COMMENTAIRE DU PSAUME 12
1 Pour la fin. Psaume de David.
Jusques à quand, Seigneur, m'oublieras-tu en ce qui concerne la fin ? Jusques à quand détourneras-tu ta face de moi ?
2 Combien de temps tiendrai-je des conseils en mon âme, sentirai-je la douleur dans mon cœur tout le jour ?
3 jusques à quand mon ennemi s'élèvera-t-il contre moi ?
4 Regarde et exauce-moi, Seigneur mon Dieu. Illumine mes yeux afin que je ne m'endorme jamais dans la mort:
5 de peur que mon ennemi ne dise: j'ai prévalu contre lui. Ceux qui me persécutent se réjouiront si je suis ébranlé;
6 mais moi en ta miséricorde j'ai espéré. Mon cœur se réjouira en ton salut. Je chanterai au Seigneur qui m'a donné des biens, et je psalmodierai le nom du Seigneur Très-Haut.
* * *
1 Pour la fin. Psaume de David.
Dans le psaume précédent le psalmiste a exposé les tromperies de ses adversaires; ici il réclame de Dieu un remède contre eux. Son titre est: Pour la fin. Psaume de David, et il a été expliqué plus haut.
Ce psaume se divise en trois parties.
I) Dans la première est exposée une plainte.
II) Dans la deuxième une demande: 4 Regarde et exauce-moi.
III) Dans la troisième l'exaucement: 6 mais moi en ta miséricorde.
Jusques à quand, Seigneur, m'oublieras-tu en ce qui concerne la fin ? Jusques à quand détourneras-tu ta face de moi ?
I. La plainte concerne trois choses.
A) Le psalmiste s'étonne d'abord de la dissimulation divine.
B) Ensuite il avoue son propre défaut: 2 Combien de temps tiendrai-je des conseils en mon âme, sentirai-je la douleur de mon cœur tout le jour ?
C) Enfin il se plaint de la puissance de ses adversaires: 3 Jusques à quand mon ennemi s'élèvera-t-il contre moi ?
A. Celui qui dissimule les injures d'autrui fait cela, ou parce qu'il ne s'en souvient pas, ou parce qu'il ne veut pas y apporter de remède; et c'est pourquoi il dit: Seigneur, moi je suis accablé par mes adversaires, et tu n'y apportes pas de remède ? Jusques à quand m'oublieras-tu en ce qui concerne la fin ?, c'est-à-dire à la fin il semble que tu veuilles te soustraire à moi: "Sion a dit: Le Seigneur m'a abandonnée, et le Seigneur m'a oubliée." - "Pourquoi ne regardes-tu pas vers ceux qui agissent de manière injuste, et gardes-tu le silence lorsque l'impie dévore un plus juste que lui ?" Il détourne la face quand il n'apporte pas de remède: "Pourquoi détournes-tu ta face, oublies-tu notre misère, et notre tribulation ?" Cela s'applique à l'histoire de David qui fut persécuté longtemps par Saül. Au sens allégorique il désigne les Pères de l'Ancien Testament qui attendaient le Christ d'une manière continue, et Dieu paraissant les oublier différait le don de son remède; et ils disent: Jusques à quand, Seigneur, m'oublieras-tu en ce qui concerne la fin ? Jusques à quand détourneras-tu ta face de moi ?, c'est-à-dire nous cacheras-tu la présence de ton Fils. Ou bien il est question de la plainte des justes de notre temps à propos du délai du second avènement: Jusques à quand, Seigneur, m'oublieras-tu ? Ce sera jusqu'à ce qui concerne la fin, c'est-à-dire au jour du jugement, ou bien jusqu'à la mort. Et jusques à quand détourneras-tu ta face de moi ?, c'est-à-dire la face de ta gloire, pour que je te voie face à face: "Montre-moi ta face." - "Montre ta face, et nous serons sauvés."
1. On peut donner beaucoup de raisons pour lesquelles les anciens Pères désiraient tant la venue du Christ dans la chair.
a. Une première raison est relative à l'exaltation de la nature humaine, au nom de laquelle les Lamentations disent: "Vois, Seigneur, combien je suis méprisée"; mais elle a été exaltée par l'Incarnation: "Tu m'as reçue avec gloire", c'est-à-dire je suis devenue glorieuse, comme une femme vile est élevée si elle s'unit à un homme bien né. Il en résulte que n'importe quel péché commis après la venue du Sauveur est plus grave que celui qui a été commis avant. De même, si une femme ou un homme bien né commettait une turpitude, il serait plus déshonoré que si un homme grossier la commettait.
b. Une deuxième raison se fondé sur le fait que les captifs étaient libérés de la prison de l'enfer ou des limbes: "Tous mes os descendront-ils au plus profond du schéol; penses-tu du moins que là se trouvera mon repos ?", autrement dit: non, mais par le Christ nous sommes libérés de lui: "Pour toi aussi à cause du sang de ton alliance tu as retiré le captif de la fosse sans eau."
c. Une troisième raison est relative à l'humiliation du diable: "Tu as humilié l'orgueilleux comme un blessé", c'est-à-dire tu as amoindri sa puissance.
d. Une quatrième tient au fait que Dieu nous a pacifiés par la venue du Christ: "Il est la pierre angulaire qui des deux peuples n'en a fait qu'un."
e. Une cinquième est relative à la jouissance qu'ils espéraient avoir avec la venue du Christ, en le voyant, en l'écoutant, en conversant avec lui: "Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez! Car, je vous le dis, beaucoup de prophètes et de rois ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l'ont point vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont point entendu."
