Troisième dimanche de l’avent; 17 décembre 1978; Lectures : Isaïe 61,1-2a.10-11; Thessaloniciens 5,16-24; Jean 1,6-8,19-28.
Le Verbe s’est fait chair et habita parmi nous.
L’esprit de ce temps appelé l’avent a débuté il y a trois dimanches. Essayons de le rendre concret en développant ces trois attitudes :
1. Foi et vigilance, parce que le Seigneur s’approche et que nous voulons rester en éveil. Nous sentons que le Seigneur est tout proche; nous avons besoin de la foi pour sentir cette proximité de Dieu.
2. Faim et pauvreté spirituelle.
On ne peut pas désirer manger lorsqu’on n’a pas faim, on ne peut pas avoir besoin de Dieu lorsqu’on est orgueilleux et autosuffisant. Seuls les pauvres, seuls ceux qui ont faim seront rassasiés. C’est cela l’esprit de pauvreté que Marie, la Vierge exprime dans son cantique, au nom de toute l’humanité, la nécessité et la faim de Dieu que nous avons. On ne peut pas désirer la libération si on n’a pas conscience d’être réduits à l’esclavage.
3. C’est une attitude positive, une attitude de présence et de mission dans le monde.
Vertu ou attitude missionnaire : rendre présent le divin dont le monde a besoin. Je voudrais souligner dans notre réflexion d’aujourd’hui cette troisième attitude : la présence. L’Incarnation est le mystère qui donne sens, mystique et unité à toute cette attente de la Nativité. Et Noël ne se comprendra que si l’on a foi dans le grand mystère de l’Incarnation. L’Incarnation est la présence de Dieu dans les réalités du monde, Il se fait homme et se nomme Jésus. 17/12/78, p.39-40, VI
Le Christ est le Verbe de Dieu qui s’est fait chair
Jean (1,6-8) présente son Évangile comme la lumière qui est venue en ce monde et qui provoqua deux réactions : chez les uns, la foi, chez les autres, le rejet. Ils préférèrent les ténèbres à la lumière. Lorsque vient le témoignage de Jean affirmer que cet homme, Jésus est la lumière, il dit : « Il est Dieu ». Devant Lui, les humains vont réagir : en le suivant comme Celui qui possède la lumière dans l’obscurité ou en le rejetant, s’enfonçant davantage dans les ténèbres comme celui que la lumière aveugle. […]
Le verbe est la pensée de l’homme. Le verbe est une idée grecque. La philosophie grecque avait du verbe l’idée d’une émanation comme l’émanation de Dieu, le Verbe de Dieu qui, pour les chrétiens, se nomme le Fils de Dieu. Toutes les pensées sont comme les enfants de quelqu’un; pour cela, nous disons : j’ai conçu cette idée. Tous ceux qui pensent sont en train de concevoir comme une femme enceinte conçoit. L’homme qui pense conçoit. C’est ainsi que, comme une femme qui donne naissance à celui qu’elle a conçu dans ses entrailles, la pensée aussi donne naissance à la parole que porte la voix. Le Christ est donc l’émanation, Il est le Fils de la substance, l’image de la substance divine. Nous ne possédons pas de paroles humaines pour décrire ce mystère éternel de Dieu se pensant lui-même et cette pensée est son Fils, le Verbe. En prononçant cette Parole, les choses apparaissent créées parce que sa Parole est omnipotente, est puissante. Tout ce qui existe a été créé par Lui. 17/12/78,p.40-41, VI.
Sa Parousie
Aujourd’hui, saint Paul (Tes 5,16-24) nous dit de nous montrer dignes pour cette rencontre définitive avec Lui. Il annonce une existence au-delà de l’histoire qui n’aura pas de fin. Et en ce cas, nous avons le Christ en tant que Dieu, sans commencement, Il existait.
Regardez comment débute le merveilleux prologue de Jean : « Au commencement était le Verbe. » Au début, lorsque Dieu commença sa création, Il existait déjà, Il était. Et maintenant, saint Paul nous dit : « Lorsque se termine ta vie, lorsque se termine ton histoire, lorsque se terminera l’Histoire de l’humanité, grâce à Dieu, soyez dignes de rencontrer ce fleuve éternel qu’est le Christ pour continuer à vivre pour l’éternité. » C’est ainsi que l’Histoire n’est rien d’autre qu’un morceau qui débuta et qui se terminera, mais le Christ en tant que Dieu est le Seigneur de l’Histoire parce qu’Il existait avant l’Histoire et qu’Il existera après ce monde. Il n’a ni commencement ni fin. Il est le Verbe qui s’est fait homme. C’est cela l’Incarnation, Il s’est fait chair. 17/12/78, p.42, VI.
