33e dimanche. Année A
55. Produire pour Dieu
— Nous sommes les administrateurs des dons que nous avons reçus.
— La vie : servir Dieu volontairement.
— Bien profiter du temps.
I. La liturgie de l’Église, dans ces dernières semaines de l’année liturgique, continue à nous inviter à considérer les vérités éternelles. Vérités qui doivent être d’un grand profit pour notre âme. Nous lisons dans la seconde lecture de la Messe01 que le Seigneur arrivera comme un voleur dans la nuit, soudainement. La mort, même si nous y sommes préparés, sera toujours une surprise. La vie sur la terre, comme nous l’enseigne le Seigneur dans l’Évangile 02, est un temps pour administrer l’héritage du Seigneur et gagner ainsi le Ciel. Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il donna une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Il connaissait bien ses serviteurs, c’est pourquoi il ne leur confia pas à tous la même partie de l’héritage. Cela aurait été injuste de leur faire porter à tous le même poids. Il distribua son patrimoine selon la capacité de chacun ; même celui qui reçut un seul talent se vit confier beaucoup. Au bout de quelque temps, le maître revint de voyage et demanda des comptes à ses serviteurs. Ceux qui avaient eu l’occasion de commercer avec leurs cinq et leurs deux talents purent lui rendre le double ; ils avaient profité du temps pour faire du négoce avec les biens de leur maître, en attendant son retour. Ils eurent ensuite le bonheur de voir la joie du maître, et ils furent dignes de recevoir un éloge et une récompense inattendus : Très bien, bon et fidèle serviteur, leur dit-il à chacun ; puisque tu as été fidèle en peu de choses, je t’en confierai beaucoup : entre dans la joie de ton maître.
Le sens de la parabole est clair. Nous sommes les serviteurs ; les talents sont les conditions dont Dieu a doté chacun (l’intelligence, la capacité d’aimer, de rendre les autres heureux, les biens terrestres...) ; le temps que dure le voyage du maître est la vie ; le retour inattendu, la mort ; les comptes, le jugement ; entrer au festin, le Ciel. Nous ne sommes pas les maîtres mais, comme le répète constamment le Seigneur dans l’Évangile, des administrateurs et nous devons rendre compte. Nous pouvons examiner aujourd’hui en présence du Seigneur si nous avons réellement une mentalité d’administrateurs et non de maîtres absolus qui peuvent disposer à leur aise de ce qu’ils ont et de ce qu’ils possèdent.
Nous pouvons nous interroger aujourd’hui sur l’usage que nous faisons de notre corps et de ses sens ; de l’âme et de ses puissances. Servent-ils réellement à rendre gloire à Dieu ? Demandons-nous si nous faisons le bien avec les talents reçus : avec les biens matériels, avec la capacité de travail, avec l’amitié. Le Seigneur veut que son patrimoine soit bien administré. Ce qu’Il attend est proportionnel à ce que nous avons reçu. À qui on aura donné beaucoup, beaucoup sera demandé, et à qui on aura confié davantage, on réclamera davantage 03.
Viens, serviteur bon et fidèle... Parce que tu as été fidèle en peu de choses, dit le Seigneur à celui qui avait reçu cinq talents. Le « beaucoup », cinq talents est ici considéré par Dieu comme « le peu ». Entrer dans la joie du Seigneur est beaucoup... : l’œil n’a pas vu, ni l’oreille entendu ; le cœur de l’homme n’a pas compris ce que Dieu a prédestiné à ses bien-aimés 4. Cela vaut la peine d’être fidèles ici-bas en attendant l’arrivée du Seigneur, qui ne tardera pas, en profitant de ce temps très court avec le sens des responsabilités. Quelle joie quand nous nous présenterons devant Lui les mains pleines ! Regarde, Seigneur, lui dirons-nous, j’ai essayé de dépenser ma vie à ton service. Je n’ai eu d’autre but que ta gloire.
