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32e SEMAINE. VENDREDI

53. Le sens chrétien de la mort

— Nous ne pouvons pas vivre le dos tourné à ce moment suprême. Nous nous préparons chaque jour.

— La mort prend un sens nouveau avec la Mort et la Résurrection du Christ.

— Leçons de vie que nous donne la mort.


I. L’Évangile de la Messe 01 nous parle de la seconde venue du Christ sur la terre, qui sera soudaine. De même que l’éclair brille d’une extrémité du ciel à l’autre, il en sera de même au jour du Fils de l’homme. Il y a dans ce discours du Seigneur plusieurs plans et tous se réfèrent à l’arrivée soudaine de Jésus glorieux à la fin des temps.

Les disciples poussés par leur curiosité naturelle, demandent où et quand auront lieu ces événements dont ils viennent d’entendre parler. Le Seigneur leur répond par un proverbe : là où est le corps, là se réunissent les vautours. Jésus veut mettre en évidence que ce sera avec la même rapidité avec laquelle les oiseaux fondent sur leur proie, que sera la rencontre du Fils de Dieu avec le monde à la fin des temps et avec chaque homme à la fin de sa vie. Car vous savez bien, écrit saint Paul aux premiers chrétiens de Thessalonique, que le jour du Seigneur viendra comme le voleur dans la nuit 2. C’est, une fois de plus, un appel à la vigilance, à ne pas vivre le dos tourné à cette journée définitive, le jour du Seigneur, où, enfin, nous verrons Dieu face à face. Saint Augustin, dans son commentaire de cet Évangile, montre que ces choses restent cachées pour que nous soyons bien préparés 03.

Il n’est pas facile de parler de la mort aujourd’hui dans certaines ambiances ; le seul fait de la mentionner semble de mauvais goût, désagréable. C’est cependant l’événement qui illumine notre vie, et l’Église nous invite à le méditer précisément pour que nous ne soyons pas pris au dépourvu à ce moment suprême. La façon païenne de penser et de vivre de beaucoup de gens, même de certains qui se disent apparemment chrétiens, les conduit à vivre le dos tourné à cette réalité et à effacer, dans la mesure du possible, les signes indicateurs que nous allons vite vers une fin. Ils prennent cette attitude parce qu’ils ignorent le vrai sens de la mort. Au lieu de la considérer comme une « amie » ou même comme une « sœur », ils la voient comme une catastrophe, la grande catastrophe qui doit arriver un jour et qui met par terre les plans et les joies dans lesquels ils ont placé tout le sens de leur vie ; ils pensent par conséquent qu’il faut l’ignorer, comme si elle ne devait pas nous affecter personnellement. Au lieu de la voir comme ce qu’elle est en réalité, la clé du bonheur complet, on la voit comme la fin du bien-être qu’on a tant de mal à amasser ici-bas. Ils ignorent, dans leur manque de foi opérative et pratique, que l’homme continuera à exister, bien qu’il doive « changer de maison 05 ». Comme nous le rappelle souvent la liturgie, vita mutatur, non tollitur 06, la vie change mais elle ne se perd pas. Pour le chrétien, la mort est la fin d’un court pèlerinage et l’arrivée au but définitif, auquel nous nous préparons tous les jours 07, en mettant notre âme dans nos tâches quotidiennes. C’est avec elles, et à travers elles, que nous devons gagner notre Ciel. C’est pourquoi, pour le chrétien ce moment n’arrivera pas comme le voleur dans la nuit, parce qu’il compte sur cette rencontre définitive avec son Seigneur. Il sait bien que la mort « est un passage et un déplacement dans l’éternité, après avoir couru sur la terre 08 ».

En fin de compte, « si parfois la pensée de notre sœur la mort t’inquiète, parce que tu te sens si peu de chose, prends courage et pense en toi-même : que sera ce Ciel qui nous attend, lorsque toute la beauté et la grandeur, toute la félicité et l’Amour infinis de Dieu se déverseront dans ce pauvre vase d’argile qu’est la créature humaine, et l’assouviront éternellement, avec la constante nouveauté d’un nouveau bonheur ? 09 »

II. La sainte Écriture nous enseigne expressément que Dieu n’a pas fait la mort, et Il ne se réjouit pas de la perte des êtres vivants 10. Avant le péché originel, la mort n’existait pas, telle que nous la connaissons aujourd’hui, avec ce sens douloureux et difficile avec lequel nous l’avons vue si souvent, peut-être de près. La révolte du premier homme entraîna la perte des dons extraordinaires que Dieu lui avait accordés en le créant. Et maintenant, pour arriver à la maison du Père, notre demeure définitive, nous devons traverser cette porte : c’est le passage de ce monde au Père 11. La désobéissance d’Adam a entraîné la perte de l’amitié avec Dieu, la perte du don gratuit de l’immortalité.

