33e dimanche. Année C
57. Travailler en attendant l’arrivée du Seigneur
— L’attente de la vie éternelle ne nous dispense pas d’une vie de travail intense.
— Le travail, l’un des plus grands biens de l’homme.
— Le travail professionnel réalisé face à Dieu ne nous éloigne pas de notre fin dernière : il doit nous en rapprocher.
I. Ces derniers dimanches, la liturgie nous invite à méditer sur les fins dernières de l’homme, sur son destin au-delà de la mort. Dans la première lecture d’aujourd’hui 01, le prophète Malachie nous parle des derniers temps avec des accents très forts : Voici que vient le jour, brûlant comme une fournaise... Et Jésus nous rappelle dans l’Évangile de la Messe 02 que nous devons être en état d’alerte devant son arrivée à la fin du monde : Prenez garde de ne pas vous laisser égarer...
Certains chrétiens de l’Église primitive jugeait cette arrivée glorieuse du Christ imminente. Ils pensaient que la fin des temps était proche, c’est pourquoi, entre autres raisons, ils négligèrent leur travail et étaient très occupés à ne rien faire. Ils estimaient que cela ne valait pas la peine, étant donné leur précarité, de se consacrer complètement aux affaires d’ici-bas. C’est pourquoi saint Paul, comme nous le lisons dans la seconde lecture de la Messe 03, attire leur attention et leur rappelle sa propre vie de travail chez eux, malgré son activité intense ; il leur répète de nouveau la norme de conduite qu’il leur avait déjà conseillée : quand nous étions chez vous, nous vous donnions cette consigne : si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. Et à ceux qui passent leur temps à ne rien faire il recommande de travailler pour gagner leur pain.
La vie est vraiment très courte et la rencontre avec Jésus est proche ; un peu plus tard viendront sa venue glorieuse et la résurrection des corps. Cela nous aide à être détachés des biens que nous devons utiliser et profiter du temps, mais cela ne nous dispense aucunement de nous engager complètement dans notre profession et au sein de la société. Bien plus, aidés de la grâce, nous devons gagner le Ciel avec nos tâches terrestres. Le Magistère de l’Église rappelle la valeur du travail et « exhorte les chrétiens, citoyens de la cité temporelle et de la cité éternelle, à accomplir fidèlement leurs devoirs temporels, toujours guidés par l’esprit de l’Évangile ». Pour imiter le Christ, qui a travaillé comme artisan la plus grande partie de sa vie, loin de négliger les tâches temporelles, les chrétiens doivent « se rendre compte que la foi elle-même est un motif qui les oblige à leur parfait accomplissement, selon la vocation personnelle de chacun 04 ».
C’est ainsi que doit être notre comportement au milieu du monde : regarder souvent le Ciel, la Patrie définitive, tout en ayant les pieds bien fermes sur la terre, travailler intensément pour rendre gloire à Dieu, être le plus attentif possible aux besoins de notre famille et servir la société à laquelle nous appartenons. Sans un travail sérieux, fait consciencieusement, il est très difficile, voire impossible, de se sanctifier au milieu du monde. Logiquement, un travail réalisé face à Dieu doit s’accommoder des normes morales qui le rendent droit et bon. Est-ce que je connais bien ces règles qui se réfèrent à mon travail dans le commerce, dans l’exercice de la médecine, du métier d’infirmière, d’avocat..., que je suis obligé de rendre le solde reçu, de payer justement ceux qui travaillent dans mon entreprise ?
II. La possibilité de travailler est l’un des grands biens reçus de Dieu, c’est une réalité magnifique, qui s’impose à nous comme une loi inexorable, à laquelle nous sommes tous soumis d’une manière ou d’une autre, bien que certains veuillent s’en exempter. « Retenez bien ceci : cette obligation n’est pas née comme une séquelle du péché originel ; il ne s’agit pas davantage d’une trouvaille des temps modernes. C’est un moyen nécessaire que Dieu nous confie sur terre, en allongeant la durée de notre vie, et aussi en nous associant à son pouvoir créateur pour que nous gagnions notre nourriture tout en récoltant du grain pour la vie éternelle (Jn 4, 36).05 »
Le travail est un moyen ordinaire de subsistance et le lieu privilégié pour le développement des vertus humaines : la force, la constance, la ténacité, l’esprit de solidarité, l’ordre, l’optimisme qui passe au-dessus des difficultés... La foi chrétienne nous pousse aussi à « nous comporter comme des enfants de Dieu avec les enfants de Dieu 06 », à « vivre un esprit de charité, d’entente, de compréhension 07 », à « extirper de notre vie le goût du confort, la tentation de l’égoïsme, la tendance à briller 08 », à « faire preuve de la charité du Christ et de ses fruits d’amitié, de compréhension, d’affection humaine, de paix 09 ». Le travail sera aussi le moyen d’approcher beaucoup d’âmes du Christ. En revanche la paresse, l’oisiveté, le travail bâclé, pas bien fini entraînent de graves conséquences. L’oisiveté est la mère de nombreux vices10, elle empêche la perfection humaine et surnaturelle de l’homme, affaiblit le caractère, ouvre les portes à la concupiscence et à beaucoup de tentations.
