MESSAGE DU PAPE JEAN-PAUL II
AUX PARTICIPANTS À LA CÉLÉBRATION
DE LA MESSE CHRISMALE EN LA BASILIQUE VATICANE
Très chers prêtres,
très chers frères et sœurs!
Je m'unis en esprit à vous tous, qui êtes réunis dans la Basilique Vaticane pour la célébration de la solennelle Messe chrismale. Je salue le Cardinal Giovanni Battista Re, qui préside le rite sacré, avec les vénérés frères Cardinaux et Evêques. Je vous salue, chers prêtres du diocèse de Rome, et vous tous qui provenez de tant d'autres régions du monde. Je vous salue, chers diacres, chers religieux et religieuses, et chers fidèles qui représentez le Peuple de Dieu tout entier.
A travers cette célébration liturgique, nous commémorons le jour où le Christ a transmis aux Apôtres son sacerdoce. Nous, prêtres, revivons ces moments d'intimité spirituelle que Jésus a partagés au Cénacle avec ses "amis" la veille de sa passion, de sa mort et de sa résurrection. Nous sommes ses "amis" et, le cœur empli de gratitude, nous renouvelons les promesses sacerdotales faites avec un enthousiasme généreux le jour de notre ordination.
Chers amis, de mon appartement, à travers la télévision, je suis spirituellement parmi vous. Avec vous, je rends grâce à Dieu pour le don et le mystère de notre sacerdoce; avec vous et toute la famille des croyants, je prie afin que ne manquent jamais dans l'Eglise de nombreux et saints prêtres.
Je confie ces vœux et ces prières à Marie, Mère du Christ Prêtre suprême et éternel.
Je donne à tous ma Bénédiction!
Du Vatican, le 24 mars 2005
IOANNES PAULUS II
MESSAGE DU PAPE JEAN-PAUL II
À L'OCCASION DE LA III JOURNÉE EUROPÉENNE
DES UNIVERSITAIRES
Très chers jeunes universitaires!
1. J'adresse un salut cordial à vous tous, réunis dans la Salle Paul VI pour une veillée mariale. Je ne peux pas être présent parmi vous, mais je suis tout de même proche de vous par l'affection et la prière. J'étends mon salut aux jeunes de votre âge, qui, à l'occasion de la III Journée européenne des Universitaires, participent à la rencontre à travers des liaisons télévisées spéciales. Bari, en Italie, puis Berlin, Bucarest, Lisbonne, Zagreb, Londres, Tirana, Madrid et Kiev: l'Europe participe en esprit à cet important moment de prière et de réflexion en préparation à la prochaine Journée mondiale de la Jeunesse, qui aura lieu précisément au cœur du Continent européen, à Cologne.
2. Je suis heureux que, en tant qu'étudiants, vous ayez voulu offrir votre contribution spécifique à la préparation d'un rendez-vous si important de la jeunesse mondiale à travers votre réunion, qui a pour thème: "La recherche intellectuelle comme voie pour rencontrer le Christ". Il n'existe pas de contradiction entre la foi et la raison. C'est ce que démontre également l'expérience des saints Rois Mages, qui arrivèrent à Bethléem en utilisant ces deux dimensions de l'esprit humain: l'intelligence, qui scrute les signes, la foi qui conduit à adorer le mystère. Pour affronter le long et difficile voyage à la recherche du Messie, la raison ne suffisait pas, il fallait également la foi dans le signe de l'étoile pour parvenir à destination. L'espérance et l'ardent désir des Rois Mages ne furent pas vains. A Bethléem, ils cherchèrent l'Enfant Jésus, et, une fois arrivés devant lui, l'intelligence eut besoin de la foi pour reconnaître dans cet humble Fils de l'homme le Messie attendu, annoncé par les prophètes tout au long de l'Ancien Testament.
3. Très chers jeunes, soyez toujours animés par le désir de découvrir la vérité de votre existence. Que la foi et la raison soient les deux ailes qui vous conduisent vers le Christ, vérité de Dieu et vérité de l'homme. Vous trouverez en Lui la paix et la joie. Que le Christ soit le centre de toute votre existence. Tel est mon souhait le plus sincère que je forme de tout cœur pour tous, l'accompagnant de l'assurance de ma prière.
En ce premier samedi du mois, je vous confie, de façon particulière, à la direction maternelle de la Très Sainte Vierge Marie: qu'Elle vous enseigne à suivre fidèlement Jésus jusqu'à la Croix et à faire l'expérience de la joie de la résurrection.
Avec ces sentiments, je vous bénis tous. Bonne Pâques et bonne marche vers Cologne!
De la Polyclinique Gemelli, le 5 mars 2005.
IOANNES PAULUS II
MESSE POUR LES MALADES
EN MÉMOIRE DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE DE LOURDES
XIII JOURNÉE MONDIALE DU MALADE
MESSAGE DU PAPE JEAN-PAUL II
Très chers frères et soeurs!
Je m'unis avec joie à vous tous qui, comme chaque année, participez, dans la Basilique vaticane, à la rencontre des pèlerins, des malades et des volontaires organisée conjointement par l'UNITALSI et par l'Oeuvre romaine des Pèlerinages. J'adresse à chacun de vous mon salut le plus affectueux.
