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CONGRÉGATION POUR LE CULTE DIVIN
ET LA DISCIPLINE DES SACREMENTS
INSTRUCTION
REDEMPTIONIS SACRAMENTUM
sur certaines choses à observer et à éviter
concernant la très sainte Eucharistie
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PLAN 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186
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PRÉAMBULE
01 Dans la très sainte Eucharistie, la Mère Église croit fermement et accueille avec joie, célèbre et adore le SACREMENT DE LA RÉDEMPTION, [01] en annonçant la mort de Jésus-Christ et en proclamant sa résurrection, jusqu’à ce qu’il vienne dans la gloire, [02] comme Seigneur et Maître invincible, Prêtre éternel et Roi de l’univers, pour remettre entre les mains de la souveraine puissance du Père, le règne de la vérité et de la vie.[03]
02 La très sainte Eucharistie, en qui est contenu l’ensemble des biens spirituels de l’Église, à savoir le Christ lui-même, notre Pâque,[04] est la source et le sommet de toute la vie chrétienne ; [05] son influence est déterminante depuis les origines mêmes de l’Église.[06] La doctrine de l’Église au sujet de la très sainte Eucharistie a été exposée avec une sollicitude vigilante et une grande autorité, au long des siècles, dans les documents des Conciles et des Souverains Pontifes. De plus, très récemment, dans la Lettre Encyclique Ecclesia de Eucharistia, le Souverain Pontife Jean-Paul II a exposé de nouveau, pour la situation ecclésiale de notre temps, certains éléments de grande importance sur ce même sujet.[07]
Afin que, aujourd’hui aussi, l’Église veille, comme il se doit, sur un si grand mystère, spécialement dans la célébration de la sainte Liturgie, le Souverain Pontife a ordonné à cette Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements,[08] en collaboration avec la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, de préparer la présente Instruction, dans laquelle seraient traitées certaines questions se rapportant à la discipline du Sacrement de l’Eucharistie. Par conséquent, les différents points contenus dans cette Instruction doivent être lus dans la continuité avec la Lettre Encyclique Ecclesia de Eucharistia précitée.
Toutefois, le but de l’Instruction n’est pas tant de présenter l’ensemble des normes relatives à la très sainte Eucharistie, que de reprendre plutôt certains éléments contenus dans les normes liturgiques antérieurement exposées et établies, qui continuent à être valides, afin de renforcer le sens profond des normes liturgiques [09], et aussi d’en indiquer d’autres, qui explicitent et complètent les précédents, en les expliquant non seulement aux Évêques, mais aussi aux prêtres, aux diacres et à tous les fidèles laïcs, afin que chacun les mette en pratique dans sa propre fonction et selon ses propres possibilités.
03 Les normes, qui sont contenues dans la présente Instruction, se réfèrent à des questions liturgiques, qui concernent la liturgie du Rite romain et, avec les variations opportunes, les autres Rites de l’Église latine reconnus par le droit.
04 "Il n’y a pas de doute que la réforme liturgique du Concile a produit de grands bénéfices de participation plus consciente, plus active et plus fructueuse des fidèles au saint Sacrifice de l’autel".[10] Cependant, "les ombres ne manquent pas".[11] Ainsi, on ne peut passer sous silence les abus, même très graves, contre la nature de la Liturgie et des sacrements, et aussi contre la tradition et l’autorité de l’Église, qui, à notre époque, affligent fréquemment les célébrations liturgiques dans tel ou tel milieu ecclésial. Dans certains lieux, le fait de commettre des abus dans le domaine liturgique est même devenu un usage habituel ; il est évident que telles attitudes ne peuvent être admises et qu’elles doivent cesser.
