MESSAGE DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II AUX JEUNES DU MONDE À L'OCCASION DE LA Ve JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE 1990
« Je suis la vigne, vous êtes les sarments » (Jn 15,5)
Chers jeunes,
1. Je viens vous annoncer la prochaine Journée Mondiale de la Jeunesse. En vous écrivant, j’ai encore vivant dans ma mémoire le souvenir de la dernière Journée Mondiale qui a culminé dans l’inoubliable rencontre de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne, où je me suis rendu en pèlerinage avec un grand nombre d’entre vous. Ce fut un événement ecclésial de grande portée, un témoignage exceptionnel de foi de la part de milliers de jeunes provenant de tous les continents, un moment fort d’évangélisation. A Saint-Jacques-de-Compostelle, l’Eglise a montré encore une fois au monde un visage jeune, plein de joie, d’espérance et d’enthousiasme dans la foi . Cet événement a été un grand don pour l’Eglise et, j’oserais même dire, pour toute la société. De cela, je ne cesserai jamais de remercier le Seigneur. Le thème de l’an dernier, comme vous vous en souvenez, était centré sur le Christ. Cette année, par contre, je voudrais vous proposer de réfléchir sur le thème de l’Eglise. Ce n’est pas par hasard qu’il y a corrélation. Entre le Christ et son Eglise, il existe un lien organique extrêmement étroit et profond. Le Christ vit dans l’Eglise, l’Eglise est le mystère du Christ vivant et agissant au milieu de nous, comme le dit saint Paul: « C’est le Christ en vous, l’espérance de la gloire » (Col 1,27); et ailleurs encore: « Vous êtes le corps du Christ et membres chacun pour sa part » (1 Co 12,27). A l’occasion de cette Ve Journée Mondiale de la Jeunesse, je désire donc vous inviter tous à une nouvelle découverte de l’Eglise et de votre mission en son sein, en tant que jeunes. L’Eglise du Christ est une réalité fascinante et merveilleuse. Elle est ancienne, puisqu’elle compte presque deux mille ans, mais elle est, en même temps, perpétuellement jeune, grâce à l’Esprit Saint qui l’anime. L’Eglise est jeune, parce que son message de salut est jeune, c’est-à-dire toujours actuel. C’est pourquoi le dialogue qui existe entre l’Eglise et les jeunes est tellement important: « L’Eglise a tant de choses à dire aux jeunes et les jeunes ont tant de choses à dire à l’Eglise. Ce dialogue réciproque, qu’il faut mener avec une grande cordialité, dans la clarté, avec courage... sera une source de richesse et de jeunesse pour l’Eglise...», comme je l’ai écrit dans l’Exhortation Apostolique Christifideles laici (n. 46). Je voudrais que la Ve Journée Mondiale de la Jeunesse puisse contribuer au développement de ce dialogue aussi bien à tous les niveaux de la vie ecclésiale que dans la vie de chacun de vous.
2. Dans la Bible, parmi les nombreuses images qui expriment le mystère de l’Eglise, nous trouvons en particulier l’image de la vigne (cf. Jer 2,21; Is 5,1-7). L’Eglise est la vigne que le Seigneur a plantée lui-même, une vigne pour laquelle Il a un amour particulier. Dans l’Evangile de Jean, le Christ nous explique le principe fondamental de la vie de cette vigne lorsqu’il dit: « Je suis la vigne, vous êtes les sarments » (Jn 15,5). Ce sont précisément ces paroles que j’ai choisies comme thème de la prochaine Journée Mondiale de la Jeunesse. C’est pourquoi je vous adresse à tous un appel: Jeunes, soyez des sarments vivants dans l’Eglise, soyez des sarments chargés de fruits! Etre des sarments vivants dans l’Eglise-vigne, cela veut dire tout d’abord être en communion vitale avec le Christ-vigne. Les sarments ne sont pas autosuffisants, mais dépendent totalement de la vigne. C’est en elle que se trouve la source de leur vie. De même, au baptême, chacun de vous a été greffé sur le Christ et a reçu gratuitement le don de la vie nouvelle. Pour être des sarments vivants, il faut que vous viviez cette réalité de votre baptême, en approfondissant tous les jours votre communion avec le Seigneur