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Leçon 2 – 2 Co VIII, 9-15 – Les effets spirituels de l'aumône

9 (n° 294) En effet vous savez la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui s’est fait indigent pour vous, quoiqu’Il fût riche, afin que par sa pauvreté vous devinssiez riches.

10 (n° 296) c’est donc un conseil que je vous donne, car il vous est utile, à vous qui avez commencé, non seulement à entreprendre cette oeuvre, mais à la décider dès l’an passé.

11. (n° 300) Achevez-la maintenant, afin qu’à l’empressement de votre résolution réponde l’exécution, avec les moyens que vous avez.

12 (n° 301) Quand la volonté est empressée, elle est agréable, selon ce qu’on a : il n’est pas question de ce qu’on n’a pas.

13 (n° 302) Il ne faut pas en effet qu’il y ait soula­gement pour les autres et détresse pour vous, mais égalité.

14 (n° 305) Dans le temps présent, que votre abondance supplée à leur dénuement, pour que leur abondance aussi supplée à votre dénuement, en sorte qu’il y ait égalité, selon qu’il est écrit

15 (n° 308) "Celui qui avait recueilli beaucoup n’eut rien de trop, et celui qui avait peu recueilli ne manqua de rien."

294. Ici l’Apôtre pousse les Corinthiens à faire l’aumône, à l’exemple du Christ : je veux, dit-il, éprouver vos bonnes dispositions à donner aux pauvres, et vous devez la faire à l’exemple du Christ. "En effet vous savez la grâce" que Notre Seigneur Jésus-Christ a faite au genre humain. Jean 1, 17 – La grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ... Et c’est bien une grâce, car tout ce que la Fils de Dieu a pris sur Lui du châtiment de nos péchés est entièrement imputable à la grâce : Il n’a été prévenu par la bonté de personne, ni contraint par l’influence de personne, ni poussé par sa propre nécessité.

Or cette grâce est "qu’Il s’est fait indigent pour nous". Et il dit "indigence", ce qui est plus que "pauvre". Car on nomme indigent celui qui non seulement possède peu, mais est dénué de tout; le pauvre est celui qui possède peu. Donc pour signifier une plus grande pauvreté, il dit "qu’Il s’est fait indigence" quant aux biens temporels. Luc IX, 58 – Le Fils de l’Homme n’a pas où reposer sa tête. Lamentations de Jérémie III, 19 – Rappelle-toi ma pauvreté...

Il s’est fait indigent, non par nécessité, mais par choix de sa volonté, sans quoi cette grâce n’eût pas été grâce. C’est pourquoi il ajoute : "quoique Il fût riche" -des biens spirituels-. Romains X, 12 – Le même Dieu est riche pour tous ceux qui L’invoquent. Prov. VIII, 18 – Avec moi sont les richesses et la gloire. Il dit quoiqu’Il fût, et non eût été, de peur que le Christ ne parût avoir perdu ses richesses spiri­tuelles lorsqu’Il a revêtu la pauvreté. En effet Il a revêtu cette pauvreté parce qu’Il n’a pas perdu ces richesses inestimables. Psaume XLVIII, 3 – Il est à la fois riche et pauvre. Riche en biens spirituels, pauvre en biens temporels.

295. Il indique la cause pour laquelle Il a voulu être indigent : "afin que par sa pauvreté vous devinssiez riches", c’est-à-dire que, grâce à cette pauvreté en biens temporels, vous fussiez riches en biens spirituels. Et cela pour deux raisons : à cause de l’exemple et à cause du caractère sacré de la pauvreté.

A cause de l’exemple, parce que, si le Christ a aimé la pauvreté, nous aussi à son exemple nous devons la chérir. En aimant la pauvreté dans les biens temporels, nous devenons riches des biens spirituels. Jacques II, 5 – Est-ce que Dieu n’a pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde pour être riches en foi?...

A cause du caractère sacré de la pauvreté, parce que tout ce que le Christ a fait et supporté, Il l’a fait et supporté à cause de nous. De même que, parce qu’Il a supporté la mort, nous avons été délivrés de la mort éternelle, de même, parce qu’Il a supporté le dénuement dans les biens temporels, nous avons été délivrés du dénuement dans les biens spirituels et enrichis de ces mêmes biens I Corinthiens 1, 5 – En lui vous êtes devenus riches en toute science...

