Comme nous l’avons insinué précédemment, l’information que nous lisons, au début du troisième évangile, sur l’édit de recensement universel publié par Auguste et sur son exécution en Palestine, est depuis longtemps l’objet d’incessantes et violentes attaques de la part des rationalistes. Les adeptes de l’école dite critique accusent saint Luc soit d’avoir inventé ce détail, pour faire naître Jésus à Bethléem et pour donner une importance mondiale à sa nativité[2134], soit tout au moins d’avoir commis ici un grave anachronisme, en rattachant à cet événement le recensement de Quirinius, qui n’eut lieu en réalité que dix ans plus tard. Ils sont là-dessus d’une intransigeance absolue. Sans vouloir écouter les explications des défenseurs de l’évangéliste, ils regardent leur thèse comme à tout jamais démontrée, et se contentent de reproduire dans le même ordre, et souvent dans les mêmes termes, des objections cent fois réfutées[2135]. À priori, est-il croyable qu’un historien qui vient d’annoncer, en tête de son livre, qu’il s’est livré à des recherches sérieuses au sujet des faits qu’il veut exposer[2136], ait commis, deux pages plus loin, de propos délibéré ou par une inadvertance impardonnable, une erreur si grossière et si facile à éviter ? C’est pourtant cette étrange conduite que l’on impute à saint Luc, quoiqu’il soit avéré qu’il manifeste, aussi bien dans son évangile qu’au livre des Actes, une connaissance remarquable des choses gréco-romaines. Mais il n’est pas resté sans défense. Toute une pléiade d’excellents auteurs, catholiques ou protestants, s’est empressée de répondre aux attaques des rationalistes, et d’élucider la question très discutée du dénombrement de Quirinius[2137].
Nous exposerons les objections, telles que les propose le Dr Schürrer, qui en signale cinq principales.
1. En dehors du troisième évangile, l’histoire ne sait rien d’un recensement général de l’empire à l’époque d’Auguste. — Nous allons discuter le fait. Mais ce silence serait-il une raison suffisante pour rejeter, comme n’ayant aucune valeur historique, l’information que nous fournit saint Luc ? Ne devrait-on pas lui être reconnaissant de ce renseignement précieux, qu’il nous donne sur une époque particulièrement importante ? Comme on l’a dit, « si nous trouvions dans Zonaras, ou dans Malalas, ou dans quelque autre compilateur byzantin, un renseignement analogue à celui que nous communique ici le troisième évangile, nous le regarderions simplement comme une riche trouvaille pour la science historique, comme un complément des sources anciennes, souvent incomplètes. Pourquoi donc saint Luc serait-il moins bien traité[2138] ? »
Mais nous avons des raisons positives à alléguer, pour expliquer le silence des anciens historiens au sujet de ce recensement. Les « Annales » de Tacite ne s’ouvrent qu’avec le règne de Tibère. En ce qui concerne les années 745-752 de Rome, l’histoire de Dion Cassius ne nous est parvenue que sous la forme d’un résumé très incomplet, qui est muet sur les années 748-752, les plus importantes ici pour nous. Le silence de Suétone n’est pas plus surprenant sur le fait en question que celui de Tite-Live et de Polybe sur des épisodes semblables des règnes suivants[2139]. Ces grands historiens ne disent rien non plus du recensement de l’an 6 après Jésus-Christ (759 de Rome), qui eut pourtant en Judée un retentissement exceptionnel, et qui nous est connu tout à la fois par saint Luc[2140] et par Josèphe[2141]. Nous dirons plus loin pourquoi ce dernier est aussi demeuré muet sur le cens qui fait l’objet de la présente discussion. Il est certain, d’ailleurs, qu’il ne possède que des informations très imparfaites sur les rapports qui existèrent entre la Palestine et les légats impériaux de la province de Syrie.
Mais les faits que nous avons mentionnés ci-dessus[2142] compensent jusqu’à un certain point le silence des anciens écrivains et donnent amplement raison à saint Luc, qu’on ne réussira certainement pas à mettre en désaccord avec l’histoire de son temps. Nous avons vu, d’après les sources les plus authentiques, que l’opération dont parle l’évangéliste était entièrement conforme aux goûts et aux désirs d’Auguste. Mais nous possédons des données encore plus explicites. Indépendamment de trois recensements du peuple romain proprement dit, ce prince en a fait exécuter aussi dans les provinces, spécialement dans les Gaules, à différentes reprises[2143]. Surtout, d’après des papyrus découverts récemment en Égypte, il a inauguré dans cette contrée des cens périodiques, qui avaient lieu tous les quatorze ans[2144]. Il est probable aussi qu’une mesure semblable fut appliquée à la province de Syrie[2145]. Ajoutons, avec Th. von Zahn[2146], qu’il est dans la nature même des choses qu’une opération générale de ce genre, exécutée dans tout l’empire, c’est-à-dire sur un immense territoire dont les nombreuses parties étaient régies par des lois, des coutumes et des gouvernements si divers, exigeait alors un temps considérable, qui pouvait se prolonger pendant des années entières. De là vient en partie la date assez vague qu’emploie saint Luc en commençant son récit « ἐν ταῖς ἡμέραις ἐκείναις, en ces jours-là[2147] », qui suppose une durée prolongée. La formule dont il se sert au verset 2, à propos du décret impérial, « ἀπογράφεσθαι πᾶσαν τὴν οἰκουμένην, ut describeretur universus orbis », ne marque donc pas nécessairement un édit qui aurait prescrit un cens opéré en même temps dans toutes les contrées de l’empire. Sans violenter le texte, on peut l’entendre de la volonté, exprimée par Auguste, que des recensements réguliers, systématiques, auraient lieu désormais périodiquement en Italie et dans les provinces. Ainsi comprise, la phrase de l’évangéliste reviendrait à dire que l’empereur posa le principe de ces recensements périodiques, et que celui qui eut lieu en Palestine à l’époque de la naissance du Sauveur fut exécuté en vertu de ce principe[2148].