J'adresse mon salut en premier lieu au Cardinal-Vicaire, aux Evêques et aux nombreux prêtres présents, et je l'étends également avec une profonde sympathie à vous, chers pèlerins, qui êtes réunis pour revivre l'atmosphère typique de Lourdes, à vous, chers responsables de l'UNITALSI et de l'Oeuvre romaine des Pèlerinages, à vous, chers volontaires, et en particulier à vous, chers malades, dont je me sens particulièrement proche.
2. La célébration eucharistique et mariale suggestive que vous vivez dans la basilique Saint-Pierre revêt une signification particulière en ce jour où la liturgie fait mémoire de la Bienheureuse Vierge Marie de Lourdes.
La célébration du 11 février nous fait revenir en esprit à la grotte de Massabielle, dans les Pyrénées françaises, où en 1858, la Madone se manifesta dix-huit fois à sainte Bernadette Soubirous. De cette grotte, devenue un lieu de prière et d'espérance pour de nombreux pèlerins provenant de toutes les parties du monde, l'Immaculée continue d'inviter à la prière, à la pénitence et à la conversion. C'est précisément le message du Christ: "Repentez-vous et croyez à l'Evangile" (Mc 1, 15) que nous offre la liturgie du Carême qui vient de commencer. Accueillons-le avec une douce et humble adhésion! Le fait que les malades et les personnes qui souffrent accourent aux pieds de la Vierge constitue une exhortation incessante à avoir confiance dans le Christ et dans sa Mère céleste, qui n'abandonne jamais ceux qui s'adressent à elle dans les moments de douleur et dans l'épreuve.
3. En mourant sur la Croix, le Christ, l'homme des douleurs, a mené à bien le dessein d'amour du Père et a racheté le monde. Chers malades, si vous unissez vos souffrances à ses peines, vous pourrez être ses coopérateurs privilégiés dans le salut des âmes. Tel est votre devoir dans l'Eglise, qui est toujours très consciente du rôle et de la valeur de la maladie illuminée par la foi. Votre souffrance n'est donc jamais inutile, chers malades! Elle est même précieuse, parce qu'elle représente un partage mystérieux mais réel de la même mission salvifique du Fils de Dieu.
C'est pourquoi le Pape compte tant sur la valeur de vos prières et de vos souffrances: offrez-les pour l'Eglise et pour le monde; offrez-les également pour moi et pour ma mission de Pasteur universel du peuple chrétien.
4. De la Basilique Saint-Pierre, mon regard s'étend à présent aux nombreuses autres localités, où se rassemblent aujourd'hui les communautés chrétiennes, à l'occasion de la XIII Journée mondiale du Malade et, en particulier, au sanctuaire "Marie Reine des Apôtres" à Yaoundé, au Cameroun. C'est là qu'ont lieu les célébrations principales de cet important événement ecclésial sur le thème: "Le Christ, espérance pour l'Afrique". Le continent africain, avec l'humanité tout entière, a besoin de faire l'expérience de l'amour miséricordieux du Seigneur et du soutien de la Sainte Vierge, en particulier dans les moments de fatigue et de maladie.
Que Marie, Femme de la douleur et de l'espérance, soit clémente envers ceux qui souffrent et obtienne pour chacun la plénitude de vie: qu'elle serre chacun sur son coeur de Mère.
Très Sainte Vierge Marie, Reine de l'Afrique et du monde entier, prie pour nous! J'envoie à tous avec affection ma Bénédiction.
Du Vatican, 11 février 2005
IOANNES PAULUS II
MESSAGE DU PAPE JEAN-PAUL II
POUR LES 60 ANS DE LA LIBÉRATION DES PRISONNIERS
DU CAMP D'EXTERMINATION D' AUSCHWITZ-BIRKENAU
Soixante années ont passé depuis la libération des prisonniers du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. En cette circonstance, il n’est pas possible d’oublier le drame qui s’est produit en ce lieu, résultat tragique d’une haine programmée. En ces jours, il faut se souvenir des millions de personnes qui, sans aucune faute de leur part, ont supporté des souffrances inhumaines et ont été anéanties dans les chambres à gaz et dans les fours crématoires. Je m’incline devant tous ceux qui ont eu à subir cette manifestation du mysterium iniquitatis.
Lorsque, comme pape, j’ai visité le camp d’Auschwitz-Birkenau en 1979, je me suis arrêté devant les pierres consacrées aux victimes. Elles portaient des inscriptions en plusieurs langues : polonais, anglais, bulgare, tzigane, tchèque, danois, français, grec, hébreu, yiddish, espagnol, hollandais, serbo-croate, allemand, norvégien, russe, roumain, hongrois et italien. Dans toutes ces langues était gravé le souvenir des victimes d’Auschwitz, de personnes concrètes, bien que souvent totalement inconnues : des hommes, des femmes et des enfants. Je me suis alors arrêté un peu plus longuement devant la pierre portant l’inscription en langue hébraïque, disant : «Cette inscription rappelle le souvenir du peuple dont les fils et les filles étaient destinés à l’extermination totale. Ce peuple tire son origine d’Abraham, qui est notre Père dans la foi (cf. Rm 4, 11-12), comme l’a dit Paul de Tarse. Ce peuple, qui a reçu de Dieu ce commandement : ‘Tu ne tueras pas’, a éprouvé en lui-même à un degré spécial ce que signifie tuer. Devant cette pierre, il n’est permis à personne de passer avec indifférence».
