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COMMENTAIRE DU PSAUME 16
1 Prière de David.
Exauce, Seigneur, ma justice, sois attentif à ma supplication. De tes oreilles perçois ma prière qui n'est pas proférée par des lèvres trompeuses.
2 Que mon jugement sorte de ton visage, que tes yeux voient l'équité.
3 Tu as éprouvé mon cœur, et tu l'as visité pendant la nuit; tu m'as examiné par le feu, et l'iniquité ne s'est pas trouvée en moi.
4 Afin que ma bouche ne parle pas des œuvres des hommes; à cause des paroles de tes lèvres moi j'ai gardé des voies dures.
5 Rends parfaits mes pas dans tes sentiers, afin que mes pieds ne soient pas ébranlés.
6 Moi j'ai crié parce que tu m'as exaucé, ô Dieu; incline ton oreille vers moi et exauce mes paroles.
7 Signale tes miséricordes, toi qui sauves ceux qui espèrent en toi.
8 De ceux qui résistent à ta droite, garde-moi comme la prunelle de l'œil. Sous l'ombre de tes ailes protège-moi,
9a contre la face des impies qui m'ont affligé.
9b Mes ennemis ont encerclé mon âme,
10 ils sont enfermés dans leur graisse, leur bouche exprime l'orgueil.
11 M'ayant chassé, maintenant ils m'ont encerclé; ils ont résolu d'abaisser leurs yeux vers la terre.
12 Ils m'ont saisi comme un lion prêt [à dévorer] sa proie; et comme le petit d'un lion habitant dans des lieux cachés.
13 Lève-toi, Seigneur, préviens-le et supplante-le; arrache mon âme à l'impie,
14 ton épée aux ennemis de ta main. Seigneur, sépare-les dans leur vie du petit nombre; et leur ventre a été rempli de tes [biens] cachés. Ils ont été rassasiés d'enfants, et ils ont laissé leurs restes à leurs petits enfants.
15 Mais moi dans la justice j'apparaîtrai devant toi, je serai rassasié quand apparaîtra ta gloire.
* * *
1 Prière de David.
Exauce, Seigneur, ma justice, sois attentif à ma supplication. De tes oreilles perçois ma prière qui n'est pas proférée par des lèvres 2 trompeuses. Que mon jugement sorte de ton visage, que tes yeux voient l'équité. 3 Tu as éprouvé mon cœur, et tu l'as visité pendant la nuit; tu m'as examiné par le feu, et l'iniquité ne s'est pas trouvée en moi. 4 Afin que ma bouche ne parle pas des œuvres dés hommes; à cause des paroles de tes lèvres moi j'ai gardé des voies dures. 5 Rends parfaits mes pas dans tes sentiers, afin que mes pieds ne soient pas ébranlés.
Le psalmiste a décrit plus haut la justice divine et il a montré qu'il l'observait; ici il expose une prière dans laquelle il demande d'être exaucé à cause de la justice. Le titre de ce psaume est: Prière de David. Et c'est le premier psaume qui a pour titre la prière , parce que ce dernier a été composé tout entier sous la forme d'une prière; et le psalmiste commence par la prière, parce qu'elle est l'unique refuge au milieu des tribulations: "Au lieu de m'aimer, ils disaient du mal de moi; mais moi je priais."
Ce psaume se divise en deux parties.
I) Dans la première le psalmiste prie pour sa propre stabilité;
II) dans la seconde il demande sa délivrance du mal: Moi j'ai crié.
I. En priant d'abord pour sa propre stabilité il fait deux choses.
A) Il commence par demander d'être exaucé.
B) Ensuite il expose sa demande: Que mon jugement sorte de ton visage.
A. Or il faut considérer que dans l'exaucement il y a une triple gradation:
1) D'abord celui à qui s'adresse la demande écoute les paroles.
2) Ensuite il prête attention à leur sens.
3) Enfin il satisfait la demande.
1. Ainsi demande-t-il d'abord d'être exaucé, en disant: Exauce, Seigneur, ma justice. - "Exauce, Seigneur Dieu, la prière de ton serviteur." Puis dans l'exaucement il expose le mérite de celui qui demande; et c'est pourquoi il dit: ma justice, autrement dit: en moi se trouve le mérite, si bien que tu m'exauces. La Glose commente: "La justice fait entendre sa voix auprès de Dieu, voix qui pénètre le ciel." - "La supplication fervente du juste a beaucoup de puissance." - "Dieu n'écoute pas les pécheurs, mais si quelqu'un honore Dieu et fait sa volonté, c'est celui-là qu'il exauce."
2. Ensuite il demande d'être attentif au sens de sa prière: sois attentif à ma supplication. La Glose commente: "Supplication qui est faite en vue de détourner les maux." Une autre version lit: "Intende ad canticos meos (Sois attentif à mes chants)", comme s'il disait: sois attentif à l'intelligence spirituelle:" Que tes oreilles se fassent attentives à la voix de ma supplication."