2. On affirme en second lieu que, même, dans l’hypothèse où l’autorité impériale aurait ordonné un recensement en Palestine, ni Joseph, ni Marie n’étaient tenus d’aller se faire inscrire à Bethléem. On en donne pour raison que, d’après la méthode romaine, les citoyens étaient enregistrés au lieu de leur résidence actuelle, et qu’en outre, rien n’obligeait les femmes à se présenter en personne. — Les deux remarques sont exactes ; mais elles n’ont ici aucune valeur, puisque, selon la réflexion très explicite de l’évangéliste, le recensement fut exécuté d’après la méthode juive. Nous avons d’ailleurs reconnu que Marie n’était pas tenue d’accompagner Joseph dans cette circonstance, et que, si elle entreprit ce voyage, ce ne fut nullement dans le but spécial de se faire inscrire.
Plusieurs néo-critiques s’efforcent ici de compliquer les choses, en imaginant la plus étrange des hypothèses. Ils répètent après D. Strauss, avec l’intention évidente de jeter du ridicule sur la narration, que, si tout s’était passé comme le dit l’évangéliste, c’eût été dans tout l’empire romain un bouleversement effrayant, comparable aux anciennes migrations des peuples[2149]. Plaisanterie mesquine, qui n’honore guère ceux qui se la permettent. En effet, le trait « tous allaient se faire enregistrer, chacun dans sa ville[2150] » ne se rapporte très ostensiblement qu’à la Palestine, et encore faut-il se rappeler que la Galilée, la Pérée et surtout la Samarie, contenaient de nombreux étrangers, qui n’avaient pas à se déplacer. De plus, ceux des captifs de Babylone qui étaient rentrés au pays de leurs ancêtres appartenaient surtout aux districts méridionaux de la Terre sainte, où ils s’étaient installés de préférence. Beaucoup d’autres Israélites n’avaient plus aucun lien avec les localités habitées autrefois par leur famille, et étaient aussi enregistrés dans leur résidence actuelle. Voilà donc à quoi se réduit la prétendue « migration des peuples ». En somme, il paraît exact de dire qu’une partie considérable de la population palestinienne n’avait pas à se déranger pour le recensement.
3. Même en supposant qu’un pareil édit eût été publié, il n’aurait pas été applicable à la Palestine, qui formait alors un royaume indépendant. — Nous avons réfuté d’avance cette autre objection, en décrivant, preuves en mains, la véritable situation du roi Hérode par rapport à l’empereur. Suétone rapporte expressément[2151] qu’Auguste ne se gênait guère pour traiter les alliés eux-mêmes comme « des membres et des parties de l’empire ». D’autre part, Josèphe nous a révélé la position extrêmement délicate d’Hérode. « Personne, dit Ramsay[2152], si ce n’est un critique décidé à maintenir une théorie (préconçue), ne songerait à nier que le royaume d’Hérode ne fût une partie du monde romain… Si ses rois avaient manifesté quelque tendance à négliger leur devoir de soumission, l’empereur les aurait sévèrement châtiés. »
4. Les néo-critiques prétendent qu’aucun recensement n’a été opéré en Judée avant celui que décrit l’historien Josèphe, et qu’il assigne à l’année 6-7 de notre ère. — Admirons d’abord, avec Th. von Zahn[2153], le traitement de faveur que les théologiens libéraux accordent à Josèphe, et le dédain parfaitement injuste qu’il témoignent à l’égard de saint Luc. On a accueilli avec « une foi aveugle », avec « un manque de critique » déplorable, toutes les informations de l’historien juif, bien qu’il soit avéré que plusieurs d’entre elles sont loin d’être certaines et qu’elles se contredisent même parfois. Cependant, il est né seulement vers la fin de l’an 36, ou au commencement de l’an 37 de notre ère, tandis qu’avant le début du règne de l’empereur Claude (janvier 41), saint Luc était déjà membre de la chrétienté d’Antioche, en Syrie, et avait pu inaugurer ses recherches historiques sur des faits dont il était si rapproché.
