15. Tout ce que nous sommes donc de parfaits, soyons dans les mêmes sentiments; et si vous avez quelqu’autre sentiment, Dieu vous découvrira aussi ce que vous devez en croire.
16. Cependant pour ce qui regarde les connaissances auxquelles nous sommes déjà parvenus, ayons les mêmes sentiments, et demeurons dans la même règle.
17. Mes frères, rendez-vous mes imitateurs, et proposez-vous l’exemple de ceux qui se conduisent selon le modèle que vous avez vu en nous,
18. Car il y en a plusieurs dont je vous ai souvent parlé, et dont je vous parle encore avec larmes, qui se conduisent en ennemis de la croix du Christ,
19. Qui auront pour fin la damnation, qui font leur Dieu de leur ventre, qui mettent leur gloire dans leur propre honte, et qui n’ont de pensée et d’affection que pour la terre.
20. Mais pour nous, nous vivons déjà dans le ciel, et c'est de là aussi que nous attendons le Sauveur, notre Seigneur Jésus-Christ,
21. Qui transformera notre corps, tout vil et abject qu’il est, afin de le rendre conforme à son corps glorieux, par l’opération de cette puissance par laquelle il peut s’assujettir toutes choses.
I° Saint Paul vient d’expliquer dans ce qui précède, ce qui leur manque pour arriver à la dernière perfection. Il exhorte ici les autres à concevoir les mêmes sentiments. Et d’abord il fait cette exhortation; ensuite il dit ce qu’on exige deux nécessairement (verset 16) : Cependant pour ce qui regarde les connaissances auxquelles déjà nous sommes parvenus, etc...
I. Il dit donc (verset 15) : Tout ce que, etc... c'est-à-dire sentez ce que moi-même je sens, que je n’ai pas atteint la perfection. Mais comment, si nous sommes parfaits, penser que nous ne le sommes point ? Il faut répondre, que ceux qui sont parfaits, de la perfection de la voie, ne le sont point de la perfection de la compréhension, c'est-à-dire quand l’intention toute entière se porte actuellement vers Dieu; et dans la voie, habituellement, c'est-à-dire quand on ne fait plus rien qui soit en opposition avec Dieu. L’Apôtre a dit : Tout ce que nous sommes, parce que plus on est parfait, plus on a la connaissance de son imperfection ; (Job, XLII, 6) : "Mon oreille avait entendu parler de toi, mais maintenant mon œil t’a vu. C’est pourquoi je m’accuse moi-même, et je fais pénitence dans la poussière et dans la cendre, etc..." ; (Hébreux V, 14) : "La nourriture solide est pour les parfaits; pour ceux dont l’Esprit par l’habitude et l’exercice s’est accoutumé à discerner le bien et le mal." - (verset 15) Et si vous avez quelque autre sentiment, etc... Ce passage est expliqué dans la Glose, de quatre manières. D’abord on donne les deux sens plus conformes à la lettre. Le premier est celui-ci : je dis que vous devez sentir comme moi, à savoir que vous êtes imparfaits; et toutefois, si vous pensez autrement, à savoir sur votre propre compte quelque chose de plus avantageux, que je ne pense moi-même sur ce qui me concerne, c'est que cela vous aura été donné par la révélation divine. Dans ce cas quoique cette révélation qui vous a été faite soit plus haute, et que je n ai pas reçu une semblable, je n’y contredis point, et je cède devant votre révélation.
II. Mais je ne veux point que vous vous sépariez de l’unité de l’Eglise, à cause de cette révélation, mais qu’au contraire nous conservions de cette unité, ce à quoi nous sommes parvenus, d’avoir les mêmes sentiments, etc... Or, cette unité de l’Eglise consiste à garder la même vérité quant à la foi, la même rectitude quant aux bonnes oeuvres. Il faut observer l’un et l’autre ; (2 Co XIII, 11) : "Rendez-vous parfaits, consolez-vous les uns les autres, soyez unis de sentiments, etc..." Elle consiste aussi à demeurer dans la même règle d’une sainte vie et de saintes œuvres ; (Galates VI, 16) : "Et tous ceux qui se conduiront suivant cette règle, la paix et la miséricorde se reposeront sur eux, etc..." Ou encore : je dis que, même si, par ignorance ou par faiblesse, vous avez d’autres sentiments, que la vérité ne le permet, vous en fassiez l’aveu avec humilité, et vous ne vous défendiez point avec arrogance ; (Mt XI, 25) : "Vous avez caché ces choses aux sages et aux prudents, et vous les avez révélées aux petits, etc..." Ou bien je dis que tous nous devons sentir la même chose, c’est-à-dire que nous n’avons point atteint la perfection; et si maintenant vous pensez autrement qu’il ne faudra penser à l’avenir, c'est que maintenant nous ne voyons que comme dans un miroir, mais alors Dieu se manifestera face à face et le révèlera dans l’avenir ; (Psaume XXVIII, 9) : "Le Seigneur portera la lumière dans les lieux obscurs" . Autrement encore : soit que vous ne compreniez ici qu’obscurément, soit que dans l’avenir vous voyiez clairement, c'est toujours Dieu qui le révèlera, car la foi vient de Dieu. Le sens du verset 16) : Cependant pour ce qui regarde, etc... demeure le même.