05 L’observance des normes, qui émanent de l’autorité de l’Église, exige la conformité de l’esprit et de la parole, de l’attitude extérieure et des dispositions intérieures. Il est évident aussi qu’une observance purement extérieure des normes est contraire à la nature même de la sainte Liturgie, voulue par le Christ Seigneur pour rassembler son Église, afin que celle-ci forme avec lui "un seul corps et un seul esprit"[12] C’est pourquoi l’attitude extérieure doit être éclairée par la foi et la charité, qui nous unissent au Christ et les uns aux autres, et suscitent en nous l’amour envers les pauvres et les affligés. Les paroles et les rites de la Liturgie constituent aussi l’expression fidèle, mûrie au long des siècles, des sentiments du Christ, et ils nous apprennent à avoir les mêmes sentiments que les siens ;[13] en conformant notre esprit à ces paroles, nous élevons nos cœurs vers le Seigneur. Ainsi, tout ce qui est dit dans cette Instruction a pour but de susciter une telle conformité de nos sentiments avec ceux du Christ, qui sont exprimés dans les paroles et les rites de la Liturgie.
06 En effet, de tels abus "contribuent à obscurcir la foi droite et la doctrine catholique concernant cet admirable Sacrement".[14] Ils empêchent aussi "les fidèles de revivre en quelque sorte l’expérience des deux disciples d’Emmaüs : "leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent"".[15] En présence de la puissance éternelle de Dieu et de sa divinité,[16] ainsi que du rayonnement de sa bonté, qui sont manifestées d’une manière particulière dans le Sacrement de l’Eucharistie, il faut que tous les fidèles possèdent et manifestent ce sens de la majesté de Dieu, qui apparaît en pleine lumière dans la passion rédemptrice de son Fils Unique.[17]
07 Il n’est pas rare que les abus s’enracinent dans une fausse conception de la liberté. Cependant, Dieu ne nous accorde pas dans le Christ cette liberté illusoire, qui consiste à faire ce que nous voulons, mais la liberté qui nous permet de faire ce qui est digne et juste.[18] En vérité, ce principe ne vaut pas seulement pour les préceptes qui proviennent directement de Dieu, mais aussi, en considérant comme il convient le caractère de chaque norme, pour les lois promulguées par l’Église. Ainsi, tous ont l’obligation de se conformer aux dispositions, qui sont établies par l’autorité ecclésiastique légitime.
08 Ensuite, on note avec une grande tristesse l’existence "d’initiatives œcuméniques qui, bien que suscitées par une intention généreuse, se laissent aller à des pratiques eucharistiques contraires à la discipline dans laquelle l’Église exprime sa foi". Toutefois, le don de l’Eucharistie "est trop grand pour pouvoir supporter des ambiguïtés et des réductions". Il convient donc de corriger et de définir d’une manière plus précise certains éléments, afin que, même dans ce domaine, "l’Eucharistie continue à resplendir dans toute la magnificence de son mystère".[19]
09 Enfin, les abus trouvent très souvent un fondement dans l’ignorance, puisqu’on rejette généralement ce dont on ne perçoit pas le sens plus profond, et dont on ne connaît pas l’ancienneté. Or, c’est fondamentalement de la sainte Écriture elle-même, "sous son inspiration et dans son élan que les prières, les oraisons et les hymnes liturgiques ont jailli, et c’est d’elle que les actions et les symboles reçoivent leur signification".[20] De plus, "le Christ ou l’Église ont choisi les signes visibles employés par la Liturgie pour signifier les réalités divines invisibles".[21] Enfin, dans la tradition de chaque Rite tant de l’Orient que de l’Occident, les structures et les formes des célébrations sacrées s’accordent avec l’Église universelle, en ce qui concerne aussi les usages reçus universellement de la tradition apostolique ininterrompue,[22] qui doivent être transmis fidèlement et avec soin par l’Église aux générations futures. Tous ces éléments doivent être conservés avec sagesse et protégés par les normes liturgiques.
