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Leçon 8 — [Lam 1, 8]

28. [85251] Sur les Lamentations, 1, 8

Ici il montre la cause d’un si grand malheur, et premièrement il expose le péché lui-même, et deuxièmement la progression du péché, là : SES HAILLONS CRASSEUX SUR SES PIEDS.

[Verset 8, Het :

Jérusalem a péché un péché, c’est pourquoi elle a été déstabilisée,

Tous ceux qui l’honoraient l’ont méprisée, car ils ont vu sa honte,

Elle, gémissante, s’est détournée.]

Pour le premier point il fait deux choses : premièrement il expose le péché : LE PÉCHÉ, par antonomase, d’infidélité et d’idolâtrie. Pr 14, [34] : Le péché rend les peuples misérables ; deuxièmement il met l’effet du péché : d’abord le malheur de l’instabilité : C’EST POURQUOI ELLE A ÉTÉ DÉSTABILISÉE, c’est-à-dire : elle n’est pas restée sur sa terre mais a été faite prisonnière et exilée en terre étrangère. Is 57, [20] : Les impies [sont] comme la mer agitée qui ne peut se calmer ; deuxièmement la honte de la confusion : TOUS CEUX QUI L’HONORAIENT, la bénissaient au temps de sa prospérité, L’ONT MÉPRISÉE, CAR ILS ONT VU SA HONTE, celle de l’adversité. Jb 29, [11] : L’oreille qui m’écoutait me félicitait, l’œil qui me voyait me rendait témoignage ; troisièmement la tristesse du cœur : ELLE, GÉMISSANTE, S’EST DÉTOURNÉE de la prospérité dont elle jouissait en Dieu. Ps 39, [15] : Qu’ils se détournent et rougissent de honte, ceux qui me veulent du mal.

Leçon 9 — [Lam 1, 9]

29. [85252] Sur les Lamentations, 1, 9

[Verset 9, Teth :

Ses haillons crasseux sur ses pieds,

Elle ne songeait pas à cette fin, elle est tombée si bas, n’ayant pas de consolateur,

Vois, Seigneur, ma misère, parce que l’ennemi triomphe.]

Ici il met la progression du péché, et premièrement il met la faute : SES HAILLONS CRASSEUX, c’est-à-dire ceux des péchés, SUR SES PIEDS, c’est-à-dire dans ses sentiments, comme pour une progression dans le péché ; LA FIN, c’est-à-dire celle de la mort ou du jugement divin. Si 7, [36] : Souviens-toi de ta fin, et tu ne pécheras jamais ; deuxièmement il met le châtiment : ELLE EST TOMBÉE de son état de dignité, SI BAS, c’est-à-dire dans un malheur extrême. Ps 58, [12] : Par ta puissance disperse-les, fais-les tomber ; troisièmement il implore pitié : VOIS, SEIGNEUR, à savoir avec un sentiment de pitié. Ps 118, [153] : Vois ma petitesse, délivre-moi, car je n’ai pas oublié ta loi.

Leçon 10 — [Lam 1, 10]

30. [85253] Sur les Lamentations, 1, 10

Ici il pleure sur la servitude quant au pillage de leurs biens, subi de la part des ennemis vainqueurs, et premièrement il met le pillage des biens quant à ce que les ennemis emportaient, deuxièmement quant à ce qu’ils détruisaient eux-mêmes, là : Tout son peuple gémissant [verset 11].

[Verset 10, Yod :

L’ennemi a étendu la main vers toutes ses choses désirables,

Car elle a vu les païens entrer dans son sanctuaire

Eux sur qui tu avais prescrit qu’ils n’entrent pas dans ton église.]

