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19e SEMAINE. MARDI

5. LA BREBIS PERDUE

— Dieu nous aime toujours, même lorsque nous nous égarons.

— L’amour personnel de Dieu pour chaque homme.

— Notre vie est l’histoire de l’amour du Christ.

I. Nous lisons dans l’Évangile de la Messe une des paraboles de la miséricorde divine qui émeut le plus le cœur humain[01]. Un homme qui a cent brebis — un grand troupeau — perd l’une d’elles, probablement par la faute de la brebis elle-même, parce qu’elle resta derrière lorsque le troupeau cherchait des pâturages. Et Jésus demande : le pasteur ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée ? Saint Luc recueille ces paroles du Seigneur : Et quand il l’a retrouvée, il la charge, tout joyeux, sur ses épaules[02] et la remet au bercail.

Jésus nous cherche toujours, malgré nos manques de générosité et de correspondance, et bien que nous ne le méritions pas, puisque nous nous éloignons toujours par notre faute.

Aucune brebis ne reçut tant d’attentions que celle qui s’était égarée. Les soins de la miséricorde divine envers le pécheur, envers nous, sont stupéfiants. Comment n’allons-nous pas nous laisser porter sur les épaules du Bon Pasteur si nous nous perdons ? Comment n’allons-nous pas aimer la confession fréquente, où nous rencontrons le Christ ? Car nous devons être conscients que nous sommes faibles, et, par conséquent, qu’il nous arrive de faire des faux pas. Mais cette faiblesse elle-même, si nous la reconnaissons comme telle, attire toujours la miséricorde divine. « Jésus, notre Bon Pasteur, se presse pour chercher la centième brebis qui s’était perdue... Merveilleuse condescendance de Dieu qui cherche ainsi l’homme ; grande dignité de l’homme ainsi cherché par Dieu ![03] »

Comptons toujours sur l’amour du Christ qui ne cesse pas de nous aimer même dans les pires moments de notre existence. Comptons toujours sur son aide pour revenir sur le bon sentier, si nous l’avions perdu, et recommencer à chaque fois. Il nous maintient dans la lutte : « un chef sur le champ de bataille, estime plus le soldat qui, après avoir fui, revient et attaque avec ardeur l’ennemi, que celui qui ne s’est jamais enfui, mais qui n’a jamais non plus fait une action courageuse[04] ». Ce n’est pas celui qui ne commet jamais d’erreur qui se sanctifie, mais celui qui se repent toujours, plein de confiance en l’amour que Dieu a pour lui, et se relève pour continuer à lutter. Le pire ce n’est pas d’avoir des défauts, mais c’est de faire un pacte avec eux, de ne pas lutter, de les admettre comme faisant partie de nous. Ainsi on en arrive à la médiocrité spirituelle, que le Seigneur ne veut pas pour ceux qui le suivent.

II. Jésus aime chacun tel qu’il est, avec ses défauts ; dans son amour, il n’idéalise pas les hommes ; Il les voit avec leurs contradictions et leurs faiblesses, avec leurs immenses possibilités pour faire le bien et avec leurs faiblesses si fréquentes. « Le Christ connaît ce qu’il y a à l’intérieur de l’homme. Lui seul le connaît ! [05] », et c’est ainsi qu’Il l’aime, c’est ainsi qu’Il nous aime.

« L’œil de Jésus sait regarder à travers les voiles des passions humaines et pénétrer jusqu’au plus intime de l’homme, là où il est seul, pauvre et nu. [06] » Il nous comprend toujours et nous encourage à continuer à lutter. Si nous pouvions nous rendre compte de l’amour du Christ pour chaque homme, de ses attentions, de sa préoccupation pour nous !