Pendant des siècles, beaucoup ont pensé que pour être de bons chrétiens, il suffisait d’avoir une vie de piété séparée du travail du bureau, de l’Université, des champs... Bien pire, beaucoup étaient convaincus que ces tâches temporelles, profanes, dans lesquelles sont immergés d’une manière ou d’une autre les hommes qui vivent dans le monde, étaient un obstacle pour rencontrer Dieu et mener une vie pleinement chrétienne 11. La vie cachée de Jésus nous apprend la valeur du travail, l’unité de vie : c’est avec son travail quotidien qu’Il était aussi en train de racheter le monde. C’est au milieu de ces tâches dans lesquelles nous essayons tous les jours de rencontrer le Seigneur (en demandant son aide, en Lui offrant la perfection de ce que nous avons en main, en sentant que nous participons à la Création avec ce que nous faisons, même si cela semble petit et sans transcendance) et d’exercer la charité (en cultivant les vertus sociales avec ceux qui sont à côté de nous, en leur rendant les petits services pour lesquels ils sont si reconnaissants, en priant pour eux et pour leurs familles, en les aidant à résoudre leurs problèmes...). Fréquentons-nous le Seigneur dans notre travail ordinaire ? Est-il présent dans notre vie ?
III. Le travail non seulement ne doit pas nous séparer de notre dernière fin, de cette attente vigilante à laquelle le liturgie de ces jours nous rend attentifs, mais il doit être le chemin concret pour grandir dans la vie chrétienne. C’est pourquoi le chrétien ne doit pas oublier qu’en plus d’être citoyen de la terre, il l’est aussi du Ciel, il doit donc se comporter au milieu des autres d’une manière digne de la vocation à laquelle il a été appelé 12, toujours joyeux, simple et irréprochable, compréhensif à l’égard de tous 13, bon travailleur et ami loyal, ouvert à toutes les réalités authentiquement humaines. Aussi bien, frères, donnez libre cours dans vos pensées à tout ce qui est vrai, digne de respect, saint, aimable, honorable, à tout ce qui est vertu et louange 14.
De plus, le chrétien convertit son travail en prière s’il cherche dans ce qu’il fait la gloire de Dieu et le bien des hommes, s’il demande son aide en le commençant, dans les difficultés qui se présentent, s’il rend grâce après avoir conclu une affaire, en terminant la journée... ut cuncta nostra oratio et operatio a te semper incipiat et per te cœpta finiatur... pour que nos prières et notre travail trouvent leur début et leur achèvement en Dieu. Le travail est le chemin vers le Seigneur. « C’est pourquoi l’homme ne peut se limiter à faire des choses, à fabriquer des objets. Le travail naît de l’amour, manifeste l’amour et s’ordonne à l’amour. Nous reconnaissons Dieu, non seulement dans le spectacle que nous offre la nature, mais aussi dans l’expérience de notre travail et de notre effort. Le travail est ainsi prière, action de grâces, parce que nous savons que c’est Dieu qui nous a placés sur terre et que nous sommes les héritiers de ses promesses.15 »
La profession, moyen de sainteté pour le chrétien, est également source de grâce pour toute l’Église, car nous sommes le corps du Christ et des membres unis à d’autres membres 16. Quand quelqu’un lutte pour s’améliorer, sa route vers le Seigneur profite à tous. Un travail bien fait contribue toujours au bien-être humain de la société. « La sueur et la fatigue, que le travail comporte nécessairement dans la condition actuelle de l’humanité, offrent au chrétien et à chaque homme qui a été appelé à suivre le Christ, la possibilité de participer avec amour à l’œuvre que le Christ est venu réaliser (cf Jn 17,4). Cette œuvre de salut s’est faite à travers la souffrance et la mort sur la croix. En supportant la fatigue du travail en union avec le Christ crucifié pour nous, l’homme collabore d’une certaine façon avec le Fils de Dieu à la Rédemption de l’humanité. Il se montre un vrai disciple de Jésus en portant à son tour la croix de chaque jour (cf. Lc 9, 23) dans l’activité qu’il a été appelé à réaliser. 17 »
Nous rencontrerons dans l’exercice de notre profession, avec naturel, sans avoir l’air de prêcher, d’innombrables occasions de faire connaître la doctrine du Christ : dans une conversation amicale, en commentant une nouvelle dont tout le monde parle, en recevant la confidence d’un problème familial ou personnel... L’ange gardien, à qui nous avons si souvent recours, mettra dans notre bouche le mot juste qui encourage, qui aide, avec du temps sans doute, à rapprocher du Christ ces personnes qui nous entourent dans notre travail.