L’Union hypostatique
Le Christ, en tant qu’homme, aura une mère, mais n’aura pas de père réalisant humainement son incarnation parce qu’il est un prodige de l’Esprit saint. Qu’est-ce que c’est que cette onction de l’Esprit saint? Il est nécessaire, en cette période de l’avent et de Noël, de prendre en compte ce que signifie l’Esprit saint, la puissance de Dieu. Celui-ci forma du sang de Marie un corps en ses entrailles auquel il infusa, comme à tout être humain, une âme humaine en plus de lui communiquer la seconde personne de la très Sainte Trinité : le Verbe. Ainsi, cette femme enceinte était déjà la mère de Dieu. Lorsque la nuit de Noël, neuf mois après ce prodige de l’Incarnation dans ses entrailles, elle reçoit dans ses bras l’enfant Jésus, Marie sait qu’Il est l’œuvre de l’Esprit saint, que l’Esprit de Dieu a réalisé le prodige d’un Homme-Dieu. L’Esprit saint mérite ce matin l’hommage de notre adoration et de notre gratitude parce que grâce à Lui, il y eut une femme qui put réunir l’honneur de la virginité et de la maternité et nous donner le prodige d’un Dieu fait chair. […]
Et c’est grâce à cet Esprit de vie éternelle que Jésus ressuscita d’entre les morts, cette résurrection de l’homme de Nazareth qui est le Christ. Cet Esprit se donnera aussi comme garantie de foi et d’espérance pour la résurrection de tous ceux qui croient en Jésus-Christ. « Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » parce que cet Esprit qui m’a fait chair anime également la vie du Peuple de Dieu, des chrétiens, et a été donné par le baptême à tous ceux qui croient en Jésus Christ. 17/12/78, p.42-43, VI.
Le Verbe s’est fait chair
A) Sens biblique de la parole « chair »
Saint Jean utilise cette parole d’une immense saveur biblique et qui appartient également à la philosophie grecque « chair ». La chair est l’homme concret, la chair c’est ce que nous sommes tous ici : hommes dans lesquels on peut voir la marque du temps, l’enfant qui commence à vivre, le jeune déjà robuste, l’homme vieux qui termine son existence, la chair est marquée par le temps. La chair est la situation concrète de l’homme, de l’homme et du péché, de l’homme angoissé par sa situation, de l’homme qui est une patrie avec une histoire qui paraît à un chemin sans issue. La chair, c’est tous ceux qui vivent incarnés. La chair est fragile, cette chair qui a un début et une fin, qui tombe malade et meurt, qui pèche, qui devient malheureuse ou heureuse, selon son obéissance à Dieu. C’est cela qu’a fait le Verbe, il s’est fait chair. 17/12/78, p.43, VI.
B) Rédemption intégrale : individuelle et sociale, spirituelle et corporelle
Un jour, nous avons expliqué une parole que nous avons tenté d’analyser : la Kénose. Rappelez-vous, la Kénose est humiliation, anéantissement, c’est la destruction, la disparition. Avec cette parole, on cherche à exprimer cet acte d’humilité du Dieu qui est infini et éternel et qui s’enferme dans le ventre d’une vierge pour devenir chair. L’enfant que nous allons adorer à Bethléem est chair, chair fragile d’enfant. Mais dans celle-ci, comme dans un papier-cadeau, est enveloppé un grand présent. Le Verbe s’est fait chair! Le plus beau du Christ n’est pas sa chair, mais sa chair c’est le Christ. Chair qu’Il désire assumer en soi tout ce qu’est notre chair : « en tout semblable à nous », nous dit la théologie de saint Paul.
Et lorsqu’en ces temps nouveaux, le Concile Vatican II dit que le mystère de l’homme ne peut être compris sans le mystère du Verbe incarné, nous disons : en Lui, la nature humaine assumée, non absorbée, a été élevée en nous également à une dignité sans égale.
Le Fils de Dieu par son incarnation s’est uni, d’une certaine manière, avec tous les hommes. Il a travaillé avec des mains d’homme, il a pensé avec l’intelligence d’un homme, il œuvra avec la volonté humaine, et il aima avec le cœur d’un homme. Né de la Vierge Marie, il s’est fait véritablement l’un des nôtres, semblables à nous tous, excepté dans le péché. Nous devrions pleurer de joie et de gratitude en sachant que ce Dieu infini s’est fait chair comme nous tous et habita parmi nous. Si le Christ avait réalisé son incarnation aujourd’hui, et qu’en 1978 il avait eu 30 ans, il serait ici en cathédrale et nous ne pourrions pas le distinguer des autres. Un homme de 30 ans, un paysan de Nazareth, ici dans la cathédrale comme n’importe quel paysan de nos cantons, serait le Fils de Dieu fait chair et nous ne le reconnaîtrions pas. En tout semblable à nous! 17/12/78, p.43-44, VI.
