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MESSAGE DU PAPE JEAN-PAUL II
AU DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’UNESCO, M. KOICHIRO MATSUURA,
À L'OCCASION DE LA «DÉCENNIE POUR L'ALPHABÉTISATION»
 
Son Excellence Monsieur Koichiro MATSUURA
Directeur général de l'UNESCO

l'occasion de l'annonce du Plan d'Action relatif à la «Décennie pour l'alphabétisation», voulue par l'ONU, je tiens à saluer l'engagement des États et des organisations qui participent à ce programme de l'UNESCO. Une telle initiative sert l'humanité en s'attaquant à l'une des sources les plus profondes de la pauvreté et du sous-développement: l'analphabétisme. Encourageant et appréciant tout effort visant à promouvoir la dignité humaine intégrale, je forme des vœux ardents pour que, grâce à ce patient travail, chaque personne puisse acquérir les moyens de mener une existence libre et digne et contribuer à l'édification d'une société de paix et de justice à laquelle notre monde aspire. Sur tous ceux qui se dévouent à la noble mission de l'alphabétisation, j'invoque volontiers l'abondance des bénédictions du très-Haut.
13 février 2003
JEAN-PAUL II

*Document de la Mission permanente du Saint-Siège auprès de l'UNESCO.



MESSAGE DU PAPE JEAN-PAUL II
AUX PARTICIPANTS AU CONGRÈS INTERNATIONAL
SUR LA VIE CONSACRÉE
 
Très chers frères et soeurs!
1. A vous tous, appelés par Dieu en vertu d'une vocation particulière à suivre le Christ de plus près, j'adresse mon salut cordial.
Au terme du Congrès international sur la Vie consacrée, qui s'est déroulé ces jours-ci à Rome, c'est pour moi un motif de joie d'adresser un message particulier à vous tous qui y avez participé:  aux Présidents des Conférences des Supérieurs et des Supérieures majeurs, et à vous tous, hommes et femmes consacrés, qui êtes réunis ces jours-ci pour vous interroger sur les problèmes et les perspectives qui caractérisent aujourd'hui votre choix de vie.
2. Les hommes de notre temps sont parfois si appauvris intérieurement qu'ils ne sont même plus capables de se rendre compte de leur pauvreté. Notre époque nous place face à des formes d'injustice et d'exploitation, à des prévarications égoïstes de la part d'individus et de groupes, qui assument parfois des formes inimaginables. Il en découle chez beaucoup de personnes un "obscurcissement de l'espérance", dont j'ai parlé dans l'Exhortation apostolique Ecclesia in Europa (cf. n. 7).
Dans cette situation, les hommes et les femmes consacrées sont appelés à offrir à l'humanité désorientée, minée et privée de mémoire, des témoignages crédibles de l'espérance chrétienne, "rendant visible l'amour de Dieu, qui n'abandonne personne" et offrant "à l'homme égaré de véritables raisons pour continuer à espérer" (ibid., n. 84). "Si en effet nous peinons et combattons, c'est que nous avons mis notre espérance dans le Dieu vivant" (1 Tm 4, 10).
3. Face à une société qui ne laisse souvent pas de place à l'amour pour s'exprimer gratuitement, les hommes et les femmes consacrés sont appelées à témoigner de la logique du don désintéressé:  leur choix, en effet, se traduit dans "le radicalisme du don de soi par amour du Seigneur Jésus et, en lui, de chaque membre de la famille humaine" (Exhort. apost. Vita consecrata, n. 3).
La vie consacrée doit devenir le gardien d'un patrimoine de vie et de beauté capable d'étancher chaque soif, de panser chaque plaie, d'être un baume pour chaque blessure, et de remplir chaque désir de joie et d'amour, de liberté et de paix.
4. "Passion pour le Christ, passion pour l'humanité":  tel est le thème qui a guidé votre réflexion au cours du Congrès. Il exprime bien votre engagement de repartir continuellement du Christ pour apprendre à aimer le prochain comme l'a aimé Celui qui "n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude" (Mc 10, 45).
La Carmélite mystique, sainte Marie Madeleine de' Pazzi, dans ses élans d'amour pour l'Epoux divin, appelait les âmes des consacrés à aimer l'Amour, l'Amour non aimé:  "O âmes créées d'amour et pour l'amour, pourquoi  n'aimez-vous  pas l'Amour?"; et elle suppliait l'Aimé:  "O Amour non aimé, ni connu. O Amour, fais que toutes les créatures t'aiment, Amour" (PR 2, 188-189).
