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24 août - Fête de St Barthélémy, apôtre
Commentaire de l’Évangile
Pape Benoît XVI
Audience générale du 4/10/06 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)
« Viens et tu verras » : l'apôtre Barthélémy-Nathanaël rencontre le Fils de Dieu
Traditionnellement, l'apôtre Barthélémy est identifié à Nathanaël. Ce Nathanaël venait de Cana (Jn 21,2) et il est donc possible qu'il ait été témoin du grand signe accompli par Jésus en ce lieu (Jn 2,1-11). L'identification des deux personnages est probablement motivée par le fait que ce Nathanaël, dans la scène de vocation que rapporte l'évangile de Jean, est placé à côté de Philippe, c'est-à-dire à la place qu'occupe Barthélemy dans les listes des apôtres rapportées par les autres évangiles.
À ce Nathanaël, Philippe avait raconté qu'il avait trouvé « celui dont parlent la loi de Moïse et les prophètes : Jésus, fils de Joseph, de Nazareth ». Comme nous le savons, Nathanaël lui a opposé un préjugé plutôt décidé : « De Nazareth ! Peut-il sortir de là quelque chose de bon ? » Cette sorte de contestation est, à sa manière, importante pour nous. Elle nous fait voir en effet que, selon les attentes juives, le Messie ne pouvait pas venir d'un village aussi obscur que Nazareth (cf Jn 7,42). Mais en même temps, elle met en évidence la liberté de Dieu, qui surprend nos attentes en nous faisant le trouver précisément là où nous ne l'attendions pas. Par ailleurs, nous savons que Jésus, en réalité, n'était pas exclusivement « de Nazareth » mais qu'il était né à Bethléem et que finalement il venait du ciel, du Père qui est dans les cieux.
L'histoire de Nathanaël nous suggère une autre réflexion : dans notre rapport avec Jésus, nous ne devons pas nous contenter seulement de paroles. Dans sa réplique, Philippe adresse à Nathanaël une invitation importante : « Viens et tu verras ! » Notre connaissance de Jésus a surtout besoin d'une expérience vivante. Le témoignage d'autrui est certainement important, car normalement toute notre vie chrétienne commence par l'annonce qui parvient jusqu'à nous grâce à un ou plusieurs témoins, mais ensuite, c'est nous-mêmes qui devons être impliqués personnellement dans une relation intime et profonde avec Jésus.
ou
Pape Benoît XVI
Audience générale du 04/10/06 (© Libreria Editrice Vaticana)
Nathanaël-Barthélemy reconnaît le Messie, le Fils de Dieu
L'évangéliste Jean nous rapporte que, lorsque Jésus voit Nathanaël s'approcher, il s'exclame : « Voici un véritable fils d'Israël, un homme qui ne sait pas mentir ». Il s'agit d'un éloge qui rappelle le texte d'un psaume : « Heureux l'homme...dont l'esprit est sans fraude » (Ps 31,2), mais qui suscite la curiosité de Nathanaël ; il réplique avec étonnement : « Comment me connais-tu ? » La réponse de Jésus n'est pas immédiatement compréhensible. Il dit : « Avant que Philippe te parle, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu ». Nous ne savons pas ce qui s'est passé sous ce figuier. Il est évident qu'il s'agit d'un moment décisif dans la vie de Nathanaël. Il se sent touché au plus profond du cœur par ces paroles de Jésus, il se sent compris et il comprend : cet homme sait tout sur moi, il sait et connaît le chemin de la vie, je peux réellement faire confiance à cet homme. Et ainsi, il répond par une profession de foi limpide et belle en disant : « Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël ! »
Dans cette confession apparaît un premier pas important dans l'itinéraire d'adhésion à Jésus. Les paroles de Nathanaël mettent en lumière un double aspect complémentaire de l'identité de Jésus : il est reconnu aussi bien dans sa relation spéciale avec Dieu le Père, dont il est le Fils unique, que dans son rapport au peuple d'Israël, dont il est déclaré le roi, un qualificatif propre au Messie attendu. Nous ne devons jamais perdre de vue ni l'une ni l'autre de ces deux composantes, car si nous proclamons seulement la dimension céleste de Jésus, nous risquons d'en faire un être éthéré et évanescent, et si au contraire nous ne reconnaissons que sa situation concrète dans l'histoire, nous finissons par négliger la dimension divine qui précisément le qualifie.
