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22e SEMAINE. MERCREDI

33. IL LEUR IMPOSAIT LES MAINS

— Aider tout le monde, traiter chacun comme le Christ l’aurait fait à notre place.

— Patience et constance dans l’apostolat.

— Annoncer partout la doctrine du Christ.

I. L’Évangile de la Messe[01] nous raconte qu’au coucher du soleil on commença à apporter au Christ de nombreux malades pour qu’Il les guérisse. Il est très possible que ce jour-là fût un samedi, car au coucher du soleil le repos sabbatique, si scrupuleusement observé par les pharisiens, n’était plus obligé. Les malades étaient très nombreux. Saint Marc[02] indique que la ville entière se trouvait rassemblée auprès de la porte. Saint Luc nous indique ce détail singulier : Il les guérit en imposant les mains sur chacun — singulis manus imponens —. Il regarde attentivement les malades et consacre à chacun d’eux une attention particulière, car pour Lui toute personne est unique. Tout homme est toujours bien reçu par Jésus, et il est traité par Lui avec la dignité incomparable que mérite toujours la personne humaine.

En commentant ce passage de l’Évangile, saint Ambroise indique que « dès le début de l’Église Jésus cherchait déjà les foules. Et pourquoi ? — se demande-t-il. Parce que (…) pour guérir il n’y a pas de temps ni de lieux déterminés. En tout lieu et de tous temps on doit appliquer le médicament »[03]. L’Évangile nous montre l’infatigable activité du Christ ; Il nous enseigne le chemin à suivre avec ceux qui sont éloignés de la foi, avec tant et tant d’âmes qui ne se sont pas encore approchées du Christ pour recevoir de Lui la guérison. « Aucun enfant de la Sainte Eglise ne peut vivre tranquille, sans éprouver de l’inquiétude devant ces masses dépersonnalisées : des troupeaux, des bandes, des hordes, t’écrivais-je en une autre occasion. Que de nobles passions sous leur apparente indifférence ! Et donc que de choses possibles !

« Il est nécessaire de servir tout le monde, d’imposer les mains à chacun  — “singulis manus imponens”, comme le faisait Jésus —, pour rendre la vie à tous, illuminer leurs intelligences et fortifier leurs volontés, et tous, ils deviendront utiles ! »[04].

Servir tout le monde, les traiter comme le Christ l’aurait fait à notre place, avec la même estime, avec le même respect, chacun individuellement, en tenant compte de leurs circonstances particulières, de leur manière d’être, de l’état où il se trouve, sans appliquer à tous la même recette. Ce sont des gens qui viennent à notre rencontre pour des raisons professionnelles, de voisinage, de voyage, de désirs ou de goûts communs… Et d’autres que nous allons chercher là où ils se trouvent pour les conduire au Seigneur, « comme le médecin cherche le malade. Avec une seule âme qui se sauve par notre intermédiaire, on peut obtenir le pardon de beaucoup de péchés »[05].

Apprenons dans ce moment de prière à avoir le même intérêt qu’avaient ceux qui se pressaient auprès de la porte en apportant les malades pour qu’Il les guérisse. Examinons sous son regard si nous les traitons avec la même attention — singulis manus imponens — que Jésus avait envers eux.

II. Pour arriver au Christ le chemin est parfois long ; parcourons-le avec patience et constance. Jésus attend nos amis, nos collègues d’étude ou de travail, nos enfants, nos frères… Essayons de tous les aider comme Jésus le faisait : un par un, en tenant compte de leurs circonstances particulières, leur âge…, leurs maladies… Sachons estimer chacun au prix infini du Sang rédempteur avec lequel le Seigneur les a rachetés. En les accompagnant jusqu’à Jésus nous rencontrerons des résistances, peut-être pendant très longtemps ; elles sont une conséquence de la difficulté des hommes à seconder la volonté de Dieu, à cause des séquelles que le péché originel a laissé dans l’âme et qui se sont aggravées après les péchés personnels. D’autres fois cette passivité est une conséquence de l’ignorance et de l’erreur dont ils souffrent. Cela nous conduira à prier et à offrir des mortifications, des heures de travail ou d’étude pour eux, à intensifier notre amitié … ; et d’autant plus si l’opposition est plus grande. La foi nous conduira à les comprendre et leur pardonner de grand cœur, mais en sachant bien que le but est qu’ils connaissent et aiment Jésus-Christ, ce qui est le plus grand bien que nous pouvons leur faire, le plus grand de toutes les faveurs et de tous les bénéfices.