Marie ne peut être omise dans ce Mystère de la Nativité
Marie ne peut être mise de côté en ce temps de l’avent et de Noël. Personne comme Marie ne nous enseignera mieux l’esprit d’adoration devant le Christ qui est le Verbe de Dieu fait chair, personne ne sentit une expérience aussi vive, lorsqu’en ses propres entrailles le Verbe s’est fait chair. Elle a offert au nom de toute l’humanité son sein virginal où le Christ s’incarne pour assumer en soi comme vient de le dire le Concile, toutes les mains des travailleurs, tous les cerveaux des penseurs, tous les cœurs de ceux qui aiment, toutes les angoisses de ceux qui souffrent, toutes les espérances des hommes, et toutes les joies humaines. Rien d’humain n’est étranger à Jésus Christ, parce qu’Il s’est fait chair, Il a voulu assumer tout ce que signifie la chair dans sa dignité de Fils de Dieu.
C’est cela le principal de Noël, ne les laissons pas commercialiser, profaner et paganiser cette fête. Recueillons-la avec l’esprit respectueux et vénérons-la dans notre foyer, dans notre pauvreté. Même pauvre et malade, c’est encore mieux! Je suis la chair que le Christ a assumée. Béni soit Dieu d’avoir voulu devenir une partie de ma vie en se faisant chair comme moi. 17/12/78, p.44, VI.
Ne déprécions pas l’aide de l’Esprit saint
Dans la seconde lecture d’aujourd’hui (Th 5,16-24), il y a une pensée que je veux vous dire maintenant avec toute la confiance d’un pasteur envers son peuple. Il s’agit comme des normes que je voudrais garder dans ma pastorale ce que dit saint Paul aux Thessaloniciens : « N’éteignez pas l’Esprit. Ne méprisez pas le don de prophétie. Examinez tout, en gardant le bon. » Qu’est-ce que cela veut dire : « N’éteignez pas l’Esprit? » Je sens dans cette parole, comme évêque et pasteur, une terrible responsabilité, parce que je sais que l’Esprit de Dieu qui fit le corps du Christ dans les entrailles de Marie et continue de construire l’Église dans l’Histoire ici, dans cet archidiocèse, est un Esprit qui est, comme dit la Genèse, à l’œuvre pour une nouvelle création. Je sens qu’il y a quelque chose de nouveau dans l’archidiocèse. Je suis un homme fragile, limité et je ne sais pas ce qui est en train de se passer, mais je sais que Dieu le sait. Mon rôle, comme pasteur, est ce que me dit aujourd’hui saint Paul : « N’éteignez pas l’Esprit ». Si avec un sentiment d’autoritarisme je dis à un prêtre « ne fais pas cela », ou à une communauté « n’allez pas par là », que je veuille me constituer comme si c’était moi l’Esprit saint pour faire une Église à mon goût, j’éteindrais l’Esprit. Mais au contraire, j’écoute saint Paul : « Essayez-le, examinez-le et gardez ce qui est bon. »
Je demande beaucoup à l’Esprit saint le don de discernement. Frères, je vous invite, et plus âgés vous êtes, plus insistante se fait mon invitation à cette chose si difficile qu’est le discernement.
[…]
Il existe une phrase biblique très significative : « L’Esprit rend neuves toutes les choses. » C’est nous qui vieillissons et nous voulons que tout soit selon nos modèles de vieux. L’Esprit n’est jamais vieux, l’Esprit est toujours jeune.
Écoutez cette phrase du Concile Vatican II : « La vocation de l’homme est unique, c’est une vocation divine. Pour cela, nous devons croire que l’Esprit saint offre à tous la possibilité que, d’une manière que Dieu seul connaît, nous nous associons tous à ce mystère pascal. » C’est une phrase qui est pour moi très révélatrice lorsque je pense que, non seulement dans les limites de l’Église Catholique, encore moins dans les étroites limites du sacerdoce et de l’épiscopat ou de la vie religieuse, uniquement là serait le bon et le reste serait mal? Mensonge! Le Concile vient de nous dire : « Qu’en dehors de l’Église Catholique, étant donné que tous les humains sont appelés à cette vocation divine, l’Esprit saint s’avancera, par des chemins que Lui seul connaît parce qu’Il participe à ce mystère qu’est le Christ, les hommes même s’ils ne sont pas chrétiens. » Quelle honte, lorsque l’on pense que peut-être des païens, des gens qui n’ont pas la foi en Jésus-Christ, mais qui sont peut-être meilleurs que nous, sont plus près du Règne de Dieu.
Le Christ dira peut-être qu’au-dehors des limites de cette Église, il existe plus de foi, davantage de sainteté. Pour cela, nous ne devons pas éteindre l’Esprit…
L’Esprit n’est pas le monopole d’un mouvement, d’un mouvement chrétien, d’une hiérarchie, ni d’un prêtre, ni d’une congrégation religieuse. L’Esprit est libre et cherche les hommes, peu importe où ils se trouvent pour qu’ils réalisent leur vocation de rencontrer le Christ, Celui qui s’est fait chair pour sauver toute chair humaine. C’est cela, très chers frères, et je sais qu’à la cathédrale viennent aussi des gens qui ont perdu la foi ou qui ne sont pas chrétiens. Soyez bienvenus! Et si cette parole vous dit quelque chose, je vous invite à y réfléchir dans l’intimité de vos consciences parce que, comme le Christ, je peux vous dire : le Règne de Dieu n’est pas loin de toi, le Règne de Dieu est dans ton cœur, cherche-le et tu le trouveras. 17/12/78, p.47-48, VI.
