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LES SAINTS MACCHABÉES

 

Les Macchabées furent sept frères, qui, avec; leur révérende mère et leur père Eléazar, n'ayant pas voulu, par respect pour la loi, manger de la viande de pourceau, souffrirent des supplices inouïs, dont on peut trouver un plus ample récit au IIe livre des Macchabées. Il faut remarquer que l’Église d'Orient célèbre la fête des saints de l’un et de l’autre Testament, tandis que l’église d'Occident ne fait pas la fête des (326) saints de l’Ancien, par la raison qu'ils sont descendus aux enfers. Il faut en excepter , les Innocents, parce que J.-C. a été tué dans chacun d'eux, et les Macchabées. Il y a quatre raisons pour lesquelles 1'Église fait la mémoire solennelle de ces derniers, bien qu'ils fussent descendus aux enfers : la première est qu'ils ont la prérogative du martyre. Ayant en effet enduré des supplices inouïs parmi les saints de l’Ancien Testament, il était juste qu'on célébrât la mémoire de leur martyre. Cette raison est donnée dans l'Histoire scholastique. La deuxième est pour rappeler un mystère. Le nombre septennaire est le nombre Universel (Voici ce que dit saint Augustin au sujet du nombre septennaire (Cité de Dieu, lib. II, ch. XXXI). On pourrait s'étendre. beaucoup sur la perfection du nombre septennaire... Le premier nombre tout impair est trois, et le premier tout pair est quatre; la somme des deux forme le nombre sept, qui est souvent pris pour la généralité des nombres.). Dans les Macchabées sont représentés tous les pères de d'Ancien Testament qui sont dignes de réputation. En effet, bien que l'Église ne célèbre pas leur fête, tant parce qu'ils sont descendus dans les limbes, que parce qu'il est survenu une multitude de nouveaux saints, cependant, dans ces sept martyrs, elle montre le respect qu'elfe a pour tous les autres, puisque ce nombre sept, ainsi qu'il vient d'être dit, est un nombre universel et général. La troisième est pour offrir un exemple dans les tribulations. On les propose comme un modèle aux fidèles, afin que la constance de, ces saints les anime de zèle pour la, foi, et les porte à souffrir pour la toi de l’Évangile, comme les Macchabées ont valeureusement combattu pour ai loi de Moïse. La quatrième est tirée du motif de leur martyre; car ce fut pour la défense de leur loi qu'ils endurèrent de pareils supplices, comme c'est pour la défense de la loi évangélique que souffrent les chrétiens. Ces trois; dernières raisons sont celles que Me Jean Beleth assigne dans sa Somme des offices, chapitre V.



SAINT PIERRE AUX LIENS

Sur l’authenticité des chaînes de saint Pierre, conservées à Rome dans l’église de Saint-Pierre-aux-Liens, consulter Cancellieri, dans son ouvrage intitulé : De carcere Tulliano,

oie sont consignés tous les témoignages sur lesquels repose cette tradition.

 

La fête qui est appelée de saint Pierre aux Liens fut, dit-on, instituée pour quatre raisons : 1° la délivrance de saint Pierre; 2° la délivrance d'Alexandre; 3° pour rappeler la destruction du rite des gentils et 4° pour demander d'être délivré des liens spirituels.

 