10 L’Église elle-même n’a aucun pouvoir sur ce que le Christ a institué et qui constitue la partie immuable de la Liturgie.[23] De fait, si on rompt le lien entre les sacrements et le Christ lui-même, qui les a institués, et si on ne les relie pas aux événements fondateurs de l’Église,[24] une telle option n’apporte rien de bon aux fidèles, mais elle leur fait subir au contraire de graves dommages. En effet, la sainte Liturgie est intimement liée aux principes doctrinaux ;[25] aussi, l’usage de textes et de rites, qui ne sont pas approuvés, a pour conséquence que le lien nécessaire entre la lex orandi et la lex credendi s’affaiblit ou vient à manquer.[26]
11 Le Mystère de l’Eucharistie est trop grand "pour que quelqu’un puisse se permettre de le traiter à sa guise, en ne respectant ni son caractère sacré, ni sa dimension universelle".[27] Au contraire, quiconque se comporte de cette manière, en préférant suivre ses inclinations personnelles, même s’il s’agit d’un prêtre, lèse gravement l’unité substantielle du Rite romain, sur laquelle il faut pourtant veiller sans relâche.[28] Des actes de ce genre ne constituent absolument pas une réponse valable à la faim et à la soif du Dieu vivant, dont le peuple de notre époque fait l’expérience ; de même, ils n’ont rien de commun avec le zèle pastoral authentique ou le véritable renouveau liturgique, mais ils ont plutôt pour conséquence de priver les fidèles de leur patrimoine et de leur héritage. En effet, ces actes arbitraires ne favorisent pas le véritable renouveau,[29] mais ils lèsent gravement le droit authentique des fidèles de disposer d’une action liturgique, qui exprime la vie de l’Église selon sa tradition et sa discipline. De plus, ils introduisent des éléments d’altération et de discorde dans la célébration de l’Eucharistie elle-même, alors que cette dernière, par nature et d’une manière éminente, a pour but de signifier et de réaliser admirablement la communion de la vie divine et l’unité du peuple de Dieu.[30] Ces actes provoquent l’incertitude doctrinale, le doute et le scandale dans le peuple de Dieu, et aussi, presque inévitablement, des oppositions violentes, qui troublent et attristent profondément de nombreux fidèles, alors qu’à notre époque, la vie chrétienne est souvent particulièrement difficile en raison du climat de "sécularisation".[31]
12 En revanche, tous les fidèles du Christ disposent du droit de bénéficier d’une véritable liturgie - et cela vaut tout particulièrement pour la célébration de la sainte Messe - qui soit conforme à ce que l’Église a voulu et établi, c’est-à-dire telle qu’elle est prescrite dans les livres liturgiques et dans les autres lois et normes. De même, le peuple catholique a le droit d’obtenir que le Sacrifice de la sainte Messe soit célébré sans subir d’altération d’aucune sorte, en pleine conformité avec la doctrine du Magistère de l’Église. Enfin, la communauté catholique a le droit d’obtenir que la très sainte Eucharistie soit célébrée de telle manière que celle-ci apparaisse vraiment comme le sacrement de l’unité, en excluant complètement toutes sortes de défauts et d’attitudes, qui pourraient susciter des divisions et la formation de groupes dissidents dans l’Église.[32]
13 L’ensemble des normes et des rappels exposés dans la présente Instruction se rattachent, selon des modes différents, au devoir de l’Église, à qui il revient de veiller sur la célébration conforme et digne de ce grand mystère. Le dernier chapitre de la présente Instruction expose les divers degrés, par lesquels les normes singulières se relient à la loi suprême de tout le droit ecclésiastique, qui est le soin du salut des âmes.[33]
Chapitre I LE GOUVERNEMENT DE LA SAINTE LITURGIE
14 "Le gouvernement de la sainte Liturgie dépend uniquement de l’autorité de l’Église : il appartient au Siège Apostolique et, dans les règles du droit, à l’Évêque".[34]
15 Le Pontife Romain, "Vicaire du Christ et Pasteur de l’Église tout entière sur cette terre, possède dans l’Église, en vertu de sa charge, le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel qu’il peut toujours exercer librement",[35] notamment en communiquant avec les pasteurs et les fidèles.
16 Il revient au Siège Apostolique d’organiser la sainte Liturgie de l’Église universelle, d’éditer les livres liturgiques, de reconnaître leurs traductions en langues vernaculaires et de veiller à ce que les règles liturgiques soient fidèlement observées partout, spécialement celles qui réglementent la célébration du Saint Sacrifice de la Messe.[36]
17 La Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements "s’occupe, demeurant sauve la compétence de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, de tout ce qui appartient au Siège Apostolique en matière de réglementation et de promotion de la Liturgie sacrée, et tout d’abord des sacrements. Elle favorise et veille sur la discipline des sacrements, spécialement quant à la validité et à la licéité de leur célébration". Enfin, "elle exerce une vigilance attentive afin que soient observées exactement les dispositions liturgiques, que soient empêchés les abus en ce domaine, et qu’il y soit mis fin là où ils sont découverts".[37] Dans ce domaine, selon la tradition de toute l’Église, une attention particulière est accordée à la célébration de la sainte Messe, et au culte qui est rendu à la très sainte Eucharistie, également en dehors de la Messe.
