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HOMÉLIE DU PAPE JEAN PAUL II, Mercredi des Cendres, 17 février 1999
1. « Revenez à Yahvé, votre Dieu, car il est tendresse et pitié... » (Jl 2, 13).
Avec cette exhortation, tirée du livre du prophète Joël, l'Église inaugure le pèlerinage quadragésimal, temps favorable au retour : retour à Dieu, dont nous nous sommes éloignés. En effet, c'est là le sens de l'itinéraire pénitentiel qui commence aujourd'hui, Mercredi des Cendres : retourner à la maison du Père, en portant dans son cœur la confession de sa faute. Le Psalmiste nous invite à répéter : « Pitié pour moi, Dieu, en ta bonté, en ta grande tendresse efface mon péché » (Ps 51 [50], 3). Avec ces sentiments, chacun entreprend le chemin quadragésimal, dans la conviction que le Père, qui « voit dans le secret » (Mt 6, 4.6.18) va à la rencontre du pécheur repenti sur la voie du retour. Comme dans la parabole du fils prodigue, il l'embrasse et lui fait comprendre que, en retournant à la maison, il a retrouvé la dignité de fils : mon fils « était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé » (Lc 15, 24).
En cette année consacrée en particulier à Dieu le Père, le Carême assume plus encore la valeur d'un temps propice pour accomplir un chemin authentique de conversion, pour retourner, le cœur repenti, au Père de tous, qui est « tendresse et pitié, lent à la colère, riche en grâce » (Jl 2, 13).
2. Le très ancien et suggestif rite des cendres ouvre aujourd'hui cet itinéraire pénitentiel. En imposant les cendres sur le front des fidèles, le célébrant adresse à chacun l'avertissement suivant : « Souviens-toi que tu es poussière, et que tu redeviendras poussière ! » (cf. Gn 3, 19).
Ces paroles font elles aussi référence à un « retour » : le retour à la poussière. Elles font allusion à la nécessité de la mort et invitent à ne pas oublier que nous sommes de passage en ce monde.
Dans le même temps, toutefois, à travers l'image de la poussière, cette expression rappelle à l'esprit la vérité du créé, en faisant allusion à la richesse de la dimension cosmique dont fait partie la créature humaine. Le Carême fait mémoire de l'œuvre de salut, pour faire prendre conscience à l'homme que la mort, réalité avec laquelle il doit se confronter en permanence, n'est pas toutefois une vérité originelle. En effet, au début, celle-ci n'existait pas, mais, comme triste conséquence du péché, « c'est par l'envie du diable que la mort est entrée dans le monde » (Sg 2, 24), devenant l'héritage commun des êtres humains.
Avant tout autre créature, les paroles : « Souviens-toi que tu es poussière, et que tu redeviendras poussière ! » sont adressées à l'homme, créé par Dieu à son image et placé au centre de l'univers. En lui rappelant qu'il doit mourir, Dieu ne renie pas le projet initial, mais le confirme au contraire et le rétablit de façon particulière, après la rupture provoquée par la faute originelle. Cette confirmation est advenue dans le Christ, qui a assumé librement le poids du péché et a voulu subir la mort. Le monde est devenu ainsi le théâtre de sa passion et de sa mort salvifique. Voilà le mystère pascal, vers lequel le temps du Carême nous oriente de façon toute particulière.
3. « Souviens-toi que tu es poussière, et que tu redeviendras poussière ! ».
La mort de l'homme a été vaincue par la mort du Christ. Si, donc, le temps du Carême nous conduit à revivre les événements dramatiques du Golgotha, il le fait toujours et exclusivement pour nous préparer à nous immerger ensuite dans l'événement pascal, c'est-à-dire dans la joie lumineuse de la résurrection.
C'est dans ce sens que nous pouvons comprendre l'autre exhortation que l'Église adresse aujourd'hui aux fidèles lors de l'imposition des cendres : « Repentez-vous et croyez à l'Évangile » (Mc 1, 15). Que signifie en effet, « croire à l'Évangile », sinon accepter la vérité de la résurrection, avec tout ce qu'elle comporte ? Depuis le premier jour du Carême, nous entrons donc dans cette perspective salvifique, nous exclamant avec le Psalmiste : « Dieu, crée en moi un cœur pur, restaure en ma poitrine un esprit ferme [...] Seigneur, ouvres mes lèvres, et ma bouche publiera ta louange » (Ps 51 [50], 12.17).