Mais Jésus a détruit la mort et éclairé la vie 12, Il lui a ôté sa malice essentielle, son aiguillon, son venin ; grâce à Lui, elle prend un sens nouveau ; elle devient le passage à une vie nouvelle. Sa victoire se transmet à tous ceux qui croient en Lui et participent à sa vie. Le Maître a affirmé : Je suis la résurrection et la Vie ; qui croit en Moi, même s’il meurt, vivra et quiconque vit et croit en Moi, ne mourra pas pour toujours 13. Bien que la mort soit l’ennemi de l’homme dans sa vie naturelle, dans le Christ elle devient une « amie » et une « sœur ». Bien que l’homme soit mis en déroute par cet ennemi, à la fin il est vainqueur, parce que, par la mort, il acquiert la plénitude de la Vie. On comprend très bien que dans une société qui a comme fin presque exclusive, sinon exclusive, les biens matériels, la mort continue à être l’échec total, le dernier ennemi qui met fin d’un coup à tout ce qui a donné un sens à la vie : plaisir, gloire humaine, joie des sens, soif désordonnée de biens matériels... Ceux qui ont une âme païenne continuent à vivre comme si le Christ n’avait pas fait la Rédemption, en transformant complètement le sens de la douleur, de l’échec et de la mort.

La mort des pécheurs est lamentable 14, affirme la sainte Écriture ; en revanche, la mort des saints est précieuse aux yeux de Dieu 15. C’est en ce sens que l’Église a célébré dès les premiers temps le jour de la mort des martyrs et des saints, comme un jour de joie ; c’était le dies natalis ; le jour de sa naissance à la nouvelle Vie, au bonheur sans fin, le jour où ils ont contemplé, radieux, le visage de Jésus. Bienheureux les morts qui meurent dans le Seigneur, nous rappelle l’Apocalypse. Désormais, ils peuvent se reposer de leurs travaux ; c’est la conséquence de leurs œuvres 16. Non seulement ils sont récompensés de leur fidélité au Christ même dans les plus petites choses, même un verre d’eau donné pour le Christ recevra sa récompense 17, mais, comme l’Église l’enseigne, « les biens de la dignité humaine, l’union fraternelle et la liberté, en un mot les fruits excellents de la nature et de nos efforts après les avoir propagés sur la terre avec l’Esprit du Seigneur et selon son commandement, nous les retrouverons purifiés de toute tache, illuminés et transfigurés, quand le Christ remettra au Père le royaume éternel et universel... 18 »Tout le reste sera perdu, retournera à la terre et à l’oubli... Leurs bonnes œuvres les accompagnent.

III. La mort nous donne de grandes leçons pour la vie. Elle nous apprend à vivre avec le juste nécessaire, détachés des biens que nous devons utiliser mais que nous devrons abandonner d’ici un temps toujours court ; nous emporterons pour toujours le mérite de nos bonnes œuvres.

La mort nous apprend à bien tirer parti de chaque jour : carpe diem 19, jouis du présent, disaient les anciens ; et nous, avec un sens chrétien, nous pouvons lui donner un nouveau sens : profitons joyeusement de chaque jour comme si c’était le seul, sachant qu’il ne se répétera jamais. Aujourd’hui, au moment de l’examen de conscience nous nous réjouissons de penser aux oraisons jaculatoires, aux actes d’amour, à nos rapports avec notre Ange gardien, aux faveurs accordées aux autres, aux petits services rendus, aux victoires dans l’accomplissement du devoir, peut-être à la patience... dont le Seigneur a fait des pierres précieuses pour l’éternité. Avec la mort, il n’y a plus de possibilité de mériter pour la vie éternelle 20. Ne laissons pas échapper ces jours, nombreux et comptés, qui restent pour arriver au terme du chemin.

L’incertitude du moment de notre rencontre définitive avec Dieu nous pousse à avoir la vigilance de celui qui attend l’arrivée de son Seigneur 21, à soigner l’examen de conscience avec une contrition véritable pour les faiblesses d’aujourd’hui ; à tirer profit de la Confession fréquente pour purifier l’âme même des péchés véniels et des manques d’amour. Le souvenir de la mort nous aidera à travailler avec plus de soin au travail de notre propre sanctification, à vivre non comme des sots, mais avec prudence, en rachetant le temps 22, à récupérer tellement de journées et d’occasions perdues ; il peut parfois arriver ce que l’auteur classique a écrit : « ce n’est pas que nous ayons peu de temps, c’est que nous en perdons beaucoup 23 ». Profitons de celui qui nous reste.

