante n’est donc rien, c’est-à-dire rien de principal ni de grand dont on puisse se glorifier, pas plus que celui qui arrose, mais c’est Dieu qui donne l’accroissement. Lui seul donc, par lui-même, est quelque chose de grand, de principal dont il faut se glorifier ; car l’action ne s’attribue point à l’instrument auquel correspond le ministre, mais à l’agent principal. C’est de là qu’on lit au prophète Isaïe (XI, 17) : "Tous les peuples sont devant ses yeux, comme s’ils n’étaient pas."

B) Saint Paul déduit en suite la seconde conséquence, qui se rapporte à la comparaison du travail des ministres entre eux (verset 8) : et celui qui plante et celui qui arrose, étant les ministres de Dieu, n’ayant rien qui ne vienne de lui, et ne travaillant qu’à l’extérieur, ne sont qu’un par la condition de leur nature et à raison de leur ministère ; on ne peut donc préférer l’un à l’autre, si ce n’est en raison du don de Dieu, et, considérés en eux-mêmes, ils ne sont qu’un. Et, comme c’est une conséquence que dans l'intention d’exercer leur ministère devant Dieu ils soient un par l’accord de la volonté, c’est donc une folie d’élever des discussions à l’égard de ceux qui ne sont qu’un ; (Psaume CXXXII, 1) : "Qu’il est bon, qu’il est doux que les frères habitent ensemble !" et (Rom., XII, 5) : "Quoique nous soyons plusieurs, nous ne sommes tous qu’un seul corps en Jésus-Christ."

Leçon 2 : 1 Corinthiens III, 8-15 — Le purgatoire du péché
SOMMAIRE : L’Apôtre affirme que les ministres, soit bons, soit mauvais, ont leur récompense toute préparée, comme étant les ministres de Dieu. Il montre, par une comparaison tirée de celui qui construit, la diversité de cette récompense.

8. …Mais chacun recevra sa récompense particulière selon son travail.

9. Car nous sommes les coopérateurs de Dieu; et vous, vous êtes le champ que Dieu cultive et l’édifice que Dieu bâtit.

10. Selon la grâce que Dieu m’a donnée, j’ai posé le fondement, comme fait un sage architecte; un autre bâtit dessus. Mais que chacun prenne garde comment il bâtit sur ce fondement;

11. Car personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui est posé, lequel est le Christ Jésus.

12. Que si l’on élève sur ce fondement un édifice d’or, d’argent, de pierres précieuses, de bois, de foin, de paille,

13. L’ouvrage de chacun paraîtra; et le jour du Seigneur fera voir quel il est, parce qu'il sera découvert par le feu, et que le feu mettra à l’épreuve l’ouvrage de chacun;

14. Que si l’ouvrage que quelqu’un a bâti sur le fond demeure, il en recevra la récompense;

15. Si l’ouvrage de quelqu’un est brûlé, il en souffrira la perte; il ne laissera pas néanmoins d’être sauvé, mais comme en passant par le feu.

L’Apôtre, ayant établi la condition des ministres, traite ici de leur récompense. Et d’abord il dit quelle est la récompense des bons ; il traite ensuite de la punition des mauvais, à ces mots (verset 16) : Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu ? etc. Aux bons ministres, I° il promet une récompense spéciale ; II° Il en assigne la raison, à ces mots (verset 9) : Car nous sommes les coopérateurs de Dieu ; III° il traite de la diversité des récompenses, à ces autres (verset 10) : selon la grâce de Dieu.

I° Il dit donc : Il a été établi que celui qui plante et celui qui arrose ne sont rien ; toutefois ce n’est pas inutilement que l’un plante et que l’autre arrose (verset 8) : Chacun recevra son salaire selon son travail.

I. En effet, bien que ce soit Dieu qui donne lui-même l’accroissement et que Lui seul opère intérieurement, cependant il donne leur salaire à ceux qui travaillent extérieurement, selon cette parole de Jérémie (XXXI, 16) : "Que votre voix cesse ses gémissements plaintifs, et que vos yeux cessent leurs larmes, car il est une récompense pour vos oeuvres." Et cette récompense, c’est Dieu Lui-même (Gen., XV, 1) : "Je suis votre protecteur et votre récompense infiniment grande". Les mercenaires qui travaillent pour cette récompense méritent des éloges ; (Luc, XV, 17) : "Combien de mercenaires, dans la maison de mon père, ont du pain en abondance !" mais si, dans l’oeuvre de Dieu, on travaille pour une autre récompense, on ne mérite plus d'être loué, selon cette parole de saint Jean (X, 12) : "Le mercenaire, à qui n’appartiennent pas les brebis, voit venir le loup, et s’enfuit." Or cette récompense est tout à la fois commune à tous et spéciale à chacun : elle est commune, car c’est le même objet que tous verront, dont tous jouiront, à savoir Dieu (Job, XXII, 26) : "Alors vous trouverez vos délices dans le Tout-Puissant, et vous tournerez vers Lui vos regards" ; et (Isaïe, XXVIII, 5) : "Le Dieu des armées sera en ce jour, pour son peuple, une couronne de gloire et une guirlande de joie." Voilà pourquoi, en saint Matthieu (XX, 9), à tous ceux qui travaillent dans la vigne on donne un denier. Toutefois la récompense sera spéciale à chacun, parce que, à raison de la mesure accordée à chacun, l’un jouira plus que l’autre de la claire vue et possédera la gloire avec plus de délices. C’est pourquoi le prophète Daniel (XII, 3) compare ceux qui sont doctes à la splendeur des cieux, et dit de ceux qui enseignent la justice à plusieurs qu’ils seront comme des étoiles. C’est encore ce qu’on lit en saint Jean (XIV, 2) : "Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père." Et saint Paul, pour cette même raison, dit ici (verset 8) : "Chacun recevra le salaire qui lui est dû."

