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21e SEMAINE. SAMEDI

27. LE PÉCHÉ D’OMISSION

— La parabole des talents : nous sommes administrateurs de la Création et pas propriétaires.

— Responsabilité de faire fructifier nos talents.

— Omissions. Conduite des chrétiens dans la vie sociale et dans la vie publique.

I. Après avoir fait un appel à la vigilance, le Seigneur propose dans l’Évangile de la Messe[01] une parabole qui est une nouvelle requête de la responsabilité face aux dons et grâces reçus. Un homme riche, dit-il, partit en voyage et, avant de s’en aller, laissa à ses serviteurs tous ses biens pour qu’ils les administrent et en tirent profit. À l’un il donna cinq talents, à un autre deux et à un troisième un seul, à chacun selon ses capacités. Le talent était une unité comptable qui équivalait à environ cinquante kilos d’argent, et s’employait pour mesurer de grandes quantités d’argent[02]. Au temps du Seigneur, le talent était équivalent à environ six mille deniers ; un denier est dans l’Évangile le salaire journalier d’un travailleur des champs. Même le serviteur qui a reçu moins de biens (un talent) obtint du Seigneur une quantité d’argent très grande. Un premier enseignement de cette parabole : nous avons tous reçu des biens innombrables.

Lesquels ? Entre autres dons, la vie naturelle, le premier cadeau de Dieu ; l’intelligence, pour comprendre les vérités créées et parvenir en les contemplant jusqu’au Créateur ; la volonté, pour vouloir le bien, pour aimer ; la liberté, pour se diriger comme des enfants vers la Maison paternelle ; le temps, pour servir Dieu et Lui rendre gloire ; des biens matériels, pour servir d’instrument et mener à bien des œuvres, en faveur de la famille, de la société, des plus nécessiteux... Sur un autre plan, incomparablement plus haut et de plus grande valeur, nous avons reçu la vie de la grâce,  participation de la vie éternelle de Dieu elle-même, qui nous fait membres de l’Église et participants à la Communion des saints, et nous avons reçu l’appel de Dieu à Le suivre de près. Il a mis à notre disposition les sacrements, spécialement le don inestimable de la Sainte Eucharistie ; nous avons reçu comme Mère, la Mère de Dieu ; un Ange qui nous garde et nous protège...

Nous avons reçu la vie et les dons qui l’accompagnent en héritage, pour les faire fructifier. À la fin de nos jours on nous demandera des comptes : nous sommes des administrateurs de ces biens, et nous ne possédons certains d’entre eux que pendant ce temps relativement court de notre vie. Ensuite le Seigneur nous dira : Rends-moi compte de ton administration...

Il y a donc deux façons de comprendre la vie : se sentir administrateur et faire produire ce que l’on a reçu face à Dieu, ou bien vivre comme si nous en étions propriétaires, au bénéfice de notre propre confort, de notre égoïsme, de nos caprices. Aujourd’hui, dans notre prière, demandons-nous quelle est notre attitude face aux biens, face au temps... ; ceux qui ont reçu la vocation matrimoniale, comment gèrent-ils cette responsabilité devant les sources de la vie, devant l’invitation à la générosité pour élever une famille nombreuse, devant l’éducation humaine et surnaturelle des enfants, l’une des plus importantes affaires que Dieu leur ait confiées.

II. Le Seigneur espère voir ses biens correctement administrés ; et il en attend un rendement en accord avec ce qui a été reçu. Le prix est immense, puisque cette parabole enseigne que le beaucoup d’ici-bas, de notre vie sur terre, est bien peu de chose par rapport au prix du Ciel ! Ainsi agirent les deux premiers serviteurs de la parabole des talents : ils mirent en jeu les talents reçus et gagnèrent à partir de ceux-ci autant d’autres talents. C’est pourquoi chacun d’eux put écouter des lèvres de leur Seigneur ces paroles émouvantes : Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton Maître. Ils firent la meilleure affaire possible : gagner le bonheur éternel. Les biens de cette vie, même impressionnants, sont toujours bien peu de choses par rapport à ce que Dieu donnera aux siens.