4. Le Carême est un temps de prière intense et de louange prolongée ; il s'agit d'un temps de pénitence et de jeûne. Mais à côté de l'oraison et du jeûne, la liturgie nous invite à remplir notre journée d'œuvres de charité. Tel est le culte qui plaît à Dieu ! Comme j'ai eu l'occasion de le rappeler dans le Message pour le Carême, ce temps est une période propice pour penser aux trop nombreux « Lazare » qui attendent de recueillir quelques miettes de la table des riches (cf. n. 4). L'image qui est face à nous est celle du banquet, symbole de la sollicitude providentielle du Père céleste pour l'humanité tout entière (cf. n. 1). Tous doivent pouvoir y participer. C'est pourquoi les pratiques quadragésimales du jeûne et de la charité, en plus d'exprimer l'ascèse personnelle, revêtent une importante valeur communautaire et sociale : elles rappellent l'exigence de « convertir » le modèle de développement, pour une distribution plus juste des biens, afin de pouvoir vivre tous dignement, en préservant dans le même temps le créé.
Mais tout cela commence par un profond changement de mentalité et, de façon plus radicale, par la conversion du cœur. Comme cette invocation devient alors urgente et opportune : « Ô Dieu, crée en moi un cœur pur, restaure en ma poitrine un esprit ferme ! ».
Oui, crée en nous, ô Père, un cœur pur,
restaure en notre poitrine un esprit ferme,
« afin que nous affrontions victorieux avec les armes de la pénitence le combat contre l'esprit du mal » (Collecte).
Amen !


HOMÉLIE DU PAPE JEAN PAUL II, Dimanche des Rameaux 28 mars 1999, XIVème Journée mondiale de la Jeunesse
1. « Il [le Christ] s'humilia plus encore, obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur une croix ! » (Ph 2, 8).
La célébration de la Semaine Sainte commence par l'« hosanna ! » de ce Dimanche des Rameaux et atteint son point culminant dans le « crucifige ! » du Vendredi Saint. Mais ce n'est pas un contresens ; il s'agit plutôt du cœur du mystère que la liturgie désire proclamer : Jésus s'est volontairement livré à sa passion, il n'a pas été écrasé par des forces plus puissantes que Lui (cf. Jn 10, 18). C'est Lui-même qui, scrutant la volonté du Père, a compris que son heure était venue et l'a accueillie avec la libre obéissance du Fils et avec un amour infini pour les hommes.
Jésus a porté nos péchés sur la croix et nos péchés ont porté Jésus sur la croix : Il a été écrasé par notre iniquité (cf. Is 53, 5). Natân répondit à David, qui recherchait le responsable du délit que lui avait rapporté le prophète : « Cet homme, c'est toi ! » (2 S 12, 7). La Parole de Dieu, à qui nous demandons qui est le responsable de la mort de Jésus, nous répond la même chose : « Cet homme, c'est toi ! ». En effet, le procès et la passion de Jésus se poursuivent dans le monde d'aujourd'hui et sont renouvelés par chaque personne qui, s'abandonnant au péché, ne fait que répéter l'exclamation : « Pas lui, mais Barabbas ! Crucifige ! »
2. En regardant Jésus au cours de sa passion, nous voyons comme dans un miroir les souffrances de l'humanité ainsi que nos histoires personnelles. Le Christ, bien que sans péché, a pris sur lui ce que l'homme ne pouvait porter : l'injustice, le mal, le péché, la haine, la souffrance et, pour finir, la mort. Dans le Christ, le Fils de l'homme humilié et qui souffre, Dieu aime tous les hommes, pardonne à tous et confère sa signification ultime à l'existence humaine.
Nous sommes ici ce matin pour recueillir ce message du Père qui nous aime. Nous pouvons nous demander : que nous veut-Il ? Il veut que, en regardant Jésus, nous acceptions de Le suivre dans sa passion pour partager avec Lui la résurrection. En ce moment, les paroles que Jésus adressa à ses disciples reviennent à l'esprit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez, et le baptême dont je vais être baptisé, vous en serez baptisés » (Mc 10, 39) ; « Si quelqu'un veut venir à ma suite..., qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera » (Mt 16, 24-25).
L'« hosanna » et le « crucifige » deviennent ainsi la mesure d'une façon de concevoir la vie, la foi et le témoignage chrétien : on ne doit pas se décourager face aux défaites, ni se vanter des victoires car, comme pour le Christ, l'unique victoire est la fidélité à la mission reçue du Père. « Aussi Dieu l'a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au dessus de tout nom » (Ph 2, 9).
3. La première partie de la célébration d'aujourd'hui nous a fait revivre l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Qui, en ce jour fatidique, eut l'intuition que Jésus de Nazareth, le Maître qui parlait avec autorité (cf. Lc 4, 32) était le Messie, le fils de David, le Sauveur attendu et promis ? Ce fut le peuple, et les plus enthousiastes et actifs dans le peuple furent les jeunes, qui devinrent ainsi, d'une certaine façon, les « hérauts » du Messie. Ils comprirent que c'était l'heure de Dieu, l'heure espérée et bénie, attendue pendant des siècles par Israël et, en agitant des rameaux d'oliviers et de palmiers, ils décrétèrent le triomphe de Jésus.
