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CHAPITRE 12 — [DIEU AGIRA AVEC JUSTICE EN FRAPPANT CE PEUPLE]
Leçon 1 — [Jr 12, 1-6]

295.     Le prophète discute ici de la justice de celui qui punit : premièrement, la discussion du prophète est présentée ; deuxièmement, la réponse du Seigneur, en cet endroit : J’AI ABANDONNÉ MA MAISON (Jr 12, 7).

296.     À propos du premier point, il fait trois choses. Premièrement, il cherche à gagner la bienveillance en raison de la personne du juge : CAR TU ES JUSTE, SEIGNEUR (Jr 12, 1). Ps 119[118], 137 : Tu es juste, Seigneur, et ton jugement est droit. En raison de l’honnêteté de la cause : CEPENDANT, JE PARLERAI [DE QUESTIONS DE JUSTICE] AVEC TOI. Jb 13, 3 : Je parlerai au Tout-Puissant, et je souhaite discuter avec Dieu. Et ainsi, les deux jouent le rôle d’adversaires. Mais Habacuc joue le rôle de celui qui répond : Je vais me tenir à mon poste, et je vais rester debout sur le rempart (Ha 2, 1).

297.     Deuxièmement, il met de l’avant la cause pour ce qui est des adversaires, en montrant leur prospérité dans l’abondance de biens temporels : POURQUOI LA VOIE, la progression, DES MÉCHANTS, en raison de leur impiété, EST-ELLE PROSPÈRE, EUX QUI FONT LE MAL, en agissant contre la loi, ET AGISSENT AVEC INIQUITÉ ? Jb 12, 6 : Leurs demeures regorgent de biens, et pourtant ils provoquent Dieu, alors qu’Il leur a tout donné. Ps 73[72], 3 : J’ai jalousé les injustes, en voyant la paix des pécheurs. Et aussi pour ce qui est de l’accroissement de leur prospérité : TU LES AS PLANTÉS (Jr 12, 2), dans les biens temporels, en les comparant à un arbre, ET ILS SE SONT ENRACINÉS, par le renforcement de leur prospérité, ILS SE DÉVELOPPENT, comme un arbre croît, à cause de l’accroissement de leur prospérité, ET ILS PORTENT FRUIT, en accomplissant en acte ce qu’ils préparent dans leur esprit. Jb 21, 7 : Pourquoi les impies vivent-ils, se sont-ils élevés, ont-ils accumulé les richesses ? Et il montre leur iniquité : TU ES PRÈS DE LEUR BOUCHE, MAIS LOIN DE LEURS REINS, de leurs sentiments, deux choses qui semblent s’opposer à la justice divine. Is 15, 8 : Ce peuple m’honore des lèvres, mais leur cœur est loin de moi. Ce qui donne à entendre qu’ils reçoivent une récompense imparfaite par des biens imparfaits. Mais, de son côté, il fait comprendre la justice : MAIS TOI, SEIGNEUR, TU [ME] CONNAIS (Jr 12, 3), depuis l’éternité ; TU VOIS, comme je marche droit devant toi. En effet, même si je dis cela, je n’en subis cependant pas de scandale. Ci-dessus : Avant de te former dans le sein, je t’ai connu (Jr 1, 5). Et il fait comprendre la correction : TU M’AS MIS À L’ÉPREUVE : éprouvé par les peines, on m’a trouvé marchant avec toi. Ps 17[16], 3 : Tu as éprouvé mon cœur ; la nuit, tu m’as visité, tu m’as examiné par le feu, et aucune iniquité n’a été trouvée en moi.

