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Chapitre II LA PARTICIPATION DES FIDÈLES LAÏCS À LA CÉLÉBRATION DE L’EUCHARISTIE
1. UNE PARTICIPATION ACTIVE ET CONSCIENTE
36 La célébration de la Messe, en tant qu’action du Christ et de l’Église, est le centre de toute la vie chrétienne pour l’Église aussi bien universelle que particulière, et pour chacun des fidèles,[87] "qu’elle atteint de façon diverse, selon la diversité des ordres, des fonctions et de leur participation effective.[88] De cette manière, le peuple chrétien, "race élue, sacerdoce royal, nation sainte, peuple racheté"[89] manifeste sa cohésion et son organisation hiérarchique".[90] "Le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel ou hiérarchique, bien qu’il y ait entre eux une différence essentielle et non seulement de degré, sont cependant ordonnés l’un à l’autre ; l’un et l’autre, en effet, chacun selon son mode propre, participent de l’unique sacerdoce du Christ".[91]
37 Par le baptême, tous les fidèles du Christ sont libérés de leurs péchés et incorporés dans l’Église ; ils sont donc députés, par le caractère imprimé en eux par le baptême, au culte de la religion chrétienne,[92] pour que en vertu de leur sacerdoce royal,[93] en persévérant dans la prière et en louant Dieu,[94] ils offrent leurs personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu, confirmant une telle offrande par toutes leurs œuvres.[95] Ils rendent témoignage au Christ partout dans le monde, et, devant tous ceux qui le leur demandent, ils n’hésitent pas à rendre compte de l’espérance de la vie éternelle qui est en eux.[96] Par conséquent, même la participation des fidèles laïcs à la célébration de l’Eucharistie et des autres rites de l’Église ne peut pas équivaloir à une simple présence, qui plus est passive, mais elle doit être considérée comme un véritable exercice de la foi et de la dignité baptismale.
38 La doctrine constante de l’Église sur la nature, non seulement conviviale, mais aussi et avant tout sacrificielle de l’Eucharistie doit être à juste titre considérée comme l’une des principales clefs de la pleine participation de tous les fidèles à un si grand Sacrement.[97] "Privé de sa valeur sacrificielle, le Mystère eucharistique est considéré comme s’il n’allait pas au-delà du sens et de la valeur d’une rencontre conviviale et fraternelle".[98]
39 Pour promouvoir et manifester la participation active des fidèles, le renouveau récent des livres liturgiques a favorisé, selon les intentions du Concile, les acclamations du peuple, les réponses, la psalmodie, les antiennes, les chants, de même que les actions ou les gestes, et les attitudes corporelles, et il a pris soin de faire observer en temps voulu le silence sacré, en prévoyant aussi, dans les rubriques, les parties qui reviennent aux fidèles.[99] De plus, un large espace est laissé à une liberté d’adaptation opportune, qui est fondée sur le principe que chaque célébration doit être adaptée aux besoins des participants, ainsi qu’à leur capacité, leur préparation intérieure et leur génie propre, selon les facultés établies par les normes liturgiques. Dans chaque célébration, il existe d’amples possibilités d’introduire une certaine variété dans le choix des chants, des mélodies, des oraisons et des lectures bibliques, ainsi que dans le cadre de l’homélie, dans la préparation de la prière des fidèles, dans les monitions qui sont parfois prononcées, et dans l’ornementation de l’église en fonction des temps liturgiques. Ces éléments doivent contribuer à mettre en évidence plus clairement les richesses de la tradition liturgique, et, tout en tenant compte des nécessités pastorales, à conférer avec soin une connotation particulière à la célébration, dans le but de favoriser la participation intérieure. Cependant, il faut se souvenir que l’efficacité des actions liturgiques ne réside pas dans les changements fréquents des rites, mais en vérité dans l’approfondissement de la parole de Dieu et du mystère célébré.[100]