2. Mais les modernes désirent le second avènement.
a. D'abord parce qu'alors nous serons glorifiés: "Les saints jugeront les nations et domineront sur les peuples." Et encore dans ce même livré de la Sagesse: "Ils sont comptés parmi les enfants de Dieu."
b. Ensuite parce que nous serons affranchis de toute peine: "Le Seigneur essuiera toute larme de tous les visages", c'est-à-dire la raison de ces larmes, ou bien la peine.
c. En troisième lieu, parce que nous serons affranchis de tout péché: "Le Seigneur ôtera l'opprobre de son peuple de dessus toute la terre."
d. En quatrième lieu, parce qu'alors nous serons arrachés à l'emprise du diable: "Ils ne feront plus de mal et ne tueront plus sur toute ma sainte montagne."
e. En cinquième lieu, parce que nous serons libérés de la servitude du corps: "Tire mon âme de cette prison." - "La création elle-même sera affranchie de la servitude de la corruption."
f. En sixième lieu, parce que nous verrons Dieu face à face: "Nous savons que lorsqu'il apparaîtra, nous lui serons semblables, puisque nous le verrons tel qu'il est." - "Tous me connaîtront du plus petit jusqu'au plus grand." Ou bien la plainte peut être celle de n'importe quel juste oppressé par l'adversité, ou par la corruption du péché et de la convoitise.
2 Combien de temps tiendrai-je des conseils en mon âme, sentirai-je la douleur dans mon cœur tout le jour ?
B. Le psalmiste avoue son propre défaut, et à cet égard il fait deux choses:
1) Il expose d'abord l'inquiétude de son cœur.
2) Puis la douleur qui en résulte: sentirai-je la douleur dans mon cœur tout le jour ?
1. Au sujet de l'inquiétude du cœur, le Philosophe dit dans la Rhétorique: "La crainte pousse [les hommes) à prendre conseil." Il est écrit de même dans Isaïe: "Tenez un conseil, prenez une décision." Ainsi l'homme délibère parfois dans l'adversité et la tentation pour savoir comment résister; et c'est pourquoi il dit: Combien de temps tiendrai-je des conseils en mon âme, c'est-à-dire combien de temps me faudra-t-il tenir de nouveaux conseils pour résister aux ennemis ? Ainsi les Pères de l'Ancien Testament esquissèrent-ils beaucoup de projets (consilia) pour figurer le Christ.
2. Or quand un homme reçoit dans un conseil une ligne de conduite, et cependant s'en écarte, alors il en résulte de la douleur; et c'est pourquoi il est écrit: Combien de temps, Seigneur, tiendrai-je des conseils dans mon cœur, c'est-à-dire chaque jour, tandis que je fais continuellement défection: "Ma douleur m'envahit, en moi mon cœur s'afflige."
3 Jusques à quand mon ennemi s'élèvera-t-il contre moi ?
C. Ici le psalmiste se plaint de la prospérité de l'ennemi qui sera exalté, à savoir de Saül s'élevant contre David, et de l'ennemi qui pousse au consentement du péché, et de la chair, car ils ont des convoitises: "À cause de cela la justice ne parvient pas à son terme, car l'impie l'emporte sur le juste."
4 Regarde et exauce-moi, Seigneur mon Dieu. Illumine mes yeux afin que je ne m'endorme jamais dans la mort; 5 de peur que mon ennemi ne dise: J'ai prévalu contre lui. Ceux qui me persécutent se réjouiront si je suis ébranlé;
II. La deuxième partie de ce psaume expose d'abord une prière ou une demande répondant à la dissimulation divine. Puis à son propre défaut: Illumine mes yeux, etc. Enfin à la prospérité de ses ennemis: de peur que mon ennemi ne dise, etc.
A. Il fait d'abord allusion à la dissimulation divine par l'oubli et l'aversion, autrement dit: Regarde, c'est-à-dire retourne-toi, toi qui m'oubliant t'es détourné. Maintenant exauce-moi. "Regarde, nous sommes ton peuple."