3. Enfin il demande d'écouter les paroles de celui qui prie; et c'est pourquoi il dit: De tes oreilles perçois ma prière, qui est proférée non par des lèvres trompeuses, mais par des lèvres innocentes: "Il n'y a pas de fraude dans sa bouche."
Cependant puisque Dieu entend toutes choses, pourquoi dit-on qu'il écoute certaines choses et d'autres non ?
Il est écrit dans la Sagesse: "L'Esprit-Saint éducateur fuira l'astuce, et s'éloignera des raisonnements qui sont dépourvus d'intelligence." On dit de Dieu qu'il écoute en tant que les paroles sont vraies, et non en tant qu'elles procèdent de lèvres trompeuses; c'est pourquoi il dit: non par des lèvres trompeuses. - "Lèvres trompeuses, avec un cœur et un cœur, ils parlent." Et ainsi le mot trompeur a une double acception. Car il signifie une dissimulation à l'égard de la bouche, et une dissimulation à l'égard de l'action, puisque l'action ne concorde pas avec la bouche. Le pharisien qui disait: "Je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont voleurs, injustes, adultères; ni même comme ce publicain. Je jeûne deux fois la semaine; je paie la dîme de tout ce que je possède", ne fut pas exaucé; mais l'autre qui priait non avec des lèvres trompeuses mais avec droiture, fut exaucé, car il "descendit justifié dans sa maison". La Glose commente: "Les lèvres trompeuses sont celles qui disent: Seigneur, Seigneur, et qui ne font pas la volonté de mon Père."
B. de ton visage. Un juge ne profère une sentence qu'après avoir entendu une plainte et examiné une cause. Et c'est pourquoi celui-ci (le psalmiste) expose sa demande; et il demande trois choses:
1) D'abord une sentence.
2) Ensuite l'examen de la cause: Tu as éprouvé.
3) Enfin la qualité de la sentence: Rends parfaits.
1. Au sujet de la sentence il fait deux choses:
a) Il sollicite d'abord le jugement.
b) Ensuite il demande qu'il soit exercé avec une juste mesure: que tes yeux.
a. Ainsi dit-il: Que de ton visage, c'est-à-dire que de ta connaissance, sorte mon jugement, c'est-à-dire en ma faveur: "Corrige-moi, Seigneur, mais selon la justice, non dans ta colère, pour me réduire à néant." Et ce dernier demande que le jugement ne soit pas exercé avec sévérité: "Toutes vos justices sont souillées comme un vêtement", mais qu'il soit équitable, proportionné à la souffrance de la nature humaine.
b. Et c'est pourquoi il dit: que tes yeux voient l'équité, c'est-à-dire exercent un jugement équitable: "Il prononcera avec droiture en faveur des humbles de la terre." - "Qu'il fasse valoir l'équité contre moi, et mon jugement aboutira à la victoire"; autrement dit: je ne demande pas de jugement, parce que ma cause a été examinée devant toi.
2. Que sa cause a été examinée devant lui, il le montre lorsqu'il dit: Tu as éprouvé, etc.
a) Et il expose d'abord le déroulement de l'examen.
b) Ensuite il fait connaître ce qui a été découvert: et l'iniquité ne s'est pas trouvée en moi.
a. Ainsi dit-il: Tu as éprouvé mon cœur. Il y a une différence entre éprouver et examiner. Éprouver consiste à chercher le fondement d'un fait, examiner consiste à chercher le fait lui-même. Or le fondement d'un fait a trait davantage au cœur, tandis que le fait lui-même concerne davantage le corps. Il dit donc: Tu as éprouvé mon cœur, c'est-à-dire tu l'as montré éprouvé, car il n'a pas été troublé à cause des tribulations dont je souffre. Lorsque Dieu examine, il fait trois choses. Il éprouve, il visite, et il examine. Il éprouve lorsqu'il discerne s'il a la rectitude du cœur: car s'il ne l'a pas, il ne se met pas en peine d'examiner; mais s'il l'a, il lui faut examiner s'il a la constance: "C'est moi, le Seigneur, qui scrute les cœurs et sonde les reins, qui donne à chacun selon sa voie." Mais cet examen est rigoureux et ferme, au point que nul n'y résisterait sans être aidé par lui: "Quelle est donc ma force pour que j'attende, ou quelle est la durée de mes jours, pour que j'aie patience ?" Et c'est pourquoi il le fait précéder d'une visite: "Je visiterai avec la verge", ou bien en aidant, ou bien en corrigeant. tu l'as visité pendant la nuit. Mais cela peut aussi être compris comme à travers la nuit et à travers le feu, parce qu'il trouble l'âme: "La nuit mes os sont transpercés par les douleurs ~"; et l'incendie agit de la même manière. Ou bien: pendant la nuit, c'est-à-dire à cause du manque d'intelligence spirituelle. Parfois quelqu'un a le cœur droit, mais une tentation lui survient et il verse dans l'insouciance; et cela a lieu pendant la nuit: et le Seigneur le visite pendant cette nuit en l'aidant contre les tentations, il secoue son insouciance et le réconforte: "Lorsque ma force sera épuisée, ne m'abandonne pas." Ou bien: pendant la nuit, c'est-à-dire pendant le repos et le silence, et alors le Seigneur le visite par des consolations: "Au milieu de la nuit, un cri s'éleva: Voici l'époux qui vient." tu as examiné par le feu, c'est-à-dire par la tribulation, car c'est alors qu'on voit si l'ami est bon, et ne s'éloigne pas: "Tel est ami en son temps, et ne le restera pas au jour de la tribulation." Or par cet examen on découvre s'il y a innocence et perfection, car Dieu examine si l'innocence se trouve en lui. Or il s'avère qu'elle se trouve en lui.