Dieu s’est fait homme pour que nous soyons Dieu
Dieu s’est fait homme et a assumé cette chair concrète de crimes, de violences, d’angoisses. La chair c’est tout cela, mélange de justice et de violation, d’innocence et de péché. Tout cela a été assumé par le Christ pour racheter nos péchés et obtenir la vie de Dieu pour que nous nous convertissions et que nous participions à sa vie divine. Le Christ continue de s’incarner aujourd’hui dans notre vie quotidienne. 17/12/78, p.49, VI.
Quatrième dimanche de l’avent; 24 décembre 1978; Lectures : Samuel 7,1-5.8b-11.16; Romains 16,25-27; Luc 1,26-38.
Plan de l’homélie :
1) Le Secret des siècles éternels
2) Les Préparations divines dans l’Ancien Testament
3) La Plénitude des temps symbolisée par Marie enceinte du Christ
Si la Rédemption s’opère pendant cette longue Histoire, nous verrons comment est-ce que Dieu désire conserver le même style : sauvant dans l’Histoire. C’est pourquoi la prédication de l’Évangile doit être une prolongation du projet salvateur du Christ, une application à notre histoire, à notre peuple, à notre réalité. Une prédication, une célébration de Noël qui ne serait qu’une histoire romantique d’il y a vingt siècles et qui ne s’incarnerait pas avec le projet salvateur de Dieu dans les vicissitudes tragiques, douloureuses ou remplies d’espoir de notre histoire, de notre réalité, ne serait pas un christianisme authentique. Dieu continue de sauver dans l’Histoire!
C’est pourquoi, retournant à cet épisode de la naissance du Christ à Bethléem, nous ne venons pas pour nous souvenir la naissance du Christ il y a vingt siècles, mais pour vivre cette naissance en ce vingtième siècle, en 1978, en notre Noël d’ici au Salvador. C’est pourquoi il est nécessaire qu’à la lumière de ces lectures bibliques, nous prolongions toute l’Histoire de la pensée éternelle de Dieu jusqu’aux faits concrets de nos séquestrés, de nos torturés, de notre propre histoire. C’est ici que nous devons rencontrer notre Dieu. 24/12/78, p.56, VI.
1) Le Secret des siècles éternels
Mystère caché depuis des siècles éternels qui se révèle en Christ et dans l’Évangile que je vous annonce; que ce Christ, comme l’avait annoncé l’ange à Marie, est l’œuvre de la puissance du Très-Haut. Il s’appellera Fils de Dieu, Il sera grand, Il possédera un trône qui sera sans fin, un roi immortel pour les siècles et les siècles, Sauveur des espérances de l’humanité.
Un des chantres les plus éloquents de ce mouvement : Saint Bernard, imagine la Vierge silencieuse, réfléchissant si elle doit répondre oui ou non. Et il lui dit : « Parle, Marie, dis oui. De ta réponse dépend le sort de toute l’Histoire. De ton consentement que Dieu te demande, dépend notre espérance. »
Mais Marie, la Vierge prudente, sent que la foi l’illumine. Ce que saint Paul nous a dit en ce dimanche (Rm 16,25-27) : que c’est un mystère que Dieu veut sauver le monde en Jésus-Christ. Que cette Histoire du Salut, qui va commencer dans ces entrailles, possède comme ferment le Fils de Dieu. Une origine divine et une grandeur que l’Évangile porte en elle-même, annonçant le Salut qui de Dieu seul peut venir. Saint Paul décrit aujourd’hui ce Dieu de l’Histoire du Salut : Celui qui peut nous fortifier, ce Dieu, l’unique sage, à Lui la gloire pour les siècles des siècles. De Lui dépend tout, toute l’initiative est là dans la pensée secrète de Dieu. Si Dieu ne nous avait pas révélé en Jésus-Christ son amour infini, Il nous aimerait, mais nous ne le connaîtrions pas. Il fut nécessaire pour cela qu’Il passe par une femme qui incarnait cette pensée et cet amour : Marie. 24/12/78, p.56-57, VI.
2) Les Préparations divines dans l’Ancien Testament
Marie est présente dans la pensée de Dieu lorsque débute la création. Dieu veut sauver dans l’histoire. Si ce secret des siècles éternels commence à se réaliser, Dieu veut qu’il se réalise dans l’histoire.
A) La prophétie de Nathan est le premier maillon des prophéties sur Marie… le Fils de David.