I. La délivrance de saint Pierre. D'après l’Histoire scholastique (Actes, ch. LVII.), Hérode Agrippa alla à Rome où il vécut dans l’intimité de Caius, neveu de Tibère César. Or, un jour, Hérode étant avec Caius sur un char, dit en levant les mains au ciel : « Quel désir j'aurais de voir mourir ce vieillard, pour que tu sois le maître de tout l’univers ! » Paroles qui furent entendues du cocher d'Hérode et rapportées tout aussitôt par lui à Tibère. Tibère indigné fit en conséquence jeter Hérode en prison. Et un jour qu'il était appuyé contre un arbre sur le feuillage duquel était perché un hibou, un de ses compagnons de captivité, habile dans la science des augures, lui dit : « Ne crains rien car bientôt tu seras délivré, et tu seras élevé si haut que, tu exciteras contre toi l’envie de tes amis et tu mourras dans cet état de prospérité. Mais quand tu verras au-dessus de toi un animal de cette espèce, tu sauras dès lors qu'il ne te reste que cinq jours à vivre (Histoire scholastique). » Quelque temps après Tibère meurt et Caius, élevé à l’empire, délivra Hérode qu'il honora de la dignité de roi de Judée. Quand celui-ci fut arrivé dans ce pays, il employa son pouvoir à maltraiter quelques membres de l’Église. D'abord il fit mourir par l’épée Jacques, frère de Jean, avant les jours de l’octave de Pâques, où I'on ne mangeait que des pains azymes. Et voyant que cela plaisait aux Juifs, il fit encore prendre Pierre, dans le même temps, et le mit en prison, avec le dessein de le faire mourir devant tout le peuple, après la fête de Pâques. Mais l’ange du Seigneur apparut miraculeusement à Pierre, le délivra des chaînes qui le liaient et lui ordonna d'aller remplir en toute liberté le ministère de la prédication : Le lendemain, à l’occasion de l’évasion de saint Pierre, Hérode manda les gardes afin de les punir rigoureusement. Il ne pût cependant le faire, car la délivrance de cet apôtre ne devait être pour qui que, ce frit la cause d'aucun mal; en effet, il fut obligé d'aller tout de suite à Césarée, où il expira sous le coup d'un Josèphe rapporté au XIXe livre des Antiquités Judaïques, ch. VIII, qu'arrivé à Césarée, où s'étaient réunis les habitants de toute la province, Hérode, revêtu d'un habillement magnifique, tissu d'or et d'argent, se rendit le lendemain au théâtre. Or, quand les rayons du soleil vinrent frapper sur son vêtement tout couvert d'argent, l’éclat du métal étincelant faisait vibrer, parla répercussion, sur les spectateurs, une double lumière qui devait remplir d'effroi ceux qui l’apercevaient, et par le moyen de cette artificieuse : erreur, on était porté à croire qu'il y avait en lui quelque chose au-dessus de lai nature humaine. À l’instant, la Moule des flatteurs se mit à s'écrier : « Jusqu'à présent, nous vous avions pris pour un homme, mais aujourd'hui nous déclarons que vous êtes au-dessus de la nature humaine. » Or, tandis qu'il osé repaissait de ces flatteries, et qu'il acceptait sérieusement les honneurs divins qu'on lui voulait rendre, il leva la tête et vit assis sur une ficelle, au-dessus de sa tête un ange, c'est-à-dire un hibou, qui n'était que le messager de sa mort prochaine. Alors il se tournas vers le peuple et dit : « Moi, qui suis votre Dieu, voici que je vais mourir. » Car il savait, d'après la prédiction de l’augure, qu'il mourrait dans cinq jours. Alors il fut frappé, et pendant ces cinq jours, il fut rongé par les vers et expira. Ce fut donc en mémoire de la délivrance, si miraculeuse du prince des apôtres, et de la vengeance si terrible qui fut infligée immédiatement à ce tyran, que l’Église solennise la fête de saint Pierre aux Liens. De là vient qu'à (330) la messe on chante l’épître où se trouve le récit de cette délivrance; il paraîtrait donc par là que l’on devrait donner à cette fête le nom de saint Pierre des Liens (c'est-à-dire délivré des liens).

Venons au second motif de l’institution de cette fête.