Et il expose d'abord son innocence.
Ensuite sa perfection: l'iniquité ne s'est pas trouvée en moi.
Mais on objectera ces paroles de Jean: "Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous trompons nous-mêmes, et la vérité n'est pas en nous." Celles des Proverbes: "Qui peut dire: Mon cœur est pur ?" De l'Ecclésiaste: "Il n'y a pas d'homme juste sur la terre qui fasse le bien sans pécher." Et la Glose commente: "Pas même l'enfant d'un jour."
Il faut répondre en disant qu'il parle de l'iniquité du péché à cause de laquelle il s'éloigne de Dieu dans la tribulation.
b. La perfection de l'innocence est trouvée en lui, en tant qu'il ne parle pas des œuvres des hommes, c'est-à-dire du péché, autrement dit: non seulement l'iniquité n'est pas dans son cœur, mais elle ne se trouve pas non plus dans sa bouche: "Vous ne trouverez pas d'iniquité sur ma langue, l'iniquité ne retentira pas sur mon palais." - "Qu'aucun discours mauvais ne sorte de votre bouche." Ou bien on peut ponctuer la phrase ainsi: l'iniquité ne s'est pas trouvée en moi, [pour que] ma bouche ne parle pas, avec ce qui suit: des œuvres des hommes, etc., autrement dit: Toi, tu as vu qu'il n'y a pas d'iniquité en moi; et cela, parce qu'il ne convient pas que je parle, mais toi tu as vu cela: "Qu'un autre te glorifie et non ta bouche; un étranger et non tes lèvres." Une version de Jérôme lit: "Probasti cor meum, visitasti nocte; conflasti me, et non invenisti cogitationes meas ascendere super os meum (Tu as éprouvé mon cœur, tu m'as visité la nuit; tu m'as passé au feu, et tu n'as pas trouvé mes pensées monter sur ma bouche)", autrement dit: le trouble n'a pas progressé jusqu'à passer du cœur à la bouche par des murmures.
Ensuite il fait connaître par quel feu il a été examiné, lorsqu'il dit: à cause des paroles de tes lèvres moi j'ai gardé des voies dures. Les voies dures sont les adversités; et j'ai supporté cela à cause des paroles de tes lèvres, c'est-à-dire afin de garder tes paroles, ou de les annoncer: "La parole du Seigneur est devenue [un objet d']opprobre et de dérision." Une version de Jérôme lit: "vias latronis (les voies du bandit)". Les bandits cherchent des repaires pour se cacher: c'est ce que fit David lorsque Saül le poursuivait: "Lui qui a rendu mes pieds comme ceux des cerfs." Au sens spirituel on l'applique au Christ puni comme malfaiteur parmi des bandits: "Si ce n'était pas un malfaiteur, nous ne te l'aurions pas livré." Si tu commences le verset ici: à cause des œuvres des hommes j'ai gardé des voies dures, tu diras que ce sont les voies dures qui sont les œuvres des hommes: "Je te montrerai la voie de la sagesse, je te conduirai par les sentiers de la droiture. Dans ta marche, tes pas ne seront pas à l'étroit."
3. Ensuite il précise ce qu'il demande: Rends parfaits mes pas dans tes sentiers, c'est-à-dire ceux de ta justice: "Où est ta force, ta patience, et la perfection de tes voies ?" Et cela, afin que mes pieds, c'est-à-dire mes sentiments, ne soient pas ébranlés par tes commandements. Ou bien le Christ demande pour l'Église que ses pas soient parfaits, et que ses pieds, c'est-à-dire les sacrements, ne soient pas ébranlés. De même, lorsque par des actes sont engendrés des habitus, des traces d'actes sont laissées dans la volonté. Ou bien au sens littéral, David demande qu'il ne soit pas précipité des escarpements sur lesquels il passait en fuyant Saül. Saül le poursuivait à travers des rochers très abrupts. Une autre version lit: "Sustenta gressus meos in callibus tuis et non labentur vestigia mea (Soutiens mes pas dans mes sentiers, et mes pieds ne glisseront pas)." Ou bien le Christ en tant qu'homme est parvenu à sa perfection dans la gloire de la divinité sempiternelle: "Glorifie-moi, Père, auprès de toi, de la gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût."