18 Les fidèles ont le droit d’obtenir que l’autorité ecclésiastique gouverne la sainte Liturgie totalement et d’une manière efficace, afin que celle-ci n’apparaisse jamais comme "la propriété privée de quelqu’un, ni du célébrant, ni de la communauté dans laquelle les Mystères sont célébrés".[38]
1. L’ÉVÊQUE DIOCÉSAIN, GRAND PRÊTRE DE SON TROUPEAU
19 L’Évêque diocésain, premier dispensateur les Mystères de Dieu dans l’Église particulière qui lui est confiée, est l’organisateur, le promoteur et le gardien de toute la vie liturgique.[39] En effet, "l’Évêque, revêtu de la plénitude du sacrement de l’Ordre, porte la "responsabilité de dispenser la grâce du suprême sacerdoce",[40] en particulier dans l’Eucharistie qu’il offre lui-même ou dont il assure l’oblation,[41] et d’où vient à l’Église continuellement vie et croissance".[42]
20 La principale manifestation de l’Église se réalise chaque fois que les Messes solennelles sont célébrées, principalement dans l’église cathédrale, "avec la participation plénière et active de tout le saint peuple de Dieu, [...] dans une seule prière, auprès de l’autel unique où préside l’Évêque" entouré de son presbyterium, des diacres et des autres ministres.[43] De plus, "toute célébration légitime de l’Eucharistie est dirigée par l’Évêque, à qui a été confiée la charge de présenter à la Majesté divine le culte de la religion chrétienne et de le régler selon les préceptes du Seigneur et selon les lois de l’Église, auxquelles il apporte pour son diocèse, par son jugement particulier, les déterminations ultérieures".[44]
21 En effet, il appartient à l’Évêque "diocésain, en matière liturgique, de porter, pour l’Église qui lui est confiée et dans les limites de sa compétence, des règles auxquelles tous sont tenus".[45] Cependant, l’Évêque doit constamment veiller à ce que ne soit pas enlevée la liberté, qui est prévue par les normes des livres liturgiques, d’adapter, d’une manière judicieuse, la célébration à l’édifice sacré, ou au groupe de fidèles, ou bien aux circonstances pastorales, de telle sorte que le rite sacré tout entier soit réellement adapté à la mentalité des personnes.[46]
22 L’Évêque dirige l’Église particulière, qui lui est confiée,[47] et il lui appartient de régler, diriger, stimuler, parfois même de reprendre,[48] en exerçant la charge sacrée qu’il a reçue par l’ordination épiscopale,[49] pour édifier son troupeau dans la vérité et dans la sainteté.[50] Il a le devoir d’expliquer le véritable sens des rites et des textes liturgiques, et c’est à lui que revient la charge de nourrir les prêtres, les diacres et les fidèles laïcs de l’esprit de la sainte Liturgie,[51] pour qu’ils soient tous conduits à une célébration active et fructueuse de l’Eucharistie.[52] Enfin, l’Évêque doit également veiller à ce que le corps entier de l’Église puisse progresser, unanimement, dans l’unité de la charité sur les plans diocésain, national et universel.[53]
23 Les fidèles "doivent s’attacher à leur Évêque comme l’Église à Jésus-Christ et comme Jésus-Christ à son Père, afin que toutes choses convergent dans l’unité et soient fécondes pour la gloire de Dieu".[54] Tous, y compris les membres des Instituts de vie consacrée et des Sociétés de vie apostolique, de même que les associations ou les mouvements ecclésiaux, quels qu’ils soient, sont soumis à l’autorité de l’Évêque diocésain pour tout ce qui concerne la Liturgie,[55] hormis les droits qui leur ont été légitimement concédés. L’Évêque diocésain a donc le droit et le devoir d’exercer une surveillance attentive sur la liturgie et, à ce titre, de visiter les églises et les oratoires, situés sur son territoire, y compris ceux qui sont fondés ou dirigés par des membres des instituts précités, si les fidèles y ont habituellement accès.[56]
24 Pour sa part, le peuple chrétien a le droit d’obtenir que l’Évêque diocésain veille à ce que des abus ne se glissent pas dans la discipline ecclésiastique, surtout en ce qui concerne le ministère de la parole, la célébration des sacrements et des sacramentaux, le culte de Dieu et des saints.[57]