David qui est l’objet de la première lecture (2 Samuel 7,1-5, 8b-11, 16), où Dieu au moyen du prophète Nathan lui dit que de sa descendance naitra un roi dont le règne ne connaitra pas de fin. C’est le premier maillon des prophéties disant que le Christ sera également messie et roi. Lorsqu’il passe devant les lépreux, devant les aveugles, devant les nécessiteux, nous, les malheureux de l’Histoire, lui crions : « Jésus, fils de David, ait pitié de moi. »
B) Concept de la Bible à propos de « l’histoire du Salut »
Il nous en coûte de comprendre comment Dieu veut nous sauver dans l’histoire et comment les temps sont des éléments nécessaires au Salut. En ce moment, il m’arrive de penser que Dieu est comme ce peintre qui se prépare à créer un tableau et qui se demande : « Mais où vais-je le faire? » Il commence par étendre sa toile sur un cadre. C’est ce que fit Dieu en créant une toile blanche… Les temps qui commencent à courir. Les temps, parce que c’est dans le temps qu’Il va peindre le précieux tableau du Salut.
C) Le concept du temps dans la Bible et le concept du temps en occident.
Le concept israélite qui se reflète dans la Bible est très distinct du concept occidental que nous avons du temps. Nous mesurons le temps et pour cela nous avons une montre, un calendrier, parce que pour nous le temps est quelque chose de mathématique, comme quoi les événements se mesurent en temps. Par contre, pour Israël, le temps est l’expérience, le temps est le vécu, et c’est là que se situe la Bible : « Temps pour pleurer, temps pour rire. » Et les astres apparaissent pour séparer les nuits et les jours où les hommes et les femmes travaillent. Le temps dans la conception biblique est une toile blanche où Dieu écrit l’histoire avec les hommes. Et cette histoire sera belle si elle est peinte selon le projet éternel.
Le secret des siècles éternels se réalise sur cette toile de l’histoire en collaboration avec l’humanité : nous avons l’histoire du Salut. Si par contre, cette toile blanche que Dieu a tendue pour que Lui et ses fils peignent l’histoire ensemble, nous la maltraitons, nous la peignons selon nos caprices et non pas selon les secrets éternels de Dieu, mais selon la passion des hommes : la politique de l’homme, l’égoïsme de l’homme, l’abus de l’homme… Alors, qu’est-ce qui arrive? L’histoire que nous avons actuellement. C’est comme si nous avions laissé entre les mains d’un enfant malcommode un tableau d’un grand maitre et qu’avec des pinceaux il la barbouillait. Nous retrouverions cette toile toute tâchée, toute barbouillée. C’est ce que nous sommes pour Dieu des enfants mal élevés qui ont ruiné ses projets éternels. Mais ici, nous avons, grâce à Dieu, quelqu’un qui a réalisé le projet de Dieu à la perfection : celle qui dans l’Évangile d’aujourd’hui dit : « Je suis la servante du Seigneur, que ta volonté soit faite. » Cela n’est pas de l’aliénation. L’aliénation c’est celui qui dit comme Satan : « Je ne te servirai pas, je vais agir à ma guise. » Celui-ci s’enfonce dans les ténèbres de son néant. L’être humain lorsqu’il pêche, dit le Concile : « En rompant le fil qui l’unit à son Créateur, il s’évanouit. » Ou encore, comme dit le Christ : « Quand une branche est coupée de l’arbre, elle ne peut que se dessécher. » Tout pécheur est une branche coupée. Par contre, Marie dit au Seigneur, comme la branche unie au tronc : « Je ne veux pas me séparer de toi, je veux porter du fruit. Celui que tu me donnes, celui de ta sève, celui de ta pensée. Que ta parole s’accomplisse. » C’est cela, l’histoire du Salut.