B. Ensuite est exposée sa demande correspondant à son propre défaut, résultant pour une part de ses nombreux conseils, et pour une autre part de ses douleurs. Et étant donné que je ne suis pas maître de mes conseils, Illumine mes yeux afin que je ne m'endorme jamais dans la mort, c'est-à-dire enseigne-moi. Pareillement il est écrit dans Luc: "Pour illuminer ceux qui sont assis dans les ténèbres." Cela s'applique de manière littérale à David qui fuyait devant Saül, et dont il devait se garder plus souvent, de crainte qu'il ne mette un jour la main sur lui et ne le tue. De même, aussi longtemps qu'un homme se préoccupe de résister au péché, il ne tombe pas dans la mort, mais s'il vient à dormir, il est tué. Ainsi il est écrit au deuxième livre des Rois qu'Isboseth fut tué, alors qu'il dormait, et qu'une servante nettoyait du blé: "Éveille-toi, toi qui dors."
C. Enfin est exposée sa demande contre l'adversaire: de peur que mon ennemi ne dise. Et il expose deux choses.
1) D'abord sa demande.
2) Puis la raison de sa demande: Ceux qui me persécutent.
1. Sa demande: illumine mes yeux, de peur que mon ennemi ne dise, en exultant: J'ai prévalu contre lui. Or le diable exulte lorsqu'il tente et entraîné au péché. Il est écrit semblablement: "Lève-toi, Seigneur, que l'homme ne prévale pas."
2. Et la raison de cette demande est que son ennemi ne se réjouisse pas, car ils se réjouiront si je suis ébranlé, Si j'abandonnais l'état de la justice et tombais dans le péché: "Ne te laisse pas aller à tes convoitises, et détourne-toi de tes désirs. Si tu procures à ton âme la satisfaction de ses convoitises, elle fera de toi la risée de tes ennemis." - "À cause de toi-même, ô Dieu, incline ton oreille et écoute; ouvre tes yeux et vois notre désolation, et la cité sur laquelle ton nom a été invoqué."
6 Mais moi en ta miséricorde j'ai espéré. Mon cœur se réjouira en ton salut. Je chanterai au Seigneur qui m'a donné des biens, et je psalmodierai le nom du Seigneur Très-Haut.
III. Ici est indiqué l'exaucement de sa prière; et à cet égard il fait trois choses.
A) Il commence par exposer l'espérance de l'exaucement.
B) Ensuite la joie due à cet exaucement: Et mon cœur se réjouira.
C) Enfin il rend grâces: Je chanterai.
A. Ainsi dit-il: en ta miséricorde j'ai espéré, non dans le monde: "Nombreuses sont les miséricordes du Seigneur, parce que nous ne sommes pas anéantis." Non dans mon pouvoir, car il n'en est aucun contre le diable: "Il n'y a sur la terre de pouvoir qui ne l'égale." Et il expose ici trois remèdes par lesquels l'homme est aidé dans sa lutte contre le diable: par la joie spirituelle, par la prière fervente, par les bonnes œuvres.
1. Concernant la joie spirituelle il dit: Mon cœur se réjouira dans ton salut, non dans les choses temporelles ou dans les vanités, comme le font les pécheurs à propos desquels Job déclare: "Ils se divertissent au son du chalumeau, et passent leurs jours dans le bonheur, et ils descendent en un instant dans le schéol." Et Osée écrit: "Ne te livre pas à la joie, Israël, à l'allégresse, comme les peuples", c'est-à-dire dans le Christ qui est précisément venu pour nous sauver: "Car lui-même sauvera son peuple de ses péchés." Et cette joie arme l'homme contre le diable: "Un cœur joyeux est un bain de jouvence, un esprit abattu dessèche les os."
2. Il est ensuite question de la prière ou de la louange de Dieu; c'est pourquoi il ajoute: "Je chanterai au Seigneur", c'est-à-dire je le louerai: "Vous qui craignez le Seigneur, louez-le." Car la louange de Dieu est puissante pour combattre le diable: "Ce genre de démons n'est chassé que par la prière et le jeûne." - "Et moi je me réjouirai dans le Seigneur, et j'exulterai en Dieu mon Sauveur." Et cela en raison des biens prodigués; aussi continue-t-il: qui m'a donné des biens, c'est-à-dire parce qu'il accorde des biens: "Tout don excellent, toute grâce parfaite, descend d'en-haut, du Père des lumières." Et il dit: des biens, parce qu'il y a des biens temporels que le Seigneur a accordés: "Il leur remit ses biens. À l'un il donna cinq talents, à un autre deux, à un autre un, à chacun selon sa capacité, et il partit aussitôt." De même: des biens spirituels, qui sont les biens de la grâce et les vertus: "Il y a des grâces diverses, mais c'est le même Esprit. Il y a diversité de ministères, mais c'est le même Seigneur; et il y a des opérations diverses, mais c'est le même Dieu qui opère tout en tous; or à chacun est donnée la manifestation de l'Esprit pour l'utilité. Car à l'un est donnée par l'Esprit la parole de sagesse; à un autre la parole de science, selon le même Esprit; à un autre la foi, par le même Esprit; à un autre la grâce de guérir, par le même Esprit; à un autre, la vertu d'opérer des miracles; à un autre, la prophétie; à un autre, le discernement des esprits; à un autre, le don des langues diverses; à un autre, l'interprétation des discours. Or, tous ces dons, c'est le seul et même Esprit qui les opère, les distribuant à chacun comme il veut." - "Si nous accueillons le bonheur de la main de Dieu, pourquoi n'accepterions-nous pas aussi le malheur ?" De même, les biens de la gloire: "Je crois voir les biens du Seigneur dans la terre des vivants." Le Seigneur accorde tous ces biens, et par conséquent c'est à bon droit qu'il faut le louer: "À celui qui m'a donné la sagesse je donnerai la gloire."