En continuité d'esprit avec cet événement, nous célébrons depuis désormais quatorze ans la Journée mondiale de la Jeunesse, au cours de laquelle les jeunes, rassemblés autour de leurs pasteurs, professent et proclament avec joie leur foi dans le Christ, s'interrogent sur leurs aspirations les plus profondes, font l'expérience de la communion ecclésiale, confirment et renouvellent leur propre engagement à la tâche pressante de la nouvelle évangélisation.
Ils cherchent le Seigneur dans le cœur du Mystère pascal. Le mystère de la Croix glorieuse devient pour eux le grand don et, dans le même temps, le signe de la maturité de la foi. Avec sa Croix, symbole universel de l'Amour, le Christ guide les jeunes du monde dans la grande « assemblée » du Royaume de Dieu, qui transforme les cœurs et les sociétés.
Comment ne pas louer Dieu, qui révèle aux jeunes les secrets de son Royaume (cf. Mt 11, 25), pour tous les fruits de bien et de témoignage chrétien que cette heureuse initiative a suscités ?
La Journée mondiale de la Jeunesse d'aujourd'hui est la dernière avant le grand rendez-vous jubilaire, la dernière de ce siècle et de ce millénaire : elle revêt donc une importance singulière. Puisse-t-elle, grâce à la contribution de tous, constituer une profonde expérience de foi et de communion ecclésiale.
4. Les jeunes de Jérusalem acclamaient : « Hosanna au Fils de David ! » (Mt 21, 9). Chers jeunes, mes amis, voulez-vous vous aussi, comme les jeunes de votre âge de ce jour lointain, reconnaître Jésus comme le Messie, le Sauveur, le Maître, le Guide, l'Ami de votre vie ? Rappelez-vous : Lui seul connaît en profondeur ce qui se trouve dans chaque être humain (cf. Jn 2, 25) ; Lui seul lui enseigne à s'ouvrir au mystère et à appeler Dieu avec le nom du Père, « Abbà » ; Lui seul rend capable d'un amour gratuit pour son prochain, accueilli et reconnu comme « frère » et « sœur ».
Chers jeunes ! Allez avec joie à la rencontre du Christ, qui rend votre jeunesse joyeuse. Cherchez-Le et rencontrez-Le à travers l'adhésion à sa parole et à sa mystérieuse présence ecclésiale et sacramentelle. Vivez avec Lui dans la fidélité à l'Évangile, exigeant, il est vrai, jusqu'au sacrifice, mais dans le même temps unique source d'espérance et de véritable bonheur. Aimez-Le dans le visage du frère qui a besoin de justice, d'aide, d'amitié et d'amour.
À la veille du nouveau millénaire, votre heure est venue. Le monde contemporain vous ouvre de nouveaux sentiers et vous appelle à être des messagers de foi et de joie, comme l'expriment les rameaux d'oliviers et de palmiers que vous tenez aujourd'hui dans les mains, symbole d'un nouveau printemps de grâce, de beauté et de paix. Le Seigneur Jésus est avec vous et vous accompagne !
5. Avec la Semaine Sainte, l'Église entre avec impatience chaque année dans le Mystère pascal, en commémorant la mort et la résurrection du Seigneur.
C'est précisément en vertu du Mystère pascal, dont elle naît, qu'elle peut proclamer face au monde, à travers les paroles et les œuvres de ses enfants : « Jésus-Christ est le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (Ph 2, 11).
Oui ! Jésus-Christ est le Seigneur ! Il est le Seigneur du temps et de l'histoire ; le Rédempteur et le Sauveur de l'homme. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna !
Amen !
MESSE CHRISMALE EN LA BASILIQUE VATICANE


HOMÉLIE DU PAPE JEAN PAUL II, Jeudi saint 1er avril 1999
1. « Il nous aime et nous a lavés de nos péchés par son sang, il a fait de nous une royauté de prêtres, pour son Dieu et Père : à lui donc la gloire et la puissance pour les siècles des siècles » (Ap 1, 5-6).
Le Christ, le Prêtre de l'Alliance nouvelle et éternelle, est entré au moyen de son sang dans le sanctuaire céleste, après avoir accompli une fois pour toute la rémission des péchés de l'humanité tout entière.
Au seuil du Triduum sacrum, les prêtres de toutes les Églises particulières du monde se rencontrent avec leurs Ordinaires pour la solennelle Messe Chrismale, au cours de laquelle ils renouvellent les promesses sacerdotales. Le presbyterium de l'Église qui est à Rome se rassemble lui aussi autour de son Évêque, avant le grand jour, au cours duquel la liturgie rappelle comment le Christ devint, à travers son sang, le prêtre unique et éternel.
Très chers frères dans le sacerdoce, j'adresse à chacun de vous un salut cordial, en formant une pensée particulière pour le Cardinal-Vicaire et les Cardinaux concélébrants, les Évêques auxiliaires et les autres prélats présents. C'est pour moi une grande joie de me retrouver avec vous en ce jour qui, pour nous, ministres ordonnés, a le parfum de l'onction sainte avec laquelle nous avons été consacrés à l'image de Celui qui est le Consacré du Père.
