CINQUANTE-CINQUIÈME SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR LA NATIVITÉ DE SAINT JEAN. (PREMIER SERMON)
ANALYSE. — 1. Jésus-Christ est venu dans le monde nonobstant le prince du monde. — 2. Jésus-Christ a eu pour précurseur saint Jean. — 3. Saint Jean livré à une femme impudique. — 4. Miracle de la naissance de saint Jean. — 5. Cette naissance doit nous inspirer la joie la plus vive.
1. Notre Roi, avant de naître d'une Vierge, s'était fait précéder de l'armée des Prophètee, afin que le monde, jusque-là révolté contre les édits de son prince, acceptât enfin le joug de Dieu et ne pût envisager sans crainte l'arrivée de son souverain Juge. Mais le désespoir devint de l'audace, notre misérable humanité se mit en guerre ouverte contre Dieu, comme si elle ne dût avoir aucun juge de sa conduite, comme si elle n'eût aucun désir de se réconcilier avec son Créateur et qu'elle ne pût tenir aucun compte de ses ordres. C'est alors que le Verbe, s'enveloppant dans un secret impénétrable, descendit des hauteurs du ciel et vint s'incarner dans l'obscurité la plus profonde.
2. Mais auparavant, ce même Verbe avait envoyé pour son précurseur, saint Jean, avec mission de préparer les âmes à la venue du Messie. Écoutez cette voix céleste, ce héraut terrible du grand Roi, cette trompette éclatante faisant retentir ces cris impétueux : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez la voie au Seigneur, rendez droits les sentiers de notre Dieu. Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline seront abaissées, les chemins courbes seront redressés, les sentiers escarpés seront aplanis, la gloire de Dieu apparaîtra, et toute chair verra le salut du Seigneur notre Dieu(1) ». À la naissance de saint Jean, Jésus-Christ était encore caché dans le sein de sa Mère ; Marie tenait renfermés dans ses entrailles, parmi les lis et les roses, les membres invisibles du Dieu fait homme. La voix apparaît la première, et chemin au Seigneur, rendez droits les sentiers de notre Dieu ». Arrachez des cœurs toute perversité, corrigez toutes ces perfidies tortueuses, aplanissez parles œuvres de la simplicité et de la foi les collines anfraetueuses de l'iniquité, et les erreurs levant audacieusement leur front orgueilleux. Dieu nous arrive, Jésus-Christ approche ; accueillez présent celui que vous avez méprisé absent. Quoique étant l'offensé, Dieu se donne de lui-même, parce qu'il désire être apaisé.
3. Mais le Précurseur fut, de la part des hommes, l'objet d'une horrible cruauté et d'un profond mépris, à tel point que sa tête fut le prix des danses voluptueuses d'Hérodiade ; l'innocence du saint Précurseur devint l'enjeu d'un combat entre la passion et la fureur ; le roi, tout à coup aveuglé par la honteuse concupiscence qu'enflammaient à dessein les grâces impudiques d'une jeune danseuse, livre honteusement le sang innocent, non point à un guerrier armé, mais à une femme éhontée.
4. Mais je m'aperçois, mes frères, qu'au lieu de vous parler de la naissance même de saint Jean, je vous entretiens déjà de sa mort. Je reviens donc à mon sujet, car je ne veux pas m'étendre outre mesure ni m'exposer à faire naître le dégoût et l'ennui. La lecture même de l'Évangile a été d'une certaine étendue ; sous peine donc de mériter à bon droit le reproche d'oisiveté, j'expliquerai le mystère qui nous est proposé, en l'exposant comme Dieu m'en fera la grâce. Le père de saint Jean remplissait dans le temple les fonctions de son sacerdoce, lorsque l'ange Gabriel, fendant l'espace et traversant les airs, se présenta devant Zacharie tremblant de crainte et de respect. Mais au nom du Seigneur l'envoyé céleste le rassure et lui dit : « Ne craignez pas, Zacharie : voici que votre prière a été exaucée ; votre épouse Elisabeth vous donnera un fils à qui vous imposerez le nom de Jean : il sera grand et beaucoup se réjouiront à sa naissance ». Or, Zacharie était déjà accablé de vieillesse ; il sentait ses membres ployer sous le poids de l'âge et son corps tourner à la dissolution. Son épouse gémissait de sa stérilité ; depuis longtemps la fleur de la jeunesse était en eux desséchée, et ils se croyaient impuissants à laisser des héritiers de leur nom. Mais tout est possible à Dieu : ces vieillards croient toucher aux limites de la vie, et soudain le fils qu'ils désirent depuis longtemps leur est donné. Toutefois Zacharie, accablé sous le poids de la vieillesse judaïque, refuse de croire à la parole de l'ange. Gabriel lui reproche cette incrédulité et, pour le punir, lui retire l'usage de la parole.
