12. [85244] Sur les Lamentations, 1, 1.
Ce livre se divise en deux parties.
Dans la première, le prophète déplore le malheur du peuple ; dans la seconde, par la prière il se tourne vers la miséricorde divine, chapitre 5 : Souviens-toi, Seigneur, de ce qui nous est arrivé…
La première [partie] se divise en trois. Dans la première, il pleure sur le malheur de l’esclavage ; dans la deuxième sur le malheur de la destruction, chapitre 2 : Comment ! Le Seigneur en sa fureur a enténébré la fille de Sion… ; dans la troisième sur le malheur de la captivité, chapitre 4 : Comment ! L’or s’est terni…
La première [partie se divise] en deux : premièrement le prophète déplore l’abaissement de son peuple ; deuxièmement il introduit la plainte du peuple ou de la cité, là : O vous tous qui passez…[verset 12].
La première en deux : dans la première il déplore la servitude ; dans la deuxième il décrit en détail la grandeur de la servitude, là : Juda a émigré etc. [verset 3].
Pour le premier point il fait deux choses : premièrement il montre la servitude du peuple, ou l’abjection quant à la perte de la gloire ; deuxièmement quant à la violation de l’amitié, là : Pleurant elle pleura etc. [verset 2].
13. [Verset 1, Aleph :
Comment ! Elle est assise, désertée, la ville pleine de peuple !
Elle est devenue comme une veuve, la maîtresse des nations,
La princesse des provinces est soumise au tribut.]
Il montre aussi sa gloire par trois choses. Premièrement parce qu’elle [était] peuplée de nombreux citoyens : COMMENT ! ELLE EST ASSISE, avilie et découragée, DÉSERTÉE, abandonnée par ses habitants. Ba 4, [19-20] : Moi je reste délaissée, solitaire. J’ai quitté la robe de paix. PLEINE, autrefois. 1R 4, [20] : Juda et Israël étaient innombrables, [aussi nombreux que le sable qui est au bord de la mer]. Is 22, [2] : Ville populeuse, cité joyeuse.
Deuxièmement parce que ses princes lui faisaient honneur, car c’était une cité royale et sacerdotale. ELLE EST DEVENUE COMME VEUVE de ses rois ou de ses prêtres. Is 47, [9] : Ces deux [malheurs] t’arriveront en un seul jour : privation d’enfants et veuvage. MAÎTRESSE DES NATIONS qui jadis lui étaient soumises. Ez 5, [5] : Celle-ci est Jérusalem placée au milieu des nations.
Troisièmement, [parce qu'elle était] enrichie de tributs : PRINCESSE DES PROVINCES qu’elle avait rendues tributaires. 2S 8, [2, 6] : Moab (…) et la Syrie devinrent sujets de David et lui payèrent tribut. Ou bien Salomon avait divisé son royaume entre elles, préposant des préfets à chacune (1R 4). ELLE EST SOUMISE AU TRIBUT des Chaldéens. Pr 12, [24] : La main vaillante dominera, mais celle qui est nonchalante sera soumise au tribut.
14. En tête de ce verset est mise la lettre ALEPH, qui se traduit « enseignement », pour montrer que c’est parce que le peuple a manqué à l’observance de l’enseignement divin dont il avait connaissance, qu’il a été mis en captivité. Is 5, [13] : C’est pourquoi mon peuple a été emmené en captivité, parce qu’il n’a pas eu la science.
Il faut savoir aussi qu’alors que généralement [Jérémie] utilise des couleurs et des lieux rhétoriques, dans cette Lamentation, il y a le "lieu d'appel à la pitié" n° 4[10].
Allégoriquement : LA VILLE [signifie] l’Église présente, PLEINE DE PEUPLE : rassemblement de nations diverses, MAÎTRESSE DES NATIONS obéissant à la foi, PRINCESSE DES PROVINCES : des diverses Eglises pour lesquelles elle décrète le chemin de vie, a été DÉSERTÉE, la protection ou l’aide des anges l’ayant abandonnée, VEUVE, car la présence de son époux lui a été ôtée, TRIBUTAIRE : exposée aux tyrans.