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Saint Pierre Damien (1007-1072), ermite puis évêque, docteur de l'Église
Sermon 42, deuxième pour S. Barthélemy : PL 144, 726, 728 C-D (trad. Orval)
« Comme la pluie et la neige descendent des cieux... ainsi ma parole qui sort de ma bouche » (Is 55,10)
La gloire de tous les apôtres est tellement indissociable, elle est unie par le ciment de tant de grâces, que lorsqu’on célèbre la fête de l’un d’eux c’est la grandeur commune de tous les apôtres qui est rappelée à l’attention de notre regard intérieur. Ils se partagent tous, en effet, la même autorité de juges suprêmes, le même rang de dignité, et ils possèdent le même pouvoir de lier et d’absoudre.
Ils sont ces perles précieuses que dans l’Apocalypse saint Jean nous dit avoir contemplées et qui sont ce dont sont formées les portes de la Jérusalem céleste. « Chaque porte, dit-il, était faite d’une seule perle ». Assurément les apôtres sont des portes, ils sont des perles, puisque par leurs signes et leurs miracles, ils rayonnent la lumière divine, ouvrant l’accès de la gloire céleste de Jérusalem aux peuples convertis à la foi chrétienne. Quiconque est sauvé grâce à eux entre dans la vie, tel un voyageur franchissant une porte.
C’est d’eux encore que le prophète dit : « Qui sont ceux-là, qui volent ainsi que des nuages ? ». Ces nuages se condensent en eau lorsqu’ils arrosent la terre de notre cœur avec la pluie de leur enseignement pour la rendre fertile et porteuse des germes de bonnes œuvres.
Barthélemy dont c’est la fête aujourd’hui, veut précisément dire en araméen : « Fils de celui qui porte l’eau » ; fils du Dieu qui élève l’esprit de ses prédicateurs à la contemplation des vérités d’en haut de sorte que, dans la mesure où ils se portent à tire d’aile vers la contemplation de leur Créateur, ils puissent répandre avec efficacité et en abondance la pluie de la parole de Dieu dans nos cœurs. C’est ainsi qu’ils boivent l’eau à la source pour nous la donner à boire à notre tour. Saint Barthélemy n’a-t-il pas puisé à la plénitude de cette source, lorsque l’Esprit-Saint est descendu sur lui comme sur les autres apôtres sous la forme de langues de feu.
Mais tu entends parler de feu et peut-être ne vois-tu pas le rapport avec l’eau. Écoute comment le Seigneur appelle eau cet Esprit-Saint qui est descendu comme un feu sur les apôtres. « Si quelqu’un a soif, dit-il, qu’il vienne à moi et qu’il boive », et il ajoute : « Celui qui croit en moi – l’Écriture le dit -, de son sein jailliront des fleuves d’eau vive », et l’évangéliste explique : « Il disait cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui. » Le Psalmiste dit aussi des croyants : « Ils se rassasient de l’abondance de ta maison et tu les abreuves au torrent de tes délices, car en toi se trouve la source de la vie ».
ou
Saint Silouane (1866-1938), moine orthodoxe, saint des Églises orthodoxes
Écrits (trad. Eds Présence 1975, p. 363)
Après Barthélemy - Nathanaël, les apôtres d'aujourd'hui
Après l'Ascension du Seigneur, les apôtres s'en retournèrent, comme il est dit dans l'Évangile, avec une grande joie (Lc 24,52). Le Seigneur sait quelle joie il leur a donnée, et leur âme a éprouvé cette joie intensément. Leur première joie était de connaître le vrai Seigneur, Jésus Christ ; la deuxième, de l'aimer ; la troisième, de connaître la vie éternelle et céleste ; et la quatrième joie, de désirer le salut pour le monde comme pour eux-mêmes. Et enfin ils étaient dans la joie parce qu'ils connaissaient le Saint Esprit et voyaient comment il œuvrait en eux.