Cette passion, cette ardeur pour le Christ  et  pour  les  âmes,  cette soif inépuisable d'amour divin et ce désir de conduire à lui tous les hommes, doivent constamment alimenter votre engagement de conversion personnelle, de sainteté et d'évangélisation.
5. Vous tous, hommes et femmes consacrés, êtes appelés à suivre le Christ de plus près, à avoir dans le coeur les mêmes sentiments que Lui (cf. Ph 2, 5), à apprendre de Lui, doux et humble de coeur (cf. Mt 11, 29), à accomplir avec Lui la volonté du Père (cf. Jn 6, 38), à le suivre sur le chemin de la croix.
Telle est l'unique voie du disciple. Il n'y a pas d'autre voie. Chaque jour, il faut entreprendre, avec une âme joyeuse et reconnaissante, la voie étroite à la suite du Maître, pour puiser l'énergie nécessaire à la source dont jaillit l'eau de la vie qui ne meurt pas.
Il faut ouvrir son coeur au souffle vital de l'Esprit, rivaliser les uns avec les autres dans l'amour fraternel et dans le service, ouvrir les portes à ceux qui sont faibles, seuls, et rejetés. Le témoignage de votre vie chaste, pauvre et obéissante deviendra ainsi, en cette aube du troisième millénaire chrétien, le reflet du visage aimant du Christ.
6. Vous, vierges pour le Royaume des cieux, êtes appelées plus que quiconque à vous revêtir du Christ, de ses sentiments d'humilité, de douceur et de patience. Votre voeu de chasteté doit rappeler  la fécondité d'une relation sponsale entre la créature et son Créateur, et doit être le signe qu'il existe une place dans le coeur de l'homme qui ne peut être remplie que par Dieu.
Appelés à participer avec joie à la pauvreté du Christ qui, de riche qu'il était, se fit pauvre pour nous, afin de nous enrichir par sa pauvreté (cf. 2 Co 8, 9; Mt 8, 20), témoignez à travers votre détachement de la projection de tout de votre être vers ces cieux où "là, point de mite ni de ver qui consument, point de voleurs qui perforent et cambriolent" (Mt 6, 20).
Soyez toujours obéissants dans le Christ. Que vos communautés soient des communautés responsables, où les responsabilités des uns ne soient pas un motif de désengagement pour les autres; des communautés où tous exercent le discernement, la charité qui édifie, la correction fraternelle. Montrez au monde que le renoncement à sa propre volonté, à ses propres projets - dans la liberté, dans l'amour et dans la fidélité à l'Evangile, - est source de bonheur et ouvre la voie à la pleine réalisation de soi.
7. Lorsque l'on se sent pleinement aimé, on ne peut participer au mystère de l'Amour qui se donne en demeurant à l'écart. Il faut se laisse envahir par les flammes qui brûlent l'holocauste. Et devenir amour.
L'ouverture - du coeur et de l'intelligence, avant même que des mains - vous a toujours placés, hommes et femmes consacrés, en première ligne dans le devoir de répondre aux diverses formes de pauvreté qui caractérisent les situations concrètes. Aujourd'hui aussi, vous devez être prêts à apporter une réponse aux défis qui sont lancés à tous les  hommes  de bonne volonté, aux croyants, hommes et femmes, à l'Eglise et à la société.
Au cours des siècles, l'amour pour nos frères, en particulier pour ceux qui sont le plus sans défense, pour les jeunes et pour les enfants, pour ceux qui ont perdu le sens de la vie et se sentent rejetés de tous, a poussé les hommes et les femmes consacrés au don de soi sans réserve. Continuez à vous dépenser pour le monde, toujours conscients que l'unique mesure de l'amour est d'aimer sans mesure.
Transmettez cet amour de prédilection pour les plus petits à tous ceux que vous rencontrez, en particulier les laïcs, qui demandent à partager votre charisme et votre mission. Soyez toujours prêts à écouter les nouveaux appels de l'Esprit, en cherchant à identifier, avec les pasteurs des Eglises particulières où vous êtes appelés à vivre, les urgences spirituelles et missionnaires du moment présent.
En vous exhortant à garder toujours le regard fixé sur Jésus, auteur de la foi qui la mène à la perfection (cf. He 12, 2), à vous et à tous les hommes et les femmes consacrés du monde, j'envoie une Bénédiction apostolique particulière et affectueuse.
Du Vatican, le 26 novembre 2004
IOANNES PAULUS II