« Voici, il vient avec les nuées ; chacun le verra, même ceux qui l'ont transpercé » (Ap 1, 7). Demain, la liturgie du Vendredi saint réalisera pour nous ce dont parle l'Auteur de l'Apocalypse, dans les paroles qui viennent d'être proclamées. En ce jour très saint de la passion et de la mort du Christ, tous les autels seront vierges et enveloppés par un grand silence ; aucune messe ne sera célébrée au moment où nous ferons mémoire de l'unique sacrifice, offert de façon sanglante par le Christ prêtre sur l'autel de la Croix.
2. « Il a fait de nous une Royauté de Prêtres » (Ap 1, 6). Le Christ n'a pas seulement accompli personnellement le sacrifice rédempteur, qui enlève les péchés du monde et rend une louange parfaite à la gloire du Père. Il a également institué le Sacerdoce comme sacrement de la Nouvelle Alliance, afin que l'unique sacrifice qu'Il a offert au Père de façon sanglante, puisse se renouveler sans cesse dans l'Église de façon non sanglante, sous les espèces du pain et du vin. Le Jeudi saint est, précisément, le jour où nous rappelons de façon particulière le sacerdoce que le Christ institua lors de la Dernière Cène, le liant indissolublement au sacrifice eucharistique.
« Il a fait de nous... des Prêtres ». Il nous a fait participer à son unique sacerdoce, pour que sur tous les autels du monde et à toutes les époques de l'histoire puisse être représenté le sacrifice unique et sanglant du Calvaire. Le Jeudi saint est la grande fête des prêtres. Ce soir nous renouvèlerons le mémorial de l'institution du sacrifice eucharistique, selon le rythme des événements pascals, tels que nous le transmettent les Évangiles. En revanche, la solennelle liturgie de ce matin est une action de grâce particulière rendue à Dieu par nous tous qui, en vertu d'un don qui est également un mystère, participons intimement au sacerdoce du Christ. Chacun de nous fait siennes les paroles du Psaume : « Misericordias Domini in aeternum cantabo », « L'amour de Yahvé à jamais je le chante » (Ps 88, 2).
3. Nous voulons renouveler en nous la conscience de ce don. Dans un certain sens, nous voulons le recevoir à nouveau pour l'orienter vers un service supplémentaire. En effet, notre sacerdoce sacramentel est un ministère, un service singulier et spécifique. Nous servons le Christ afin que son sacerdoce unique et sans égal puisse toujours vivre et agir dans l'Église pour le bien des fidèles. Nous servons le peuple chrétien, nos frères et nos sœurs, qui, à travers notre ministère sacramentel, participent toujours plus profondément de la rédemption du Christ.
Aujourd'hui, avec une intensité particulière, chacun de nous peut répéter avec le Christ les paroles du prophète Isaïe proclamées dans l'Évangile : « L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres ; Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur » (Lc 4, 18-19).
4. « Une année de grâce du Seigneur » ! Très chers amis, nous nous trouvons désormais au seuil d'une extraordinaire année de grâce ; le grand Jubilé au cours duquel nous célébrerons le bimillénaire de l'Incarnation. Ce Jeudi saint est le dernier avant l'An 2000.
Je suis heureux d'offrir aujourd'hui en esprit aux prêtres du monde entier la Lettre que je leur ai adressée en cette circonstance. En l'année consacrée au Père, la paternité de chaque prêtre, reflet de celle du Père céleste, doit devenir encore plus évidente, afin que le peuple chrétien et tous les hommes de chaque race et culture fassent l'expérience de l'amour que Dieu a pour eux et le suivent fidèlement. Que le prochain événement jubilaire soit pour tous une occasion propice afin de ressentir l'amour miséricordieux de Dieu, puissante énergie spirituelle qui renouvelle le cœur de l'homme.
Au cours de cette solennelle célébration eucharistique, nous demandons au Seigneur que la grâce du grand Jubilé mûrisse pleinement en chacun des membres du Corps du Christ qui est l'Église, et de façon particulière chez les prêtres.
L'Année sainte désormais proche nous appelle tous, ministres ordonnés, à devenir entièrement disponibles au don de miséricorde que Dieu le Père a voulu accorder en abondance à chaque être humain. Le Père cherche de tels prêtres (cf. Jn 4, 23) ! Puisse-t-il les trouver, emplis de sa sainte onction, pour diffuser parmi les pauvres l'heureux message du salut.
Amen !
MESSE DE LA CÈNE DU SEIGNEUR


HOMÉLIE DU PAPE JEAN PAUL II, Jeudi saint, 1er avril 1999
1. « Adoro te devote, latens Deitas, Quae sub his figuris vere latitas ».
« Je t'adore avec dévotion Dieu caché, qui sous ces signes se cache toujours ».
