41. [85261] Sur les Lamentations, 1, 18
[Verset 18, Sadé :
Juste est le Seigneur car j’ai provoqué sa bouche à la colère,
Ecoutez, je vous en conjure, tous les peuples, et voyez ma douleur,
Mes jeunes filles et mes jeunes gens sont partis en captivité.]
Ici il déplore la captivité, et à cet égard il fait trois choses.
Premièrement il confesse la justice du juge : JUSTE EST LE SEIGNEUR. Dn 9, [14] : Juste est le Seigneur notre Dieu dans toutes ses œuvres qu’il fait.
Deuxièmement il cherche à capter l’attention bienveillante des auditeurs, les provoquant à la compassion : ÉCOUTEZ, JE VOUS EN CONJURE. Jr 4, [ ?] : Écoutez, cités de Sion !
Troisièmement il déplore le malheur de la captivité : MES JEUNES FILLES ET MES JEUNES GENS, qui ont pu, grâce à la robustesse de leur âge, échapper à la mort de faim, SONT PARTIS EN CAPTIVITÉ. Jr 51, [34] : Il a rempli son ventre de mes bons morceaux, et m’a chassée.
42. [85262] Sur les Lamentations, 1, 18
[Verset 19, Qoph :
J’ai appelé mes amis et ils m’ont déçue,
Mes prêtres et mes vieillards ont expiré dans la ville,
Car ils se sont cherché à manger pour réconforter leur âme.]
Ici il déplore le dépérissement de ceux qui sont morts de faim pendant le siège, et premièrement il met la déception causée par les amis, MES AMIS égyptiens, car ils n’ont pas porté secours comme j’espérais. Is 30, [7] : L’Egypte dont l’aide sera vanité et néant, c’est pourquoi j’ai crié sur cela ; deuxièmement il met le dépérissement qui en est la conséquence : LES PRÊTRES, pour qui cela paraît le plus immérité, ONT EXPIRÉ de faim. Is 5, [13] : Les nobles sont morts de faim ; troisièmement il donne la raison de ce dépérissement : CAR ILS ONT CHERCHÉ, pour se réconforter, pas pour se rassasier, et ils n’ont pas trouvé. Ou bien, il donne comme raison à cela leur faute, car ils ont cherché pour eux-mêmes, pas pour le peuple. Ez 34, [2] : Malheur aux pasteurs d’Israël, qui se mènent paître eux-mêmes.
43. [85263] Sur les Lamentations, 1, 20
Ici il commence à se plaindre au juge lui-même, et à cet égard il fait trois choses : premièrement il expose son propre malheur, deuxièmement il dénonce la faute des ennemis, là : Ils ont entendu que je gémis [verset 21] ; troisièmement il réclame vengeance, là : Que toute leur méchanceté vienne devant toi [verset 22].
44. [Verset 20, Resh :
Vois, Seigneur, quelle est ma détresse, mon ventre est bouleversé,
Mon cœur se retourne en moi car je suis pleine d’amertume,
Dehors l’épée tue, et à la maison c’est comme la mort.]
Pour le premier point il fait trois choses.
Premièrement il suscite l’attention : VOIS, SEIGNEUR…Ps 30, [10] : Aie pitié de moi, Seigneur, car je suis dans la détresse.
Deuxièmement il expose sa douleur sous la métaphore d’une douleur interne et d’un cœur serré (BOULEVERSÉ) qu’il explique : CAR JE SUIS PLEINE D’AMERTUME. Jr 4, [19] : J’ai mal au ventre. Rt 1, [20] : Le Tout-Puissant m’a remplie d’une grande amertume.
Troisièmement il donne la raison de la douleur : DEHORS L’ÉPÉE TUE. Dt 32, [25] : Au dehors ils seront dévastés par l’épée, au dedans par l’épouvante.
45. [85264] Sur les Lamentations, 1, 21
[Verset 21, Shin :
Ils ont entendu que je gémis et il n’y a personne pour me consoler,
Tous mes ennemis ont entendu mon malheur, ils se sont réjouis de ce que tu as fait,
Tu as amené le jour de consolation et ils deviendront comme moi.]
Ici il dénonce la faute des autres, et à cet égard il fait trois choses.
Premièrement il dénonce la non-assistance : ILS (les Égyptiens et d’autres en qui j’avais confiance) ONT ENTENDU. Jr 31, [15] : Une voix s’est fait entendre d’en haut, des pleurs et une plainte de lamentations.
Deuxièmement il dénonce la joie des ennemis : TOUS MES ENNEMIS ONT ENTENDU MON MALHEUR, ILS SE SONT RÉJOUIS. Ps 12, [5] : Ceux qui m’écrasent se réjouiront si je suis ébranlé.