Les apôtres parcouraient la terre et parlaient au peuple du Seigneur et du Royaume des Cieux, mais leurs âmes languissaient et aspiraient à voir le Seigneur. C'est pourquoi ils ne craignaient pas la mort, mais allaient avec joie à sa rencontre ; s'ils désiraient vivre sur terre, c'était uniquement par amour des hommes. Les apôtres aimaient le Seigneur, et c'est pourquoi ils ne craignaient aucune tribulation. Ils aimaient le Seigneur, mais ils aimaient aussi les hommes, et cet amour leur enlevait toute crainte. Ils ne craignaient ni les tribulations ni la mort, et c'est pourquoi le Seigneur les a envoyés dans le monde pour éclairer les hommes.
Jusqu'à nos jours, il y a des personnes de prière qui expérimentent cet amour divin et aspirent à lui jour et nuit. Elles servent le monde par leur prière et par leurs écrits. Mais cette tâche repose surtout sur les pasteurs de l'Église, qui portent en eux une si grande grâce que, si les hommes pouvaient en voir l'éclat, le monde entier serait dans l'émerveillement. Mais le Seigneur l'a cachée, afin que ses serviteurs ne s'enorgueillissent pas mais se sauvent dans l'humilité.
ou
Philoxène de Mabboug ( ?-v. 523), évêque en Syrie
Homélie n° 4, 76-79 (trad. SC 44, p. 95 rev.)
« Viens, et tu verras »
Jésus a renouvelé aux saints apôtres l'appel adressé à Abraham. Et leur foi ressemblait à celle d'Abraham ; car, de même qu'Abraham a obéi aussitôt qu'il a été appelé (Gn 12), de même les apôtres sont partis à la suite de Jésus aussitôt qu'il les a appelés et qu'ils l'ont entendu... Ce n'est pas un long enseignement qui les a faits disciples, mais le seul fait d'avoir entendu la parole de la foi. Parce que leur foi était vivante, aussitôt qu'elle a entendu la voix vivante, elle a obéi à la vie. Ils ont couru aussitôt à sa suite sans retard ; et on voit par cela qu'ils étaient disciples dans leur cœur avant même d'être appelés.
Voilà comment agit la foi qui a gardé la simplicité. Ce n'est pas à force d'arguments qu'elle reçoit l'enseignement ; mais, de même qu'un œil sain et pur reçoit le rayon de soleil qui lui est envoyé, sans raisonner ni travailler, et qu'il perçoit la lumière aussitôt qu'il est ouvert...de même ceux qui ont la foi naturelle reconnaissent la voix de Dieu aussitôt qu'ils l'entendent. La lumière de sa parole se lève en eux ; ils se lancent joyeusement au devant d'elle et la reçoivent, comme l'a dit notre Seigneur dans l'Évangile : « Mes brebis entendent ma voix et elles me suivent » (Jn 10,27).