II° Quand l’Apôtre dit (verset 17) : Frères, rendez-vous mes imitateurs, etc..., il engage à suivre son exemple, et celui des autres fidèles, en évitant les méchants. Et d’abord il indique son intention, ensuite il en donne la raison (verset 18) : Car il y en a plusieurs, etc...
I. Il dit donc : puisque j’ai regardé tous ces avantages comme des ordures, etc..., devenez donc en cela mes imitateurs, etc... ; (Jean, X, 3) : "Les brebis entendent sa voix, etc..." Je suis le pasteur, vous devenez mes brebis en me suivant ; (1 Co IV, 16) : "Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Jésus-Christ." (verset 17) : Et remarquez, c'est-à-dire considérez avec soin l’exemple de ceux qui se conduisent selon le modèle que vous avez vu en nous. Vous pouvez le connaître à la règle que j’ai donnée et à ma doctrine ; (1 Tm IV, 12) : "Rendez-vous le modèle des fidèles dans les entretiens, dans la manière d’agir, dans la charité, dans la foi, dans la chasteté" ; (I Pierre, V, 3) : "Vous rendant, du fond du coeur, les modèles du troupeau."
II. Quand il ajoute (verset 18) : car il y en a plusieurs, etc..., il donne la raison de sa recommandation : d’abord, du côté de ceux qu’il faut éviter; ensuite du côté de ceux qu’il faut imiter (verset 20) : mais pour nous nous vivons, etc...
1° De peur que ce qu’il va dire ne paraisse inspiré par un sentiment de haine, il témoigne d’abord de son affection, puis il désigne ceux qui sont à éviter (verset 18) : ennemis de, etc... - 1. Il dit donc : Il faut distinguer avec soin quels sont ceux qu’on doit imiter, parce qu’il en est qui marchent autrement qu’il ne faut, c'est-à-dire qui vont de mal en pis ; (Psaume LXXXI, 5) : "Ils marchent dans les ténèbres, etc..." - dont je vous ai souvent parlé, pendant que j’étais parmi vous, et dont je vous parle encore avec larmes, par la compassion que j’ai pour eux ; (Jérémie IX, 1) : "Qui donnera de l’eau a ma tête, et à mes yeux une fontaine de larmes, pour pleurer jour et nuit ceux de mon peuple qui ont été tués ?"
2° L’Apôtre en indique aussitôt la raison, en disant (verset 18) : qui se conduisent en ennemis, etc... Il les dépeint d’abord par leurs oeuvres, ensuite par leur intention, (verset 19) : qui font leur Dieu, etc... A) Il indique d’abord a) leurs oeuvres; ensuite le résultat de ces œuvres : qui font leur Dieu, etc... Leurs oeuvres c'est d’exercer leur inimitié contre la croix de Jésus-Christ, c'est-à-dire d’enseigner que nul ne peut se sauver sans les observances de la Loi ; en cela ils anéantissent la vertu de la croix de Jésus-Christ ; (Galates II, 21) : "Car si la justice vient de la Loi. Jésus-Christ donc sera mort en vain," c'est-à-dire sans utilité ; (1 Co I, 18) : "Car à la vérité la parole de la croix est une folie pour ceux qui se perdent; mais pour ceux qui se sauvent, c'est-à-dire, pour nous, elle est la force de Dieu." - b) Quel en sera le résultat ? A nous, la vie nous est certainement donnée par la croix de Jésus-Christ; pour eux, c'est tout le contraire, car ils y trouveront la mort. C’est ce qui fait dire à saint Paul (verset 19) : qui auront pour fin la perdition, c'est-à-dire celle de la mort éternelle ; (Job, XXVIII, 3) : "Il a découvert la pierre ensevelie dans l’obscurité et dans l’ombre de la mort, etc..." B) L’Apôtre les dépeint, en second lieu, quant à leur intention. D’abord il signale cette intention; il en manifeste ensuite le résultat ; (verset 19) : qui mettent leur gloire, etc... - a) Il dit donc (verset 19) : qui font leur Dieu de leur ventre, etc...; en d’autres termes : s’ils sèment partout ces erreurs, à savoir qu’il faut garder les observances légales, c'est pour leur intérêt et leur propre gloire, afin de satisfaire leur ventre ; (Rm XVI, 18) : "Ils ne servent, point notre Seigneur Jésus-Christ, mais leur ventre, et par des paroles douces et flatteuses, ils séduisent les âmes simples" ; (Ecclésiastique VI, 7) : "Tout travail de l’homme est pour sa bouche, mais son âme n’en sera pas remplie." L’Apôtre a dit : Leur Dieu est leur ventre, car il appartient à Dieu d’être le premier principe et la fin dernière. Celui donc qui choisit une chose pour sa fin, par là même en fait son Dieu. Ils cherchent aussi leur gloire propre, contre ce qui est dit en saint Jean (VIII, 50) : "Pour moi, je ne cherche point ma propre gloire, un autre la cherchera et fera justice, etc..." - b) Mais l’événement tournera à leur confusion ; (Osée, IV, 7) : "Je changerai leur gloire en ignominie." Tel sera le sort de ces malheureux, qui (verset 19) n’ont de pensées que pour la terre, c'est-à-dire qui ne se plaisent que dans les choses de la terre, et qui les recherchent. Ils seront confondus, parce que leur état est d’une durée passagère ; (Rm VIII, 13) : "Si vous vivez selon la chair, vous mourrez, etc..." La Glose dit sur ces expressions Ils font un Dieu, etc... : il appartient à Dieu de justifier; ceux-là donc qui plaçaient la justification dans des aliments, faisaient un Dieu de leur ventre. Ils mettaient aussi leur gloire dans leur propre honte, parce qu’ils la plaçaient dans des choses honteuses, c'est-à-dire dans la circoncision des parties honteuses, dans l’immolation des animaux sans raison.