La Providence divine se révèle dans le temps
Selon la révélation biblique, le premier chapitre du Salut des hommes, la première réalisation de ce salut que Dieu veut réaliser avec l’humanité, le premier chapitre de l’histoire des relations de Dieu avec les hommes, c’est la création. La création est le commencement du temps. Nous devons tenir compte de cela : la création, l’ordre naturel, ce que Dieu a créé, l’intelligence qu’il a donnée aux humains, les richesses de l’or de la terre, les produits qu’Il a faits, c’est Lui qui les a faits. Parce que c’est ainsi que débuta l’histoire du Salut, le premier chapitre c’est la création. « Que la lumière soit, que les mers soient, que les minéraux soient, que les animaux soient, que tout soit créé. » Et Dieu dit à l’être humain : « Ce que J’ai créé pour toi, personne ne peut le posséder avec un droit absolu, tout a été créé pour le bonheur de la famille humaine que J’ai créée en ce monde. »
C’est ici que le Concile Vatican II, recueillant dans une brève synthèse cette histoire de Dieu, que le document sur la Révélation divine (
Dei Verbum), débute en disant : « Voulant ouvrir les chemins du Salut éternel, Il s’est en outre manifesté dès l’origine à nos premiers parents. » La création est déjà commencée et maintenant commence l’ordre du Salut éternel. Et ces premiers pères commencèrent par désobéir à Dieu. « Après leur chute, Il leur promit une rédemption, leur rendit courage en leur faisant espérer le Salut; sans arrêt, Il montra sa sollicitude pour le genre humain afin de donner la vie éternelle à tous ceux qui, leur constance dans le bien, cherchent le Salut. » Ici, la littérature du Nouveau Testament fait référence aux siècles antérieurs à Abraham, depuis Adam, depuis la création, lorsque que le monde commença à être peuplé d’humains et qu’ils possédèrent la terre, le temps de l’ignorance comme le temps de l’enfance, comme le temps où le père et la mère commencent à voir que leur enfant fait ses premiers pas, qu’il commence à demander, sans avoir encore l’usage de la raison, le temps de l’ignorance. « À l’époque qu’il avait marquée, dit le Concile, Il appela Abraham pour faire de lui un grand peuple. » C’est ici que débute l’histoire d’un salut qui va se réaliser dans un peuple, comme modèle pour tous les peuples, la sphère qui ne se trouve qu’en Dieu qui a créé le Salut que nous espérons tous. « Après les Patriarches, c’est par Moïse et les Prophètes qu’Il fit l’éducation de ce peuple, pour qu’on le reconnût, Lui, comme le seul Dieu vivant et vrai, comme le Père prévoyant et le juge juste, et pour qu’on attendît le Sauveur promis… »
Puis, Dieu chargea Moïse de faire sortir le peuple juif de la servitude d’Égypte et de les conduire au désert vers une terre promise. Ici Dieu réalise sous une forme historique, le Salut qu’il veut réaliser pour tous les peuples : les faire sortir de l’esclavage. Dieu a besoin de prophètes qui annoncent au peuple sa dignité : « Vous n’avez pas à être esclaves de personne, vous devez chercher la liberté que Dieu vous offre. » L’Exode est un livre précieux pour tous les peuples pour qu’ils apprennent ce qu’est la dignité humaine.
Nous sommes encore sous le règne de la création : l’être humain. L’homme n’est pas né pour être esclave, pour être opprimé par quiconque. La liberté est ce qui nous rend égaux à Dieu : « J’ai créé l’homme à mon image et à ma ressemblance. » Et ce qui distingue Dieu, c’est qu’il a mis la liberté au-dessus de toutes les créatures. L’humain aura une liberté relative parce qu’elle consiste à obéir librement à son Créateur, mais seulement à son Créateur : « Tu n’auras pas d’autres dieux en dehors de Moi. Je suis ton Dieu, tu es mon peuple. » Cette sainte liberté est celle qu’enseignent Moïse et les prophètes qui dénoncent dans un langage terrible tout ce qui ressemble à de l’oppression, tout péché d’abus, tout ce qui défigure la dignité humaine. Lisez, frères, les beaux livres des prophètes et vous y trouverez que ce que je dis maintenant est une tenue sobre de ce que nous devrions dire au nom de Dieu qui est jaloux de sa liberté qui se reflète dans l’humain et la société. À lire les prophètes, cela nous donne encore plus de courage à nommer par leur propre nom les assassins, ceux qui soumettent à l’esclavage, ceux qui idolâtrent, ceux qui éloignent de la figure du véritable Dieu l’image de Celui-ci sur la Terre qui est l’être humain depuis le début de sa conception dans les entrailles d’une femme. « … et c’est ainsi, poursuit le texte du Concile, qu’à travers les siècles Il prépara le chemin de l’Évangile. » Quelle belle expression à lire en cette veille de Noël en voyant en Marie dans ces derniers jours de grossesse!
Elle est comme la synthèse des préparations éternelles à travers les siècles. Celui à qui Marie va donner naissance cette nuit est la révélation de tout cet amour infini de Dieu qui s’est préparé, déployé, manifesté, à travers les siècles, à travers le peuple élu.
En se référant à Marie, le Concile parle de cette femme bénie qui dans le cœur de Dieu allait préparer l’Évangile dans
Lumen Gentium au no 55 : « Les livres de l’Ancien Testament décrivent l’histoire du Salut, où lentement se prépare la venue du Christ dans le monde. » N’avez-vous pas senti, en lisant les prophètes au cours de ces quatre dimanches, les pas divins de quelqu’un qui s’approchent? C’est cela, l’Ancien Testament, l’action de Dieu qui prépare la venue du Christ au monde.
« Ces documents des premiers âges, selon l’intelligence qu’en a l’Église à la lumière de la révélation parfaite qui devait suivre, mettent peu à peu en une lumière toujours plus claire la figure d’une femme : la Mère du Rédempteur. C’est elle qu’on devine déjà prophétiquement présentée sous cette lumière dans la promesse, qui est faite à nos premiers parents tombés dans le péché, de la victoire sur le serpent (cf. Gn 3,15). » Dès le commencement de l’histoire, Marie apparait. Quand Adam et Ève honteux sont expulsés du paradis, déjà la figure d’une femme écrasant la tête d’un serpent trompeur nous présage Marie qui va apporter la victoire sur le péché.