29 août - Martyre de Saint Jean-Baptiste (mémoire)
Commentaire de l’Évangile
Saint Maxime de Turin ( ?-v. 420), évêque Sermon 36 (trad. coll. Pères dans la foi n°65, p. 16)
« Et toi, petit enfant, on t'appellera prophète du Très-Haut » (Lc 1,76)
Parmi les titres de gloire du saint et bienheureux Jean Baptiste, dont nous célébrons la fête aujourd'hui, je ne sais auquel donner la préférence : à sa naissance miraculeuse ou à sa mort plus miraculeuse encore. Sa naissance a apporté une prophétie (Lc 1,67s), sa mort la vérité ; sa naissance a annoncé l'arrivée du Sauveur, sa mort a condamné l'inceste d'Hérode. Cet homme saint...a mérité aux yeux de Dieu de ne pas disparaître de la même façon que les autres hommes de ce monde : il a quitté ce corps reçu du Seigneur en le confessant. Jean a accompli en tout la volonté de Dieu, puisque sa vie comme sa mort correspondent à ses desseins...
Il est encore au creux du ventre de sa mère quand déjà il célèbre l'arrivée du Seigneur, par ses mouvements de joie, puisqu'il ne pouvait pas le faire par la voix. Élisabeth dit à la sainte Marie : « Dès l'instant où ta salutation a frappé mes oreilles, l'enfant a tressailli d'allégresse en mon sein » (Lc 1,44). Jean exulte donc avant de naître, et avant que ses yeux ne reconnaissent à quoi ressemble le monde, son esprit reconnaît déjà celui qui en est le maître. Je pense que c'est là le sens de la phrase du prophète : « Avant même de te former au ventre maternel, je t'ai connu ; avant même que tu sois sorti du sein, je t'ai consacré » (Jr 1,5). Ne nous étonnons donc pas si, enfermé dans la prison où l'avait fait mettre Hérode, il a continué à prêcher le Christ par l'intermédiaire de ses disciples (Mt 11,2), puisque, enfermé qu'il était dans le sein de sa mère, il annonçait déjà de ses tressaillements la venue du Seigneur.
ou
Lansperge le Chartreux (1489-1539), religieux, théologien
Sermon pour la Décollation de saint Jean Baptiste. Opera omnia, t. 2, p. 514s (trad. Orval)
Jean Baptiste, mort pour le Christ
La mort du Christ est à l'origine d'une foule innombrable de croyants. Par la puissance de ce même Seigneur Jésus, et grâce à sa bonté, la mort précieuse de ses martyrs et de ses saints a fait naître une grande multitude de chrétiens. Jamais, en effet, la religion chrétienne n'a pu être anéantie par la persécution des tyrans et le meurtre injustifiable d'innocents : elle en a plutôt tiré chaque fois un grand accroissement.
Nous en avons un exemple en saint Jean, qui a baptisé le Christ et dont nous fêtons aujourd'hui le saint martyre. Hérode, ce roi infidèle, a voulut, par fidélité à son serment, effacer complètement de la mémoire des hommes le souvenir de Jean. Or, non seulement Jean n'a pas été anéanti, mais des hommes par milliers, enflammés par son exemple, ont accueilli la mort avec joie pour la justice et la vérité... Quel chrétien, digne de ce nom, ne vénère pas aujourd'hui Jean, celui qui a baptisé le Seigneur ? Partout dans le monde les chrétiens célèbrent sa mémoire, toutes les générations le proclament bienheureux et ses vertus emplissent l'Église de leur parfum. Jean n'a pas vécu pour lui seul et il n'est pas mort pour lui seul. Combien d'hommes, chargés de péchés, sa vie dure et austère n'a-t-elle pas menés à la conversion ? Combien d'hommes sa mort imméritée n'a-t-elle pas encouragés à supporter leurs épreuves ? Et nous, d'où nous vient aujourd'hui l'occasion de rendre fidèlement grâce à Dieu, sinon du souvenir de saint Jean assassiné pour la justice, c'est-à-dire pour le Christ ?...