Je répète aujourd’hui ces paroles. Il n’est permis à personne de passer avec indifférence devant la tragédie de la Shoah. Cette tentative de destruction systématique de tout le peuple juif reste comme une ombre sur l’Europe et sur le monde entier; c’est un crime qui marque pour toujours l’histoire de l’humanité. Cela sonne, au moins pour aujourd’hui et aussi pour l’avenir, comme un avertissement: on ne doit pas céder devant les idéologies qui justifient la possibilité de violer la dignité humaine en se fondant sur les différences de race, de couleur de peau, de langue ou de religion. Je renouvelle cet appel à tous, et particulièrement à ceux qui, au nom de la religion, ont recours aux abus de pouvoir et au terrorisme.
Ces réflexions m’ont accompagné tout spécialement lorsque, durant le Grand Jubilé de l’An 2000, l’Église a célébré une liturgie pénitentielle solennelle à Saint-Pierre et aussi lorsque je me suis rendu en pèlerinage aux Lieux Saints et que je suis monté à Jérusalem. Au Yad Vashem – le Mémorial de la Shoah – et au Mur occidental du Temple, j’ai prié en silence, demandant pardon et la conversion des cœurs.
En 1979, je me souviens m’être aussi arrêté pour méditer intensément devant deux autres pierres portant les inscriptions en russe et en tzigane. L’histoire de la participation de l’Union soviétique à cette guerre fut complexe, mais on ne peut oublier que ce sont les Russes qui ont eu le plus grand nombre de personnes ayant perdu tragiquement la vie au cours de cette guerre. Dans les intentions d’Hitler, les Roms étaient aussi destinés à l’extermination totale. On ne peut sous-évaluer le sacrifice de la vie imposé à ces frères dans le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. C’est pourquoi j’exhorte de nouveau à ne pas passer avec indifférence devant ces pierres.
Je me suis enfin arrêté devant la pierre avec l’inscription en langue polonaise. J’ai déclaré alors que l’expérience d’Auschwitz constituait encore une «étape des luttes séculaires de cette nation, de ma nation, pour défendre ses droits fondamentaux parmi les peuples d’Europe. C’était encore un autre cri pour le droit d’avoir sa propre place sur la carte de l’Europe. Encore un compte douloureux avec la conscience de l’humanité». L’affirmation de cette vérité était seulement un appel à la justice de l’histoire pour la nation qui avait affronté tant de sacrifices pour la libération du continent européen de la néfaste idéologie nazie et qui avait été vendue comme esclave à une autre idéologie destructrice : le communisme soviétique. Aujourd’hui, je reprends ces paroles – sans les renier – pour rendre grâce à Dieu, parce que, grâce à l’effort persévérant de mes concitoyens, la Pologne a trouvé sa juste place sur la carte de l’Europe. Mon souhait est que cet événement historique porte des fruits d’enrichissement spirituel réciproque pour tous les Européens.
Au cours de ma visite à Auschwitz-Birkenau, j’ai dit aussi qu’il faudrait s’arrêter devant chaque pierre. Je l’ai fait moi-même, allant d’une pierre à l’autre, méditant et priant, et recommandant à la Miséricorde divine toutes les victimes qui appartiennent aux nations marquées par les atrocités de la guerre. J’ai prié encore pour obtenir, par leur intercession, le don de la paix pour le monde. Je continue de prier sans cesse, dans la confiance que finira par l’emporter en toute circonstance le respect de la dignité de la personne humaine, des droits de tout homme de rechercher librement la vérité, de l’observance des normes de la moralité, de la pratique de la justice et du droit de chacun à des conditions de vie conformes à la dignité humaine (cf. Jean XXIII, Encycl. Pacem in Terris : AAS 55 [1963], pp. 295-296).
Évoquant les victimes d’Auschwitz, je ne peux manquer de rappeler qu’il y eût aussi, au milieu de cette indescriptible accumulation du mal, des manifestations héroïques d’adhésion au bien. Il y eut sans aucun doute quantité de personnes qui acceptèrent, dans une grande liberté d’esprit, d’être soumises à la souffrance, et qui firent preuve d’amour non seulement envers leurs compagnons prisonniers, mais aussi envers leurs bourreaux. Certains le firent pour l’amour de Dieu et de l’homme, d’autres au nom des plus hautes valeurs spirituelles. Grâce à leur attitude, est devenue évidente une vérité qui apparaît souvent dans la Bible : même si l’homme est capable d’accomplir le mal, parfois un mal considérable, le mal n’aura pas le dernier mot. Dans l’abîme même de la souffrance, l’amour peut être vainqueur. Le témoignage de cet amour, attesté à Auschwitz, ne peut tomber dans l’oubli. Il doit sans cesse réveiller les consciences, éteindre les conflits, exhorter à la paix.