II. Celui qui avait reçu un talent creusa la terre et enfouit l’argent de son maître. Quand celui-ci lui demanda des comptes, le serviteur essaya de s’excuser et de s’en prendre à celui qui lui avait donné tout ce qu’il possédait : Seigneur, je savais que tu es un homme dur ; tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. Le voici. Ce dernier serviteur « démontre comment l’homme se comporte quand il ne vit pas une fidélité active à l’égard de Dieu. Ce qui l’emporte c’est la peur, l’estime de soi, l’affirmation de l’égoïsme qui essaye de justifier sa propre conduite par les prétentions injustes du maître qui moissonne là où il n’a pas semé. 05 » En écoutant ses excuses, son Maître l’appelle serviteur mauvais et paresseux. Il a oublié une vérité essentielle : que « l’homme a été créé pour connaître, aimer et servir Dieu dans cette vie, et le voir et jouir de Lui ensuite dans l’autre ». Quand on connaît Dieu il est facile de L’aimer et de Le servir ; « quand on aime, non seulement cela ne coûte pas de servir, ce n’est pas humiliant ; c’est un plaisir. Une personne qui aime ne considère jamais qu’elle s’abaisse en servant l’objet de son amour, ou que c’est indigne ; elle ne se sent jamais humiliée de rendre service. Or, le troisième serviteur connaissait son maître ; du moins il avait de nombreuses raisons de le connaître comme les deux autres serviteurs. Mais il est évident qu’il ne l’aimait pas. Et quand on n’aime pas, servir coûte beaucoup. 06 » Non seulement il ne l’appréciait pas, mais il allait jusqu’à l’appeler homme dur qui veut moissonner là où il n’a même pas semé.
Ce serviteur n’a pas servi son maître par manque d’amour. Le contraire de la paresse est précisément la diligence, qui a sa racine dans le verbe latin diligere, qui veut dire aimer, choisir après une étude attentive. L’amour donne des ailes pour servir la personne aimée. La paresse, fruit du manque d’amour, conduit à un plus grand manque d’amour. Le Seigneur condamne dans cette parabole ceux qui n’ont pas fait fructifier les dons qu’Il leur a donnés et ceux qui les emploient à leur propre service, au lieu de servir Dieu et leurs frères les hommes. Examinons aujourd’hui comment nous avons profité du temps, qui est une partie importante de l’héritage reçu ; si nous soignons la ponctualité et l’ordre dans notre travail, si nous essayons de nous surpasser dans le travail, de bien remplir les heures ; si nous accordons l’attention qui leur est due à nos devoirs familiaux ; si nous mettons en pratique la capacité d’amitié et d’estime des autres, pour faire un apostolat fécond ; si nous essayons d’étendre le royaume du Christ dans les âmes et dans la société avec les talents que nous avons reçus.
III. Notre vie est brève. C’est pourquoi nous devons tirer parti même du dernier instant, pour gagner en amour, en service de Dieu. La Sainte Écriture nous avertit fréquemment de la brièveté de notre existence ici sur terre. Elle la compare à la fumée 07, à une ombre 08, au passage des nuages 09, au néant 10 ! Quelle tristesse de perdre du temps ou de le gaspiller comme s’il n’avait pas de valeur ! « Comme il est dommage de ne vivre que pour tuer son temps, ce trésor de Dieu ! Rien ne saurait excuser un tel comportement. (...) Triste chose que de ne pas tirer parti, un véritable rendement, de toutes les capacités, petites ou grandes, que Dieu accorde à l’homme pour qu’il se mette à servir les âmes et la société !
« Lorsque, dans son égoïsme, le chrétien se retranche, qu’il se cache, qu’il se désintéresse, en un mot lorsqu’il tue son temps, il risque fort de tuer son ciel. 11 »
Tirer parti du temps c’est mener à bien ce que Dieu veut que nous fassions en ce moment. Parfois, profiter d’un après-midi sera “le perdre” aux pieds du lit d’un malade ou consacrer un moment à un ami pour préparer l’examen du lendemain. Nous l’aurons perdu pour nos plans, souvent pour notre égoïsme, mais nous l’aurons gagné pour ces personnes qui ont besoin d’aide ou de consolation et pour l’éternité. Tirer profit du temps, c’est vivre avec plénitude le moment actuel, en mettant la tête et le cœur dans ce que nous faisons, même si humainement cela nous semble insignifiant, sans inquiétudes excessives pour le passé, ni pour le futur. Le Seigneur veut que nous vivions et sanctifions le moment présent, en faisant avec responsabilité le devoir qui correspond à l’instant que nous vivons, en nous libérant de préoccupations inutiles pour l’avenir qui n’arrivera peut-être jamais, et s’il arrive Dieu notre Père nous donnera la grâce surnaturelle pour les surmonter et la grâce humaine pour les porter avec élégance. Lui-même nous a dit : Ne vous souciez pas de demain, car demain aura souci de lui-même. A chaque jour suffit sa peine 12. Vivre avec plénitude le présent nous rend plus efficaces et nous libère de beaucoup d’anxiétés inutiles. Sainte Thérèse raconte qu’en arrivant à Salamanque, accompagnée d’une autre religieuse appelée Marie du Sacrement, pour y fonder un nouveau couvent, elle se trouva en face d’une maison mal conçue, dont avaient été délogés des étudiants quelques heures auparavant. Les voyageuses y entrèrent de nuit, épuisées et mortes de froid. Le glas de la ville sonnait, car c’était la veille du jour des morts. Les murs, dans l’obscurité coupée seulement par une chandelle vacillante, se remplissaient d’ombres inquiétantes. Malgré tout, elles se couchèrent rapidement, sur quelques bottes de paille qu’elles avaient apportées avec elles. Une fois jetées sur ces lits improvisés, Marie du Sacrement, remplie de terreur, dit à la sainte : « Ma mère, si je mourrais maintenant ici, que feriez-vous toute seule ?