Le troisième serviteur, au contraire, enterra son talent dans la terre, il ne le fit pas fructifier : il perdit son temps et n’en tira aucun profit. Une vie remplie d’omissions, d’occasions perdues, de biens matériels et de temps gaspillés. Quelqu’un qui se présente devant son Seigneur les mains vides. Une existence inutile par rapport à ce qui était réellement important : quelqu’un qui fit peut-être d’autres choses, mais pas ce qu’on attendait réellement de lui.

Enterrer le talent que Dieu nous a confié, cela veut dire avoir la capacité pour aimer et ne pas aimer, pouvoir rendre heureux ceux qui sont près de nous (nous pouvons tous le faire) et les laisser dans la tristesse et dans le malheur ; avoir des biens et ne pas faire le bien grâce à eux ; avoir la possibilité de parler de Dieu aux autres et ne pas profiter d’une opportunité qui se présente, par exemple sur le lieu de travail… ; avoir l’occasion, lors d’un week-end, de cultiver une amitié sincère, de se donner aux autres, et se laisser aller à son confort, à son égoïsme ; avoir une vie intérieure médiocre au lieu d’essayer, au moins, de l’améliorer… Il serait triste qu’en regardant en arrière nous contemplions une vie jalonnée d’occasions perdues. Servir le Seigneur est-elle la seule chose qui nous importe ? Demandons-Lui de nous aider à donner des fruits de sainteté, d’amour et de sacrifice, et de nous convaincre qu’il ne suffit pas de « ne pas faire le mal », mais qu’il faut encore « négocier le talent », c'est-à-dire faire le bien positivement.

Pour un étudiant, par exemple, valoriser ses talents signifie étudier consciencieusement, sans perdre de temps, ou se laisser distraire par les autres ; devenir le plus compétent possible, afin de mieux témoigner de Dieu. Pour celui qui est dans la vie active, pour la maîtresse de maison, faire fructifier les talents signifie faire son travail de façon exemplaire, intense, ponctuellement. Dieu nous demandera également des comptes au sujet de ceux, qu’à divers titres, il a placé sous notre conduite. Saint Augustin dit que celui qui est à la tête de ses frères et ne se préoccupe pas d’eux est comme un épouvantail, foenus custos, un gardien de paille, qui ne sert même pas à éloigner les oiseaux, qui viennent et mangent les raisins[03].

Faisons aujourd’hui un bon examen de conscience sur la qualité de nos études ou de nos occupations professionnelles. Demandons des lumières au Seigneur pour réagir avec fermeté si c’est nécessaire, avec l’aide de sa grâce qui ne manquera jamais.

III. Mettre en jeu les talents reçus, cela concerne la vie entière, aussi bien personnelle que sociale. La vie chrétienne développe la personnalité, la capacité d’amitié, de cordialité… Développons donc nos talents pour accroître notre foi et vaincre le respect humain pour convaincre ceux que nous rencontrons d’approfondir leur vie spirituelle ou professionnelle, améliorer le caractère, le sens du devoir, fréquenter davantage les sacrements… Soyons conscients des biens dont Dieu nous a comblés et examinons si nous les employons pour le bien véritable ou pour des futilités. Sommes-nous assez généreux pour que le Seigneur puisse nous dire avec joie : J’ai eu faim et tu m’as donné à manger, J’ai eu soif et tu m’as donné à boire, J’étais nu et tu m’as vêtu[04].

Dieu attend, également, des conduites ouvertement chrétiennes dans la vie publique : l’exercice responsable du vote, l’intervention, selon la capacité de chacun, dans les organismes professionnels, dans les associations de parents des établissements scolaires, dans les syndicats, dans les entreprises, en accord avec les lois du travail du pays et en mettant les moyens (puissants ou modestes) pour améliorer une législation si elle est moins juste ou clairement injuste dans les matières fondamentales, comme le sont le respect de la vie, l’éducation, la famille...

La vie est si courte ! Mais en une seule journée nous pouvons faire fructifier beaucoup ce que Dieu a mis dans nos mains : une multitude de tâches presque toujours anonymes et banales, mais que le Seigneur et les autres apprécient plus que nous croyons.