Oui, Jean Baptiste a sacrifié de tout cœur sa vie ici-bas pour l'amour du Christ ; il a préféré mépriser les ordres du tyran plutôt que ceux de Dieu. Cet exemple nous enseigne que rien ne doit nous être plus cher que la volonté de Dieu. Plaire aux hommes ne sert pas à grand-chose ; souvent même cela nuit grandement... C'est pourquoi, avec tous les amis de Dieu, mourons à nos péchés et à nos agitations, foulons aux pieds notre amour-propre dévié, et veillons à laisser croître en nous l'amour fervent du Christ.
ou
Origène (vers 185-253), prêtre et théologien, Homélie 27 sur St Luc, 2-4 (trad. SC 87, p. 347)
Précurseur du Christ dans sa naissance et dans sa mort.
Admirons Jean Baptiste surtout à cause du témoignage suivant : « Parmi les enfants des femmes, personne ne dépasse Jean Baptiste » (Lc 7, 28) ; il a mérité de s'élever à une telle réputation de vertu que bien des gens pensaient qu'il était le Christ (Lc 3, 15). Mais il y a bien plus admirable encore : Hérode le tétrarque jouissait du pouvoir royal et était à même de le faire mourir quand il le voudrait. Or, il avait commis une action injuste et contraire à la loi de Moïse en prenant la femme de son frère. Jean, sans avoir peur de lui, ni faire acception de la personne, sans se soucier du pouvoir royal, sans craindre la mort…, sans se dissimuler tous ces dangers, a réprimandé Hérode avec la liberté des prophètes et lui a reproché son mariage. Jeté en prison pour cette audace, il ne se préoccupe ni de la mort ni d'un jugement à l'issue incertaine, mais, dans ses chaînes, ses pensées allaient au Christ qu'il avait annoncé.
Ne pouvant aller le trouver en personne, il envoie ses disciples pour s'informer : « Es-tu celui qui doit venir ou faut-il en attendre un autre ? » (Lc 7, 19) Notez bien que, jusque dans sa prison, Jean enseignait. Même dans ce lieu il avait des disciples ; même en prison Jean accomplissait son devoir de maître et instruisait ses disciples par des entretiens sur Dieu. Dans ces circonstances, le problème de Jésus se trouvait posé, et Jean lui envoie donc quelques disciples…
Les disciples reviennent et rapportent à leur maître ce que le Sauveur les avait chargés d'annoncer. Cette réponse est pour Jean une arme pour affronter le combat ; il meurt avec assurance et de grand cœur se laisse décapiter, assuré par la parole du Seigneur lui-même que celui en qui il croyait était vraiment le Fils de Dieu. Telle a été la liberté de Jean Baptiste, telle a été la folie d'Hérode qui, à de nombreux crimes, a ajouté d'abord l'emprisonnement, puis le meurtre de Jean Baptiste.
ou
Saint Bède le Vénérable (v. 673-735), moine, docteur de l'Église
Hymne pour le Martyre de Jean Baptiste ; PL 94, 630
Précurseur dans la mort comme dans la vie
Illustre précurseur de la grâce et messager de la vérité,
Jean Baptiste, le flambeau du Christ,
devient l'évangéliste de la Lumière éternelle.
Le témoignage prophétique qu'il n'avait cessé de rendre,
dans son message, toute sa vie et son activité,
aujourd'hui il le signe de son sang et de son martyre.
Il avait toujours précédé son Maître :
En naissant, il avait annoncé sa venue au monde.
En baptisant les pénitents du Jourdain,
il avait préfiguré celui qui venait instituer son baptême.
Et la mort du Christ Rédempteur, son Sauveur, qui a rendu la vie au monde,
Jean Baptiste l'a vécu aussi par avance,
en versant son sang pour lui par amour.
Un tyran cruel a beau le cacher en prison et dans les fers,
en Christ, les chaînes ne peuvent pas lier
celui qu'un cœur libre ouvre au Royaume.
Comment l'obscurité et les tortures d'un sombre cachot
pourraient-elles avoir raison de celui qui voit la gloire du Christ,
et qui reçoit de lui les dons de l'Esprit ?
C'est volontiers qu'il offre sa tête au glaive du bourreau ;
comment pourrait-il perdre sa tête,
celui qui a pour Chef le Christ ?