par l’écoute et l’obéissance à sa parole, la participation à l’Eucharistie et au sacrement de la Réconciliation et par le dialogue personnel avec Lui dans la prière. C’est Jésus qui dit: « Celui qui demeure en moi et moi en lui, porte beaucoup de fruits, car sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15,5). Etre des sarments vivants dans l’Eglise-vigne, cela veut dire également prendre un engagement dans la communauté ecclésiale et dans la société. Le Concile Vatican II nous l’explique de manière très claire: « Dans l’organisme d’un corps vivant aucun membre ne se comporte de manière purement passive, mais chacun participe à la vie et à l’activité générale du corps; ainsi dans le Corps du Christ qui est l’Eglise, “tout le corps opère sa croissance selon le rôle de chaque partie” (Eph 4,16)» (Apostolicam actuositatem, 2). Nous sommes tous et chacun de nous selon sa vocation particulière, participants de la mission du Christ et de son Eglise. La communion ecclésiale est une communion missionnaire. L’Eglise a besoin de nombreux ouvriers. En cette Ve Journée Mondiale, c’est le Christ lui-même qui vous adresse, à vous les jeunes, une grande invitation: « Allez vous aussi à ma vigne » (Mt 20,4). L’Eglise est une communion organique, dans laquelle chacun a sa place et son rôle particulier. Vous l’avez vous aussi, vous les jeunes. C’est une place très importante que la vôtre. L’Eglise, qui, au seuil du second millénaire, se sent appelée par le Seigneur à intensifier de plus en plus son effort d’évangélisation, a un besoin tout particulier de vous, de votre dynamisme, de votre authenticité, de votre volonté passionnée de grandir, de la fraîcheur de votre foi. Mettez donc au service de l’Eglise vos jeunes talents sans réserve, avec la générosité propre à votre âge. Prenez votre place dans l’Eglise, qui n’est pas seulement celle de destinataires de la pastorale, mais surtout de protagonistes actifs de sa mission (cf. Christifideles laici, 46). L’Eglise est vôtre, bien plus vous êtes vous-mêmes l’Eglise! De son côté, I’Eglise a tellement à vous offrir, à vous les jeunes. Nous assistons aujourd’hui à un phénomène très significatif. Après une période de méfiance et de désaffection à l’égard de l’Eglise, beaucoup de jeunes à l’heure actuelle sont en train de la redécouvrir comme guide sûr et fidèle, comme le lieu indispensable de communion avec Dieu et avec les frères, comme milieu de développement spirituel et d’engagement. C’est un signe très éloquent. Beaucoup d’entre vous ne se contentent plus d’appartenir à l’Eglise de manière purement formelle, purement administrative. Ils cherchent quelque chose de plus. Il existe des lieux privilégiés de redécouverte de l’Eglise et de l’engagement ecclésial qui sont les associations, les mouvements et les diverses communautés ecclésiales de jeunes. Nous parlons, en effet, aujourd’hui d’une « nouvelle saison d’association » dans l’Eglise (cf. Christifideles laici, 29). Elle représente une richesse énorme et un don précieux de l’Esprit Saint qui doit être accueilli avec beaucoup de reconnaissance. « Allez vous aussi à ma vigne » (Mt 20,4). L’Eglise-vigne a besoin également d’ouvriers particuliers, qui la servent de manière spécifique, dans un radicalisme évangélique, en lui consacrant toute leur vie. Je veux parler des vocations sacerdotales et religieuses, mais aussi des vocations de laïcs consacrés dans le monde. Je suis sûr que beaucoup d’entre vous, en méditant le mystère de l’Eglise, entendront au plus profond de leur âme l’invitation du Christ: « Va toi aussi à ma vigne...». Si vous entendez ces paroles qui s’adressent particulièrement à vous, n’hésitez pas à répondre « oui » au Seigneur. N’ayez pas peur, car servir le Christ et son Eglise de manière totale est une vocation extraordinaire et un don merveilleux. Le Christ vous aidera. Voici, dans ses grandes lignes, le thème essentiel de la prochaine Journée Mondiale de la Jeunesse, journée de redécouverte de l’Eglise.