MESSAGE DU PAPE JEAN-PAUL II
À LA PREMIÈRE CONFÉRENCE D'EXAMEN DE
LA CONVENTION D'OTTAWA
SUR L'INTERDICTION DES MINES ANTIPERSONNEL*   
 
 
À Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur Wolfgang PETRITSCH,
Représentant permanent de l’Autriche auprès de l’Organisation des Nations unies à Genève,
Président de la première Conférence d’examen de la Convention d’Ottawa «sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction»
1. Au moment où se réunit à Nairobi la première Conférence d’examen de la Convention d’Ottawa «sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction», je voudrais, Excellence, vous offrir mes salutations cordiales, exprimant, par votre intermédiaire, ma vive gratitude à toutes les Délégations présentes. Je me réjouis des décisions pertinentes qui ont été prises et des actions que les gouvernements ont déjà engagées pour éradiquer de manière définitive ce terrible fléau des temps modernes. En cette heureuse occasion, je souhaite vivement que les États signataires s’attachent à respecter et à renouveler de manière claire leurs engagements, redoublant d’efforts pour réaliser les objectifs de la Convention. Cinq ans après son entrée en vigueur, cette Convention est devenue, pour les pays qui l’ont ratifiée, une norme fondamentale et incontournable, qui renforce la stricte application du droit international humanitaire et qui demeure un exemple tangible de solidarité entre les nations et entre les peuples.
2. Il faut se réjouir des avancées réalisées dans la mise en œuvre de cette norme. Elles sont réelles et multiples. Le Saint-Siège, qui fut parmi les premiers à ratifier la Convention, entend contribuer de manière active à sa mise en application, dans un dialogue sincère et constructif avec les autres États signataires. En vue de cette importante Assemblée, le Saint-Siège a lancé une campagne de sensibilisation des Églises locales au problème des mines antipersonnel, diffusant de nombreuses informations sur ce grave problème, sollicitant un engagement actif à ce sujet, et demandant en outre des prières pour les victimes des mines antipersonnel et pour le succès de la Conférence. Il importe de poursuivre les efforts en particulier dans les domaines de la destruction des stocks de munitions, du déminage et de la réintégration socio-économique des victimes de ces armes. Les mines antipersonnel tuent et mutilent de nombreuses victimes innocentes, et elles entravent aussi gravement l’économie des pays en voie de développement, les privant de nombreuses terres agricoles encore minées, qui sont essentielles à la survie de ces nations. Il faut que cela cesse ! La mise en application stricte de la Convention est une chance donnée à la famille des nations de construire une humanité renouvelée et pacifiée.
3. Il convient de susciter une coopération bilatérale et multilatérale toujours plus féconde entre les pays affectés par ce fléau et ceux qui ne le sont pas, entre les pays pauvres et les pays riches, en prenant les décisions politiques qui s’imposent, ainsi que les dispositions financières qui leur sont connexes, manifestations de l’engagement sincère et concret des États signataires dans le processus en cours. Le respect des délais imposés par la Convention est à ce titre une autre garantie de son efficacité à long terme. Lorsque des États s’unissent, dans un climat de compréhension, de respect mutuel et de coopération, pour s’opposer à une culture de mort et pour édifier dans la confiance une culture de la vie, c’est la cause de la paix qui avance dans la conscience des personnes et de l’humanité tout entière. Lorsque la négociation multilatérale et la coopération internationale parviennent à la mise en œuvre de mesures concrètes permettant aux populations, parmi lesquelles de nombreux enfants, de vivre dans la sécurité et la dignité, c’est l’humanité qui triomphe.
4. Dans cette perspective, l’attention spéciale portée aux victimes des mines antipersonnel est capitale, même une fois achevés la destruction des stocks et le déminage. Il est nécessaire que la vigilance de la Communauté internationale ne se limite pas aux aides financières allouées, mais qu’elle vise à rendre les personnes actrices de leur propre développement, par des actions de sensibilisation aux dangers des mines antipersonnel, de réhabilitation des personnes handicapées, de suivi psychologique, de réintégration dans la société et d’éducation à la paix, ainsi que par l’utilisation accrue des moyens de communication sociale, afin d’accroître la conscience de l’opinion publique internationale. L’Église catholique, en relation avec les familles des victimes et les communautés dans lesquelles elles vivent, est engagée sur ces chantiers, en collaboration avec des Organisations non gouvernementales et l’International Campaign to ban Landmines, partenaires dont je tiens à saluer l’action et le rôle déterminants dans l’adoption de la Convention d’Ottawa et dans ses applications sur le plan international, national et local.
5. En formant des vœux cordiaux pour la fécondité de cette Assemblée, je voudrais à nouveau lancer un fervent appel à l’universalisation de la Convention d’Ottawa, invitant les Nations qui hésitent encore à y adhérer à rejoindre le camp de la paix, en neutralisant définitivement ces engins de mort. Pour sa part, Excellence, le Saint-Siège continuera à apporter son soutien à cette noble cause, afin que les objectifs de la Convention soient pleinement réalisés. Puissent le fruit des réflexions qui se tiendront dans cette Assemblée, les orientations qui s’en dégageront et les décisions qui y seront prises ouvrir à des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants la perspective d’un avenir confiant, dans la sécurité et dans la dignité !
Du Vatican, le 22 novembre 2004.
JEAN-PAUL II