Pour le premier point il fait deux choses : premièrement le pillage des biens : L’ENNEMI, le vainqueur chaldéen, LES CHOSES DÉSIRABLES, à savoir les trésors de la maison de Dieu, de la maison du roi et de tous les autres. Is 64, [10] : Toutes vos choses désirables se sont changées en ruines ; deuxièmement il met la profanation de ces choses : CAR ELLE (le peuple juif) A VU [LES PAÏENS], comme s’il disait : de cette manière il a pu se faire que tout soit emporté, même ce qui était dans le Temple. 1M 2, [7] : Le sanctuaire a été livré à la main des étrangers. Ou autrement : ELLE (le Seigneur) A VU LES PAÏENS, prêtres en parole mais vivant païennement, quand ils ont installé une idole dans le Temple, EUX SUR QUI TU AVAIS PRESCRIT (Lv 22,[4]), que personne, même de la descendance d’Aaron, sur qui il y a une tache, ne se nourrisse d’[aliments] consacrés au Seigneur. Et ainsi, parce qu’ils ont agi contre cette [loi], ils ont été emmenés en captivité, selon que la faute est cause du châtiment.

Leçon 11 — [Lam 1, 11]

31. [85254] Sur les Lamentations, 1, 11

[Verset 11, Kaph :

Tout son peuple gémissant et cherchant du pain,

Ils ont donné des choses précieuses pour de la nourriture, pour réconforter l’âme,

Vois, Seigneur, et considère combien je suis méprisée.]

Ici il met le pillage des biens quant à ce dont ils se sont eux-mêmes privés, et premièrement il met la nécessité de [les] enlever, à cause du manque du nécessaire : CHERCHANT DU PAIN. Ps 101, [5] : Battu comme l’herbe, mon cœur a séché et j’ai oublié de manger mon pain ; deuxièmement il met cet enlèvement lui-même : ILS ONT DONNÉ DES CHOSES PRÉCIEUSES POUR RÉCONFORTER, pas pour rassasier, L’ÂME, une vie de peu de prix. C’est ce que nous lisons des Égyptiens, Gn 48 ; troisièmement il appelle Dieu à la pitié : VOIS, SEIGNEUR. Jr 2, [36] : Que tu mets de légèreté à changer de voie ! Et cette dernière parole est mise comme venant de la cité personnifiée ou du peuple qui - comme si, un prophète exposant son malheur, elle ne pouvait supporter de l’entendre davantage – éclate en lamentations et en sanglots.

Leçon 12 — [Lam 1, 12]

32. [85255] Sur les Lamentations, 1, 12

Ici est abordée la plainte de la part de la cité elle-même et du peuple, et premièrement elle se plaint aux personnes présentes de la sévérité du juge, deuxièmement au juge, de la cruauté de l’ennemi, là : Vois, Seigneur, combien je suis écrasée [verset 20].

Pour le premier point il fait deux choses : premièrement il expose la sévérité du juge en général, deuxièmement il décrit en particulier, là : Il a ôté tous mes braves [verset 15].

Pour le premier point il fait trois choses : premièrement il expose l’indignation de Dieu, en tant qu’en punissant il a sévi ; deuxièmement il expose la sévérité de la discipline divine, en tant qu’en punissant il a enseigné, là : D’en haut il a envoyé un feu [verset 13] ; troisièmement il expose la rigueur de la justice, en tant qu’en punissant il a exercé la fonction de juge, là : Il a surveillé le joug de mes iniquités [verset 14].

33. [Verset 12, Lamed :

O vous tous qui passez par le chemin, regardez et voyez

S’il est une douleur comme ma douleur,

Car le Seigneur m’a vendangée comme il a dit au jour de colère de sa fureur.]

A l’égard du premier point, il fait trois choses.

Premièrement il met une invocation : Ô VOUS TOUS QUI PASSEZ PAR LE CHEMIN de cette région déserte. Jr 22, [8] : Les païens passeront par cette cité, et chacun dira à son voisin : Pourquoi le Seigneur a-t-il traité ainsi cette grande cité ?

Deuxièmement il met la grandeur de la douleur, REGARDEZ, car tandis qu’elle considère sa douleur, elle pense qu’il n’y en a pas de semblable. [Cette douleur] fut très grande, car les pertes spirituelles et temporelles [furent] très grandes. Jr 8, [21] : Je suis blessé de la blessure de Jérusalem.

Troisièmement il met l’indignation de Dieu, qui est la raison de la douleur, car IL M’A VENDANGÉE des habitants faits prisonniers et tués, comme une vigne de ses grappes. Is 5, [7] : La vigne du Seigneur des armées, c’est la maison d’Israël. Ps 79, [13] : Tous ceux qui passent sur le chemin l’ont grappillée. IL A DIT, en menaçant par les prophètes.