25 Les commissions, les conseils, ou les comités institués par l’Évêque, dans le but de "promouvoir l’action liturgique, ainsi que la musique et l’art sacrés dans son diocèse", doivent agir en se conformant à la pensée et aux normes de l’Évêque, et ils doivent pouvoir compter sur son autorité et son approbation pour exercer convenablement leurs propres fonctions,[58] et afin que soit garantie l’autorité effective de l’Évêque dans son diocèse. Au sujet de tous ces groupes, des autres instituts, et de tous ceux qui, en général, prennent des initiatives dans le domaine liturgique, il est urgent que les Évêques cherchent à savoir si leurs activités ont été fructueuses jusqu’à maintenant,[59] et qu’ils discernent avec attention quelles sont les corrections ou les améliorations qui doivent être introduites dans leurs structures et leurs activités,[60] pour qu’ils acquièrent une nouvelle vigueur. Il faut toujours se rappeler que les experts doivent être choisis parmi des personnes faisant preuve de solidité dans la foi catholique et bien préparées dans les domaines théologique et culturel.
2. LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES
26 Ce qui est affirmé précédemment vaut également pour ces commissions liturgiques, qui, à la demande du Concile,[61] ont été instituées par la Conférence des Évêques. Les membres de ces commissions doivent être des Évêques, qu’il faut nettement distinguer des experts qui leur apportent leur concours. Au cas où le nombre des membres d’une Conférence des Évêques est insuffisant, et rend par conséquent difficile l’élection ou l’institution d’une commission liturgique, il faut nommer un conseil ou un groupe d’experts qui doit toujours être placé sous la présidence d’un Évêque ; tout en s’acquittant au mieux de sa charge, ce conseil ou ce groupe doit toutefois éviter de porter le nom de : "commission liturgique".
27 Depuis 1970,[62] le Siège Apostolique a fait savoir que toutes les expérimentations liturgiques relatives à la célébration de la sainte Messe, doivent cesser, et il a réitéré cette interdiction en 1988.[63] Par conséquent, chaque Évêque en particulier, de même que les Conférences des Évêques, n’ont en aucun cas la faculté de permettre des expérimentations concernant les textes liturgiques et les autres choses, qui sont prescrites dans les livres liturgiques. Pour pouvoir faire des expérimentations de ce genre à l’avenir, il sera nécessaire d’obtenir l’autorisation de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements ; celle-ci l’accordera par écrit, à la demande des Conférences des Évêques. Une telle concession ne sera accordée que pour une cause grave. En ce qui concerne les projets d’inculturation dans le domaine de la liturgie, il faut observer strictement et intégralement les normes particulières établies à ce sujet.[64]
28 Toutes les normes relatives à la liturgie, établies par une Conférence des Évêques, selon les normes du droit, pour son propre territoire, doivent être soumises à la recognitio de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, sans laquelle elles n’ont aucun caractère d’obligation.[65]
3. LES PRÊTRES
29 Les prêtres, coopérateurs loyaux, avisés et nécessaires de l’ordre épiscopal,[66] sont appelés à servir le peuple de Dieu, et constituent avec leur Évêque un seul presbyterium[67] aux fonctions diverses. "En chaque lieu où se trouve une communauté de fidèles, ils rendent d’une certaine façon présent l’Évêque auquel ils sont associés d’un cœur confiant et généreux, assumant pour leur part ses charges et sa sollicitude, et les mettant en œuvre dans leur souci quotidien des fidèles". Et "en raison de cette participation au sacerdoce et à la mission de leur Évêque, les prêtres doivent reconnaître en lui leur père et lui obéir respectueusement".[68] De plus, "sans cesse tendus vers ce qui est le bien des fils de Dieu, ils doivent mettre leur zèle à contribuer à l’œuvre pastorale du diocèse entier, bien mieux, de toute l’Église".[69]
30 "Dans la célébration eucharistique", la grande responsabilité incombe "surtout aux prêtres, auxquels il revient de la présider in persona Christi, assurant un témoignage et un service de la communion non seulement pour la communauté qui participe directement à la célébration, mais aussi pour l’Église universelle, qui est toujours concernée par l’Eucharistie. Il faut malheureusement déplorer que, surtout à partir des années de la réforme post-conciliaire, en raison d’un sens mal compris de la créativité et de l’adaptation, les abus n’ont pas manqué, et ils ont été des motifs de souffrance pour beaucoup".[70]