C’est ainsi que les chrétiens attendent la visite du Seigneur : en enrichissant leur âme au moyen de leur travail, en aidant d’autres à regarder vers un but plus transcendant. D’aucune manière en occupant le temps à ne rien faire ou à le faire mal, en gaspillant les moyens que Dieu nous a donnés pour gagner le Ciel.
Saint Joseph, notre Père et Seigneur, nous apprendra à sanctifier notre travail, lui qui a appris à Jésus sa propre profession, « qui a approché le travail humain du mystère de la Rédemption 18 ». Tout près de Joseph nous rencontrerons toujours Marie.
01. Mt 4, 1-2. – 02. Lc 21, 5-19. — 03, 2 Th 3, 7-12. – 04. Concile Vatican II, Const. Gaudium et spes, 43. – 05. SAINT JOSÉMARIA ESCRIVA, Amis de Dieu, 57. – 06. Idem, Quand le Christ passe, 36. – 07. Entretiens avec Monseigneur Escriva, n. 34. – 08. SAINT JOSÉMARIA ESCRIVA, Quand le Christ passe, 158. – 09. Ibidem, 166. – 10. Si, 33, 29. – 11. Cf. J. L. Illanes, La sanctification du travail. – 12. Cf Ph, 1, 27 ; 13. Cf Ph 2, 3-4. – 14. Ph 4, 8. – 15. SAINT JOSÉMARIA ESCRIVA, Quand le Christ passe, 48. – 16. I Co 12, 27. – 17. JEAN-PAUL II, enc. Laborem exercens, 14 septembre 1981, 27. – 18. Idem Ex. Apost. Redemptoris custos, 15 août 1989, 22.
33e semaine. Lundi
58. Le Seigneur ne refuse jamais sa grâce
— Augmenter la ferveur de la prière dans les moments d’obscurité.
— Dieu agit normalement dans l’âme à travers la direction spirituelle.
— Foi et sens surnaturel dans ce moyen de formation.
I. Comme Jésus approchait de Jéricho, un aveugle qui mendiait était assis au bord de la route, lisons-nous dans l’Évangile de la Messe 01.
Certains Pères de l’Église disent que cet aveugle aux portes de Jéricho est l’image de « ceux qui ne connaissent pas la clarté de la lumière éternelle 02 », car les âmes peuvent passer parfois par des moments d’aveuglement et d’obscurité. La route que nous avons vue nettement un jour peut s’obscurcir ; ce qui auparavant était lumière et joie devient ténèbres et une certaine tristesse pèse sur le cœur. Cette situation est souvent causée par des péchés personnels dont les conséquences n’ont pas complètement disparu, ou par un manque de correspondance à la grâce. « Il se peut que la poussière que nous soulevons en marchant — nos misères — forme un nuage opaque, qui empêche le passage de la lumière. 03 » D’autres fois, le Seigneur permet cette situation difficile pour purifier l’âme, pour la faire mûrir dans l’humilité et la confiance en Lui. Il est logique que, dans cette situation, tout coûte davantage, et que le démon essaie de rendre profondément triste, ou qu’il tire parti de ce moment de trouble intérieur.