5. Cependant les promesses du Seigneur s'accomplissent ; saint Jean met un terme à la stérilité de ses parents et, rendant à son père l'usage de la parole, annonce déjà par avance l'arrivée du souverain Juge. Nous célébrons aujourd'hui l'anniversaire de cette naissance. Saint Jean nait, comme Dieu l'avait promis, et en naissant, il délie la langue de son père, afin que selon la parole prophétique de l'ange, cette naissance fût réellement une cause de joie pour plusieurs. Prenons part à cette joie, mes frères, afin qu'après avoir reçu à cœur ouvert Jésus-Christ le souverain juge, nous entourions de respect :et de gratitude la naissance de son précurseur. Célébrons donc cette solennité, non pas en nous livrant aux honteux désordres des Gentils, mais en rendant à Dieu un culte simple et digne, et surtout en observant les règles de la chasteté chrétienne. Laissons aux temples païens leurs guirlandes et aux Gentils leurs folies et leurs danses voluptueuses ; c'est dans le Saint des saints que doit briller et se faire le concours de tous les fidèles.
CINQUANTE-SIXIÈME SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR LA NATIVITÉ DE SAINT JEAN (DEUXIÈME SERMON)
ANALYSE. — 1. Glorieuse nativité de saint Jean, foi d'Elisabeth, doute de Zacharie. — 2. Elisabeth devient mère, malgré sa vieillesse. — 3. Jean prophétise dès le sein de sa mère. — 4. Le précurseur montre celui que les Prophètes avaient annoncé.
1. Aujourd'hui se célèbre dans toute l'Église la naissance de saint Jean, du précurseur de la religion et de la foi chrétienne ; après lui avoir offert nos vœux, appliquonsnous à exalter sa mémoire. En effet, en lui accordant le titre de prophète et en inspirant à l'Église la pensée de célébrer sa naissance, Dieu n'a pas voulu qu'une postérité ingrate pût oublier ses titres et sa gloire. Lorsque nous solennisons la fête des saints, à proprement parler, ce n'est point un bienfait que nous leur accordons, et le plus grand avantage est assurément pour nous. Mais parlons de saint Jean. Un ange vient annoncer sa conception ; il est sanctifié dans le sein de sa mère par la présence du Sauveur, et plus tard il sera choisi pour baptiser Jésus-Christ dans l'eau mystérieuse du Jourdain ; car Dieu l'a député par la voix de l'ange, pour servir de précurseur à sou Fils, et Zacharie devra avouer qu'il est lui-même le seul auteur de sa propre incrédulité. Qu'Élisabeth brille comme une lampe ardente, et que le prêtre Zacharie soit sévèrement puni. Elisabeth recevait la lumière, et Zacharie était condarrlné au silence ; Elisabeth concevait par la foi et Zacharie incrédule devenait muet, en punition de ce doute qu'il avait émis : « Comment a croirais-je à cette parole ? car je suis vieux et ma femme est très-avancée en âge ». Ô mystère dans un prêtre ! Il offrait l'encens pour les autres, et il ne reconnaissait pas Dieu présent. Il sent quelle est la force de Dieu, et il refuse son acte de foi ; puisqu'il ne croit pas, c'est à juste titre qu'il reste muet.
2. Élisabeth, saisie de confusion, refusait de sortir et restait plongée dans l'admiration et l'étonnement que lui causaient toutes les merveilles dont sa fécondité miraculeuse était la suite. En effet, elle était très-avancée en âge et ne croyait plus à la possibilité naturelle de devenir mère. Elle resta stérile, quand elle eût voulu la fécondité, et elle engendra à un âge où la vieillesse ne lui laissait ni espoir ni désir. Après avoir été stérile dans sa jeunesse, elle allaita son enfant dans la vieillesse ; à l'âge de quatre-vingt-dix ans, elle vit pour la première fois un enfant s'ébattre dans ses bras ; un tel prodige était l'œuvre du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et le fruit de la promesse, en dehors de toutes les prévisions des époux. Ici encore, quand elle est abandonnée à elle-même, la volonté des hommes doit avouer sa complète impuissance. Or, Dieu voulait la naissance de celui qu'il appelait à la mission de prophète.