II. Le pape, Alexandre qui gouverna l’Église le sixième après saint Pierre, et Hermès, préfet de la ville de Rome, converti à, la foi par Alexandre, étaient détenus par le tribun Quirinus qui les enfermait en des lieus différents : or, le tribun dit au préfet Hermès : « Je m’étonne qu'un homme, prudent comme toi, renoncé à l’honneur d'être préfet et rêve une autre vie. » Hermès lui, répondit : « Et moi aussi, il y a quelques années, je me moquais de tout cela, et pensais que cette vie est la seule. », Quirinus lui dit : « Prouve-moi que tu es sûr d'une autre vie et à l’instant, je serai un disciple de ta croyance. » Hermès lui répondit : « Saint Alexandre, que tu retiens en prison, t'enseignera cela lui-même beaucoup mieux. » Alors Quirinus se mit à maudire Hermès et il ajouta : Je viens de te dire que tu me donnes des preuves de ce que tu avances, et voici que tu me renvoies à Alexandre que je retiens en prison à cause de ses crimes. Pourtant, je doublerai le nombre de tes gardes et de ceux d'Alexandre, et si je puis le trouver avec toi ou bien toi avec lui; alors j'ajouterai, certainement foi aux paroles et aux discours que vous me tiendrez l’un et l’autre. » Il fit ce qu'il avait dit : or, Hermès en prévint incontinent Alexandre. Celui-ci se mit donc en prière; alors un ange. vint et le conduisit dans la prison. d'Hermès. Quand Quirinus les trouva ensemble, (331) il fut singulièrement surpris. Et Hermès racontant à Quirinus comment Alexandre avait ressuscité son fils qui était mort, Quirinus dit à Alexandre : « Ma fille Balbine est goîtreuse; : eh bien ! je te promets de me soumettre à ta croyance, si tu peux obtenir la guérison de ma fille. » « Va vite, lui répliqua Alexandre, et amène-la-moi dans ma prison. » Quirinus lui dit : « Puisque tu es ici, comment pourrai-je te trouver dans ta prison ? » « Va vite, répartit Alexandre, parce que celui qui m’a amené ici m’y ramènera lui-même à l’instant. » Quirinus alla donc mener sa fille a la prison d'Alexandre, et en l’y trouvant, il se prosterna à ses pieds. Alors, sa fille se mit à baiser avec dévotion les chaînes de saint Alexandre, afin qu'elle reçût guérison. Alexandre lui dit : « Ma fille, cesse d'embrasser mes chaînes, mais cherche avec empressement les carcans de saint Pierre et en les baisant avec dévotion, tu seras guérie. » Quirinus fit donc chercher avec soin les carcans dans la prison où saint Pierre avait été détenu, et quand il les eut trouvés, il les donna à baiser à sa fille. Elle ne l’eut pas plus tôt fait qu'elle eut le bonheur d'être entièrement guérie. Quirinus demanda pardon à Alexandre qu'il délivra de prison, puis il reçut le baptême lui, sa famille et beaucoup d'autres encore. Saint Alexandre institua donc cette fête aux calendes d'août, et il fit bâtir en l’honneur de saint Pierre une église, où il déposa les chaînes et la nomma l’église de Saint-Pierre-aux-Liens. En cette solennité, il se fait un grand concours de; peuple à ladite église et on y baise ces chaînes.