31 En se conformant à l’engagement pris dans le rite de la sainte Ordination, qui est renouvelé chaque année pendant la Messe Chrismale, les prêtres doivent célébrer "pieusement et fidèlement les mystères du Christ, tout spécialement dans le Sacrifice Eucharistique et le sacrement de la réconciliation, selon la tradition de l’Église, pour la louange de Dieu et la sanctification du peuple chrétien".[71] Ainsi, ils ne doivent pas évacuer la signification profonde de leur propre ministère, en défigurant d’une manière arbitraire la célébration liturgique par des changements, des omissions ou des ajouts.[72] En effet, comme le dit saint Ambroise : "L’Église n’est pas blessée en soi, [...] mais en nous. Ainsi, prenons garde de ne pas infliger des blessures à l’Église par notre faute".[73] Il faut donc être attentif à ce que l’Église de Dieu ne soit pas blessée par les prêtres, qui se sont offerts eux-mêmes au ministère d’une manière aussi solennelle. Au contraire, ceux-ci doivent veiller fidèlement, sous l’autorité de l’Évêque, à ce que des actes de ce genre, qui défigurent la liturgie, ne soient pas commis par d’autres.
32 "Le curé veillera à ce que la très sainte Eucharistie soit le centre de l’assemblée paroissiale des fidèles ; il s’efforcera à ce que les fidèles soient conduits et nourris par la pieuse célébration des sacrements et en particulier qu’ils s’approchent fréquemment des sacrements de la très sainte Eucharistie et de la pénitence ; il s’efforcera aussi de les amener à prier, même en famille, et de les faire participer consciemment et activement à la sainte liturgie que, lui, curé, sous l’autorité de l’Évêque diocésain, doit diriger dans sa paroisse, et dans laquelle il doit veiller à ce que ne se glisse aucun abus".[74] Pour préparer d’une manière satisfaisante les célébrations liturgiques, en particulier la sainte Messe, il convient que le curé se fasse aider par différents fidèles ; toutefois, il ne doit en aucun cas leur céder ce qui relève en propre de son office en matière liturgique.
33 Enfin, tous "les prêtres doivent veiller à cultiver comme il se doit la science et l’art liturgiques, pour que leur ministère liturgique permette aux communautés chrétiennes qui leur sont confiées de louer toujours plus parfaitement Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit".[75] Surtout, ils doivent être pénétrés par ces sentiments d’admiration et d’émerveillement, que le mystère pascal, célébré dans l’Eucharistie, fait naître dans les cœurs des fidèles.[76]
4. LES DIACRES
34 Les diacres, "auxquels on a imposé les mains non pas en vue du sacerdoce mais du service",[77] doivent être des hommes de bonne réputation,[78] et ils doivent se conduire de telle manière que, avec l’aide de Dieu, ils soient reconnus comme de vrais disciples de celui,[79] "qui n’est pas venu pour être servi, mais pour servir",[80] et qui fut au milieu de ses disciples "comme celui qui sert".[81] De plus, les diacres sont fortifiés par le don de l’Esprit Saint reçu par l’imposition des mains, pour servir le peuple de Dieu, en communion avec l’Évêque et son presbyterium.[82] C’est pourquoi ils doivent considérer l’Évêque comme un père, et doivent lui apporter leur aide, ainsi qu’aux prêtres "dans le ministère de la parole, de l’autel et de la charité".[83]
35 Ils ne doivent jamais omettre "comme dit l’Apôtre, de garder le mystère de la foi dans une conscience pure,[84] et de proclamer cette foi par leurs paroles et par leurs actes, fidèles à l’Évangile et à la tradition de l’Église",[85] en servant de tout leur cœur, fidèlement et avec humilité, la sainte Liturgie comme la source et le sommet de la vie de l’Église, "afin que tous, devenus enfants de Dieu par la foi et le baptême, se rassemblent, louent Dieu au milieu de l’Église, participent au Sacrifice et mangent la Cène du Seigneur".[86] Tous les diacres ont donc l’obligation, chacun pour leur part, de faire en sorte que la sainte Liturgie soit célébrée en suivant les normes contenues dans les livres liturgiques dûment approuvés.