« Pareillement, c’est elle, la Vierge, qui concevra et mettra au monde un Fils dont le nom sera Emmanuel (cf. Is 7,14). » C’est la prophétie d’Isaïe, quand les armées d’envahisseurs de la Terre sainte font trembler jusqu’au roi de Jérusalem. Le prophète annonce que Dieu est avec Israël et, comme signe de cette protection, il dit que viendra un temps où une vierge, sans perdre la gloire de sa virginité, concevra et donnera naissance à un fils qui s’appellera Emmanuel qui veut dire : « Dieu avec nous. » Qu’il est magnifique de lire en cette nuit de Noël, cette prophétie de la Vierge enceinte : elle va donner naissance, elle va être mère, mais elle demeurera vierge. Et cela est le signe, comme nous l’a dit l’Évangile d’aujourd’hui, que pour Dieu, rien n’est impossible. Il rendit possible qu’une femme âgée et stérile comme Élisabeth conçut et donna naissance au précurseur Jean Baptiste, Il peut dire à Marie : « Tu continueras d’être vierge, et tu ne perdras pas ta virginité, par l’œuvre de l’Esprit de Dieu tu vas concevoir et donner naissance à Noël et ton corps demeurera dans le secret de la virginité. » Cela fut également le présage des temps anciens qui préparaient déjà cette nuit sainte.
« Elle est au premier rang de ces humbles et de ces pauvres du Seigneur qui attendent le Salut avec confiance. » Toute l’aspiration de l’Ancien Testament, toute la faim de Dieu : « Viens, Seigneur, nous sauver! » Toute l’angoisse du peuple conduit prisonnier à Babylone a besoin d’un Sauveur, toute l’angoisse des prophètes qui demandent à Dieu qu’Il envoie le Sauveur qu’Il a promis, toutes ces choses palpitent dans le cœur de la Pauvre de Yahvé, la Vierge.
Nous répétons ici ce que nous avons dit le premier dimanche de l’avent : que personne ne pourra célébrer un Noël authentique s’il n’est pas pauvre en vérité. Les autosuffisants, les orgueilleux, ceux qui déprécient les autres parce qu’ils possèdent tout, ceux qui n’ont pas besoin de Dieu, pour ceux-là il n’y aura pas de Noël. Seuls les pauvres, les affamés, ceux qui ont besoin que quelqu’un vienne pour eux, auront ce quelqu’un, et ce quelqu’un c’est Dieu, Emmanuel, Dieu avec nous. Sans un esprit humble, on ne peut recevoir Dieu. Si Dieu n’avait pas rencontré ce vide immense chez Marie par son humilité, Il ne serait pas venu en ce monde, il n’y aurait pas eu quelqu’un pour le recevoir. Grâce à Dieu, et cela, nous le devons à la Vierge, Dieu la choisit pour être sa mère parce qu’elle était sainte par son humilité, parce que personne n’exprima comme elle la pauvreté d’Israël, parce que personne comme Marie n’exprima l’angoisse de tous les peuples. Marie est l’expression du besoin des Salvadoriens, Marie est l’expression de l’angoisse de ceux qui sont en prison, Marie est la douleur des mères qui ont perdu leurs fils et à qui personne ne dit où ils sont. Marie est la tendresse qui cherche anxieusement une solution. Marie est dans notre patrie comme dans une rue sans issue, mais elle espère que Dieu va venir pour nous sauver. Puisse Dieu imitions-nous cette Pauvre de Yahvé et sentions-nous que sans Dieu nous ne pouvons rien, que Dieu est l’espérance de notre peuple, que seul le Christ, le Divin Sauveur, peut être le Sauveur de notre patrie.
« Et enfin, avec elle, poursuit le Concile, fille sublime de Sion, après la longue attente de la promesse, les temps s’accomplissent et une nouvelle économie s’instaure lorsque le Fils de Dieu prend d’elle la nature humaine pour délivrer l’homme du péché par les mystères de sa chair. »
3) La Plénitude des temps symbolisée par Marie enceinte du Christ
L’Église est chargée de préserver et d’adapter cette vérité et cette grâce.
Le Salut ne se donnera seulement qu’en Jésus-Christ. C’est pourquoi dans le Christ vient tout ce qu’Il a confié à son Église : « Tout pouvoir m’a été donné dans le Ciel et sur la Terre. À vous, mes apôtres que j’ai choisis comme mes confidents, à ceux à qui j’ai enseigné le secret des siècles éternels, le dessein de Dieu de sauver toutes les nations, de soumettre tous les peuples à la foi chrétienne, Je vous envoie : “Allez, prêcher cette Évangile! Celui qui croira se sauvera, et celui qui ne croira pas se condamnera.” » Depuis ce temps, l’Église est la missionnaire du Christ, celle qui porte le trésor du Salut. 24/12/78, p.63, VI.
La responsabilité des hommes est de conserver et d’adapter cette vérité et cette grâce.