6 Moi j'ai crié parce que tu m'as exaucé, ô Dieu; incline ton oreille vers moi et exauce mes paroles.
II. Plus haut le psalmiste a demandé d'être affermi dans le bien; mais ici il demande d'être délivré du mal, et à cet égard il fait trois choses:
A) Il commence par demander d'être exaucé dans sa demande.
B) Puis il l'expose: 7 Signale tes miséricordes.
C) Enfin il manifeste l'exaucement de sa demande: 15 Mais moi dans la justice, etc.
A. En demandant d'être exaucé dans sa demande il fait deux choses:
1) Il fait connaître l'espérance qu'il a conçue de Dieu.
2) Ensuite, en s'appuyant sur cette espérance, il demande d'être exaucé: incline ton oreille.
1. Ainsi dit-il: Moi j'ai crié. Il semble que l'ordre soit inversé, car il paraît mieux convenir de dire: parce que j'ai crié, tu m'as exauce. Et c'est pourquoi on explique ces mots de trois manières.
a. Selon une première manière, d'après la Glose: "Moi j'ai crié. Par le cri, l'intention de l'esprit s'exprime avec plus de force, et elle est libre." Alors donc ils crient ceux qui prient avec une grande piété, et avec liberté de cœur. Et pourquoi cela ? parce que tu m'as exaucé, c'est-à-dire en donnant la liberté. Selon Grégoire: "Dieu n'exauce personne sans inspirer quelqu'un de le prier, c'est-à-dire l'âme par une certaine piété." - "Mon âme a brûlé du désir de tes commandements en tout temps."
b. Selon une autre manière, d'après Augustin, dans la Cité de Dieu, ce mot parce que ne désigne pas la cause mais le signe, autrement dit: le fait que j'ai crié c'est le signe que tu m'as exaucé.
c. Selon une troisième manière, lorsque quelqu'un est exaucé une première fois, il demande de nouveau avec plus de confiance. Et c'est pourquoi il dit: Parce que tu as exaucé, moi j'ai crié. Une version de Jérôme lit clairement: quoniam exaudies (parce que tu exauceras). Le psalmiste unit toujours ces deux choses, le cri et l'exaucement, car celui qui crie ainsi est exaucé: "Dans ma tribulation j'ai crié vers le Seigneur, et il m'a exaucé." - "J'ai crié vers toi, j'ai dit: Toi tu es mon espérance."
2. Ensuite il demande d'être exaucé. Et celui qui exauce écoute d'abord, c'est pourquoi il dit: incline. Si le Seigneur se trouve en un lieu élevé, il faut qu'il incline l'oreille pour entendre celui qui est en bas. Le Seigneur est assis dans sa majesté, et s'il veut agir en notre faveur selon la grandeur de sa justice, nous serons sauvés, car "toutes nos justices sont souillées comme un vêtement". Et c'est pourquoi il faut qu'il s'incline, et alors il exaucera: "Incline, Seigneur, ton oreille et écoute."
7 Signale tes miséricordes, toi qui sauves ceux qui espèrent en toi. 8 De ceux qui résistent à ta droite, garde-moi comme la prunelle de l'œil. Sous l'ombre dé tes ailes protège-moi, 9a contre la face des impies qui m'ont affligé.
B. Le psalmiste expose ici sa demande. Et elle est double:
1) La première est relative à sa libération.
2) La seconde au renversement de ses ennemis.
1. À propos de sa demande d'être libéré il fait deux choses:
a) Il demande d'abord sa libération.
b) Puis il en expose la nécessité: 9b Mes ennemis.
a. En sollicitant sa libération il fait trois choses:
- Il demande la miséricorde.
- Puis il justifie son salut: toi qui sauves ceux qui espèrent en toi.
- Enfin il fait connaître le mode de sa libération: garde-moi comme la prunelle de l'œil.
- Ainsi il dit: Signale. Le fait que quelqu'un soit délivré d'un adversaire peu important n'est pas une chose étonnante; mais lorsque quelqu'un est délivré d'un très grand mal, ou d'un ennemi redoutable, voilà qui est étonnant. Et c'est ce qu'il demande: Signale, c'est-à-dire libère-moi de manière étonnante. Et ce, non point selon le jugement de l'homme, mais selon ta miséricorde. - "Renouvelle les prodiges, et reproduis les merveilles; glorifie ta main et ton bras droit. Excite ta fureur et déverse ta colère, extermine l'adversaire et renverse l'ennemi."