298.     Troisièmement, il montre le châtiment sous forme d’imprécation. En premier lieu, il invoque [sur eux] l’infliction d’un châtiment : RASSEMBLE-LES, comme s’il disait : «Parce que tu es juste, il ne se peut pas que tu ne punisses pas les impies.» De sorte que tu les élèves à ce point en les faisant prospérer, comme celui qui rassemble un troupeau en vue de l’abattage. Ainsi, parce qu’ils se sont engraissés et sont injustes, RASSEMBLE-LES ; par là est signifié qu’au temps pascal, alors qu’ils s’étaient rassemblés pour la fête, ils furent assiégés. CONSACRE-LES : il parle par comparaison avec des animaux, qui étaient tués pour être immolés. Is 34, 6 : Un sacrifice à Bosra, un grand carnage au pays d’Édom. Et il écarte le report du châtiment, car le temps est venu qu’ils soient punis dans leurs propres personnes, et non dans leurs biens et dans ce que produisait le pays : JUSQUES À QUAND LE PAYS SERA-T-IL EN DEUIL ? (Jr 12, 4). Ps 107[106], 34 : J’ai changé les fleuves en désert et les sources d’eau en soif, une terre fertile en saline à cause de la malice des habitants. [Qu’ils soient punis] dans les animaux : [C’EST PAR LA PERVERSITÉ DE SES HABITANTS] QUE PÉRISSENT LES ANIMAUX. Ez 9, 9 : Ils disaient : «Le Seigneur a abandonné le pays, et le Seigneur ne voit pas.» Deuxièmement, comme s’il avait été exaucé, il insulte ceux qui doivent être punis. Et, en premier lieu, du point de vue des ennemis, pour ce qui est de leur puissance : SI TU T’ES ÉPUISÉ À COURIR AVEC LES PIÉTONS, COMMENT RIVALISERAS-TU AVEC DES CHEVAUX ? (Jr 12, 5). Comme s’il disait : «Si les nations voisines, qui combattent à pied, t’en ont beaucoup fait endurer, comment pourras-tu résister aux Chaldéens et aux Égyptiens, qui sont bien équipés de chevaux ?» Jb 6, 16 : Ceux qui craignent le frimas, le neige foncera sur eux ! Et pour ce qui est du pays de [leur] captivité : ALORS QUE TU TE SENS EN SÉCURITÉ DANS UN PAYS EN PAIX, c’est-à-dire, même si tu avais toujours eu la paix dans ton pays, QUE FERAS-TU, lorsque tu te trouveras de l’autre côté du Jourdain, dont les gouffres bouillonnent, car ils sont orgueilleuses ? Si 10, 34 : Qui se glorifie dans son bien, qu’il craigne la pauvreté ! En deuxième lieu, [il invoque l’infliction d’un châtiment] sur ceux qui leur sont unis par le sang, en rappelant d’anciens torts : CAR MÊME TES FRÈRES, c’est-à-dire les Iduméens, ET LA MAISON [DE TON PÈRE], c’est-à-dire les Moabites et les Amonites, [TE TRAHIRONT] (Jr 12, 6). Ct 1, 5 : Les fils de ma mère ont combattu contre moi. Et il suggère la prudence : NE LEUR FAIS PAS CONFIANCE QUAND ILS TE DIRONT DE BONNES PAROLES ! comme s’ils voulaient s’allier avec toi pour résister aux Chaldéens. Plus loin : Fabrique-toi des liens et des chaînes ; tu les poseras sur tes épaules, et tu les enverras au roi d’Édom et au roi de Moab, etc. (Jr 27, 2-3). Ci-dessus : Que chacun se garde de son prochain, et qu’il n’ait pas confiance en son frère ; car tout frère s’efforcera de l’éliminer, et tout ami cherchera à le tromper, et un homme ridiculisera son frère et ne dira pas la vérité (Jr 9, 4-5).

Leçon 2 — [Jr 12, 7-9]

299.     Il présente ici la réponse du Seigneur : premièrement, il présente la menace d’un châtiment ; deuxièmement, la consolation du châtiment, en cet endroit : AINSI PARLE LE SEIGNEUR, etc. (Jr 12, 14).

300.     À propos du premier point, il fait deux choses. Premièrement, il menace d’un châtiment pour ce qui est de la perte de l’aide de Dieu : J’AI ABANDONNÉ MA MAISON (Jr 12, 7), c’est-à-dire le Temple, que je ne défendrai pas, [MON] HÉRITAGE, le peuple d’Israël. Is 19, 25 : Mon héritage, c’est la maison d’Israël. Ci-dessus : J’abandonnerai mon peuple et je m’éloignerai d’eux, car tous sont des adultères, un ramassis de prévaricateurs, etc. (Jr 9, 2). Pour ce qui est de l’oppression par les ennemis : J’AI LIVRÉ CELLE QUE JE CHÉRISSAIS, c’est-à-dire les Juifs, que j’aimais comme ma propre âme.