2° L’Apôtre indique quels sont ceux que l’on doit imiter (verset 20) : Pour nous, nous vivons déjà, etc... D’abord il dépeint leur genre de vie tout céleste; ensuite l’objet de leur attente (verset 20) : et c'est de là aussi que nous attendons le Sauveur, etc...; enfin, ce qui leur sera donné (verset 21) : qui transformera notre corps misérable. - A) Il dit donc : Pour ceux-là, ils n’ont d’affection que pour les choses de la terre; mais il n’en est pas ainsi de nous, car (verset 20) déjà nous vivons dans le ciel, c'est-à-dire notre vie se perfectionne par la contemplation ; (2 Co IV, 18) : "C’est pourquoi nous ne considérons point les choses visibles, mais les invisibles, etc..." De plus, par nos affections car nous n’aimons plus que les choses du ciel; enfin par nos œuvres dans lesquelles se reproduit la vie céleste ; (1 Co XV, 19) : "Comme donc nous avons porté l’image de l’homme terrestre, nous porterons aussi l’image de l’homme céleste." - B) Mais pourquoi notre vie est-elle dans les cieux ? Parce que c'est dans le ciel que nous attendons notre meilleur secours ; (Psaume CXX, 1) : "J’ai levé les yeux vers les montagnes, etc..." ; (Mt VI, 21) : "Là où est votre trésor, là aussi est votre coeur." C’est ce qui fait dire à saint Paul (verset 20) : C’est de là aussi que nous attendons le Sauveur. ; (Isaïe, XII, 18) : "Heureux tous ceux qui l’attendent" ; (Luc, XII, 36) : "Soyez semblables à ceux qui attendent que leur maître revienne des noces, etc..." - C) Or l’avènement du Sauveur est suivi de trois effets. Premièrement la résurrection commune; l’Apôtre dit donc (verset 21) : qui transformera notre corps, tout vil qu’il soit, c'est-à-dire malgré son abjection, parce qu’il est sujet à la mort ; (Job, XXV, 6) : "L’homme n’est que pourriture, et le fils de l’homme n’est qu’un ver" ; (1 Co XV, 43) : "Le corps est mis en terre, plein de corruption, et il ressuscitera incorruptible; il est mis en terre tout difforme, et il ressuscitera tout glorieux; il est mis en terre privé de mouvement, et il ressuscitera plein de vigueur." Ce corps donc, ainsi abject, Jésus-Christ le transformera, c'est-à-dire le ramènera à sa forme propre ; (Rm VIII, 11) : "Celui qui a ressuscité Jésus-Christ d’entre les morts, donnera aussi la vie à nos corps mortels, etc..." Secondement la transformation des saints à la ressemblance de Jésus-Christ [littéralement : l’imitation des saints]; c'est pourquoi saint Paul dit (verset 21) : afin de le rendre conforme à son corps glorieux. Car le corps de Jésus-Christ a été glorifié par la gloire même de la divinité, et il l’a mérité par sa passion. Quiconque donc participe à la vertu de la divinité par la grâce, et imite les souffrances de Jésus-Christ, sera aussi glorifié ; (Apoc., III, 21) : "Quiconque sera victorieux, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme j’ai moi-même vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône." ; (I Jean, III, 2) : "Nous lui serons semblables" ; (Mt XIII, 43) : "Alors les justes brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père". Jésus-Christ opère cette transformation par l’opération de sa divinité, c'est-à-dire par la puissance qui est en lui, par laquelle il peut s’assujettir toutes choses. Car tous seront assujettis à Jésus-Christ, les uns pour leur salut, le autres pour leur châtiment. Dans les premiers il exercera sa miséricorde, dans les seconds sa justice ; (Psaume VIII, 8) : "Vous avez mis toutes choses sous ses pieds, etc..." ; (1 Co XV, 28) : "Le Père lui a soumis toutes choses" ; (Jean, V, 19) : "Tout ce que le Père fait le Fils le fait aussi comme lui."