- Et la raison de cette demande, c'est ton effet et ta propriété: toi qui sauves ceux qui espèrent en toi. - "Qui a espéré dans le Seigneur, et a été confondu ?" Et tu sauves. De ceux qui résistent à ta droite. La droite de Dieu est sa puissance qui opère spirituellement dans les biens: "Longueur de jours en sa droite, et en sa gauche, richesses et gloire." Sont dits résister à la droite de Dieu les démons ou les pécheurs qui mettent des entraves aux réalités spirituelles. Ou bien on appelle droite de Dieu le Christ: "La droite de Dieu a déployé sa force." Les Juifs lui ont résisté en s'opposant à sa doctrine: "Comment celui-ci est-il savant alors qu'il n'a pas étudié ?" et en dénigrant son activité: "Ce n'est pas un homme qui vient de Dieu, puisqu'il ne garde pas le sabbat." - "C'est par Béelzébud, prince des démons, qu'il chasse les démons."
Mais il y a une objection à faire contre ce psaume. En effet il est aussi écrit: "Toi, tu es terrible, et qui te résistera ?" Donc personne ne peut s'opposer à sa volonté: "Dieu dont rien ne peut résister à sa colère."
On répondra en disant que nul ne peut efficacement lui résister, mais on peut avoir la volonté ou l'intention de lui résister.
- Ensuite il expose le mode de sa libération, car elle se fait avec attention et avec sécurité; c'est pourquoi il dit: garde-moi comme la prunelle de l'œil. La prunelle de l'œil est gardée avec soin, car on ne laisse rien approcher qui puisse la blesser; et Dieu agit semblablement en gardant son serviteur: "Il l'a entouré, et il l'a éduqué et il l'a gardé comme la prunelle de son œil." - "Qui vous touche, touche à la prunelle de mon œil." Ou bien, selon la Glose, "la prunelle de l'œil signifie le Christ qui dirige. La vertu se voit dans la prunelle où nous discernons le bien du mal, et le Christ discerne les fidèles des infidèles, et les méchants des bons." Pour faire connaître cette vigilance attentive, le psalmiste se sert d'une double métaphore, c'est-à-dire de l'ombre et des ailes. Car l'ombre soulage de la chaleur, et la protection soulage de la même manière en procurant la sécurité. De même que la poule protège ses petits de ses ailes contre l'oiseau de proie, ainsi aussi Dieu défend les justes de la rapacité des démons avec ses ailes, qui sont sa gloire et sa miséricorde: "Combien de fois ai-je voulu vous rassembler comme une poule rassemble ses petits sous ses ailes, et vous n'avez pas voulu." Donc Dieu nous élève vers les réalités célestes avec ces ailes: "La miséricorde et la vérité précéderont ta face; heureux le peuple qui connaît la jubilation." - "Je t'ai aimée d'un amour éternel, c'est pourquoi je t'ai attirée, en te faisant miséricorde." Ou bien, la prunelle de l'œil signifie l'âme; car de même que la prunelle, qui est au milieu de l'œil, est entourée de plusieurs membranes pour sa protection, et que l'homme met sa main devant elle, ou presque tout ce qu'il a, de crainte de la blesser; ainsi doit-il agir vis-à-vis de son âme: "Peau pour peau ! L'homme donne ce qu'il possède pour conserver sa vie", car, comme le dit Marc: "Que servira-t-il à l'homme de gagner le monde entier, s'il perd son âme ?" Ou bien: garde-moi, comme la prunelle de l'œil, c'est-à-dire comme le Christ. Sous l'ombre de tes ailes protège-moi, c'est-à-dire sous la garde des anges: "Il ordonnera pour toi à ses anges de te garder dans toutes tes voies." Ou bien les deux ailes sont les deux bras du Christ étendus sur la croix: "Il a déployé ses ailes, et l'a pris, et il l'a porté sur ses épaules."
Ensuite il montre de qui il convient qu'il soit libéré, car il dit: contre la face des impies qui m'ont affligé, c'est-à-dire du pouvoir et de la présence des démons, ou des faux frères: "Dans des périls parmi de faux frères." qui m'ont affligé, par les tentations et les persécutions: "Les Égyptiens haïssaient les enfants d'Israël et ils les accablaient en les outrageant." De même nous, nous devons demander d'être libérés du péché: "Comme à la vue d'un serpent, fuis les péchés."