Nous devons désirer vivre longtemps, pour rendre de plus grands services à Dieu, pour nous présenter devant le Seigneur avec les mains tout à fait pleines... et parce que nous aimons la vie, qui est un cadeau de Dieu. Quand arrivera notre rencontre avec le Seigneur, ces derniers instants doivent nous servir aussi à purifier notre vie et nous offrir avec un acte d’amour à Dieu le Père. Saint Ignace de Loyola a écrit pour ce moment : « Comme dans toute la vie, dans la mort aussi, et encore plus, chacun doit s’efforcer de faire que Dieu notre Seigneur y soit glorifié et servi, le prochain édifié au moins par l’exemple de patience et de force, de foi vive, d’espérance et d’amour des biens éternels... 24 ». Le dernier instant ici-bas doit servir aussi à la gloire de Dieu. Quelle joie nous aurons alors de tout ce que nous avons mené à bien dans la vie pour le Seigneur : le travail offert, les personnes que nous essayons d’approcher du sacrement de la Confession, les mille petits détails de service envers ceux qui ont travaillé tant d’heures avec nous, la joie que nous apportons à la famille et à tous, les offenses que nous essayons d’excuser et d’oublier...

Nous partirons après avoir laissé ici des fruits qui dureront jusqu’à la vie éternelle. Nous pourrons dire alors avec le poète :

« Mon amour a quitté le rivage/ et il chante dans le courant/ Il ne reviendra pas sur le rivage/ car l’eau était son amour. 25 »


01. Lc 17, 26-37. – 02. I Th 5, 2. – 03. Cf SAINT AUGUSTIN, Commentaire du psaume 120, 3. – 04. Cf SAINT J. ESCRIVA, Chemin, n. 35 et 739. – 05. Cf ibidem, n. 744. – 06. Missel romain, Préface des défunts. – 07. Cf C. POZO, Théologie de l’au-delà. – 08. SAINT CYPRIEN, Traité sur la mort, 22. – 09. SAINT J. ESCRIVA, Sillon, n. 891. – 10. Sg 1, 13. – 11. Jn 13, 1. – 12. 2 Tm 1. 10. – 13. Jn 11, 25. – 14. Ps 33, 22. – 15. Ps 115, 15. – 16. Ap 14, 13. – 17. Mt 10, 42. – 18. Conc. Vat. II Const. Gaudium et spes, 39. – 19. HORACE, Odes, 1, 11, 7. – 20. Cf LÉON X, Bulle Exsurge Domine, 15 juin 1520, prop. 38. – 21. Cf. Lc 12, 35-42. – 22. Eph 5, 15-16. – 23. Sénèque, De breviate vitae, 1, 3. – 24. SAINT IGNACE DE LOYOLA, Constitutiones, S.I. – 25. B. LLORENS, Source secrète.



32e semaine. SAMEDI

54. La prière de demande et la miséricorde divine

— Notre confiance dans la prière a son fondement dans l’infinie bonté de Dieu.

— Le recours à la Miséricorde divine.

— L’intercession de la Sainte Vierge.


I. Le Seigneur nous a appris de nombreuses manières la nécessité de la prière et la joie avec laquelle Il accueille nos demandes. Lui-même prie le Père pour nous donner l’exemple de ce que nous devons faire. Dieu sait bien que chaque instant de notre existence est le fruit de sa bonté, que nous n’avons rien de nous-mêmes. C’est parce qu’Il nous aime d’un amour infini, qu’Il veut que nous reconnaissions notre dépendance, car c’est un grand bien pour nous.

Pour nous encourager à cette prière de demande, Jésus a voulu nous donner toutes les garanties. Il nous montre aussi, avec des exemples, les conditions qu’elle doit avoir, pour que nous Le comprenions bien. L’Évangile de la Messe nous présente la veuve qui ne cesse de crier devant un juge inique qui se refuse à l’écouter 01, mais qui, devant l’insistance de la femme, finira par céder. Dieu apparaît dans la parabole en contraste avec le juge. Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus qui crient vers Lui jour et nuit, les fera-t-Il attendre ? Si celui qui est injuste et inique décide à la fin de faire justice, que ne fera-t-il pas Lui qui est infiniment bon, juste et miséricordieux ? Si l’attitude du juge est, dès le début, de résister à la veuve, celle de Dieu, au contraire, est toujours paternelle et accueillante. Voilà le thème central de la parabole : la miséricorde divine en face de l’indigence des hommes.

