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Leçon 1 – Mt 27, 1‑26

[27, 1]

2792. Plus haut, l’évangéliste a raconté ce que le Christ a souffert de la part des Juifs ; ici, il raconte ce qu’il a souffert de la part des Gentils, et il fait quatre choses : premièrement, il aborde la façon dont il a été livré aux païens ; deuxièmement, dont il a été interrogé ; troisièmement, dont il a été condamné ; quatrièmement, dont il a souffert. Le deuxième point [se trouve] en cet endroit : JÉSUS FUT AMENÉ EN PRÉSENCE DU GOUVERNEUR, etc. [27, 11] ; le troisième, en cet endroit : À CHAQUE JOUR DE FÊTE, LE GOUVERNEUR AVAIT COUTUME, etc. [27, 15] ; le quatrième, en cet endroit : ALORS LES SOLDATS DU GOUVERNEUR AMENÈRENT JÉSUS AVEC EUX DANS LE PRÉTOIRE, etc. [27, 27].

2793. À propos du premier point, [Matthieu] fait deux choses : premièrement, il raconte l’assignation en vertu de laquelle [Jésus] fut livré aux mains des Gentils ; deuxièmement, la mort et la faute de celui qui l’avait livré, en cet endroit : ALORS JUDAS, QUI L’AVAIT LIVRÉ, VOYANT QU’IL AVAIT ÉTÉ CONDAMNÉ [27, 5].

À propos du premier point, [Matthieu] fait trois choses : premièrement, il donne la raison ; deuxièmement, la façon ; troisièmement, [il raconte] le fait.

2794. La cause [de l’assignation de Jésus devant les Gentils] fut la décision prise au sujet de sa mort et, en fonction de cela, [Matthieu] aborde trois choses qui aggravaient le péché [des Juifs]. Premièrement, en raison de leur zèle. Il aborde ceci lorsqu’il dit : LE MATIN ÉTANT ARRIVÉ, ILS SE RÉUNIRENT, car, alors qu’ils s’étaient appliqués durant toute la nuit à ridiculiser [Jésus], ils se réunirent cependant au matin. Ils étaient donc bien zélés. Jb 24, 14 : Le meurtrier se lève au petit matin. [Leur péché] est aussi aggravé par leur entourage, car TOUS LES GRANDS PRÊTRES [SE RÉUNIRENT]. S’il y en avait eu un ou deux, cela aurait été excusable, mais tous se réunirent. Is 1, 6 : De la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête, on ne trouve en lui rien de sain. [Matthieu] dit donc : TOUS LES GRANDS PRÊTRES. Ez 11, 2 : Fils d’homme, ce sont des gens qui ruminent l’injustice et tiennent le pire conseil. [Leur péché] fut aussi aggravé en raison de leur cruauté, car ils auraient pu penser à bien d’autres choses, mais ils pensaient COMMENT ILS LE LIVRERAIENT À LA MORT. Pr 1, 16 : Leurs pieds courent et se pressent vers le mal afin de verser le sang.

[27, 2]

2795. Mais comment [l’assignèrent-ils] ? ILS L’AMENÈRENT LIGOTÉ. Telle était la coutume que les gens ainsi ligotés étaient amenés et signalés comme condamnés à mort. [Le Seigneur] a indiqué que, de même qu’il a détruit notre mort, de même il a défait les liens du péché par ses liens.

ILS LE LIVRÈRENT À PILATE LE GOUVERNEUR. Et pourquoi ? Il y a trois raisons. L’une tient à la lettre, car il était le vicaire de l’empereur et les Juifs n’avaient pas le droit de condamner à mort. C’est pourquoi ils disent en Jn 18, 31 : Il ne nous est pas permis de mettre à mort. Cela relevait aussi de leur intention : en effet, ils ne voulaient pas [le] mettre à mort de manière cachée, mais ouvertement, afin que le bruit s’en répandît, selon ce qu’on lit en Sg 2, 20 : Condamnons-le à la mort la plus honteuse ! La troisième raison est qu’il a voulu mourir pour tous. Il a donc voulu que tous se réunissent, Juifs comme Gentils, afin que s’accomplît cette [parole] du Ps 2, 2 : Les rois de la terre se sont levés et les dirigeants se sont rassemblés.

[27, 3]

2796. ALORS JUDAS, QUI L’AVAIT LIVRÉ, VOYANT QU’IL AVAIT ÉTÉ CONDAMNÉ, etc. Il s’agit ici du repentir et de la mort de Judas. À ce sujet, [Matthieu] fait deux choses : premièrement, il raconte [sa] trahison ; deuxièmement, ce que [Judas] a fait de l’argent reçu, en cet endroit : MAIS LES GRANDS PRÊTRES, PRENANT L’ARGENT LUI DIRENT [27, 4].

À propos du premier point, il est d’abord question du repentir [de Judas] ; deuxièmement, de son désespoir, en cet endroit : JETANT ALORS LES PIÈCES DANS LE TEMPLE, IL S’EN ALLA [27, 5].