« Que cela puisse arriver me paraissait dur, commentait la sainte des années après ; j’y pensai un peu et j’eus même peur, parce que je flanche toujours devant les corps morts, même si je ne suis pas seule.
« Et comme le glas sonnait, puis que c’était le jour des morts, comme je l’ai dit, le diable avait de quoi me faire perdre la tête avec ces enfantillages.
« Ma sœur, lui ai-je dit, quand cela arrivera j’aviserai ; maintenant laissez-moi dormir. 13 »
Quand nous sommes préoccupés par des faits à venir qui font perdre et le temps et la paix, et pour lesquels nous ne pouvons rien faire en ce moment, il nous sera bon de dire, comme la sainte, « quand cela sera, j’aviserai ». Nous compterons alors sur la grâce de Dieu pour sanctifier ce qu’Il a disposé ou ce qu’Il permet.
Quand une vie est arrivée à sa fin, nous ne pouvons pas penser seulement à une chandelle qui s’est déjà consumée, mais aussi à une tapisserie qu’on a fini de tisser. Tapisserie que nous voyons à l’envers, où l’on peut observer seulement une figure estompée et des fils isolés. Dieu notre Père la regardera du bon côté, Il sourira et se réjouira de voir l’œuvre achevée, résultat d’un bon profit du temps jour après jour, heure après heure, minute après minute.
1 Th 5, 1-6. – 02. Mt 25, 14-30. – 03. Lc 12, 48. – 04. I Co 2, 9. – 05. JEAN-PAUL II, Homélie, 18 novembre 1984. – 06. F. SUAREZ, Despues, p. 144. – 07. Cf Sg, 2,2. – 08. Cf Ps 143, 4. – 09. Cf Jb 14, 2 ; 37, 2 ; Jc 1, 10. – 10. Cf Ps 38, 6. – 11. SAINT JOSÉMARIA ESCRIVA, Amis de Dieu, 46. – 12. Mt 6, 34. – 13. M. AUCLAIR. La vie de sainte Thérèse de Jésus.
33e dimanche. Année B
56. La seconde venue du Seigneur
— Le désir de voir le visage du Seigneur.
— Sa venue glorieuse.
— L’attente du jour du Seigneur.
I. Mes pensées, dit le Seigneur, sont des pensées de paix et non de malheur. Appelez-moi, je vous écouterai et, de partout, je vous rassemblerai 01. Ce sont les paroles de Dieu que le Prophète Jérémie nous fait entendre dans l’Antienne d’entrée de la Messe.
Jésus a accompli la mission que le Père Lui avait confiée, mais Son œuvre, en quelque sorte, n’est pas encore achevée. Il reviendra à la fin des temps pour achever ce qu’Il a commencé. Depuis les premiers siècles, l’Église confesse sa foi dans cette seconde venue glorieuse du Christ, quand Il viendra, triomphant et glorieux, juger les vivants et les morts 02. « L’Écriture Sainte, enseigne le Catéchisme romain, nous affirme ces deux venues du Fils de Dieu. L’une, quand, pour notre salut, Il a pris chair et s’est fait homme dans le sein de la Vierge. L’autre, quand Il viendra à la fin du monde juger tous les hommes ; cette dernière est appelée le jour du Seigneur. 03 »
La liturgie de la Messe, presqu’à la fin de l’année liturgique, nous rappelle cette vérité de foi. La première lecture 04 nous présente l’annonce qu’en fit le prophète Daniel : En ce temps-là se lèvera Michel, le chef des anges, celui qui veille sur ton peuple. Car ce sera un temps de détresse. La plénitude du salut avec la résurrection des corps arrivera pour tous ceux dont le nom se trouvera dans le livre de Dieu. Beaucoup de gens qui dormaient dans la poussière de la terre s’éveilleront : les uns pour la vie éternelle, les autres pour la honte et la déchéance éternelles. Les sages qui auront compris le vrai sens de la vie ici sur terre et auront été fidèles brilleront comme la splendeur du firmament. Le Prophète annonce ensuite la gloire spéciale pour tous ceux qui, par l’apostolat sous toutes ses formes, auront contribué au salut des autres : ceux qui sont des maîtres de justice pour la multitude resplendiront comme les étoiles dans les siècles des siècles.