Moralement : LA CITÉ [signifie] l’âme, PLEINE DE PEUPLE : de bonnes affections, MAÎTRESSE DES NATIONS : des vices, PRINCESSE DES PROVINCES : ses sens, DÉSERTÉE par les suffrages des bons, VEUVE des embrassements de son époux, TRIBUTAIRE des vices.
[10] "Locus consuestionis", terme technique de rhétorique. Voir le De Inventione de Cicéron.
15. [85245] Sur les Lamentations, 1, 2
[Verset 2, Beth :
Pleurant elle a pleuré la nuit, et les larmes sur ses joues,
Il n’y a personne pour la consoler parmi tous ses chéris,
Tous ses amis l’ont dédaignée et lui sont devenus ennemis.]
Ici il pleure sur la violation de l’amitié, et premièrement il montre la nécessité des amis : PLEURANT, comme si Jérusalem [était] continuellement pressée de diverses adversités, LA NUIT, en privé par peur des ennemis, ou dans l’adversité, SUR SES JOUES, parce qu’il n’y avait personne pour essuyer. Ps 6, [7] : Chaque nuit je baignerai mon lit ;
deuxièmement la soustraction de l’aide : IL N’Y A PERSONNE POUR LA CONSOLER, lui offrir une aide contre les ennemis. PARMI TOUS SES CHÉRIS, Égyptiens et autres alliés. Qo 4, [1] : J’ai vu les calomnies qui sont faites sous le soleil, et les larmes des innocents, et pas de consolateur ;
troisièmement le changement de sentiment : TOUS SES AMIS. Jb 19, [13] : Il a éloigné mes frères de moi, et mes relations se sont écartées de moi comme des étrangers.
16. En tête de ce verset il y a la lettre BETH, qui se traduit « maison », parce que la maison de Jacob est en pleurs.
Lieu d'appel à la pitié n°13.
Allégoriquement : l’Église pleure les adversités SUR SES JOUES : les prélats, PARMI TOUS SES CHÉRIS : les saints anges, ONT DÉDAIGNÉ en se conformant à la justice divine.
Moralement : l’âme pleure LA NUIT ses péchés, SUR SES JOUES : sa conscience dans laquelle parle l’action humaine ; PARMI TOUS SES CHÉRIS : les affections privées ; ONT DÉDAIGNÉ les sentiments de jouissance dépravée.
17. [85246] Sur les Lamentations, 1, 3
Ici il décrit en détail le malheur de la servitude, pour en montrer la grandeur. Et [le verset] est divisé en deux parties. Dans la première il déplore ce [malheur] quant à l’oppression des hommes ; dans la deuxième quant au pillage des biens, là : L’ennemi a étendu sa main vers tous ses biens désirables [verset 10].
La première [se divise] en deux : dans la première il déplore le malheur de l’oppression, dans la seconde il montre la raison du malheur, là : Jérusalem a péché un péché [verset 8].
Pour le premier point il fait deux choses : premièrement il déplore leur malheur quant à [la situation] présente qu’ils supportaient ; deuxièmement quant aux [événements] passés qu’ils ruminaient, là : Et Jérusalem s’est souvenue des jours de son affliction [verset 7].
Pour le 1 il aborde trois points : premièrement le malheur de la servitude pour ceux qui fuient ; deuxièmement pour ceux qui restent, là : Les chemins de Sion sont en deuil etc. [verset 4]; troisièmement pour les captifs, là : Ses oppresseurs ont le dessus [verset 5].
18. [Verset 3, Gimel :
Juda a émigré, à cause de l’oppression et de la multitude de servitude,
Elle a habité parmi les nations et n’a pas trouvé le repos,
Tous ses poursuivants l’ont atteinte dans des lieux étroits].
Pour le premier point il aborde trois choses.
Premièrement la fuite : A ÉMIGRÉ, fuyant son pays vers les pays voisins, A CAUSE DE L’OPPRESSION contre les personnes, ET DE LA MULTITUDE DE SERVITUDE dans les tributs qu’ils supportaient sur leur propre terre de la part des Chaldéens. Is 16, [4] : Ils habiteront chez toi mes réfugiés. Que Moab soit leur refuge. Is 21, [14-15] : Vous qui habitez la terre du Sud, allez avec des pains à la rencontre du réfugié, car ils ont fui la face des épées, la face de l’épée dressée.