3. Bientôt s'opère cette naissance de saint Jean, impatiemment attendue par son père ; car, depuis la promesse qui en avait été faite, il était resté muet en punition de son incrédulité à l'oracle divin. Depuis ce moment, Zacharie avait continué, à son tour, de remplir les fonctions de prêtre dans le temple, exhalantd'abondantes prières du fond de son cœur, mais dans une impuissance absolue de faire concourir sa langue et sa voix. Avant de naître, l'enfant avait tressailli dans le sein de sa mère, et y avait commencé sa mission prophétique. La mère du Sauveur était venue visiter Ellsabeth, mère de saint Jean ; Élisabeth s'écria : « Sitôt que la voix de votre salutation a retenti à mes oreilles, l'enfant que je porte a tressailli de joie dans mon sein ». Et quelle parole prophétique a-t-elle fait entendre ? D'où me vient ce bonheur que la « Mère de mon Dieu ait daigné me visiter ? » Ô profonde humilité ! La mère du Sauveur est venue visiter la mère du Précurseur. Jean a salué Jésus-Christ, quand tous deux étaient encore renfermés dans l'obscurité des entrailles maternelles. En effet, le Sauveur habitait dans le sein de Marie, et saint Jean dans le sein d'Élisabeth. Il est donc bien vrai, cet oracle divin : « Avant que tu fusses dans le sein de ta mère, je te connaissais, et je t'ai sanctifié dans les entrailles maternelles ». Saint Jean n'était pas encore né, et déjà il avait prophétisé. Les nuits ont parlé, les jours se sont salués. De là cette parole : « Le jour annonce le jour au Verbe, et la nuit parle à la nuit » de Jésus-Christ.
4. La prophétie est accomplie ; ce qui était obscur se trouve révélé ; c'est-à-dire : saint Jean naît aujourd'hui, le nom de Jean est écrit sur les tablettes, et la langue de Zacharie est déliée. Heureux, mes frères, ceux qui reçoivent de tels gages ; heureuses les mères de tels enfants ; grand sera leur bonheur, puisqu'elles ont mérité de se voir élevées à un tel degré de gloire. Ce jour est la source d'une grande joie, parce qu'une femme, jusque-là stérile, a enfanté un fils, et parce qu'un père, frappé de mutisme, a recouvré la parole. Le flambeau est envoyé avant le soleil, le serviteur avant le maître, l'ami avant l'époux, le héraut avant le juge, la voix avant le Verbe. Voilà pourquoi saint Jean a dit de lui-même : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert ». Les autres Prophètes n'ont annoncé que longtemps auparavant la venue du Messie ; saint Jean, qui l'avait annoncé dans le sein de sa mère, l'a montré après sa naissance ; il a proclamé la présence sur la terre de Celui à qui appartiennent la gloire et l'empire ; dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
CINQUANTE-SEPTIÈME SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR SAINT JEAN-BAPTISTE.
ANALYSE. — 1. Jésus-Christ supérieur à saint Jean, inférieur à son Père, comme homme, et égal à son Père comme Dieu. — 2. Jésus-Christ véritablement égal à son Père. — 3. Jésus-Christ, comme homme, est inférieur à son Père, mais reste supérieur à tous les hommes.
1. « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu ». De quel homme le Seigneur a-t-il permis que l'on pût dire : « Toutes choses ont été faites par lui ? » Le Verbe a retenu pour lui la divinité, et il nous a donné la grâce. Nous disons de Jésus-Christ qu'il est homme pour nous, et qu'il est Dieu au-dessus de nous ; il est tout à la fois homme et Dieu. Or, vous avez devant vous deux personnages : saint Jean et Jésus-Christ ; mais Jésus-Christ, qui, extérieurement, ne parait qu'un homme, est infiniment plus grand que saint Jean, qui a dû s'écrier : « Je ne suis pas digne de délier les cordons de sa chaussure ». Proclamez donc sa supériorité, et sa supériorité si suréminente, que saint Jean lui est infiniment inférieur, quoiqu'il soit le plus grand de tous les justes. Jésus-Christ est plus grand que la terre et le ciel, plus grand que les anges, plus grand que les vertus, plus grand que les trônes, les puissances et les dominations. D'où lui vient cette supériorité ? De ce que « toutes choses ont été faites par lui, et que rien n'a été fait sans lui ». En tant que Dieu, il est égal à son Père ; en tant qu'homme, il est inférieur à son Père. N'a-t-il pas dit lui-même : « Moi et mon Père, nous sommes un ? » ; et aussi : « Mon Père est plus grand que moi ? » Ces deux propositions semblent se contredire, et pourtant elles sont parfaitement vraies. Que votre cœur ne se révolte pas, car les paroles du Sauveur se concilient parfaitement. « Moi et mon Père nous soma mes un » ; ces mots expriment l'égalité « Mon Père est plus grand que moi » ; on ne peut mieux formuler l'inégalité.