301.     Deuxièmement, il présente la faute. En premier lieu, il indique la grandeur de la faute : MON HÉRITAGE, c’est-à-dire mon peuple, EST DEVENU POUR MOI COMME UN LION (Jr 12, 8), qui se montre féroce pour me combattre. IL A RUGI [CONTRE MOI], par le blasphème. Ps 9, 30 : Il est en embuscade comme un lion dans son antre. En second lieu, il s’étonne de l’instabilité de l’âme [de son peuple] : MON HÉRITAGE SERAIT-IL POUR MOI UN RAPACE BIGARRÉ ? (Jr 12, 9), comme s’il disait : «Il s’attache parfois à moi, parfois à des idoles.» TOUT ENTIER, car tous sont mauvais, TACHETÉ, par les souillures des péchés. 1 R 18, 21 : Jusques à quand boiterez-vous des deux côtés ? Si Dieu est le Seigneur, suivez-le ; mais si c’est Baal, suivez-le ! Ou bien, le sens peut être : «Est-ce que je ne la chéris pas autant que de beaux oiseaux, de sorte que je ne la rejette pas ?» Ainsi, la bigarrure a trait à la beauté. Ez 16, 10 : Je t’ai revêtu de couleurs contrastées, et je t’ai chaussé de pourpre. Ou bien, ce qu’il dit : J’AI ABANDONNÉ MA MAISON, etc., peut être les paroles du prophète, qui, pour annoncer la parole de Dieu, a exposé au danger lui-même et sa maison, a abandonné sa patrie et a supporté avec patience les embûches de ses compatriotes, diverses par leur fourberie et pleines de malice, comme s’il s’agissait de lions. Au sens mystique, ce sont les paroles du Christ, dont on dit qu’il abandonne sa maison et sa patrie en venant dans le monde, car il se trouve sous la forme de celui qui abandonne en cachant sa majesté dans la faiblesse. MON HÉRITAGE, la patrie céleste. Les impies prospèrent en abandonnant l’héritage. Gn 25, 5-6 : Abraham donna à son fils Isaac tout ce qu’il possédait, mais il distribua des présents aux fils de ses concubines. En raison d’une rétribution imparfaite. Mt 6, 2 : En vérité, je vous le dis, ils ont reçu leur récompense. Parce qu’ils ne sont pas dignes de la correction divine. Ez 16, 42 : Mon indignation contre toi se calmera, et ma jalousie se détournera de toi. Os 4, 14 : Je ne châtierai pas vos filles pour leurs prostitutions, ni vos épouses pour leurs adultères. He 12, 8 : Si vous êtes exempts de cette correction, dont tous ont leur part, c’est que vous êtes des bâtards et non des fils. En raison du désespoir de la maladie. Lm 2, 13 : Ton abattement est comme la mer : qui donc va te guérir ? Plus loin : Incurable est ta blessure, inguérissable ta plaie ! (Jr 30, 12). En raison de leur rejet. Ps 73[72], 18 : Pour leurs tromperies, tu les as mis de côté ; tu les as fait tomber alors qu’ils marchaient [sur un chemin uni]. Rm 1, 28 : Voilà pourquoi Dieu les a livrés à leur esprit sans jugement, pour faire ce qui ne convient pas, etc.

Leçon 3 — [Jr 12, 9-12]

302.     Il menace ici d’un châtiment particulier : premièrement, du châtiment de la captivité ; deuxièmement, du châtiment de la stérilité de la terre, en cet endroit : ILS ONT SEMÉ DU BLÉ, ILS ONT RÉCOLTÉ DES ÉPINES (Jr 12, 13).

303.     À propos du premier point, il fait trois choses. Premièrement, il précise le châtiment en indiquant l’ampleur de l’extermination : [FAITES VENIR LES BÊTES SAUVAGES] POUR DÉVORER (Jr 12, 9), un grand nombre de cadavres. Ez 39, 17 : Ainsi parle le Seigneur : «Dis à tous les rapaces et à tous les oiseaux, ainsi qu’à tous les animaux des champs : “Rassemblez-vous, approchez-vous, accourez de partout vers ma victime que j’immole pour vous, une grande victime sur les montagnes d’Israël, pour manger sa chair et boire son sang. Vous mangerez la chair des puissants et vous boirez le sang des princes de la terre, etc.”» [Il précise aussi] l’affliction des ennemis en rapport avec ceux qui ont été tués : DE NOMBREUX PASTEURS (Jr 12, 10), c’est-à-dire les dirigeants des Chaldéens. Ci-dessus : Vers elle viendront des pasteurs et leurs troupeaux (Jr 6, 3). [ONT RAVAGÉ] MA VIGNE, la maison d’Israël. Is 5, 7 : La vigne du Seigneur, c’est la maison d’Israël. Ou bien : LES PASTEURS, les dirigeants du peuple, ONT ÉTÉ EXTERMINÉS, en étant tués. [Il précise encore le châtiment] pour ce qui est de ceux qui sont opprimés par la servitude et la captivité : ILS ONT PIÉTINÉ [MON DOMAINE]. Is 5, 5 : J’enlèverai la haie et elle sera pillée. Et pour ce qui est de la désolation du pays : ILS EN ONT FAIT UNE RÉGION DÉSOLÉE..., ET ON A PLEURÉ SUR MOI (Jr 12, 11), bien que tardivement. Os 2, 7 : Et elle dira : «J’irai et je reviendrai à mon premier mari, car c’était bien meilleur alors que maintenant.»

304.     Deuxièmement, il présente la cause du châtiment : TOUT LE PAYS EST DÉSOLÉ, ET IL N’Y A PERSONNE QUI PRENNE À CŒUR, les commandements et les bienfaits de Dieu. Is 5, 13 : Mon peuple a été emmené captif parce qu’il ne m’a pas connu.

305.     Troisièmement, il présente l’étendue du châtiment. En premier lieu, il montre le grand nombre des ennemis : PAR TOUS LES CHEMINS (Jr 12, 12), comme s’il disait : «Ils couvrent tous les chemins», DU DÉSERT, situé entre Jérusalem et Babylone. Ci-dessus : Un vent brûlant [s’abattra] sur tous les chemins de la fille de mon peuple, non pour la rafraîchir, mais pour la purifier, etc. (Jr 4, 11). En second lieu, le grand nombre des tués : CAR [LE SEIGNEUR TIENT] UNE ÉPÉE] DÉVORANTE, celle de la peste ou des Chaldéens. Dt 32, 42 : Mon épée dévorera les chairs. En troisième lieu, le manque de consolation : IL N’Y A DE PAIX [POUR AUCUNE CHAIR], comme s’il disait : «Personne ne sera épargné.» Is 57, 21 : Il n’y a pas de paix pour les impies, dit le Seigneur Dieu.