L’écrivain juif ne fait, il est vrai, aucune allusion au dénombrement rattaché par l’évangéliste à la naissance du Sauveur. En revanche, il insiste sur le cens qui eut lieu dix ans plus tard. Il le décrit comme un fait inouï jusqu’alors. Mais il avait des raisons particulières pour négliger le premier dénombrement, comme aussi pour s’étendre sur le second. Celui-là — il importe de revenir sur cette différence essentielle — n’avait été suivi d’aucune mesure fiscale ; des officiers choisis par Hérode en avaient eu la direction, et tout s’y était passé conformément aux coutumes juives, comme saint Luc a soin de le déclarer. Celui-ci, qui n’eut lieu qu’après la déposition d’Archélaüs, au moment où la Judée était incorporée officiellement à l’empire, fut conduit par des fonctionnaires et d’après la méthode de Rome ; surtout, on lui adjoignit une taxation, qui souleva la colère des Juifs et occasionna de leur part un mouvement de rébellion[2154]. Or, si Josèphe a ignoré le premier recensement, ou du moins s’il ne l’a pas jugé assez important pour le noter dans ses écrits, saint Luc a cet avantage sur l’historien juif, qu’il les a connus et signalés l’un et l’autre.
Mais revenons pour un instant au texte évangélique[2155]. D’après la leçon que les meilleurs exégètes regardent comme la plus probable, sa forme primitive aurait été celle-ci : « αὓτη ἀπογραφὴ πρώτη ἐγένετο ἡγέμονεύοντος τῆς Συρίας Κυρηνίου[2156] ». Le sens est donc : « Ce premier recensement eut lieu (ou : Ce recensement eut lieu en qualité de premier) pendant que Quirinius gouvernait la Syrie ». Le mot « πρώτη, premier », a ici une importance spéciale. Il prouve que saint Luc était parfaitement au courant des faits, et qu’il a connu deux recensements distincts, opérés tandis que Quirinius exerçait en Syrie un rôle administratif d’ordre supérieur. En effet, au livre des Actes, v, 37, il en signale un second, qui correspond a celui dont parle Josèphe, puisqu’il est dit expressément qu’il suscita une sédition en Judée. Selon sa coutume, l’évangéliste s’exprime donc en termes très clairs. Comment, après cela, peut-on supposer qu’il a été induit en erreur, qu’il a embrouillé les faits, antidaté le recensement décrit par Josèphe, de manière à pouvoir l’associer à la nativité de Notre-Seigneur ?
5. Reste une dernière objection. On affirme que, du vivant d’Hérode le Grand, Quirinius n’a certainement pas administré la province de Syrie en qualité de légat impérial ; d’où il suivrait qu’aucun recensement n’a pu avoir lieu en Palestine sous sa direction à l’époque de la naissance du Christ, puisque l’évangéliste place ce fait « aux jours d’Hérode ».
Cette difficulté étant la plus sérieuse de toutes, il n’est pas étonnant que la sagacité des interprètes croyants se soit particulièrement appliquée à la résoudre. Nous ne pouvons citer ici que les principales conjectures auxquelles on a eu recours pour démontrer la véracité de l’évangéliste. Ce ne sont, forcément, que des conjectures, puisque (les néo-critiques le répètent assez) saint Luc a été le seul à nous conserver ce détail de l’histoire juive ; mais elles suffisent — au besoin, l’une d’elles suffirait — pour garantir la réalité du fait si injustement contesté.
a. D’assez nombreux savants[2157] donnent à l’adjectif πρώτη, dont nous venons de relever l’importance, la signification de πρότερα ; ce qui les autorise à traduire : « Ce recensement eut lieu avant que Quirinius fût gouverneur de la Syrie ». Ils croient pouvoir justifier leur opinion à l’aide d’exemples multiples, puisés dans les anciens auteurs grecs[2158]. En soi, cette interprétation ne présente rien d’anormal ; la grammaire, si elle était seule en cause, l’autoriserait aisément. Le but désiré serait ainsi atteint, car toute difficulté disparaîtrait. Et pourtant nous hésitons à adopter cet expédient, qui semble quelque peu forcé. « On ne voit pas pourquoi saint Luc aurait fait intervenir dans ce passage un recensement de l’an 6 de notre ère, si Quirinius n’avait été pour rien dans les faits qu’il raconte[2159] ».
b. Une réponse beaucoup plus satisfaisante a gagné les suffrages de nombreux exégètes et historiens. Des recherches aussi savantes qu’ingénieuses ont rendu probable l’hypothèse d’après laquelle Quirinius aurait rempli deux fois, à quelque temps d’intervalle, les hautes fonctions de légat en Syrie : une première fois entre P. Quinctilius Varus et M. Lollius, précisément vers l’époque de la naissance de Notre-Seigneur ; une seconde fois, entre les années 759 et 764 de Rome. Dès l’année 1854, A. W. Zumpt publiait une dissertation très solide[2160], dans laquelle il fait la preuve de cette thèse, en ne recourant qu’aux documents profanes. Th. Mommsen a composé plus tard un excellent travail dans le même sens[2161]. Une inscription malheureusement fragmentaire, découverte autrefois à Tivoli (le Tibur des Romains), lui sert de base principale. Elle est dédiée à un personnage dont le nom a disparu, mais dont les états de service sont assez longuement énumérés, et qui avait précisément exercé à deux reprises le rôle de légat en Syrie. Th. Mommsen, après avoir très habilement complété ce texte tronqué[2162], ne croit pas qu’il puisse convenir à un autre légat que Quirinius.