II. Il montre ensuite sur quelle proportion sera mesurée la récompense spéciale, en disant (verset 8) : selon son travail. On lit la même chose au ps. CXXVII, 2 — "Parce que vous mangez les fruits de vos travaux, vous serez heureux et comblés de biens." Cependant, pour cette raison, on ne désigne pas l’égalité entre la quantité du travail et la récompense, parce que, comme dit l’Apôtre (I1 Cor., IV, 17), "La durée si courte et si légère des afflictions de cette vie produit en nous le poids éternel d’une souveraine et incomparable gloire" ; mais seulement l’égalité propor-tionnelle, c’est-à-dire que là où il y aura eu plus de travail, là il y aura aussi plus de récompense. Or une plus grande quantité de travail se conçoit sous trois rapports :

A) d’abord selon la forme qu’il reçoit de la charité, à laquelle correspond ce qu'il y a d’essentiel dans sa récompense, c’est-à-dire la jouissance et la vision divine. C’est pourquoi (Jean XIV, 21) : "Celui qui m’aime sera aimé de mon Père; je l’aimerai aussi, et je me manifesterai à lui." Celui qui travaille avec une plus grande charité recevra donc davantage de la récompense essentielle, quand bien même il aurait moins travaillé. B) Selon la nature des oeuvres. De même, en effet, que, dans les choses humaines, on récompense davantage celui dont le travail est d’un ordre plus élevé, l’architecte par exemple, relativement au manoeuvre, bien que corporellement le premier ait moins de peine que le second, ainsi, dans les choses divines, celui qui est occupé à une fonction plus excellente recevra un salaire plus grand, en raison de quelque prérogative de la récompense accidentelle, bien que peut-être son travail corporel soit moindre. C’est ainsi qu’une auréole est donnée aux Docteurs, aux Vierges et aux Martyrs.

C) Enfin selon la quantité du travail, ce qui arrive de deux manières ; car quelquefois un plus grand travail mérite une plus grande récompense, principalement quant à la rémission de la peine, par exemple pour un jeûne plus long, un pèlerinage à une plus grande distance, et même pour la joie que l’on goûte à raison d’un travail plus pénible. C’est pourquoi on lit (Sag., X, 17) : "Dieu a rendu aux justes, le prix de leurs travaux." Quelquefois aussi le travail est plus grand, à cause de la faiblesse de la volonté, car, dans ce que nous faisons par notre volonté propre, nous sentons moins le travail ; mais la grandeur du travail ainsi entendue n’augmente pas, elle diminue au contraire la récompense. De là cette parole (Isaïe, XL, 31) : "Ils prendront des ailes et s’élèveront comme l’aigle ; ils courront sans se lasser ; ils marcheront sans se fatiguer" ; et au verset précédent : "L’enfant se brise et succombe au travail."

II° Quand saint Paul dit (verset 9) : Car nous sommes les coopérateurs de Dieu, il donne la raison de ce qu’il vient de dire. Et d’abord il expose cette raison ; ensuite il emploie une comparaison, à ces mots (verset 9) : Vous êtes le champ que Dieu cultive.

I. Il dit donc : C’est avec justice que chacun de nous recevra son salaire, car nous sommes les coopérateurs de Dieu, à savoir par notre travail. On objecte ces paroles tirées de Job (XXVI, 2) : "Qui prétendez-vous aider ? celui qui est faible ?" et celles-ci d’Isaïe (XL, 13) : "Qui a aidé l’Esprit du Seigneur ?"

Il faut répondre que l’on peut aider quelqu’un de deux manières : d’abord en augmentant sa force ; dans ce sens, nul ne peut aider Dieu. Aussi, après les paroles précitées de Job, on lit : "Soutenez-vous le bras de celui qui n’est pas assez fort ?" Ensuite en secondant le travail d’un autre, comme quand on dit que le serviteur est le coopérateur du maître, en tant qu’il exécute son oeuvre ou concourt à l’exercice de son art. C’est dans ce dernier sens que les ministres de Dieu sont ses coopérateurs, suivant cette parole (I1 Cor., VI, 1) : "Etant donc les coopérateurs de Dieu, nous vous exhortons." De même donc que les serviteurs des hommes, en exécutant leurs oeuvres, reçoivent d’eux un salaire proportionné à leur travail, ainsi en est-il des ministres de Dieu.