Nous revivons ce soir la Dernière Cène, lorsque le divin Sauveur, la nuit où il fut trahi, nous laissa le Sacrifice eucharistique de son Corps et de son Sang, mémorial de sa mort et de sa résurrection, sacrement de piété, signe d'unité et lien de charité (cf. Sacrosanctum Concilium, n. 47).
Les lectures de cette célébration parlent toutes de rites et de gestes destinés à imprimer dans l'histoire le dessein salvifique de Dieu. Le Livre de l'Exode transmet le document sacerdotal qui établit les prescriptions pour la célébration de la Pâque juive. L'Apôtre Paul, dans la Première Lettre aux Corinthiens, transmet à l'Église le plus ancien témoignage à propos de la nouvelle Cène pascale chrétienne : il s'agit du rite de la nouvelle et éternelle alliance, institué par Jésus au Cénacle avant la passion. Enfin, l'Évangéliste Jean, illuminé par l'Esprit Saint, résume le sens profond du sacrifice du Christ dans le geste du « lavement des pieds ».
C'est la Pâque du Seigneur, qui plonge ses racines dans l'histoire du peuple d'Israël et trouve son accomplissement en Jésus-Christ, Agneau de Dieu immolé pour notre salut.
2. L'Église vit de l'Eucharistie. Grâce au ministère des apôtres et de leurs successeurs, tout au long d'une chaîne ininterrompue qui part du Cénacle, les paroles et les gestes du Christ se renouvellent en suivant le chemin de l'Église, pour offrir le Pain de la vie aux hommes de chaque génération : « Ceci est mon corps, qui est pour vous ; faites ceci en mémoire de moi... Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang ; chaque fois que vous en boirez, faites-le en mémoire de moi » (1 Co 11, 24-25).
L'Eucharistie, en tant que renouvellement sacramentel du sacrifice de la Croix, constitue le sommet de l'œuvre rédemptrice : elle proclame et actualise ce Mystère, qui est source de vie pour chaque homme ; en effet, chaque fois que nous mangeons de ce pain et que nous buvons à cette coupe, nous annonçons la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne (cf. 1 Co 11, 26).
Après la consécration, le prêtre proclame : « Mysterium fidei ! », et l'assemblée répond : « Nous annonçons ta mort, Seigneur, nous proclamons ta résurrection, nous attendons ta venue ». Oui, aujourd'hui il nous est donné de comprendre de façon particulière que le « mystère de la foi » est vraiment grand et la simplicité des symboles eucharistiques - le pain et le vin, la table, le repas fraternel - ne fait qu'en exalter davantage la profondeur.
3. « O memoriale mortis Domini !
Panis vivus, vitam praestans homini ! ».
« Ô mémorial de la mort du Seigneur !
Pain vivant, qui donne la vie à l'homme ! ».
La mort du Fils de Dieu devient pour nous source de vie. Voilà le mystère pascal, voilà la nouvelle création ! L'Église confesse cette foi avec les paroles de Thomas d'Aquin, en implorant :
« Pie Pellicane, Iesu Domine,
Me immundum munda tuo sanguine,
Cuius una stilla salvum facere totum
mundum quit ab omni scelere ».
« Jésus, pieux Pélican, mon Seigneur,
avec ton sang lave mon péché :
une seule goutte peut suffire
à purifier le monde entier ».
Puissance vivifiante de la mort du Christ ! Force purificatrice du Sang du Christ, qui obtient la rémission des péchés pour les hommes de tout les temps et en chaque lieu. Caractère sublime du Sacrifice rédempteur, dans lequel toutes les victimes de la loi antique trouvent l'accomplissement !
4. Ce mystère d'amour, « incompréhensible » pour l'être humain, s'offre tout entier dans le sacrement de l'Eucharistie. Le peuple chrétien est invité à s'arrêter ce soir devant lui, jusqu'à tard dans la nuit, en une adoration silencieuse :
« Iesu, quem velatum nunc aspicio,
Oro, fiat illud quod tam sitio :
Ut, te revelata cernens facie,
Visu sim beatus tuae gloriae ».
« Jésus, que je contemple
à présent ici voilé,
écoute mon désir ardent :
puisse venir le jour ou je verrai
ton visage dans la gloire
des bienheureux. Amen. »
Telle est la foi de l'Église. Telle est la foi de chacun de nous face au sublime mystère eucharistique. Oui, que les paroles cessent et que l'adoration demeure. En silence.
« Ave, verum Corpus,
natum de Maria Virgine...
« Ave, vrai Corps,
né de la Vierge Marie,
réellement soumis à la passion,
immolé sur la croix pour l'homme...
Ô doux Jésus ! Ô pieux Jésus !
Ô Jésus, fils de Marie ! »
Amen !


HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II POUR LA VEILLÉE PASCALE, Samedi saint, 3 avril 1999
1. « La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle » (Ps 117[118], 22).