Tel paraît être le sens le plus profond de la célébration de cet anniversaire. Si en effet nous faisons mémoire du drame des victimes, nous ne le faisons pas pour rouvrir des blessures douloureuses ni pour réveiller des sentiments de haine ou des projets de vengeance, mais nous le faisons pour rendre hommage à ces personnes, pour mettre en lumière la vérité historique et par-dessus tout pour que tous se rendent compte que ces terribles événements doivent être pour les hommes d’aujourd’hui un appel à la responsabilité, pour construire notre histoire.
Que ne se reproduise jamais plus en aucun lieu de la terre ce qu’ont subi les hommes et les femmes que nous pleurons depuis soixante ans !
Je salue tous ceux qui participent aux célébrations de cet anniversaire et je demande pour tous à Dieu le don de sa bénédiction.
Du Vatican, le 15 janvier 2005
IOANNES PAULUS PP. II
MESSAGE DU PAPE JEAN-PAUL II
AU PRÉSIDENT DU CONSEIL PONTIFICAL "COR UNUM"
POUR LES POPULATIONS VICTIMES DU RAZ-DE-MARÉE
EN ASIE DU SUD-EST
À Son Excellence Mgr. Paul Josef Cordes
Archevêque Président de " Cor Unum "
La dévastation immense et les pertes en vies humaines, provoquées par le tremblement de terre et le raz-de-marée, qui ont récemment eu lieu dans l'Asie du Sud-Est, ont suscité une vaste réaction de participation dans le monde entier, ainsi qu'une mobilisation importante d'aide humanitaire. Je suis profondément reconnaissant au Conseil pontifical " Cor Unum ", ainsi qu'aux nombreuses Agences catholiques d'assistance des efforts déployés pour venir en aide aux populations, frappées par cette immense catastrophe naturelle. Au moment de votre départ en mission dans cette région, je vous prie d'exprimer toute ma préoccupation et l'assurance de mon union dans la prière à tous ceux qui ont été touchés par la tragédie et par ses conséquences.
Tout particulièrement, je m'associe aux fidèles catholiques et à tous les croyants en confiant les victimes de cette catastrophe terrible à la miséricorde infinie de Dieu tout-puissant, tout en implorant consolation divine pour les blessés, les souffrants et les sans-abris. Je prie afin que la solidarité montrée par nos frères et sœurs partout dans le monde, soit source d'encouragement, de persévérance et d'espoir à tous ceux qui sont engagés dans l'œuvre de reconstruction déjà commencée. Je demande aux fidèles des différentes religions de travailler en union pour soulager et rendre assistance à tous ceux qui sont dans le besoin. Que par la grâce de Dieu, cette catastrophe puisse ouvrir un avenir de générosité, coopération et unité, toujours plus grandes, au service du bien commun, et ceci de chacun et chacune des populations et des nations.
En indiquant à tous la lumière de l'Évangile, j'exprime mes vœux fervents pour que la communauté chrétienne grandisse dans sa foi en la Providence mystérieuse de Dieu et vers une union toujours plus profonde avec notre Seigneur Jésus dans le mystère de Sa souffrance et résurrection. Je demande à Dieu le don de la sagesse et de la force pour les autorités civiles qui sont engagés dans l'œuvre de secours. À vous, Cher Frère, à tout le clergé, religieux et fidèles des communautés que vous visiterez, j'accorde cordialement ma Bénédiction apostolique, en gage de grâce et de paix dans le Seigneur.
Du Vatican, le 22 janvier 2005
IOANNES PAULUS II
MESSAGE DU PAPE JEAN-PAUL II
À L'OCCASION DE LA CAMPAGNE DE FRATERNITÉ
PROPOSÉ PAR LES ÉVÊQUES BRÉSILIENS
LORS DU CARÊME 2005
A mon vénéré frère dans l'épiscopat
le Cardinal Geraldo MAJELLA AGNELO
Président de la Conférence nationale des Evêques du Brésil
Archevêque de São Salvador da Bahia et Primat du Brésil
Avec mes salutations les plus cordiales aux chrétiens du Brésil, qui entreprennent l'itinéraire spirituel du Carême vers la Pâque de la Résurrection du Seigneur, je désire une fois de plus m'unir à la Campagne de Fraternité, qui aura pour thème cette année 2005 "Solidarité et paix - Heureux les artisans de paix". Cette heureuse initiative, promue par l'Eglise catholique il y a plus de quarante ans, s'est étendue à toutes les confessions chrétiennes représentées au sein du CONIC, le "Conseil national des Eglises chrétiennes du Brésil", constituant ainsi une occasion significative de collaboration oecuménique.
Dans le monde où nous vivons, souvent secoué par la violence et marqué par l'indifférence, les chrétiens qui partagent l'engagement en vue de la promotion de la paix et de la solidarité deviennent des instruments efficaces d'évangélisation et un exemple pour tous afin d'édifier une société plus fraternelle et plus attentive aux besoins des pauvres et des indigents.
Le cadre oecuménique de la "Campagne de Fraternité" de cette année et la collaboration qui en découle offriront aux chrétiens une meilleure connaissance réciproque et une plus grande estime mutuelle (cf. Unitatis redintegratio, n. 12).