3. La Ve Journée Mondiale de la Jeunesse 1990 se célébrera le Dimanche des Rameaux, dans chacun de vos diocèses. C’est précisément l’Eglise diocésaine que vous devez découvrir. L’Eglise n’est pas une réalité abstraite et désincarnée; c’est, au contraire, une réalité extrêmement concrète: à savoir une Eglise diocésaine réunie autour de l’Evêque, successeur des Apôtres. C’est aussi l’Eglise paroissiale que vous devez découvrir, sa vie, ses besoins et les nombreuses communautés qui existent et oeuvrent en elle. Dans cette Eglise, vous porterez la joie et l’élan que vous avez éprouvés dans les rencontres mondiales comme celle de Saint-Jacques-de-Compostelle et dans les réunions des mouvements et associations dont vous faites partie. De cette Eglise concrète, vous, les jeunes, devez être des sarments vivants et productifs, c’est-à-dire des participants conscients de sa mission en toute responsabilité. Accueillez cette Eglise avec toute sa richesse spirituelle; accueillez-la dans la personne de vos évêques, des prêtres, des religieux et des frères dans la foi; accueillez-la avec une foi et un amour de fils. La Journée Mondiale, comme vous voyez, n’est pas seulement une fête, mais aussi un sérieux engagement spirituel. Pour pouvoir en récolter les fruits, toute une préparation est nécessaire sous la conduite de vos pasteurs dans les diocèses, dans les paroisses, dans les associations, dans les mouvements et dans les communautés ecclésiales de jeunes. Cherchez à mieux connaître l’Eglise, sa nature, son histoire désormais bimillénaire et son présent. Cherchez à découvrir votre place dans l’Eglise et votre mission en tant que jeunes. Sur ce chemin spirituel, vous pourrez être aidés par mon Exhortation Apostolique Christifideles laici (1988), que j’ai consacrée précisément à la méditation de la vocation et de la mission des fidèles laïcs dans l’Eglise et dans le monde. J’invite vos pasteurs à vous aider pour en mieux saisir le message. Je confie tout le chemin de préparation spirituelle et la célébration elle-même de la prochaine Journée Mondiale de la Jeunesse 1990 à l’intercession particulière de Notre-Dame. Que celle que nous vénérons comme Mère de l’Eglise soit pour vous une Maîtresse et un Guide dans cet engagement ecclésial renouvelé. A tous, je vous envoie affectueusement ma bénédiction.
Du Vatican, le 26 novembre de l’année 1989, solennité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Roi de l’Univers.
IOANNES PAULUS PP. II
MESSAGE DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II AUX JEUNES DU MONDE À L'OCCASION DE LA VIe JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE 1991
« Vous avez reçu un esprit de fils » (Rm 8,15)
Très chers jeunes,
1. Les Journées Mondiales de la Jeunesse marquent des étapes importantes dans la vie de l’Eglise qui cherche à rendre plus intense son effort d’évangélisation dans le monde contemporain, dans la perspective de l’an 2000. En proposant chaque année à votre méditation certaines vérités essentielles de l’enseignement évangélique, elles visent à alimenter votre foi et à imprimer un nouvel élan à votre apostolat. Le thème choisi pour cette VIe Journée Mondiale de la Jeunesse est tiré des paroles de Saint Paul: « Vous avez reçu un esprit de fils » (Rm 8,15). Ce sont des paroles qui nous introduisent dans le mystère le plus profond de la vocation chrétienne: selon le dessein divin, en effet, nous sommes appelés à devenir fils de Dieu dans le Christ, par l’Esprit Saint. Comment ne pas être étonnés devant cette perspective vertigineuse? L’homme – un être créé et limité, et même pécheur – est destiné à être fils de Dieu! Comment ne pas s’exclamer avec Saint Jean: « Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu - car nous le sommes » (1 Jn 3,1)? Comment rester indifférents face à ce défi de l’amour paternel de Dieu qui nous invite à une communion de vie si profonde et si intime? En célébrant la prochaine Journée Mondiale, laissez ce saint étonnement vous envahir et inspirer à chacun de vous une adhésion toujours plus filiale envers Dieu, notre Père.
2. « Vous avez reçu un esprit de fils...» L’Esprit Saint, véritable auteur de notre filiation divine, nous a engendrés à une vie nouvelle dans les eaux du Baptême. A partir de ce moment, il « se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu » (Rm 8,16). Que comporte, dans la vie du chrétien, être enfant de Dieu? Saint Paul écrit: « En effet, tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu » (Rm 8,14). Etre fils de Dieu signifie donc accueillir l’Esprit Saint, se laisser guider par Lui, être ouverts à son action dans notre histoire personnelle et dans l’histoire du monde. A vous tous, jeunes, à l’occasion de cette Journée Mondiale de la Jeunesse, je dis: Recevez l’Esprit Saint et soyez forts dans la foi! « Car ce n’est pas un esprit de crainte que Dieu nous a donné, mais un Esprit de force, d’amour et de maîtrise de soi » (2 Tm 1,7). « Vous avez reçu un esprit de fils...». Les fils de Dieu, c’est-à-dire les hommes renés dans le Baptême et fortifiés par la Confirmation, figurent parmi les premiers bâtisseurs d’une nouvelle civilisation, la civilisation de la vérité et de l’amour: ils sont la lumière du monde et le sel de la terre (cf. Mt 5, 3-16). Je songe aux profonds changements qui surviennent dans le monde. Les portes de l’espérance d’une vie plus digne et plus humaine s’ouvrent devant de nombreux peuples. A ce propos, me reviennent à l’esprit les paroles, vraiment prophétiques, du Concile Vatican II: « L’Esprit de Dieu qui, par une providence admirable, conduit le cours des temps et rénove la face de la terre, est présent à cette évolution » (Gaudium et spes, 26). Oui, l’Esprit des fils de Dieu est une force propulsive de l’histoire des peuples. Il suscite à chaque époque des hommes nouveaux qui vivent dans la sainteté, dans la vérité et dans la justice. Le monde qui, au seuil de l’an 2000, cherche anxieusement les voies d’une société plus solidaire, a un urgent besoin de pouvoir compter sur des personnes qui, grâce précisément à l’Esprit Saint, sachent vivre en véritables enfants de Dieu.