3. Il est enfin question des bonnes œuvres à propos desquelles il ajoute: je psalmodierai, c'est-à-dire j'œuvrerai. Psallere (psalmodier), c'est toucher le psaltérion avec la main. Jérôme dit: "Accomplis toujours quelque œuvre bonne afin que le diable te trouve occupé." Et Matthieu écrit: "Lorsque l'esprit impur est sorti d'un homme, il s'en va en des lieux arides, cherchant du repos, et il n'en trouve point." le nom du Seigneur, c'est-à-dire à la louange du nom du Seigneur Très-Haut. - "Gloire à Dieu au plus haut des cieux." - "Qu'ainsi votre lumière brille devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux."
COMMENTAIRE DU PSAUME 13
1 Pour la fin. Psaume de David.
L'insensé a dit en son cœur: "Il n'est pas de Dieu." Ils sont corrompus et sont devenus abominables par leurs œuvres; il n'en est aucun qui fasse le bien, il n'en est pas un seul.
2 Le Seigneur, du haut du ciel, a regardé les fils des hommes, afin de voir s'il en est un d'intelligent ou qui cherche Dieu.
3a Tous se sont détournés, ensemble ils sont devenus inutiles. Il n'en est pas un qui fasse le bien. Il n'en est pas un seul.
3b Leur gosier est un sépulcre ouvert; de leurs langues ils agissaient avec tromperie, le venin des aspics sous leurs lèvres.
3c Leur bouche est pleine de malédiction et d'amertume; leurs pieds sont prompts â verser le sang.
3d L'affliction et le malheur sont dans leurs voies, et ils n'ont pas connu la voie de la paix; la crainte de Dieu n'est pas devant leurs yeux.
4 Est-ce qu'ils ne connaîtront point tous ceux qui commettent l'iniquité, qui dévorent mon peuple comme on se nourrit de pain ?
5 Ils n'ont pas invoqué le Seigneur, là ils ont tremblé de crainte, là où il n'y avait pas de crainte.
6 Parce que le Seigneur est au milieu de la génération juste, vous avez confondu le dessein de l'indigent; parce que le Seigneur est son espérance.
7 Qui donnera de Sion le salut d'Israël ? Lorsque le Seigneur aura détourné la captivité de son peuple, Jacob exultera, et Israël se réjouira.
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1 Pour la fin. Psaume de David.
Plus haut le psalmiste a blâmé la tromperie des ennemis; ici il expose leur malice. Le titre de ce psaume est: Pour la fin. Psaume de David. Et à ce propos il fait deux choses.
I. Il commence par manifester leur malice.
II. Puis il expose l'espérance d'être libéré des ennemis: Est-ce qu'ils ne connaîtront point, etc.
I. Concernant la manifestation de leur malice il fait deux choses:
A) Il fait d'abord connaître leur malice.
B) Ensuite il assure que cette malice se trouve en eux: du haut du ciel le Seigneur a regardé, etc.
A. En faisant connaître leur malice il mentionne deux choses:
1) Il indique d'abord la racine de leur malice.
2) Puis le progrès de leur malice: Ils sont corrompus.
L'insensé a dit en son cœur: "Il n'est pas de Dieu."
1. À propos de la racine de la malice il est écrit dans l'Ecclésiastique: "Le commencement de tout péché, c'est l'orgueil, et le commencement de l'orgueil de l'homme, c'est quand il s'éloigne de Dieu." Donc le fait que l'homme ne garde pas Dieu dans son cœur, c'est le principe de la malice; et c'est pourquoi le psalmiste dit: L'insensé a dit en son cœur: "Il n'est pas de Dieu." - "La sagesse n'entrera pas dans une âme qui a fait le mal, elle n'habitera pas dans un corps soumis aux péchés."
Mais peut-on le dire ? Dire dans le cœur c'est penser. Mais peut-on penser que Dieu n'est pas ? Anselme affirme que personne ne le peut. De même Jean Damascène: "La connaissance de Dieu est donnée naturellement à tous; [s'agissant] d'une connaissance naturelle inculquée, personne ne peut penser qu'Il n'est pas." Mais il faut savoir que l'on peut parler de deux manières de la connaissance de Dieu, c'est-à-dire en soi et par rapport à nous.