Les chrétiens des premiers temps, qui désiraient voir le visage glorieux du Seigneur, répétaient la douce invocation : Viens, Seigneur Jésus ! 05. C’était une oraison jaculatoire répétée si souvent qu’elle est restée en araméen, la langue que parlait Jésus et les Apôtres, dans les écrits primitifs 06. Aujourd’hui, traduite en diverses langues, elle est l’une des acclamations possibles à la sainte Messe après la consécration et l’adoration. Quand le Christ se fait réellement présent sur l’autel, l’Église lui manifeste son désir de Le voir glorieux. Ainsi, « la liturgie de la terre s’harmonise à celle du Ciel. Maintenant, comme à chaque Messe, la réponse tranquillisante arrive à notre cœur qui a besoin de consolation : Celui qui rend témoignage de ces choses dit : je viens tout de suite. 07 » Même si le moment d’être avec Lui au Ciel n’est pas encore arrivé, cet instant heureux est déjà anticipé quand Il vient dans notre âme peu d’instants après, au moment de la Communion. « Que l’invocation passionnée de l’Église : Viens, Seigneur Jésus, demandait le Pape Jean-Paul II, devienne le soupir spontané de votre cœur, jamais satisfait du présent, parce qu’il est tendu vers le “pas encore” de l’accomplissement promis 08 », quand nous rencontrerons la plénitude de Dieu avec nos propres corps désormais glorieux. Maintenant, dans l’intimité de notre âme, nous disons à Jésus : Vultum tuum, Domine, requiram 09, je chercherai, Seigneur, Ton visage, celui qu’un jour, avec l’aide de Ta grâce, j’aurai le bonheur de voir face à face.
II. Seigneur, mon partage et ma coupe : de Toi dépend mon sort. Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ; Il est à ma droite, je suis inébranlable. Mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance : Tu ne peux m’abandonner à la mort ni laisser Ton ami voir la corruption 10. Ce psaume responsoriel de la Messe se rapporte au Christ, comme l’interprètent les Actes des Apôtres 11 ; il annonce la résurrection de nos corps à la fin des temps. Nous pouvons vraiment dire dans l’intimité de notre cœur que le Seigneur est mon partage et ma coupe, ce que le sort m’a donné ; mon cœur exulte ; mon âme est en fête ; serein je repose en Lui, maintenant et à la fin des temps. Le Christ est la grande chance de notre vie. Il est assis à la droite de Dieu et Il attend le temps qui manque 12.
Nous lisons dans l’Évangile de la Messe13 qu’à la fin des temps on verra le Fils de l’homme venir sur les nuées avec grande puissance et grande gloire. Il enverra ses anges pour rassembler les élus des quatre coins du monde, de l’extrémité de la terre à l’extrémité du ciel. Si sa divinité fut complètement cachée ou ignorée dans son Incarnation et dans sa Passion, à la fin des siècles elle sera entourée de majesté et de gloire, comme le Prophète Daniel l’avait annoncé, avec de grands signes sur la terre et au ciel : le soleil s’obscurcira et la lune ne brillera plus, les étoiles du ciel tomberont et les puissances des cieux seront ébranlées. Il viendra comme Rédempteur du monde, comme Roi, comme Juge et Seigneur de l’Univers « non, comme l’enseignent les Pères de l’Église, pour être jugé de nouveau mais pour appeler à Son tribunal ceux qui Le jugèrent. Lui, qui pendant qu’on Le jugeait, gardait le silence, Il rafraîchira la mémoire des malfaiteurs qui osèrent l’insulter quand Il était sur la croix, et Il leur dira : Vous avez fait cela et je me suis tu.
« Autrefois, en raison de sa providence, Il vint enseigner les hommes avec la douceur de la persuasion ; à l’avenir, qu’ils le veuillent ou non, les hommes devront nécessairement se soumettre à Son royaume (...). C’est pourquoi, dans notre profession de foi, telle que la tradition nous l’a livrée, nous disons que nous croyons en Celui qui est monté aux cieux, est assis à la droite du Père ; d’où Il viendra juger les vivants et les morts ; et Son règne n’aura pas de fin. 14 » Il se montrera dans sa gloire à tous ceux qui Lui auront été fidèles au long des siècles, et aussi à ceux qui L’ont refusé, ou L’ont persécuté, ou qui ont vécu comme si sa Mort sur la Croix avait été un événement sans importance. L’humanité entière se rendra compte que Dieu le Père L’a gratifié du nom qui est au-dessus de tout nom afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre, dans les enfers, et que toute langue proclame à la gloire du Père : Jésus-Christ est le Seigneur 15.