40 Cependant, bien qu’il soit incontestable que la célébration de la liturgie se caractérise par la participation active de tous les fidèles, il ne s’ensuit pas pour autant qu’il soit nécessaire que tous doivent, au sens matériel, faire autre chose que les gestes et les attitudes corporelles, qui sont prévus, comme si chacun devait nécessairement assumer une fonction spécifique dans le domaine liturgique. Il faut plutôt faire en sorte que la formation catéchétique veille attentivement à corriger les notions et les pratiques superficielles qui se sont diffusées à ce propos dans certains lieux, au cours des dernières années, et qu’elle prenne soin de raviver sans cesse chez les fidèles un sens rénové de profonde admiration envers le caractère sublime de ce mystère de foi, qu’est l’Eucharistie. De fait, en célébrant l’Eucharistie, l’Église passe sans cesse "de ce qui est ancien vers ce qui est nouveau".[101] En effet, dans la célébration de l’Eucharistie, de même que dans toute la vie chrétienne, qui y puise sa force et qui tend vers elle, l’Église, comme l’Apôtre saint Thomas, se prosterne, adorant le Seigneur crucifié, mort, enseveli et ressuscité "dans la plénitude de sa splendeur divine, et elle s’exclame en permanence : "mon Seigneur et mon Dieu !"".[102]
41 Pour susciter, promouvoir et faire grandir ce sens intérieur de la participation liturgique, la célébration assidue et prolongée de la Liturgie des Heures s’avère très utile, de même que l’usage des sacramentaux et les exercices de la piété populaire chrétienne. Ces pratiques de piété, "qui, bien que ne relevant pas en droit strict de la sainte Liturgie, revêtent une particulière dignité et importance", sont à conserver du fait de leur lien avec l’organisation liturgique, surtout lorsqu’elles jouissent des approbations et des louanges du Magistère lui-même ;[103] cela vaut en particulier pour la prière mariale du Rosaire.[104] De plus, puisque ces pratiques de piété conduisent le peuple chrétien à la fréquentation des sacrements, en particulier de l’Eucharistie, "comme à la méditation des mystères de notre Rédemption ou à l’imitation des grands exemples des saints, ils contribuent par cela même, non sans fruits salutaires, à nous rendre participants du culte liturgique".[105]
42 Il est nécessaire de reconnaître que l’Église ne se forme pas par une décision humaine, mais qu’elle est convoquée par Dieu dans l’Esprit Saint et qu’elle répond par la foi à son appel gratuit : en effet, le mot ekklesia est en rapport avec klesis, qui signifie "appel".[106] On ne peut donc pas considérer le Sacrifice eucharistique dans le sens univoque de "concélébration" du prêtre avec le peuple qui est présent.[107] Au contraire, l’Eucharistie célébrée par les prêtres est un don "qui dépasse radicalement le pouvoir de l’assemblée [...]. Pour être véritablement une assemblée eucharistique, la communauté qui se réunit pour la célébration de l’Eucharistie a absolument besoin d’un prêtre ordonné qui la préside. D’autre part, la communauté n’est pas en mesure de se donner à elle-même son ministre ordonné".[108] Il est nécessaire et urgent de tout mettre en œuvre pour écarter toute ambiguïté dans ce domaine, et apporter un remède aux difficultés qui ont surgi ces dernières années. Ainsi, il ne faut employer qu’avec prudence des expressions telles que "communauté célébrante" ou "assemblée célébrante", qui sont traduites dans d’autres langues modernes par "celebrating assembly", "asamblea celebrante", "assemblea celebrante", et d’autres de ce genre.