Leçon 4 — [Jr 12, 13]

306.     Il menace ici du châtiment de la stérilité. Premièrement, du manque de semence : ILS ONT SEMÉ (Jr 12, 13), comme s’il disait : «Les semences sont corrompues.» Mt 13, 27 : N’as-tu pas semé une bonne semence dans ton champ ? Comment se fait-il que tu aies de l’ivraie ? Is 5, 2 : Je m’attendais à ce qu’elle produise du raisin, et elle n’a produit que de la vigne sauvage.

307.     Deuxièmement, [il menace] de la suppression de l’héritage : ILS ONT REÇU UN HÉRITAGE ET IL N’A PAS PROFITÉ, car il sera dérobé par les ennemis. Lm 5, 2 : Notre héritage a été versé à des étrangers.

308.     Troisièmement, il conclut à la honte : ILS ONT HONTE [DE LEURS RÉCOLTES], à cause du manque de fruits. Is 24, 7 : La vendange est pitoyable, la vigne est affaiblie ; tous ceux dont le cœur était gai ont gémi.

Leçon 5 — [Jr 12, 14-16]

309.     Il présente ici la consolation venue du châtiment des ennemis. À ce propos, il fait trois choses. Premièrement, il présente leur venue : CEUX QUI TOUCHENT À MON HÉRITAGE (Jr 12, 14), en l’endommageant. Za 2, 8 : Celui qui touche à vous, c’est comme s’il touchait à la prunelle de mon œil. Ci-dessus : Voici que je t’ai établi aujourd‘hui sur les nations et sur les royaumes, pour les renverser, les détruire et les anéantir, pour les disperser et les reconstruire et les planter, etc. (Jr 1, 10).

310.     Deuxièmement, [il présente] leur retour : MAIS APRÈS LES AVOIR ARRACHÉS, JE VOUS TIRERAI DU MILIEU DES NATIONS (Jr 12, 15). Ez 36.

311.     Troisièmement, il leur présente un enseignement fondé sur la promesse de biens, s’ils agissent bien : ET S’ILS APPRENNENT LES VOIES DE MON PEUPLE..., ILS SERONT ÉDIFIÉS (Jr 12, 16), comme s’il disait : «Ils seront comptés parmi mon peuple», ce qui se rapporte à leur conversion. [Et il présente] la menace de châtiments : MAIS S’ILS NE VEULENT PAS M’ÉCOUTER, J’ARRACHERAI CETTE NATION EN LA DÉRACINANT ET EN L’EXTERMINANT (Jr 12, 17), d’une manière perpétuelle. Is 1, 19 : Si vous voulez m’écouter, vous mangerez les biens du pays.

312.     Remarque que les prélats détruisent le peuple par la perversité de leurs actions. Ci-dessus : Parce que les pasteurs se sont comportés de manière insensée et n’ont pas cherché le Seigneur, ils n’ont pas compris, et tout leur troupeau a été dispersé (Jr 10, 21). [Ils détruisent aussi le peuple] par la fausseté de leur enseignement. Plus loin : Mon troupeau, mon peuple s’est égaré, ses pasteurs l’ont séduit et l’ont fait errer dans les montagnes, etc. (Jr 50, 6). [Ils le détruisent encore] par leur crainte pusillanime. Za 11, 17 : Ô pasteur qui délaisse son troupeau ! L’épée s’attaque à son bras et à son œil droit ! [Ils le détruisent] par la rigueur de leur domination. Ez 34, 4-5 : Vous commandiez avec rigueur et puissance, et mes brebis ont été dispersées, etc. [Ils le détruisent] par la faiblesse de leurs soins. Za 11, 16 : Je susciterai un pasteur dans le pays, qui ne s’occupera pas de celui qui est abandonné, qui ne recherchera pas celui qui est perdu, qui ne guérira pas celui qui est abattu, n’entretiendra pas ce qui tient debout, dévorera la chair des bien portants et arrachera même leurs ongles.

CHAPITRE 13 — [UN PEUPLE ATTACHÉ À DIEU VA TOMBER]
Leçon 1 — [Jr 13, 1-7]

313.     Il montre ici la dignité du peuple par son attachement à Dieu. Et cela est divisé en deux parties : dans la première, il présente une comparaison ; dans la seconde, il applique la comparaison, en cet endroit : ET LA PAROLE DE DIEU ME FUT ADRESSÉE (Jr 13, 8).