Cette nuit, la liturgie nous parle avec l'abondance et la richesse de la Parole de Dieu. Cette Veillée constitue non seulement le centre de l'année liturgique, mais en quelque sorte sa matrice : à partir d'elle, en effet, se développe toute la vie sacramentelle. On pourrait dire que la table autour de laquelle l'Église rassemble en cette nuit ses enfants est largement fournie ; elle rassemble, d'une façon particulière, ceux qui doivent recevoir le baptême.
Ma pensée se tourne d'abord vers vous, très chers catéchumènes, qui allez renaître de l'eau et de l'Esprit Saint (cf. Jn 3, 5). Avec une grande joie je vous salue, et je salue en même temps les pays d'où vous provenez : Albanie, Cap-Vert, Chine, France, Maroc et Hongrie.
Par le baptême, vous deviendrez membres du Corps du Christ, participants à plein titre de son mystère de communion. Puisse votre vie demeurer constamment immergée dans ce mystère pascal, afin que vous soyez toujours d'authentiques témoins de l'amour de Dieu.
2. Tous les baptisés, et non seulement vous, chers catéchumènes, sont appelés en cette nuit à faire dans la foi une profonde expérience de ce que nous venons d'entendre dans l'Epître : « Nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c'est dans sa mort que nous avons été baptisés. Si... nous avons été mis au tombeau avec lui, c'est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d'entre les morts » (Rm 6, 3-4).
Etre chrétien signifie participer personnellement à la mort et à la résurrection du Christ. Cette participation est réalisée de manière sacramentelle par le baptême, à partir duquel, comme sur un fondement solide, se construit l'existence chrétienne de chacun de nous. Et c'est pour cela que le psaume responsorial nous a exhortés à rendre grâce : « Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour !... Le bras du Seigneur est fort ... Non, je ne mourrai pas, je vivrai pour annoncer les actions du Seigneur » (Ps 117[118], 1-2.16-17). En cette sainte nuit, l'Église reprend ces paroles de remerciement, tandis qu'elle confesse la vérité sur le Christ qui « est mort, a été enseveli et est ressuscité le troisième jour » (cf. Credo).
3. « Ce doit être pour eux, de génération en génération, une nuit de veille en l'honneur du Seigneur » (Ex 12, 42).
Ces paroles du livre de l'Exode concluent le récit du départ des Hébreux d'Égypte. Elles retentissent avec une singulière éloquence durant la Veillée pascale, et dans ce contexte elles acquièrent la plénitude de leur signification. En cette année consacrée à Dieu le Père, comment ne pas penser que cette nuit, la nuit de Pâques, est la grande « nuit de veille » du Père ? Les dimensions de cette « veille » de Dieu comprennent tout le Triduum pascal. D'une façon particulière, cependant, le Père « veille » durant le Samedi saint tandis que son Fils gît mort dans le tombeau. Le mystère de la victoire du Christ sur le péché du monde est gardé justement dans le fait que le Père veille. Il « veille » sur toute la mission terrestre de son Fils. Sa compassion infinie atteint son sommet à l'heure de la passion et de la mort : l'heure pendant laquelle son Fils est abandonné, pour que ses enfants soient sauvés ; son Fils est méprisé et rejeté pour que ses enfants soient retrouvés ; son Fils meurt, pour que ses enfants puissent revenir à la vie.
La veille du Père explique la résurrection du Fils : même à l'heure de la mort, la relation d'amour en Dieu ne disparaît pas, l'Esprit Saint ne disparaît pas, Lui qui, répandu par Jésus mourant sur la croix, remplit de lumière les ténèbres du mal et ressuscite le Christ, le constituant Fils de Dieu en puissance et en gloire (cf. Rm 1, 4).
4. « La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle » (Ps 117[118], 22). Dans la lumière de la résurrection du Christ, combien apparaît en plénitude cette vérité que chante le psalmiste ! Condamné à une mort ignominieuse, le Fils de l'homme, crucifié et ressuscité, est devenu la pierre d'angle pour la vie de l'Église et de chaque chrétien.
« C'est là l'œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux » (Ps 117[118], 23). Cela est advenu en cette nuit sainte. Les femmes ont pu le constater, elles qui « le premier jour de la semaine... alors qu'il faisait encore sombre » (Jn 20, 1), se rendirent au tombeau pour oindre le corps du Seigneur et trouvèrent le tombeau vide. Elles entendirent la voix de l'ange : « Soyez sans crainte ! Vous cherchez Jésus le crucifié. Il n'est pas ici. Il est ressuscité » (cf. Mt 28, 1-5).
Ainsi s'accomplirent les paroles prophétiques du psalmiste : « La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle ». Telle est notre foi. Telle est la foi de l'Église, et nous nous glorifions de la professer au seuil du troisième millénaire, parce que la Pâque du Christ est l'espérance du monde, hier, aujourd'hui et dans les siècles. Amen !