2. Sur ces paroles : « Moi et mon Père nous sommes un », écoutez l'Apôtre expliquant dans un seul passage ces deux propositions contradictoires : « Jésus-Christ étant dans la forme de Dieu, a pu se dire, sans injustice, égal à Dieu » ; car il est Dieu et éternellement engendré de Dieu. L'injustice est le fait d'un usurpateur ; tel fut Adam. Parce qu'il voulut devenir ce qu'il n'était pas, il se trouva déchu de ce qu'il était. Comment a-t-il voulu la rapine ? Il se laissa séduire par le serpent qui lui-même était déchu, pour avoir dit : « Je placerai mon trône vers l'Aquilon, et je serai semblable au Très-Haut ». Cette pensée fit du premier des anges un démon. Plus tard, il rendit l'homme participant de son orgueil. Lui qui était tombé, se prit de jalousie contre l'homme encore debout et le précipita d'où il était tombé lui-même. Si le démon et l'homme aspiraient à la divinité, c'était donc par rapine. Il n'en fut pas de même de Jésus-Christ, parce qu'il était, par nature, égal à son Père, il l'était de toute éternité, il ne le devint pas et ne le deviendra jamais. En parlant de Lui, on ne saurait dire Il a été, il est et il sera ; le présent seul lui convient : il est. Dire qu'il a été, c'est dire qu'il n'est plus ; et dire qu'il sera, c'est dire qu'il n'est pas encore. C'est à Lui que Moïse adressa cette question : « Quel est votre nom ? Que dirai-je aux enfants d'Israël ? Le Seigneur répondit : Je suis Celui qui suis ; tu diras aux enfantsd'Israël : Celui qui est m'a envoyé vers vous ». Ce qui est, voilà la vérité, la réalité, ce qui ne peut changer. Or, l'Etre par essence appartient au Père, appartient au Fils, appartient au Saint-Esprit. Voilà, mes frères, ce qui est au-dessus de tout et ce qui prouve que le Fils est égal au Père ; de là ces paroles de l'Apôtre : « Ce n'est point par une usurpation de sa part qu'il s'est dit égal au Père ».
3. Nous lisons : « Mon Père est plus grand que moi, mais il s'est anéanti lui-même ». Voyez, pesez ces paroles : « Il a pris la forme d'esclave ». Quand il s'agit de la forme d'esclave, on se sert du mot : « il prit » ; mais quand il s'agit de la forme de Dieu, au lieu de dire : il prit, le texte porte : « Quoiqu'il fût dans la forme de Dieu, il prit la forme d'esclave, se rendant semblable aux hommes, a portant l'extérieur de l'homme ; il s'est humilié, et s'est fait obéissant jusqu'à la mort et à la mort de la croix. Voilà pourquoi Dieu l'a exalté et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom ». En tant qu'il était homme, il a été exalté. Son exaltation fut la conséquence de son humiliation, et en tant qu'il est mort, il est ressuscité. « Il lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom ». Jésus-Christ vint sur la terre, mais sans quitter le ciel ; il ressuscita et monta au ciel, et cependant il n'avait pas quitté le ciel. Vous le regardez comme un homme, ce qu'à Dieu ne plaise. Voici l'homme : « Parmi les enfants des femmes, il n'en fut pas de plus grand ». Écoutez cet homme parlant de sa propre personne : « Je ne suis pas digne de délier les cordons de sa chaussure ». Ne confondez pas ces deux personnages : l'un est Homme-Dieu, l'autre est un homme juste envoyé par Dieu ; l'Homme-Dieu, c'est Jésus-Christ ; l'homme juste, c'est saint Jean ; le premier est la Vérité même, le second n'est que le héraut de la vérité.
24 juin : Nativité de saint Jean-Baptiste
ONZIÈME SERMON DE SAINT AUGUSTIN POUR LA NAISSANCE DE SAINT JEAN-BAPTISTE
ANALYSE. – 1. Qui a préparé une lumière, pour qui et quelle lumière.— 2. Modestie de Jean-Baptiste.— 3. Dignité de Jean-Baptiste.— 4. Mystère de la Trinité, co-éternité du Père et du Fils. — 5. La Trinité se manifeste au baptême du Christ.— 6. Quels sont les ennemis occultes du Christ.— 7. Quels sont les ennemis déclarés dit Christ. — 8. Récapitulation et exhortation.