Je désire de tout coeur que, grâce à cette collaboration et avec l'aide de l'Esprit Saint, la "Campagne de Fraternité oecuménique" contribue à approfondir l'appartenance commune au Christ, promeuve la conversion personnelle et communautaire, accroisse la charité et prenne la dimension d'une annonce qui révèle le visage du Christ (cf. Ut unum sint, n. 75), afin de célébrer de façon féconde le Mystère pascal du Seigneur.
Avec une Bénédiction apostolique particulière.
Du Vatican, le 3 janvier 2005.
IOANNES PAULUS II
PREMIER MESSAGE RADIO
« URBI ET ORBI »
DU PAPE JEAN-PAUL Ier
Dimanche 27 août 1978
Vénérables Frères !
Chers Fils et Filles du monde catholique tout entier !
Appelé par la miséricordieuse et paternelle bonté de Dieu à la très grave responsabilité du Souverain Pontificat, Nous vous adressons à tous notre salutation et immédiatement Nous la présentons à tous les hommes du monde qui nous écoutent en ce moment, et en qui, selon les enseignements de l'Evangile, il Nous plaît de voir uniquement des amis, des frères. A vous tous, santé, paix, miséricorde, amour : "La grâce du Seigneur Jésus Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous" (2 Cor 13, 13).
Notre âme est encore accablée à la pensée du terrible ministère pour lequel nous avons été choisi : comme Pierre, il Nous semble d'avoir posé le pied sur l'eau périlleuse, et, secouée par un vent impétueux. Nous avons crié avec lui vers le Seigneur: "Seigneur, sauve-moi" (Mt 14, 30). Mais Nous avons également senti que s'adressait à Nous la voix du Christ, encourageante et aimablement exhortatrice : "Homme, de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?" (Mt 14, 31). Si les forces humaines, à elles seules, ne sont pas adéquates à supporter un tel fardeau, l'aide de Dieu tout-puissant, qui guide son Eglise à travers les siècles au sein de tant de contradictions et de difficultés, ne Nous manquera certes pas moins, à Nous humble et dernier Serviteur des serviteurs de Dieu. Gardant Notre Main dans celle du Christ, Nous appuyant à Lui. Nous avons, Nous aussi accédé au timon de ce navire, qu'est l'Eglise. Elle est stable et sûre, même au milieu des tempêtes, parce que la présence réconfortante et dominatrice du Fils de Dieu l'accompagne. Selon la parole de St Augustin, qui reprend une image chère à l'ancienne Patristique, la barque de l'Eglise ne doit pas craindre, parce qu'elle est guidée par le Christ et par son Vicaire : "parce que même si la barque est secouée elle reste cependant une barque. Elle seule porte les disciples et reçoit le Christ. Elle est mise — péril dans la mer, mais sans elle tous périssent immédiatement" (Sermon 75, 3; PL 38, 475).
En Elle seule se trouve le salut : "sine illa peritur" !
C'est dans cette foi que Nous poursuivrons la route. L'aide de Dieu ne nous fera pas défaut, selon la promesse indéfectible : "Et moi je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde" (Mt 28, 20). Votre réponse unanime et la collaboration pleine de bonne volonté de votre part à tous, Nous rendra plus léger le poids de notre devoir quotidien. Nous Nous préparons à cette terrible tâche avec la conscience que l'Eglise catholique est irremplaçable, cette Eglise dont l'immense force spirituelle est une garantie de paix et d'ordre, et comme telle, elle est présente dans le monde, comme telle, elle est reconnue dans le monde. L'écho que sa vie suscite chaque jour est le témoignage que, malgré tout, elle est vivante dans le cœur des hommes, également de ceux qui ne partagent pas sa vérité et n'acceptent pas son message. Comme l'a dit le Concile Vatican II, selon les enseignements duquel nous voulons orienter tout Notre ministère de prêtre, de maître et de pasteur, "l'Eglise, qui doit s'étendre à toute la terre, entre dans l'histoire des hommes, mais trascende également les temps et les confins des peuples. Parmi les tentations et les tribulations de son cheminement, l'Eglise est soutenue par la force de la grâce de Dieu, qui lui a été promise par le Seigneur, afin que, à cause de la faiblesse humaine, elle ne manque à la parfaite fidélité, mais qu'elle reste la digne épouse de son Seigneur et ne cesse pas de se rénover sous l'action de l'Esprit Saint, jusqu'à ce que, par la Croix, elle arrive à la lumière sans déclin" (Lumen Gentium, 9). Selon le plan de Dieu, qui "a rassemblé tous ceux qui regardent avec foi vers Jésus, auteur du salut et principe d'unité et de paix, l'Eglise a été voulue par Lui "afin qu'elle soit pour tous et pour chacun sacrement visible de cette unité salvifique" (ib.).
Dans cette lumière, Nous Nous mettons entièrement, de toutes Nos forces physiques et spirituelles, au service de la mission universelle de l'Eglise, ce qui signifie pareillement : au service du monde, c'est-à-dire au service de la vérité, de la justice, de la paix, de la concorde, de la collaboration à l'intérieur des nations ainsi que dans les rapports entre les peuples.