Si c'est selon la première manière, alors on ne peut pas penser qu'il n'est pas. En effet, aucune proposition ne peut être regardée comme fausse selon sa nature, proposition dont le prédicat est inclus dans la définition du sujet. Or il faut noter qu'en Dieu l'être est autre que dans les créatures, car l'être de Dieu est sa substance. Donc celui qui dit Dieu en soi, dit son être même; et c'est pourquoi en soi il ne peut être pensé ne pas être. Et le raisonnement de Jean Damascène est expliqué: car ce qui est donné naturellement est connu de manière indéterminée, c'est-à-dire que Dieu est, cependant non comme Dieu connaît; au contraire, cette connaissance s'obtient par la foi. Dieu se dit en grec Theós et vient de théein, ce qui veut dire "pourvoir" et "s'occuper avec sollicitude" de toutes choses; ou bien de aithein, qui signifie "brûler" (car notre Dieu est un feu consumant toute malice). Ainsi donc quelqu'un dit que Dieu n'est pas, lorsqu'il pense qu'il n'est pas tout-puissant, et qu'il ne s'occupe pas des réalités humaines: "Qui est le Tout-Puissant pour que nous le servions ?" On peut appliquer cela aux Juifs disant que le Christ n'est qu'un simple homme et non Dieu: "Toi, étant homme, tu te fais Dieu." Certains Juifs, ne croyant pas que lui-même est celui qui était annoncé dans la Loi, disent: "Il n'est pas Dieu", c'est-à-dire celui qui nous prêche n'est pas Dieu. Et l'insensé a dit cela, parce qu'ils ont refusé d'accueillir la sagesse de Dieu en gardant les yeux du cœur enténébrés: "Ils n'ont pas su et ils n'ont pas compris." - "Car leur malice les a aveuglés." Ou bien c'est le pécheur qui est blâmé ici.
D'abord quant au péché commis dans le cœur par le consentement: L'insensé a dit.
Ensuite quant au péché commis en acte: Ils sont corrompus.
Enfin quant au péché commis par habitude: et sont devenus abominables.
Le psalmiste appelle d'abord le pécheur insensé, parce qu'il n'a pas la sagesse, comme il le dit. Également, parce que les réalités spirituelles ne sont pas sensées pour lui: "L'homme charnel n'accueille pas ce qui est de l'Esprit de Dieu."
Ils sont corrompus et sont devenus abominables par leurs œuvres; il n'en est aucun qui fasse le bien, il n'en est pas un seul.
2. Ensuite il expose le progrès de leur malice: Ils sont corrompus et sont devenus abominables. De même que les deux parties de la justice sont de faire le bien et d'éviter le mal, ainsi les deux parties de l'injustice sont de faire le mal et d'éviter le bien.
a) Et il expose en premier lieu la première partie.
b) Puis la seconde.
a. Dans la première il manifeste:
- La corruption des vices.
- Ensuite leur abomination.
- Dans les corps, il en résulte une corruption par l'exhalaison de la chaleur naturelle chassée par la chaleur extérieure. Or la chaleur naturelle de l'âme c'est l'amour de Dieu. Donc lorsque l'amour étranger de la convoitise entre, ainsi que d'autres péchés, Dieu s'éloigne. Et c'est pourquoi lorsque le psalmiste a dit: Il n'est pas de Dieu, il ajoute aussitôt: Ils sont corrompus. - "Ils ont renié le Seigneur et dit: "Ce n'est pas lui"", c'est-à-dire celui qui réprouve les pécheurs, celui qui rémunère les justes: "Le cœur du sot", c'est-à-dire du pécheur," est comme un vase brisé". Corrompus sont donc les pécheurs à cause de leur action mauvaise: "Mais leurs œuvres étaient mauvaises", car après avoir perdu les biens gratuits par leur consentement au mal, les réalités naturelles sont corrompues en eux; et c'est pourquoi un châtiment leur échoit: "Le feu marchera devant lui, et brûlera à l'entour de ses ennemis."
- De même, lorsqu'un corps pourrit, il devient abominable. Ainsi l'âme humaine, aussi longtemps que l'amour de Dieu demeure en elle, est agréable à Dieu; mais lorsqu'elle est corrompue par le péché, elle devient abominable. Elle est abominable parce que la passion humaine l'en écarte; aussi dit-il: et ils sont devenus abominables, c'est-à-dire les pécheurs sont devenus abominables à Dieu et aux hommes par leur habitude de pécher: "Comme tu es devenue vile, qu'il t'en coûte un peu de changer tes voies !" - "Ils se sont égarés dans la confusion et sont devenus abominables comme l'objet de leur amour." Et il a dit: par leurs œuvres, car c'est par elles qu'ils deviennent abominables. Ou bien, ils agissent avec application, selon Jérôme. Car Dieu a davantage en abomination une volonté qui s'applique à pécher, que le péché lui-même: "Ils se sont éloignés de lui comme de propos délibéré, et ils ont refusé de connaître ses voies." Une autre version lit: "Corrumpunt et abominati sunt studium (Ils sont corrompus et sont devenus abominable par leur étude)", c'est-à-dire de la sagesse et de la science: "Parce qu'ils ont haï la science, et qu'ils n'ont pas désiré la crainte de Dieu." - "Tu verras des abominations encore plus grandes."