Leçon 13 — [Lam 1, 13]

34. [85256] Sur les Lamentations, 1, 13

[Verset 13, Mem :

D’en haut il a envoyé un feu dans mes os et m’a instruite,

Il a déployé un filet devant mes pieds, il m’a renversée,

Il m’a désolée, accablée de chagrin tout le jour.]

Ici il met la sévérité de la discipline, dans la mesure où comme un maître d’école il a enseigné par de durs châtiments, et premièrement il aborde la sévérité qui corrige les [péchés] commis : D’EN HAUT, c’est-à-dire dans son haut conseil, IL A ENVOYÉ UN FEU d’affliction, ou par lequel cité et camp ont été littéralement brûlés, DANS MES OS, c’est-à-dire dans les puissants et les fortifications ; et ainsi par de pénibles coups de fouet IL M’A INSTRUITE. Is 28, [19] : Et seule la douleur fera comprendre le sens.

Deuxièmement il montre la sévérité attentive au futur : IL A DÉPLOYÉ UN FILET, c’est-à-dire un obstacle par lequel il l’a retirée du péché. Os 2, [8] : Je ferai une haie de ronces à ton chemin.

Troisièmement il montre la sévérité qui supprime les bienfaits de la consolation : IL M’A DÉSOLÉE, sous-entendu : il n’a donné aucune consolation après les coups de fouet, comme un maître d’école fait habituellement avec les enfants. Ba 4, [9] : Dieu m’a amené un grand chagrin.

Leçon 14 — [Lam 1, 14]

35. [85257] Sur les Lamentations, 1, 14

[Verset 14, Nun :

Il a surveillé le joug de mes iniquités, dans sa main elles sont enroulées

Et posées sur mon cou, ma force a été affaiblie,

Le Seigneur m’a mise dans une main dont je ne pourrai sortir.]

Ici il montre la rigueur de la justice de Dieu lui-même, en tant qu’il est juge, et à cet égard il fait trois choses.

Premièrement il met l’observation attentive des péchés : IL A SURVEILLÉ, autrement dit il a observé avec vigilance, LE JOUG de l’affliction, à m’imposer de ses mains pour mes péchés. Jr 1, [11] : Que vois-tu, Jérémie ? Je vois une branche de « veilleur » [l’amandier].

Deuxièmement il met la dure affliction du châtiment : ELLES (les iniquités) SONT ENROULÉES, à la manière d’une chaîne, en un lien indissoluble, et POSÉES SUR [MON COU], tandis que pour elles je subis le châtiment. Ps 37, [5] : Mes iniquités me dépassent la tête, et pèsent sur moi comme un lourd fardeau ;

Troisièmement il exclut la délivrance, tantôt pour cause de faiblesse, A ÉTÉ AFFAIBLIE, tantôt pour cause de puissance de l’ennemi, LE SEIGNEUR M’A MISE DANS LA MAIN des Chaldéens. Ps 30, [11] : Ma force a été affaiblie dans la pauvreté.

Leçon 15 — [Lam 1, 15]

36. [85258] Sur les Lamentations, 1, 15

Ici il décrit en détail le malheur de la servitude, et premièrement en ce qui concerne la première captivité sous Joiakîn petit-fils de Josias, comme il est dit à l’avant-dernier chapitre du deuxième livre des Rois ; deuxièmement en ce qui concerne la dernière, qui fut sous Sédécias, dont il est question au dernier chapitre du deuxième livre des Rois, et au dernier de Jérémie, là : Sion étend les mains [verset17].

Pour le premier point il fait deux choses : premièrement il déplore la captivité des gens, deuxièmement la suppression de la consolation, là : C’est pourquoi je pleure, et mon œil laisse couler les eaux [verset 16].

37. [Verset 15, Samek :

Le Seigneur a ôté tous mes braves du milieu de moi,

Il a appelé contre moi le temps pour détruire mes élus,

Le Seigneur a piétiné au pressoir la vierge, fille de Juda.]