Nous invitons avant tout les fils de l'Eglise à prendre de plus en plus conscience de leur responsabilité: "Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde" (Mt 5, 13 s.). Surmontant les tensions internes, qui ont pu surgir ça et là, trionphant des tentations qui poussent à se conformer aux goûts et aux usages du monde, tout comme aux chatoiements des applaudissements faciles, unis par l'unique lien de la charité qui doit animer la vie intime de l'Eglise ainsi que les formes extérieures de sa discipline, les fidèles doivent être prêts à rendre témoignage de leur propre foi face au monde : "toujours prêts à la défense contre quiconque vous demande raison de l'espérance qui est en vous" (1 Pr 3, 15).
L'Eglise, dans cet effort commun d'une prise de conscience active et de réponse aux problèmes lancinants du moment, est appelée à donner au monde ce "supplément d'âme" qu'on invoque de toute part et qui seul peut assurer le salut. C'est cela que le monde attend aujourd'hui : il sait bien que la sublime perfection qu'il a atteinte grâce à ses recherches et ses techniques — et dans laquelle il est certes juste de reconnaître l'accomplissement du premier commandement de Dieu : "emplissez la terre et soumettez-la" (Gen 1, 28) a gagné une ligne da faite au delà de laquelle se trouve le vertige de l'abîme ; la tentation de se substituer à Dieu au moyen d'une décision autonome qui fait abstraction des lois morales, porte l'homme moderne au risque de réduire la terre à un désert, la personne à un automate, la communauté fraternelle à une collectivisation planifiée, introduisant souvent la mort là où, au contraire veut naître la vie.
L'Eglise, pleine d'admiration et tendrement penchée sur les conquêtes humaines, veut d'ailleurs sauvegarder le monde assoiffé de vie et d'amour, des dangers qui le menacent ; l'Evangile appelle tous ses fils à mettre leurs propres forces, et leur vie elle-même, au service des frères, au nom de la charité du Christ : "Il n'est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis" (Jn 15, 13). En ce moment solennel, Nous voulons consacrer tout ce que Nous sommes et tout ce dont Nous sommes capables à cet objectif suprême, jusqu'au dernier soupir, conscients de la tâche que le Christ nous a souvent confiée : "Confirme tes frères" (Lc 22, 32).
Pour animer Nos forces dans cette tâche ardue, le souvenir très cher de Nos Prédécesseurs viendra à Notre secours. Leur aimable douceur et leur force intrépide nous servira d'exemple dans Notre programme pontifical : rappelons en particulier les grandes leçons du gouvernement pastoral laissées par les Papes qui Nous sont les plus proches, tels que Pie XI, Pie XII, Jean XXIII, qui, grâce à leur sagesse, à leur dévouement, à leur bonté et leur amour envers l'Eglise et envers le monde, ont laissé un sillon indestructible dans Notre temps tourmenté et magnifique. Mais l'élan ému du cœur et de la vénération s'adresse surtout au regretté Pontife Paul VI, Notre prédécesseur immédiat. Sa mort rapide, qui a laissé le monde stupéfait selon le style des gestes prophétiques dont il a constellé son inoubliable pontificat, a mis en juste lumière l'envergure extraordinaire de cet homme humble et grand, auquel l'Eglise doit son rayonnement formidable, même parmi les contradictions et les hostilités, atteint au cours de ces quinze années, tout comme c'est à lui qu'elle doit l'œuvre énorme, infatigable, sans répit qu'il a accomplie dans la réalisation du Concile et pour assurer la paix au monde, "tranquillitas ordinis".
Notre programme sera donc de continuer le sien, dans le sillage déjà tracé avec un tel consentement par le grand cœur de Jean XXIII :
— Nous voulons donc poursuivre en continuant l'héritage du Concile Vatican II, dont les normes pleines de sagesse doivent encore être conduites à pleine application, veillant à ce qu'une impulsion, peut-être généreuse mais imprévoyante, n'en déforme les contenus et les significations, et d'autre part que des forces freinantes et timides n'en ralentissent pas le magnifique élan de renouveau et de vie ;
— Nous voulons conserver intacte la grande discipline de l'Eglise, dans la vie des prêtres et des fidèles, telle que l'a assurée la richesse éprouvée de son histoire, au cours des siècles, par des exemples de sainteté et d'héroïsme, tant dans l'exercice des vertus évangéliques, que dans le service des pauvres, des humbles, des "sans défense" ; et à ce propos Nous poursuivrons la révision des deux Codes de droit canonique, tant de la tradition orientale que latine, pour assurer à la sève intérieure de la sainte liberté des enfants de Dieu, la solidité et la fermeté des structures hiérarchiques ;