b. Puis il parle de l'évitement du bien: Il n'en est [aucun] qui fasse le bien, car "il n'y a pas de juste sur terre qui fasse le bien sans pécher". - Il n'y en a pas jusqu'à un, c'est-à-dire le Christ, parce que lui seul n'a ni contracté, ni commis de péché. La Bienheureuse Vierge, elle, a contracté le péché originel: "J'ai trouvé un homme sur mille, mais je n'ai pas trouvé une femme entre toutes." Ou bien: il n'en est pas un seul, car il n'en est pas un seul qui accomplisse le bien parfaitement. C'est vrai en supposant qu'ils ont dit: "Il n'est pas de Dieu." Ils sont corrompus.
2 Le Seigneur, du haut du ciel, a regardé les fils des hommes, afin de voir s'il en est un d'intelligent ou qui cherche Dieu. 3a Tous se sont détournés, ensemble ils sont devenus inutiles. Il n'en est pas un qui fasse le bien. Il n'en est pas un seul
B. Le psalmiste commence ici par certifier la faute des ennemis.
- Puis il la fait connaître: 3b Leur gosier est un sépulcre ouvert.
- Le péché est certifié par leur iniquité; et c'est pourquoi il expose ici l'observation attentive de Dieu, en disant: Vous, vous dites: Il n'est pas de Dieu, mais c'est faux parce que le Seigneur, du haut du ciel, a regardé les fils des hommes. - "Toutes les voies de l'homme sont pures à ses yeux." Ainsi le Seigneur, Père, a regardé du haut du ciel, c'est-à-dire avec la tendresse de son cœur, en envoyant son Fils: "Le ciel est mon trône." Ou bien: du haut du ciel, c'est-à-dire le Christ par qui il jugera les pécheurs. Ou bien autrement: certains affirment que Dieu ne connaît pas les réalités singulières et changeantes, parce qu'il est immatériel, simple et éternel. Et ainsi il ne connaît pas selon le mode des réalités matérielles, mais selon le mode de sa connaissance.
On répondra: au contraire, car il connaît les réalités matérielles de manière immatérielle, comme en conclut Denys. Et c'est ainsi que l'intellect connaît; aussi le psalmiste dit-il: du haut du ciel, c'est-à-dire de la hauteur de sa dignité et de sa nature, il a regardé les fils des hommes. Et il veut trouver en nous, en vertu de sa volonté antécédente qui veut que tous soient sauvés, ce qui a trait au salut, c'est-à-dire que nous connaissions Dieu par l'intelligence, que nous l'aimions par l'affection et que nous le désirions. Et c'est pourquoi il dit: afin de voir, c'est-à-dire afin qu'il fasse voir, car lui-même voit toujours, c'est-à-dire voit, s'il en est un d'intelligent, par l'intelligence: "S'ils étaient sages, ils le comprendraient, ils considèreraient la fin qui les attend." ou qui cherche Dieu, par l'affection. Que trouvera-t-il quand il aura cherché ici-bas ? Le contraire: car tous se sont détournés. Et le psalmiste expose trois choses: l'aversion de Dieu, l'œuvre inutile, et la cessation du bien.
· Ainsi dit-il: Tous se sont détournés, c'est-à-dire de Dieu: "Je sais qu'après ma mort vous agirez de manière tout à fait perverse et que vous vous détournerez de la voie que je vous ai prescrite." - "Il n'y a ni vérité, ni connaissance, ni miséricorde de Dieu dans le pays." - "Personne ne parle comme il faut, aucun ne fait pénitence pour son péché."
· De même, par le fait qu'on se détourne de Dieu, on devient inutile: car une chose est inutile dans la mesure où elle n'atteint pas ce pour quoi elle a été faite. Or l'homme a été créé pour jouir de Dieu: "La nombreuse postérité des impies sera sans utilité." Voilà pourquoi il dit: ensemble ils sont devenus inutiles.
· De même, ils cessent de faire le bien, car il n'en est pas un qui fasse le bien, etc. Ceci a été commenté.
3b Leur gosier est un sépulcre ouvert; de leurs langues ils agissaient avec tromperie, le venin des aspics sous leurs lèvres.