1. C’est pourquoi mes frères très chers et très désirés, qui êtes ma joie et ma couronne, continuez, mes bien-aimés, et demeurez fermes dans le Seigneur
2. Je conjure Evodie, et je conjure Syntyche de s’unir dans les mêmes sentiments en notre Seigneur.
3. Je vous prie aussi, vous qui avez été le fidèle compagnon de mes travaux, assister celles qui ont travaillé avec moi dans l’Evangile avec Clément et les autres qui m’ont aidé dans mon ministère, dont les noms sont écrits dans la livre de vie.
4. Réjouissez-vous sans cesse en notre Seigneur : je le dis encore une fois réjouissez-vous.
5. Que votre modestie soit connue de tous les hommes; le Seigneur est proche.
6. Ne vous inquiétez de rien; mais en quelque état que vous soyez, présentez à Dieu vos demandes par des supplications et des prières accompagnées d’actions de grâces.
7. Et que la paix de Dieu, qui surpasse toutes pensées garde vos coeurs et vos esprits dans le Christ Jésus.
8. Enfin, mes frères, que tout ce qui est véritable et sincère, tout qui est honnête, tout ce qui est juste, tout ce qui est saint, tout ce qui vous peut rendre aimables, tout ce qui est d'édification et de bonne odeur, tout ce qui est vertueux, et tout ce qui est louable dans le règlement des moeurs, soit l’entretien de vos pensées.
9. Pratiquez ce que vous avez appris et reçu de moi, ce que vous avez oui dire de moi, et ce que vous avez vu en moi, et le Dieu de paix sera avec vous.
Saint Paul a proposé plus haut aux Philippiens les exemples à suivre, il leur fait connaître ici, par une exhortation morale, comment ils doivent se conduire. D’abord, il indique ce qu’ils ont à faire à l’avenir : ensuite il fait une recommandation pour le passé (verset 10) : Au reste, j’ai reçu une grande joie, etc... A l’égard de l’avenir, il recommande I° de persévérer dans ce qui est acquis; II° d’arriver à quelque chose de mieux (verset 4) : Réjouissez-vous sans cesse en notre Seigneur, etc...
I° La première partie se subdivise. L’Apôtre les exhorte d’abord à persévérer, d’une manière générale; ensuite il indique, pour chaque personne en particulier, des moyens spéciaux (verset 2) : Je conjure Evodie, etc...
I. Dans la première subdivision, saint Paul leur rappelle son affection pour eux; puis il fait une recommandation (verset 1) : Demeurez ainsi fermes, etc...
1° Il donne de son affection cinq marques différentes : - A) en raison de la foi, en montrant qu’ils lui sont chers; ce qui lui fait dire (verset 4) : Mes frères, à savoir dans la foi ; (Mt XXIII, 8) : "Vous êtes tous frères." B) En raison de la charité. II dit donc (verset 1) : Mes frères très chers ;(Corinthiens X, 14) : "Vous qui m’êtes si chers, etc..." - C) En raison de son désir; c'est pourquoi il dit (verset 11) : et très désirés ; (ci-dessus, I, 8) : "Dieu m’est témoin avec quelle tendresse je vous aime, etc... Je dis, très désirés, parce que je désire aller vous voir, et parce que vous me désirez également - D) En raison de sa joie. II dit donc (verset 4) : Vous qui êtes ma joie, et cela, parce que vous êtes bons ; (Proverbes X, 1) : "Le fils sage est la joie de son père, etc..." - E) Enfin par la cause de cette joie. C’est pourquoi il dit (verset 1) : et ma couronne ; (1 Thes II, 19) : "Car quelle est notre espérance, notre joie, et la couronne de notre gloire ? n’est-ce pas vous ?"
2° Quand l’Apôtre ajoute (verset 1) : Demeurez ainsi fermes, etc..., il leur recommande de persévérer, en disant (verset 1) : Demeurez, etc.", c’est-à-dire : persévérez ainsi que moi. Ou encore, ainsi que vous faites maintenant ; (Mt X, 22) : "Celui-là sera sauvé, qui persévérera jusqu’à la fin."
II. Lorsqu’il dit (verset 2) : "Je conjure Evodie, etc..., il fait ses recommandations particulières. Et d’abord de demeurer dans la concorde, ensuite de mettre de la sollicitude à s’entraider, (verset 5) : Je vous prie aussi.
1° Ces deux saintes femmes, Evodie et Syntyche pourvoyaient aux nécessités des fidèles, dans la ville de Philippes et peut-être y avait-il quelque discorde entre elles. L’Apôtre les rappelle donc à la concorde ; (2 Co XIII, 11) : "Soyez unis de sentiments.