Cette découverte, due à un savant des plus compétents en fait d’histoire romaine, est certainement très heureuse pour la solution du problème que nous étudions. Mais, sans parler de l’incertitude qui règne, malgré tout, sur le nom du légat de l’inscription, une autre difficulté demeure. Nous possédons la liste des légats impériaux de Syrie durant la période qui nous occupe[2163], et nous savons de source certaine que Quirinius a administré cette province pendant quelques années, à partir de l’an 6 après Jésus-Christ (759 de Rome)[2164]. D’un autre côté, il est également certain, d’après cette même liste, que sa première légation ne peut pas remonter au-delà du mois d’avril de l’année 750 de Rome (4 ap. J. -C), attendu que Varus ne cessa d’être légat qu’après la mort d’Hérode[2165]. Or, à cette époque — saint Matthieu et saint Luc nous l’apprennent très explicitement —, la naissance de Jésus était un fait accompli. L’hypothèse d’une double légation de Quirinius ne résout donc pas entièrement l’objection proposée.
c. Du moins, elle a servi de point de départ à d’autres suppositions, qui nous rapprochent du but à atteindre. Remarquons d’abord que le terme employé par l’évangéliste pour désigner la fonction de Quirinius « ἡγεμονεύοντος, præside », n’est pas celui qui correspondait habituellement au titre de légat. C’est une expression générale, assez vague, qui signifie : avoir l’hégémonie, gouverner. Le substantif corrélatif ἡγεμών apparaît plusieurs fois dans les évangiles et au livre des Actes[2166], comme désignation du procurator qui administrait la Judée au nom de l’empereur. On peut donc supposer que l’évangéliste s’en est servi pour marquer une mission extraordinaire, que l’empereur aurait confiée à Quirinius en Syrie et en Palestine, avant la mort d’Hérode. Comme il avait fait ses preuves sur les champs de bataille, on a pensé tout spécialement à une mission militaire, qui l’aurait associé au légat officiel d’alors, Varus, à cause des troubles qui agitaient les régions voisines[2167]. Ou bien, c’est à Sentius Saturninus, le prédécesseur de Varus, qu’il aurait été ainsi adjoint, peut-être en qualité de questeur et pour administrer les finances. Cela explique pourquoi Tertullien[2168] attribue, non pas à Quirinius, mais à Sentius Saturninus lui-même, le « premier recensement » dont parle saint Luc, et que saint Justin, en trois endroits de ses écrits[2169], place la naissance du Sauveur « ἐπὶ Κυρηνίου, sous Quirinius ».
Telle paraît bien être la meilleure solution du problème. En effet, « une chose reste certaine : c’est le rôle considérable que Quirinius, personnage honoré de toute la confiance de l’empereur, a joué pendant toute cette période dans les affaires de l’Orient, et de la Syrie en particulier. Et nous ne voyons pas ce qu’on pourrait opposer, au point de vue critique[2170] », aux deux hypothèses que nous avons signalées en dernier lieu. Nous le reconnaissons, ce n’est là qu’un à peu près. Mais « l’approximation est suffisante pour un évangéliste qui a dit aux jours d’Hérode (Luc., i, 5), sans spécifier davantage, à propos d’un règne si long… Dans le silence de l’histoire, on tranche le doute en faveur de Luc[2171] ». Selon la remarque d’un autre savant[2172], nombreux sont les faits de l’histoire ancienne pour lesquels on n’arrive pas à une démonstration plus rigoureuse. Toutes les présomptions sont d’ailleurs favorables à l’évangéliste, qui est le plus consciencieux des historiens, et qui n’avait aucun motif sérieux de tromper ses lecteurs sur un point très secondaire[2173].
Signalons d’abord une opinion extrême, qui a réussi à recruter un petit nombre d’adhérents. On l’a vu, les exégètes rationalistes regardent comme un point acquis à leur cause que Jésus était né à Nazareth, en Galilée. Partant de là, et remontant de plusieurs siècles dans l’histoire de cette province, ils ont constaté que, depuis les terribles invasions des Assyriens, sa population était assez mêlée, et que les éléments orientaux et grecs y vivaient côte à côte avec les éléments juifs. De là, on a d’abord conclu, d’une manière simplement négative, qu’« il est impossible… de rechercher quel sang coulait dans les veines de Jésus[2174] ». Puis on est allé jusqu’à affirmer, avec toute la hardiesse de l’ultra-rationalisme, que le Sauveur appartenait, non pas à la race juive, mais soit à la race aryenne ou indo-germanique[2175], soit à la grande famille babylonienne[2176].
Assertion tellement exorbitante, que plusieurs autres critiques, même des plus avancés dans leurs théories, ont cru devoir protester, tantôt timidement, en rappelant qu’une telle supposition « se dérobe à tout moyen de vérification directe[2177] », tantôt avec une certaine énergie, en reconnaissant qu’elle n’a aucune base historique, et qu’elle ne tient pas le moindre compte des récits évangéliques, lesquels, après tout, ne sont pas erronés de fond en comble[2178].