- Jérôme dit que l'Apôtre a utilisé le témoignage de ces versets: Leur gosier est un sépulcre ouvert, etc. On trouve aussi ces versets ailleurs dans la Sainte Écriture; dans l'épître aux Romains , où l'Apôtre dit qu'il a emprunté une partie au livre d'Isaïe, une autre à différentes parties du psautier et non point à ce psaume seulement, puisque lui-même était hébreu et qu'il savait que cela ne figurait pas dans le texte hébreu; cela figure cependant dans une version de la Vulgate qu'utilise le peuple et qui n'est attribuée à aucune personne déterminée. Du sépulcre ouvert s'exhale une mauvaise odeur, et c'est pour quoi le psalmiste a certifié plus haut la malice ou la faute des ennemis; mais ici il la fait connaître, et à cet égard il fait deux choses:
· Il commence par montrer comment les pécheurs sont inutiles aux autres.
· Puis comment ils le sont vis-à-vis d'eux-mêmes: L'affliction et le malheur sont dans leurs voies.
· En montrant d'abord comment les pécheurs sont inutiles aux autres il indique deux choses.
D'abord comment ils nuisent aux autres par la parole.
Ensuite comment ils nuisent aux autres par l'action: leurs pieds sont prompts, etc.
En disant comment ils nuisent aux autres par la parole il fait deux choses:
Il expose d'abord la promptitude de leur bouche à nuire.
Puis leur manière de nuire: de leurs langues ils agissaient avec tromperie.
Ainsi dit-il: Leur gosier est un sépulcre ouvert. Or un tel édifice n'est destiné à aucune autre utilité si ce n'est de recevoir des cadavres; ainsi sa bouche qui est toujours prête à mortifier par la détraction est-elle un sépulcre ouvert: "De leurs bouches s'échappaient du feu, de la fumée et du soufre." Ou bien remarquez leur voracité, car leur gosier sert aussi à manger.
Mais parfois ils nuisent par la tromperie, parfois par la malice, et quelquefois par l'injure.
Et il expose d'abord la tromperie qu'ils ont sur la langue. de leurs langues, en parlant extérieurement avec flatterie: "Leur langue est une flèche meurtrière, elle ne profère que la tromperie"; ensuite la tromperie qu'ils ont dans le cœur: le venin des aspics sous leurs lèvres. Un venin caché cause la mort, mais le venin des aspics est incurable, et ce serpent ne peut être charmé: "Semblable à un aspic sourd qui bouche ses oreilles, qui n'écoutera pas la voix des enchanteurs, et du magicien qui charme habilement", dont le venin tue en hypnotisant: "Il se trouvé dans mon peuple des impies dressant des pièges comme l'oiseleur, afin de prendre les hommes." Et de même: "Comme une cage pleine d'oiseaux, ainsi leurs maisons sont remplies de tromperie." Par leur douce voix ils tendent des pièges aux oiseaux. Dans ces mots sont signifiés leur cruauté, et leur entêtement, et leur malice: leur cruauté, parce qu'ils s'efforcent de tuer; leur entêtement, parce qu'ils ont toujours la haine dans leur cœur, et c'est pourquoi il dit: le venin des aspics, etc.
3c Leur bouche est pleine de malédiction et d'amertume; leurs pieds sont prompts à verser le sang.
Leur bouche est pleine de malédiction. Ici le psalmiste montre comment ils nuisent ouvertement, car c'est par des paroles médisantes, et d'amertume, c'est-à-dire par des paroles amères: "Tu ne maudiras pas le sourd." Ou bien lorsque leur bouche dit contre Dieu des paroles qui portent à l'injure ou qui incitent à la colère: "Son rugissement est comme celui du lion."
prompts. Ici il montre comment ils nuisent en action: à verser le sang. - "Leurs pieds courent au mal, et ils se hâtent pour répandre le sang."
3d L'affliction et le malheur sont dans leurs voies, et ils n'ont pas connu la voie de la paix; la crainte de Dieu n'est pas devant leurs yeux.
· Ici le psalmiste montre comment ils se nuisent à eux-mêmes. Une personne se nuit à elle-même de deux manières: en perdant le bien qu'elle possède, et en étant privée de celui qu'elle espère.
Ainsi dit-il: L'affliction [est] dans leurs voies, parce que le bien qu'ils ont est détérioré, et le malheur, parce qu'ils ne parviennent pas au bien espéré, c'est-à-dire le bonheur: "La dévastation et la destruction sont dans leurs routes, et ils n'ont pas connu le chemin de la paix; il n'y a pas de droiture dans leur voie." Ou bien: L'affliction dans ce monde, le malheur après la mort, lequel est opposé au bonheur: "Au jour du désastre le méchant est épargné, et au jour de la colère il est mis à l'abri." Cela tient pour une part au fait qu'ils s'opposent à l'amour du prochain, car ils n'ont pas connu la voie de la paix, c'est-à-dire ce qu'elle est. Ou bien: ils n'ont pas connu la voie de la paix, c'est-à-dire le Christ, car ses voies sont des voies de paix: "Ses voies sont voies de délices, et tous ses sentiers paisibles." ils n'ont pas connu, car ils ont tué le Christ lui-même en péchant.