2° Quand saint Paul dit (verset 3) : Je vous prie aussi, etc..., il prie un chrétien d’assister certaines personnes. Il dit : mon compagnon, parce qu’il était son associé dans la prédication ; (Proverbes XVIII, 19) : "Le frère qui est aidé par son frère est comme une ville forte." - (verset 5) : Je vous prie d’assister celles qui, etc... J’invite à cette oeuvre (verset 5) tous ceux dont les noms sont écrits, etc... Il s’exprime ainsi, de peur que s’il en omettait quelques-uns, ils en fussent troublés. Il semble dire : il importe peu que je n’écrive pas les noms de tous, parce qu’ils sont écrits dans un lieu meilleur ; (Mt V, 12) : "Réjouissez-vous et tressaillez d’allégresse, etc... Le livre de vie, selon la Glose, c'est la prédestination des saints. Et cela est vrai quant au fond des choses, mais peut être diversement expliqué. Remarquez que c'était autrefois une coutume, d’inscrire sur un registre ceux qui se destinaient à quelqu’office ou dignité, les soldats par exemple, et les sénateurs, qui étaient immatriculés au palais. Tous les fidèles prédestinés sont donc élus de Dieu pour quelque chose de grand, c'est-à-dire pour la vie éternelle, et cette disposition, c'est la prédestination. L’inscription de cette prédestination est appelée le livre de vie; elle se fait dans « la mémoire de Dieu », parce que du moment que Dieu dispose à une fin, il prédestine. En tant donc que cette connaissance, en Dieu, est immuable, nous disons qu’il y a inscription. Ainsi la connaissance certaine des prédestinés, est appelée le "Livre de vie". Quelques-uns en seront-ils effacés ? Il faut savoir qu’il en est qui sont inscrits d’une manière absolue, d’autres d’une manière conditionnelle. Car il en est qui sont prédestinés de Dieu, pour obtenir, d’une manière absolue, la vie éternelle; et ceux-là sont inscrits d’une manière ineffaçable. Il en est d’autres qui le sont pour avoir la vie éternelle, non en elle-même, mais dans sa cause, en tant qu’ils sont destinés à la justice présente et nous disons qu’ils sont effacés du livre de vie, quand ils déchoient de cette justice.
II° Quand il ajoute (verset 4) : Réjouissez-vous dans le Seigneur, etc..., saint Paul les engage à avancer de plus en plus dans ce qui est mieux. Il dispose à ce progrès, I. leurs âmes II. leurs actes (verset 8) : Enfin, mes frères, etc...
I. L’Apôtre dispose leurs âmes de trois manières : 1° quant à la joie spirituelle; 2° quant au repos spirituel (verset 6) : Ne vous inquiétez de rien, etc...; 3° quant à la paix (verset 7) : et que la paix de Dieu, etc...
1° À l’égard de la première disposition, saint Paul définit d’abord les conditions de notre joie; puis il en indique la cause (verset 5) : Le Seigneur est proche, etc... - A) Il est, en effet, nécessaire à quiconque veut avancer dans le bien, de goûter la joie spirituelle ; (Proverbes XVII, 22) : "La joie de l’âme rend le corps plein de vigueur, etc... Or l’Apôtre assigne quatre conditions à la joie véritable. - a) D’abord elle doit être légitime, ce qui arrive quand elle a pour objet le bien propre de l’homme; lequel bien n’est point quelque chose de créé, mais Dieu même ; (Psaume LXXII, 28) : "Pour moi, c'est mon avantage de demeurer attaché à Dieu, etc..." Cette joie est donc légitime quand elle est dans le Seigneur. C’est ce qui lui fait dire (verset 4) : en notre Seigneur ; (Néhem., VIII, 10) : "La joie du Seigneur est notre force." - b) Elle doit être continuelle (verset 4) : sans cesse ; (I Thessalon., V, 16) : "Soyez toujours dans la joie." Elle est telle lorsqu’elle n’est point interrompu par le péché, car alors elle est continue. Que si elle est quelque fois interrompue par quelque tristesse passagère, c'est la marque de l’imperfection de la joie. En effet, chez celui dont la joie est parfaite il n’y a pas d’interruption pour elle, car il se préoccupe peu de ce qui doit peu durer. Aussi l’Apôtre dit-il (verset 4) : sans cesse - c) Elle doit être abondante : si votre joie procède de ce qui est de Dieu, vous avez à vous réjouir de son incarnation ; (Luc, II, 10) : "Je viens vous annoncer une nouvelle qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie, etc..." ; vous avez à vous réjouir de vos actions ; (Proverb., XXI, 15) : "La joie du juste, c'est de faire la justice, etc..." ; vous avez à vous réjouir par la contemplation ; (Sagesse, VIII, 16) : "Sa conversation n’a rien de désagréable." Après la joie de votre bien propre, vous