Le Seigneur nous aime ; voilà la suprême réalité de notre vie, celle qui est capable de relever notre esprit à tout moment, ce qui nous rend heureux au-delà de la douleur et de la contrariété. Jésus nous aime toujours, malgré ce fond de misère qui se trouve dans le cœur humain. « Ce “malgré tout” rend son amour si incomparable, si unique, si maternellement tendre et généreux, qu’il restera inscrit pour toujours dans le souvenir de l’humanité (...). Son amour de l’humanité est très différent de celui que préconisent les penseurs et philosophes. Il n’est pas pure doctrine, mais vie, plus encore il est souffrance et mort, avec tous les hommes. Il ne se contente pas d’observer la misère humaine et ensuite de chercher les remèdes pour la soulager, mais Lui-même pénètre dans cette misère. Il ne supporte pas de la connaître sans se l’approprier. L’amour de Jésus dépasse les limites de son propre cœur pour attirer à Lui le prochain, ou, mieux encore, pour sortir de soi-même, en s’identifiant avec les autres pour vivre et souffrir avec eux. [07] »

Il appelle les hommes frère et ami, et Il unit son sort si intimement avec le leur que quoi que l’on fasse pour un autre, c’est pour Lui qu’on le fait[08]. Les Évangélistes nous disent constamment qu’Il sentait de la compassion pour le peuple[09]. Il en avait compassion, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger[10]. Le malheur et la douleur l’émeuvent toujours. Il ne peut pas dire non lorsque la douleur clame, bien que ce soit celle d’une femme païenne, comme la cananéenne[11]. Il s’occupe de tous ceux qui s’approchent, même le jour du sabbat[12], alors qu’il sait qu’il sera critiqué. Il va parmi les pécheurs et les publicains, alors que ceux qui se croient de bons Juifs et qui accomplissent la Loi, se scandalisent. Même au moment de son agonie Il ne peut s’empêcher de dire au bon larron : Aujourd’hui tu seras avec moi au paradis[13].

Son amour ne tolère aucune exception, et il n’a pas la moindre préférence pour une classe déterminée de personnes. Il accueille des riches comme Nicodème, Zachée ou Joseph d’Arimathie, et des pauvres comme Bartimée, un mendiant qui, après avoir été guéri, le suivait sur le chemin. Parfois, lors de ses voyages, des femmes l’accompagnaient et l’assistaient de leurs biens[14]. Il s’occupait davantage des plus nécessiteux, du corps ou de l’âme. Mais sa préférence pour ceux-ci n’excluait personne, car certains maux sont communs à tous, riches et pauvres : la solitude, le manque d’affection...

Notre vie est l’histoire de l’amour du Christ, qui regarde avec prédilection, qui est venu si souvent à notre rencontre. Comment répondons-nous, en ce moment de notre vie, à tant d’amour de la part du Seigneur ? Nous efforçons-nous de recevoir fréquemment et avec amour les sacrements ? Reconnaissons-nous le Christ dans la direction spirituelle ou lorsque nous recevons une correction fraternelle ? Sommes-nous reconnaissants à la sollicitude de ceux qui dans l’Église, les Pasteurs, soignent notre âme. Savons-nous, dans ces situations, reconnaître le Seigneur lui-même ?

III. Jésus m’a aimé et s’est livré pour moi[15]. Voici la grande vérité qui nous apporte toujours tant de consolation. Jésus aime au point de donner sa vie ; et Il nous aime comme si chacun était le seul bénéficiaire de cet amour. Méditons souvent cette merveilleuse réalité — Dieu m’aime — qui dépasse de beaucoup les attentes les plus audacieuses du cœur humain. Personne, en dehors de la Révélation divine, n’a osé imaginer cette sublime vocation de l’homme : être enfant de Dieu, appelé à vivre dans une relation d’amitié, à participer à la Vie même des Trois Personnes divines. Logiquement, cela semble une illusion, presque un mensonge, et, cependant, c’est la grande vérité qui doit conduire notre vie.

Jésus n’a jamais cessé de nous aimer, de nous aider, de nous protéger ; même dans les moments d’ingratitude, ou dans ceux où nous avons peut-être commis des grandes fautes. C’est peut-être dans ces tristes circonstances qu’eurent lieu les plus grandes attentions du Seigneur, comme nous le montre la parabole que nous considérons aujourd’hui. Parmi les cent brebis du troupeau, seule une, celle qui s’est égarée, fut celle qui eut l’honneur d’être portée sur les épaules du bon pasteur. Je serai avec vous pour toujours[16], nous dit le Seigneur dans chaque situation, à tout moment.

Cette proximité certaine du Seigneur nous poussera à recommencer sans cesse la lutte intérieure, sans nous laisser écraser par nos défauts et nos péchés. Chaque moment que nous vivons est unique et, par conséquent, bon pour recommencer, parce que, comme on peut le lire dans le livre du Deutéronome, le Seigneur marchera devant toi, Il sera avec toi ; Il ne te lâchera pas, Il ne t’abandonnera pas. Tu n’auras ni crainte ni frayeur[17].