La Confession fréquente est un grand moyen d’éviter les omissions qui appauvrissent la vie d’un chrétien. « En elle (la Confession fréquente), il faut prêter une attention particulière aux devoirs négligés, bien que souvent ce soit des devoirs de peu d’importance, aux inspirations de la grâce que nous n’avons pas écoutées, aux occasions de faire le bien dont nous n’avons pas profité, aux moments perdus, à l’amour du prochain que nous n’avons pas du tout ou pas suffisamment manifesté. En elle, et face aux omissions, doivent s'éveiller un profond et sérieux regret et une volonté décidée de lutter consciemment contre les plus petites omissions dont nous avons conscience, d’une façon ou d’une autre. Si nous avons recours à la Confession avec cette bonne résolution, la grâce de mieux reconnaître nos manquements et de les prendre au sérieux nous sera concédée avec l’absolution du prêtre. [05] » Avec cette grâce du sacrement et avec l’aide de la direction spirituelle il nous sera plus facile d’éviter ces fautes ou ces péchés et de remplir notre vie de fruits pour Dieu.

[01]. Mt 25, 14-30.
[02]. Cf. 2 Sam 12, 30 ; 2 Rg 18, 14.
[03]. Cf. Saint Augustin,
Miscellanea Agustianensis, Roma 1930.
[04]. Cf. Mt 25, 35 et s.
[05]. B. Baur,
La Confession fréquente.



22e DIMANCHE. ANNÉE A

28. COMPTER SUR LA CROIX

— Sans sacrifice il n’y a pas d’amour. La Croix et la mortification.

— Le paganisme contemporain et la recherche du bien-être matériel à tout prix. La peur de la souffrance.

— Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s’il perd son âme ?

I. L’Évangile de la Messe[01] nous présente Jésus peu après que Pierre proclame la divinité du Seigneur. À cette occasion, le Maître fait un grand éloge du disciple : Heureux es-tu, Simon, fils de Jean, car tu tiens cette révélation non pas de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux[02]. Puis il l’établit comme fondement de son Église. Ensuite Jésus commence à annoncer à ses disciples les plus intimes qu’il doit aller à Jérusalem pour subir des souffrances de la part des juifs, puis mourir pour ressusciter au troisième jour.

Les Apôtres ne comprenaient pas bien ce langage, car ils avaient encore une image temporelle du Royaume de Dieu. Alors Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : Dieu t’en garde, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas. Poussé par son immense affection pour Jésus, Simon essaye de L’éloigner du chemin de la Croix, sans comprendre encore que c’est un grand bien pour l’humanité et la suprême preuve d’amour de Dieu pour nous. « Pierre raisonnait humainement, commente saint Jean Chrysostome, et concluait que tout cela — la Passion et la Mort — était indigne du Christ, et blâmable. [03] »

Pierre regarde avec des yeux trop humains la mission du Christ sur terre, et il n’arrive pas à comprendre la volonté de Dieu, que la Rédemption se fasse par la Croix et qu’« il n’y avait pas de moyen meilleur pour sauver notre misère [04] ». Le Seigneur répond au disciple avec force, il le traite comme le tentateur au désert : Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route, tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes.

À Césarée, Pierre avait parlé, poussé par le Saint-Esprit ; maintenant il parle de façon uniquement humaine. La Croix, la mortification, le sacrifice, prêchés comme un bien, comme moyen de salut, choquera toujours ceux qui, comme Pierre en cette occasion, les regardent avec des yeux humains. Saint Paul dut prévenir les premiers chrétiens contre ceux qui se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Pour eux l’aboutissement, c’est la perdition ; pour eux, le dieu, c’est le ventre ; et ils mettent leur gloire dans ce qui est leur honte, n’ayant de sentiments que pour les choses de la terre[05].

Si l’on ne pense qu’avec une logique humaine, il est difficile de comprendre que la douleur, la souffrance, ce qui est coûteux, puisse être un bien. L’expérience nous montre que ces réalités, que nous rencontrons si souvent sur nos pas, nous purifient, nous fortifient, nous rendent meilleurs. Et cependant, nous ne sommes pas faits pour souffrir, nous aspirons tous au bonheur.