Pour une autre part, cela tient au fait qu'ils s'opposent à l'amour de Dieu; aussi dit-il: la crainte de Dieu n'est pas devant leurs yeux. Et à cause de cela ils pèchent, car, selon ce qui est écrit dans les Proverbes: "Par la crainte du Seigneur tout [homme] s'éloigne du mal." Donc parce qu'ils n'ont pas cette disposition ils sont un sépulcre ouvert.
4 Est-ce qu'ils ne connaîtront point tous ceux qui commettent l'iniquité, qui dévorent mon peuple comme on se nourrit de pain ? 5 ils n'ont pas invoqué le Seigneur, là ils ont tremblé de crainte, là où il n'y avait pas de crainte." Parce que le Seigneur est au milieu de la génération juste, vous avez confondu le dessein de l'indigent; parce que le Seigneur est son espérance.
II. Le psalmiste traite ici de l'espérance de sa libération.
A) Et il commence par montrer que les impies n'ont pas l'espérance, car il dit: Est-ce qu'ils ne connaîtront point ?
B) Ensuite il montre quelle est cette espérance: Qui donnera de Sion.
A. En montrant que les impies n'ont pas l'espérance, le psalmiste fait deux choses:
1) Il commence par montrer qu'ils ne connaissent pas cette espérance.
2) Puis il en donne une preuve: le dessein de l'indigent.
1. Il pose d'abord une question, y introduit la faute des impies et s'exprime ainsi: Je dis qu'ils sont un sépulcre ouvert et que Dieu n'est pas dans leur cœur. Mais auront-ils connaissance que le Seigneur est au milieu de la génération juste ? Autrement dit: cela ils doivent en avoir connaissance, et en particulier que le Seigneur est au milieu d'elle: "Tu es au milieu de nous, Seigneur, et ton saint nom a été invoqué sur nous." - "Mais toi, tu habites dans le lieu saint, louange d'Israël." Donc le Seigneur est en lui comme dans son temple. Et tous ceux qui commettent l'iniquité, c'est-à-dire à l'égard de Dieu. Et: qui dévorent mon peuple comme on se nourrit de pain, c'est-à-dire quant au prochain qu'ils dévorent en ôtant son bien: "Que chacun dévore la chair de son prochain." - "Ils ont dévoré la chair de mon peuple, et ils lui ont arraché la peau de dessus le corps." - "Le pain des indigents [c'est la] vie des pauvres, celui qui l'enlève est un homme de sang." Ils n'ont pas invoqué [Dieu], c'est-à-dire ils n'ont pas l'espérance divine. Et il résulte de cela qu'ils n'ont pas la tranquillité, aussi dit-il: là ils ont tremblé de crainte. - "L'impie s'enfuit sans que personne ne le poursuive." - "Des bruits de terreur retentissent à ses oreilles, et au sein de la paix il soupçonne toujours des embûches." Mais ceux qui invoquent Dieu sont sauvés: "Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé." - "Le nom du Seigneur est une tour très forte." Donc ils n'auront pas connaissance de telles choses, parce que le Seigneur est au milieu de la génération juste.
2. Et il montre qu'ils n'ont pas l'espérance en donnant une preuve; car vous avez confondu le dessein de l'indigent, c'est-à-dire vous l'avez regardé comme étant dans l'erreur, et vous avez blasphémé autant qu'il vous était possible: et c'est le dessein de l'indigent qu'il sache que le Seigneur est son espérance. - "Il a espéré dans le Seigneur, qu'il le délivre, qu'il le sauve, puisqu'il le veut." Lui qui dit: "Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel; puis viens et suis-moi." Les riches méprisent toujours ce conseil: "Vous avez méprisé tous mes conseils, et vous ne voulez pas de mes réprimandes." Et pourquoi ? parce que le Seigneur est son espérance, car ils n'ont dans le monde aucune raison d'espérer si ce n'est en Dieu, et c'est l'espérance des saints.
7 Qui donnera de Sion le salut d'Israël ? Lorsque le Seigneur aura détourné la captivité de son peuple, Jacob exultera, et Israël se réjouira.
B. Tous les anciens attendaient ce salut: "Le sceptre ne sera pas ôté de Juda, ni le prince de sa postérité, jusqu'à ce que vienne celui qui doit être envoyé, et lui-même sera l'attente des nations." Mais il était attendu depuis Sion, c'est-à-dire par les Juifs: "Le salut vient des Juifs." Mais quand ? Réponse: nous aurons ce salut lorsque le Seigneur aura détourné la captivité de son peuple, c'est-à-dire ceux qui sont sous la servitude du péché et dans la prison de l'enfer: "Même à un puissant on enlève le butin et à un homme fort on arrache la proie." Et alors que Jacob se réjouisse, c'est-à-dire le peuple de Dieu, intérieurement; et qu'Israël exulte, extérieurement.