314.     À propos du premier point, il fait trois choses. Premièrement, l’accès du peuple à la familiarité avec Dieu est indiquée, là où est indiqué l’ordre du Seigneur : VA (Jr 13, 1), au sens littéral, à l’endroit où ces choses sont vendues, car c’est Dieu qui, le premier, vient vers le peuple. 1 Jn 4, 10 : Non pas que nous ayons aimé Dieu, mais parce que c’est lui qui le premier nous a aimés. ACHÈTE [UNE CEINTURE], de moi, afin de posséder l’héritage en droit propre, comme un seigneur. Is 19, 25 : Mon héritage, c’est Israël. POUR TOI, pour ton usage, comme le peuple pour la gloire de Dieu. Is 43, 21 : Je me suis donné un peuple : il racontera ma louange. METS-LA AUTOUR DE TES REINS, pour qu’elle adhère à tes reins, dans lesquels se trouve la concupiscence de l’amour. Ainsi le peuple a-t-il été acquis en vue de l’amour de Dieu. Os 11, 4 : Je les menais par des attaches humaines, par des liens d’amour. [UNE CEINTURE] DE LIN, qui est tiré de la terre à l’état brut, mais est enjolivé par l’attention que l’homme lui porte. Ainsi agira ce peuple pour le culte de Dieu. Ez 16, 6 : En passant près de toi, j’ai vu que tu baignais dans ton sang, etc. MAIS NE LA TREMPE PAS DANS L’EAU. Jb 38, 3 : Ceins tes reins comme un homme : je t’interrogerai, réponds-moi ! Où étais-tu lorsque je posais les bases de la terre, etc. ? Car les réalités divines sont exprimées non seulement par les paroles, mais par les gestes des prophètes. C’est ainsi qu’il est dit en Os 12, 11 : Je ressemblais aux mains des prophètes. L’accomplissement du commandement est aussi présenté : J’ACHETAI [UNE CEINTURE] (Jr 13, 2), par quoi est signalée l’obéissance du prophète. Gn 6, 9 : Noé fut un homme juste et parfait parmi ses contemporains ; il marchait avec Dieu, etc.

315.     Deuxièmement, le rejet du peuple est indiqué : UNE DEUXIÈME FOIS, LA PAROLE DE DIEU ME FUT ADRESSÉE : «PRENDS [LA CEINTURE]» (Jr 13, 3-4) ; ainsi rejetterai-je le peuple loin de moi. «VA À L’EUPHRATE», par quoi est signifiée la puissance des Assyriens et des Chaldéens, par lesquels le peuple a été fait captif. Is 8, 7-8 : Le Seigneur fera monter contre eux les eaux fortes et puissantes du fleuve, le roi des Assyriens et toute sa gloire. Et il franchira toutes ses rives et se répandra sur tous les rivages ; et il inondera Juda et il l’atteindra jusqu’au cou. CACHE [LA CEINTURE] : ainsi, le peuple, comme caché par les eaux, sera-t-il caché. Plus loin : Il m’a englouti ; tel un dragon, il a empli son ventre de mes chairs tendres, puis il m’a rejeté (Jr 51, 34). DANS LA FENTE D’UN ROCHER : pour que [la ceinture] ne soit pas emportée, par quoi est signifié qu’un reste du peuple subsistera à l’avenir et qu’il ne périra pas tout entier. Ci-dessus : Je ne l’exterminerai pas (Jr 4, 27).

316.     Troisièmement, le retour du peuple est signifié. En premier lieu, le retour du peuple est signifié : BIEN DES JOURS PLUS TARD (Jr 13, 6), pour indiquer qu’ils seront en captivité pendant plusieurs années. Plus loin : Quand seront accomplis les soixante-dix ans à Babylone, je vous visiterai et je réaliserai pour vous ma parole de bonheur en vous ramenant ici (Jr 29, 10). En second lieu, l’état du peuple est signifié : VOICI QUE LA CEINTURE ÉTAIT DÉTRUITE [ET INUTILISABLE] (Jr 13, 7). Ainsi, la puissance et la beauté du peuple avaient été détruites. Ez 15, 5 : Servira-t-il à quelque chose ? Déjà, lorsque [le bois] était intact, il ne servait à rien. Alors, lorsque le feu l’a consumé et brûlé, pourra-t-on encore en faire quelque chose ?

Leçon 2 — [Jr 13, 8-27]

317.     Ici est présentée l’application de la comparaison. À ce propos, il fait deux choses. Premièrement, il applique la comparaison pour ce qui est du châtiment : VOICI QUE JE DÉTRUIRAI L’ORGUEIL (Jr 13, 9), de sorte que toute force et toute beauté passent. Jl 1 17 : Les bêtes pourriront dans leurs excréments ! [Il applique aussi la comparaison] pour ce qui est de la cause du châtiment, à savoir, la désobéissance : CE PEUPLE MAUVAIS (Jr 13, 10). Ex 33, 3 : Le Seigneur dit à Moïse : «Parle aux fils d’Israël. Ce peuple a la nuque raide, etc.» ILS DEVIENDRONT COMME CETTE CEINTURE. Il applique encore la comparaison] pour ce qui est de la grâce de la familiarité avec Dieu : CAR DE MÊME QU’UNE CEINTURE S’ATTACHE AUX REINS D’UN HOMME, AINSI M’ÉTAIS-JE ATTACHÉ TOUTE LA MAISON D’ISRAËL (Jr 13, 11). Dt 10, 14-15 : C’est bien au Seigneur ton Dieu qu’appartiennent les cieux et les cieux des cieux, la terre et tout ce qui s’y trouve. Et pourtant, le Seigneur ne s’est attaché qu’à tes pères et les a aimés, et il a choisi leur descendance après eux, vous-mêmes, parmi toutes les nations, comme il le montre aujourd’hui.