3. « Et la preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie: Abba, Père! Aussi n’es-tu plus esclave, mais fils; fils, et donc héritier de par Dieu » (Ga 4,6-7). Saint Paul nous parle de l’héritage des fils de Dieu. Il s’agit d’un don de vie éternelle, mais en même temps d’une tâche à réaliser dès aujourd’hui, d’un projet de vie fascinant surtout pour vous, les jeunes, qui portez au fond de vos cœurs la nostalgie de hauts idéaux. La sainteté est l’héritage essentiel des fils de Dieu. Le Christ dit: « Vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5,48). Elle consiste à accomplir la volonté du Père en toute circonstance de la vie. C’est la voie royale que Jésus lui-même nous a indiquée: « Ce n’est pas en me disant: Seigneur, Seigneur, qu’on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les cieux » (Mt 7,21). Je vous répète, aujourd’hui encore, ce que j’ai dit à Saint-Jacques-de-Compostelle: « Jeunes, n’ayez pas peur d’être saints!». Volez à haute altitude, soyez parmi ceux qui visent des objectifs dignes des enfants de Dieu. Glorifiez Dieu par votre vie!
4. L’héritage des fils de Dieu comporte l’amour fraternel à l’exemple de Jésus, aîné d’une multitude de frères (cf. Rm 8,29). « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15,12). En invoquant Dieu comme « Père », on ne peut pas ne pas reconnaître dans son prochain – quel qu’il soit – un frère qui a droit à notre amour. Voici le grand engagement des fils de Dieu: œuvrer à l’édification d’une vie en commun fraternelle entre tous les peuples. N’est-ce pas de cela dont le monde a besoin aujourd’hui? On remarque à l’intérieur des nations la soif d’une unité qui abatte toute frontière d’indifférence et de haine. Un grand devoir vous incombe, particulièrement à vous les jeunes: celui de bâtir une société plus juste et solidaire.
5. Une autre prérogative des enfants de Dieu est la liberté: elle aussi fait partie de leur héritage. On touche ici à un sujet auquel vous les jeunes êtes particulièrement sensibles, parce qu’il s’agit d’un don immense placé par le Créateur entre nos mains. Mais c’est un don qu’il faut bien employer. Combien de fausses formes de liberté conduisent à l’esclavage! Dans l’Encyclique Redemptor Hominis, j’ai écrit à ce propos: « Jésus-Christ va à la rencontre de l’homme de toute époque, y compris de la nôtre, avec les mêmes paroles: “Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres” (Jn 8,32). Ces paroles contiennent une exigence fondamentale et en même temps un avertissement: l’exigence d’honnêteté vis-à-vis de la vérité comme condition d’une authentique liberté; et aussi l’avertissement d’éviter toute liberté apparente, toute liberté superficielle et unilatérale, toute liberté qui n’irait pas jusqu’au fond de la vérité sur l’homme et sur le monde. Aujourd’hui encore, après deux mille ans, le Christ nous apparaît comme Celui qui apporte à l’homme la liberté fondée sur la vérité...» (n. 12). « C’est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés » (Ga 5,1). La libération accomplie par le Christ est libération du péché, racine de tous les esclavages humains. Saint Paul dit: « Jadis esclaves du péché, vous vous êtes soumis cordialement à la règle de doctrine à laquelle vous avez été confiés, et, affranchis du péché, vous avez été asservis à la justice » (Rm 6,17-18). La liberté est donc un don et, en même temps, un devoir fondamental de chaque chrétien: « Vous n’avez pas reçu un esprit d’esclaves...» (Rm 8,15), avertit l’Apôtre. La liberté extérieure, garantie par de justes lois civiles, est importante et nécessaire, et nous nous réjouissons à juste titre aujourd’hui de voir augmenter le nombre des pays où les droits fondamentaux de la personne humaine sont respectés, même si cela a souvent coûté un prix élevé de sacrifices et de sang. Mais la liberté extérieure – pour précieuse qu’elle soit – ne peut suffire à elle seule. Elle doit avoir pour racine la liberté intérieure, spécifique des enfants de Dieu, qui vivent selon l’Esprit (cf. Ga 5,16), et qui sont guidés par une conscience morale droite, capable de choisir le vrai bien. « Où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté » (2 Co 3,17). Cette route est la seule possible pour construire une humanité mûre et digne de ce nom. Vous voyez donc comme il est grand et exigeant l’héritage des fils de Dieu auquel vous êtes appelés. Accueillez-le avec gratitude et responsabilité. Ne le gaspillez pas! Ayez le courage de le vivre chaque jour d’une manière cohérente et annoncez-le aux autres. Ainsi le monde deviendra, toujours davantage, la grande famille des enfants de Dieu.