II. En second lieu, l’Apôtre emploie une comparaison tirée d’un travail ordinaire, à savoir l’agriculture et la construction des maisons. Le peuple fidèle est vraiment un champ cultivé par Dieu, en tant que par l’opération divine il produit, pour être agréable au Seigneur, les fruits des bonnes oeuvres, selon cette parole (Rom., VII, 4) : "afin que vous soyez à un autre qui est ressuscité d’entre les morts, et que vous produisiez des fruits pour Dieu." On lit encore (Jean XV, 1) : "Mon Père est le vigneron." C’est ce que saint Paul a dit d’abord (verset 9) : Vous êtes le champ que Dieu cultive, c’est-à-dire vous êtes comme un champ cultivé par Dieu et portant des fruits par son action. Le peuple fidèle est comme une maison bâtie par Dieu, c’est-à-dire en tant que Dieu habite en eux, selon cette parole (Ephés., II, 22) : "Vous entrez dans la construction de cet édifice, en devenant la maison de Dieu." Voilà pourquoi saint Paul ajoute (verset 9) : Vous êtes la maison de Dieu, c’est-à-dire l’édifice construit par Lui, selon la parole du Psalmiste (CXXVI, 1) : "Si Dieu ne bâtit pas lui-même la maison, etc." Ainsi donc les ministres de l’Eglise sont les coopérateurs de Dieu, en tant qu’ils travaillent à la culture et à l’édifice du peuple fidèle.

III° Quand saint Paul dit (verset 10) : selon la grâce que Dieu m’a donnée, etc., il traite de la diversité de la récompense. Et comme comme la récompense est diverse, suivant la diversité du travail, ainsi qu’il a été dit, il traite d’abord de la diversité du travail, et ensuite de la diversité de la récompense, à ces mots (verset 12) : Si l’on élève sur ce fondement.

I. A l’égard de la première, 1° il établit cette diversité ; 2° il donne un avertissement, à ces mots (verset 10) : Que chacun prenne garde, etc.

1° Sur le premier de ces points, laissant de côté la comparaison avec la culture qu’il avait d’abord employée,

1. il décrit sous celle de la construction d’un édifice son propre travail, en disant : selon la grâce qui m’a été donnée par Dieu, j’ai posé le fondement comme un sage architecte. Il faut remarquer ici que l’ouvrier principal, surtout quand il s’agit d’un édifice, reçoit le nom d’architecte ; c’est à lui qu’il appartient de saisir dans son ensemble la disposition générale de l’ouvrage tout entier qu’auront à exécuter les manoeuvres. On l’appelle sage relativement à la construction, parce que celui qui est sage dans le sens absolu est celui qui connaît la cause suprême, c'est-à-dire Dieu, et dirige les autres vers Dieu. Celui-là donc doit être appelé sage en construction qui considère la cause principale de l’édifice, c’est-à-dire sa fin, et fixe aux ouvriers du second ordre ce qu’ils ont à faire pour l’atteindre. Or il est évident que toute la structure d’un édifice dépend du fondement ; aussi un architecte sage doit-il l’établir convenablement. Saint Paul a posé lui-même, pour les Corinthiens, le fondement de l’édifice spirituel (verset 7) : C’est moi qui ai planté. Car le fondement est à l’édifice ce qu’est à la plante sa plantation, et l’un et l’autre, dans le sens spirituel, marquent la première prédication de la foi. Aussi saint Paul dit-il lui-même aux Romains (XV, 20) : "J’ai prêché l’Evangile dans les lieux où le nom de Jésus-Christ n’était pas connu, pour ne pas bâtir sur le fondement d’autrui." C’est la raison pour laquelle il se compare à un sage architecte. Ce qu’il a fait, il ne l’attribue point à son mérite propre, mais à la grâce de Dieu ; voilà pourquoi il dit (verset 10) : selon la grâce que Dieu m'a donnée, car c’est Lui qui m’a donné l’aptitude et les dispositions pour ce ministère (ci-après, XV, 10) : J’ai travaillé plus que les autres, non pas moi néanmoins, mais la grâce de Dieu avec moi.

2. Il décrit le travail des autres, en disant (verset 10) : un autre, c’est-à-dire tous ceux qui travaillent parmi vous, bâtit dessus, à savoir dessus ce fondement posé par moi. On peut expliquer ce passage de deux manières : d’abord en ce sens que le fidèle bâtit sur la foi établie en lui de la charité et des bonnes œuvres ; (I Pierre, II, 5) : "Et vous-mêmes, entrez dans la structure de l’édifice comme des pierres vivantes." On peut ensuite l’appliquer à la doctrine, par laquelle on développe plus complètement, dans les autres, la foi déjà établie ; (Jér., I, 10) : "pour édifier et pour planter" ; dans ce sens, « édifier sur quelque chose » a la même signification que celle donnée plus haut au mot « arroser ».