9b Mes ennemis ont encerclé mon âme, 10 ils sont enfermés dans leur graisse, leur bouche exprime l'orgueil. 11 M'ayant chassé, maintenant ils m'ont encerclé; ils ont résolu d'abaisser leurs yeux vers la terre. 12 Ils m'ont saisi comme un lion prêt [à dévorer] sa proie; et comme le petit d'un lion habitant dans les lieux cachés.
b. Ici le psalmiste expose la nécessité de sa libération, et à ce propos il fait deux choses.
- Il commence par faire connaître l'affliction dont il souffre.
- Puis il expose une comparaison pour expliquer cette affliction: Ils m'ont saisi.
- En faisant connaître l'affliction dont il souffre il fait deux choses:
· Il mentionne d'abord l'affliction.
· Puis il expose le mode de cette affliction: ils sont enfermés dans leur graisse.
· Ainsi dit-il: Mes ennemis, les démons, ou les péchés m'affligent au point qu'ils ont encerclé mon âme, c'est-à-dire m'enferment de tous côtés de telle manière que je ne trouve pas une voie de libération. Et il dit: mon âme, car ils ne cherchent rien d'autre que mon âme. Les ennemis corporels cherchent à ôter la vie, tandis que les ennemis spirituels s'en prennent à l'âme. Ou bien on peut l'entendre du Christ, dont les Juifs encerclaient l'âme par leurs malices: "Ils m'ont encerclé comme des abeilles, et ils se sont enflammés comme un feu dans les épines; et au nom du Seigneur je me suis vengé sur eux." Et de même: "Des chiens en grand nombre m'ont encerclé, la réunion des méchants m'a assiégé."
· Puis il expose le mode, aussi dit-il: dans leur graisse. La graisse dans l'Écriture est parfois comprise dans le sens du bien, parfois dans le sens du mal. Dans le sens du bien, en tant qu'elle exprime la ferveur de l'âme: "Comme de moelle et de graisse se rassasie mon âme." Dans le sens du mal: d'abord en tant qu'elle signifie la méchanceté du cœur. Puis celle de la bouche. Enfin celle de l'action; et c'est pourquoi il désigne leur malice: "Les hanches [de l'impie] sont remplies de graisse, et ses os sont humidifiés par la moelle."
Et cette malice du cœur est multiple. Parfois il s'agit de la délectation du péché qu'ils commettent: "Ceux qui se réjouissent lorsqu'ils font le mal, et qui exultent dans les pires perversités." De même l'orgueil et la fausseté: "L'homme vaniteux s'élève dans sa superbe, et comme le petit de l'onagre il se croit né affranchi." De même la passion charnelle. Ainsi dit-il: leur graisse, c'est-à-dire leur sens charnel, ou leur orgueil, ou leur délectation: ils sont enfermés, en eux, afin de ne pas saisir le sens spirituel. Une version de Jérôme lit: adipe suo (avec leur graisse), c'est-à-dire avec l'abondance des biens temporels et avec la puissance du siècle, ils m'ont enfermé.
Puis, en tant que la graisse signifie la malice de la bouche, car leur bouche exprime l'orgueil. Et cela lorsque les Juifs disaient contre le Christ: "S'il est le roi d'Israël, qu'il descende maintenant de la croix, et nous croirons en lui."
Enfin, en tant qu'elle signifie la malice de l'action.
Et il commence par montrer comment elle passe à l'action.
Puis son origine: leurs yeux.
Dans la malice de l'action le psalmiste expose deux choses. D'abord le défaut; puis la préoccupation de nuire. Et cependant, lorsque quelqu'un méprise, il ne se préoccupe pas de nuire; aussi dit-il: M'ayant chassé, c'est-à-dire méprisé: "Il a rejeté les cités, il n'a pas respecté les personnes." Et les Juifs firent cela au Christ lorsqu'ils le rejetèrent hors de la ville. Et ils m'ont encerclé, se rassemblant en spectacle pour se moquer.
Et l'origine de celle-ci tient au fait qu'ils ne regardent pas Dieu, mais vers les réalités terrestres: "Il n'y a point de salut pour elle en son dieu." ils ont résolu d'abaisser leurs yeux vers la terre, c'est-à-dire les pécheurs ont fixé l'attention de leur cœur pour l'incliner avec délibération et insistance: "Les yeux des insensés", c'est-à-dire des pécheurs, <(sont à l'extrémité de la terre", et c'est pourquoi ils ne reçoivent pas la lumière de la grâce: "Le sage a des yeux dans la tête; l'insensé", c'est-à-dire le pécheur, "marche dans les ténèbres", c'est-à-dire dans les péchés. - "Ils détournèrent leurs yeux pour ne pas voir le ciel." Et au sens littéral, ce fut le cas des Juifs, lorsqu'ils disaient: "Si nous le laissons faire, tous croiront en lui, et les Romains viendront, et détruiront notre ville et notre nation." Ou bien: vers la terre, c'est-à-dire vers la chair du Christ, dont ils ne considéraient seulement que la faiblesse, et non point la divinité, autrement dit: ils ont fixé leurs yeux, etc.