La peur de la douleur, surtout si elle est forte ou persistante, est un sentiment profondément enraciné en nous et notre première réaction devant une chose qui coûte ou difficile, est de la fuir. C’est pourquoi la mortification, la pénitence chrétienne, rencontre des difficultés ; elle ne nous est pas facile, nous n’arrivons jamais, même si nous la pratiquons assidûment, à nous y habituer[06].

La foi cependant nous montre — nous en avons souvent l’expérience — que sans sacrifice il n’y a pas d’amour, il n’y a pas de joie véritable, l’âme ne se purifie pas, nous ne rencontrons pas vraiment Dieu. Le chemin de la sainteté passe par la Croix, et tout apostolat se fonde en elle. Elle est le « livre vivant, dans lequel nous apprenons définitivement qui nous sommes et comment nous devons agir. Ce livre est toujours ouvert devant nous. [07] » Chaque jour nous devons nous en approcher, et le lire ; nous y apprenons qui est le Christ, son amour pour nous et le chemin pour le suivre. Qui cherche Dieu sans sacrifice, sans Croix, ne le trouvera pas.

II. …tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. Plus tard Pierre comprendra la signification profonde de la douleur et du sacrifice ; il se sentira heureux, ainsi que les autres Apôtres, d’avoir souffert à cause du nom de Jésus[08].

Nous, chrétiens, nous savons que dans l’acceptation amoureuse de la douleur et du sacrifice, se trouve notre salut et le chemin du Ciel. Y a-t-il, vraiment, une vie humaine pleinement féconde sans souffrance ? « Les époux sont-ils sûrs de leur amour avant d’avoir souffert ensemble ? Est-ce que l’amitié ne se resserre pas par des épreuves communes ou simplement après avoir souffert ensemble la chaleur du jour ou avoir partagé la fatigue et le danger d’une ascension ? [09] » Pour ressusciter avec le Christ nous devons l’accompagner sur son chemin vers la Croix : en acceptant les contrariétés et les tribulations avec paix et sérénité ; en étant généreux dans les petites mortifications volontaires, qui nous purifient intérieurement, nous font comprendre le sens transcendant de la vie et donnent la maîtrise de l’âme sur le corps. Comme dans les temps apostoliques, n’oublions pas que la Croix que Jésus annonce est un scandale pour les uns, et semble une folie et une sottise aux yeux des autres[10].

Aujourd’hui aussi nous rencontrons bien de personnes dont les pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. Ils ont le regard fixé ici-bas, sur les biens matériels, qu’ils recherchent sans mesure, comme s’ils étaient la seule chose réelle et vraie. L’humanité connaît une vague de matérialisme qui semble vouloir tout envahir et tout pénétrer. « Ce paganisme contemporain se caractérise par la recherche du bien-être matériel à tout prix, et par l’oubli correspondant — il serait mieux de dire l’authentique frayeur — de tout ce qui peut causer la souffrance. Dans cette perspective, des mots comme Dieu, péché, croix, mortification, vie éternelle… deviennent incompréhensibles pour une grande quantité de personnes qui méconnaissent leur signification et leur sens.[11] »

L’idéologie hédoniste, qui prône que le plaisir est le but suprême de la vie, imprègne particulièrement les coutumes et les modes de vie des nations économiquement plus développées, mais elle est aussi « le style de vie de groupes chaque fois plus nombreux de pays plus pauvres [12] ». Ce matérialisme radical risque d’étouffer le sens religieux des peuples et des personnes, de s’opposer directement à la doctrine du Christ, qui nous invite une fois de plus dans l’Évangile de la Messe à prendre la Croix, condition nécessaire pour le suivre : Si quelqu’un veut marcher derrière Moi, nous dit-il, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.