* Insegnamenti di Giovanni Paolo II, vol. XXVI, 2, p.593-595.
L’Osservatore Romano, 3.12.2004 p.6.
© Copyright 2004 - Libreria Editrice Vaticana



MESSAGE DU PAPE JEAN-PAUL II
AUX PARTICIPANTS AU CONGR
ÈS INTERNATIONAL
DE L'ACTION CATHOLIQUE
 
 
1. "Duc in altum, Action catholique.  Aie  le courage de l'avenir!". Telle est l'invitation que j'ai adressée aux délégués de la XI Assemblée nationale de l'Action catholique italienne, le 26 avril 2002. Je suis heureux de constater que l'on aie voulu accueillir cet appel comme engagement et comme devise à l'occasion du Congrès international de l'Action catholique, qui s'ouvrira le 31 août 2004, à l'initiative du Forum international de l'Action catholique et de l'Action catholique italienne, en collaboration avec le Conseil pontifical pour les Laïcs.
Je souhaite adresser mes salutations les plus cordiales à tous les dirigeants et assistants de l'Action catholique des différents pays réunis à la Domus Pacis. En particulier, je salue avec une affection fraternelle Messieurs les Cardinaux et mes vénérés frères dans l'épiscopat, qui ont souhaité participer à cet important événement.
2. "Avoir le courage de l'avenir" est une attitude qui ne naît pas d'un choix volontariste, mais trouve sa consistance et son élan dans la mémoire du don précieux qu'a été, depuis qu'elle a vu le jour, l'Action catholique. Née, selon mon prédécesseur le Pape Pie XI de vénérée mémoire, d'une "inspiration providentielle", elle a été une force de rassemblement, structurante et motrice de ce courant contemporain de "promotion du laïcat" qui trouva sa confirmation solennelle dans le Concile Vatican II. Au sein de celle-ci, des générations de fidèles ont mûri leur vocation en suivant un itinéraire de formation chrétienne qui les a conduits à la pleine conscience de leur coresponsabilité dans l'édification de l'Eglise, en stimulant son élan apostolique dans tous les domaines de vie. Comment ne pas rappeler à cette occasion que le Décret conciliaire sur l'apostolat des laïcs reconnut cette tradition de grand mérite en la recommandant vivement (cf. Apostolicam actuositatem, n. 20)? L'Exhortation apostolique post-synodale Christifideles laici, ainsi que mes nombreuses interventions à l'occasion des différentes Assemblées de l'Action catholique italienne, ont repris avec vigueur les recommandations conciliaires en contribuant à surmonter certaines situations floues ou difficiles.
Aujourd'hui, j'ai à coeur de répéter encore une fois:  l'Eglise a besoin de l'Action catholique. La mémoire ne doit pas se réduire à un repli nostalgique sur le passé, mais doit devenir une prise de conscience d'un don précieux que l'Esprit Saint a fait à l'Eglise, un héritage qui est appelé, en cette aube du troisième millénaire, à susciter de nouveaux fruits de sainteté et d'apostolat en étendant la "plantatio" de l'Association dans de nombreuses Eglises locales de divers pays.