Pendant des siècles, l’Église a mis sur les lèvres du prêtre et des fidèles, au début de la Messe, ces paroles du Psaume : Je m’approcherai jusqu’à l’autel de Dieu // de Dieu qui réjouis ma jeunesse[18]. C’est le cri de l’âme qui s’adresse au Christ, qui se sait aimée et qui désire l’amour. « Dieu m’aime... Et l’apôtre Jean écrit : “aime donc Dieu, puisque Dieu nous a aimés le premier”. — De plus, Jésus s’adresse à chacun d’entre nous, malgré nos misères si évidentes, pour nous demander, comme à Pierre, “Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ?...”

« — C’est alors qu’il faut répondre : “Seigneur, Tu sais tout, Tu sais que je T’aime !”, ajoutant humblement : “fais que je T’aime davantage, augmente mon Amour”. [19] » Ce sont des oraisons jaculatoires qui peuvent nous servir aujourd’hui : elles nous approcheront davantage du Christ. Il attend cette réponse de notre part à son amour.

[01]. Mt 18, 12-14.
[02]. Lc 15, 6.
[03]. Saint Bernard,
Sermon pour le premier Dimanche de l’Avent, 7.
[04]. Saint Jean Chrysostome,
Commentaire à la Première Épître aux Corinthiens, 3.
[05]. Jean-Paul II,
Homélie, 22 octobre 1978.
[06]. K. Adam,
Jésus-Christ, p. 112.
[07].
Idem, pp. 113-114.
[08]. Mt 25, 40.
[09]. Mc 8, 2 ; Mt 9, 36 ; 14, 14 ; etc.
[10]. Mc 6, 34.
[11]. Mc 7, 26.
[12]. Mc 1, 21.
[13]. Lc 23, 43.
[14]. Lc 8, 3.
[15]. Gal 2, 20.
[16]. Mt 28, 20.
[17].
Première lecture. Années impaires. Dt 31, 8.
[18]. Ps 42.
[19]. Saint Josémaria Escriva,
Forge, n. 497.



19e SEMAINE. MERCREDI

6. LE POUVOIR DE PARDONNER LES PÉCHÉS

— Promesse et institution du sacrement de la Réconciliation. Rendre grâces pour ce sacrement.

— Raisons de cette action de grâces.

— Seul le prêtre peut pardonner les péchés. La Confession, un jugement de miséricorde.

I. Jésus connaît bien notre faiblesse. C’est pourquoi Il institua le sacrement de Pénitence. Il a voulu que nous puissions redresser nos pas, autant de fois que nous en avons besoin ; Il avait le pouvoir de pardonner les péchés, et Il l’exerça de nombreuses fois : vis-à-vis de la femme surprise en état d’adultère[01], du bon larron suspendu sur la croix[02], du paralytique de Capharnaüm[03] Il est venu chercher et sauver ce qui était perdu[04], et Il le fait encore aujourd’hui…

Les Prophètes avaient préparé et annoncé cette réconciliation complètement nouvelle de l’homme avec Dieu. C’est ce que disent les paroles d’Isaïe : Venez donc et discutons ensemble, dit Yahweh : si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige ; s’ils sont comme la pourpre, ils deviendront comme la laine[05]. Ce fut aussi la mission de Jean-Baptiste, qui vint prêcher un baptême de pénitence pour la rémission des péchés[06]. Comment certains peuvent-ils s’étonner que l’Église prêche le besoin de la Confession ?