Quelle qu’en soit l’origine, s’il nous arrive de nous trouver dans cet état, que devons nous faire ? L’aveugle de Jéricho, Bartimée 04, nous l’apprend : nous adresser au Seigneur qui est toujours proche, faire une prière plus intense pour qu’Il ait pitié et miséricorde de nous. Lui, bien qu’Il ait l’air de passer son chemin tandis que nous restons en arrière, nous entend. Et il est possible qu’il nous arrive la même chose qu’à Bartimée. Ceux qui marchaient en tête l’interpellaient pour le faire taire. L’aveugle rencontrait de plus en plus de difficultés pour s’adresser à Jésus, comme nous « quand nous voulons revenir à Dieu, les faiblesses dans lesquelles nous sommes tombés, viennent à notre cœur, troublent l’intelligence, laissent l’âme dans la confusion et voudraient bien éteindre la voix de nos prières 05 ».
Prenons l’exemple de l’aveugle : Mais lui criait de plus belle : Fils de David, aie pitié de moi ! « Voyez-le : celui que la foule reprend pour qu’il se taise, élève davantage la voix ; nous de même (...), plus grande est la tempête intérieure, plus nous rencontrons de grandes difficultés, plus forte doit sortir la prière de notre cœur. 06 »
Jésus s’arrêta alors qu’Il donnait l’impression de continuer sa route vers Jérusalem et Il ordonna de lui amener l’aveugle. Bartimée s’approcha et Jésus lui dit : Que veux-tu que je fasse pour toi ? Ut videam, Seigneur, que je voie. Et Jésus lui dit : Vois. Ta foi t’a sauvé. À l’instant même, l’homme se mit à voir, et il suivait Jésus en rendant gloire à Dieu.
Il est parfois difficile de savoir pourquoi l’âme traverse une situation difficile où tout se fait plus coûteux. Nous n’en savons peut-être pas l’origine, mais il y a un remède toujours efficace : la prière. « Quand on se trouve dans les ténèbres, quand on a l’âme aveugle et inquiète, il faut aller, comme Bartimée, vers la Lumière. Répète, crie, insiste avec plus de force, “Domine, ut videam !”, Seigneur, que je voie !... Et sur tes yeux se lèvera le jour, et tu pourras te réjouir des lumières qu’Il t’accordera. 07 »
II. Jésus, Maître de toutes choses, pouvait guérir les malades, il pouvait faire n’importe quel miracle. Il en guérit certains avec une phrase, avec un simple geste, à distance... D’autres, par étapes, comme l’aveugle dont nous parle saint Jean 08... Aujourd’hui il est fréquent qu’Il donne la lumière aux âmes à travers d’autres personnes. Quand les Mages sont restés dans les ténèbres après la disparition de l’étoile qui les avait guidés, ils font ce que le bon sens leur dicte : interroger ceux qui devaient savoir où était né le roi des Juifs. Ils le demandent à Hérode ou aux sages de la terre. « Mais, nous autres, chrétiens, nous n’avons pas besoin d’interroger Hérode ou les sages de la terre. Le Christ a donné à son Église la sûreté de sa doctrine, le courant de grâce des Sacrements ; et Il a prévu qu’il y ait des personnes pour nous orienter, pour nous conduire, pour nous rappeler constamment le chemin (...). C’est pourquoi, si le Seigneur permet que nous restions dans l’obscurité, si nous sentons que notre foi n’est pas ferme, courons au bon Pasteur (...), à celui qui, en donnant sa vie pour autrui, veut être, dans sa parole et sa conduite, une âme éprise de Dieu : un pécheur aussi, peut-être ; mais qui a toujours confiance dans le pardon et la miséricorde du Christ. 09 »
Personne habituellement, ne peut se guider soi-même sans une aide extraordinaire de Dieu. À cause du manque d’objectivité avec lequel nous nous voyons nous-mêmes, à cause de nos passions... il nous est difficile, voire impossible, de trouver les sentiers qui nous conduisent dans la bonne direction. N’attendons pas de grâces extraordinaires si nous ne voulons pas utiliser ces moyens que le Seigneur a mis à notre portée. Jésus attend si souvent la sincérité et la docilité de l’âme pour faire le miracle ! Le Seigneur ne refuse jamais sa grâce si nous recourons à Lui dans la prière et les moyens par lesquels il déverse ses grâces. Sainte Thérèse écrivait avec l’humilité des saints : « Nos prières devraient être continuelles pour ceux qui nous donnent ainsi la lumière. que devriendrons-nous sans eux, au milieu de ces grandes tempêtes qui agitent actuellement l'Eglise. 10 » Et saint Jean de la Croix signalait à son tour : « celui qui veut être seul, sans soutien et sans guide, est comme l’arbre qui est seul et sans maître dans un champ ; s’il a des fruits, les voyageurs les prendront et ils n’arriveront pas à maturité.