2797. À propos du premier point, le motif est présenté ; deuxièmement, le repentir ; troisièmement, l’effet.

Le motif [est le suivant] : VOYANT ALORS QU’IL AVAIT ÉTÉ CONDAMNÉ, PRIS DE REPENTIR, IL RAPPORTA LES TRENTE PIÈCES D’ARGENT. Il se peut que Judas ait cru, en vendant [Jésus], qu’il ne serait pas tué, mais qu’il serait flagellé. C’est pourquoi, lorsque [Jésus] fut condamné, il se repentit.

2798. Mais une question se pose : lorsque [Jésus] fut livré au gouverneur, comment [Judas] a-t-il pu voir qu’il avait été condamné ? Jérôme dit qu’ » il vit cela par l’œil de son esprit, car, en voyant qu’il avait été condamné par les Juifs et livré à Pilate, il pensa que Pilate le jugerait selon leur volonté », c’est-à-dire selon celle des Juifs. Origène dit que certains ont dit que Judas, voyant qu’il (c’est-à-dire Judas lui-même) avait été condamné, celui-ci avait été amené à se repentir. Ainsi, PRIS DE REPENTIR, IL RAPPORTA LES TRENTE PIÈCES D’ARGENT. Ce repentir n’est pas un véritable repentir ; il comportait cependant quelque chose du repentir, car le repentir doit être à mi-chemin entre l’espoir et la crainte. Or, Judas avait connu la crainte et la douleur, car il se repentit d’un péché passé, mais il n’avait pas d’espérance. Tel est le repentir des impies, Sg 5, 3 : Ceux qui se repentent et gémissent dans l’angoisse de leur esprit.

2799. Et pourquoi [Judas] fut-il conduit au repentir ? Il faut remarquer qu’Origène dit qu’il arrive parfois que le Diable pousse un homme à pécher, et que parfois l’homme [s’y pousse] lui-même, mais de manière différente, car l’homme cherche à assouvir son désir, et le Diable [cherche] à le perdre. Si c’est le Diable qui s’est immiscé, l’homme [n’a donc pas péché] dès la création. Il pouvait donc se repentir. Cela va à l’encontre des manichéens, qui disent qu’il y a une double création : une bonne et une mauvaise, et que ceux qui appartiennent à la mauvaise création ne peuvent pas bien agir, et inversement. Selon eux, Judas appartenait à la mauvaise création. Comment donc pouvait-il se repentir ? Il dit donc que le fait qu’il désespéra venait seulement du fait qu’il s’était montré négligent.

[27, 4]

2800. Vient ensuite l’effet du repentir. L’effet du repentir est que le pécheur s’efforce de se corriger. Il avait péché parce qu’il avait vendu le Christ. En effet, il avait agi selon ce qu’il était. IL RAPPORTA LES TRENTE DENIERS. Premièrement, sa rétractation est présentée ; deuxièmement, son repentir, en cet endroit : J’AI PÉCHÉ EN LIVRANT UN SANG INNOCENT. IL RAPPORTA donc LES TRENTE PIÈCES D’ARGENT. Et il se rétracta en disant : J’AI PÉCHÉ, c’est-à-dire que j’ai vraiment défailli. En disant : EN LIVRANT UN SANG INNOCENT, même s’il s’exprime correctement, il ne le fait cependant pas complètement, car cela peut retomber sur un homme juste. Ainsi Jr 26, 15 [dit] : Si vous me tuez, vous livrerez un sang innocent contre vous-mêmes. Jérôme dit donc que si [Judas] avait eu une foi correcte, il n’aurait pas désespéré. En effet, il devait dire : « En livrant Dieu. » En disant : EN LIVRANT UN SANG INNOCENT, il a diminué la puissance [de celui-ci] et a montré qu’il n’avait pas une foi correcte.

2801. Puis l’entêtement des Juifs est présenté : MAIS CEUX-CI DIRENT : « QUE NOUS IMPORTE ? » [Judas] confessait ce qui était juste, mais ceux-ci disent : « QUE NOUS IMPORTE ? » Jr 8, 7 : Mon peuple n’a point reconnu le jugement du Seigneur. À TOI DE VOIR !, c’est-à-dire : « Nous ne suivons pas ta conscience. » Rémi [dit] : « “Que nous importe ?” » Tu vends d’abord, puis tu confesses ce qui est juste. Que nous importe que tu changes ainsi ta décision ? » En effet, passer du mal au bien est bon, mais [passer] du mal au mal est mauvais. Si 27, 12 : La justice demeure éternellement, mais l’insensé change comme la lune.