Les raisons que donnent le juge de la parabole pour écouter la veuve sont inconsistantes et superficielles. À la fin, il se dit en lui-même : Je ne respecte pas Dieu, et je me moque des hommes, mais cette femme vient me tourmenter : je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse me casser la tête. Les « raisons » de Dieu, au contraire sont son amour infini : Écoutez bien ce que dit ce juge sans justice ! Dieu ne fera-t-Il pas justice à ses élus, qui crient vers Lui jour et nuit ? Est-ce qu’Il les fait attendre ? Saint Augustin de commenter : « par conséquent, ceux qui prient Dieu avec persévérance, doivent être bien confiants, parce qu’Il est la source de la justice et de la miséricorde. 02 » Si la constance fléchit le juge « capable de tous les crimes, combien, à plus juste titre, devons-nous nous prosterner et prier Dieu, le Père des miséricordes ? 03 »

L’amour des enfants de Dieu doit s’exprimer dans la constance et dans la confiance, car « si, parfois, il tarde à donner, s’il fait valoir ses dons, il ne les refuse pas. L’obtention de quelque chose que l’on a longtemps attendu est plus douce. Demande, cherche, insiste. En demandant et en cherchant tu obtiens la croissance nécessaire pour obtenir le don. Dieu te réserve ce qu’Il ne veut pas te donner tout de suite, pour que tu apprennes à désirer vivement les choses importantes. Par conséquent, il convient de prier et de ne pas défaillir 04. Nous ne devons jamais nous décourager dans nos prières à Dieu. « Mon Dieu apprends-moi à aimer ! — Mon Dieu apprends-moi à prier ! 05 » Les deux objectifs coïncident.

II. La prière persévérante du juste vaut beaucoup 06. Elle a tellement de pouvoir parce que nous prions au nom de Jésus 07. Lui est à l’origine de notre demande et Il agit comme Médiateur devant Dieu le Père 08. L’Esprit Saint suscite la demande dans notre âme, alors que nous ne savons même pas ce que nous devons demander. Celui qui doit accorder demande avec nous que cela nous soit accordé, que pouvons-nous désirer de plus sûr ? C’est seulement notre incapacité de recevoir qui limite les dons de Dieu. C’est comme lorsqu’on va à la fontaine avec une jarre petite ou percée.

Le Seigneur est compatissant et miséricordieux 09 à l’égard de nos déficiences et de nos maux. La sainte Écriture présente souvent le Seigneur comme un Dieu de miséricorde et utilise pour cela des expressions émouvantes : il a des entrailles de miséricorde, il aime d’un amour profond 10, comme les mères... Saint Thomas qui insiste souvent sur ce que la toute puissance divine resplendit de manière spéciale dans sa miséricorde 11, enseigne qu’en Dieu celle-ci est abondante et infinie : « Dire de quelqu’un qu’il est miséricordieux, enseigne le saint, c’est comme dire qu’il a le cœur plein de miséricorde, c’est-à-dire que devant la misère d’autrui il expérimente la même sensation de tristesse que si elle était sienne ; de là vient qu’il s’efforce de guérir la tristesse d’autrui comme s’il s’agissait de la sienne propre : voilà l’effet de la miséricorde. Or il n’appartient pas à Dieu de s’attrister de la misère des autres ; mais ce qui Lui appartient c’est de guérir la misère, en comprenant par misère un défaut quelconque. 12 »

Le Pape Jean-Paul II enseigne que la miséricorde de Dieu est particulièrement visible dans le Christ. « Lui-même l’incarne et la personnifie. Lui-même est, dans un certain sens, la miséricorde. 13 » Il nous connaît bien et Il compatit à la maladie, à la mauvaise situation financière que nous traversons peut-être... aux peines que la vie comporte parfois avec elle. « Nous, chacun de nous, nous sommes toujours très intéressés ; mais cela ne fait rien à Dieu Notre Seigneur qu’à la Messe nous placions devant Lui tous nos besoins. Qui n’a pas quelque chose à demander ? Seigneur, cette maladie... Seigneur, cette tristesse... Seigneur, cette humiliation que je ne sais pas supporter pour ton amour... Nous voulons le bien, le bonheur et la joie des personnes de chez nous ; le sort de ceux qui ont faim et soif de pain et de justice nous oppresse ; de ceux qui font l’expérience de l’amertume de la solitude ; de ceux qui, à la fin de leur vie, ne reçoivent pas un regard d’affection ni un geste d’aide.