2. LES FONCTIONS DES FIDÈLES LAÏCS DANS LA CÉLÉBRATION DE LA SAINTE MESSE
43 Pour le bien de la communauté et de toute l’Église de Dieu, il est juste et louable que, parmi les fidèles laïcs, quelques-uns exercent, selon la tradition, certaines fonctions dans le cadre de la célébration de la sainte Liturgie.[109] Il convient que plusieurs personnes se répartissent entre elles les diverses fonctions à accomplir, ou les différentes parties d’une même fonction.[110]
44 En plus des ministères institués de l’acolytat et du lectorat,[111] parmi les fonctions particulières, mentionnées ci-dessus, les plus importantes sont celles de l’acolyte[112] et du lecteur[113], députés à titre temporaire, auxquelles s’ajoutent les autres fonctions qui sont décrites dans le Missel Romain[114], et aussi les fonctions de préparer les hosties, de laver les linges liturgiques, et d’autres semblables. Pour que la liturgie de l’Église se déroule d’une manière digne et convenable, tous, "ministres ordonnés ou fidèles laïcs, en accomplissant leur ministère ou leur fonction, doivent faire tout ce qui leur revient, et cela seulement",[115] autant dans la célébration liturgique elle-même que dans sa préparation.
45 Il faut éviter le danger d’obscurcir la complémentarité entre l’action des clercs et celle des laïcs, afin que le rôle des laïcs ne subisse pas, comme on dit, une sorte de "cléricalisation", et que, de leur côté, les ministres sacrés n’assument pas indûment ce qui relève en propre de la vie et de l’action des fidèles laïcs.[116]
46 Le fidèle laïc, appelé à prêter son concours dans les célébrations liturgiques, doit être dûment préparé, et se recommander par sa vie chrétienne, sa foi, sa conduite morale et sa fidélité envers le Magistère de l’Église. Il convient qu’il ait reçu une formation liturgique adaptée à son âge, sa condition, son genre de vie et son degré de culture religieuse.[117] On ne choisira personne dont la désignation puisse provoquer l’étonnement des fidèles.[118]
47 Il est tout à fait louable que se maintienne la coutume insigne que soient présents des enfants ou des jeunes - dénommés habituellement "servants d’autel" ou "enfants de chœur" - qui servent à l’autel comme acolytes, et reçoivent, selon leurs capacités, une catéchèse utile, adaptée à leur service.[119] On ne doit pas oublier que, du nombre de ces enfants, qui servent à l’autel, a surgi, au long des siècles, une multitude de ministres sacrés.[120] Afin de pourvoir plus efficacement aux besoins pastoraux de ces servants d’autel, il est nécessaire d’instituer et de promouvoir pour eux des associations, en faisant même appel à la participation et à l’aide de leurs parents. Quand des associations de ce genre acquièrent une dimension internationale, il revient à la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements de les ériger, ou d’approuver et de reconnaître leurs statuts.[121] Les filles ou les femmes peuvent être admises à ce service de l’autel, au jugement de l’Évêque diocésain ; dans ce cas, il faut suivre les normes établies à ce sujet.[122]
Chapitre III LA CÉLÉBRATION CORRECTE DE LA SAINTE MESSE
1. LA MATIÈRE DE LA TRÈS SAINTE EUCHARISTIE
48 Le saint Sacrifice eucharistique doit être célébré avec du pain azyme, de pur froment et confectionné récemment en sorte qu’il n’y ait aucun risque de corruption.[123] Par conséquent, le pain fabriqué avec une autre matière, même s’il s’agit d’une céréale, ou le pain, auquel on a ajouté une autre matière que le froment, dans une quantité tellement importante que, selon l’opinion commune, on ne peut pas le considérer comme du pain de froment, ne constitue pas la matière valide de la célébration du Sacrifice et du Sacrement de l’Eucharistie.[124] Le fait d’introduire d’autres substances dans la fabrication du pain destiné à l’Eucharistie, telles que des fruits, du sucre ou du miel, constitue un grave abus. Il est évident que les hosties doivent être fabriquées par des personnes qui, non seulement se distinguent par leur intégrité, mais encore sont compétentes dans ce domaine, et emploient les instruments appropriés.[125]
49 En raison du signe qui est exprimé, il convient que certaines parties du pain eucharistique, obtenues au moment de sa fraction, soient distribuées au moins à quelques fidèles au moment de la Communion. "Cependant, on n’exclut aucunement les petites hosties quand le nombre des communiants et d’autres motifs pastoraux exigent leur emploi",[126] et bien plus, il est d’usage d’avoir recours pour une grande part à des petites hosties, qui ne requièrent pas de fraction ultérieure.