avez à vous réjouir de même du bien des autres; après la joie du bonheur présent, vous avez encore à vous réjouir du bien qui vous attend, c'est ce qui lui fait dire (verset 4) : Je le dis encore une fois, etc... - d) Enfin elle doit être modérée, de peur qu’elle ne s’échappe en voluptés, comme fait la joie du monde. C’est pourquoi il dit (verset 5) : Que votre modestie soit, etc... comme s’il disait : que votre joie soit tellement modérée, qu’elle ne se tourne point en dissolution ; (Judith, XVI, 24) : "Tout le peuple fut dans la réjouissance à la vue des lieux saints, etc..."; (Prov., XII, 11) : "Celui qui passe le temps à boire du vin avec plaisir, laissera des marques de sa honte dans ses places fortes." [Traduction curieuse mais que je ne peux discuter : selon la Bible du chanoine Crampon, ce verset est une ajoute des LXX et de la Vulgate, mais il ne figure pas dans les versions de ces bibles dont je dispose. C.D.] Et l’Apôtre dit : soit connue de tous, comme s’il disait : que votre vie soit tellement modérée dans les choses extérieures, qu’elle n’offense le regard de qui que ce soit, car ce serait un obstacle à votre avancement spirituel. B) Quand saint Paul ajoute (verset 11) : Le Seigneur est proche, il indique la cause de la joie chrétienne, Car on se réjouit de la proximité d’un ami. Or le Seigneur est proche, d’abord par la présence de sa majesté ; (Act., XVII, 27) : "quoiqu’il ne soit pas loin de chacun de nous." Il est proche encore par l’alliance contractée avec notre chair ; (Ephés., II, 13) : "Vous qui étiez autrefois éloignés de lui, vous êtes devenus proches". Il est proche par la grâce qui habite en nous ; (Jacques IV, 8) : "Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous." Il l’est aussi par sa clémence qui exauce ; (Psaume CXLIV, 18) : "Le Seigneur est proche de tous ceux qui l’invoquent" ; (Isaïe XIV, 1) : "Son temps est déjà proche et les jours n’en sont point éloignés, etc..."
2° Quand saint Paul dit (verset 6) : Ne vous inquiétez de rien, etc... il fait voir que notre âme doit être tranquille. D’abord il établit que la sollicitude excessive est superflue; ensuite il montre ce qui succède dans notre âme à cette sollicitude (verset 6) : mais en quelque état que vous soyez, etc... - A) C’est avec assez d’à-propos qu’il ajoute (verset 6) : Ne vous inquiétez de rien, etc..., à ce qu’il venait de dire (verset 5) : Le Seigneur est proche, comme s’il disait : le Seigneur vous donnera toutes choses, il n’est donc pas nécessaire que vous ayez de l’inquiétude ; (Mt VI, 25) : "Ne vous inquiétez point où vous trouverez de quoi manger pour votre vie, ni d’où vous aurez des vêtements pour couvrir votre corps, etc..." On objecte qu’il est dit (Rm XII, 8) : "Que celui qui est chargé de la conduite des autres." Il faut répondre, que la sollicitude suppose quelquefois l’empressement à se procurer ce qui manque, et alors elle est digne de louange, car elle est opposée à la négligence. Mais quelquefois elle suppose l’anxiété de l’âme, avec la crainte et le manque d’espérance d’obtenir ce qui fait l’objet de la sollicitude; c'est cette dernière que le Seigneur condamne en saint Matthieu (VI, 34), et l’Apôtre ici, car l’on ne doit pas désespérer de recevoir du Seigneur ce qui est nécessaire. B) Au lieu de cette inquiétude, il nous fait avoir recours à Dieu ; (I Pierre V, 7) : "Jetant dans son sein toutes vos inquiétudes et vos peines, parce qu’il a soin de vous." Ceci se fait par la prière. C’est ce qui fait dire à saint Paul (verset 6) : en quelque état que vous soyez, etc... Or cette recommandation vient à propos après ces paroles : Le Seigneur est proche, car à l’arrivée d’un nouveau maître on présente ses requêtes. Ici l’Apôtre détermine quatre conditions acquises pour la prière, quelle qu’elle soit. - a) La prière suppose d’abord l’élévation de l’âme vers Dieu. Saint Paul dit donc (verset 6) : par des prières. (Ecclésiastique XXXV, 21) : "La prière de celui qui s’humilie percera les nues, etc..." - b) Elle doit être unie à la confiance d’obtenir, et d’obtenir de la miséricorde de Dieu ; (Daniel IX, 18) : "Ce n’est point par confiance en notre propre justice que nous vous offrons nos prières, en nous prosternant devant vous, mais c'est en vue de la multitude de vos miséricordes, etc..." C’est pourquoi saint Paul dit (verset 6) : et vos supplications. La supplication est comme une protestation sacrée par la grâce et la sainteté de