2° Quand saint Paul ajoute (verset 10) : mais que chacun prenne garde, etc., il donne un avertissement, en disant : Il a été dit qu’il appartient aux autres d’édifier sur le fondement ; mais que chacun prenne garde, c’est-à-dire examine avec attention comment il bâtit sur ce fondement, c’est-à-dire quelle doctrine appuyée sur la foi il établit dans les autres, ou quelles sont les oeuvres qu’il a établies sur la foi ; (Prov., IV, 25) : "Que vos yeux regardent droit devant vous et que vos paupières précèdent vos pas." Il répond ensuite tacitement à cette question, à savoir pourquoi il avertit les autres de construire sur le fondement, et non de le poser ; ou plutôt il donne la raison pour laquelle il a dit qu’il appartenait aux autres de construire ainsi, en disant (verset 14) : Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, à savoir par moi, "et ce fondement est Jésus-Christ, qui habite dans vos coeurs par la foi, comme dit l’Apôtre (Ephés., III, 17). Isaïe dit de ce fondement (XXVIII, 16) : "J’établirai pour fondement, dans Sion, une pierre solide, choisie, précieuse," c’est-à-dire posée dans la fondation. On pose en objection ces paroles qu’on lit dans l’Apocalypse (XXI, 14) : "La muraille de la ville avait douze fondements, et sur eux les douze noms des apôtres de l’Agneau." Jésus-Christ n’est donc pas le fondement unique. Il faut répondre qu’il y a deux sortes de fondements : d’abord celui qui a en soi la solidité, comme un rocher sur lequel est construit un édifice ; c’est à ce fondement que Jésus-Christ est comparé, car il est la pierre dont il est dit en saint Matthieu (VII, 25) : "La maison était fondée sur la pierre solide." Il est une autre sorte de fondement qui tire sa solidité non de lui-même, mais d’une autre base solide, comme les pierres superposées sur la pierre fondamentale. C’est en ce sens que les apôtres sont appelés les fondements de l’Eglise, parce que, les premiers, ils ont été élevés sur Jésus-Christ par la foi et la charité. Tel est le sens de ce passage (Ephés., II, 20) : "Vous êtes comme un édifice bâti sur le fondement des apôtres."

II. Quand saint Paul dit (verset 12) : Si l’on élève sur ce fondement, etc., il traite de la différence de la récompense, à ce point de vue que les uns la reçoivent sans passer par l’épreuve, tandis que les autres l’ont subie.1° Il enseigne que la diversité du travail se reconnaît à sa rétribution ; 2° il montre quand elle se reconnaît, à ces mots (verset 13) : car le jour du Seigneur ; 3° comment elle se manifeste, à ces autres (verset 14) : Celui qui aura bâti, etc.

1° Sur le premier de ces points, il faut remarquer que saint Paul, voulant montrer la diversité de l’ouvrage posé sur le fondement, met trois termes en opposition avec trois autres termes : d’un côté, l’or, l’argent, les pierres précieuses ; de l’autre, le bois, le foin, la paille. Les trois premières, à savoir l’or, l’argent et les pierres précieuses, non seulement portent avec elles un éclat naturel, mais sont en même temps incombustibles et précieuses, tandis que les trois dernières n’ont aucun éclat, sont facilement consumées par le feu et n’ont aucun prix.

1. Par l’or, l’argent, les pierres précieuses, on entend donc quelque chose d’éclatant et de stable ; par le bois, le foin et la paille on comprend quelque chose de matériel et de peu de durée. Or il a été dit plus haut que par « construire dessus » on peut entendre et les oeuvres que chacun doit élever sur le fondement de sa foi, et l’enseignement que tout docteur ou prédicateur vient établir sur le fondement de la foi posé par l’Apôtre. La diversité dont parle ici saint Paul peut donc se rapporter à l’une ou à l’autre de ces constructions subséquentes. Quelques auteurs, l’appliquant à l’édification des oeuvres, ont dit que par l’or, l’argent, les pierres précieuses, on entend les bonnes oeuvres que l’on ajoute à la foi ; et que par le bois, le foin et la paille on doit comprendre les péchés mortels que l’on commet après avoir reçu la foi. Mais cette explication ne peut se soutenir, d’abord parce que les péchés mortels sont des oeuvres mortes, suivant cette parole de l’épître aux Hébreux (IX, 14) : "[Le sang de Jésus-Christ] justifiera nos consciences des oeuvres mortes." Mais dans cet édifice on n’élève rien qui ne soit vivant, suivant cette parole de saint Pierre (I ép., II, 5) : "Et vous-mêmes, soyez établis sur lui comme des pierres vivantes." Celui qui, avec la foi, a des péchés mortels ne bâtit donc pas sur elle ; il détruit plutôt ou il profane. C’est contre lui qu’on lit, dans ce chapitre même (verset 17) : Si quelqu’un profane le temple de Dieu, Dieu le perdra. De plus, on compare, avec plus de justesse, les péchés mortels au fer, au plomb et à la pierre, soit à raison de leur poids, soit parce qu’ils ne sont pas renouvelés par le feu, mais demeurent toujours dans celui en qui ils sont. On compare, au contraire, les péchés véniels au bois, au foin, à la paille, soit à cause de leur peu de gravité, soit parce qu’on peut facilement s’en purifier par le feu. Enfin il semblerait suivre de cette explication que celui qui meurt en état de péché mortel, pourvu qu’il conserve la foi, obtient finalement le salut éternel, bien qu’il supporte d’abord quelques peines ; car on lit à la suite (verset 15) : Si l’ouvrage de quelqu’un est consumé par le feu, il en portera la peine ; toutefois il sera sauvé, mais comme par le feu, ce qui est formellement opposé à la pensée de l’Apôtre, qui dit au chapitre VI, 9 — Ni les fornicateurs, ni les idolâtres..., ne seront héritiers du royaume de Dieu ; et dans l'épître aux Galates (V, 21) : "Ceux qui commettent ces crimes ne posséderont pas le royaume de Dieu." Or personne n’obtient le salut, sinon dans ce royaume ; car ceux qui en sont exclus sont précipités dans le feu éternel (Matt, XXV, 41). En dernier lieu, la foi ne peut être appelée du nom de fondement qu’autant que Jésus-Christ, par elle, habite dans nos coeurs, puisqu’il a été dit plus haut que ce fondement c’est Jésus-Christ lui-même. Car Jésus-Christ n’habite en nous que par la foi formée ; autrement il habiterait parmi les démons, dont il est écrit (Jacques II, 19) : "Les démons croient aussi, et ils tremblent." Quand donc il est dit (Ephés., III, 17) que Jésus-Christ habite dans nos coeurs par la foi, cela doit s’entendre de la foi formée par la charité, puisqu’il est écrit (1 Jean IV, 16) : "Quiconque demeure dans la charité demeure en Dieu, et Pieu demeure en lui." C’est cette foi qui opère par la charité, comme il sera dit (XIII, 4) : La charité n’est pas téméraire et précipitée. Il est donc évident que ceux qui commettent des péchés mortels n’ont pas une foi formée, et qu’ainsi en eux rien n’est solidement établi. Il faut donc comprendre que autant celui qui édifie sur la pierre fondamentale l’or, l’argent et les pierres précieuses, que celui qui y place le bois, le foin et la paille, doivent éviter les péchés mortels[1].