Pour le premier point il fait trois choses.

Premièrement il présente la captivité de ceux qui étaient éminents en dignité, MES BRAVES, les princes, à qui il appartient de faire de grandes choses. Les autres restent, mais eux sont emmenés en captivité. Is 3, [1-2] : Le Seigneur va enlever de Juda et de Jérusalem (…) héros et homme de guerre ;

Deuxièmement ceux qui étaient éminents en vaillance : IL A APPELÉ CONTRE MOI LE TEMPS, apte à la destruction, POUR DÉTRUIRE MES ÉLUS, d’une vaillance supérieure. Ps 74, [3] : Quand j’aurai pris le temps, je jugerai les justices. Ex 32, [34] : Mais moi je les visiterai au jour de vengeance et [je les punirai] de leur péché. Qo 3, [1] : Il y a un temps pour tout.

Troisièmement l’affliction de ceux qui étaient prééminents par la pureté, ou encore par la piété : AU PRESSOIR, c’est-à-dire par l’affliction, LA VIERGE, au sens littéral ; ou le peuple lui-même, qui jusqu’alors avait été quasiment vierge, et qui fut aussi emmené en captivité. Jr 25, [30] : Il chantera un chant rythmé comme celui des fouleurs, contre tous les habitants de la terre.

Ici selon la Glose il faut écrire en tête la lettre, mais il est mieux de l’écrire en tête de ce qui suit, car [le verset] comporte trois [vers].

Leçon 16 — [Lam 1, 16]

38. [85259] Sur les Lamentations, 1, 16

[Verset 16, Aïn :

C’est pourquoi je pleure et mon œil laisse couler les eaux,

Car il est loin de moi, le consolateur qui me rendrait la vie,

Mes fils sont perdus car l’ennemi est trop fort.]

Ici il déplore la suppression de la consolation, et premièrement il met la plainte douloureuse, JE PLEURE. Jr 8, [23] : Qui donnera de l’eau à ma tête ?; deuxièmement le sujet de la douleur : CAR IL EST LOIN DE MOI, LE CONSOLATEUR égyptien, QUI, [me sortant] du malheur que je subis, ME RENDRAIT la prospérité d’avant. Ps 87, [9] : Tu as éloigné de moi mes relations ; troisièmement il met l’effet de ce [sujet de douleur] : MES FILS SONT PERDUS. Car la conséquence du manque de secours est la puissance de l’adversaire et la captivité du peuple. Jr 50, [6] : Le troupeau qui a été perdu, c’est mon peuple.

Leçon 17 — [Lam 1, 17]

39. [85260] Sur les Lamentations, 1, 17

Ici il déplore la seconde captivité qui eut lieu sous Sédécias, quand la totalité du peuple fut emmenée en captivité, et à cet égard il fait trois choses : premièrement il déplore le siège, deuxièmement la captivité, là : Juste est le Seigneur etc. [verset 18], troisièmement la faim qui consume, là : J’ai appelé mes amis [verset 19].

40. [Verset 17, Pé :

Sion étend les mains, il n’y a personne pour la consoler,

Le Seigneur a mandé contre Jacob ses ennemis de toute part,

Jérusalem est devenue comme impure par ses menstruations au milieu d’eux.]

Pour le premier point il fait trois choses.

Premièrement il met la défection des amis qui auraient dû venir à son secours et empêcher le siège : SION ÉTEND LES MAINS, comme pour appeler les Egyptiens au secours (plus loin, dernier chapitre : Nous tendons la main à l’Egypte et à l’Assyrie), ou Dieu. Is 1, [15] : Quand vous étendrez les mains, je détournerai les yeux.

Deuxièmement il met l’arrivée des ennemis : IL A MANDÉ, en les répartissant avec justice, DE TOUTE PART, pour assiéger, SES ENNEMIS, les Chaldéens. Is 10, [6] : Contre le peuple objet de ma fureur je le manderai pour lui enlever le butin.

Troisièmement l'abjection des assiégés : JÉRUSALEM EST DEVENUE COMME IMPURE, nul ne va à elle pour la défendre. Jr 2, [24] : Ceux qui la cherchent ne manqueront pas.

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