Jésus montre sa miséricorde, tout spécialement, dans son attitude envers les pécheurs. « Car Je sais, moi, le dessein que je forme pour vous, oracle de Yahweh, dessein de paix et non de malheur (Jer 29, 11), a déclaré le Seigneur par la bouche du prophète Jérémie. La liturgie applique ces paroles à Jésus, parce qu’en Lui se manifeste clairement à nous que Dieu nous aime de cette manière. Il ne vient pas nous condamner, nous reprocher notre indigence, notre mesquinerie : Il vient nous sauver, nous pardonner, nous excuser, nous apporter la paix et la joie.[07] » Et Il ne voulut pas qu’obtiennent le pardon seulement ceux qui Le rencontraient sur les chemins et dans les villes de Palestine, mais aussi tous ceux qui devaient venir au monde tout au long des siècles. C’est pour cela qu’Il donna aux Apôtres et à leurs successeurs, le pouvoir de pardonner les péchés. Il le fit d'abord d’une façon solennelle, lorsque Pierre le reconnut comme Messie[08]. Puis peu de temps après, lit-on dans l’Évangile de la Messe d’aujourd’hui[09], Il étendit ce pouvoir aux autres Apôtres : Amen, Je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. La promesse devint réalité le jour même de la Résurrection : Recevez l’Esprit-Saint : les péchés de ceux à qui vous les remettrez leur seront remis ; ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez[10]. Ce fut le premier cadeau du Christ à son Église.

Le sacrement de la Réconciliation est une expression prodigieuse de l’amour et de la miséricorde de Dieu envers les hommes. « Parce que Dieu, même offensé, continue d’être notre Père ; même irrité, Il continue à nous aimer comme des enfants. Il ne cherche qu’une seule chose : ne pas avoir à nous punir pour nos offenses, voir que nous nous convertissons et que nous Lui demandons pardon.[11] » Dans notre prière d’aujourd’hui rendons grâces au Seigneur pour le si grand don de pouvoir être pardonnés de nos erreurs et misères ; maintenant dans notre prière devant Lui, nous pouvons nous demander : nos confessions sont-elles profondes et bien préparées ?

II. Soyons reconnaissants envers le Seigneur pour ce bien incomparable qu’Il nous a donné en instituant le sacrement de Pénitence. Cette gratitude nous aidera aussi à mieux soigner la fréquence avec laquelle nous le recevons.

La Confession n’est pas un simple remède spirituel du prêtre pour soigner l’âme malade ou même morte à la vie de la grâce. Le Seigneur, qui cherche le pécheur, se fait présent dans la personne du confesseur et nous accueille. Le Christ Lui-même, par l’intermédiaire du prêtre, nous absout, chaque sacrement est une action du Christ.

Dans la Confession nous rencontrons Jésus[12], comme Le rencontra le bon larron, la femme pécheresse, la samaritaine, et tant d’autres ; comme Pierre lui-même après ses reniements. Puisque la rémission des péchés est une action du Christ, elle est en même temps une action de son Corps Mystique inséparable qu’est l’Église.

Nous devons aussi rendre grâces pour l’universalité de ce pouvoir donné à l’Église, dans la personne des Apôtres et de leurs successeurs. Le Seigneur est disposé à tout pardonner, à tous et toujours, s’il trouve les dispositions dues. « La toute-puissance de Dieu, dit saint Thomas, se manifeste surtout dans le fait de pardonner et d’être miséricordieux, parce que la façon de démontrer que Dieu a le pouvoir suprême, c’est de pardonner librement. [13] »

Jésus nous dit  : Je suis venu pour qu’on ait la vie et qu’on l’ait surabondante[14]. Dans la Confession Il nous donne l’occasion de vider notre âme de tout mal. « Imagine que Dieu veuille totalement te remplir de miel : si tu es plein de vinaigre, où va-t-il déposer le miel ? demande saint Augustin. Il faut d’abord vider ce que contenait le récipient () ; il faut bien le laver, avec énergie, à force de le frotter, pour qu’il soit capable de recevoir cette réalité mystérieuse. [15] » Si nous faisons l’effort de recevoir fréquemment ce sacrement, en pratiquant un bon examen, en prenant la résolution de ne plus recommencer, le Saint-Esprit éclairera notre conscience, non pas pour nous rendre scrupuleux, mais pour nous aider à avoir horreur du péché mortel, à fuir les occasions de le commettre et à détester aussi le péché véniel. Ainsi la Confession nous remplit de confiance dans la lutte, et ceux qui la pratiquent savent qu’elle est « le sacrement de la joie[16] ». Comment ne pas remercier le Seigneur de cette preuve patente de sa miséricorde ? Comment ne pas apprécier chaque fois plus ce sacrement et ne pas le faire connaître à d’autres ?