- En parlant de leur activité il expose une comparaison relative à leur violence, car il dit: comme un lion prêt [à dévorer] sa proie ils m'ont saisi, c'est-à-dire ou Dieu, ou les soldats de Pilate ~; et relative à leur fourberie, car il dit: comme le petit d'un lion habitant dans les lieux cachés. Le lion parcourt les terres à découvert, tandis que son lionceau se tenant dans un lieu caché dévore sa proie ou s'en empare. Le Christ, quant à lui, fut livré par un baiser, saisi de nuit, condamné par de faux témoins, et le prince des prêtres déchira ses vêtements.
13 Lève-toi, Seigneur, préviens-le et supplante-le; arrache mon âme à l'impie, 14 ton épée aux ennemis de ta main. Seigneur, sépare-les dans leur vie du petit nombre; et leur ventre a été rempli de tes [biens] cachés. Ils ont été rassasiés d'enfants, et ils ont laissé leurs restes à leurs petits enfants.
2. Il expose ici une autre demande, c'est-à-dire le renversement de ses ennemis; et il énonce trois choses.
a) D'abord une demande.
b) Ensuite son explication: arrache mon âme, etc.
c) Enfin sa raison: de tes [biens] cachés.
a. Concernant sa demande il fait deux choses:
- Il commence par solliciter le secret de son secours.
- Ensuite la destruction de l'adversaire.
- Ainsi dit-il: Tu sembles dormir alors que tu m'as exposé à l'affliction, mais Lève-toi, Seigneur, préviens-le, afin de me secourir plus vite qu'il ne puisse me nuire.
- et supplante-le, c'est-à-dire déjoue-le comme avec astuce: "Lui qui prend les sages dans leur astuce." - "La ruse de l'homme supplante ses pas." supplante-le, de deux manières, c'est-à-dire par ma propre libération.
b. Et à ce propos il dit: arrache mon âme à l'impie, car il me persécute contre la justice, et c'est pourquoi il est impie: "Délivre-moi de l'homme de fraude et d'iniquité."
c. Et la raison de cette demande se fonde sur le fait que mon âme est une épée, c'est-à-dire un glaive acéré à deux tranchants grâce auquel le diable est anéanti. Et cela s'applique en particulier à l'âme du Christ: "En ce jour-là le Seigneur visitera de son épée dure, grande et forte, Léviathan." Il dit: ton épée aux ennemis de ta main, ajoute: arrache. - "Sois attentif à mon âme, et délivre-la." Ou bien: arrache ton épée aux ennemis, c'est-à-dire ôte le glaive et la puissance qu'ils détiennent de toi: "Le pouvoir vous a été donné par Dieu." Et la volonté qu'ils ont d'eux-mêmes: "Épée, réveille-toi contre ton pasteur." Ou bien: supplante-les dans leur tromperie, et arrache mon âme aux ennemis de ta main, c'est-à-dire du Christ ton Fils; car le Fils est appelé la main du Père: "Je lèverai ma main", c'est-à-dire mon Fils, "vers le ciel." Seigneur, sépare-les dans leur vie du petit nombre, car la raison pour laquelle ils me persécutent, c'est afin de consolider leur propre royaume. Il y a deux versions. Dans le Psautier romain, on lit ceci: "O Domine, dispartire eos in vita eorum (Ô Seigneur, disperse-les dans leur vie)", autrement dit: Eux-mêmes ont les yeux tournés vers la terre, et c'est pourquoi ils commettent le mal; mais toi, chasse-les de la terre que tu leur as donnée. Mais comment ? Ne vont-ils pas en un lieu unique ? Non, mais disperse-les dans le monde entier. Une autre version lit: "Domine, a paucis de terra divide eos (Seigneur, sépare-les de la terre à l'écart du petit nombre)", autrement dit: Sépare-les de la terre, et du petit nombre, c'est-à-dire de la société des élus, dans leur vie, c'est-à-dire tandis qu'ils vivent. Ou bien on rapporte qu'ayant été avertis par un ange d'une destruction imminente, les fidèles s'étaient éloignés et avaient gagné le royaume d'Agrippa. Et c'est pourquoi il dit: sépare-les du petit nombre, c'est-à-dire des chrétiens qui sont préservés. leur ventre a été rempli de tes [biens] cachés, c'est-à-dire des péchés non confessés: "Celui qui cache ses forfaits ne sera pas guidé." - "Si j'ai, comme le fait l'homme, dissimulé mon péché, et ai caché en mon sein mon iniquité." Ou bien la raison de sa demande est exposée ici, et cette raison est double: car on peut la référer aux péchés, ou aux bienfaits vis-à-vis desquels ils se montrent ingrats.