— Nous voulons rappeler à l'Eglise entière que son premier devoir reste celui de l'évangélisation, dont les lignes maîtresses ont déjà été résumées par Notre Prédécesseur Paul VI dans un mémorable document, animée par la foi, nourrie par la parole de Dieu et soutenue par l'aliment céleste de l'Eucharistie ; l'évangélisation doit examiner chaque voie, rechercher chaque moyen, "à temps et à contre-temps" (2 Tim 4, 2), pour semer le Verbe, pour proclamer le message, pour annoncer le salut, qui suscite dans les âmes l'inquiétude de la recherche du vrai et l'y assiste grâce à l'aide d'en-haut. Si tous les fils de l'Eglise deviennent capables d'être d'infatigables missionnaires de l'Evangile, un nouvel épanouissement de sainteté et de renouveau surgira dans le monde, assoiffé d'amour et de vérité ;
— Nous voulons continuer l'effort œcuménique, que nous considérons être l'extrême recommandation de nos Prédécesseurs immédiats, veillant avec une foi inchangée, avec une espérance invincible et avec un amour indéfectible à la réalisation du grand commandement du Christ: "Que tous soient un" (Jn 17, 21), dans lequel vibre l'anxiété de son cœur à la veille de son immolation au Calvaire. Les relations mutuelles entre les Eglises de diverses dénominations ont connu des progrès constants et prodigieux, qui sont perçus par tout le monde ; mais la division ne cesse pas pour autant d'être occasion de perplexité, de contradiction et de scandale aux yeux des non-chrétiens et des non-croyants : et pour cela Nous entendons consacrer notre attention réfléchie à tout ce qui peut favoriser l'unité, sans fléchissements doctrinaux mais également sans hésitations ;
— Nous voulons poursuivre avec patience et fermeté la voie du dialogue, sereine et constructive, dont Paul VI — qu'on ne pourrait assez regretter — avait fait le fondement et le programme de son action pastorale, alors qu'il en indiquait les lignes majeures dans sa grande encyclique "Ecclesiam Suam", en vue d'une connaissance réciproque, d'homme à homme, également a l'égard de ceux qui ne partagent pas notre foi, toujours disposés à leur rendre témoignage de la foi qui est en nous, et de la mission que le Christ Nous a confiée "afin que le monde croie" (Jn 17, 21) ;
— Nous voulons enfin favoriser toutes les initiatives louables et bonnes qui puissent garantir et consolider la paix dans ce monde troublé : invitant à la collaboration tous ceux qui sont bons, justes, honnêtes, au cœur droit, pour endiguer, à l'intérieur des nations ta violence aveugle qui ne fait que détruire et sème ruines et deuils, et, au sein de la vie internationale, afin de porter les hommes à la compréhension mutuelle, à l'union des efforts pour favoriser le progrès social, pour combattre la faim au corps et l'ignorance de l'esprit, pour promouvoir le développement des peuples moins favorisés quant aux biens économiques mais riches d'énergies et de volonté.
Très chers frères et fils,
En cette heure angoissante pour Nous, mais réconfortée par les promesses divines, Nous adressons Notre salutation à tous nos fils : Nous aimerions qu'ils soient tous ici présents, pour pouvoir les regarder dans les yeux et pour les embrasser, en leur inspirant courage et confiance et en leur demandant compréhension et prières à Notre égard.
A tous Nos salutations :
— aux cardinaux du Sacré Collège, avec lesquels Nous avons partagé des heures décisives et sur lesquels nous comptons maintenant et à l'avenir, en les remerciant pour leur sage conseil et l'intense collaboration qu'ils voudront bien continuer à Nous offrir, comme conséquence de leur consentement qui Nous a conduit, par la volonté de Dieu, à ce sommet du Ministère apostolique ;
— à tous les évêques de l'Eglise de Dieu, "qui représentent leur propre Eglise, et tous ensemble avec le Pape représentent l'Eglise entière dans le lien de la paix, de l'amour et de l'unité" (Lumen Gentium, 23), et dont Nous voulons fortement confirmer la collégialité, recourant à leur contribution pour le gouvernement de l'Eglise universelle, tant au moyen de l'organe synodal, qu'à travers les structures de la Curie, auxquels ils participent de droit selon les normes établies ;
— à tous nos collaborateurs, appelés à une stricte application de Notre volonté, et à l'honneur d'une activité qui les engage à vivre saintement, à un esprit d'obéissance, à l'œuvre d'apostolat et d'amour exemplaire et radical envers l'Eglise. Nous les aimons un par un. En leur demandant de continuer à Nous assurer, comme à Nos prédécesseurs, leur fidélité éprouvée, Nous sommes certains de pouvoir compter sur leur précieuse collaboration qui Nous sera toujours de grande utilité ;
— Nous saluons les prêtres et les fidèles du diocèse de Rome, auxquels Nous sommes lié par la succession de Pierre et par la charge unique et singulière de cette Chaire Romaine "qui préside à la charité universelle" ;
— Nous saluons ensuite, de manière particulière, les membres de Nos Diocèses de Venise et Belluno, et tous ceux qui Nous ont été confiés comme des fils très chers et très aimés, auxquels Nous pensons maintenant avec un sincère regret, en Nous rappelant leur magnifique œuvre ecclésiale et leurs énergies consacrées à la bonne cause de l'Evangile ;