Deuxièmement il déplore l’angoisse qui menace les fugitifs : ELLE A HABITÉ PARMI LES NATIONS, Moabites et Ismaélites, ET N’A PAS TROUVÉ LE REPOS, car là aussi elle a souffert l’angoisse de leur part. Dt 28, [65] : Parmi ces nations non plus tu n’auras pas de tranquillité, et il n’y aura pas de repos pour la plante de ton pied.
Troisièmement il prédit les angoisses à l’arrivée de la puissance ennemie : TOUS SES POURSUIVANTS Chaldéens L’ONT ATTEINTE DANS DES LIEUX ÉTROITS, [angoisses][11] qu’ils subissaient de la part de ceux auprès de qui ils s’étaient réfugiés, comme en Égypte. Jr 42, [16] : L’épée que vous redoutez vous atteindra en terre d’Egypte, et la famine qui vous inquiète s’attachera à vous. Ez 6, [9 : …parmi les nations où ils seront captifs, eux dont j’aurai brisé le cœur prostitué qui m’a abandonné, et les yeux qui se prostituent après leurs ordures. Jr 2, 24] : Ceux qui la cherchent ne la manqueront pas, et dans ses menstruations ils la chercheront.
19. En tête de ce verset est la lettre GIMEL, qui se traduit « plénitude », car à cause de la multitude de leurs péchés ils ont subi la plénitude du malheur. Mt 23, [32] : Et vous, comblez la mesure de vos pères. Lc 6, [38] : De la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous.
Lieu d'appel à la pitié n°10.
Allégoriquement : JUDA, l’Eglise qui est unie au Christ, A ÉMIGRÉ d’ennemis en ennemis, elle cherche le repos auprès de nous ET NE LE TROUVE PAS, mais elle est opprimée par tous à volonté.
Moralement : JUDA, l’âme qui doit confesser Dieu, A ÉMIGRÉ vers les vices, PARMI LES NATIONS : les vices ou les démons ; [PAS] LE REPOS à cause des moqueries des vices ou des démons ; SES POURSUIVANTS, les démons, L’ONT ATTEINTE dans la mort.
[11] Angustiae signifie « lieux étroits » et « angoisses »
20. [85247] Sur les Lamentations, 1, 4
[Verset 4, Dalet :
Les chemins de Sion sont en deuil en ce que nul ne vient à ses fêtes,
Toutes ses portes sont détruites, ses prêtres gémissent,
Ses vierges en vêtements de deuil, et elle-même opprimée d’amertume.]
Ici il déplore le malheur de ceux qui restent, premièrement quant aux étrangers dont elle était peuplée. LES CHEMINS DE SION SONT EN DEUIL, ils suscitent le deuil. SES FÊTES, les trois : la Pâque, la Pentecôte, la fête des Tentes. Is 33, [8] : Les routes sont détruites, il n’y a plus de passant sur le sentier, le pacte est rompu ; deuxièmement quant aux personnes qui faisaient honneur à la cité, à savoir : les princes : TOUTES SES PORTES SONT DÉTRUITES, car on rendait la justice aux portes. Is 3, [26] : Ses portes s’affligeront et seront en deuil, désolée elle s’assiéra par terre ; les prêtres : SES PRÊTRES GÉMISSENT. Jl 2, [17] : Entre le vestibule et l’autel pleureront les prêtres ; les vierges : SES VIERGES EN VÊTEMENTS DE DEUIL, enlaidies. Jb 30, [3] : Avilis par le désastre et la misère, ils mangeront l’herbe des steppes.[Voir] Ml 1. Et les princes ont gémi [réf ?] ; troisièmement quant au peuple qui la remplissait : ET ELLE-MÊME, la cité, OPPRIMÉE D’AMERTUME. Rt 1, [20] : Le Tout-Puissant m’a remplie d’une grande amertume.