3. Le moment est venu de ce nouvel élan dont témoigne la variété de vos réalités. Nombreux sont les indices qui font espérer dans le kairos d'un nouveau printemps de l'Evangile! Cette grande responsabilité qui concerne chacun de vous aux côtés de vos Pasteurs, et qui implique l'Eglise tout entière, exige une décision humble et courageuse de "repartir du Christ", avec la conscience d'être soutenus par la force omniprésente de l'Esprit. Tous les fidèles laïcs conscients de leur vocation baptismale et des trois engagements - sacerdotal, prophétique, royal - qui en découlent, peuvent participer à cette grande tâche. Confiants dans la grâce de Dieu et soutenus par un sens vivant d'appartenance à l'Eglise en tant que "maison et école de communion", les laïcs se mettent à l'écoute des enseignements et des directives des Pasteurs pour pouvoir être leurs collaborateurs efficaces dans l'édification des communautés ecclésiales auxquelles ils appartiennent.
Chaque chrétien est engagé à témoigner à quel point sa vie a été changée par la grâce et entraînée par la charité. "Cela sera possible si les fidèles laïcs savent surmonter en eux-mêmes la rupture entre l'Evangile et la vie, en sachant créer dans leur activité de chaque jour, en famille, au travail, en société, l'unité d'une vie qui trouve dans l'Evangile inspiration et force de pleine réalisation" (Christifideles laici, n. 34). L'Action catholique a toujours été, et doit être aujourd'hui encore, un creuset de formation des fidèles qui, éclairés par la Doctrine sociale de l'Eglise, sont engagés en première ligne au service de la défense du don sacré de la vie, de la sauvegarde de la dignité de la personne humaine, de la mise en oeuvre de la liberté éducative, de la promotion de la vraie signification du mariage et de la famille, de l'exercice de la charité envers les plus nécessiteux, de la recherche de la paix et de la justice et de l'application des principes de subsidiarité et de solidarité aux différentes réalités sociales interactives.
4. Je sais que votre Congrès, qui s'ouvre à Rome, se poursuivra par le pèlerinage à Lorette et qu'il culminera, dimanche 5 septembre, dans la vallée de Montorso, lors de la célébration de la Sainte Eucharistie, au cours de laquelle je serai heureux d'inscrire dans l'Album des Bienheureux des membres de l'Action catholique qui ont été au cours de leur vie des modèles convaincants de cohérence évangélique.
Je me prépare donc à devenir à nouveau pèlerin dans ce sanctuaire de Lorette, centre international de spiritualité mariale, où j'élèverai à la Très Sainte Vierge Marie ma prière pour que, par la grâce de l'Esprit Saint, vous puissiez être toujours prêts à prononcer votre fiat à la volonté de Dieu, en devenant les témoins du Mystère du Christ pour le salut du monde.
En souhaitant des fruits abondants aux travaux du Congrès, en vue d'une présence toujours plus incisive de l'Action catholique au service du Royaume de Dieu, je vous envoie à tous une Bénédiction apostolique particulière.
De Castel Gandolfo, le 10 août 2004.
 