— et Nous embrassons encore tous les prêtres, spécialement les curés et tous ceux qui ont directement charge d'âmes, vivant souvent dans des conditions de gêne ou de vraie pauvreté, mais lumineusement soutenus par la grâce de la vocation et suivant héroïquement le Christ "pasteur de nos âmes" (1 Pr 2, 25) ;
— Nous saluons les religieux et les religieuses de vie tant contemplative qu'active, qui continuent à faire rayonner sur le monde l'enchantement de l'adhésion intacts aux idéaux évangéliques, les suppliant de continuer à "prendre tous soins possibles afin que, grâce à eux, l'Eglise puisse, de jour en jour, mieux présenter le Christ aux fidèles et aux infidèles" (Lumen Gentium, 46) ;
— Nous saluons coûte l'Eglise missionnaire et Nous envoyons aux hommes et aux femmes, qui se consacrent à leurs frères en occupant les avant-postes de l'évangélisation, Notre encouragement et Notre approbation la plus affectueuse. Qu'ils sachent que parmi tous ceux qui Nous sont chers, c'est à eux que Nous tenons le plus. Nous ne les oublierons jamais dans Nos prières et dans Nos sollicitudes, parce qu'ils ont une place privilégiée dans Notre cœur;
— aux associations d'Action Catholique, ainsi qu'aux mouvements de diverses dénominations qui contribuent avec de nouvelles énergies à la vivification de la société et à la "consecratio mundi" comme le levain dans la pâte (cf. Mt-13; 33), Nous offrons fout Notre soutien et Notre appui, pour qu'ils soient convaincus que leur œuvre, en collaboration avec la Hiérarchie sacrée, est indispensable à l'Eglise aujourd'hui ;
— et Nous saluons les jeunes, espoir d'un demain plus clair, plus sain, plus constructif, afin qu'ils sachent distinguer le bien du mal, et accomplir le bien avec les énergies fraîches dont ils sont en possession, pour la vitalité de l'Eglise et l'avenir du monde ;
— Nous saluons les familles, qui sont "le sanctuaire domestique de l'Eglise" (Apostolicam Actuositatem, 11), et mieux encore, elles sont une véritable "Eglise domestique" (Lumen Gentium, 11) dans laquelle s'épanouissent les vocations religieuses et les saintes décisions, et où se prépare l'avenir du monde ; puissent-elles opposer une barrière contre les idéologies destructrices de l'hédonisme qui éteint la vie, et puissent-elles former des énergies palpitantes de générosité, d'équilibre et de dévouement au bien commun.
— mais Nous voulons adresser une salutation particulière à ceux qui souffrent en ce moment, aux malades, aux prisonniers, aux exilés aux persécutés ; à ceux qui ne trouvent pas de travail, ou qui s'épuisent dans la dure lutte pour la vie ; à ceux qui souffrent en raison de la contrainte où se trouve leur foi catholique, qu'ils ne peuvent plus librement professer, sinon au prix de leurs droits primordiaux d'hommes libres et de citoyens loyaux et animés de bonne volonté. Nous pensons en particulier à la terre martyrisée du Liban, à la situation de la Terre de Jésus, à la région du Sahel, à l'Inde tant éprouvée, et à tous ces fils et ces frères qui subissent de douloureuses privations, soit en raison des conditions sociales et politiques, soit comme conséquence de désastres naturels.
Frères du monde entier !
Nous sommes tous engagés dans l'œuvre d'élever le monde vers une justice de plus en plus grande, vers une paix plus stable, vers une plus sincère collaboration : et c'est pourquoi nous vous invitons et Nous vous supplions tous, depuis les couches sociales les plus humbles qui forment le tissu connectif des nations, jusqu'aux chefs responsables de chaque peuple, à vous faire les instruments efficaces et responsables d'un ordre nouveau, plus juste et plus sincère.
Une aube d'espérance s'élève sur le monde, même si un épais manteau de ténébres, aux reflets sinistres de haine, de sang et de guerre, menace parfois de l'obscurcir : l'humble Vicaire du Christ, qui, inquiet et confiant, commence sa mission, se met à la totale disposition de l'Eglise et de la société civile, sans distinction de race ou d'idéologies, afin d'assurer au monde l'aube d'un jour plus doux et plus serein. Le Christ seul pourra faire surgir la lumière sans déclin, parce qu'il est "le soleil de justice" (cf. Mal 4, 2) : mais Il attend aussi la collaboration de tous. La nôtre ne fera pas défaut.
Nous demandons à tous nos fils l'aide de leur prière, parce que Nous ne comptons que sur celle-ci ; et Nous Nous abandonnons avec confiance à l'aide du Seigneur, qui, Nous ayant appelé à la charge de Le représenter sur cette terre, ne Nous laissera pas manquer de sa grâce toute-puissante. La Très Sainte Vierge Marie, Reine des Apôtres, sera l'étoile resplendissante de Notre pontificat. Que St Pierre, Ecclesiae firmamentum (S. Ambroise, Exp. Ev. sec. Lucam, IV, 70: CSEL 32, 4, p. 175), Nous soutienne par son intercession et par son exemple de foi invincible et de générosité humaine. Que St Paul nous guide dans l'élan apostolique, élargi à tous les peuples de la terre ; que nos saints Patrons Nous assistent.
Et au nom du Père, du Fils et de l'Eprit-Saint Nous donnons au monde Notre première et très affectueuse bénédiction apostolique.