21. En tête de celui-ci est la lettre DALET, c’est-à-dire « passé à la herse », car il pleure sur la destruction du Temple, qui était lambrissé de cèdre couvert d’or, comme il est dit en 1R 6.
Lieu d'appel à la pitié n°8.
Allégoriquement : LES CHEMINS - vers le ciel - DE SION [signifient] les prophètes et les prédicateurs ; AUX FÊTES de la patrie céleste ; LES PORTES : les prélats de l’Eglise, qui font entrer [les gens] ; LES PRÊTRES, serviteurs du sacré, LES VIERGES, qui dans l’Eglise ont le premier rang : tous ceux-là sont ébranlés pour les péchés, et comme ils sont ébranlés, même le peuple qui est au-dessous est lui-même rempli d’amertume. D’où Ex 32, [19] : Moïse brisa les tables.
Moralement : LES CHEMINS sont les vertus de l’âme, AUX FÊTES de la contemplation, LES PORTES : les sens, LES PRÊTRES, les âmes dans la sainteté de la religion divine, LES VIERGES, [les âmes] dans la pureté de conscience ; ceux-ci ébranlés, l’âme elle-même est opprimée par l’amertume des vices.
22. [85248] Sur les Lamentations, 1, 5
Ici il pleure sur l’oppression en ce qui concerne les captifs, et premièrement il pleure sur la captivité des plus petits, deuxièmement [sur celle] des plus âgés, là : De la fille de Sion s’est retirée toute sa beauté [verset 6].
[Verset 5, Hé :
Ses oppresseurs ont été mis à sa tête, ses ennemis sont enrichis,
Car le Seigneur a parlé sur elle à cause de la multitude de ses péchés,
Ses petits enfants ont été emmenés captifs devant l’oppresseur.]
Pour le premier point il présente trois choses.
Premièrement l’élévation des ennemis dans la puissance : LES ENNEMIS, les Chaldéens, À LA TÊTE, autrement dit dominant sur eux. Et quant aux richesses : ILS SONT ENRICHIS. Dt 28, [44] : C’est lui [l’étranger qui est chez toi] qui sera à la tête et tu seras à la queue.
Deuxièmement il donne la raison de cette élévation : CAR LE SEIGNEUR A PARLÉ, en quelque sorte [il a prononcé] des sentences contre elle, inspirant aux nations de venir, ou faisant des prédictions par l’intermédiaire de Moïse. Et cela, À CAUSE DE LA MULTITUDE DE SES PÉCHÉS. [Voir] Jr 28. Je parlerai contre la nation et contre le royaume, pour le détruire et le disperser [réf ?].
Troisièmement il présente la captivité, SES PETITS ENFANTS, c’est-à-dire les petits enfants du peuple. Is 5, [13] : C’est pourquoi mon peuple a été emmené captif, parce qu’il n’a pas eu la science.
23. En tête de celui-ci, il y a la lettre HÉ, c’est-à-dire, ce sont les lois que le Seigneur avait dites par l’intermédiaire de Moïse.
Il y a le lieu d'appel à la pitié n° 8.
Ce qui est dit, À CAUSE DE LA MULTITUDE…, est la première partie de la condition générale supposée, qu’on appelle concession[12].
Allégoriquement : LES ENNEMIS - les hérétiques, parce que la science manque dans l’Eglise - ONT ÉTÉ MIS À LA TÊTE : ils gagnent dans les discussions ; ENRICHIS par leur éloquence. LE SEIGNEUR A PARLÉ : donné la permission ; LES PETITS ENFANTS : les débutants, EN CAPTIVITÉ : séparés de l’Église.
Moralement : LES ENNEMIS [signifient] les démons, À LA TÊTE : corrompant l’intention, ENRICHIS par la multiplicité des péchés ; A PARLÉ : permis ; LES PETITS ENFANTS : les mouvements et passions ; L’OPPRESSEUR : le démon. Ps 12, [5] : Mes persécuteurs se réjouiront si je suis ébranlé.