Si on l'entend selon la première manière, alors il expose d'abord l'abondance des péchés. Si on l'entend selon la seconde manière, il montre comment les bienfaits de Dieu s'étaient répandus sur leurs enfants.
- Ainsi dit-il selon le premier sens: leur ventre a été [rassasié] de tes [biens] cachés, c'est-à-dire des péchés qui sont cachés à ses yeux, non pour qu'il ne les voie pas, mais parce qu'il ne veut pas les voir: "Tes yeux sont purs, Seigneur, pour ne pas voir le mal, et ils ne peuvent pas regarder l'iniquité." leur ventre a été rempli, c'est-à-dire la conscience, ou la mémoire, ou la convoitise charnelle, ou la sensualité. Ils ont été rassasiés d'enfants, c'est-à-dire de péchés, ou bien d'œuvres mauvaises. On appelle œuvres mauvaises les enfants de parents mauvais, comme on qualifie de bonnes œuvres les enfants de parents vertueux. Une autre version lit: "Saturati sunt porcina (Ils se sont rassasiés de chair de porc)", c'est-à-dire de l'immondice des péchés; et c'est une explication de ce qu'il dit: de tes [biens] cachés. [...] et ils ont laissé leurs restes à leurs petits enfants, autrement dit: leurs restes se sont répandus sur leurs enfants, qui ont imité leurs péchés: "Tous les enfants qui sont nés de sommeils illégaux, sont témoins de la méchanceté contre leurs parents lors de leur jugement." Ou bien: Ils ont été rassasiés d'enfants, c'est-à-dire pour le bien de leurs enfants , et ils ont laissé leurs restes à leurs petits enfants, car ils les ont liés au péché, autant qu'il fut en eux: "Que son sang soit sur nous et nos enfants." Ou bien: Ils ont été rassasiés d'enfants, c'est-à-dire pour leurs enfants, autrement dit: ils sont à ce point remplis de péchés, qu'il y en a assez pour eux et pour leurs enfants, c'est-à-dire que leurs restes, les péchés qu'ils n'ont pas commis eux-mêmes, ils ont laissé à leurs enfants le soin de les commettre.
- Si on l'entend selon la seconde manière, ils reçurent alors deux bienfaits.
· D'abord les biens spirituels, car ils ont reçu la loi. Aussi dit-il: des [biens] cachés, de ta sagesse, leur ventre a été rempli, c'est-à-dire leur sens charnel: "Il n'a pas fait de même pour toute nation."
· Ensuite les biens temporels, car ils ont été rassasiés d'enfants, et qui plus est, ils les laissèrent à eux. Une version de Jérôme lit ici: "Eripe animam meam ab impio, qui sit gladius tuus (Arrache mon âme à l'impie, qui - à savoir l'impie - est ton glaive)." - Il est écrit dans Isaïe: "Malheur à Assur, verge de ma colère." - "À viris manus tuae, qui sunt mortui, quorum pars est in vita (Des hommes de ta main, qui sont morts dans l'abîme, dont la part est dans la vie)", autrement dit: arrache mon âme à l'impie, c'est-à-dire à Saül, "et des hommes de ta main", qui s'opposent à ta main, "qui sont morts dans l'abîme", c'est-à-dire dans le péché, "dont la part est dans la vie", c'est-à-dire dans cette vie, "et dont tu as rempli le ventre de tes [biens] cachés, etc." Saül, selon la Glose, symbolise la mort; et de même qu'à la mort de Saül David régna dans la paix, ainsi le Christ à la suite de sa résurrection, après avoir vaincu la mort.
15 Mais moi dans la justice j'apparaîtrai en ta présence, je serai rassasié quand apparaîtra ta gloire.
C. Ici le psalmiste montre l'espérance de son exaucement; et il expose deux choses, à savoir la justice qu'il a et la vision de Dieu. Et elles s'enchaînent, car par la justice on parvient à la vision de Dieu: "Seigneur, qui habitera dans ta tente ? Qui se reposera sur ta sainte montagne ? Celui qui marche sans tache et qui pratique la justice." Une autre version lit: "Ego autem in justitia videbo faciem tuam (Mais moi dans la justice je verrai ton visage)", et c'est pourquoi j'apparaîtrai en ta présence", c'est-à-dire je viendrai pour te voir; et je serai rassasié quand apparaîtra ta gloire, c'est-à-dire lorsque je te verrai, je te remplirai de tous tes biens: "C'est lui qui comble de biens ton désir", c'est-à-dire de ta gloire dans laquelle sont tous les biens. Tandis que "ceux-là se rassasient de chair de porc", comme le dit la Septante. - "Que l'impie soit supprimé afin de ne pas voir la gloire de Dieu." Mais moi je serai rassasié "Lorsqu'il apparaîtra, nous serons semblables à lui."

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