6. Au cœur de la Journée Mondiale de la Jeunesse 1991 figurera un nouveau rassemblement mondial des jeunes. Cette fois, au terme des rencontres et des célébrations habituelles dans les diocèses, nous nous retrouverons ensemble au Sanctuaire de la Vierge Noire de Częstochowa, en Pologne, dans ma patrie. Dans le souvenir du pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle (1989), beaucoup d’entre vous accourront avec joie à ce rendez-vous, en la Solennité de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, les 14 et 15 août 1991. Nous porterons avec nous, dans nos cœurs et dans nos prières, les jeunes du monde entier. Mettez-vous donc dès maintenant en marche vers la maison de la Mère du Christ et notre Mère, pour méditer, sous son regard plein d’amour, sur le thème de la VIe Journée: « Vous avez reçu un esprit de fils...». Où peut-on le mieux apprendre ce que signifie être fils de Dieu sinon aux pieds de la Mère de Dieu? Marie est notre meilleur Guide. Elle s’est vue confier un rôle fondamental dans l’histoire du salut: « Mais, quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sujet de la Loi, afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l’adoption filiale » (Ga 4,4). Où, sinon dans son cœur maternel, peut être mieux gardé l’héritage des fils de Dieu promis par le Père? Nous portons ce don dans des vases d’argile. Notre pèlerinage sera donc, pour chacun de nous, un grand acte de consécration à Marie. Nous nous rendrons dans un sanctuaire qui revêt une signification toute particulière, comme lieu d’évangélisation et de conversion, pour le peuple polonais vers lequel convergent des milliers de pèlerins provenant de tout le pays et du monde entier. Depuis plus de 600 ans, au monastère de Jasna Góra à Częstochowa, Marie est vénérée dans l’icône miraculeuse de la Vierge Noire. Dans les moments les plus difficiles de son histoire, le peuple polonais a retrouvé là, dans la maison de la Mère, la force de la foi et l’espérance, sa propre dignité et l’héritage des enfants de Dieu. Pour tous, jeunes de l’Est et de l’Ouest, du Nord et du Sud, le pèlerinage à Częstochowa sera un témoignage de foi devant le monde entier. Ce sera un pèlerinage de liberté à travers les frontières des Etats qui s’ouvrent toujours plus au Christ, Rédempteur de l’homme.
7. Par ce message, j’entends ouvrir le chemin de préparation spirituelle aussi bien à la VIe Journée Mondiale de la Jeunesse qu’au pèlerinage à Częstochowa. Ces réflexions veulent aider à entreprendre ce chemin, qui est surtout un chemin de foi, de conversion et de retour à l’essentiel dans notre vie. A vous, jeunes des pays de l’Est européen, j’adresse un encouragement particulier. Ne manquez pas ce rendez-vous, qui s’annonce dès maintenant comme une rencontre mémorable entre les jeunes Eglises de l’Est et de l’Ouest. Votre présence à Częstochowa constituera un témoignage de foi d’une énorme signification. Et vous, très chers jeunes de ma Pologne bien-aimée, vous êtes appelés, cette fois, à accueillir vos amis, qui arriveront de tous les coins du monde. Pour vous et pour l’Eglise de Pologne, cette rencontre, à laquelle je prendrai part moi aussi, constituera un don spirituel extraordinaire en ce moment historique que vous êtes en train de vivre, si rempli d’espérance pour l’avenir. Spirituellement agenouillé devant l’image de la Vierge Noire de Częstochowa, je confie à sa protection pleine d’amour le déroulement tout entier de la VIe Journée Mondiale de la Jeunesse. A vous tous, très chers jeunes, ma Bénédiction cordiale et paternelle.
Du Vatican, le 15 août 1990, Solennité de l’Assomption de la Très-Sainte Vierge Marie.
IOANNES PAULUS PP. II
MESSAGE DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II AUX JEUNES DU MONDE À L'OCCASION DE LA VIIe JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE 1992
« Allez dans le monde entier et proclamez l’Evangile » (Mc 16, 15)
Très chers Jeunes,
1. Le Seigneur a béni d’une façon vraiment extraordinaire, la VIe Journée Mondiale de la Jeunesse, célébrée au mois d’août dernier auprès du Sanctuaire de Jasna Góra à Częstochowa. En venant vous annoncer le thème de la prochaine Journée, je retourne en pensée à ces moments merveilleux, et je rends grâce à la divine Providence pour les fruits spirituels que cette Rencontre Mondiale a portés non seulement à l’Eglise, mais à l’humanité tout entière.