296. En disant : "c’est un conseil que je vous donne"... il les engage à donner aussi de leur côté.

A. Il leur expose le profit qu’eux-mêmes en retireront.

B. Il leur montre que faire l’aumône est conforme à leur propre volonté (n° 298) : "vous qui avez commence"

297. Considérant ce bienfait, dit-il, c’est un conseil que je vous donne; je vous exhorte à faire l’aumône, non seulement dans l’intérêt des saints qui sont à Jérusalem, mais aussi dans votre propre intérêt. Prov. XXVII, 9 – Les bons conseils d’un ami font les délices de l’âme...

Ce conseil "vous est utile". En effet le bien de la piété est plus utile à celui qui l’exerce qu’à celui qui en reçoit le bienfait; car le premier en retire un avantage spirituel, le second un avantage temporel. Et comme le spirituel doit être préféré au temporel, de même dans les oeuvres de la piété, l’intérêt de celui qui donne passe l’intérêt de celui qui reçoit. 1 Tim. IV, 8 – La piété est utile à tout.

298. Non seulement cette oeuvre leur est utile, mais eux-mêmes l’ont voulue, ce qu’il leur rappelle : "Vous avez commencé non seulement à entreprendre cette œuvre".

A.        Il leur rappelle leur heureuse initiative.

B. Il les exhorte à poursuivre jusqu’au bout (n° 300) : "Achevez-la maintenant"…

C. Il explique ce qu’il vient de leur dire (n° 301) : "Quand la volonté est empressée"…

299. Vous devez vraiment, leur dit-il, donner de bon coeur, non seulement parce que cela vous est utile, mais parce que, cette oeuvre, "vous avez commencé de l’entre­prendre"... l’année qui a précédé ma venue chez vous (ou l’année passée). Il semble dire : vouloir est plus que faire. Ecclésiastique XVIII, 16 – La parole vaut mieux que le don... Vous devez donc vous empresser de donner.

300. Et puisque vous avez cet empressement, "achevez maintenant" ce que vous avez au l’intention de faire, autrement cette volonté serait vaine. Jean. IV (1 Jean. III, 18) : N’aimons pas de parole ni de langue... Phil. 1, 6 – Celui qui a commencé en vous une oeuvre excellente... La raison en est que, si la résolution de la volonté est empressée, c’est-à-dire selon la Glose, le choix de la volonté, le choix de l’action qui achèvera l’oeuvre doit l’être également.

Ou bien on donne à animus le sens de volonté. Alors le sens est : comme vous avez été empressés à vouloir, soyez empressés à achever l’oeuvre. Et cela, "avec ce que vous avez", c’est-à-dire selon vos moyens.

301. Il explique ensuite ces mots, "avec ce que vous avez" en disant : "Quand la volonté est empressée"... Le sens est : je dis que vous devez être empressés à donner, et en cela je n’entends pas vous écraser en vous faisant donner au delà de vos ressources, à quoi peut-être votre volonté vous porterait dans son empressement; mais l’action ne peut imiter la volonté. C’est pourquoi il précise : avec ce que vous avez; en effet "quand la volonté est empressée, elle est agréable selon ce qu’on a."

Et la raison en est que la volonté est agréable dans la perfection de son intention, tandis que l’action ne trouve sa perfection que dans la mesure des ressources qu’on a. Voilà pourquoi il dit : "elle est agréable selon ce qu’on a". Tob. IV, 9 – Si tu as beaucoup, donne largement...

302. En conséquence (cf. n° 280) lorsqu’il dit : "Il ne faut pas en effet"... il écarte un soupçon. En effet les Corinthiens pourraient dire : Si nous faisons l’aumône aux saints de Jérusalem, qui sont pauvres, ils vivront dans l’oisi­veté, tandis que nous subirons un grand préjudice, et ainsi nous deviendrons misérables. Aussi l’Apôtre :

A. écarte ce soupçon,

B. manifeste son intention (n° 304),

C. confirme cette intention par l’autorité de l’Écriture (n° 308).

303. Il écarte le soupçon par ces mots : "Il ne faut pas qu’il y ait soulagement pour les autres"... ce qui veut dire : je ne vous engage pas à faire l’aumône pour que les autres soient soulagés et vivent dans l’oisiveté de vos aumônes, tandis que vous aurez à souffrir de la détresse et de la pauvreté.