50 Le saint Sacrifice eucharistique doit être célébré avec du vin naturel de raisins, pur et non corrompu, sans mélange de substances étrangères.[127] Durant la célébration de la Messe elle-même, on doit ajouter un peu d’eau au vin. Il faut prendre soin de conserver en parfait état le vin destiné à l’Eucharistie, et de veiller à ce qu’il ne s’aigrisse pas.[128] Il est absolument interdit d’utiliser du vin dont l’authenticité et la provenance seraient douteuses : en effet, l’Église exige la certitude au sujet des conditions nécessaires pour la validité des sacrements. Aucun prétexte ne peut justifier le recours à d’autres boissons, quelles qu’elles soient, qui ne constituent pas une matière valide.
2. LA PRIÈRE EUCHARISTIQUE
51 On doit utiliser seulement les Prières eucharistiques contenues dans le Missel Romain ou légitimement approuvées par le Siège Apostolique, selon les modalités et dans les limites qu’il a fixées. "On ne peut tolérer que certains prêtres s’arrogent le droit de composer des Prières eucharistiques"[129] ou qu’ils modifient le texte approuvé par l’Église, ou encore qu’ils adoptent d’autres Prières eucharistiques, dues à la composition privée.[130]
52 La proclamation de la Prière eucharistique, qui, par nature, est le sommet de toute la célébration, est réservée au prêtre en vertu de son ordination. Ainsi, c’est un abus de faire dire certaines parties de la Prière eucharistique par un diacre, par un ministre laïc, ou bien par un fidèle ou par tous les fidèles ensemble. C’est pourquoi la Prière eucharistique doit être dite entièrement par le prêtre, et par lui seul.[131]
53 Pendant que le prêtre célébrant prononce la Prière eucharistique, "il n’y aura pas d’autres prières, ni d’autres chants ; de même, l’orgue et les autres instruments de musique resteront silencieux",[132] à l’exception des acclamations du peuple dûment approuvées, dont il est fait mention ci-après.
54 Cependant, le peuple participe toujours activement, et il n’est donc jamais tout à fait passif : "en effet, le peuple s’associe au prêtre dans la foi et en silence, ainsi que par les interventions établies dans le cours de la Prière eucharistique : les réponses au dialogue de la Préface, le Sanctus, l’acclamation après la consécration et l’acclamation Amen après la doxologie finale, ainsi que les autres acclamations approuvées par la Conférence des Évêques et confirmées par le Saint-Siège".[133]
55 L’abus suivant se répand dans certains lieux : durant la célébration de la sainte Messe, le prêtre rompt l’hostie au moment de la consécration. Un tel abus est contraire à la tradition de l’Église. Il doit être expressément réprouvé et il est très urgent de le corriger.
56 Dans la Prière eucharistique, il ne faut pas omettre de mentionner les noms du Souverain Pontife et de l’Évêque diocésain, afin de respecter une tradition très ancienne et manifester la communion ecclésiale. En effet, "la communion ecclésiale de l’assemblée eucharistique est aussi communion avec son Évêque et avec le Pontife Romain".[134]
2. LES AUTRES PARTIES DE LA MESSE
57 La communauté des fidèles a le droit d’obtenir, surtout dans la célébration dominicale, que, habituellement, la musique sacrée soit idoine et véritable, et que l’autel, les ornements et les linges sacrés resplendissent toujours de dignité, de beauté et de propreté, selon les normes.