« Mais la grande misère qui nous fait souffrir, la grande nécessité à laquelle nous voulons porter remède, c’est le péché, l’éloignement de Dieu, le risque que les âmes se perdent pour toute l’éternité. 14 » L’état de l’âme de ceux que nous fréquentons le plus souvent doit être l’objet de notre première sollicitude, la demande la plus urgente que nous élevons chaque jour vers le Seigneur.

III. Le peuple chrétien s’est senti poussé à travers les siècles à présenter ses prières à Dieu à travers sa Mère et notre Mère, Marie. A Cana de Galilée elle a manifesté son pouvoir d’intercession devant un besoin matériel des époux qui se trouvaient peut-être devant une affluence d’amis et de connaissances plus grande que prévue. Le Seigneur avait décidé que son heure serait avancée par la demande de sa Mère. « Dans la vie publique de Jésus, enseigne le Concile Vatican II, sa Mère apparaît de façon significative depuis le début, quand aux noces de Cana de Galilée, poussée par la miséricorde elle a suscité par son intercession le commencement des miracles du Messie. 15 » Depuis le début, l’œuvre rédemptrice de Jésus est accompagnée de la présence de Marie. Cette fois, non seulement elle porta remède au manque de vin à la fête des noces, mais, comme l’Évangéliste l’indique expressément, le miracle confirma la foi de ceux qui suivaient Jésus de près. Ainsi Jésus fit son premier miracle à Cana de Galilée, par lequel Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en Lui 16.

La Vierge Marie, toujours attentive aux difficultés de ses enfants, sera le canal par lequel nos prières arriveront rapidement à son Fils. Elle les redressera si elle voit en elles quelque chose de peu droit. « Pourquoi les prières de Marie sont elles si efficaces ? » se demande saint Alphonse de Liguori. Et il répond : « Les prières des saints sont des prières de serviteurs, tandis que celles de Marie sont des prières de Mère d’où proviennent son efficacité et son caractère d’autorité ; comme Jésus aime immensément sa Mère, elle ne peut prier sans être exaucée (...).

« Pour bien connaître la grande bonté de Marie rappelons-nous ce que rapporte l’Évangile (...). Il manquait du vin, d’où l’effroi des époux. Personne ne demande à la très Sainte Vierge d’intervenir auprès de son Fils en faveur des époux consternés. Mais le cœur de Marie, qui ne put faire moins que de compatir aux malheureux (...), la poussa à se charger elle-même de la tâche de médiatrice et demander le miracle à son Fils, même si personne ne le lui demandait (...). Si Notre Dame agit ainsi sans qu’on le lui demande, qu’en aurait-il été si on l’avait priée ? 17 »

Aujourd’hui, un samedi que nous essayons de consacrer spécialement à Notre Dame, c’est une bonne occasion de recourir à elle plus souvent et avec plus d’amour. « A ta Mère, sainte Marie, à saint Joseph, à ton ange gardien... demande-leur de parler à Notre Seigneur pour qu’ils lui disent ce que ta maladresse t’empêche de bien exprimer. 18 »


01. Lc 18, 1-8. – 02. SAINT AUGUSTIN, dans Catena aurea. – 03. TEOFILACTO, dans Catena aurea. – 04. SAINT AUGUSTIN, Sermon 61, 6-7. – 05. SAINT Josémaria ESCRIVA, Forge, n. 66. – 06. Sant 5, 16. – 07. Cf Jn 15, 16 ; 16, 26. – 08. Cf SAINT CYRILLE DE JÉRUSALEM. Commentaire de l’Évangile selon saint Jean, 16, 23-24. – 09. Sant 5, 11. – 10. Cf ex 34, 6 ; Jn 2, 13 ; Lc 1, 78. – 11. Cf SAINT THOMAS D’AQUIN, Somme théologique, 1, q. 21, a. 4, 2-2, q. 30, a. 4. – 12. Idem, o.c. 1, q. 21, a. 3. – 13. JEAN-PAUL II, Enc. Dives in misericordia, 30 novembre 1980, 2. – 14. SAINT Josémaria ESCRIVA, Aimer l’Église. – 15. Conc. Vat. II Const. Lumen gentium, 58. – 16. Jn 2, 11. – 17. SAINT ALPHONSE MARIE DE LIGUORI, Sermons abrégés, 48. – 18. SAINT JOSÉMARIA ESCRIVA, Forge, n. 272.


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