1. Nous tenons à votre charité, et dans la maison de Dieu, le langage du psaume que l'on vient de chanter. Quel est celui qui dit « J'ai préparé une lampe à mon Christ ; je couvrirai ses ennemis de confusion, et sur lui éclatera la gloire de nia sainteté ? » Quelle est aussi cette lampe préparée à son Christ, et quels sont les ennemis du Christ que, par cette lampe, il doit couvrir de confusion ; quelle est la sainteté de celui qui a préparé cette lampe à son Christ, laquelle doit éclater par ce même Christ ? Ce qui est manifeste, ce que l'on voit clairement, dans toutes ces paroles, c'est que le Prophète dit ici : « À mon Christ ». Or, il est impossible de n'entendre pas ici le Christ notre Seigneur et. Sauveur ; et, en sondant, avec le secours de Dieu, la profondeur de cette parole, nous la mettons dans la, bouche de Dieu le Père. Le Père donc, ou la personne de Dieu le Père, dit par la bouche du Prophète : « J'ai préparé une lampe à mon Christ ». Or, il est inutile de dire longuement à des chrétiens que le Christ de Dieu est aussi le Fils de Dieu. Après avoir découvert la personne de l'interlocuteur, voyons quelle est cette lampe que Dieu le Père a préparée à son Fils. Le Seigneur lui-même a dit de Jean-Baptiste « Celui-là était une lampe ardente et brillante, et pour un peu de temps vous avez voulu vous réjouir à sa lumière ». Il appelle donc Jean-Baptiste une lampe allumée à la source de la lumière, pour rendre témoignage à la vérité. Tel était donc l'aveuglement des hommes, tel était pour eux la faiblesse de l'œil intérieur, qu'il leur fallut une lampe pour chercher le soleil de justice. Qu'un homme ait pur l'œil du cœur, il le verra intérieurement et ne cherchera point une lampe qui lui rende témoignage. Après avoir dit, en effet, de cette lampe : « Pour un peu de temps, vous avez voulu vous réjouir à sa clarté », le Sauveur ajoute : « Pour moi, j'ai un témoignage plus grand que celui de Jean ». C'est donc pour les infirmes qui sont dans les ténèbres qu'on allume cette lampe, et comment l'allumer ? Le Père, en parlant de Jean, dit à son Fils : « Voilà que j'envoie devant vous mon ange, qui préparera la voie devant votre face ». C'est ainsi qu'il prépare une lampe à sons Christ.
2. Comment, par cette lumière, a-t-il couvert ses ennemis de confusion ? Mais tout d'abord, voyez, comme nous l'avons dit, que cette lampe est allumée au foyer de la lumière. Saint Jean lui-même rend ce témoignage : « Pour nous, c'est de sa plénitude que nous avons reçu ». Or, telle était la suréminente de Jean, qu'on ne le regardait pas seulement comme envoyé devant le Christ, mais comme le Christ lui-même. Dès lors, si la lampe eût été éteinte et enfumée par les ténèbres de l'orgueil, quand les Juifs lui envoyèrent une députation et lui demandèrent : »Qui êtes-vous ? Etes-vous le Christ ? ou Elie ? ou le Prophète ? » il eût répondu : Je le suis. Belle occasion de jactance pour lui, puisque l'erreur des hommes lui déférait les honneurs divins. Lui-même cherchait-il à persuader ce que ses interrogateurs lui demandaient les premiers ? Mais il est un humble envoyé qui va préparer la voie au Très-Haut. De là vient qu'il est l'ami de l'Epoux, parce qu'il est le serviteur qui connaît son maître. Et il dit : « Je suis la voix de celui qui crie au désert : Préparez les voies au Seigneur, rendez droits ses sentiers ». Je ne suis ni le Christ, ni Elie, ni le Prophète. Et eux : « Qui donc êtes-vous ? » Et que leur répondit-il ? « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez la voie du Seigneur ». Déjà Isaïe avait fait cette prédiction ; et l'on voit ici de qui il veut parler. Vous avez lu, nous dit-il, ces paroles dans le prophète Isaïe, et peut-être ne saviez-vous de qui il parlait. Or, c'est de moi qu'il parlait ainsi. Combien il s'abaisse, celui qui, tout à l'heure, était élevé au point qu'on le prenait pour le Christ ! oui, voyez combien il s'abaisse ! « Pour moi », dit-il, « je vous baptise dans l'eau, mais celui qui vient après moi est plus grand que moi ». Il pourrait être proclamé un peu plus grand que lui. Jean le proclame absolument plus grand que lui. Mais, dites-nous, de combien est-il plus grand ? « Je ne suis pas digne de dénouer les cordons de ses souliers », nous dit-il.