318.     Deuxièmement, il poursuit d’une manière particulière avec l’ordre du châtiment : TU LEUR DIRAS DONC (Jr 13, 12). À ce propos, il fait deux choses. En premier lieu, il montre le danger imminent en présentant un exemple : TOUTE CRUCHE, c’est-à-dire quiconque parmi le peuple, PEUT ÊTRE REMPLIE DE VIN ! de tribulations. Is 41, 15 : Tu écraseras les montagnes, tu les raboteras et les pulvériseras. [Il montre aussi] leur mépris envers cet exemple : MAIS ILS TE RÉPONDRONT : [«NE SAVONS-NOUS PAS QUE TOUTE CRUCHE PEUT ÊTRE REMPLIE DE VIN ?»]. Jb 12, 3 : Qui ignore ce que vous savez ? [Il montre encore] l’explication [de Jérémie] : TU LEUR DIRAS : «[VOICI QUE JE VAIS REMPLIR] D’IVRESSE [LES HABITANTS DE CE PAYS]» (Jr 13, 13), de sorte qu’ils ne sauront pas ce qu’ils doivent faire. Is 29, 9 : Devenez ébranlés et titubants, ivres, mais non de vin, etc. [Il montre encore le danger imminent] pour ce qui est de la captivité : ET JE LES DISPERSERAI (Jr 13, 14), de sorte qu’ils ne pourront pas se consoler mutuellement. Os 13, 14-15 : La consolation a été cachée à mes yeux, car il divisera les frères. [Il le montre] pour ce qui est de la sévérité de la sentence : JE NE LES ÉPARGNERAI PAS, JE SERAI SANS MERCI, comme pour les émouvoir, parce qu’ils sont entêtés, ou pour les convaincre, car ils sont manifestement mauvais. Pr 6, 34-35 : Car la jalousie et la rage du mari seront sans pitié au jour de la vengeance, il n’accédera aux prières de personne et n’acceptera pas même les plus grands dons en compensation.

319.     En second lieu, il leur donne un conseil utile pour échapper [au châtiment], à savoir, de se faire humbles : ÉCOUTEZ ! (Jr 13, 15). Premièrement, en proposant à tout le peuple un conseil contre le vice d’orgueil : PLUS D’ORGUEIL ! en raison de l’orgueil. [C’EST LE SEIGNEUR] QUI A PARLÉ, par ce conseil ou par les châtiments que j’ai prédits. Ps 75[74], 6 : Ne vous enorgueillissez pas par votre force, n’exprimez pas d’iniquité contre Dieu. Et contre le commandement de Dieu, [orgueil et désobéissance] qui sont à la source de tout péché : RENDEZ GLOIRE AU SEIGNEUR VOTRE DIEU ! (Jr 13, 16). Dt 32, 3-4 : Reconnaissez la magnificence de notre Dieu : les œuvres de Dieu sont parfaites et toutes ses voies sont justes. Puis il revient au danger imminent [provoqué] par l’aveuglement de leur cœur : AVANT QUE NE VIENNENT LES TÉNÈBRES, c’est-à-dire avant que ne vous arrivent les tribulations, dans lesquelles vous ne saurez quoi faire. Jn 12, 35 : Marchez pendant que vous avez la lumière, afin que les ténèbres ne vous saisissent pas. [Les tribulations] de la captivité : AVANT QUE [VOS PIEDS] NE SE HEURTENT, lorsque vous serez menés en captivité, AUX MONTAGNES ENTÉNÉBRÉES, c’est-à-dire celles de Babylone, en raison de l’élévation, ou en raison de la déficience de leur vue, ou en raison de l’abondance des vapeurs. Is 13, 2 : Levez un signal sur le mont couvert, élevez la voix, etc. [Les tribulations] de la sévérité de la sentence : TU ATTENDRAS LA LUMIÈRE, c’est-à-dire la consolation divine, mais tu ne la trouveras pas. Ci-dessus : Nous espérions la paix, mais rien de bon n’est venu ; un temps de secours, mais ce fut l’épouvante ! (Jr 8, 15). Et il indique le châtiment contre le mépris du conseil, en présentant la compassion du prophète : SI VOUS N’ÉCOUTEZ PAS, VOTRE ÂME PLEURERA EN SECRET (Jr 13, 17), comme pour ne pas offenser les vainqueurs. Is 22, 4 : Éloignez-vous de moi, je pleurerai amèrement. Ne vous attardez pas à me consoler devant la dévastation de la fille de mon peuple ! Ez 24, 23 : Vous ne vous plaindrez pas ni ne pleurerez, mais vous vous consumerez dans vos iniquités. [Il indique aussi] la raison de sa compassion : IL PLEURERA ET MES YEUX LAISSERONT COULER DES LARMES, CAR LE TROUPEAU DU SEIGNEUR PART EN CAPTIVITÉ. Plus loin : Mon peuple est devenu un troupeau égaré, ses pasteurs l’ont séduit et l’ont fait errer sur les montagnes (Jr 50, 6).