Dieu compte sur la douleur, le sacrifice volontaire, la pauvreté, la maladie qui vient sans prévenir… Tout cela, loin de nous séparer, peut nous unir plus intimement à Lui. Allons près du Tabernacle et offrons à Jésus tout ce qui nous est difficile et coûteux, nous constaterons « que c’est par le Christ et dans le Christ que s’éclaire l’énigme de la douleur et de la mort [13] ». Ainsi nous perdrons la peur de la souffrance qui nous accompagnera, de façons biens différentes, tout au long de la vie, et nous saurons l’accepter avec joie, en découvrant en elle l’aimable volonté du Seigneur : « Voici la grande révolution chrétienne : convertir la douleur en une souffrance féconde ; faire d’un mal, un bien. Nous avons dépouillé le diable de cette arme… : et, avec elle, nous conquérons l’éternité.[14] »

III. Par l’apostolat personnel essayons de montrer aux autres, par l’exemple et par la parole, que les choses de la terre sont passagères et ne méritent pas notre attachement. Omnes ut vestimentum veterascent[15], toutes les choses vieillissent comme un vêtement. Seule l’âme qui lutte pour se maintenir en Dieu demeurera dans une jeunesse toujours plus grande, jusqu’à ce qu’arrive la rencontre avec le Seigneur. Tout le reste passe rapidement. Quel dommage de voir tant de gens mettre en danger leur salut éternel et leur bonheur ici sur terre lui-même pour des choses qui ne valent rien ! Jésus nous le rappelle aujourd’hui dans le passage de l’Évangile que nous considérons : Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier s’il perd son âme ? Et quelle somme pourra-t-il verser en échange de son âme ?[16] « À quoi servent à l’homme tout ce qui peuple la terre, toutes les ambitions de l’intelligence et de la volonté ? À quoi bon tout cela, si tout sombre, si toutes les richesses de ce monde terrestre ne sont que décors de théâtre ; si c’est ensuite l’éternité pour toujours, pour toujours, pour toujours ? [17] »

Le monde et les biens matériels ne sont jamais une fin pour l’homme. Cependant Dieu demande à ses enfants de développer toutes leurs facultés intellectuelles, techniques, scientifiques, industrielles, relationnelles, culturelles… et de les mettre au service de la dignité de la personne.

C’est avec amour, droiture et tempérance, que nous saurons donner son vrai sens à la préoccupation nécessaire pour des biens terrestres. Si Dieu est vraiment le centre de notre vie, le mariage s’ordonnera effectivement, en surmontant toutes les difficultés, à sa fin première — donner des enfants à Dieu et les éduquer pour lui — et la vie familiale se transformera en véritable don de soi réciproque. Si le Seigneur est le centre de nos vies, les spectacles et l’art, par exemple, seront dignes de l’homme, moyen et expression de la richesse de son esprit. Alors l’on comprendra le fondement objectif de la morale, et les lois des peuples seront un reflet fidèle de la loi divine. C’est ainsi que l’homme surmontera ses craintes, et trouvera dans l’inévitable souffrance un moyen de purification et de corédemption avec le Christ. Avec un amour toujours plus grand, enraciné dans la générosité et le sacrifice, il atteindra le Ciel auquel il a été destiné de toute éternité.

[01]. Mt 16, 21-27.
[02]. Mt 16, 17.
[03]. Saint Jean Chrysostome,
Homélies sur saint Matthieu, 54, 4.
[04]. Saint Augustin,
Traité sur la Trinité, 12, 1-5.
[05]. Ph 3, 18-19.
[06]. Cf. R. M De Balbin,
Sacrifice et joie, p. 30.
[07]. Jean-Paul II,
Allocution, 1er avril 1980.
[08]. Cf. Ac 5, 41.
[09]. J. Leclerq,
Trente méditations sur la vie chrétienne, Desclée de Brouwer
[10]. Cf. 1 Cor 1, 23.
[11]. A. Del Portillo,
Lettre pastorale, 25 décembre 1985, n. 4.
[12]. Jean-Paul II,
Homélie dans le Yankee Stadium de New York, 2 octobre 1979, 6.
[13]. Concile Vatican II, Const.
Gaudium et spes, 22.
[14]. Saint Josémaria Escriva,
Sillon, n. 887.
[15]. Heb 1, 11.
[16]. Mt 16, 26.
[17]. Saint Josémaria Escriva,
Amis de Dieu, 200.


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