[27, 5]

2802. Puis le désespoir est présenté. En effet, celui qui désespère des biens temporels ne s’intéresse plus à rien. [Judas] agit ainsi : JETANT ALORS LES PIÈCES DANS LE TEMPLE, IL SE RETIRA (il ne s’intéressait plus à l’argent) ET S’EN ALLA SE PENDRE. On lit ainsi en Ac 1, 18 qu’il se pendit et éclata par le milieu. Et pourquoi ? Origène dit qu’il arrive que le Diable précipite quelqu’un dans le péché, et qu’en lui laissant de l’espace, il veut encore le précipiter dans un autre. C’est ce qu’a voulu éviter l’Apôtre lorsqu’il dit, en 2 Co 2, 7 : De crainte que cet homme-là ne sombre dans une tristesse encore plus grande. Ainsi Judas a-t-il tellement sombré qu’IL S’EN ALLA SE PENDRE. Ps 68, 16 : Que je ne sombre pas dans l’abîme ! Origène rappelle l’opinion de certains qui disaient que, parce que Judas avait entendu parler de la résurrection, il croyait aller au-devant du Christ, et que ce fut la raison pour laquelle il se pendit.

2803. Augustin cherche à savoir quand cela se produisit. Car, si on veut bien examiner la chose, on trouvera difficilement un moment avant la passion où cela aurait pu arriver, car les grands prêtres s’occupèrent toute la journée de la mort du Christ. De même, le jour suivant était le sabbat, et ils n’auraient pas pris d’argent le jour même. C’est pourquoi Augustin semble vouloir dire que cela arriva après la résurrection. Toutefois, on peut dire que, si certains approchèrent Pilate et s’occupèrent de la mort du Christ, certains étaient néanmoins demeurés dans le temple, et c’est à eux que Judas donna les trente deniers.

[27, 6]

2804. AYANT RAMASSÉ L’ARGENT, LES GRANDS PRÊTRES DIRENT, etc. [Matthieu] montre ce qu’on a fait de l’argent de Judas. Premièrement, on montre comment il a été écarté du trésor ; deuxièmement, on dit comment il a été dépensé.

[Matthieu] dit donc : AYANT RAMASSÉ L’ARGENT, LES GRANDS PRÊTRES DIRENT : « IL N’EST PAS PERMIS DE LE VERSER DANS LE TRÉSOR, etc. » Il faut noter qu’on plaçait les offrandes d’action de grâce et les dons gratuits dans le trésor. Certaines des offrandes étaient donc volontaires, et d’autres étaient des dettes : les [offrandes] volontaires étaient placées dans le trésor, et les autres ailleurs. Si 34, 23 : Le Très-Haut n’approuve pas les dons des impies. IL N’EST PAS PERMIS DE LE VERSER DANS LE TRÉSOR, CAR C’EST LE PRIX DU SANG. Et par là est confirmée la parole que le Seigneur a dite plus haut, 23, 24 : Ils avalent un chameau et filtrent un moustique. Ils ne voulaient pas verser cet argent dans le trésor, mais ils s’entretenaient volontiers de la mort du Fils de Dieu.

[27, 7]

2805. [Matthieu] raconte ensuite ce qu’on en fit. Il raconte en premier lieu le fait ; deuxièmement, ce qu’on en a fait.

Il dit : APRÈS DÉLIBÉRATION, etc. Pourquoi agirent-ils ainsi ? Il faut dire que Dieu s’est ainsi assuré que ce fait soit gardé en mémoire. Ainsi, ILS ACHETÈRENT LE CHAMP DU POTIER COMME LIEU DE SÉPULTURE POUR LES ÉTRANGERS, non pas pour ceux qui étaient leurs compatriotes, mais pour les étrangers.

Cela était approprié selon le mystère, car, par le sang du Christ, non seulement la justification était-elle accélérée, mais le repos de la mort. Ap 14, 13 : Maintenant l’Esprit dit qu’ils doivent se reposer de leurs efforts. Ou bien, il se peut que les étrangers soient ceux qui n’ont pas là leur propre demeure. Ps 119[120], 5 : Malheur à moi, car mon séjour à l’étranger a été prolongé ! Mais ceux-ci sont ensevelis avec le Christ. L’Apôtre [dit] en Rm 6, 4 : Vous êtes ensevelis avec le Christ. Ce champ est la sainte Église. Ainsi, [il est dit] plus haut, 13, 44 : Le royaume des cieux est semblable à un trésor caché dans un champ. Ce potier est le Christ. On lit ainsi en Jr 18, 6 : Comme la glaise dans la main du potier, ainsi en est-il de vous dans ma main, maison d’Israël.

[27, 8]

2806. Le fait est ensuite confirmé : premièrement, par le nom : VOILÀ POURQUOI CE CHAMP EST APPELÉ JUSQU’À CE JOUR, c’est-à-dire jusqu’au jour où cet évangile a été écrit, LE CHAMP DU SANG.

[27, 9‑10]

2807. [Matthieu] le confirme ensuite par une autorité : ALORS S’ACCOMPLIT CE QUI A ÉTÉ DIT PAR LE PROPHÈTE JÉRÉMIE.