58 De même, tous les fidèles ont le droit d’obtenir que la célébration de l’Eucharistie soit préparée avec soin dans toutes ses parties, de manière à ce que la parole de Dieu soit proclamée et expliquée avec dignité et d’une manière efficace, la faculté de choisir les textes liturgiques et les rites soit exercée soigneusement, selon les normes, et que, durant la célébration de la Liturgie, les paroles des chants préservent et alimentent, comme il convient, la foi des fidèles.
59 L’usage suivant, qui est expressément réprouvé, doit cesser : ici ou là, il arrive que les prêtres, les diacres ou les fidèles introduisent, de leur propre initiative, des changements ou des variations dans les textes de la sainte Liturgie, qu’ils sont chargés de prononcer. En effet, cette manière d’agir a pour conséquence de rendre instable la célébration de la sainte Liturgie, et il n’est pas rare qu’elle aille jusqu’à altérer le sens authentique de la Liturgie.
60 Dans la célébration de la Messe, la liturgie de la Parole et la liturgie de l’Eucharistie sont étroitement liées entre elles, et elles forment un seul et même acte de culte. Il n’est donc pas licite de les séparer l’une de l’autre, ni de les célébrer en des temps et des lieux différents.[135] De même, il n’est pas licite de célébrer les diverses parties de la sainte Messe à des moments différents, y compris durant la même journée.
61 En ce qui concerne le choix des lectures bibliques qui doivent être proclamées durant la célébration de la Messe, on doit observer les normes, qui sont contenues dans les livres liturgiques,[136] afin que, vraiment, "la table de la parole de Dieu soit présentée aux fidèles avec plus de richesse, et que leur soit ouverts plus largement les trésors bibliques".[137]
62 Il n’est pas licite d’omettre ou de changer arbitrairement les lectures bibliques qui sont prescrites, ni surtout de remplacer "les lectures et le psaume responsorial, qui contiennent la parole de Dieu, par d’autres textes choisis hors de la Bible".[138]
63 Dans la célébration de la sainte Liturgie, la lecture de l’Évangile, qui "constitue le sommet de la liturgie de la Parole",[139] est réservée, selon la tradition de l’Église, au ministre ordonné.[140] Il n’est donc pas licite qu’un laïc, y compris un religieux, proclame l’Évangile durant la célébration de la sainte Messe, ni dans tous les autres cas, où les normes n’accordent pas explicitement une telle autorisation.[141]
64 L’homélie, qui est prononcée au cours de la célébration de la sainte Messe et fait partie de la liturgie elle-même,[142] "est faite habituellement par le prêtre célébrant lui-même ou par un prêtre concélébrant à qui il l’aura demandé, ou parfois, si cela est opportun, aussi par le diacre, mais jamais par un laïc.[143] Dans des cas particuliers et pour une juste cause, l’homélie peut être faite aussi par un Évêque ou un prêtre participant à la concélébration, même s’il ne peut pas concélébrer".[144]
65 Il est rappelé qu’il faut tenir pour abrogée par le can. 767 § 1 toute norme antérieure qui aurait autorisé des fidèles non-ordonnés à prononcer l’homélie durant la célébration de l’Eucharistie.[145] En effet, une telle permission doit être expressément réprouvée, et aucune coutume ne peut justifier qu’elle soit accordée.