Combien je voudrais que se répande partout le souffle de l’Esprit Saint que nous avons senti à Częstochowa! En ces jours inoubliables, le Sanctuaire Marial était devenu le cénacle d’une nouvelle Pentecôte, avec ses portes grandes ouvertes vers le troisième Millénaire. Une fois encore, le monde a pu voir l’Eglise si jeune et si missionnaire, pleine de joie et d’espérance.
J’ai éprouvé un bonheur immense à voir tant de jeunes qui, pour la première fois, se sont trouvés ensemble, venant de l’Est et de l’Ouest, du Nord et du Sud, unis par l’Esprit Saint dans le lien de la prière. Nous avons vécu un événement historique, un événement dont la portée salvifique incommensurable a ouvert une nouvelle étape dans le chemin de l’évangélisation dont les jeunes sont les protagonistes.
Nous voici donc arrivée à la VIIe Journée Mondiale de la Jeunesse 1992. Comme thème de cette année j’ai choisi les paroles du Christ: «Allez dans le monde entier et proclamez l’Evangile » (Mc 16,15). Ces paroles, adressées aux Apôtres, atteignent, à travers l’Eglise, tous les baptisés. Comme on le voit facilement, il s’agit d’un thème lié intimement à celui de l’année dernière. Le même Esprit qui nous a faits fils de Dieu nous pousse à l’évangélisation. La vocation chrétienne implique, en effet, une mission.
A la lumière du mandat missionnaire que le Christ nous a confié, se révèlent avec plus de clarté le sens et l’importance des Journées Mondiales de la Jeunesse dans l’Eglise. Par leur participation à ces rassemblements, les jeunes veulent confirmer et renforcer leur propre « oui » au Christ et à son Eglise; ils répètent, avec les paroles du prophète Isaïe: « Me voici, envoie-moi!» (cf. Is 6,8). Ce fut là précisément le sens du rite d’envoi qui a eu lieu à Częstochowa, lorsque j’ai remis des cierges allumés à quelques-uns de vos représentants, en invitant tous les jeunes à porter dans le monde la lumière du Christ. Oui, à Jasna Góra – sur le « Mont Clair » – l’Esprit Saint a allumé une lumière qui est un signe d’espérance pour l’Eglise et pour toute l’humanité.
2. L’Eglise est, par sa nature, une communauté missionnaire (cf. Ad gentes, 2). Elle vit constamment dans la tension de cet élan missionnaire qu’elle a reçu de l’Esprit Saint le jour de la Pentecôte: « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins » (Ac 1,8). L’Esprit Saint est, en effet, le protagoniste de toute la mission ecclésiale (cf. Redemptoris missio, III).
Par conséquent, la vocation chrétienne, elle aussi, est tendue vers l’apostolat, vers l’évangélisation, vers la mission. Tout baptisé est appelé par le Christ à devenir son apôtre dans son propre milieu de vie et dans le monde: « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jn 20,21). A travers son Eglise, le Christ vous confie la mission fondamentale de communiquer aux autres le don du salut, et vous invite à participer à la construction de son Règne. Il vous choisit, malgré les limites de chacun, parce qu’il vous aime et il a confiance en vous. Cet amour du Christ, si inconditionnel, doit être l’âme même de votre apostolat, selon les paroles de saint Paul: « L’amour du Christ nous presse » (2Co 5,14).
Etre disciples du Christ n’est pas un fait privé. Au contraire, le don de la foi doit être partagé avec les autres. C’est pourquoi le même Apôtre écrit: « Prêcher l’Evangile en effet n’est pas pour moi un titre de gloire; c’est une nécessité qui m’incombe. Oui, malheur à moi si je ne prêchais pas l’Evangile!» (1Co 9,16). N’oubliez pas, d’ailleurs, que la foi se fortifie et croit lorsque précisément on la donne aux autres (cf. Redemptoris missio, 2).
3. « Allez dans le monde entier »
Les terres de mission où vous êtes appelés à œuvrer ne se situent pas nécessairement dans les pays lointains; elles peuvent se trouver dans le monde entier, même dans vos milieux de vie quotidienne. Dans les pays de la plus ancienne tradition chrétienne, il y a aujourd’hui un besoin urgent de remettre en lumière l’annonce de Jésus par le moyen d’une nouvelle évangélisation; il y a encore une multitude largement répandue de personnes qui ne connaissent pas le Christ ou qui le connaissent peu. Nombreux sont ceux qui, pris dans les mécanismes du sécularisme et de l’indifférentisme religieux, se sont éloignés du Christ (cf. Christifideles laici, 4).