Sans aller aussi loin, la plupart des rationalistes contemporains sont d’avis que Jésus-Christ n’appartenait certainement pas à la famille de David. Ils consentent à reconnaître que la croyance de l’Église sur ce point remonte très haut, puisqu’elle est constatée en termes si formels par leurs deux auteurs favoris, saint Marc, dont ils font le plus ancien des évangélistes, et l’apôtre saint Paul. Ils attachent même une importance prépondérante au témoignage de Paul[2179]. Mais ils refusent de se laisser convaincre. « On a cru, disent-ils, que Jésus descendait de David, parce que le Christ devait descendre de ce roi[2180] » d’après les anciens oracles… « Pour les Juifs, fils de David et Messie étaient des termes synonymes, et ce fut tout un pour les premiers prédicateurs de l’évangile d’affirmer que Jésus était le Messie et qu’il descendait de David[2181] », car « évidemment, il n’existait aucune connaissance certaine de l’origine davidique de Jésus[2182] ». Les néo-critiques, faisant un pas de plus, et pénétrant — avec quel manque de respect toujours ! — dans la pensée de Jésus, croient y lire qu’« il ne s’est pas cru un fils de David autrement que par voie d’interprétation, c’est-à-dire en tant que Christ », et même qu’« il était presque fier de ne pas descendre de David[2183] ». Ils signalent même, avec insistance, telle circonstance de sa vie où il aurait lui-même protesté ouvertement contre la tradition d’après laquelle le Messie devait naître de David[2184]. Il s’agit de l’épisode auquel nous avons déjà fait allusion et de l’objection rattachée par le divin Maître au texte du Psaume, cix : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite ». « Si David l’appelle son Seigneur, ajouta Jésus, comment est-il son fils[2185] ? » Suivant nos adversaires, le Sauveur, en faisant cette réflexion, aurait voulu dire aux pharisiens : Vous êtes dans l’erreur la plus complète, lorsque vous supposez que le Messie doit naître de la race royale de David. Il n’aurait eu alors aucune arrière-pensée au sujet de sa propre descendance ; ou plutôt, cette parole contiendrait « une déclaration » formelle, témoignant que Jésus « ne se considérait pas comme le fils de David[2186].
Combien sont faibles tous ces arguments ! Si les compatriotes de Jésus et les premiers chrétiens l’ont appelé « fils de David », ils ne l’ont certainement pas fait sans connaissance de cause, uniquement parce qu’ils soupçonnaient ou reconnaissaient en lui le Messie. L’intransigeance des Juifs était absolue sur ce point, qu’ils regardaient à bon droit comme essentiel, d’après les oracles prophétiques. Pour rien au monde, ils n’auraient consenti à regarder comme leur Messie un prétendant, quel que fût d’ailleurs son mérite, qui n’aurait pas rempli cette condition, indispensable et facile à vérifier. Ils n’ont donc pu décerner à Jésus le glorieux nom de « fils de David », qu’après avoir acquis la certitude qu’il appartenait réellement à la famille royale. Les données évangéliques et celles des autres livres du Nouveau Testament forment à ce sujet un ensemble tellement frappant, que plusieurs rationalistes contemporains se sont soumis à leur évidence. « Il n’existe, écrivait récemment l’un d’eux[2187], aucun motif de les mettre en doute. » Le Dr Th. Keim, qu’on trouve très habituellement du côté des ennemis les plus ardents de la tradition évangélique, prend rang, cette fois, avec les exégètes conservateurs et démontre, de concert avec eux, que rien ne s’oppose à ce que le Sauveur ait été un arrière-petit-fils de David[2188].
On prétend que Jésus aurait nié son origine davidique, ou qu’il n’y aurait attaché aucune importance. Mais c’est là une impossibilité, puisqu’il se présentait à son peuple en qualité de Messie. Rejeter le titre de fils de David, qui était le plus populaire et l’un des plus anciens de ceux qu’on donnait au futur rédempteur, eût été de sa part l’acte le plus invraisemblable et le plus contraire à ses fins. Son acceptation pure et simple de cette appellation, pendant toute la durée de son ministère, et spécialement lors de son entrée triomphale, ne serait pas moins incompréhensible, vu sa parfaite loyauté, s’il n’avait pas été membre de la famille royale. Pourquoi n’a-t-il rien fait pour détromper les foules, surtout lorsqu’il voyait combien ce titre, ainsi accepté par lui, surexcitait au plus haut degré leurs espérances ? Que dirons-nous de l’emploi singulier que les néo-critiques font, à tour de rôle, de la question adressée par Notre-Seigneur aux pharisiens, au sujet des premiers mots du Psaume, cix ? C’est une interprétation forcée qui, dit très justement l’un d’eux[2189], « ne fait pas honneur à la perspicacité de leur exégèse ». « Dans la pensée de Jésus, a écrit un autre théologien libéral[2190], la nature supérieure (que David attribue au Messie en le nommant son Seigneur) ne peut consister que dans les relations (spéciales) du Christ avec Dieu, dans sa filiation divine. » « Pour quiconque lit cette parole de Jésus sans préjugé, ajoute G. Dalman[2191], elle ne peut signifier autre chose, sinon que le Messie est en réalité fils de quelqu’un qui est plus grand que David, c’est-à-dire fils de Dieu.[2192] »
Enfin, si Jésus n’a pas été fils de David, comment se fait-il que ses ennemis, constamment aux aguets pour découvrir l’occasion de le perdre, n’aient essayé de ruiner son autorité, ni durant sa vie publique, ni pendant son procès devant le sanhédrin ; en déclarant et en démontrant qu’il était totalement étranger à la famille royale ? Ils en eurent cependant plus d’une foie l’occasion[2193]. De même, plus tard, les apôtres prirent pour point de départ de leur prédication l’origine davidique de leur Maître, sans qu’on songeât à les contredire[2194]. Mais il y a plus : le Talmud reconnaît[2195] que Jésus « était proche de la royauté » ; ce qui signifie qu’il faisait partie de la race de David.