Troisièmement : sûr, pour ainsi dire, de la justice divine, il prédit leur perte : TU AS AMENÉ LE JOUR (c’est-à-dire tu amèneras, puisqu’il en est sûr) DE CONSOLATION, [ET ILS DEVIENDRONT] COMME MOI, douleurs et afflictions. Is 65, [13] : Voici, mes esclaves mangeront, et vous, vous aurez faim.
46. [85265] Sur les Lamentations, 1, 22
[Verset 22, Tav :
Que toute leur méchanceté vienne devant toi, et vendange-les
Comme tu m’as vendangée à cause de toutes mes iniquités,
Car nombreux sont mes gémissements et mon cœur est accablé de chagrin.]
Ici il réclame vengeance, et premièrement il ramène à la mémoire la faute : QUE TOUTE LEUR MÉCHANCETÉ VIENNE, leur péché. Ps 108, [14] : Que la faute de ses pères revienne à la mémoire du Seigneur, et que le péché de sa mère ne soit pas détruit ; deuxièmement il réclame un châtiment, VENDANGE-LES. Plus haut : Le Seigneur m’a vendangée comme il a dit au jour de sa fureur [verset 12] ; troisièmement il donne la cause : CAR NOMBREUX SONT MES GÉMISSEMENTS, à cause des malheurs que je souffre de leur part. Jr 8, [ ?] : Ma douleur au-dessus des douleurs.
47. [85266] Sur les Lamentations, 2, 1
Ici il déplore la destruction de la cité, du peuple, et de toute la région. Et [cette partie] est divisée en deux. Dans la première il déplore la destruction, dans la seconde il exclut le désespoir du peuple (chapitre 3) : Moi, homme voyant ma pauvreté [verset 1].
Le premier point [se divise] en deux : premièrement il pleure sur le malheur de la destruction, deuxièmement il entreprend d’obtenir la miséricorde divine, là : Leur cœur a crié vers le Seigneur [verset 18].
48. [Verset 1, Aleph :
Comment ! Le Seigneur en sa fureur a enténébré la fille de Sion,
Il a précipité du ciel la terre illustre d’Israël,
Et ne s’est pas souvenu de son marchepied, au jour de sa fureur.]
Pour le premier point il fait deux choses : premièrement il déplore la destruction en général, deuxièmement [il la déplore] en particulier, là : LE SEIGNEUR A PRÉCIPITÉ.
Pour le premier point, il s’étonne de la destruction à cause de la multiple gloire qui avait précédé, et premièrement en ce qui concerne la prérogative de connaissance divine, dont parle Ps 147, [20] : Pas un peuple qu’il ait ainsi traité ; et en sens contraire il dit : COMMENT ! IL A ENTÉNÉBRÉ d’ignorance ou de tristesse. Is 59, [10] : Nous avons trébuché à midi comme dans les ténèbres, dans le noir comme des morts ; deuxièmement en ce qui concerne la puissance de la dignité royale, contre quoi Esd 4, [20 dit] : Il y a eu à Jérusalem des rois très puissants qui dominèrent toute la région au-delà du fleuve. Contre cela il dit : IL A PRÉCIPITÉ DU CIEL, c’est-à-dire du sommet de la dignité et du pouvoir ; ou de la fréquentation céleste. Ap 6, [13] : Les étoiles du ciel tombèrent du ciel ; troisièmement en ce qui concerne le culte de la divine religion. Ps 143, [15] : Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu.
Contre cela il dit : IL NE S’EST PAS SOUVENU, en bien, DE SON MARCHEPIED, du Temple où il était adoré, comme un roi avec l’escabeau de ses pieds. Ez 43, [7] : Le lieu de mon trône, et le lieu de la trace de mes pieds, où j’habite au milieu des fils d’Israël pour l’éternité.
49. [85267] Sur les Lamentations, 2, 2
Ici il décrit en particulier ce qui est arrivé à l’égard de la destruction, et premièrement il pleure sur les circonstances accessoires de la destruction, deuxièmement sur ce qui a suivi la destruction, là : A qui te comparerai-je ?[verset 13]
Pour le premier point il fait deux choses : premièrement il pleure sur la destruction des édifices ordinaires, deuxièmement [sur celle des édifices] éminents, là : Il a forcé comme un jardin etc. [verset 6].
Pour le premier point il fait deux choses : premièrement il pleure sur la destruction des édifices qui concernent la force du roi, deuxièmement de ceux qui concernent l’usage du peuple, là : Il a bandé son arc etc. [verset 4].
Pour le premier point il fait deux choses : premièrement il pleure sur la destruction, deuxièmement sur l’impuissance des résistants, là : Il a brisé dans la colère de sa fureur [verset 3].