IOANNES PAULUS II
        



MESSAGE DU PAPE JEAN-PAUL II
AUX PARTICIPANTS À LA VEILLÉE PASCALE
 
Très chers frères et sœurs!
Au terme du chemin pénitentiel du Carême et après avoir médité, ces derniers jours, sur la douloureuse passion et la mort dramatique de Jésus sur la croix, nous célébrons au cours de cette nuit singulière le mystère glorieux de sa résurrection.
Grâce à la télévision, je peux suivre depuis mon appartement la suggestive Veillée pascale, que préside le Cardinal Joseph Ratzinger dans la Basilique Saint-Pierre. Je lui adresse mon salut fraternel, que j'étends aux autres Cardinaux, Archevêques et Evêques présents. Je salue également avec affection les prêtres, les religieux, les religieuses et les fidèles recueillis autour de l'autel du Seigneur, avec une pensée particulière pour les catéchumènes qui, au cours de cette sainte Veillée, s'apprêtent à recevoir les sacrements du Baptême, de la Confirmation et de l'Eucharistie.
Cette Nuit, au cours de laquelle la fulgurante lumière du Christ ressuscité vainc de manière définitive la puissance des ténèbres du mal et de la mort, et ravive dans le cœur des croyants l'espérance et la joie, est véritablement extraordinaire. Très chers amis, guidés par la liturgie, prions le Seigneur Jésus afin que le monde voie et reconnaisse que, grâce à sa passion, sa mort et sa résurrection, ce qui était détruit est reconstruit, ce qui avait vieilli est renouvelé et tout retourne, plus beau que précédemment, à son intégrité originelle.
Avec une grande cordialité, je forme les meilleurs vœux à l'égard de tous, et je vous assure de mon souvenir dans la prière pour que le Seigneur ressuscité apporte à chacun de vous et à vos familles et communautés le don pascal de sa paix. J'accompagne ces sentiments d'une Bénédiction apostolique particulière.
Du Vatican, le 26 mars 2005, Veillée pascale

IOANNES PAULUS II



MESSAGE DU PAPE JEAN-PAUL II
AUX PARTICIPANTS AU CHEMIN DE CROIX AU COLISÉE
 
Très chers frères et sœurs,
Je suis spirituellement avec vous au Colisée, un lieu qui évoque en moi tant de souvenirs et d'émotions, pour accomplir le rite suggestif de la Via Crucis, en cette soirée du Vendredi Saint.
Je m'unis à vous dans l'invocation si riche de signification: "Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi, quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum". Oui, nous adorons et bénissons le mystère de la croix du Fils de Dieu, car c'est précisément de cette mort qu'a jailli une nouvelle espérance pour l'humanité.
L'adoration de la Croix nous renvoie à un engagement auquel nous ne pouvons nous soustraire: la mission que saint Paul exprimait à travers les paroles: "Je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ, pour son Corps, qui est l'Eglise" (Col 1, 24). J'offre moi aussi mes souffrances, afin que le dessein de Dieu s'accomplisse et que sa parole imprègne les peuples. Je suis à mon tour proche de tous ceux qui, en ce moment, sont éprouvés par la souffrance. Je prie pour chacun d'eux.
En ce jour en mémoire du Christ crucifié, je regarde et j'adore la Croix avec vous, et je répète les paroles de la liturgie: "O crux, ave spes unica!". Je te salue, ô Croix, unique espérance, donne-nous la patience et le courage et obtiens la paix pour le monde!
Avec ces sentiments, je vous bénis, ainsi que tous ceux qui participent à cette Via Crucis à travers la radio ou la télévision.
Du Vatican, le 25 mars 2005
IOANNES PAULUS II



MESSAGE DU PAPE JEAN-PAUL II
AUX PARTICIPANTS À LA CÉLÉBRATION
DE LA MESSE "IN CENA DOMINI"
EN LA BASILIQUE VATICANE
 
Très chers frères et sœurs!
Je suis proche de vous par l'esprit et le cœur, vous qui êtes réunis auprès de la tombe de l'Apôtre Pierre pour la Messe in Cena Domini, qui constitue le premier acte du Triduum pascal, sommet de l'année liturgique. Je vous salue avec une profonde affection et, de façon particulière, je salue et remercie le Cardinal Alfonso López Trujillo, qui préside cette célébration solennelle. J'adresse une pensée respectueuse particulière au Corps diplomatique.
En cette soirée du Jeudi Saint, le Christ nous invite à retourner spirituellement avec lui au Cénacle, pour nous faire entrer en profondeur dans le mystère de sa Pâque. La veille de sa mort, Il a accompli deux signes, qui se renouvellent chaque année dans la liturgie.
Il lava tout d'abord les pieds des Apôtres, voulant leur donner l'exemple d'un amour qui devient un service humble et concret. Puis il consacra le pain et le vin, comme sacrement de son Corps et de son Sang, donnés en sacrifice pour notre salut. C'est précisément au sacrement de l'Eucharistie que j'ai voulu consacrer l'année que nous vivons: celle-ci trouve dans la célébration présente un moment hautement significatif.
Que Marie nous aide à nous approcher avec foi de ce Mystère suprême et inestimable de l'amour divin. Spirituellement présent, je prie avec vous, tandis que je vous bénis de tout cœur.
Du Vatican, le 24 mars 2005.
IOANNES PAULUS II



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