Le monde des jeunes constitue lui-même une terre de mission pour l’Eglise contemporaine. Tous connaissent les problèmes qui tourmentent les milieux de la jeunesse: la chute des valeurs, le doute, le consumisme, la drogue, la délinquance, l’érotisme, etc. Mais il y a en même temps chez tout jeune une grande soif de Dieu, qui se cache parfois derrière une attitude d’indifférence ou même d’hostilité. Combien de jeunes, égarés et insatisfaits, sont allés à Częstochowa pour donner à leur propre vie un sens plus profond et décisif! Combien sont venus de loin – non seulement du point de vue géographique – même sans être baptisés! Je suis sûr que pour la vie de nombreux jeunes la rencontre de Częstochowa a été une forme de « préparation évangélique »; pour certains, elle a marqué même un tournant essentiel, l’occasion d’une conversion authentique.
La moisson est abondante! Et pourtant, tandis qu’il y a tant de jeunes qui cherchent le Christ, il y a encore peu d’apôtres capables de l’annoncer d’une façon qui inspire la confiance. Nous avons besoin de tant de prêtres, de maîtres et d’éducateurs dans la foi, mais nous avons besoin aussi de jeunes animés d’esprit missionnaire, parce que « les jeunes doivent devenir les premiers apôtres des jeunes, en contact direct avec eux, exerçant l’apostolat par eux-mêmes et entre eux » (Apostolicam actuositatem, 12). C’est là une pédagogie fondamentale de la foi. Voilà donc la grande tâche qui vous incombe!
Le monde d’aujourd’hui lance de nombreux défis à votre engagement ecclésial. En particulier, l’écroulement du système marxiste dans les pays de l’Europe centrale et orientale et, comme conséquence, l’ouverture de nombreux pays à l’annonce du Christ, constituent un nouveau signe des temps auquel l’Eglise est appelée à donner une réponse adéquate. De même, l’Eglise cherche les voies qui permettent de surmonter les barrières de nature diverse qui restent dans beaucoup d’autres pays. Il y faut absolument l’élan et l’enthousiasme que vous, précisément, très chers jeunes, vous pouvez offrir à l’Eglise.
4. « Proclamer l’Evangile »
Annoncer le Christ veut dire avant tout être ses témoins par la vie. Il s’agit de la forme d’évangélisation la plus simple et, en même temps, la plus efficace dont vous disposez. Elle consiste à manifester la présence visible du Christ dans sa propre existence, à travers l’engagement quotidien et la cohérence avec l’Evangile de tout choix concret. Aujourd’hui le monde a besoin avant tout de témoins croyables. Vous, chers jeunes, qui aimez tant l’authenticité des personnes et qui condamnez presque instinctivement toute sorte d’hypocrisie, vous êtes prêts à offrir au Christ un témoignage limpide et sincère.
Témoigner donc votre foi, à travers aussi votre engagement dans le monde. Le disciple du Christ n’est jamais un observateur passif et indifférent devant les événements. Au contraire, il se sent responsable de la transformation de la réalité sociale, politique, économique et culturelle.
Annoncer, en outre, veut dire précisément proclamer, se faire porteur aux autres de la Parole du salut. Beaucoup de personnes rejettent Dieu par ignorance. Il y a, en effet, beaucoup d’ignorance en ce qui concerne la foi chrétienne, mais il y a aussi un désir profond d’écouter la Parole de Dieu. Et la foi naît de l’écoute. Saint Paul écrit: « Comment croire sans d’abord l’entendre? Et comment entendre sans prédicateur?» (Rm 10,14). Annoncer la Parole de Dieu, chers jeunes, ne revient pas seulement aux prêtres ou aux religieux; cela vous revient aussi à vous. Vous devez avoir le courage de parler du Christ dans vos familles, dans votre milieu d’étude, de travail ou de loisirs; vous devez être animés de la ferveur même des Apôtres lorsqu’ils affirmaient: « Nous ne pouvons pas ne pas publier ce que nous avons vu et entendu » (Ac 4,20). Vous non plus, vous ne devez pas vous taire! Il y a des lieux et des situations où vous êtes seuls à pouvoir porter la semence de la Parole de Dieu.
N’ayez pas peur de proposer le Christ à celui qui ne le connaît pas encore. Le Christ est la vraie réponse, la réponse la plus complète à toutes les questions qui concernent l’homme et son destin. Sans lui, l’homme reste une énigme sans solution. Ayez donc le courage de proposer le Christ! Certes, il faut le faire avec le respect qui est dû à la liberté de conscience de chacun, mais il faut le faire (cf. Redemptoris missio, 39). Aider un frère ou une sœur à découvrir le Christ, Voie, Vérité et Vie (cf. Jn 14,6), c’est un vrai acte d’amour envers le prochain.