Mais une question se pose : pourquoi [Matthieu] dit-il : CE QUI A ÉTÉ DIT PAR LE PROPHÈTE JÉRÉMIE, alors que les paroles, telles qu’on les trouve là, n’existent pas dans toute l’Écriture ? On lit cependant quelque chose de semblable en Za 11, 12 : Ils pesèrent mon salaire : trente pièces d’argent ! La question est donc de savoir pourquoi on attribue cela à Jérémie, alors que cela a été dit par Zacharie. Augustin dit qu’on trouve ailleurs que cela a été écrit par un prophète, et non par Jérémie, mais il semble toutefois que ce prophète soit Jérémie, comme on le lit dans le texte. Jérôme donne une solution : les prophètes ont écrit certains livres qui ont été canonisés chez les Juifs. Il y a donc certains livres des prophètes qui ne font pas partie du canon de la Bible, comme Jude en nomme certains dans sa lettre canonique, et même tous les apôtres les ont aussi reçus. Il dit ainsi que quelqu’un lui a apporté un livre de Jérémie dans lequel ces paroles sont écrites mot à mot, et que l’évangéliste a écrit selon ce qu’il a trouvé dans l’apocryphe.

2808. Augustin donne la solution [suivante] : il arrive parfois qu’en voulant donner le nom d’un auteur, se présente le nom d’un autre. Il se peut donc que voulant écrire Zacharie, [Matthieu] ait écrit Jérémie. Mais ceux qui connaissaient la loi étaient alors nombreux : pourquoi ne l’ont-ils pas corrigé ? Parce qu’ils croyaient que cela avait été dicté par Dieu, car tous les prophètes ont parlé par l’Esprit Saint, et les paroles d’un prophètes ne sont efficaces que par l’Esprit Saint. Afin donc d’insinuer ce mystère, on ne l’a pas corrigé. Une autre solution qu’il suggère est que, bien ce ne soient pas les paroles de Jérémie, on trouve cependant chez lui un fait semblable. On lit ainsi, en Jr 32, 6s, qu’il reçut l’ordre d’acheter un champ.

2809. Ou bien, l’Esprit Saint a suggéré à Matthieu le même fait qu’à Jérémie. Mais, si nous le voulons, nous pouvons accepter les paroles de Jérôme, dans son livre sur la meilleure façon d’interpréter, où il dit qu’ » on ne peut attribuer à un disciple du Christ aucun signe de fausseté : en effet, la fonction d’un bon interprète n’est pas de considérer les mots, mais le sens ». Ainsi, [Matthieu] a-t-il donné le sens de certaines choses écrites par Jérémie et de certaines [écrites] par Zacharie, comme on lit en Marc qu’il a attribué une autorité à Isaïe, alors qu’une partie était de Malachie et une autre d’Isaïe. De même Matthieu a-t-il combiné deux phrases, dont l’une a été écrite par Zacharie et l’autre par Jérémie, 32, 6. En effet, ce qu’on lit chez Zacharie, à savoir qu’ils lui donnèrent (c’est-à-dire lui enlevèrent) trente pièces d’argent, ne se trouve pas chez Jérémie ; mais [s’y trouve] le fait qu’on ait acheté un champ, ce qui indiquait le fait pour tout le peuple. Comme me l’a ordonné le Seigneur : cela se lit expressément là où [le Seigneur] a ordonné à Jérémie d’acheter un champ. Ainsi, on trouve la première partie chez Zacharie, et la seconde chez Jérémie.

[27, 11]

2810. JÉSUS FUT AMENÉ EN PRÉSENCE DU GOUVERNEUR, ET LE GOUVERNEUR L’INTERROGEA. L’évangéliste a raconté plus haut comment le Seigneur a été livré aux mains des Gentils ; ici, il traite de l’enquête, et, à ce propos, il fait trois choses : premièrement, il raconte comment [le Seigneur] est mis en présence d’un juge terrestre ; deuxièmement, comment il est interrogé ; troisièmement, comment il est accusé.

[Matthieu] dit donc qu’on a déjà parlé de la manière dont Judas avait livré Jésus. JÉSUS FUT donc AMENÉ EN PRÉSENCE DU GOUVERNEUR, à savoir, comme un coupable et un accusé. Jb 36, 17 : Ta cause a été jugée comme celle d’un impie, et tu accepteras ta cause et ton jugement. Car, par cela, [Jésus] a mérité d’être le juge des vivants et des morts.

2811. Puis vient l’interrogation. Premièrement, l’interrogation est présentée ; deuxièmement, la réponse, en cet endroit : JÉSUS LUI DIT [27, 11].

Les grands prêtres l’accusaient de beaucoup de choses, à savoir, de renverser la loi et de se dire roi. Pilate ne se soucia pas de s’enquérir de la transgression de la loi, mais plutôt de ce qui semblait atteindre sa majesté, à savoir : TU ES LE ROI DES JUIFS ? Car on lit en Jn 19, 12 : Quiconque se dit roi va à l’encontre de César.