66 L’interdiction adressée aux laïcs de prêcher durant la célébration de la Messe concerne aussi les séminaristes, les étudiants en théologie, tous ceux qui exercent la fonction d’ "assistants pastoraux", et n’importe quel type de groupe, mouvement, communauté ou association de laïcs.[146]
67 En particulier, il faut veiller attentivement à ce que l’homélie se concentre strictement sur le mystère du salut, en exposant, au long de l’année liturgique, à partir des lectures bibliques et des textes liturgiques, les mystères de la foi et les normes de la vie chrétienne, et en offrant un commentaire des textes de l’Ordinaire ou du Propre de la Messe, ou encore d’un autre rite de l’Église.[147] Il est évident que toutes les interprétations de la Sainte Écriture doivent conduire au Christ, en tant que pivot suprême de l’économie du salut ; toutefois, cela doit se faire en tenant compte aussi du contexte spécifique de la célébration liturgique. Celui qui prononce l’homélie doit veiller à projeter la lumière du Christ sur les événements de la vie. Il ne doit pas pour autant priver la parole de Dieu de son sens authentique et véritable, par exemple, en se référant uniquement à des considérations d’ordre politique ou à des arguments profanes, ou en s’inspirant de notions empruntées à des mouvements pseudo-religieux répandus à notre époque.[148]
68 L’Évêque diocésain doit exercer sa vigilance sur l’homélie[149] en adressant aussi des normes, des orientations et des aides aux ministres sacrés, ainsi qu’en promouvant des rencontres et d’autres initiatives appropriées, afin de leur donner souvent l’occasion de réfléchir, avec une plus grande attention, sur la nature de l’homélie, et pour les aider dans sa préparation.
69 Durant la sainte Messe, tout comme dans les autres célébrations de la sainte Liturgie, il n’est pas permis d’utiliser un Symbole ou une Profession de foi qui ne se trouve pas dans les livres liturgiques dûment approuvés.
70 Les offrandes que les fidèles ont l’habitude de présenter pendant la sainte Messe pour la Liturgie eucharistique, ne se réduisent pas nécessairement au pain et au vin, qui sont destinés à la célébration de l’Eucharistie, mais elles peuvent comprendre aussi d’autres dons, qui sont apportés par les fidèles, c’est-à-dire de l’argent ou d’autres biens servant à exercer la charité envers les pauvres. Cependant, les offrandes concrètes doivent toujours être l’expression visible du vrai don, que le Seigneur attend de nous : un cœur contrit, et l’amour de Dieu et du prochain, qui nous rend conformes au sacrifice du Christ, qui s’est livré lui-même pour nous. En effet, c’est dans l’Eucharistie que resplendit au plus haut point ce mystère de la charité, que Jésus-Christ a manifesté durant la Cène, en lavant les pieds de ses disciples. Toutefois, afin de sauvegarder la dignité de la sainte Liturgie, il faut que les offrandes concrètes soient présentées d’une manière convenable. C’est pourquoi l’argent, ainsi que les autres dons destinés aux pauvres, doivent être déposés à un endroit approprié, hors de la table eucharistique.[150] Mis à part l’argent et, là où le cas se présente, une petite partie des autres dons comme signe d’autres bienfaits plus importants, il est préférable de présenter ces offrandes en dehors de la célébration de la Messe.
71 Il faut maintenir l’usage du Rite romain de transmettre la paix un peu avant la distribution de la sainte Communion, comme le prévoit le Rite de la Messe. En effet, selon la tradition du Rite romain, cet usage n’a pas une connotation de réconciliation, ni de rémission des péchés, mais il a plutôt pour but de manifester la paix, la communion et la charité, avant de recevoir la très sainte Eucharistie.[151] En revanche, l’acte pénitentiel du début de la Messe, particulièrement s’il est accompli selon la première forme, comporte ce caractère d’exprimer la réconciliation entre les frères.