Mais n’y a-t-il pas péché pour ceux qui donnent tout aux autres, et ensuite ont à souffrir eux-mêmes de la pauvreté? Il semble que tel soit le sens des paroles de l’Apôtre. A cela je réponds, selon la Glose, qu’il vaudrait mieux tout donner aux pauvres et souffrir pour le Christ. Les paroles de l’Apôtre sont une marque de condescendance, parce que les Corin­thiens étaient faibles, et que leur foi aurait défailli s’ils avaient été en proie au dénuement.

304. Il manifeste son intention en disant : "mais qu’il y ait égalité"... ce qui signifie : je n’ai pas l’intention de vous faire souffrir, mais d’établir une certaine égalité, de manière que "votre abondance supplée à leur dénuement"

Ce qui peut s’expliquer de trois façons. Il peut y avoir égalité de quantité, de proportion (n° 306), ou de volonté (n° 307).

305. Égalité de quantité. Les Corinthiens étaient riches de biens temporels et pauvres de biens spirituels; les saints de Jérusalem au contraire étaient riches de biens spiri­tuels et pauvres de temporels. Il veut donc qu’il y ait entre eux une égalité de quantité, afin que ceux qui sont riches temporellement donnent la moitié de leurs biens à ceux qui sont pauvres, et que ceux-ci donnent la moitié de leurs biens spirituels aux autres afin qu’ils en soient également riches. Grâce à cette égalité de quantité, c’est-à-dire grâce à la moitié de vos biens, "dans le temps présent", qui est court, "que votre abondance", en biens terrestres, "supplée au dénuement" de ceux qui ont renoncé aux biens de ce monde, et "que leur richesse," en biens spirituels, "supplée à votre dénuement" de biens spirituels, afin que vous ayez part à la vie éternelle. Luc XVI, 9 – Faites-vous des amis avec les richesses d’iniquité... Ecclésiastique XIV, 15 – Dans le partage de tes biens, donne et reçois : donne les biens temporels, et reçois les spirituals.

306. Égalité de proportion, qui s’explique ainsi, et de façon plus satisfaisante : vous, Corinthiens, vous avez l’abondance des biens temporels, et les saints de Jérusalem ont celle des biens spirituels. Je veux qu’il y ait entre vous une certaine égalité, non de quantité, mais de proportion, telle que, comme ils seront aidés par vos aumônes, vous soyez enrichis par leurs prières auprès de Dieu. C’est là l’égalité dont parle l’Apôtre, votre richesse en biens temporels venant en aide aux saints, et leur richesse en biens spirituels suppléant à votre dénuement. I Corinthiens IX, 1 – Si nous avons semé en vous les biens spirituels...

307. Quant à l’égalité de volonté, il l’exprime au verset 13 – "qu’il y ait égalité"... Je veux qu’à la volonté des saints de partager avec vous leurs richesses corresponde en vous une égale volonté de partager les vôtres avec eux.

308. Il confirme sa pensée par l’autorité de l’Écriture. Il ajoute donc : "selon qu’il est écrit", Ex. XVI, 18 – "Celui qui avait recueilli beaucoup" de manne, c’est-à-dire plus qu’un gomor, "n’eut rien de trop", il n’eut que sa suffisance; "celui qui avait peu recueilli n’eut besoin de rien" : il ne fut pas privé parce que tous étaient également rassasiés, comme dit l’Exode.


Leçon 3 – 2 Co VIII, 16-24 – Eloge des ministres des Corinthiens

16 (n° 309) Grâces soient rendues à Dieu qui a mis le même zèle pour vous dans le coeur de Tite.

17 (n° 311) Car non seulement il a accueilli mon appel, mais comme il était plus zélé, par sa propre volonté il est parti pour aller chez vous.

18 (n° 312) Nous avons envoyé avec lui un frère dont le mérite est d’avoir prêché l’Évangile dans toutes les églises.

19 (n° 313) Ce n’est pas tout : il a été désigné par les églises pour être le compagnon de notre voyage, dans cette oeuvre de grâce que nous accomplissons à la gloire du Seigneur et la satisfaction de notre volonté arrêtée.

20 (n° 314) Nous évitons par là qu’on nous blâme dans la plénitude de cette mission dont nous sommes chargés.

21 (n° 316) Car nous avons à coeur ce qui est bien non seulement devant Dieu mais devant les hommes.