Dieu, c'est donc l’acte de celui qui s’humilie ; (Proverbes XVIII, 23) : "Le pauvre ne parle qu’avec des supplications." Nous prions ainsi quand nous disons : "par votre passion et par votre croix, etc..." c) Mais comme celui qui est ingrat pour les bienfaits déjà reçus est indigne d’en recevoir d’autres, l’Apôtre ajoute (verset 6) : accompagnées d’actions de grâces ; (1 Thes V, 18) : "Rendez grâces à Dieu en toutes choses. - d) Et enfin il indique la demande. C’est pourquoi il dit (verset 6) : et des demandes que vous avez à faire ; (Mt VII, 7) : "Demandez, et on vous donnera." Si nous considérons avec attention ces quatre conditions, [nous voyons qu’]elles se retrouvent dans toutes les prières de l’Eglise. En effet, premièrement, on y invoque Dieu; secondement, on y rappelle les bienfaits divins; troisièmement, on y demande quelque grâce; quatrièmement, on emploie la supplication : "par notre Seigneur Jésus-Christ, etc..." Remarquez cette façon de parler de l’Apôtre (verset 6) : Que vos demandes soient connues de Dieu. Est-ce que Dieu ne les connaît pas ? La Glose explique donc ce passage de trois manières. D’abord, qu’elles soient connues, c'est-à-dire : qu’elles soient approuvées de Dieu; qu’elles apparaissent devant lui comme dignes et saintes ; (Psaume CXL, 2) : "Que ma prière s’élève vers vous comme la fumée de l’encens, etc..." Ensuite qu’elles soient connues par nous-mêmes, comme présentes toujours devant Dieu; comme s’il disait : ne priez pas pour être loués des autres ; (Mt VI, 6) : "Pour vous, lorsque vous voudrez prier, entrez dans votre chambre, et après en avoir fermé la porte, priez votre Père en secret, etc..." Enfin qu’elles soient connues de ceux qui sont présents devant Dieu, à savoir des anges, par le ministère desquels elles lui sont présentées, non pas que Dieu ne sache point ce qui nous manque, mais parce que les anges intercèdent pour nous ; (Apoc., VIII, 4) : "Et la fumée des parfums, qui sont les prières des saints, s’élevant de la main de l’ange, monta devant Dieu."
3° Quand saint Paul dit (verset 7) : et que la paix, etc..., il dirige l’âme disposée, quant à ce qui regarde la paix, par ce qui précède. Il souhaite cette paix par forme de prière. La paix, selon saint Augustin, est la tranquillité de l’ordre, car la perturbation de l’ordre est la destruction de la paix. Or cette tranquillité de l’ordre peut s’envisager de trois manières. D’abord en tant qu’elle réside dans le principe de l’ordre, c'est-à-dire en Dieu ; (Rm XIII, 1) : "Toutes les puissances qui sont sur la terre, ont été établies de Dieu." De ces profondeurs où elle habite, la paix dérive, d’abord et plus parfaitement, sur les bienheureux dans lesquels il ne se trouve aucune perturbation, ni de la faute ni de la peine, et ensuite, conséquemment, dans les saints; et plus on est saint, moins l’âme éprouve de perturbation de l’esprit ; (Psaume CXVIII, 16) : "Ceux qui aiment votre loi jouiront d’une grande paix, et il n’y a pas pour eux de scandale" ; donc dans les bienheureux la paix est parfaite ; (Isaïe, LXVI, 12) : "Je vais faire couler sur Jérusalem comme un fleuve de paix." Et parce que notre coeur ne peut être exempt de trouble autrement que par Dieu, il faut que ce soit lui qui le rende tel. C’est pourquoi l’Apôtre dit (verset 7) : la paix de Dieu. Cette paix, quand on la considère dans son principe même, surpasse tout sens créé, car ainsi qu’il est dit (I Timoth, VI, 16) : "Il habite une lumière inaccessible" ; (Job, XXXVI, 26) : "En effet, Dieu est grand; il passe toute notre science, etc..." Et même, considérée comme elle est dans la patrie céleste, elle surpasse tout sentiment des anges. Mais telle qu’elle est même pour les saints, dans la voie, elle est au-dessus de tout sentiment humain de ceux qui n’ont pas la grâce ; (Apoc., II, 17) : "Je donnerai au victorieux la manne cachée, et je lui donnerai encore une pierre blanche, etc... " Que cette paix donc (verset 8) : garde vos coeurs, c'est-à-dire vos affections, afin que vous ne les détourniez du bien en quoi que ce soit ; (Proverbes IV, 23) : "Appliquez-vous avec tout le soin possible à la garde de votre coeur, parce qu’il est la source de la vie." Et (verset 8) : vos intelligences, afin que vous ne vous écartiez en rien de la vérité. Et cela en Jésus-Christ, car c'est par sa charité que nos affections sont préservées du mal, et par sa foi que notre intelligence se maintient dans la vérité.