[12] La notion de concession, issue du verbe latin concedere (se retirer, admettre une opinion, convenir de), appartient au vocabulaire de la rhétorique avant d'appartenir à celui de la grammaire. Non répertoriée chez Aristote, elle reçoit sa première définition dans le De institutione oratoria de Quintilien : « aveu qui ne peut porter aucun préjudice [...] concession lorsque, forts de la bonté de notre cause, nous avons l'air d'admettre même des faits qui nous sont contraires ».
24. [85249] Sur les Lamentations, 1, 6
[Verset 6, Vav :
De la fille de Sion s’est retirée toute sa beauté,
Ses princes sont devenus comme des béliers qui ne trouvent pas de pâture,
Ils ont cheminé sans force devant qui les suivait.]
Ici il pleure sur la captivité des plus âgés, et à ce propos il fait trois choses.
Premièrement il expose la perte des ornements : DE LA FILLE DE SION, c’est-à-dire de Jérusalem, S’EST RETIRÉE TOUTE SA BEAUTÉ, les vases qui ont été enlevés, les trésors, les princes, les prêtres, avec Joiakîn le petit-fils de Josias (2R 24). Ez 19, [14] : Tes vases d’honneur seront enlevés.
Deuxièmement le manque de nourriture : SES PRINCES SONT DEVENUS COMME DES BÉLIERS QUI NE TROUVENT PAS DE PÂTURE, ni pour eux, ni pour le peuple, car même le pain a manqué dans la ville quand elle était assiégée au temps de Sédécias, comme il est dit en Jr 34, et en Is 5, [13] : Ses nobles sont morts de faim et sa multitude a séché de soif.
Troisièmement il met la captivité des princes : ET ILS ONT CHEMINÉ SANS FORCE, ne pouvant résister, DEVANT QUI LES SUIVAIT, fuyant comme il est dit au dernier chapitre de Jérémie. Les princes ont fui dans les campagnes de Jéricho, Ps 37, [11] : Ma force m’a quitté.
25. En tête de ce verset est placée la lettre VAV, qui se traduit « et », autrement dit ces choses aussi s’ajoutent à celles qui précèdent pour que le Seigneur nous venge.
Et il y a le lieu d'appel à la pitié n° 5.
Allégoriquement : LA FILLE céleste DE SION est l’image de l’Église, et quand la beauté de la foi s’est retirée d’elle, même LES PRINCES - les prélats - vont dans diverses erreurs ; DEVANT QUI LES SUIVAIT, le diable ou l’hérétique qui pervertit la foi, eux QUI NE TROUVENT PAS dans les Écritures LA PÂTURE de la parole de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ.
26. [85250] Sur les Lamentations, 1, 7
[Verset 7, Zaïn :
Jérusalem s’est souvenue de ses jours d’affliction et de transgression, de toutes ses choses désirables qu’elle avait eues depuis les jours anciens,
Quand son peuple tombait dans la main de l’ennemi et qu’il n’y avait pas de soutien,
Les ennemis l’ont vue et ont ri de ses sabbats.]
Ici il déplore le malheur venu du souvenir du passé, et premièrement il présente le souvenir du passé, c’est-à-dire DE L’AFFLICTION passée, qui, lorsqu’on s’en souvient, suscite la lassitude ; DE LA TRANSGRESSION, c’est-à-dire des péchés, qui suscitent le remords de conscience ; DES CHOSES DÉSIRABLES, c’est-à-dire des prospérités qui causent et allument le désir de concupiscence. Is 38, [15] : Je repenserai à toi pendant mes années, dans l’amertume de mon âme ; deuxièmement il expose la souffrance des malheurs présents : QUAND SON PEUPLE TOMBAIT DANS LA MAIN DE L’ENNEMI. Ps 21, [12] : Proche est l’angoisse, point de secours ! troisièmement le mépris des ennemis : LES ENNEMIS L’ONT VUE ET ONT RI DE SES SABBATS et de tout ce qui concernait le culte religieux. 1M 1, [39] : Ses jours de fête furent changés en deuil, ses sabbats en dérision, ses honneurs en néant.
27. Les explications du lieu rhétorique et du sens symbolique des lettres sont suffisamment abordées dans les Gloses.