22 (n° 317) Nous avons envoyé aussi avec eux notre frère, dont nous avons souvent éprouvé le zèle en maintes occasions, et qui maintenant est encore plus zélé à cause de sa grande confiance en vous,

23 soit pour Tite, qui est mon compagnon et mon aide auprès de vous, soit pour nos frères qui sont les délégués des églises à la gloire du Christ.

24 (n° 319) Donnez-leur donc des marques de votre charité et montrez-leur que nous avons eu raison de faire votre éloge à la face des églises.

309. Après avoir traité de la collecte, (n° 280) il traite des ministres chargés de la pratiquer.

A.        Il les nomme.

B.        Il les recommande aux Corinthiens (n° 319) : "Donnez-leur donc des marques"...

Divisions de A :

I. Il nomme d’abord Tite.

II. Il nomme ensuite Barnabé (n° 312) : "Nous avons envoyé avec lui"

III. Enfin il nomme Apollos (n° 317) : "Avec eux nous envoyons aussi notre frère"

Au sujet de Tite il loue deux choses : son zèle et les marques de son zèle (n° 311) : "Non seulement il a accueilli mon appel"

310. Voici donc d’abord les paroles de l’Apôtre : j’ai dit plus haut que j’avais demandé à Tite d’achever cette oeuvre de grâce de la collecte, parce que ce souci poursuit mon zèle à la suite de la mission dont m’ont chargé les Apôtres, dont je l’ai trouvé lui aussi préoccupé; c’est pourquoi "je rends grâces à Dieu qui a mis le même zèle", que j’ai à vous exhorter et à vous pousser aux oeuvres de miséricorde, "dans le coeur de Tite", car lui aussi a le même empressement que moi à achever en vous cette oeuvre de grâce. Hébreux VI, 11 – Nous désirons que chacun de vous témoigne le même zèle jusqu’à la fin... Romains XII, 8 – Celui qui préside, qu’il le fasse avec zèle.

311. Le signe de ce zèle est que, lorsque je lui ai fait cette demande, de lui-même il a répondu à mon appel. D’où ces paroles : "Il a accueilli mon appel". Et parce qu’il s’est attaché à faire ce que je lui ai demandé, dit-il, "comme il était plus zélé par sa propre volonté" que par mon exhor­tation, "il est parti pour aller chez vous", alors que pourtant il avait tout d’abord refusé à cause de vos péchés. Romains XII, 11 – Quant au zèle, ne soyez pas nonchalants.

312. Lorsqu’il dit : "Nous avons envoyé avec lui". Il parle du second ministre. D’abord il fait son éloge; ensuite il donne la raison pour laquelle il envoie des messagers consacrés (n° 314) : "Nous évitons par là qu’on nous blâme"...

313. Ce frère, selon les uns est Luc, et selon d’autres Barnabé. Il la recommande pour trois raisons. D’abord sa réputation : car son mérite, s’il s’agit de Luc, réside dans l’évangile écrit par lui, qui s’est répandu dans toutes les églises, parce qu’il a été approuvé par les Apôtres. Ou bien, s’il s’agit de Barnabé, son mérite réside dans la prédication de l’Evangile qu’il a accomplie dans toutes les églises, des Juifs et des Gentils. C’est pourquoi on dit de Barnabé dans les Actes XI, 24, que c’était un homme de bien, plein de foi et rempli du Saint Esprit.

Il la recommande aussi à cause de sa collaboration avec lui : non seulement il a de la réputation, mais "il a été désigné par les églises de Judée pour être le compagnon de mon voyage", c’est-à-dire de ma prédication, qui nous conduit à travers le monde comme des étrangers. Supra V, 6 – Aussi longtemps que nous habitons dans ce corps, nous sommes en voyage loin du Seigneur... Et cela est vrai de Luc, parce qu’il fut l’un des 72 disciples et le compagnon de Paul. De même de Barnabé, parce que l’Esprit Saint dit de lui, Actes XIII, 2 – Mettez-moi à part Barnabé et Paul, pour l’oeuvre à laquelle je les ai appelés. Et il devint son compagnon "dans cette oeuvre de grâce", la collecte des aumônes. Ou encore celle de la prédication, dont il est dit dans Ephésiens III, 8 – A moi, le moindre de tous les saints, a été accordée cette grâce d’annoncer...