2812. Vient ensuite la réponse : JÉSUS LUI RÉPONDIT : « TU LE DIS. » Jérôme dit que le Christ adoucit à ce point son discours qu’il n’affirme pas ni ne nie, mais dit : TU LE DIS. Pr 17, 27 : Celui qui adoucit ses paroles est prudent. Remarque aussi, selon Hilaire, que plus haut, 27, 63, au roi des Juifs qui lui demandait : ES-TU LE CHRIST, LE FILS DE DIEU ?, Jésus répondit : TU L’AS DIT. Il répond par le passé, mais, lorsqu’il répond à un Gentil, il répond au présent. Cela signifie que la confession du Christ par la Judée est chose du passé, car elle a été faite par les prophètes. Jr 33, 5 : Le roi régnera et sera sage. Mais, en parlant à un Gentil, [Jésus] dit : TU LE DIS, parce que les Gentils [le] confessaient.

[27, 12]

2813. Ensuite, il est question de l’accusation. Premièrement, l’accusation est présentée ; deuxièmement, l’incitation à répondre, en cet endroit : ALORS PILATE LUI DIT [27, 13].

[Matthieu] dit donc : TANDIS QU’IL ÉTAIT ACCUSÉ PAR LES GRANDS PRÊTRES, IL NE RÉPONDAIT RIEN. Matthieu garde le silence au sujet des accusations, mais Luc en parle en 23, 1s. Telle est la coutume des évangélistes : ce que l’un omet, l’autre le raconte. On dit donc à cet endroit qu’il séduisait les foules, etc., et qu’il interdisait de verser le tribut à César. [On affirmait] aussi qu’il se disait roi. Or, cela était faux compte tenu de son intention, car ils entendaient cela d’un royaume temporel. Mais [Jésus] dit en Jn 18, 36 : Mon royaume n’est pas de ce monde. Mais le Christ NE RÉPONDAIT RIEN. Alors s’accomplit ce qui est dit par Is 53, 7 : Il se tait comme un agneau devant ceux qui le tondent, et il n’ouvrira pas la bouche. Et en [Is] 42, 2 : Vous n’entendrez pas sa voix au dehors.

[27, 13]

2814. ALORS PILATE LUI DIT. À partir de ce moment, Pilate cherchait à le libérer. Il essayait donc de le faire répondre. Il disait ainsi : N’ENTENDS-TU PAS TOUS LES TÉMOIGNAGES QU’ON DONNE CONTRE TOI ?

En premier lieu, l’incitation [à parler] est présentée : N’ENTENDS-TU PAS, etc. ? [Pilate] disait cela parce qu’il voulait le relâcher, car ses accusateurs étaient aussi les témoins. Mais Jésus ne voulut pas répondre. Pourquoi ne répondait-il pas ? Du point de vue du Christ, la raison peut avoir été qu’il ne voulait pas refuser sa passion : en effet, il aurait pu la refuser en parlant. Il ne voulait donc pas parler. Il s’est offert parce qu’il l’a voulu, Is 53, 7. De même, [il se taisait] afin de nous donner un exemple, car alors qu’on lui adressait des malédictions, lui n’adressait pas de malédictions. C’était aussi parce que les Juifs avaient vu tant de signes qu’ils auraient pu se convertir. Il les jugeait donc indignes. Si 32, 6 : Là où on n’écoute pas, ne verse pas ta parole ! Il faut remarquer qu’il parle sur beaucoup de sujets et que sur beaucoup il se tait, parce que s’il parlait toujours, il se justifierait, et s’il se taisait toujours, il paraîtrait entêté. Parfois donc il répond à Pilate, et parfois non. Mais aux Juifs il ne répond jamais, car Pilate était dans l’ignorance : il disait donc parfois la vérité ; mais les Juifs étaient obstinés.

[27, 14]

2815. Puis est présenté l’étonnement de Pilate : SI BIEN QUE LE GOUVERNEUR ÉTAIT FORT ÉTONNÉ. Et pourquoi était-il étonné ? Parce qu’il avait entendu dire que [Jésus] parlait beaucoup, et c’est ce que dit David, Ps 37[38], 14 : Moi, je n’entendais pas, comme si j’étais sourd, et comme un muet je n’ouvrais pas la bouche, c’est-à-dire comme si j’étais ignorant. Remarquez qu’il dit : FORT [ÉTONNÉ]. En effet, qu’un sage ne réponde pas, cela est étonnant ; mais qu’en une telle cause, où l’on décide de [sa] mort, il ne réponde pas, cela est très étonnant. [Pilate était aussi très étonné] parce qu’il voyait que [Jésus] n’était pas effrayé, car, dans un tel cas, les hommes ont aussi coutume d’être terrifiés.