Il est heureux d'achever son rôle de précurseur aujourd'hui
par son départ de ce monde.
Ce dont il avait été le témoin de son vivant,
Christ qui vient et qui est là,
sa mort le proclame aujourd'hui.
Le séjour des morts pourrait-il retenir ce messager qui lui échappe ?
Les justes, les prophètes et les martyrs sont dans la joie,
allant avec lui à la rencontre du Sauveur.
Tous entourent Jean de leur louange et leur amour.
Avec lui, ils supplient désormais le Christ de venir enfin vers les siens.
Ô grand précurseur du Rédempteur, il ne va plus tarder,
celui qui te libère à jamais de la mort.
Sous la conduite de ton Seigneur,
entre, avec les saints, dans la gloire !
ou
Liturgie byzantine
Tropaires et kondakion de Saint Jean Baptiste
Précurseur du Seigneur dans sa vie comme dans sa mort
Le Jourdain, effrayé par ta venue dans la chair, ô Christ, remonta son cours en tremblant ; accomplissant son office spirituel, Jean se fit tout petit dans sa crainte. L'armée des anges était saisie de stupeur en te voyant dans le fleuve, baptisé  selon la chair ; quant à ceux des ténèbres, ils ont été éclairés, et nous te chantons, Seigneur, toi qui te manifestes et qui illumines l'univers.
La mémoire du juste doit être exaltée, mais à toi, Jean le Précurseur, le témoignage du Seigneur suffit. En vérité, tu es le plus vénérable de tous les prophètes, car tu as été trouvé digne de baptiser dans les eaux celui que les autres prophètes avaient seulement annoncé. C'est pourquoi, après avoir lutté pour la vérité, tu es allé annoncer jusque dans le domaine des morts Dieu apparu dans la chair, celui qui enlève le péché du monde (Jn 1,29) et qui nous donne sa grande pitié.
Le glorieux martyre du Précurseur a été une étape dans l'œuvre du salut, puisque même au séjour des morts il a annoncé la venue du Sauveur. Qu'Hérodiade gémisse à présent, elle qui réclame ce meurtre impie, car ce n'est pas la loi de Dieu ni la vie éternelle qu'elle a aimé, mais les illusions qui ne durent qu'un moment.
ou
Liturgie byzantine
Ode et stichères des matines du 29/08
Précurseur du Christ dans la mort comme dans la vie
Prophète né d’un prophète (Lc 1,67), baptiseur du Seigneur, tu as été « la voix qui crie dans le désert : Repentez-vous » (Mt 3,2), et tu as réprimandé Hérode pour ses débauches impies. C’est pourquoi tu as couru annoncer le Royaume de Dieu à ceux qui étaient retenus captifs dans le séjour des morts…
Précurseur comme prophète, baptiseur et martyr, comme voix du Verbe, son messager, son flambeau, toi le plus grand des prophètes selon le témoignage de Dieu (Mt 11,9), implore le Seigneur de sauver de toute épreuve et malheur ceux qui fêtent avec amour ta mémoire éclatante…
Venez, tous les peuples, célébrons le prophète, martyr et baptiseur du Sauveur : c’est lui qui, tel un ange dans la chair (Mc 1,2 grec), a repris Hérode pour sa liaison injuste, condamnant son action fautive. Mais, à cause d’une danse et d’un serment, on a décapité la tête vénérable de celui qui annonce jusqu’aux enfers la bonne nouvelle de la résurrection d’entre les morts et qui sans cesse intercède auprès du Seigneur pour le salut de nos âmes.
Venez, tous les fidèles, célébrons le prophète, martyr et baptiseur du Sauveur : s’enfuyant au désert, il y a trouvé son repos, se nourrissant de sauterelles et de miel sauvage ; il a repris le roi qui violait la loi. Et nous, les craintifs, il nous exhortait en disant : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est proche. »

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