Pour comprendre cette distinction, il faut se souvenir que les actes humains se spécifient d’après leurs objets. Or les objets des actes humains peuvent être de deux sortes, spirituels ou corporels, et les objets diffèrent entre eux sous trois rapports : premièrement, en ce que les choses spirituelles sont perpétuelles ; les choses corporelles, transitoires. C’est de là qu’il est dit (I1 Cor., IV, 18) : "Les choses visibles sont passagères, mais les invisibles sont éternelles." Secondement, en ce que les choses spirituelles ont en elles-mêmes de l’éclat, selon cette parole du livre de la Sagesse (VI, 13) : "La sagesse est pleine de lumière, et sa beauté ne se flétrit pas." Les choses corporelles, au contraire, sont obscures par leur nature même ; c’est de là qu’il est dit (Sag., II, 5) : "Notre vie est le passage d’une ombre." Troisièmement, enfin, en ce que les choses spirituelles sont plus nobles et plus précieuses que les choses corporelles, ce qui a fait dire de la sagesse (Prov., III, 15) : "Sa possession vaut mieux que tous les trésors" ; et (Sag., VII, 9) : "L’or, comparé à la sagesse, est un peu de sable, et l’argent, devant elle, n’est que de la boue."

2. C’est aussi la raison pour laquelle les oeuvres par lesquelles l’homme s’appuie sur les choses spirituelles et divines sont comparées à l’or, à l’argent et aux pierres précieuses, qui sont solides, éclatantes et de valeur, en sorte toutefois que par l’or on désigne celles au moyen desquelles l’homme s’élève vers Dieu lui-même par la contemplation et par l’amour ; (Cant., V, 11) : "Sa tête brille comme l’or pur." En effet, la tête de Jésus-Christ, c’est la Divinité ; (1 Cor., XI, 3). C’est de cet or que parle l’Apocalypse (III, 18) : "Je vous conseille d’acheter de moi de l’or purifié," c’est-à-dire la sagesse jointe à la charité. L’argent indique les actes par lesquels l’homme s’applique aux choses spirituelles afin de croire, aimer et contempler ces choses ; c’est pourquoi la Glose applique l’argent à l’amour du prochain ; c’est également pour cette raison qu’au ps. LXVII, 14, les ailes de la colombe sont dépeintes comme « argentées » et, dans leur partie supérieure, c’est-à-dire le dos, comme ayant « la couleur de l’or ». Par les pierres précieuses on désigne les oeuvres des vertus diverses dont l’âme humaine est ornée ; de là ces paroles (Ecclésiastique L, 10) : "Comme un vase d’or massif, orné de toutes sortes de pierres précieuses." On peut encore y voir les commandements de la loi de Dieu, selon cette parole du Psalmiste (CXVIII, 127) : "J'aime vos commandements plus que l’or et que la topaze." Mais les oeuvres humaines, par lesquelles l’homme s’applique à se procurer les choses corporelles, sont comparées à la paille, parce qu’elles sont de vil prix, et que, malgré leur éclat, elles sont toutefois facilement consumées. Il y a pourtant entre elles certaines différences de degré, car quelques-unes ont plus de consistance que d’autres, et d’autres sont plus facilement combustibles. Les hommes eux-mêmes, parmi les créatures corporelles, sont plus dignes et se perpétuent par succession. C'est pourquoi on les compare au bois, suivant ce passage du livre des Juges (IX, 8) : "Les arbres des forêts allèrent se choisir un roi." Mais le corps de l’homme se corrompt plus facilement par la maladie et par la mort ; aussi est-il comparé au foin, suivant cette parole d’Isaïe (XL, 6) : "Toute chair n’est que de l’herbe." Quant à ce qui touche à la gloire de ce monde, cela passe avec rapidité ; aussi la compare-t-on à la paille. C’est ainsi qu’on lit au Psalmiste (LXXXII, 14) : "Qu’ils soient devant vous, Seigneur, comme une roue qui ne s’arrête pas et comme la paille qu’emporte le souffle des vents." Donc édifier l’or, l’argent, les pierres précieuses, c’est édifier sur le fondement de la foi ce qui appartient à la contemplation de la sagesse dans les choses divines, l’amour de Dieu, la dévotion pour les saints, le soulagement du prochain et l’exercice des vertus ; édifier le bois, le foin et la paille, c’est poser sur le fondement de la foi ce qui concerne la disposition des choses humaines, les soins de la chair et la gloire extérieure.