[27, 15]

2816. Puis, il est question de la condamnation. Premièrement, les divers efforts de ceux qui voulaient l’épargner sont présentés ; deuxièmement, les efforts de ceux qui voulaient le voir condamner, en cet endroit : CEPENDANT, LES GRANDS PRÊTRES ET LES ANCIENS PERSUADÈRENT LES FOULES DE DEMANDER BARABBAS ; troisièmement, la condamnation, en cet endroit : ALORS IL LEUR RELÂCHA BARABBAS [27, 26].

À propos du premier point, [Matthieu] présente d’abord les efforts de Pilate pour libérer [Jésus] ; deuxièmement, l’effort des grands prêtres pour le faire condamner.

À propos du premier point, [Matthieu] présente certaines possibilités ; deuxièmement, il traite de sa libération ; troisièmement, il en donne la cause. Le second point [se trouve] en cet endroit : APRÈS LES AVOIR RASSEMBLÉS, PILATE DIT [27, 17] ; le troisième, en cet endroit : EN EFFET, IL SAVAIT QUE C’ÉTAIT PAR JALOUSIE QU’ILS L’AVAIENT LIVRÉ [27, 18].

2817. Dans la première partie, [Matthieu] présente deux possibilités. Il dit donc : À CHAQUE FÊTE, LE GOUVERNEUR AVAIT COUTUME DE RELÂCHER POUR LE PEUPLE UN PRISONNIER. Cette coutume ne venait pas de la loi impériale, mais de sa volonté, afin de s’attacher davantage le peuple, car, lors d’une fête, [celui-ci] devait être plus joyeux et il ne voulait pas qu’il y ait une raison d’être triste ce jour-là. Ainsi, à Rome, le jour où l’empereur faisait son entrée, personne n’était condamné à mort. Aussi, il venait d’être nommé préfet ; il voulait donc que le peuple s’attache à lui. On lit toutefois quelque chose de semblable dans l’Ancien Testament, à savoir, que Saül libéra Jonathan, qui avait été condamné à mort, 1 R [1 Sm] 14, 44s.

[27, 16]

2818. Ensuite, [Matthieu] présente l’occasion fournie par un prisonnier appelé Barabbas, ce qui veut dire « fils du père », à savoir, du Diable. Jn 8, 44 : Vous, vous venez de votre père, le Diable.

[27, 17]

2819. APRÈS LES AVOIR RASSEMBLÉS, PILATE DIT : « QUI VOULEZ-VOUS QUE JE VOUS RELÂCHE ? » Ici, Pilate va à l’encontre de la coutume des Juifs, car il n’avait pas l’habitude de leur demander ; c’étaient plutôt eux qui lui demandaient. Mais il faisait cela parce qu’il cherchait à renvoyer [Jésus], et il semble y inciter, car il lui semblait qu’ils devraient choisir le Christ plutôt que Barabbas, puisque celui-ci était coupable de lèse-majesté et avait nui à un grand nombre. De même, [il y incitait] par le fait de nommer le Christ : OU JÉSUS, QUE L’ON APPELLE LE CHRIST ? Christ veut dire « Oint ». Il l’appelait donc roi. Il croyait ainsi qu’ils devaient accueillir le Christ. Si 15, 18 : La vie et la mort sont placées devant l’homme. Ainsi Pilate a-t-il placé devant eux le bien et le mal, et ceux-ci ont choisi le mal, parce que le mal les suit partout.

[27, 18]

2820. Ensuite, [Matthieu] présente la raison : EN EFFET, IL SAVAIT QUE C’ÉTAIT PAR JALOUSIE QU’ILS L’AVAIENT LIVRÉ. Et comment le savait-il ? En effet, il avait entendu beaucoup de bien à son sujet et il voyait qu’il était courageux. Ainsi, IL SAVAIT QUE C’ÉTAIT PAR JALOUSIE QU’ILS L’AVAIENT LIVRÉ. Car, de même que la jalousie du Diable a été l’ennemie du premier homme, de même leur jalousie devait-elle être l’ennemie du Christ. C’est ainsi que Joseph a été livré par ses frères par jalousie, Gn 37, 28.

[27, 19]

2821. ALORS QU’IL SIÉGEAIT AU TRIBUNAL, SA FEMME LUI FIT DIRE. Plus haut, l’évangéliste a présenté une raison pour laquelle Pilate s’efforçait de renvoyer [Jésus] ; mais ici, il présente une autre raison, à savoir, l’avertissement de sa femme.

Premièrement, l’avertissement est présenté ; deuxièmement, la raison de l’avertissement, en cet endroit : CAR AUJOURD’HUI J’AI ÉTÉ TRÈS AFFECTÉE PAR UN SONGE À CAUSE DE LUI.