3. Voyez déjà, dans les plans divins, pourquoi Jean est envoyé avant le Christ. Voyez combien il est inférieur, et combien, de son aveu, le Christ est plus grand, puisqu'il se dit indigne de dénouer les cordons de ses souliers. Combien est grand celui qui se dit indigne de dénouer les cordons de ses souliers ? Quelle est sa grandeur ? Où la chercher ? Si nous le demandons à Jean, nous ne le saurons point ; il s'humilie, ne dit rien de lui-même, ni selon la vérité ; ni par jactance. Quelle est donc la grandeur de Jean qui n'est pas digne de dénouer les cordons des souliers de celui que l'on regarde comme un homme ; qui nous l'apprendra ? Interrogeons le Seigneur lui-même, et disons-lui : Seigneur, voilà que Jean vous a rendu témoignage ; et telle était sa grandeur parmi les hommes, qu'on le prenait pour le Christ et qu'on lui demandait qui il était, et il répondait qu'il n'était point le Christ, qu'un autre viendrait plus grand que lui, et tellement plus grand, qu'il n'était pas digne de lui délier les cordons de ses souliers. Il a parlé de vos clartés supérieures comme une lampe fidèle. Voilà ce que Jean a dit de vous. Voyons, quel est celui qui a ainsi parlé de vous, combien est grand celui qui s'est ainsi humilié devant ! Vous, et qui a proclamé en vous une si grande supériorité sur lui-même. Quel est-il ? Voilà ce qu'il a dit de vous. Mais vous, parlez-nous de lui. Écoutez ce que le Seigneur nous dit à propos de Jean : « Parmi ceux qui sont nés à des femmes, nul n'est plus grand que Jean-Baptiste ». Et que dit-il encore ? « Mais « celui qui est moindre, est plus grand que lui dans le royaume des cieux ». Ici, le Seigneur se désigne lui-même ; car Dieu ne se montre point quand il proclame sa grandeur. Qu'est-ce a dire : « Celui qui est moindre ? » Celui qui vient après par l'âge, est le premier par la majesté. Car Notre-Seigneur Jésus-Christ est né après Jean, mais en ce qu'il s'est fait pour nous, et non en ce qu'il nous a faits. Écoute le Père proclamer que celui qui est né après Jean, « il l'a engendré », non plus avant Jean, non plus avant David, non plus avant Abraham, mais, « avant l'aurore ». Si donc, par condescendance pour notre faiblesse, la lampe a précédé le plein jour, et si l'on a cru que la lampe était la lumière, combien plus devons-nous croire à la lumière qui nous dit de la lampe, que « nul d'entre les fils des femmes n'est plus grand que Jean-Baptiste ? » Quand donc cet homme qui n'avait point de supérieur parmi les hommes, se reconnaît indigne de dénouer les cordons des souliers d'un autre, quel est cet autre, pour qu'il ne se croie pas digne de dénouer les cordons de ses souliers, celui-là même qui n'a point de supérieur ? Si Jean est tellement grand que nul homme n'était plus grand que lui, quiconque est plus grand que lui, n'est déjà plus un homme. Or, il est bien juste que la sainteté de Dieu s'épanouisse sur celui qui est plus qu'un homme, et qui s'est fait homme à cause des hommes.
4. C'est en effet sur lui que le Saint-Esprit est descendu en formé de colombe : la fleur de la sainteté, sous l'image de la colombe, sous une forme simple et innocente, s'est montrée pleinement à Jean, accomplissant cet oracle : « Et sur lui s'épanouit la fleur de ma sainteté. Pour moi », dit-il, « je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit : Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et se reposer, c'est celui-là qui baptise dans le Saint-Esprit. Et moi », poursuit-il, « je l'ai vu et je rends ce témoignage que c'est l'élu de Dieu ». De qui rend-il ce témoignage ? De celui sur lequel il a vu fleurir la sainteté du Père. D'où a-t-il vu descendre l'Esprit-Saint ? car jamais le Saint-Esprit n'a été séparé du Fils, non plus que le Fils du Saint-Esprit, ni le Fils du Père, ou le Père du Fils, ou le Saint-Esprit du Fils ou du Père. Ni le Père n'est venu quelque temps avant le Fils, ni le Fils quelque temps après le Père ; car le temps n'est point en eux. Le Père, le Fils, le Saint-Esprit sont un même Dieu qui a créé le temps. Il n'y a donc point lieu de dire : Le Père est le premier, le Fils le second. D'où vient le Père, de là aussi vient le Fils. Mais, diras-tu, d'où vient le Père ? Te voilà par la pensée bien au-dessus de la terre, et du ciel, et des anges, des choses visibles et des choses invisibles, bien au-dessus de tout ce qui est créé, et tu demandes : Où commence le Père ? Ce langage ne convient pas à ce qui est éternel. Ne demande point l'origine, si ce n'est pour ce qui commence. Ne t'enquiers point d'où vient ce qui est le commencement de tout ce qui commence, et qui n'a son commencement en rien, puisqu'il n'a point commencé. Or, comme le Père n'a point commencé, le Fils n'a point commencé non plus, mais le Fils est la splendeur du Père. Ainsi la clarté du feu vient d'où vient aussi le feu et la splendeur du Père vient d'où vient le Père. Or, d'où vient le Père ? de l'éternité et pour l'éternité. De même la splendeur du Père vient de l'éternité pour l'éternité, et néanmoins, comme il est sa splendeur, son Fils, bien qu'il n'ait pas commencé dans le temps, il est engendré par le Père. Qui comprendra ces choses ? Purifie ton cœur, secoue la poussière, efface toute souillure. Apportons nos soins à guérir tout ce qui trouble notre œil intérieur, et alors nous apparaîtra ce que l'on nous enseigne et ce que l'on croit avant de le voir.
5. Nous croyons, néanmoins, mes frères. Que croyons-nous ? Que le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne se devancent nullement parle temps. Et toutefois, quoique le Père, le Fils et l'Esprit-Saint ne se devancent par aucun temps, je ne saurais certainement nommer le Père, le Fils et l'Esprit-Saint, sans que ces noms soient dans le temps et au pouvoir du temps. Il n'y a ni priorité dans le Père ni postériorité dans le Fils, et pourtant je n'ai pu les prononcer que l'un après l'autre, en donnant son temps à chaque syllabe, et la seconde syllabe n'a pu se faire entendre que la première ne fût passée. En nommant ce qui est au-dessus du temps, chaque syllabe a demandé un temps précis. C'est donc ainsi, mes frères, que toute la Trinité s'est montrée dans le fleuve, alors que Jean baptisait Notre-Seigneur, et que cette Trinité se révélait d'une manière sensible à notre chair. Jésus, en effet, fut baptisé, il sortit de l'eau et une voix vint du ciel : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis mes complaisances ». Le Fils se révéla dans l'homme, le Saint-Esprit dans la colombe, et le Père dans la voix. Une chose visible se montre visiblement, si tant est qu'on puisse appeler chose ce qui est plutôt la cause de toute chose, si tant est encore qu'elle soit cause. Que disons-nous, en effet, quand nous parlons de Dieu ? Et pourtant nous parlons de lui, et il permet notre langage, lui qui n'est pas comme nous pouvons l'imaginer. Mais, par condescendance pour les hommes, le voilà qui apparaît sous la forme de colombe, et ainsi s'accomplit cet oracle : « Sur lui s'épanouira la fleur de ma sainteté ». »Fleurira », est-il dit : apparaîtra visiblement. Rien, dans un arbre, n'est aussi visible que la fleur, rien de plus apparent. Courage maintenant, nous voici arrivé aux dernières paroles de notre psaume : « Sur lui s'épanouira la fleur de ma sainteté ». Toutefois il me souvient que j'ai omis de dire quels sont ces ennemis que la lampe a couverts de confusion.
6. « J'ai préparé une lampe à mon Christ ». Quelle lampe ? Jean. C'est le Père qui parle ainsi du Fils. Interrogeons le Fils lui-même. « C'était une lampe ardente et brillante. Je revêtirai ses ennemis de confusion ». Or, quels sont les ennemis déclarés du Christ, sinon les Juifs ? Car le Christ a aussi des ennemis occultes. Tous ceux qui vivent dans l'iniquité, dans l'impiété, sont ennemis du Christ, bien qu'ils soient marqués de son nom et appelés chrétiens. C'est à eux qu'il sera dit : « Je ne vous connais point », et eux répondront : « Seigneur, n'avons-nous pas bu et mangé en votre nom, et en votre nom encore fait beaucoup de prodiges ? » Qu'avons-nous mangé et bu en votre nom ? Car ils n'attachaient pas un bien grand prix à leur nourriture, et ils prétendaient, par là, appartenir au Christ. Il est un aliment que l'on boit et que l'on mange, et qui est le Christ. Or, les ennemis du Christ le mangent et le boivent. Les fidèles connaissent l'Agneau sans tache dont ils se nourrissent, et puissent-ils s'en nourrir de manière à ne mériter aucun châtiment ! Car l'Apôtre l'a dit : « Quiconque mange et boit indignement, mange et boit son propre jugement ». Ils sont donc ennemis du Christ, ceux qui préfèrent la vie d'iniquité à la vie qu'ils lui doivent, et qui redoutent son avènement quand on leur dit qu'il viendra juger les vivants et les morts. S'ils le pouvaient, ils l'empêcheraient de venir ; et comme ils n'ont pu l'empêcher de venir, ils lui interdiraient le retour. Les Juifs ont déjà prétendu l'empêcher de revenir. Le Fils fut envoyé aux mauvais colons, à ces locataires perfides qui ne voulaient point payer le loyer, à ceux qui lapidaient les serviteurs qu'on leur envoyait. Alors le Père de famille, le Maître de la vigne se dit : « J'enverrai mon Fils, peut-être le respecteront-ils ? » Mais eux songèrent et se dirent : « Voici l'héritier ; allons, tuons-le, afin que l'héritage soit à nous. » Impuissants à l'empêcher de venir de la part de son Père, ils voulurent lui interdire le retour à son Père. Mais à qui se prenaient-ils ? Ils voyaient un homme mortel, qu'ils méprisaient ; mais ils ne purent en lui tuer que la mort. La mort du Christ fut la mort de la mort elle-même. Pour lui, il est ressuscité et s'est élevé avec son Père, pour en revenir. Pourquoi craignez-vous ? Aimez, et vous serez en sûreté. Ne disons-nous pas dans nos prières : « Que votre règne arrive ? » Nous prions donc, mes frères, et nous craignons d'être exaucés ?
7. Mais ceux-là, comme nous l'avons dit, sont des ennemis occultes. Parlons de ces ennemis déclarés qui ont eu pour lui une haine ouverte, qui ont sévi contre lui, l'ont saisi, flagellé, insulté, crucifié, mis à mort, gardé dans le sépulcre. Voyons comment cette lampe les a couverts de confusion. Quand ces mêmes ennemis virent que le Seigneur faisait des miracles, « Dis-nous », lui demandèrent-ils, « par quelle autorité tu fais ces choses ». Ils le questionnaient avec une intention hostile, afin de le saisir comme blasphémateur, s'il disait que c'est par sa propre autorité. Mais il agit comme il l'avait fait à propos de la pièce de monnaie, quand ils voulaient le calomnier. Si, d'une part, il répondait : Payez le tribut à César, ce qui eût été avilir la nation juive, en la déclarant assujétie et tributaire ; que si, d'autre part, il disait : Ne payez point le tribut, ils devaient l'accuser, devant les amis et les ministres de César, comme empêchant de payer le tribut. Or, le Sauveur : « Montrez-moi », dit-il, « une pièce de monnaie ; de qui sont cette image et cette inscription ? De César », répondirent-ils. « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ». C'était dire : « Si César recherche son image sur une pièce de monnaie, Dieu ne cherche-t-il point son image dans l'homme ? De même, en cette occasion, ces calomniateurs « parlèrent en un cœur et en un cœur ». Ils n'eussent parlé qu'en un seul cœur, si, dans leur langage, ils n'eussent eu un cœur double, et, comme il a été dit plus haut, un cœur combiné, mais non simple. Voyez en effet quelle différence ! Il est dit des serviteurs de Dieu que tous n'avaient qu'un même cœur : « Ils n'avaient qu'une même âme et un seul cœur » en Dieu. Beaucoup d'hommes simples n'ont qu'un seul cœur ; un seul homme fourbe a deux cœurs. Donc, parce que c'était dans un cœur et dans un cœur que ces hommes faisaient à Jésus cette question : « Dis-nous par quelle autorité tu fais ces prodiges ? » Ils voulaient dire, d'une part : nous le déclarer, c'est gagner nos adorations ; nous le déclarer, c'est avoir droit à nos respects ; si tu nous le déclares, nous t'adorons ; et d'autre part, car il y avait en eux duplicité : si tu le dis, nous t'accuserons ; si tu le dis, nous aurons de quoi te saisir ; si tu le dis, nous aurons de quoi te charger. Voilà des ennemis. Mais la lampe va les confondre. Tout à l'heure vous les verrez dans la confusion, Et maintenant qu'il est temps d'allumer nos lampes, que les ennemis du Christ soient confondus par cette lampe que le Père a préparée à son Christ. « Car celui-là était une lampe ardente et brillante », nous dit le Sauveur lui-même. Que répond donc le Christ à leur question :, « Dis-nous avec quelle autorité tu fais ces prodiges ? — Je vous ferai à mon tour une seule question. Dites-moi : Le baptême de Jean, d'où venait-il ? Du ciel ou des hommes ? Mais, dans leur trouble intérieur, ils se disaient : Si nous répondons : Du ciel, il nous dira : Pourquoi, ne croyez-vous pas en lui ? » C'est-à-dire : Pourquoi me demander en vertu de quelle autorité j'opère ces prodiges, quand Jean m'a rendu le témoignage que vous me demandez ? « Donc si nous répondons : Du ciel, il nous dira Pourquoi ne croyez-vous point en lui ? Si nous disons : Des hommes, nous craignons le peuple, car tous regardent Jean comme un Prophète ». Partagés entre la crainte du peuple et la crainte de la vérité, envieux d'une part et craintifs d'autre part, et aveugles de part et d'autre, ils répondirent : « Nous ne savons ». La lampe s'est montrée, les ténèbres ont fui. Bien qu'ils demeurassent présents de corps, en effet, leur cœur s'était enfui, quand ils répondirent qu'ils n'en savaient rien. La crainte est la marque d'un cœur qui fuit. Ils craignaient d'être lapidés par te peuple, s'ils disaient que le baptême de. Jean venait des hommes ; ils craignaient d'être convaincus parle Christ, s'ils confessaient que le baptême de Jean était venu du ciel. Ils s'enfuirent avec honte. Le nom de Jean les remplit de crainte, et la crainte les mit en fuite. Et le Sauveur : « Je ne vous dirai pas non plus par quelle autorité j'opère ces prodiges ».
8. Jean-Baptiste est donc la lampe préparée au Christ Notre-Seigneur. Ses ennemis ; qui l'interrogeaient pour le surprendre, se retirèrent avec confusion, quand parut la lumière de cette lampe. Alors s'accomplit cette parole : « Je couvrirai ses ennemis de confusion ». Pour nous, mes frères, qui connaissons te Seigneur, et par son précurseur Jean-Baptiste, et même parle témoignage du Sauveur dont il disait : « J'ai un témoignage supérieur à Jean », devenons, par la foi au Christ, le corps de cette tête auguste, afin qu'il n'y ait qu'un seul Christ, tête et corps, et une fois que nous serons devenus « un », s'accomplira en nous cet oracle : « Sur lui s'épanouira ma sainteté ».