III. D'après Bède, telle serait la troisième cause de (332) l’institution de cette fête. L'empereur Octave et Antoine, qui étaient unis ensemble par alliance, se partagèrent entre eux l’empire du monde entier; à Octave échut, dans l’Occident, l’Italie, la Gaule et l’Espagne, et Antoine, en Orient, en l’Asie, le Pont et l’Afrique. Or, Antoine qui était lascif et débauché, après avoir épousé la sœur d'Octave, la répudia, pour épouser Cléopâtre, reine d'Égypte. Octave indigné de cette conduite, s'avança à main armée contre Antoine en Asie et le défit partout. Alors Antoine et Cléopâtre, vaincus, prirent la fuite, et poussés par le chagrin, ils se donnèrent la mort eux-mêmes. Octave abolit donc le royaume d'Égypte-et en fit une province romaine. De là il alla à Alexandrie : il dépouilla cette ville de toutes ses richesses et les fit transporter à Rome; ce qui apporta un tel bien-être dans la république que l’on donnait pour un denier ce qui en valait quatre auparavant. Et parce que les guerres civiles avaient dévasté extraordinairement la ville, il la renouvela au point qu'il dit : « Je l’ai trouvée de briques, je la laisse de marbre. » Il agrandit tellement la république que ce fut le premier qui fut appelé Auguste, nom que retinrent ses successeurs à l’empire; comme ce fut encore de son oncle Jules-César que les empereurs furent nommés César. Le peuple appela aussi de son nom le mois d'août, qui, auparavant se nommait Sextilis, car c'était le sixième mois depuis celui de mars. Ce fut donc en mémoire et en l’honneur de la victoire qu’Auguste remporta le premier août que tous les Romains solennisaient ce jour, jusqu'à l’époque de l’empereur Théodose qui commença à régner l’an du (333) Seigneur 426. Eudoxie, fille de ce Théodose et épouse de Valentinien, se rendit à Jérusalem pour accomplir un vœu. Ce fut là qu'un Juif lui offrit, pour une somme importante, les deux chaînes dont saint Pierre avait été lié sous Hérode. Revenue à Rome aux calendes d'août, et voyant le Romains célébrer une fête en l’honneur d'un empereur qui était idolâtre, elle fut affligée de ce qu'on rendait de si grands honneurs à un homme damné : elle reconnut qu'il ne serait pas facile d'abolir cette espèce de culte passé en coutume; alors elle pensa à laisser subsister cet état de choses, mais dans le but que. la solennité aurait lieu en l’honneur de saint Pierre, et que tout le peuple nommerait ce jour la fête de saint. Pierre aux Liens. Après en avoir conféré avec le saint pape Pélage, ils unirent leurs efforts pour porter le peuple, par des exhortations flatteuses, à laisser dans l’oubli la mémoire du prince des païens, pour faire une mémoire solennelle du prince des apôtres. La proposition ayant, obtenu l’assentiment universel, Eudoxie fit connaître qu'elle avait rapporté de Jérusalem les chaînes de saint Pierre et les montra au peuple. Le pape, de son côté, produisit la chaîne dont le même apôtre avait été lié sous Néron. On les mit ensemble et alors eut lieu ce miracle par lequel de ces trois chaînes, il s'en forma une seule, comme si elle n'eût pas été composée de différentes pièces (Bréviaire romain). En même temps, le pape, et la reine décidèrent que l’honneur rendu à un païen, qui était damné, serait attribué à plus juste titre au prince des apôtres. Le pape donc avec la reine plaça les chaînés dans l’église de Saint-Pierre-aux-Liens. Il l’enrichit de grands privilèges et institua que ce jour serait fêté en tous lieux. Voilà ce que dit Bède. Sigebert rapporte la même chose (Paul, diacre, fait aussi le même récit dans une homélie). On vit en l’an du Seigneur 969 combien grande était la puissance de cette chaîne car un comte, proche parent de l’empereur Othon; fut saisi, aux yeux de tout le monde, par le diable d'une façon si cruelle, qu'il se déchirait avec les dents. L'empereur ordonna alors qu'on le menât au pape Jean, afin de Fui entourer le cou avec la chaîne de saint Pierre. On lui mit d'abord au cou une autre chaîne qui ne délivra pas le possédé, car il n'y avait en elle aucune vertu; enfin on prend la chaîne de saint Pierre et on la met au cou du furieux : mais le diable ne put supporter le poids d'une si grande puissance, et se retira aussitôt en jetant un cri affreux eu, présence de tous les assistants (Bréviaire romain). Alors. Théodose, évêque de Metz, se. saisit de la chaîne et assura qu'il ne la lâcherait qu'autant qu'on lui couperait les mains. Comme il s'élevait à ce sujet une grave contestation entre l’évêque, et le pape avec les autres clercs, l’empereur vint a bout d'apaiser le débat : en demandant au pape un anneau de cette chaîne pour l’évêque (Sigebert, Chronique). Miletus raconte en sa chronique et le même fait se trouve rapporté dans l'Histoire tripartite. (Lib. IX, C. XLVI), qu'en ce temps là, apparut en Épire un dragon énorme que Donat, évêque d'une haute verdi, tua en lui crachant dans la gueule : mais auparavant, le prélat avait fait avec les doigts une forme de croix qu'il présenta aux yeux du monstre. Huit paires de bœufs purent à peine traîner le cadavre pour être brûlé; car on craignait que l’air lie fût infesté par sa putréfaction. Le même auteur, rapporte au même endroit et on trouve aussi dans l’Histoire tripartite que le diable se montra dans la Crète sous la figure de Moïse : Il rassembla de tous Cités les Juifs qu'il conduisit vers un précipice affreux auprès de la mer. Il leur promit qu'en se mettant à leur tête, il allait les conduire à pied sec dans la terre promise, et en fit périr un nombre infini. D'où l’on conjecture que le diable indigné se vengea ainsi d'eux, parce que le Juif avait donné la chaîne de saint Pierre à l’impératrice Eudoxie, et que les réjouissances faites en l’honneur d'Octave avaient été abolies. Bon nombre de ceux qui échappèrent reçurent avec empressement la grâce du baptême. Car comme ils roulaient les uns sur les autres du haut en bas de la montagne, les premiers, déchirés sur les rochers à pic, furent suffoqués en tombant dans la mer; quant aux autres qui voulaient les suivre, dans l’ignorance de ce qui était arrivé aux premiers, des pêcheurs passant par là leur apprirent l’accident qui avait fait périr leurs frères, et alors ils se convertirent. Ces faits sont tirés de l’Histoire tripartite.