50. [Verset 2, Beth :
Le Seigneur a renversé, sans les épargner, toutes les splendeurs de Jacob,
Il a détruit dans sa fureur les remparts de la vierge de Juda,
Il a jeté à terre, il a profané le royaume et ses princes.]
Pour le premier point, il fait trois choses.
Premièrement il déplore la destruction de ce qui est pour l’embellissement : TOUTES LES SPLENDEURS. Jl 1, [19] : Le feu a dévoré les beaux endroits du désert.
Deuxièmement [il déplore la destruction] de ce qui touche à la force : IL A DÉTRUIT LES REMPARTS. Is 25, [12] : Les remparts de tes hauts murs s’écrouleront et seront abaissés et ramenés jusqu’à terre dans la poussière. Jr 33, [4] : Le Seigneur dit cela pour les maisons de cette ville et pour les maisons du roi de Juda qui ont été détruites.
Troisièmement il conclut sur la flétrissure du royaume : IL A PROFANÉ LE ROYAUME. Ez 28, [7-8] : Ils ont profané ta splendeur. Ils te détruiront, t’abaisseront, et tu mourras de mort violente au cœur de la mer.
51. [85268] Sur les Lamentations, 2, 3
[Verset 3, Gimel :
Il a brisé dans la colère de sa fureur toute la corne d’Israël,
Il a retiré en arrière sa droite devant la face de l’ennemi,
Et il a allumé dans Jacob comme un feu de flamme qui dévore tout autour.]
Ici il montre l’impossibilité de résister, et premièrement il exclut la force humaine, LA CORNE, c’est-à-dire la puissance. Ps 74, [11] : Je briserai toutes les cornes des pécheurs ; deuxièmement IL A RETIRÉ le secours divin, sous-entendu de la défense par laquelle auparavant il les défendait. Ps 73, [11] : Pourquoi détournes-tu ta main, ta droite ?; troisièmement il conclut sur l’incendie de la terre : ET IL A ALLUMÉ. Is 42, [25] : [La colère de Dieu] l’a brûlé, et il n’a pas compris.
52. [85269] Sur les Lamentations, 2, 4
Ici il pleure sur la destruction de ce qui touche à l’usage du peuple, et premièrement de ce qui touche à la décoration, deuxièmement de ce qui touche à la défense, là : Le Seigneur est devenu comme un ennemi [verset 5].
53. [Verset 4, Dalet :
Il a bandé son arc comme un ennemi, il a fortifié sa droite comme un adversaire,
Il a tué tout ce qui était beau à voir,
Sur la tente de la fille de Sion il a déversé son indignation comme un feu.]
Pour le premier point il fait trois choses.
Premièrement il montre l’indignation de Dieu : IL A BANDÉ SON ARC, c’est-à-dire son jugement, ou l’armée chaldéenne, pour frapper en quelque sorte de loin, IL A FORTIFIÉ, rendu percutante SA DROITE, pour frapper de près. Ps 7, [13] : Si vous ne vous convertissez pas, il brandira son épée, il a bandé son arc et l’a préparé.
Deuxièmement il met l’application du châtiment : IL A TUÉ (il a détruit) TOUT CE QUI ÉTAIT BEAU, hommes, édifices et autres choses de ce genre. Nb 24, [5] : Que tes tentes sont belles, Jacob !
Troisièmement il montre la grandeur du châtiment, et en ce qui concerne son abondance incommensurable : IL A DÉVERSÉ, et en ce qui concerne sa violence : COMME UN FEU ; ou c’est pour indiquer quelle sorte [de châtiment], car la cité fut brûlée. Dt 32, [22] : Un feu a jailli de ma fureur, et brûlera jusqu’au fond de l’enfer. Ps 68, [25] : Répands sur eux ta colère.
54. [85270] Sur les Lamentations, 2, 5
[Verset 5, Hé :
Le Seigneur a été comme un ennemi, il a détruit Israël,
Il a détruit tous ses murs, il a abattu ses remparts,
Et il a rempli la fille de Juda d’humiliation et d’humiliation.]
Ici il pleure sur la destruction des édifices touchant à la défense, et à cet égard il fait trois choses.
Premièrement il met l’indignation de Dieu : COMME UN ENNEMI, comme si Dieu aidait leurs ennemis dans le combat. Is 63, [10] : Il s’est changé pour eux en ennemi et les a lui-même combattus.
Deuxièmement la destruction des édifices : IL A ABATTU SES REMPARTS. Ps 88, [41] : Tu as détruit toutes ses clôtures.
Troisièmement il conclut sur l’humiliation du peuple : ET IL A REMPLI, c’est-à-dire multiplié. Ps 43, [26] : Notre âme est effondrée dans la poussière, notre ventre est collé à la terre.