HOMÉLIE DU PAPE JEAN PAUL II, Samedi 22 mai 1999, Veillée de Pentecôte
1. « Ouvre la porte au Christ ton Sauveur » : cette invitation, qui a retenti haut et fort au cours des trois années de préparation au grand Jubilé, a caractérisé notre Mission dans la ville.
Nous rendons grâce à Dieu pour cet événement extraordinaire, qui a été un acte d'amour pour la Ville et pour chacun de ses habitants. En effet, la Mission dans la Ville a organisé dans les communautés chrétiennes un itinéraire d'intense spiritualité, nourri par la prière et par l'écoute de la Parole de Dieu. En outre, elle a permis d'accroître cette communion ecclésiale, que le Synode romain avait indiquée comme condition indispensable à la nouvelle évangélisation.
Toute la communauté diocésaine, dans ses divers ministères, vocations et charismes, a œuvré à l'unisson pour offrir sa contribution de prière, d'annonce, de témoignage et de service. Nous avons fait ensemble l'expérience d'être « le Peuple de Dieu en mission ».
Je sens de mon devoir de remercier ceux qui ont pris part, de diverses façons, à cette importante initiative pastorale. Tout d'abord vous, Monsieur le Cardinal-Vicaire, qui avez guidé avec zèle la mission, en étroite collaboration avec les Évêques auxiliaires, que je salue cordialement. Je voudrais ici rappeler les autres prélats qui ont offert une coopération appréciée et, parmi eux, le regretté Mgr Clemente Riva.
Je pense à vous avec gratitude, chers missionnaires, prêtres, religieux, religieuses et surtout laïcs, qui avez bénéficié les premiers de la grâce de la Mission. Le généreux engagement avec lequel vous vous êtes préparés et avez apporté l'Évangile dans les maisons et dans les divers milieux de la Ville, a ouvert de nouvelles voies d'évangélisation et de présence chrétienne dans le tissu quotidien de la vie de notre peuple. L'Esprit Saint vous a guidés pas à pas, il vous a inspiré les paroles justes pour annoncer le Christ et vous a soutenus lors des inévitables moments de difficulté.
Nous rendons grâce au Seigneur pour ce qu'Il a accompli, en montrant en toute circonstance les signes de sa miséricorde et de son amour. Le grand Jubilé, désormais proche, nous invite à poursuivre cet effort missionnaire avec le même élan, pour consolider et multiplier les résultats obtenus par la Mission. Nous pourrons de cette façon montrer aux nombreux pèlerins qui viendront à Rome l'année prochaine, le visage de notre Église accueillante et ouverte, renouvelée dans la foi et riche d'œuvres de charité.
2. Pour que cela soit possible, il est nécessaire que l'œuvre missionnaire, si bien commencée, soit consolidée et développée. Il faut continuer à soutenir les personnes et les familles qui ont déjà été contactées chez elles et sur leur lieu de travail, ainsi que rejoindre ceux qui, pour divers motifs, n'ont pas été contactés au cours de ces années.
La visite annuelle aux familles et les centres d'écoute de l'Évangile, qui doivent être étendus de façon ramifiée, doivent donc être l'âme de la pastorale des paroisses, grâce à la collaboration des associations ecclésiales, des mouvements et des groupes. Que la célébration de la Parole de Dieu rythme le chemin de foi des communautés paroissiales, en particulier lors des temps forts de l'année liturgique. Que le signe de la charité envers les pauvres et les personnes qui souffrent accompagne l'annonce du Seigneur, en montrant sa présence vivante, à travers le témoignage quotidien de l'amour fraternel.
Il faut consolider la communion entre les chrétiens qui œuvrent dans les milieux de travail et d'étude, dans les lieux de soins et de divertissements, où ont été mises en œuvre des propositions concrètes de l'Évangile. Le germe de la nouveauté évangélique, semé par la Mission, doit croître et fructifier partout, même là où il n'a pas encore été possible de promouvoir des initiatives missionnaires appropriées. Dans ce but, notre témoignage devient plus urgent. En effet, aucune réalité n'est impénétrable à l'Évangile ; au contraire, le Christ ressuscité y est déjà mystérieusement présent, à travers son Esprit Saint.
3. Une entreprise apostolique aussi vaste requiert une œuvre de formation et de catéchèse adressée à tout le Peuple de Dieu, afin qu'il prenne une plus vive conscience de sa vocation missionnaire et soit préparé à rendre raison de sa foi dans le Christ, toujours et partout.
C'est la tâche des paroisses, des communautés religieuses, des associations, des mouvements et des groupes d'avoir soin de cette formation, en prédisposant des itinéraires de foi, de prière et d'expérience chrétienne riches de contenu théologique, spirituel et culturel.
Chers prêtres, c'est à vous les premiers qu'est confiée cette tâche : soyez des guides sages et des maîtres de la foi attentifs dans vos communautés.