Parler de Dieu, aujourd’hui, ce n’est pas une tâche facile. Souvent on rencontre un mur d’indifférence, et même une certaine hostilité. Combien de fois vous serez tentés de répéter avec le prophète Jérémie: « Ah, Seigneur Dieu, vois, je ne sais pas porter la parole: je suis jeune!». Mais Dieu répond toujours: « Ne dis pas: ‘Je suis jeune’! Mais va vers tous ceux à qui je t’enverrai » (Jr 1,6-7). Donc, ne vous découragez pas, parce que vous n’êtes jamais seuls. Le Seigneur ne manquera pas de vous accompagner, comme il l’a promis: « Moi, je suis avec vous pour toujours, jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20).
5. « Allez dans le monde entier et proclamez l’Evangile »
Le thème de la VIIe Journée Mondiale de la Jeunesse vous invite aussi à regarder l’histoire des peuples, en particulier l’histoire de leur évangélisation.
Dans certains cas il s’agit d’une histoire très ancienne, dans d’autres c’est, au contraire, une histoire récente. Mais c’est merveilleux, le dynamisme avec lequel justement les Eglises plus jeunes croissent dans la foi, enrichissant le patrimoine spirituel de l’Eglise universelle tout entière.
A l’occasion de cette Journée, très chers jeunes du monde entier, je vous invite à réfléchir, à la lumière de la foi, sur les figures des apôtres et missionnaires qui furent les premiers à lever la Croix du Christ dans vos pays. Cherchez de tirer de leur exemple le zèle et le courage pour mieux confronter les défis de notre temps.
Avec reconnaissance pour le don de la foi qu’ils ont porté aux peuples, ayez la volonté d’assumer en première personne la responsabilité de l’héritage de la Croix du Christ, que vous êtes appelés à transmettre aux générations futures.
A ce propos, je désire adresser un encouragement spécial aux jeunes du Continent de l’Amérique Latine, où cette année on célèbre le Ve Centenaire de la première évangélisation. Cet événement, qui est d’une grande importance pour l’Eglise entière, est pour vous une occasion de remercier le Seigneur pour la foi qu’il vous a donnée et pour renouveler votre engagement devant les défis de la nouvelle évangélisation, au seuil du troisième Millénaire.
6. La publication de ce Message inaugure le chemin de préparation spirituelle à la célébration de la prochaine Journée Mondiale de la Jeunesse, qui vous réunira autour de vos Evêques, le jour du Dimanche des Rameaux.
Le caractère ordinaire de la célébration ne doit pas signifier, cependant, un engagement mineur. Au contraire, je vous invite, vous, les jeunes et les animateurs de la pastorale de la jeunesse, en même temps que les responsables des mouvements, associations et communautés ecclésiales, à intensifier votre effort, afin que ce chemin se transforme en une véritable école d’évangélisation et de formation apostolique.
J’espère que de nombreux jeunes, garçons et filles, voudront consacrer leur propre vie au Christ et à son Eglise, comme prêtres, religieux et religieuses, ou bien comme laïcs disposés à quitter leur propre pays pour se rendre là où deviennent plus rares les ouvriers de la vigne du Christ. Ecoutez donc attentivement la voix du Seigneur qui, aujourd’hui encore, ne cesse de vous appeler, comme il appela Pierre et André: « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes » (Mt 4,19).
A l’approche de l’an 2000, l’Eglise sent la nécessité d’un élan missionnaire renouvelé et, pour cela, elle met en vous, très chers jeunes, un grand espoir. N’oubliez pas de remercier chaque jour l’Esprit Saint qui continue d’allumer tant de foyers d’engagement apostolique dans l’Eglise d’aujourd’hui. Les communautés paroissiales vivantes et dynamiques en constituent un terrain très fertile, comme aussi les associations, les mouvements ecclésiaux et les nouvelles communautés qui croissent et se répandent avec une telle abondance de charismes, surtout dans les milieux de jeunes. C’est là un nouveau souffle que l’Esprit Saint donne à notre temps: combien je voudrais voir ce souffle entrer dans la vie de chacun d’entre vous!
Je confie à Marie, Reine des Apôtres, la célébration de la Journée Mondiale de la Jeunesse 1992. Qu’elle vous enseigne que, pour porter Jésus aux autres, il n’est pas nécessaire d’accomplir des gestes extraordinaires, mais qu’il faut tout simplement avoir un cœur tout plein d’amour pour Dieu et pour les autres, un amour qui nous pousse à partager les trésors inestimables de la foi, de l’espérance et de la charité.
Que vous accompagne, très chers jeunes, tout le long du chemin de préparation à la VIIe Journée Mondiale de la Jeunesse, ma spéciale Bénédiction Apostolique.
Du Vatican, le 24 novembre 1991, Solennité de N. S. Jésus-Christ, Roi de l’Univers.
IOANNES PAULUS PP. II