3. Remarquons toutefois que l’on peut avoir en vue ces choses humaines de trois manières. D’abord on peut y placer sa fin, et, comme il y a en ceci péché mortel, agir ainsi, pour l’homme, ce n’est pas édifier, mais renverser le fondement et en établir un autre ; car la fin est, dans les choses désirables, le fondement de ce que l’on recherche pour la fin. Ensuite on peut se proposer d’user des choses humaines en les dirigeant totalement vers la gloire de Dieu ; et parce que les oeuvres se spécifient par la fin qu’on leur assigne, ce ne sera plus édifier le bois, le foin et la paille, mais l’or, l’argent et les pierres précieuses. En troisième lieu, on peut, sans y mettre sa fin, ni vouloir, à cause d’elle, agir contre Dieu, se préoccuper pourtant de ces biens temporels plus qu’on ne devrait, en sorte qu’on en soit retardé dans le service des choses de Dieu, ce en quoi il y a péché véniel : c’est là véritablement édifier le bois, le foin et la paille, non pas qu’à proprement parler on en forme un édifice, mais parce que les oeuvres qui tiennent à la sollicitude des choses temporelles portent en elles-mêmes des défectuosités vénielles, par l’affection trop vive qu’on a pour elles, affection qu’on compare, selon qu’elle est plus ou moins intense, au bois, au foin et à la paille. On peut apprécier cette affection de deux manières : selon la consistance des choses spirituelles, ainsi qu’il a été dit plus haut, et ensuite selon la vivacité de l’affection. Toutefois il ne faut pas perdre de vue que ceux qui s’appliquent aux choses spirituelles ne peuvent pas se dégager complètement du soin des choses temporelles, pas plus que ceux qui se donnent à l’affection des choses temporelles, en conservant la charité, ne peuvent rester absolument en dehors des choses spirituelles ; mais on les distingue par l’application qu’ils y apportent. Car les uns dirigent l’application de leur vie vers les choses spirituelles, et ne s’occupent des choses temporelles qu’autant que l’exige la nécessité de la vie corporelle ; les autres tournent cette même application vers les choses temporelles, en se servant cependant des choses spirituelles pour la direction de leur vie. Les premiers donc édifient l’or, l’argent, les pierres précieuses ; les seconds, le bois, le foin et la paille. On voit par là que ceux qui édifient l’or, l’argent, les pierres précieuses, ne sont pas exempts de quelques péchés véniels ; mais ces péchés sont peu nombreux, parce que ces personnes s’occupent peu du soin des choses temporelles. Quant à ceux qui édifient le bois, le foin, la paille, ils ont quelque chose de stable, de précieux, d’éclatant, mais à un degré inférieur, en ce sens qu’ils sont déterminés par les biens spirituels.

4. On peut encore entendre cette diversité, de l’édifice qui s’élève par l’enseignement ; car ceux qui, sur la foi fondée par les apôtres, édifient par leur doctrine la vérité solide, éclatante ou manifeste, telle enfin qu’elle puisse concourir à la beauté de l'Eglise, édifient l’or, l’argent, les pierres précieuses ; (Prov., X, 20) : "Les paroles du juste sont un argent éprouvé." Mais ceux qui, sur cette même foi, ajoutent à leur enseignement des choses inutiles, obscures, sans liaison avec la vérité, vaines et futiles, édifient le bois, le foin et la paille ; (Jér., XXIII, 28) : "Que le prophète qui a un songe raconte son songe, et que celui qui a ma parole publie fidèlement ma parole; car qu’y a-t-il de commun entre la paille et le froment ?" Quant à celui qui enseignerait l’erreur, il n’édifierait pas sur le fondement, il le détruirait plutôt. L’Apôtre dit donc : Si on édifie ou par les oeuvres ou par la doctrine sur ce fondement, c’est-à-dire sur la foi formée dans le coeur ou sur la foi fondée et prêchée par les apôtres, l’or, l’argent et les pierres précieuses, en d’autres termes les oeuvres spirituelles ou la doctrine éclatante, ou le bois, le foin et la paille, c’est-à-dire les oeuvres de la vie du corps ou une doctrine sans consistance (verset 13), l’oeuvre de chacun sera manifestée au jugement de Dieu, telle qu’elle est. Cela n’est pas évident, à cause de l’ignorance de l’homme. En effet, s’il en est qui paraissent édifier l’or, l’argent et les pierres précieuses, qui ce pendant n’édifient que le bois, le foin et la paille, parce que, dans les choses spirituelles, ils n’envisagent que les besoins du corps, par exemple le profit ou la faveur des hommes, d’autres, au contraire, paraissent édifier le bois, le foin et la paille, qui, cependant, édifient l’or, l’argent et les pierres précieuses, parce qu’en traitant les choses temporelles ils n’ont dans la pensée que les choses spirituelles. Aussi (Soph., I, 12) : "Je scruterai Jérusalem la lampe à la main" ; et (Luc, XII, 2) : "Il n’y a rien de caché qui ne soit révélé."