« L’arbre cultivé et gardé par les bons soins de son maître, donne des fruits en temps voulu.
« L’âme seule, sans maître vertueux, est comme le charbon allumé qui est seul ; il va se refroidir plutôt que s’enflammer. 11 »
Recourons sans cesse au Seigneur, avec une prière d’autant plus intense que les obstacles intérieurs ou extérieurs qui essaient de nous empêcher de nous diriger vers Jésus qui passe à côté de nous seront plus grands.
III. Notre intention dans la direction spirituelle est d’apprendre à vivre selon la volonté divine. Même saint Paul, malgré le début extraordinaire de sa vocation, Dieu a voulu qu’il suive ensuite le chemin normal, c’est-à-dire qu’Il l’a formé et lui a transmis sa volonté à travers d’autres personnes. Ananie lui imposa les mains, et à l’instant des sortes d’écailles lui tombèrent des yeux et il recouvra la vue. 12.
Nous voyons le Christ en celui qui nous enseigne, nous éclaire, nous soigne et donne son aliment à notre âme pour qu’elle continue son chemin. Sans ce sens surnaturel, sans cette foi, la direction spirituelle serait dénaturée. Elle serait quelque chose de tout à fait différent : peut-être un échange d’opinions. Ce moyen est une aide puissante et nous donne beaucoup de force quand notre désir est de connaître la volonté de Dieu et de nous identifier à elle. Ne cherchons pas dans la direction spirituelle quelqu’un qui pourra résoudre nos problèmes temporels ; elle nous aidera à les sanctifier, jamais à les organiser ni à les résoudre. Ce n’est pas sa mission.
La certitude que, à travers cette personne qui a une grâce particulière de Dieu, nous approchons du Christ Lui-même nous inspirera la confiance, la délicatesse, la simplicité et la sincérité pour vivre ce moyen. Bartimée s’est approché de Jésus comme quelqu’un qui marche vers la Lumière, la Vie, la Vérité, le Chemin. Nous aussi, parce que cette personne est un instrument du Seigneur à travers lequel Il nous communique des grâces semblables à celles que nous aurions obtenues si nous nous étions trouvés avec Lui sur les routes de Palestine. L’âme se forge dans la continuité de la direction spirituelle et peu à peu, avec des échecs et des victoires, nous construisons l’édifice surnaturel de la sainteté. « As-tu vu comme ils ont bâti cet imposant édifice ? — Une brique, puis une autre. Des milliers de briques. Mais une par une.— Et des sacs de ciment, un par un. Et des pierres dont chacune représente peu devant la masse de l’ensemble. — Et des tiges de fer. Et des ouvriers qui ont travaillé jour après jour, un même nombre d’heures…
« — As-tu vu comment ils ont élevé cet imposant édifice ? — À force de petites choses ! 13 » On peint un tableau touche après touche, on écrit un livre page après page, et un câble capable de supporter de gros poids est fait d’une quantité de fils très fins.
Si nous vivons bien la direction spirituelle, nous nous sentirons comme Bartimée qui a suivi Jésus, plein de joie et glorifiant Dieu.
01. Lc 18, 35-43. – 02. Cf SAINT GRÉGOIRE LE GRAND, Homélie sur les Évangiles I, 2, 2. – 03. SAINT JOSÉMARIA ESCRIVA, Quand le Christ passe, 34. – 04. Mc 10, 46-52. – 05. SAINT GRÉGOIRE LE GRAND, o.c. I, 2, 3. – 06. Cf Ibidem I, 2, 4. – 07. SAINT JOSÉMARIA ESCRIVA, Sillon, n. 862. — 08. Cf Jn 9, 1 ss. – 09. SAINT JOSÉMARIA ESCRIVA, Quand le Christ passe, 34. – 10. SAINTE THÉRèSE d’Avila, Vie, 13., 10. — 11. SAINT JEAN DE LA CROIX, De la lumière et de l’amour. – 12. Cf Ac 9, 17-18. – 13. SAINT JOSÉMARIA ESCRIVA, Chemin, n. 823.