2822. ALORS QU’IL SIÉGEAIT AU TRIBUNAL. Comme le dit une glose, « le tribunal est le siège des juges ». Pr 20, 8 : Le roi qui siège sur son trône dissipe tout mal par son regard. La chaire appartient en propre aux docteurs, plus haut, 23, 2 : Les scribes et les Pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse. Et on parle [de tribunal] en rapport avec les tribuns, car les tribuns ont d’abord été élus à Rome pour rendre la justice. [Matthieu] dit : AU TRIBUNAL. C’est là une façon grecque de parler, car [le mot utilisé], pro, signifie parfois devant, comme lorsqu’on dit que l’armée est devant [pro] le retranchement, et parfois dans [le retranchement]. Ainsi, AU TRIBUNAL, c’est-à-dire dans le tribunal.

2823. SA FEMME LUI FIT DIRE. Cette femme était une païenne, et elle indique l’Église des Gentils qui a accueilli le Christ, comme en 1 Co 1. NE T’OCCUPE PAS DE CE JUSTE, c’est-à-dire qu’ » il ne t’appartient pas de juger ; c’est plutôt lui qui doit être ton juge. » Ac 10, 42 : Lui qui a été établi comme juge pour les vivants et pour les morts.

CAR AUJOURD’HUI J’AI ÉTÉ TRÈS AFFECTÉE PAR UN SONGE À CAUSE DE LUI. Ici est présentée la raison. C’est une manière de parler : en effet, lorsque quelqu’un est soustrait à ses sens, certaines choses lui apparaissent en imagination, et on a l’habitude de mettre la vision en rapport avec ce qui apparaît alors qu’on est étranger à ses sens. Cela se produit parfois à l’état de veille, et parfois pendant le sommeil. Lorsque cela arrive à l’état de veille, on dit que c’est une vision. Ainsi, il est dit en Nb 12, 6 : S’il y a un prophète du Seigneur parmi vous, je lui apparaîtrai dans une vision ou je lui parlerai pendant son sommeil. Ici, on parle de prophète dans les deux cas. Il faut remarquer que, parfois, la cause de ceci est [une cause] corporelle intrinsèque, comme lorsque le sang est trop abondant, survient une apparition d’[objets] rouges, et ainsi de suite pour les autres [conditions]. Mais parfois, cela vient d’une [cause] extrinsèque, comme lorsque, à cause du froid, quelqu’un rêve qu’il se trouve dans la neige. Mais parfois, cela vient d’une cause spirituelle, soit de Dieu par l’intermédiaire d’un ange bon (à ce propos, Jb 33, 15 [dit] : Il ouvre les oreilles des vivants par un songe au cours d’une vision nocturne), et cela est bon et comporte une vérité. Toutefois, on ne doit pas y accorder trop confiance. Si 34, 7 : Ne livre pas ton cœur à ces choses, car les songes en ont induit beaucoup en erreur. Mais parfois, cela vient des démons, qui peuvent faire pression sur l’imagination, puisqu’elle est une puissance corporelle. C’est pourquoi les divinations et les choses de ce genre sont interdites dans la loi. Dt 18, 10 : Qu’on n’en trouve pas chez toi qui examine les songes et les augures, etc.

2824. On peut dire de la présente vision qu’elle venait de Dieu par l’intermédiaire des anges bons ou du Diable, car son but était de faire obstacle à la passion : en effet, c’est un péché de meurtre qui se commettait dans la passion. Et ainsi, [le songe] se faisait par l’intermédiaire d’anges bons. Mais la passion produit un fruit. C’est ainsi que le Diable, voyant que [Jésus] était Dieu et craignant d’être dépouillé de son pouvoir par la passion, de même qu’il avait mis dans l’esprit de Judas de livrer [le Christ], de même voulait-il maintenant empêcher [qu’il soit tué], non pas parce qu’il voulait empêcher un péché, mais plutôt pour [empêcher] le fruit de la passion.

[27, 20]

2825. Ensuite, [Matthieu] présente les efforts des Juifs qui voulaient tuer le Christ : CEPENDANT, LES GRANDS PRÊTRES ET LES ANCIENS PERSUADÈRENT LES FOULES DE DEMANDER BARABBAS. En effet, dans les deux cas, ils se montrent détestables, car ils étaient des chefs qui devaient corriger les autres. Pr 17, 15 : Celui qui justifie l’injustice est abominable ; de même, ils étaient des anciens. Dn 13, 5 : L’injustice vient des anciens du peuple.

[27, 21]

2826. PRENANT LA PAROLE, LE GOUVERNEUR LEUR DIT. Ici est présenté l’effort que fait Pilate pour renvoyer [Jésus]. Premièrement, [Matthieu] montre quelles paroles il a employées en vue de la libération ; deuxièmement, quels gestes, en cet endroit : VOYANT ALORS QU’IL N’ABOUTISSAIT À RIEN [27, 24].

[Pilate] s’est efforcé de le libérer de trois façons : premièrement, par une comparaison ; deuxièmement, en raison de la dignité [de Jésus] ; troisièmement, de son innocence.