Avec l’efficacité silencieuse de son action incessante, dans le sacrement de la Pénitence, le Saint-Esprit nous donne le « sens du péché » ; il nous enseigne à avoir plus de douleur, à estimer avec plus de profondeur l’offense faite à Dieu, et Il infuse en nous un esprit filial de réparation. La Confession ponctuelle, bien préparée, est une manifestation de l’esprit de pénitence. Remercions le Saint-Esprit d’avoir inspiré aux Pasteurs de l’Église de nous encourager à nous confesser fréquemment[17]. Elle nous apporte plus d’humilité, nous aide à combattre efficacement nos mauvaises habitudes, notre tiédeur, fortifie notre volonté et augmente en nous la grâce sanctifiante[18]. Que de bénéfices le Seigneur accorde par ce sacrement !

III. Le pouvoir de pardonner les péchés fut donné aux Apôtres et à leurs successeurs[19]. Seul celui qui a reçu le sacrement de l’Ordre a la faculté de pardonner les péchés. Saint Basile comparait la Confession au soin des malades, en disant que de même que tout le monde ne connaît pas les maladies du corps, de même tout le monde ne connaît pas les maladies de l’âme[20]. Mais, à la différence des médecins, ce pouvoir du prêtre ne vient ni de sa science, ni de son prestige, ni de la communauté, mais il lui est donné directement et gratuitement par Dieu, par le sacrement de l’Ordre.

Par disposition divine, le confesseur qui tient lieu du Christ, juge les dispositions du pécheur — la douleur et la résolution de ne plus recommencer — avant de lui donner l’absolution. C’est pourquoi le sacrement de la Pénitence est un vrai jugement auquel le pécheur se soumet[21] ; mais c’est un jugement qui s’ordonne au pardon de celui qui se déclare coupable. « Vois comme elle est miséricordieuse, la justice de Dieu ! — La justice humaine punit celui qui avoue sa faute. — La justice divine, elle, lui pardonne.

« Béni soit le sacrement de Pénitence ![22] »

Le prêtre ne pourrait pas absoudre celui qui ne serait pas repenti de son péché ; celui qui, pouvant le faire, refuserait de restituer ce qui a été volé ; celui qui ne se déciderait pas à abandonner une occasion proche de pécher ; et en général, celui qui ne voudrait pas sérieusement s’éloigner de l’occasion de pécher et corriger sa vie. Ce serait s’exclure soi-même de cette source de miséricorde.

Le jugement du sacrement de la Pénitence est, d’une certaine façon, une anticipation et une préparation au jugement définitif, qui aura lieu à la fin de la vie. Nous comprendrons alors en toute leur profondeur la grâce et la miséricorde divines au moment où l’on nous a pardonné nos péchés. Notre reconnaissance n’aura pas de limites alors, et se manifestera par le fait de rendre gloire à Dieu éternellement pour sa grande miséricorde. Mais le Seigneur nous veut aussi reconnaissants en cette vie. Rendons grâce à Dieu et demandons que jamais ne manquent dans l’Église des prêtres saints, disposés à administrer ce sacrement avec tout leur amour et leur don de soi.

[01]. Jn 8, 11.
[02]. Lc 23, 43.
[03]. Mc 2, 1-12.
[04]. Lc 19, 10.
[05]. Is 1, 18.
[06]. Mt 1, 4.
[07]. Saint Josémaria Escriva,
Quand le Christ passe, 165.
[08]. Mt 16, 17-19.
[09]. Mt 18, 18.
[10]. Jn 20, 23.
[11]. Saint Jean Chrysostome,
Homélies sur saint Matthieu, 22, 5.
[12]. Cf. Concile Vatican II, Const.
Sacrosanctum Concilium, 7.
[13]. Saint Thomas,
Summa Theologiæ, I, q. 25, a. 3, ad 3.
[14]. Jn 10, 10.
[15]. Saint Augustin,
Commentaire à la 1e Épître de saint Jean, 4.
[16]. Cf. Paul VI,
Audience générale, 23 mars 1977.
[17]. Cf. Pie XII, Enc.
Mystici Corporis, 29 juin 1943, 39.
[18].
Idem.—[19]. Cf. Ordo Paenitentiæ, 9.
[20]. Saint Basile,
Règle brève, 288.
[21]. Cf. Concile de Trente,
ses. XIV, cap 5; Dz 899.
[22]. Saint Josémaria Escriva,
Chemin, n. 309.


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