 

IV. On peut encore assigner ici une quatrième cause de l’institution de cette fête. Le Seigneur délia miraculeusement saint Pierre de ses liens, et lui donna le pouvoir de lier et de délier : or, nous aussi nous sommes (336) mes retenus dans les liens du péché et nous avons. besoin d'être déliés. C'est la raison pour laquelle nous honorons le prince des Apôtres en cette solennité qui est dite aux liens, afin que comme il a mérité d'être délié de ses chaînes, et comme il a reçu du Seigneur le pouvoir de délier, de même aussi il nous délie des chaînes du péché. On peut se convaincre que ce fut là une raison de l’institution de cette fête pour peu qu'on remarque que l’épître de la messe rappelle cette délivrance, et que l’Évangile qu'on récite fait mémoire du pouvoir accordé à saint Pierre de délier et d'absoudre. En outre, dans l’oraison de la messe, on demande, par l’intercession de cet apôtre, que cette absolution nous soit accordée. Par ce pouvoir des clefs qu'il reçut, on voit qu'il délivre quelquefois ceux qui mériteraient d'être damnés, ainsi que le rapporte le livre des Miracles de la sainte Vierge. « Dans la ville de Cologne, il y avait, au monastère de saint Pierre, un moine léger, débauché et lascif. Une mort subite le surprit, et les démons l’accusaient en faisant connaître ouvertement toutes les espèces de péchés qu'il avait commis. Voici ce que l’un d'eux disait : « Je suis la cupidité, par laquelle tu as souvent convoité contre les commandements de Dieu. » Un autre criait : « Je suis la vaine gloire par laquelle tu t'es élevé avec jactance parmi les hommes. » Un autre : « Je suis le mensonge et tu as commis le péché de mentir. » Et ainsi des autres. D'un autre côté, quelques bonnes œuvres qu'il avait faites l’excusaient en disant : « Je suis l’obéissance que tu as témoignée à tes supérieurs spirituels; je suis le chant des psaumes que tu as souvent chantés pour Dieu. » Alors saint Pierre, dont il était le moine, vint trouver Dieu et intercéder pour lui Le Seigneur lui répondit : « Est-ce que ce n'est pas moi qui ai inspiré le prophète lorsqu'il a dit : « Seigneur, qui est-ce qui habitera dans votre tabernacle ? C'est « celui qui entre sans avoir de taches, etc. » Comment celui-ci peut-il être sauvé, puisqu'il n'est pas entré ici sans tache, puisqu'il n'a pas pratiqué la justice ? » Alors saint Pierre se mit à prier pour lui avec la vierge Mère, et le Seigneur porta cette sentence qu'il retournerait dans son corps et qu'il y ferait pénitence. Aussitôt donc, saint Pierre avec la clef qu'il tenait à la main effraya le diable; et le mit en fuite. Il remit ensuite l’âme de cet homme dans la main de quelqu'un qui avait été moine dans le susdit monastère, avec l’ordre de la reconduire à son corps. Le moine lui demanda comme récompense de ce qu'il ramenait son âme; de réciter chaque jour le psaumeMiserere mei, Deus; et de nettoyer souvent son tombeau des ordures qui s'y trouvaient. Or, le moine, revenu à la vie, raconta à tout le monde ce qui lui était arrivé.



SAINT ÉTIENNE, PAPE

Bréviaire romain

 

Saint Étienne, pape, après avoir converti beaucoup de gentils par ses discours et par -ses exemples, et avoir donné la sépulture à beaucoup de corps de martyrs, fut recherché avec grand soin par Valérien et Gallien, l’an du Seigneur 260, afin qu'on le forçât lui et les clercs ou de sacrifier aux idoles, ou, dans. le cas contraire, à être puni par divers supplices. Il y eut un édit de rendu par lequel il était déclaré que celui qui les livrerait jouirait de toute leur fortune. En conséquence, dix de ses clercs furent pris et décapités sans forme de procès. Le lendemain on se saisit d'Étienne, il fut mené au temple de Mars, ou pour y adorer l’idole, ou pour y subir, la sentence capitale. Mais quand il fut entré; et qu'il eut prié Dieu de détruire ce temple, à l’instant il s'en écroula une grande partie; toute la multitude s'enfuit alors pleine d'effroi. Quant à Étienne, il se retira au cimetière de sainte Lucie. Lorsque Valérien l’eut appris, il envoya vers lui des soldats en plus grand nombre qu'il ne l’avait fait. En arrivant, ils le trouvèrent célébrant la messe : Il les attendit sans trouble, acheva avec dévotion les saints mystères; après quoi ils le décapitèrent sur son siège.


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