Par une comparaison, car [Pilate] le compara à un malfaiteur, en répondant à la demande du peuple ou aux grands prêtres qui l’incitaient [à mettre Jésus à mort] : « LEQUEL DES DEUX VOULEZ-VOUS QUE JE VOUS RELÂCHE ? » ILS DIRENT : « BARABBAS. » C’est ce que Pierre reproche au peuple en Ac 3, 13, en parlant du Christ : Celui que vous avez livré et renié devant Pilate qui voulait le relâcher, vous, vous avez renié celui qui était saint et juste, et vous avez demandé qu’un meurtrier vous soit livré, etc.

[27, 22]

2827. PILATE LEUR DIT DONC : « MAIS QUE FERAI-JE DONC DE JÉSUS, QU’ON APPELLE LE CHRIST ? » Ici, [Pilate] allègue la dignité [de Jésus] : QUE FERAI-JE DE JÉSUS ?, comme s’il disait : « Vous commettrez une faute si vous le tuez. » QU’ON APPELLE LE CHRIST. Mais ceux-ci ne purent pas être atteints par la crainte ; bien au contraire, ils disent tous : « QU’IL SOIT CRUCIFIÉ ! » C’était la mort la plus honteuse. Ainsi s’accomplit ce que dit Sg 2, 20 : Condamnons-le à la mort la plus honteuse ! Is 3, 8 : Leur langue et leurs inventions s’opposent au Seigneur.

[27, 23]

2828. MAIS LE GOUVERNEUR LEUR DIT : « QUEL MAL A-T-IL DONC FAIT ? » Ici, [le gouverneur] allègue l’innocence [de Jésus], avec l’intention de le libérer, comme s’il recourait à ce qui est dit en Jr 2, 5 : Quelle injustice vos pères ont-ils trouvée en moi ? Et Jn 8, 46 : Qui d’entre vous me convaincra de péché ?

MAIS IL CRIAIENT PLUS FORT : « QU’IL SOIT CRUCIFIÉ ! » Ils ne pouvaient donc être fléchis, selon ce que dit Jr 8, 5 : Ils se sont engagés dans le mensonge et n’ont pas voulu en revenir. Ils s’entêtaient donc dans la méchanceté.

[27, 24]

2829. PILATE, VOYANT ALORS QU’IL N’ABOUTISSAIT À RIEN. Ici, [Pilate] recherche la libération [de Jésus] par un geste : premièrement, le geste est présenté ; deuxièmement, l’obligation faite par le peuple de condamner [Jésus].

[Matthieu] dit : PILATE, VOYANT ALORS QU’IL N’ABOUTISSAIT À RIEN. Par cela, il laisse entendre qu’il a dit beaucoup d’autres choses, mais que cela n’avait servi à rien. PILATE PRIT DE L’EAU ET SE LAVA LES MAINS. C’était la coutume que, lorsque quelqu’un voulait montrer qu’il était innocent, il se lavait les mains. C’est ce que [Pilate] fait. Il dit donc : JE SUIS INNOCENT DU SANG DE CE JUSTE, etc. De la même façon, on lit en Ps 25, 6 : Je me laverai les mains au milieu des innocents. Et vraiment, [Pilate] aurait été innocent s’il avait persisté dans la sentence par laquelle il déclarait que [Jésus] était juste. À VOUS DE VOIR !, à savoir, ce qui doit vous arriver. Ainsi, il est dit en Jn 18, 31 : Prenez-le vous-mêmes, et jugez-le selon votre loi !

[27, 25]

2830. Suit alors l’obligation de le condamner : QUE SON SANG RETOMBE SUR NOUS ET SUR NOS ENFANTS ! Et il arrivera ainsi que le sang du Christ sera réclamé par eux jusqu’à aujourd’hui, et ce qui a été dit en Gn 4, 10 leur convient bien : Le sang de ton frère Abel crie vers moi depuis la terre. Mais le sang du Christ est plus efficace que le sang d’Abel. L’Apôtre [dit], He 12, 24 : Nous avons un sang qui crie plus fort que le sang d’Abel. Jr 26, 15 : En vérité, si vous me tuez, vous échangerez un sang innocent contre vous-mêmes.

[27, 26]

2831. ALORS IL LEUR RELÂCHA BARABBAS. RELÂCHA, c’est-à-dire qu’il le libéra de la sentence de mort.

QUANT À JÉSUS, APRÈS L’AVOIR FAIT FLAGELLER, IL LE LEUR LIVRA POUR ÊTRE CRUCIFIÉ. Et pourquoi l’avoir fait flageller ? Jérôme dit que c’était la coutume des Romains que le condamné à mort soit d’abord flagellé. Et comme il est dit en Jn 19, 1, [Pilate] lui-même le flagella. S’accomplit donc en lui ce qu’on lit en Ps 37, 18 : Je me prépare au fouet. Certains disent que [Pilate] l’a flagellé afin de susciter leur pitié et qu’ils le relâchent après qu’il eut été flagellé.

 

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