Chers religieux et religieuses, vous qui avez tant contribué à la Mission, devez continuer à la soutenir par votre prière, par la sainteté de vie et par les charismes qui vous sont propres, dans les multiples domaines apostoliques dans lesquels vous êtes engagés.
Chers laïcs, vous êtes appelés à donner vie à un grand mouvement missionnaire permanent dans la Ville et dans chacun de ses milieux. Au sein des familles, ainsi que dans le monde du travail et de la culture vaste et complexe, à l'école et à l'université, dans les institutions de santé, dans les mass-média et dans les loisirs faites en sorte que votre contribution ne manque jamais, afin que l'annonce de l'Évangile puisse influencer toute la société.
Et comment oublier la contribution à la Mission dans la Ville que les malades ont offerte et sont appelés à renouveler par l'offrande de leur propre souffrance, et les religieuses de clôture par leur prière constante ? J'adresse à tous et à chacun ma reconnaissance pour cette aide spirituelle très importante.
4. En considérant ces trois années de la Mission dans la Ville, on se rend facilement compte que la Parole de Dieu a largement été semée. Pour que cette semence divine ne soit pas perdue, mais s'enracine solidement et porte des fruits dans la vie et dans la pastorale quotidienne, il faudra favoriser une réflexion spécifique qui, en interpellant toutes les composantes ecclésiales, débouche sur un Congrès spécial. Je pense à une grande rencontre, qui servira à tracer, sur les bases de l'expérience de la Mission dans la Ville, les lignes directrices d'un engagement permanent d'évangélisation et de mission.
Etre une Église en mission : tel est le grand défi des années à venir pour Rome et pour le monde entier. Je vous remets cette consigne, chers prêtres, religieux, religieuses, laïcs et, de façon particulière, à vous mouvements et communautés nouvelles, en rappelant la rencontre d'il y a un an, la veille de la Pentecôte, sur cette même place. Il est nécessaire de s'ouvrir avec docilité à l'action de l'Esprit, en accueillant avec gratitude et obéissance les dons qu'Il ne cesse d'élargir au bénéfice de toute l'Église. Ce soir le Christ répète à chacun de vous : « Allez dans le monde entier, proclamez l'Évangile à toute la création » (Mc 16, 15).
Très chers amis, l'Évangile que le Christ nous a confié est l'Évangile de la paix ! Comment le garder uniquement pour nous, surtout en ce moment où les abus de pouvoir et la guerre sèment la destruction et la mort dans la proche région des Balkans ? L'Esprit nous pousse à être des hérauts et des artisans de paix dans la justice et dans la réconciliation. Dans cette perspective, je voudrais que, lors de la prochaine fête du Corpus Domini, s'élève de l'Église de Rome une invocation commune pour la paix. C'est pourquoi je vous invite tous - clergé, religieux et fidèles - à vous joindre à moi dans la soirée du 3 juin à Saint-Jean-de-Latran pour participer à la Messe et à la procession du Corpus Domini, où nous implorerons ensemble le don de la paix dans les Balkans. Que le jour du Très Saint Corps et Sang du Christ soit caractérisé cette année par une intense prière pour la paix.
5. Viens Esprit Saint, remplis le cœur de tes fidèles et allume en eux le feu de ton amour.
Viens Esprit Saint ! L'invocation, qui retentit dans la liturgie de cette veillée de Pentecôte, nous remplit de joie et d'espérance.
Esprit Saint, artisan et âme de la Mission, suscite dans l'Église de Rome de nombreux missionnaires parmi les jeunes, les adultes et les familles et communique à chacun le feu inextinguible de ton amour.
Esprit, « lumière des cœurs », indique les voies nouvelles pour la Mission dans la Ville et la mission universelle au cours du troisième millénaire qui va commencer.
« Consolateur parfait », soutiens celui qui a perdu confiance, confirme l'enthousiasme de celui qui a éprouvé la joie de l'évangélisation, renforce en chaque fidèle le désir et le courage d'être chaque jour un missionnaire de l'Évangile dans son milieu de vie et de travail.
« Doux hôte de l'âme », ouvre le cœur de chaque personne, famille, communauté religieuse et paroissiale, afin que soient accueillis avec générosité les pèlerins pauvres, qui participeront aux événements du Jubilé. En effet, ce sera l'un des fruits les plus beaux et les plus féconds de la Mission dans la Ville : l'application concrète de cette charité romaine, fruit de la foi, qui a toujours accompagné la célébration des Années Saintes.
Très Sainte Vierge Marie, Toi qui depuis la Pentecôte veille avec l'Église en invoquant l'Esprit Saint, reste avec nous au centre de notre cénacle particulier. À Toi, que nous vénérons comme Madone du Divin Amour, nous confions les fruits de la Mission dans la Ville, afin que par ton intercession le diocèse de Rome apporte au monde un témoignage convaincu du Christ notre Sauveur.
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