Deux théologiens protestants, de nuance libérale, vont nous fournir notre conclusion. « La science critique et exégétique a établi… avec certitude que Jésus lui-même, ses contemporains et ses disciples immédiats (ses ennemis aussi, nous venons de le voir) ont accepté comme un fait sa descendance davidique.[2196] » « Nous n’avons aucun droit de douter que Jésus ne soit réellement fils de David.[2197] »
[2134] Telle est l’opinion, des néo-critiques les plus avancés.
[2135] Il serait aussi fastidieux qu’inutile de multiplier les citations empruntées à leurs écrits. Nous nous contenterons donc de renvoyer aux principaux d’entre eux. Cf. , Geschichte Jesu : Nach akademischen Vorlesungen, 2e éd., p. 223-228 ; , Geschichte Jesu von Nazara, t. I, p. 398-405 ; , Die Synoptiker, 3e éd., p. 316-317 ; , Leben Jesu, p. 66-67 ; , Die Entstehung des Christentums, p. 196-197 ; , Jésus de Nazareth, t. I, p. 391-394 ; , Les évangiles synoptiques, t. I, p. 343-344 ; dans , Encyclopedia biblica, t. III, p. 3345-3346 ; , Die Schriften des Neuen Testament, t. I, p. 393-394. Parmi les vulgarisateurs, voir , Manuel d’histoire ancienne du christianisme…, p. 162 ; , Weihnachtsgeschichten, p. 31. « Il n’y a pas de doute, dit ce dernier, que les idées de l’auteur (saint Luc) sur un tel recensement sont tout à fait aventurées et fantaisistes. » On regrette de trouver ici, parmi les adversaires les plus ardents de l’écrivain sacré, un savant de la valeur de , Geschichte des j ü dischen Volkes…, 3e éd., t. I, p. 508-544), qui traite d’ordinaire avec plus de calme les questions de ce genre.
[2136] Luc., i, 1-4.
[2137] Nous citerons en particulier les travaux suivants : , « Über den Statthalter Quirinius » dans la Theologische Quartalschrift, 1865, p. 103-148 ; 1868, p. 29-64 ; 1874, p. 446-687 ; , « Le recensement de Quirinius » dans la Revue des Questions historiques, 1867, p. 1-51 ; , Chronologische Synopse der vier Evangelien, 1843, p. 73-122, et Beiträge zur richtigen Würdigung der Evangelien…, 1869, p. 16-107 ; , Das Geburtsjahr Christi…, 1869, p. 20-224 ; , L’autorité de l’Évangile, 3e éd., p. 330-374 ; , Le Nouveau Testament et les découvertes archéologiques modernes, 2e éd., p. 89-130 ; , Della descrizione universale mentovata da San Luca, e dell’anno in che venne eseguita nella Giudea, 1876 ; , Theologische Quartalschrift, 1896, p. 1-24 ; , L’iscrizione di Quirinio nel Museo Lateranense ed il censo di San Luca, 1897 ; , Was Christ born at Bethlehem ?, 5e éd., 1898 ; , Die Schätzung bei Christi Geburt in ihrer Beziehung zu Quirinius, 1909 ; le Père , « Où en est la question du recensement de Quirinius ? », Revue biblique, 1911, p. 60-85. Voir aussi , Kommentar über die Evangelien des Markus und des Lukas, p. 213-228, , Evangelium secundum Lucam…, p. 107-118, , Das Evangelium des Lucas ausgelegt, t. I, p. 123-135.
[2138] , Theologische Quartalschrift, 1874, p. 102.
[2139] Voir ce qui a été dit ci-dessus, de l’argumentum e silentio, p. […].
[2140] Act., v, 37.
[2141] , Antiquitates judaicæ, XVII, xii, 5 ; XVIII, i, 1 ; ii, 1 ; XX, v, 2.
[2142] Voir p. […] et suivantes.
[2143] , Ab Urbe condita, CXXXIV ; , Historia Romana, XIII, xxii, 5.