2° Lorsque l’Apôtre dit (verset 13) : Car le jour du Seigneur, il indique quand cela sera manifesté. A) Et d’abord il désigne le temps où elle se fera, lorsqu’il dit : Le jour du Seigneur le fera connaître. Sur ce point il faut observer que l’on dit d’une chose que son temps et son jour sont arrivés quand elle est dans l’état le meilleur, et, relativement à elle-même, le plus parfait qu’elle puisse atteindre. C’est pour cela qu’on lit dans l’Ecclésiaste (III, 1) : "Tout a son temps." Quand donc l’homme accomplit sa propre volonté, même contre Dieu, c’est alors le jour de l’homme ; Jérémie (XVII, 16) dit dans ce sens : "Je n’ai point désiré le jour de l’homme, vous le savez." Mais on appelle jour du Seigneur le temps où la volonté du Seigneur s’accomplira à l’égard des hommes, qui seront alors, selon les règles de la justice de Dieu, récompensés ou punis, suivant cette parole du Psalmiste (LXXIV, 3) : "Quand le temps sera venu, je jugerai les justices." Donc, comme il y a un triple jugement de Dieu, on peut distinguer un triple jour du Seigneur. a) En effet, il y aura un jugement général pour tous (Matthieu XII, 41) : "Les hommes de Ninive s’élèveront au jour du jugement" ; dans ce sens, le jour du Seigneur est le dernier jour du jugement, dont saint Paul dit (II Thess., II, 2) : "Ne vous laissez pas effrayer, comme si le jour du Seigneur était près d’arriver." Ainsi entendues, ces paroles : Le jour du Seigneur le fera connaître, s’expliquent de cette manière : au jour du jugement sera manifestée la différence des mérites humains ; (Rom., II, 16) : "En ce jour où Dieu jugera ce qui est caché dans le coeur des hommes." b) Il y a un autre jugement particulier qui a lieu pour chacun au moment de la mort. Luc dit de ce jugement (XVI, 23) : "Le riche mourut, et il fut enseveli dans les enfers ; le pauvre mourut aussi, et il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham." Dans ce sens, on peut entendre par « jour du Seigneur » le jour de la mort, selon cette parole de la première épître aux Thessaloniciens (V, 2) : "Le jour du Seigneur viendra comme un voleur au milieu de la nuit." Ainsi donc, Le jour du Seigneur le fera connaître, parce que c’est à la mort que sont manifestés les mérites de chacun. C’est de là qu’il est dit (Prov., XI, 7) : "la mort du méchant, il ne restera plus d’espérance" ; et au même livre (XIV, 32) : "Mais le juste espère même dans la mort." c) Enfin il y a pendant la vie un troisième jugement : il a lieu quand Dieu éprouve parfois les hommes par les tribulations de la vie. C’est ainsi qu’on lit (ci-après, XI, 32) : Lorsque nous sommes jugés, c’est le Seigneur qui nous reprend, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde. Dans ce sens, on appelle jour du Seigneur le jour éphémère de la tribulation, dont il est dit (Soph., I, 14) : "Voix amère du jour du Seigneur, tribulation pour les forts." – Le jour du Seigneur le fera donc connaître, parce que le coeur de l’homme est éprouvé dans le temps de la tribulation ; (Ecclésiastique XXVII, 6) : "La fournaise éprouve les vases du potier, et la tribulation les hommes justes."

B) En second lieu, saint Paul fait connaître par quel moyen se fera la manifestation : ce sera par le feu ; aussi ajoute-t-il (verset 13) : et il sera révélé par le feu, à savoir le jour du Seigneur. Car le jour du Seigneur sera révélé par le feu qui précédera la face du juge, dévorera la face du monde, en enveloppant les méchants et en purifiant les justes. C’est de ce feu dont parle le Psalmiste (XCVI, 3) : "Le feu le précédera et dévorera autour de lui ses ennemis." Le jour du Seigneur, qui est le jour de la mort, sera révélé dans le feu du purgatoire, par lequel seront purifiées les âmes, s’il se trouve en elles quelque chose à purifier. A ce feu on peut appliquer ce que dit Job (XXIII, 10) : "Il m’éprouvera comme l’or qui passe par le feu." Quant au jour qui est le jour de la tribulation permise par le jugement divin, il sera révélé dans le feu de la tribulation. De ce feu il est dit (Ecclésiastique II, 5) : "L’or et l’argent s’éprouvent par la flamme, mais les hommes que Dieu veut recevoir au nombre des siens sont éprouvés dans le creuset de la tribulation."