Comme nous devons considérer comme sont bien employés nos efforts pour suivre le Christ, cette accumulation de petites choses, de services sans aucune transcendance que nous essayons de faire chaque jour pour Dieu et que peut-être personne ne voit... ! Jésus nous traitera, si nous sommes fidèles, comme ses amis de toujours. C’est pourquoi mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair repose en confiance.
III. Tu m’apprends le chemin de la vie : devant Ta face, débordement de joie ! A Ta droite, éternité de délices ! 16, continue le psaume responsoriel.
La deuxième venue du Christ est souvent désignée dans la Sainte Écriture du terme grec parousie. Dans le langage profane, il voulait dire l’entrée solennelle d’un empereur dans une ville ou dans une province, où il était salué comme un sauveur. Le moment de son entrée, qui comportait toujours quelque chose d’inattendu, était considéré comme un jour de fête et, parfois, était le point de départ du calendrier 17 : on voulait indiquer que quelque chose de nouveau commençait à partir de cet événement. Pour nous, l’arrivée du Christ sera une grande fête, car l’âme se réunira à son propre corps, et un nouveau calendrier commencera, une nouvelle forme d’existence, où chacun, corps et âme, rendra gloire à Dieu dans une éternité sans fin.
L’attente de ce jour du Seigneur a été un stimulant pour les premiers chrétiens pour persévérer et être patients dans les adversités. Saint Paul le rappelle à d’innombrables occasions. Nous aussi elle nous aide à être fidèles au Seigneur, spécialement lorsque l’ambiance qui nous entoure est contraire et pleine de difficultés. Nous devons à Dieu de continuelles actions de grâces à votre sujet, frères, comme le méritent les grands progrès de votre foi et l’accroissement de la charité que vous avez tous et chacun les uns pour les autres. Aussi êtes-vous pour nous-mêmes un sujet de fierté auprès des églises de Dieu, par votre constance et votre foi au milieu de toutes les persécutions et afflictions que vous endurez, comme un gage du juste jugement de Dieu qui vous estimera dignes du royaume de Dieu pour lequel vous souffrez 18.
Le Seigneur permet que nous souffrions parfois pour être fidèles à ses enseignements, ou que la maladie ou la douleur nous atteignent, pour augmenter notre confiance en Lui, que nous vivions mieux le détachement de l’honneur, de la santé, de l’argent... pour nous rendre dignes du royaume qu’Il nous a préparé. Également pour que nous nous rappelions, puisque nous sommes placés au milieu du monde, que « le royaume de Dieu qui commence ici-bas dans l’Église du Christ n’est pas de ce monde, dont la figure passe, que sa croissance propre ne peut être confondue avec le progrès de la civilisation, de la science ou de la technique humaines, mais qu’il consiste à connaître de plus en plus profondément les richesses insondables du Christ, à attendre avec de plus en plus de force les biens éternels, à correspondre de plus en plus ardemment à l’amour de Dieu, à dispenser parmi les hommes de plus en plus abondamment la grâce et la sainteté.19 »
01. Antienne d’entrée, Jr 29, 11-12, 14. – 02. Symbole de Nicée-Constantinople. — 03 CATÉCHISME ROMAIN I, 8, n. 2. – 04. Dn 12, 1-3. – 05. Ap 22, 20. – 06. Cf I Co 16, 22 ; Didaché 10, 6. – 07. JEAN PAUL II, Homélie, 18 ami 1980. – 08. Ibidem. – 09. Ps 26, 8. – 10. Psaume responsoriel. Ps 15, 5, 8-9. — 11 Cf Ac 2, 25-32 ; 13, 35. – 12. Seconde lecture, He 10, 11-14. ; 18. – 13. Mc 13, 24-32. – 14. SAINT CYRILLE DE JÉRUSALEM, Catéchèse sur les deux venues du Christ. – 15. Ph, 2, 9-11. – 16. Psaume responsoriel. Ps 15, 10. – 17. Cf M. SCHMAUS, Théologie dogmatique, vol VII. – 18. 2 Th 1, 3-5.– 19. PAUL VI, Credo du Peuple de Dieu, n. 27.