[2144] , donne la preuve irrécusable de ce fait, dans son bel ouvrage Was Christ born at Bethlehem ?, p. 131-148.
[2145] , Ibid., p. 149-173. La démonstration est moins forte que pour l’Égypte.
[2146] , Das Evangelium des Lucas ausgelegt, p. 121-122.
[2147] La locution « ἐν ἡμέραις ταυταῖς, en ces jours-ci », désigne un intervalle plus court.
[2148] , Was Christ born at Bethlehem ?, p. 123-124. Telle paraît être aussi l’interprétation de , Stromates, I, xxi, 147 : « ότε πρὢτον ἐκέλευσαν ἀπογραφὰς γενέσθαι, lorsqu’ils (les Romains) ordonnèrent pour la première fois que l’on fît des recensements ».
[2149] , Les évangiles synoptiques, t. I, p. 344 : « La façon dont le recensement est compris touche au comble de l’invraisemblance, car si tous les habitants de l’empire avaient dû se transporter dans l’endroit qu’habitaient leurs ancêtres mille ans avant l’ère chrétienne, jamais on n’aurait vu pareille migration de peuples ». Cf. , Weihnachtsgeschichten, p. 31.
[2150] Luc., ii, 3.
[2151] , De vita Cæsarum, Augustus, lxviii.
[2152] , Was Christ born at Bethlehem ?, p. 105. Voir , Le Nouveau Testament et les découvertes archéologiques modernes, 2e éd., p. 102-105.
[2153] , Das Evangelium des Lucas ausgelegt, p. 129. Le Père , « Où en est la question du recensement de Quirinius ? », Revue biblique, 1911, p. 77, dit aussi : On ne doit pas « refuser de rendre à Luc la justice qui lui est due. On lui doit bien du moins les mêmes égards qu’à Josèphe ».
[2154] , Antiquitates judaicæ, XVII, xiii, 5 ; XVIII, i, 1.
[2155] Luc., ii, 2.
[2156] Quelques manuscrits insèrent l’article : « αὓτη ἡ ἀπογραφὴ ». D’autres placent l’adjectif « πρώτη » après le verbe « ἐγένετο ». Ce sont là de simples nuances.
[2157] Entre autres, parmi ceux dont nous avons signalé les études spéciales sur la question, Philipp Eduard Huschke [sic ! non signalé dans cet ouvrage], K. Wieseler, H. Wallon et le Père M.-J. Lagrange.
[2158] Voir en particulier la Revue biblique, loc. cit., p. 80-84.
[2159] , Les Livres saints et la critique rationaliste, 5e éd., t. V, p. 310.
[2160] , De Syria Romanorum provincia, ab Cæsare Augusto ad T. Vespasianum.
[2161] , Res gestæ divi Augusti, 2e éd. Voir surtout les p. 161-168.
[2162] le reproduit dans son ouvrage, Le Nouveau Testament et les découvertes archéologiques modernes, 2e éd., p. 119-120.
[2163] Voir , Geschichte des Jüdischen Volkes im Zeitalter Jesu Christi, t. I, p. 321-327.
[2164] On n’a pas encore réussi à déterminer la durée de sa légation.
[2165] , Antiquitates judaicæ, XVII, v, 1 ; ix, 3 ; x, 1, 9 ; xi, 1.
[2166] Matth., xxvii, 2, 11 ; Luc., iii, 1 ; Act., xxiii, 24 ; xxiv, 1 ; xxvi, 30.
[2167] , Was Christ born at Bethlehem ?, 2e éd., p. 238-247, cite des exemples de ce dédoublement de fonctions. Voir aussi dans , A Dictionary of Christ and the Gospels, t. I, p. 205, et , Das Evangelium des Lucas ausgelegt, p. 132-133.
[2168] , Adversus Marcionem, iv, 19 : « Sed et census constat actos tunc (la leçon nunc est certainement fautive) in Judæa per Saturninum ». Le mot « constat » montre que Tertullien était sûr de son assertion. C’est donc antérieurement à l’an 6 avant J.-C, date à laquelle Varus succéda à Saturninus, que Quirinius aurait été envoyé en Palestine avec une mission extraordinaire.
[2169] , Dialogus cum Tryphone, 78 ; Apologia, i, 34 et 46. Lui aussi, il fait appel aux registres officiels, à propos de ce recensement. Voir encore , Homilia in Lucam, xi.
[2170] , Commentaire sur l’évangile de saint Luc, 2e éd., p. 156.
[2171] Le Père , loc. cit., p. 80.
[2172] , Was Christ born at Bethlehem ?, 2e éd., p. 110.
[2173] Peut-être n’est-il pas inutile de faire observer, en terminant, que saint Luc n’affirme pas expressément que Quirinius prit une part directe au premier dénombrement. Les mots « ἡγεμονεύοντος Κυρηνίου » sont, en effet, au génitif absolu et correspondent au latin « præside Quirinio » (S. Ambroise). La traduction de la Vulgate, « a præside », est donc légèrement inexacte, Nous avons vu que saint Justin exprime bien le vrai sens : « sous Quirinius », c’est-à-dire sous son administration, de quelque nature qu’elle fût.