C) Il exprime l’effet de cette manifestation lorsqu’il ajoute (verset 13) : Et le feu éprouvera l’ouvrage de chacun, à savoir parce que chacun de ces feux dont j’ai parlé éprouvent les mérites et les démérites des hommes ; (Psaume XVI, 3) : "Vous m’avez fait passer par le feu, et l’iniquité ne s’est pas trouvée en moi." De ces trois points qu’a développés saint Paul, le premier est la conclusion des deux qui le suivent ; car si le jour du Seigneur est révélé par le feu, et si le feu montre quel est l’ouvrage de chacun, il s’ensuit que le jour du Seigneur fera connaître la différence des oeuvres des hommes.

3° En disant (verset 14) : Celui qui aura bâti, l’Apôtre explique le mode de cette manifestation. 1. Et d’abord, quant aux bonnes oeuvres, lorsqu’il dit (verset 14) : Si l’ouvrage, c’est-à-dire l’oeuvre édifiée sur la foi, de quelqu’un, à savoir d’un fidèle, subsiste dans le feu, il, c’est-à-dire celui qui aura bâti, en sera récompensé ; (Jér., XXXI, 16) : "Il est une récompense à vos oeuvres" ; et (Isaïe XL, 10) : "Il porte avec lui ses récompenses." Or on peut dire d’un ouvrage qu’il est demeuré sans atteinte dans le feu de deux façons différentes. A) D’abord que celui qui accomplit l’oeuvre, soit enseignement de la bonne doctrine, soit toute autre œuvre bonne, ne sera pas tourmenté, en raison de son œuvre, par les feux du purgatoire, ni par celui qui précède la face du juge, ni par le feu de la tribulation ; car si l’on n’a pas aimé les biens du temps au-delà de la mesure, c’est une conséquence que l’on ne s’afflige pas démesurément de leur perte, la douleur ayant pour cause l’amour de l’objet qu’on a perdu. Aussi l’excès de l’amour engendre-t-il l’excès de la douleur.

B) En second lieu, on peut considérer la chose du côté de l’ouvrage même ; car, quelque soit celui des trois jugements cités plus hauts qui survienne pour l’homme, il laisse subsister l’oeuvre de la bonne doctrine ou quelque autre œuvre que ce soit. Lorsque le feu de la tribulation arrive, l’homme ne s’écarte pas pour cela de la doctrine véritable, ni des bonnes oeuvres qu’inspire la vertu ; mais il retient le mérite de l’une et des autres, et dans le feu du purgatoire et dans le feu qui précède la face du juge.

2. En second lieu, saint Paul montre le jour de la manifestation quant aux oeuvres mauvaises, en disant (verset 15) : Si l’ouvrage de quelqu’un, par l’un des feux dont il a été parlé, vient à être confirmé, il, c’est-à-dire celui qui l’a fait, en portera la peine, mais pas jusqu’à la damnation. Aussi saint Paul ajoute-t-il (verset 15) : "Lui, pourtant, sera sauvé," c’est-à-dire obtiendra le salut éternel, suivant la parole d’Isaïe (XLV, 17) : "Israël a reçu du Seigneur son salut éternel" - toutefois comme par le feu, à savoir qu’il a d’abord souffert, soit dans cette vie, soit à la fin de cette vie, soit à la fin du monde. C’est en ce sens que le Psalmiste dit (LXV, 12) : "Nous avons passé par le feu et l’eau, et vous nous avez conduits au lieu de rafraîchissement" ; et (Isaïe XLIII, 2) : "Lorsque vous marcherez dans le feu, vous n’en serez pas brûlés, et la flamme ne vous consummera pas, parce que je suis le Seigneur votre Dieu, votre sauveur." Or un ouvrage peut être atteint par le feu de deux manières : a) d’abord par la faute de celui qui l’a fait, à savoir en ce qu’il peut endurer le feu de la tribulation pour l’affection déréglée avec laquelle il a aimé démesurément les choses terrestres, et subir le feu du purgatoire ou celui qui précédera la face du juge, à cause des péchés véniels qu’il a commis en recherchant des choses temporelles, ou même pour les choses vaines et frivoles qu’il aura enseignées. b) Ensuite l’ouvrage peut subir l’atteinte du feu par son propre défaut, à savoir quand, survenant la tribulation, on ne peut vaquer ni à une doctrine vaine ni aux préoccupations terrestres, selon cette parole du Psalmiste (CXLV, 4) : "En ce jour-là périront toutes leurs pensées" ; ou encore parce que soit le feu du purgatoire, soit celui qui monte devant le juge ne lui laisseront, comme mérite ou comme remède, aucune des oeuvres précitées. Conséquemment il a à subir une double peine, et en tant qu’il est lui-même puni et en tant qu’il perd ce qu’il a fait. Quant à ceci, il est dit (Ecclésiastique XIV, 20) : "Toute oeuvre corruptible disparaîtra à la fin, et celui qui l’a faite s’en ira avec elle ; et toute oeuvre sainte sera reconnue à la fin, et celui qui l’a faite sera honoré par elle." La première partie du texte concerne celui qui édifie le bois, le foin et la paille, c’est-à-dire l’oeuvre qui brûle dans le feu ; la seconde partie se rapporte à celui qui bâtit l’or, l’argent et les pierres précieuses, c’est-à-dire l’oeuvre qui subsiste dans le feu sans éprouver aucune altération.


[1] Les théologiens appellent foi formée celle qui est accompagnée de la grâce sanctifiante, et foi informe celle du chrétien en état de péché.


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