suivant














































00PRÉSENTATION DE "REDEMPTIONIS SACRAMENTUM"
01PRÉAMBULE
14Chapitre I LE GOUVERNEMENT DE LA SAINTE LITURGIE
191. L’ÉVÊQUE DIOCÉSAIN, GRAND PRÊTRE DE SON TROUPEAU
262. LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES
293. LES PRÊTRES
344. LES DIACRES
36Chapitre II LA PARTICIPATION DES FIDÈLES LAÏCS À LA CÉLÉBRATION DE L’EUCHARISTIE
361. UNE PARTICIPATION ACTIVE ET CONSCIENTE
432. LES FONCTIONS DES FIDÈLES LAÏCS DANS LA CÉLÉBRATION DE LA SAINTE MESSE
48Chapitre III LA CÉLÉBRATION CORRECTE DE LA SAINTE MESSE
481. LA MATIÈRE DE LA TRÈS SAINTE EUCHARISTIE
512. LA PRIÈRE EUCHARISTIQUE
572. LES AUTRES PARTIES DE LA MESSE
753. L’UNION DES DIVERS RITES AVEC LA CÉLÉBRATION DE LA MESSE
80Chapitre IV LA SAINTE COMMUNION
801. LES DISPOSITIONS POUR RECEVOIR LA SAINTE COMMUNION
882. LA DISTRIBUTION DE LA SAINTE COMMUNION
973. LA COMMUNION DES PRÊTRES
1004. LA COMMUNION SOUS LES DEUX ESPÈCES
108Chapitre V QUELQUES AUTRES CONSIDÉRATIONS CONCERNANT L’EUCHARISTIE
1081. LE LIEU DE LA CÉLÉBRATION DE LA SAINTE MESSE
1102. DIVERSES DISPOSITIONS CONCERNANT LA SAINTE MESSE
1173. LES VASES SACRÉS
1215. LES VÊTEMENTS LITURGIQUES
129Chapitre VI LA SAINTE RÉSERVE EUCHARISTIQUE ET LE CULTE DE LA TRÈS SAINTE EUCHARISTIE EN DEHORS DE LA MESSE
1291. LA SAINTE RÉSERVE EUCHARISTIQUE
1342. QUELQUES FORMES DU CULTE DE LA TRÈS SAINTE EUCHARISTIE EN DEHORS DE LA MESSE
1423. LES PROCESSIONS ET LES CONGRÈS EUCHARISTIQUES
146Chapitre VII LES FONCTIONS EXTRAORDINAIRES DES FIDÈLES LAÏCS
1541. LE MINISTRE EXTRAORDINAIRE DE LA SAINTE COMMUNION
1612. LA PRÉDICATION
1623. LES CÉLÉBRATIONS PARTICULIÈRES EN L’ABSENCE DE PRÊTRE
1684 - LES CLERCS RENVOYÉS DE L’ÉTAT CLÉRICAL
169Chapitre VIII LES REMÈDES
1721. LES GRAVIORA DELICTA
1732. LES MATIÈRES GRAVES
1743. LES AUTRES ABUS
1764. L’ÉVÊQUE DIOCÉSAIN
1815. LE SIÈGE APOSTOLIQUE
1836. LES PLAINTES CONCERNANT LES ABUS LITURGIQUES
185CONCLUSION