II. En ajoutant (verset 8) : Enfin, mes frères, etc..., l’Apôtre règle les actes. 1° Il engage les Philippiens à faire le bien, et il énonce l’objet de l’action, c'est-à-dire le bien qu’il faut faire; 2° le motif; 3° l’acte lui-même; 4° sa récompense : quatre points qui se trouvent ici réunis.
1° Or l’objet de l’acte bon, appartient ou à la connaissance, ou au sentiment. Quant à l’intelligence, cet objet est le vrai; quant à l’affection, c'est le bien. L’Apôtre dit donc (verset 8) : Enfin, c'est-à-dire puisque vous êtes ainsi affermis, que tout ce qui est véritable, soit l’objet de vos pensées, par la foi ; (Zacharie, VIII, 19) : "Aimez seulement la vérité et la paix, etc..." Par rapport à l’affection, il faut se rappeler que certaines dispositions sont de nécessité de vertu, certaines autres de surérogation. Trois dispositions sont de nécessité de vertu. Que l’affection soit pure en elle-même, et quant à cette disposition l’Apôtre dit (verset 8) : tout ce qui est pur, c'est-à-dire chaste ; (Jacques III, 17) : "La sagesse qui vient d’en haut est premièrement chaste, etc..." Qu’elle soit réglée convenablement envers le prochain (verset 8) : tout ce qui est juste, etc... ; (Mt V, 6) : "Bienheureux ceux qui sont affamés et altérés de la justice, etc..." Quelle soit dirigée vers Dieu (verset 8) : tut ce qui est saint ; (Luc, I, 75) : "Afin que nous puissions le servir, dans la sainteté et dans la justice en sa présence, tous les jours de notre vie." Il y a deux objets de nos actes qui sont de surérogation : d’abord ce qui peut conduire à l'amitié, ensuite ce qui peut conserver la bonne réputation. Quant au premier, l’Apôtre dit (verset 8) : tout ce qui peut vous rendre aimables, c'est-à-dire tout ce qui porte à l’amitié mutuelle ; (Ecc1i., VII, 39) : "Ne soyez point paresseux à visiter les malades, c'est ainsi que vous vous affermirez dans la charité"; (Proverbes XVIII, 24) : "L’homme dont la société est agréable sera plus aimé que le frère." Quant au second, il dit (verset 8) : tout ce qui est de bonne réputation, car on pourrait sans blesser la conscience, faire un grand nombre d’actes, qu’il faut toutefois omettre afin de conserver sa bonne réputation ; (Ecclésiastique XLI, 15) : "Ayez soin de vous procurer une bonne réputation, car ce vous sera un bien plus stable que mille trésors grands et précieux.
2° Les motifs déterminants des actes sont au nombre de deux : le penchant de l’habitude intérieure et la règle extérieure, ou l’enseignement. Quant au premier, l’Apôtre dit (verset 8) : tout ce qui est vertueux, c'est-à-dire s’il y a en vous l’habitude de la vertu, qu’elle vous porte à vous conduire ainsi ; (Ecclésiastique XLIV, 6) : "Ils ont été riches en vertu; ils ont aimé avec ardeur la véritable beauté, et ils ont gouverné leurs maisons en paix." Quant au second (verset 8) : tout ce qui est louable, c'est-à-dire s’il y a en vous une doctrine digne de louange, faites ce qui est bien ; (Psaume CXVIII, 66) : "Enseignez-moi la bonté, la discipline, la science, etc..."
3° L’Apôtre explique quelle est cette science, en disant (verset 8) : Faites l’objet de vos pensées, à savoir (verset 9) : ce que vous avez appris par mon enseignement ; (Mt XI, 29) : "Apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur, etc..."; et (1 Thes II, 13) : "Ayant entendu la parole de Dieu que nous vous prêchions, vous l’avez reçue, non comme étant la parole des hommes, mais comme étant, ainsi qu’elle l’est véritablement, la parole de Dieu, etc..." - (verset 9) : et ce que vous avez vu par nos exemples. Nous voyons ainsi le motif de l’acte et son objet, car la discipline qui la règle est reçue par l’enseignement. Il faut donc d’abord qu’elle nous vienne; c'est ce qui fait dire à saint Paul : Faites-en l’objet de votre pensée. De plus il faut que nous y donnions notre assentiment. Il dit donc : Ce que vous avez entendu, ce que vous avez appris et reçu de moi. L’acte bon est de deux sortes, l’un intérieur, qui est indiqué dans ces paroles : Faites-en l’objet de votre pensée ; (1 Tm IV, 15) : "Méditez ces choses." L’autre extérieur (verset 9) : Pratiquez-le ; (Isaïe, I, 16) : "Cessez de faire le mal; apprenez à faire le bien, etc..."
4° Le fruit c'est Dieu lui-même (verset 10) : et le Dieu de paix, etc..., comme s’il disait : si vous vous conduisez ainsi, Dieu sera avec vous ; (2 Co XIII, 11) : "Vivez dans la paix, et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous."