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SAINT ABDON ET SAINT SENNEN

Bréviaire, romain. Ce récit est conforme aux actes publiés par les Bollandistes.

 

Abdon et Sennen souffrirent le martyre sous l’empereur Dèce, qui, après avoir soumis la Babylonie avec d'autres provinces, et y avoir trouvé des chrétiens les emmena avec lui à la ville de Cordoue où' il les fit mourir par différents supplices. Deux vice-rois, Abdon et Sennen, prirent leurs corps et les ensevelirent. On les accusa de cette action auprès de Dèce qui les fit comparaître devant lui. On les chargea de chaînes et on les conduisit à Rome, où ils comparurent devant l’empereur et devant le Sénat; on leur dit qu'ils avaient ou à sacrifier et qu'alors ils rentreraient libres dans leurs états, ou à se voir condamnés à être la pâture des bêtes féroces. Ils ne manifestèrent que du mépris pour les idoles sur lesquelles ils crachèrent; après quoi ils furent traînés à l’amphithéâtre où on lâcha sur eux deux lions et quatre ours, qui, loin de toucher ces saints, en furent même les gardiens. On les fit donc mourir par le glaive, après quoi on leur lia les pieds et on les traîna jusqu'à l’idole du soleil devant laquelle on les jeta. Au bout de trois jours, le sous-diacre Quirinus vint les recueillir et les ensevelit dans sa maison. Ils souffrirent vers l’an du Seigneur 253. Du temps de Constantin, ces martyrs révélèrent oit étaient leurs corps que les chrétiens transférèrent dans le cimetière de Pontien. Par leur mérite Dieu y accorde de nombreux bienfaits au peuple.



SAINT GERMAIN, ÉVÊQUE

 

Germain vient de germe, et ana, qui veut dire en haut, c'est donc un germe d'en haut. On trouve en effet trois qualités dans le blé qui germe, savoir une chaleur naturelle, une humidité nutritive, et un principe de semence. De là vient que saint Germain est appelé une semence en germe : car il posséda une chaleur produite par l’ardeur de son amour, une humidité qui développa sa dévotion, et un principe de semence puisque, par la force de sa prédication, il engendra beaucoup de monde à la foi et aux bonnes mœurs. Le prêtre Constantin écrivit sa vie qu'il adressa à saint Cinsurius, évêque d'Auxerre (Héricus, moine d'Auxerre, a écrit sa vie en vers et ses miracles en prose.).

 

Germain naquit à Auxerre d'une famille des plus nobles. Après de longues études consacrées aux arts libéraux, il partit pour Rome afin de se former à la science du droit. Il s'y acquit tant de considération que le Sénat l’envoya dans les Gaules pour remplir les fonctions de gouverneur de toute la Bourgogne. À Auxerre qu'il affectionnait, il possédait, au milieu de la ville, un pin aux branches duquel il suspendait; pour qu'on les admirât, les têtes des bêtes fauves tuées par lui à la chasse. Mais saint Amateur, évêque de cette ville, le gourmandait souvent de cette vanité, et lui conseillait même de faire abattre cet arbre dans la crainte de quelque mauvais résultat pour les chrétiens. Or, Germain n'y voulait absolument pas consentir. Mais un jour qu'il était absent, saint Amateur fit couper et brûler ce pin. Quand Germain l’apprit, il oublia les sentiments que lui inspirait la religion chrétienne et, revint à la ville avec des soldats, dans le dessein de faire mourir l’évêque : mais celui-ci, qui avait appris par révélation que Germain devait un jour lui succéder, céda devant sa fureur et gagna Autun. Peu après, il revint à Auxerre et ayant attiré Germain dans l’église, il le tonsura en lui prédisant qu'il devait être son successeur. Ce qui eut lieu : car quelque temps après l’évêque mourut en saint et. le peuple demanda à l’unanimité Germain pour évêque. Il distribua tous ses biens aux pauvres, traita sa femme comme si elle eût été sa sœur, et pendant trente ans, il mortifia tellement son corps que jamais il n'usa de pain de froment, ni de vin, ni d'huile, ni de légumes, ne mangeant même rien qui fût accommodé avec du sel. Deux fois l’an cependant, savoir : à Pâques et à Noël, il prenait du vin, encore il y mêlait tant d'eau qu'il n'y avait plus goût de vin. Il commençait ses repas en prenant d'abord de la cendre; ensuite il mangeait du pain d'orge. (316) Son jeûne était continuel, car il ne mangeait jamais . que sur le soir. L'été comme l’hiver, il avait pour tout vêtement un cilice et une coule. Et quand il ne lui arrivait pas de donner cet habit à quelqu'un, il le portait jusqu'à ce qu'il fût tout usé et en lambeaux. Les ornements de son lit, c'était la cendre, un cilice et un sac : il n'avait pas de coussin pour tenir sa tête plus élevée que les épaules; mais toujours dans les gémissements, il portait à son cou des reliques des saints; jamais il ne quittait son vêtement, rarement sa chaussure et sa ceinture. Tout dans sa conduite était au-dessus des forces d'un homme. Sa vie fut telle en effet qu'il eût été incroyable de la concevoir salis miracles; mais ils furent si nombreux qu'on les croirait imaginés à plaisir, si les mérites qu'il avait acquis n'avaient précédé ces prodiges.

Un jour qu'il avait reçu l’hospitalité dans un endroit, il fut étonné de voir, après le souper, apprêter la table, et il demanda pour qui ou préparait un second repas. Comme on lui disait que c'était pour les bonnes femmes qui voyagent pendant la nuit, saint Germain prit la résolution de veiller cette nuit-là; et il vit une foule de démons qui venaient se mettre à table sous 1a forme d'hommes et de femmes. Il leur défendit de s'en aller, réveilla tous les membres de la maison et leur demanda s'ils connaissaient ces personnes. On lui répondit que c'étaient tous les voisins et voisines; alors en commandant aux démons de ne pas s'en aller, il envoya au domicile de chacun d'eux; et on les trouva tous dans leur lit. Saint Germain les conjura; et ils dirent qu'ils étaient des démons qui se (317) jouaient ainsi des hommes. En ce temps-là, florissait le bienheureux saint Loup, évêque de Troyes. Quand Attila attaquait cette ville, le bienheureux Loup lui demanda de dessus la porte à haute voix qui il était pour venir fondre ainsi sur eux. « Je suis, lui répondit-il, Attila, le fléau de Dieu. » L'humble prélat lui répliqua avec gémissement : « Et moi je suis Loup; hélas ! je ravage le troupeau de Dieu et j'ai besoin d'être frappé par le fléau de Dieu. » Et à l’instant il fit ouvrir les portes. Mais Dieu aveugla les ennemis qui passèrent d'une porte à l’autre, sans voir personne et sans faire aucun mal. Le bienheureux Germain prit avec lui saint Loup et partit pour les îles Britanniques où pullulaient les hérétiques; et comme ils étaient sur la ruer, une tempête extraordinaire s'éleva; mais à la prière de saint Germain, il se fit aussitôt un grand calme. Ils furent reçus avec de grands honneurs par le peuple; leur arrivée avait été annoncée par les démons que saint Germain avait chassés des obsédés. Après qu'ils eurent convaincu les hérétiques, ils retournèrent en leur propre pays.

Germain était couché malade dans un endroit, quand soudain un incendie embrasa toute la bourgade. On le priait de se laisser emporter pour échapper à la flamme, mais il voulut rester exposé à l’incendie, et le feu, qui consuma tout à droite et à gauche, ne toucha pas à l’habitation où il se trouvait. Comme il retournait une seconde fois en Bretagne pour confondre les hérétiques, un de ses disciples, qui l’avait; suivi en toute hâte, tomba malade à Tonnerre et y mourut : Saint Germain, revenant sur ses pas, fit ouvrir le (318) sépulcre et demanda au mort, en l’appelant par son nom, ce qu'il faisait, s'il désirait encore combattre avec lui. Celui-ci se leva sur son séant et répondit qu'il goûtait des douceurs infinies et qu'il ne voulait pas être rappelé désormais sur la terre. D'après le consentement que lui donna saint Germain de rester dans le repos, il déposa sa tète et se rendormit de : nouveau dans le Seigneur (Héricus, moine d'Auxerre, qui a écrit la vie et, les miracles du saint.). Pendant le cours de ses prédications, le roi de la Bretagne lui refusa l’hospitalité aussi bien qu'à ses compagnons. Le porcher du roi, qui revenait de faire paître ses bêtes, en rapportant à sa chaumière des provisions qu'il avait reçues au palais, vit le bienheureux Germain et ses compagnons accablés de faim et de froid; il les accueillit avec bonté dans sa maison, et commanda qu'on tuât pour ses hôtes le seul veau qu'il possédât. Après le souper, saint Germain fit disposer tous les os du veau sur sa peau et à sa prière le veau se leva tout aussitôt. Le lendemain, Germain se hâta de se, rendre chez le roi et lui demanda avec force pourquoi il lui avait refusé l’hospitalité. Le roi grandement saisi ne put lui répondre; alors Germain lui dit : « Sors et cède le royaume à meilleur que toi. » Et par un ordre qu'il reçut de Dieu, Germain fit venir le porcher avec sa femme et en présence de la multitude étonnée, il le constitua roi; et depuis lors ce sont les descendants du porcher qui gouvernent la nation des Bretons (Ibid., c. VIII). Les Saxons étaient en guerre avec les Bretons et se voyaient inférieurs en nombre, ils appelèrent alors les saints qui passaient par là; ceux-ci les instruisirent et tous accoururent à l’envi pour recevoir le baptême. Le jour de Pâques, transportés par la ferveur de leur foi, ils jettent leurs armes de côté et se proposent de combattre avec grand courage; les ennemis, à cette nouvelle, se ruent avec audace contre des gens désarmés; mais Germain, qui se tenait caché avec les siens, les avertit tous, que quand il crierait lui-même Alleluia, ils lui répondissent ensemble en poussant le même cri. Et quand ils l’eurent fait, une terreur tellement grande s'empara des ennemis qui se précipitaient sur eux, qu'ils jetèrent leurs armes, dans la persuasion que non seulement les montagnes, mais encore le ciel s'écroulaient sur leur tète; alors ils prirent tous la fuite (Ibid.). Une fois qu'il passait par Autun, il vint au tombeau de saint Cassien, évêque, auquel il demanda comment il se trouvait. Celui-ci lui répondit de son cercueil ces mots qui furent entendus de tous les assistants : « Je jouis d'un doux repos, et j'attends la verne du rédempteur. » Et Germain lui dit : « Reposez encore longtemps en J.-C., et intercédez pour nous avec ferveur, afin que nous méritions d'obtenir les joies de la sainte résurrection. » À son arrivée à Ravenne, il fut reçu avec honneur par l’impératrice Placidie et par son fils Valentinien. Quand vint l’heure du repas, la reine lui envoya un magnifique vase d'argent rempli de mets exquis; il le reçut, mais ce fut pour distribuer les mets à ceux qui l’accompagnaient et pour donner aux pauvres l’argent du vase qu'il garda par devers lui. Pour tenir lieu de (320) présent, il envoya à l’impératrice une écuelle de bois dans laquelle était un pain d'orge; ce qu'elle reçut de bonne grâce et dans la suite elle fit enchâsser cette écuelle dans de l’argent.

Une fois encore, l’impératrice l’invita à un dîner que le saint accepta avec bonté. Or, comme il était exténué par les jeûnes,, la prière et les travaux, il se fit conduire sur un âne depuis son logement jusqu'au palais : mais pendant le repas, l’âne de saint Germain mourut. La reine, qui l’apprit, fit offrir à l’évêque un cheval extrêmement doux. Quand le saint l’eut vu, il dit : « Qu'on m’amène mon âne, parce que, comme il m’a amené, il me ramènera. » Et allant vers le cadavre : « Lève-toi, dit-il, âne, retournons au logis. Aussitôt l’âne se leva, se secoua, et comme s'il n'avait éprouvé aucun mal, il porta Germain à son hôtellerie. Mais avant de sortir de Ravenne, Germain prédit qu'il n'avait plus longtemps à rester sur la terre. Peu de temps après, la fièvre le saisit et le septième jour il s'endormit dans le Seigneur : son corps fut transporté dans les Gaules, selon qu'il l’avait demandé à l’impératrice. Il mourut vers l’an du Seigneur 430.

Saint Germain avait promis à saint Eusèbe de consacrer à sa place, quand il reviendrait, une église que le saint évêque de Verceil avait fondée. Mais quand il eut appris le trépas du bienheureux Germain, saint Eusèbe fit allumer des cierges pour consacrer lui-même son église. Or, plus on les allumait, plus ils s'éteignaient. Eusèbe comprit par là que la dédicace devait (321) être remise à une autre époque, ou bien qu'elle devait être faite par un autre évêque. Mais lorsque le corps de saint Germain fut amené à Verceil, et qu'on l’eut fait entrer dans l’église, à l’instant tous les cierges s'allumèrent par miracle. Alors saint Eusèbe se souvint de la promesse du bienheureux Germain, et il comprit qu'il avait exécuté, après sa mort, ce qu'il avait promis de faire étant en vie. Il ne faut pas croire qu'il soit ici question du grand Eusèbe de Verceil; celui-ci mourut du temps de l’empereur Valens, et il s'écoula plus de 50 ans depuis sa mort jusqu'à celle de saint Germain. Ce fut sous un autre Eusèbe, qu'arriva ce qui vient d'être raconté.



SAINT EUSÈBE

 

Eusèbe est ainsi appelé de eu, qui veut dire bien et, sebe, qui signifie éloquence ou poste. Eusèbe s'interprète encore bon culte. En effet il fut rempli de bonté, en se sanctifiant, d'éloquence en défendant la foi, il resta à son poste en souffrant le martyre avec constance; et il rendit à Dieu un bon culte par le respect qu'il eut pour lui.

 

Eusèbe, qui conserva sa virginité, :n'était encore que catéchumène quand il fut baptisé par le pape Eusèbe qui lui donna son nom. À son baptême, on vit les mains des anges le lever des fonts sacrés. Une dame, qui s'était éprise de sa beauté, voulut entrer dans sa chambre, mais elle en fut empêchée par les anges qui le gardaient : alors elle vint le lendemain matin se jeter à ses pieds et lui demander pardon . (322) Après avoir été ordonné prêtre, il brilla par une sainteté telle que dans la solennité de la messe, on voyait les anges qui le servaient. En ce temps-là, comme l’hérésie d'Arius infectait l’Italie entière de ses poisons, favorisée qu'elle était par l’empereur Constance, le pape Julien sacra Eusèbe évêque de Verceil : c'était alors une des principales villes de l’Italie. À cette nouvelle, les hérétiques firent fermer, toutes les portes de l’église; mais Eusèbe étant entré dans la ville, se mit à genoux à la porte de l’église principale dédiée à la bienheureuse Marie, et à l’instant toutes les portes ouvrirent à sa prière. Il chassa de son siège Maxence, évêque de Milan, qui était gâté par le poison de l’hérésie, et il établit en sa place Denys, fervent catholique. C'est ainsi qu'Eusèbe en Occident et Athanase en Orient purgeaient l’Église de la peste des Ariens. Cet Arius était un prêtre d'Alexandrie : il prétendait que le Christ était une pure créature : il avançait ce qu'il était, quand il n'était pas, et qu'il a été fait pour nous, afin que Dieu se servît de lui comme d'un instrument pour notre création. Alors le grand Constantin fit célébrer le concile de Nicée où cette erreur fut condamnée. Arius finit, quelque temps après, d'une mort misérable, car il rendit dans le lieu secret toutes ses entrailles et ses intestins. (Ruffin, Hist. Eccl. liv. X; — Vincent de B., liv. XV, c. XII, an 330) Constance, fils de Constantin, se laissa corrompre aussi par l’hérésie; c'est pour cela qu'irrité grandement contre Eusèbe, il convoqua en concile beaucoup d'évêques, et y manda Denys : il adressa mainte et mainte lettres à Eusèbe qui, sachant que la malice prévaut dans la multitude, refusa de venir et s'excusa sur son grand âge. Alors pour lui enlever ce prétexte, l’empereur décida que le concile serait célébré à Milan. qui était tout proche. Quand il vit que Eusèbe faisait encore défaut, il ordonna aux Ariens de mettre par écrit leur croyance, il força Denys, évêque de Milan, et trente-trois autres évêques de souscrire à cette doctrine. Quand Eusèbe apprit cela, il se décida à quitter sa ville pour venir à Milan et il prédit qu'il v serait exposé à souffrir beaucoup (Bréviaire romain).

Comme il était sur le chemin de Milan, il arriva sur le bord d'un fleuve; une barque, qui était sur la rive opposée, vint à lui, sur l’ordre qu'il lui, en. donna; elle le transporta à l’autre rive, lui et ses compagnons, sans qu'il y eût aucun timonier. Alors Denys, dont il vient d'être question, alla à sa rencontre et se jeta à ses pieds pour lui demander pardon. Or, comme Eusèbe ne se laissait fléchir ni par les menaces ni par les flatteries de l’empereur, il dit en présence de toute l’assemblée : « Vous avancez que le Fils est inférieur au Père; comment se fait-il donc que vous m’avez fait passer après mon fils et mon disciple ? Or, le disciple n'est pas au-dessus du maître ni l’esclave plus que son seigneur, ni le fils au-dessus du père. » Frappés par cette raison, ils lai présentèrent l’écrit qu'ils avaient fait et que Denys avait signé. Et il dit : « Je ne souscrirai pas après mon fils sur lequel je l’emporte en autorité; mais brûlez cet écrit, et faites-en un autre que je signerai, si vous le voulez. » Et ce fut par une inspiration divine que fut brûlé l’écrit que Denys et, trente-trois autres évêques avaient signé. Les Ariens écrivirent donc une autre pièce, et la donnèrent à Eusèbe et aux autres évêques pour la signer : mais sur les exhortations d'Eusèbe ils s'y refusèrent entièrement, et ils se félicitèrent de ce que la première pièce qu'ils avaient été forcés de souscrire eût été totalement brûlée. Constance irrité abandonna Eusèbe au bon plaisir des Ariens. Alors ceux-ci le saisirent au milieu des évêques, l’accablèrent de coups, et le traînèrent sur les degrés du palais, du haut en bas, et depuis le bas jusqu'en haut. Quoiqu'il perdît beaucoup de sang de sa tête meurtrie, il n'en persista pas moins dans ses refus; alors, ils lui lièrent les mains derrière le dos et le tirèrent par une corde attachée au cou. Quant à lui, il rendait grâces à Dieu, et disant qu'il était prêt à mourir pour confesser la foi catholique. Alors Constance fit conduire en exil le pape Libère, Denys, Paulin et tous les autres évêques qui avaient été entraînés par l’exemple d'Eusèbe. Scylopolis, ville de la Palestine, fut le lieu où les Ariens menèrent Eusèbe : ils le renfermèrent dans une pièce si étroite qu'elle était plus courte que. sa taille, et. plus- resserrée que son corps, en. sorte qu'il était courbé au point de ne pouvoir ni étendre les pieds, ni se tourner d'un côte ou d'un autre. Sa tête restait baissée; et il pouvait seulement remuer les épaules et les bras. Mais Constance étant mort, Julien, son successeur, désirant (325) plaire à tout le monde, fit rappeler les évêques exilés, rouvrir les temples des dieux, et voulut que chacun jouit de la paix sous la loi qu'il préférait choisir. Ce fut ainsi que Eusèbe, délivré de son cachot, vint trouver Athanase et lui exposer toutes les souffrances qu'il avait endurées : À la mort de Julien et sous l’empire de Jovinien, les Ariens restant calmes, Eusèbe revint à Verceil où le peuple le reçut avec dès témoignages d'une vive allégresse. Mais sous le règne de Valens, les Ariens, qui s'étaient multipliés de nouveau, entourèrent la maison d'Eusèbe, l’en arrachèrent et après l’avoir traîné sur le dos, ils l’écrasèrent sous des pierres. I1 mourut de cette manière dans le Seigneur et fut enseveli dans l’église qu'il avait construite. On rapporte encore que Eusèbe obtint de Dieu par ses prières pour sa ville qu'aucun Arien n'y pourrait vivre. D'après la chronique, il Vécut au moins 88 ans. Il florissant vers l’an du Seigneur 350.


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