72 Il convient "que chacun souhaite la paix de manière sobre et seulement à ceux qui l’entourent". "Le prêtre peut donner la paix aux ministres, en restant cependant dans le sanctuaire, pour ne pas troubler la célébration. Il fera de même s’il veut, pour une juste cause, donner la paix à quelques fidèles". "En ce qui concerne le signe de la paix à transmettre, son mode est établi par les Conférences des Évêques, selon les mentalités, les us et coutumes des différents peuples", et confirmé par le Siège Apostolique.[152]
73 Dans la célébration de la sainte Messe, la fraction du pain eucharistique commence après l’échange de la paix, pendant que l’on dit l’Agnus Dei ; elle est accomplie seulement par le prêtre célébrant, et, si le cas se présente, avec l’aide d’un diacre ou d’un concélébrant, mais jamais d’un laïc. En effet, le geste de la fraction du pain "accompli par le Christ à la dernière Cène et qui, depuis l’âge apostolique, a donné son nom à toute l’action eucharistique, signifie que les multiples fidèles, dans la Communion à l’unique pain de vie, qui est le Christ, mort et ressuscité pour le salut du monde, deviennent un seul corps (1Co 10,17)".[153] C’est pourquoi il faut accomplir ce rite avec le plus grand respect.[154] Cependant, sa durée doit être brève. Il est très urgent de corriger l’abus, qui se répand dans certains lieux, de prolonger ce rite sans nécessité, y compris avec l’aide de laïcs, contrairement aux normes, et de lui attribuer une importance exagérée.[155]
74 S’il apparaît nécessaire qu’un laïc transmette des informations ou présente un témoignage de vie chrétienne aux fidèles réunis dans l’église, il est généralement préférable que cela ait lieu en dehors de la Messe. Cependant, pour des raisons graves, il est licite de présenter ce genre d’informations ou de témoignages lorsque le prêtre a fini de prononcer la prière après la Communion. Toutefois, un tel usage ne doit pas devenir une habitude. De plus, ces informations et ces témoignages ne doivent pas revêtir des caractéristiques qui pourraient les faire confondre avec l’homélie,[156] ni être la cause de la suppression totale de l’homélie.
3. L’UNION DES DIVERS RITES AVEC LA CÉLÉBRATION DE LA MESSE
75 Pour une raison théologique inhérente à la célébration de l’Eucharistie ou à un rite particulier, les livres liturgiques prescrivent ou permettent parfois la célébration de la sainte Messe conjointement à un autre rite, en particulier les rites des Sacrements.[157] Cependant, l’Église n’admet pas une telle corrélation dans les autres cas, spécialement en présence de circonstances qui ont un caractère superficiel.
76 De plus, selon la très ancienne tradition de l’Église romaine, il n’est pas licite d’unir le Sacrement de Pénitence à la sainte Messe pour en faire une unique action liturgique. Toutefois, cela n’empêche pas que, pour répondre aux nécessités des fidèles, des prêtres, indépendamment de ceux qui célèbrent ou concélèbrent la sainte Messe, puissent entendre les confessions des fidèles, qui le désirent, simultanément et dans le même lieu où est célébrée la Messe.[158] Cela doit néanmoins se dérouler d’une manière opportune.
77 Il n’est permis en aucun cas de joindre la célébration de la sainte Messe à un dîner ordinaire, ni de l’unir à un repas festif de ce genre. Sauf en cas de grave nécessité, il n’est pas permis de célébrer la Messe sur une table à manger,[159] ou dans un réfectoire, ou dans un lieu qui est utilisé pour un tel usage convivial, ni dans n’importe quel endroit où se trouve de la nourriture, ni que ceux qui participent à la Messe s’assoient à table au cours de la célébration. Si, en cas de grave nécessité, la Messe doit être célébrée dans le même lieu où l’on a prévu ensuite de prendre le repas, il faut prévoir un laps de temps suffisant entre la fin de la Messe et le début du repas, et il est interdit de présenter de la nourriture aux fidèles pendant la célébration de la Messe.
78 Il n’est pas licite d’associer la célébration de la Messe à des réalités de nature politique ou profane, ou encore à des éléments qui ne sont pas entièrement conformes au Magistère de l’Église catholique. De plus, pour ne pas priver l’Eucharistie de sa signification authentique, il faut absolument éviter de célébrer la Messe avec le seul désir d’en faire un spectacle, ou de la célébrer en adoptant le style d’autres cérémonies, spécialement profanes.
79 Enfin, il faut condamner très sévèrement l’abus qui consiste à introduire, dans la célébration de la sainte Messe, des éléments contre les prescriptions des livres liturgiques, qui sont empruntés à des rites d’autres religions.
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