[2174] , Vie (populaire) de Jésus, 1870, p. 10. Cf. , Das Leben des Heilands, dargestellt, 1907, p. 16 ; , Die wichtigsten Fragen im Leben Jesu, p. 109 ; , Jésus de Nazareth, t. I, p. 417. Il est curieux d’entendre H. von Soden confirmer son sentiment par la remarque que, « dans le monde des idées de Jésus, l’enveloppe grecque ne saurait être méconnue (loc. cit., p. 110) », tandis que, pour A. Réville, Jésus est foncièrement Juif dans toute l’acception de ce terme, car « c’est du judaïsme qu’il a pour ainsi dire extrait les principes de sa religion ». On aboutit fatalement à des contradictions de ce genre, quand on prend pour règle principale l’interprétation arbitraire des textes et des faits.
[2175] Cette thèse a été soutenue par , dans l’ouvrage Die Grundlagen des neunzehnten Jahrhunderts, t. I, p. 211-220 (cf. , La mission historique de Jésus, 1906, p. xxvi-xxviii), et par le professeur , dans la revue américaine Open Court, avril 1909 (cf. The Expository Times, sept. 1909, p. 530-531, oct. 1910, p. 4-6).
[2176] , Babel und Bibel, 1905, p. 11.
[2177] , Jésus de Nazareth, t. I, p. 416-417.
[2178] , Jesus im neunzehnten Jahrhundert, 1re éd., p. 186-187.
[2179] , Die Schriften des Neuen Testament, t. I, p. 46 ; , Jesus : wer er geschichtlich war, p. 29 [ :] « Paul, ce témoin ancien et non suspect… Ce n’est point là une induction faite par Paul, mais une tradition qu’il reçut, et la chrétienté primitive… faisait de même ». D’autres essayent de se défaire comme ils peuvent de ce témoin gênant. , The first three Gospels, p. 124, se demande si Paul « avait fait une enquête sérieuse sur la famille du Maître, et s’il s’était pareillement rendu compte de l’exactitude de la foi de l’Église ». Nous pouvons, sans hésiter, répondre affirmativement à cette question, car l’esprit positif de saint Paul ne se contentait jamais d’un à-peu-près sur des points si importants, et l’enquête était très facile à conduire.
[2180] , Les évangiles synoptiques, t. I, p. 330.
[2181] , Ibid., p. 316.
[2182] , Leben Jesu, p. 164. Cf. , Jesus, p. 88 ; , Die Synoptiker, 3e éd., p. 38-40 ; , Die Schriften des Neuen Testament, t. I, p. 46 ; , Weihnachtsgeschichten, p. 13-14, 30-31 ; dans , Die Religion in Geschichte und Gegenwart, t. III, p. 364, etc.
[2183] , Les évangiles synoptiques, t. I, p. 329. Cf. , Jésus de Nazareth, p. 381-382.
[2184] , Jesus, sein Kampf, seine Persönlichkeit und seine Legende, p. 151.
[2185] Matth., xxii, 41-45. Cf. Marc., xii, 35-37 ; Luc., xx, 41-44.
[2186] , Jésus de Nazareth, t. II, p. 302-303. Voir aussi , Les évangiles synoptiques, t. I, p. 197 et 316 : , Die Anfänge unserer Religion, 2e éd., p. 298 ; , Leben Jesu, p. 64 ; , Lehrbuch der Neutestamentlichen Theologie, 2e éd., t. I, p. 310-311 ; , Jesus und die neutestamentlichen Schriftsteller, t. II, p. 47 ; , Das Evangelium Marci, p. 97 ; , Orpheus, Histoire générale des religions, 1909, p. 329, etc.
[2187] , Von Reimarus zu Wrede : eine Geschichte der Leben-Jesu-Forschung, p. 393.
[2188] , Geschichte Jesu von Nazara, t. I, p. 326-328. Voir aussi , Die Worte Jesu, t. I, p. 202-204.
[2189] (« l’enfant terrible », comme ils l’ont surnommé), loc. cit., p. 305.
[2190] , Die Lehre Jesu, 2e éd., p. 424.
[2191] , Die Worte Jesu, t. I, p. 234.
[2192] a mis excellemment ce lait en lumière dans l’ouvrage Streitfragen zur Geschichte Jesu, 1907, p. 157-172.
[2193] Voir en particulier Matth., xii, 23-37.
[2194] Cf. Act., ii, 30-36.
[2195] Talmud, Sanhédrin, 43, a. Cf. , Essai sur l’histoire et la géographie de la Palestine…, p. 349 ; , Jesus und Hillel, 2e éd., p. 13. , Die Worte Jesu, t. I, p. 79, affirme sans raison suffisante que, dans ce texte talmudique, le mot « malkoût, royauté », désigne le gouvernement romain. Dans quel sens, en effet, Jésus en aurait-il été « proche ? »
[2196] dans , A Dictionary of Christ and the Gospels, t. II, p. 138.
[2197] , Die Lehre Jesu, 2e éd., p. 425.