320.     Deuxièmement, il donne le même conseil au roi, en l’invitant à l’humilité : DIS AU ROI (Jr 13, 18), c’est-à-dire à Jéchonias, ET À LA REINE MÈRE, c’est-à-dire à sa mère, car il se livra à Nabuchodonosor avec sa mère, 2 R 24, 8s. ASSOYEZ-VOUS À TERRE ! en signe d’humilité. Is 47, 1 : Descends, assieds-toi dans la poussière, vierge, fille de Babylone, assieds-toi à terre ! Et il donne la raison de la perte du royaume : CAR ELLE EST TOMBÉE DE TA TÊTE, LA COURONNE. Lm 5, 16 : La couronne [de notre tête est tombée. [La raison] du siège des villes : LES VILLES DU SUD [SONT BLOQUÉES] (Jr 13, 19), car le sort de Juda se jouait au sud, Jos 15. IL N’Y A PERSONNE QUI OUVRE, en rompant le siège, à savoir, l’Égyptien. [La raison] de la captivité du peuple : [TOUT JUDA] EST DÉPORTÉ. Lm 1, 3 : Juda s’est déplacé à cause de l’affliction et d’une grande servitude ; il a demeuré parmi les nations et n’a pas trouvé de repos.

321.     Troisièmement, il présente le même conseil à la ville royale : en premier lieu, il l’incite à l’humilité ; en second lieu, il s’étonne de leur entêtement, en cet endroit : MALHEUR À TOI, JÉRUSALEM ! (Jr 13, 27).

322.     Il l’incite à l’humilité pour quatre raisons. Premièrement, en raison de la puissance des ennemis, en présentant la puissance des ennemis : LÈVE LES YEUX, en portant attention, [ET REGARDE CEUX QUI ARRIVENT DU NORD] (Jr 13, 20), devant les puissants. Ci-dessus : Voici qu’un peuple vient du pays du Nord, qu’un peuple nombreux viendra des extrémités de la terre ! (Jr 6, 22). Et il écarte la confiance des sujets : OÙ EST LE TROUPEAU [QUI T’A ÉTÉ CONFIÉ] ? La multitude du peuple qui t’a été soumise, comme s’il disait : «La ville royale et sacerdotale ne pourra pas t’être utile !» Ez 34, 10 : Voici que je m’impose aux pasteurs. Je leur retirerai mon troupeau et je mettrai un terme à leur action, de sorte qu’ils ne paîtront pas davantage mon peuple et ne se paîtront plus eux-mêmes. Je libérerai mon troupeau de leur bouche, et il ne leur servira plus de pâture. Il précise aussi la cause pour laquelle [le peuple] est livré aux mains des ennemis, en écartant leurs excuses : QUE DIRAS-TU [QUAND ILS VIENDRONT TE CHÂTIER] ? (Jr 13, 21), pour te justifier. Jb 9, 3 : Si tu veux discuter avec lui, tu ne pourras lui répondre. Et il précise la raison : CAR TU LES AS FORMÉS, lorsque, en les appelant au secours, tu leur as fait connaître tes conditions. Ci-dessus : En plus de ta méchanceté, tu as enseigné tes voies (Jr 2, 33). Ou bien, il aborde l’exposition du trésor faite par Ézéchias aux émissaires du roi de Babylone, Is 39.