Je sens, ici et maintenant, l’immense honneur, qu’à travers ma pauvre parole, même si plusieurs la déprécient et se moquent d’elle, que cette parole devient un véhicule du Salut. C’est le véhicule qui porte la Vérité qui sauve, les desseins des secrets éternels, l’appel à la conversion, celui de créer un Règne de Dieu parmi les humains du Salvador, de faire de notre archidiocèse une Église qui correspond aux desseins des signes secrets et éternels du Seigneur, c’est mon travail, et celui de tous mes frères dans le sacerdoce, des catéchètes, des religieuses et de tous ceux qui vivent les réalités de cette Église qui ne veut pas être autre chose que le Christ, plénitude des temps. Plénitudes des temps sont les sacrements que le Christ a apportés pour transmettre sa vie aux humains, plénitude des temps est l’espérance de la résurrection éternelle qui se sème dans le cœur des chrétiens, plénitude des temps est la profession de foi que vous allez dire dans quelques instants : « Nous annonçons ta mort, nous proclamons ta Résurrection, viens, Seigneur Jésus. »
Le Christ est présent depuis le moment, nous dit saint Paul : « Où est venue la plénitude des temps, le Verbe de Dieu fut conçu par une femme qui lui révèle le secret caché depuis des siècles éternels. » Connaître le Christ, c’est connaître l’unique vérité de l’Histoire. On ne peut peindre avec Dieu l’Histoire véritable qu’en s’incorporant au Christ qui est l’image du Dieu invisible, la réalisation du secret éternel du Seigneur. 24/12/78, p.63-64, VI.
Ainsi, vous comprendrez, mes très chers frères, pourquoi dans les homélies du dimanche, l’archevêque se soucie d’incarner le message secret des siècles éternels dans la réalité concrète de l’Histoire. Vous comprendrez, même si vous n’aimez pas cela, que cette lumière d’éternité illumine les traits mal tracés de notre histoire et les dénonce pour dire : « L’Histoire ne doit pas se passer ainsi! » Et pour dire par contre à ceux qui travaillent au bien commun : « C’est ainsi que doit se réaliser notre Histoire. » C’est pourquoi à la lumière de ce Dieu, qui vient à Noël sous la très douce présence de Marie, signe de la plénitude des temps, nous analysons notre réalité humaine, ensemble avec Marie, celle qui vit le mieux la réalité de notre peuple.
Parce que c’est cela qui fut son office : incarner le Christ dans l’Histoire. Et Marie se fait Salvadorienne et incarne le Christ dans l’histoire du Salvador, et Marie fait siens vos noms et le mien pour incarner l’histoire de sa famille, de ma famille dans la vie éternelle de l’Évangile. Marie s’identifie avec chacun de nous pour incarner le Christ dans notre propre vie. Bienheureux si en cela nous faisons consister la dévotion à Marie. C’est pourquoi le Concile avertit les prédicateurs qu’ils se gardent de propager une fausse idée de la dévotion à la Vierge qui, lamentablement, nous a séparés des protestants parce que certains catholiques en sont arrivés à faire de la Vierge une idolâtrie, une « mariolâtrie », mais la véritable doctrine est que Marie n’est pas une idole. L’unique Sauveur est Jésus-Christ, mais Marie est l’instrument humain, la Fille d’Adam, la Fille d’Israël, incarnation d’un peuple, sœur de notre race, qui par sa sainteté fut capable d’incarner la Vie divine de Dieu dans l’Histoire. Alors, le véritable hommage qu’un chrétien peut rendre à la Vierge est de faire comme Elle l’effort d’incarner la Vie de Dieu dans les vicissitudes de notre histoire transitoire. 24/12/78, p.64, VI.
Restructurer le vécu des sacrements de l’Église, c’est la renforcer, depuis le plus profond, pour qu’elle soit sel, ferment et lumière…
Plusieurs ont réduit les sacrements à un rite ou à une cérémonie et les ont prostitués; d’autres ont réalisé un labeur de conscientisation à partir de la foi et ont fait abstraction de la célébration, laissant les gens sans moyens de s’exprimer dans la foi pascale, sans dire leur parole de foi, avec le risque de se méconnaître comme chrétiens et de perdre leur identité. Dans le numéro d’
Orientación, on publie une partie de cette instruction et je souscris à ce qui y est écrit : que non seulement la réflexion biblique, ni seulement les sacrements, mais les deux choses unies. Réflexion biblique qui nous permet de découvrir le sens des sacrements et sacrements qui célèbrent et vivent la foi que nous professons dans la Bible. Une Bible sans sacrement, ce serait du protestantisme; des sacrements sans la Bible, ce que plusieurs d’entre nous ont eu : des rites qui ont perdu tout sens. Grâce à Dieu, dans ces communautés que je vais nommer, on est en train de récupérer cette précieuse conjugaison de la Parole de Dieu et de la vie sacramentelle. 24/12/78, p.66, VI.