Il le recommande enfin par sa fonction, parce qu’il est ministre de l’oeuvre de grâce "que nous accomplissons"

Leçon 1 : 2 Co IV, 1 – Qu’on nous regarde comme les serviteurs du Christ et les dispensateurs des mystères de Dieu. Supra III, 6 c’est lui qui nous a rendus capables d’être ministres... Cette oeuvre est accomplie "à la gloire du Seigneur", afin que Notre Seigneur soit glorifié par les aumônes recueillies, par la conversion d’un grand nombre de peuples obtenue par notre prédication, parce que, selon Prov. XIV, 28 – La multitude du peuple est l’honneur du roi.

De même cette oeuvre est exécutée pour que notre volonté s’accomplisse, parce que nous le voulons ainsi. Aussi il ajoute : "et à la satisfaction de notre volonté arrêtée", c’est-à-dire prédestinée par Dieu, qui nous a prédestinés de toute éternité à avoir une telle volonté.

314. Lorsqu’il dit : "Nous évitons par là"... il indique la raison pour laquelle il envoie des messagers aussi solennels.

D’abord il fait connaître sa raison, puis il prouve ce qu’il avance (n° 316) : "car nous avons à coeur ce qui est bien"...

315. Voici la raison, dit-il, peur laquelle nous envoyons des messagers aussi solennels : il faut que vous sachiez que nous prenons à coeur une affaire de cet ordre. Nous voulons éviter le blâme que certains pourraient nous infliger, ou de négligence, si je n’envoyais pas des messagers actifs, ou de tromperie, s’ils n’étaient pas sûrs. Ceux-ci étaient actifs, résolus et sûrs, parce qu’ils étaient donnés par les églises et choisis par la Saint Esprit. Supra, VI, 3 – Nous ne donnons aucun sujet de scandale...

Lorsqu’il dit : "dans la plénitude de cette mission"... il veut parler de la collecte ou de la conversion des Gentils. 1 Pierre IV, 10 – Que chacun mette au service des autres le don qu’il a reçu...

316. Il justifie sa conduite en disant : "car nous avons à coeur"... Sa pensée est : je dis bien que nous avons à coeur, que nous devons avoir à coeur ce qui est bien, c’est-à-dire prendre garde que nos oeuvres soient bonnes "non seulement devant Dieu", afin de lui plaire, "mais devant les hommes", afin que nos oeuvres leur paraissent bonnes. Ce qu’il fait en apportant tous ses soins à sa mission et en imitant les hommes de bien. Romains XII, 9 – Attachez-vous fortement au bien...

317. Lorsqu’il dit : "Nous envoyons aussi avec aux notre frère", il parle du troisième messager, Apollos.

Tout d’abord il le loue pour son zèle en rappelant que "nous avons souvent éprouvé son zèle" pour votre salut, et maintenant "il est encore plus zélé". Car, comme on le voit plus haut, Apollos fut le premier qui prêcha à Corinthe après l’Apôtre. I Corinthiens III, 6 – J’ai planté, Apollos a arrosé... Celui-ci, ému de leur péché, s’écarte et l’intérêt qu’il avait pour eux auparavant se refroidit. Mais maintenant, à la nouvelle de leur conversion, il est devenu encore plus zélé qu’avant pour leur salut. Ephésiens IV, 3 – Efforcez-vous de conserver l’unité de l’esprit... Romains XII, 8 – Celui qui préside, qu’il le fasse avec zèle...

318. En deuxième lieu s’ajoute la raison de ce zèle c’est qu’Apollos a confiance en vous à la suite du récit de Tite et de l’éloge qu’il lui a fait de vous.

De là ses paroles : "à cause de sa grande confiance en vous, soit pour Tite, qui est mon compagnon", parce qu’il est venu en compagnie de Tite et de Luc, ou de Barnabé, et parce qu’il y a été invité par les Apôtres des églises de Judée. Aussi il dit : "soit pour nos frères," les délégués des églises de Judée, qui la poussèrent à prendre soin de vous. Et ces églises sont "à la gloire du Christ", elles rendent gloire au Christ.

319. Lorsqu’il leur dit : "Donnez-leur donc des marques de votre charité", il recommande ces messagers aux Corinthiens : parce que je vous ai envoyé de tels messagers, montrez-leur par vos actes que vous avez de la charité pour eux, que je vous ai vraiment recommandés et que je me suis vraiment glorifié de vous "à la face des églises" que j’ai visitées et auxquelles j’ai prêché.

Ou bien à la face de toutes les églises, parce que ce que vous faites pour eux sera connu de toutes les églises.


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