323.     Deuxièmement, [il incite à l’humilité] en raison des douleurs infligées, en menaçant de douleurs : LES DOULEURS NE VONT-ELLES PAS TE SAISIR [COMME UNE FEMME EN TRAVAIL] ? Ci-dessus : Comme le cri d’une femme qui accouche, comme les angoisses d’une femme qui enfante (Jr 4, 31). Et il en précise la raison, la multitude de leurs péchés : SI TU DIS DANS TON CŒUR : «POURQUOI DE TELS MALHEURS M’ARRIVENT-ILS ?» (Jr 13, 22). Comme châtiment. C’EST EN RAISON DE TON COMPORTEMENT HONTEUX, les péchés les plus honteux, DE TES AMOURS, tes affections. Jb 22, 5 : En raison du grand nombre de tes fautes et de tes iniquités infinies. Ou bien, il aborde ici le fait qu’ils ont été menés en captivité à pied et que, pour traverser les fleuves, ils ont été obligés de dénuder même leurs membres honteux, et qu’ils ont dû aller pieds nus ; ainsi la plante de leurs pieds était souillée de boue et de poussière. Is 47, 2 : Mets à nu tes parties honteuses, découvre tes bras, montre tes os, traverse les fleuves : ta honte sera révélée et ton opprobre sera vu. Aussi, l’entêtement des pécheurs : UN ÉTHIOPIEN, à cause de l’infection naturelle du péché, PEUT-IL CHANGER (Jr 13, 23), comme s’il disait : «Vous pouvez difficilement vous convertir», OU UNE PANTHÈRE ? à cause de la ruse ou de la diversité des péchés; [ET VOUS, POUVEZ-VOUS BIEN AGIR], ALORS QUE VOUS ÊTES HABITUÉS AU MAL ? Pr 22, 6 : Voilà un proverbe : mets le jeune homme dans le droit chemin ; devenu vieux, il ne s’en détournera pas.

324.     Troisièmement, il incite à l’humilité en raison de leur captivité à venir, en menaçant de la dispersion de la captivité : JE VOUS DISPERSERAI [COMME UNE PAILLE LÉGÈRE AU SOUFFLE DU DÉSERT] (Jr 13, 24). Ps 83[82], 14 : Mon Dieu, fais-les tourbillonner comme un fétu en proie au vent. Et Ps 59[58], 12 : Disperse-les dans ta grande puissance. Et il en précise la raison : TEL EST TON LOT (Jr 13, 25), ce qui t’est dû pour tes péchés..., [CAR TU M’AS OUBLIÉ EN TE CONFIANT] AU MENSONGE. Is 27, 8 : Mesure pour mesure, lorsqu’elle aura été rejetée, il la jugera, etc.

325.     Quatrièmement, [il incite à l’humilité] en raison de la manifestation de leurs péchés. En premier lieu, il présente la menace : MOI-MÊME, JE TE METS À NU, la honte de tes péchés, JUSQU’À TON VISAGE (Jr 13, 26), afin que tu te reconnaisses. ET [TES ADULTÈRES, TA HONTEUSE PROSTITUTION] SONT APPARUS (Jr 13, 27), même aux autres. Ez 16, 37 : Je mettrai à nu ta honte devant eux, et tous verront ta turpitude. Et il en précise la raison : SUR LES COLLINES ET DANS LA CAMPAGNE, J’AI VU TES ABOMINATIONS, comme s’il disait : «Parce que tu as péché publiquement, tu seras puni publiquement.» Ci-dessus : Sur toute colline élevée et sous tout arbre vert, tu t’es étendue comme une prostituée ! (Jr 2, 20). Finalement, il s’étonne de son entêtement : MALHEUR À TOI ! JUSQUES À QUAND, viendras-tu ou prétendras-tu me suivre ? Ps 4, 3 : Fils d’hommes, jusqu’où irez-vous d’un cœur lourd, pourquoi aimez-vous la vanité et cherchez-vous le mensonge ?

326.     Remarque que le vin, au sens mystique, est parfois bon et parfois mauvais. En effet, il existe un bon vin de la sagesse. Pr 9, 5 : Buvez le vin que je vous ai mêlé. [Le bon vin] de l’amour divin. Ct 8, 2 : Je te donnerai un vin parfumé, la liqueur de mes grenades. [Le bon vin] de la componction. Ps 60[59], 5 : Tu nous as abreuvé du vin de la componction. Mais il y a le mauvais vin de la ruse trompeuse. Dt 32, 33 : Leur vin est du venin de serpent, du poison de vipère incurable. [Le mauvais vin] du plaisir charnel. Ap 14, 8 : [Babylone] a abreuvé toutes les nations du vin irascible de sa fornication et les rois de la terre ont forniqué avec elle. [Le mauvais vin] de l’indignation divine. Ap 14, 9 : Si quelqu’un adore la bête et son image, et accepte son sceau sur son front ou sur sa main, celui-ci boira le vin de la colère de Dieu, qui a été mêlé au vin pur dans le calice de sa colère.

327.     Il faut aussi remarquer que l’Esprit Saint est appelé vent du sud en raison de sa chaleur. Jb 37, 17 : Tes vêtements ne sont-ils pas chauds, lorsque la terre est effleurée par le vent du sud ? En raison de sa splendeur. Ha 3, 3 : Dieu viendra du sud, et le Saint du mont Pharan. Il a couvert les cieux de sa gloire. En raison de l’élévation de son vol. Jb 39, 26 : N’est-ce pas par ta sagesse que le faucon prend son vol, qu’il déploie ses ailes vers le sud ? En raison de l’abondance de la pluie. Ps 126[125], 4 : Seigneur, change notre captivité comme un torrent du sud. En raison de la fructification des arbres. Ct 4, 16 : Que vienne le vent du sud, qu’il souffle sur mon jardin, qu’il distille les aromates !

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