Dans tout apostolat une attitude patiente est nécessaire. C’est une part de la vertu de la force et non abandon ou paresse ; la patience suppose une persévérance tenace pour obtenir les fruits désirés. Bien souvent il nous faudra cheminer peu à peu, « comme sur un plan incliné », sans jamais nous décourager parce qu’il nous semble que les autres n’avancent pas ou que peut-être ils reculent. Le Seigneur connaît ces situations et donne les grâces opportunes. Il a déjà imposé les mains sur chacun, dès le moment même où nous avons décidé devant le Tabernacle de les conduire jusqu’à Lui. Dès le début de tout apostolat, Il bénit les désirs de Lui approcher les âmes qui pour diverses circonstances sont proches de notre vie quotidienne.

Si les personnes tardent à répondre rappelons-nous la patience que Dieu a eue avec nous, et qu’il nous a pardonné beaucoup de choses, alors que nous l’avons fait attendre… Combien notre Dieu nous a attendus ! Combien Il a attendu devant la porte de l’âme ! Si le Seigneur nous avait abandonné lorsque nous ne Lui avons pas répondu, lorsque nous n’avons pas voulu écouter son appel, combien nous serions maintenant éloignés de Lui ! Notre effort ne sera jamais stérile, parce que dans l’apostolat c’est l’amour du Seigneur qui nous pousse. Certains arriveront jusqu’à Lui en peu de temps, d’autres après des années. Les uns avanceront dès le début, d’autres auront à peine la force de faire un petit pas. Considérons chacun selon sa situation humaine et surnaturelle particulière, sans nous lasser, sans abandonner. Le médecin n’utilise pas la même ordonnance pour tout le monde, ni le tailleur la même taille, ni le même modèle. Prenez donc patience, frères, conseillait l’Apôtre saint Jacques, jusqu’à la venue du Seigneur. Voyez : le cultivateur attend les précieux fruits de la terre, tout en patientant jusqu’à ce qu’il ait reçu la pluie de l’automne et la pluie du printemps. Prenez patience, vous aussi, affermissez vos cœurs.[06]

Avec une prudence surnaturelle (sans fausses prudences humaines) nous insisterons auprès de nos amis, de nos parents et de nos collègues. Cette insistance fera appel à une grande charité et compréhension, car nous ne cherchons que leur bien. Si les ennemis de Dieu insistent tant pour les éloigner de Lui, comment n’allons-nous pas nous obstiner, nous qui cherchons leur bien? Tu sais bien, Seigneur, que nous ne cherchons que ce qu’il y a de mieux pour eux ! Ce qu’il y a de mieux, c’est Toi-même, Toi qui Te donnes à qui veut T’accueillir.

III. Ce soir-là nombreux furent ceux qui reçurent la guérison et un mot d’encouragement, un geste de compréhension de la part du Maître : au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des infirmes atteints de diverses maladies les Lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait. Quelle joie, pour les malades… et pour ceux qui les avaient approchés de Jésus ! L’apostolat demande beaucoup de sacrifice, mais apporte beaucoup joies. Quelle grande tâche que de mener nos amis jusqu’à Jésus pour qu’Il leur impose les mains et les guérisse !

Le matin suivant, Jésus s’était retiré pour prier dans un lieu solitaire, comme Il avait l’habitude de faire ; les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu’à Lui, et elles le retenaient pour l’empêcher de les quitter. Mais Il leur dit : Il faut que J’aille aussi dans les autres villes pour leur annoncer la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que J’ai été envoyé. Et Il se rendait dans les synagogues de Judée pour y proclamer la Bonne Nouvelle.

Aujourd’hui ceux qui ne connaissent pas le Christ sont aussi nombreux. Le Seigneur nous demande de combattre tant d’ignorance, en répandant de toutes parts la bonne doctrine, avec initiative. « Telle mission — nous rappelle le Pape Jean-Paul II — n’est pas exclusive des ministres sacrés ou du monde religieux, mais elle doit embrasser les milieux des laïcs, de la famille, de l’école. Tout chrétien doit participer à la tâche de formation chrétienne. Il doit sentir l’urgence d’évangéliser, ce qui n’est pas pour moi un titre de gloire, car nécessité m’incombe (1 Cor 9, 16) »[07]. Ce n’est que si nous regardons le Christ, si nous l’aimons, que nous vaincrons la paresse, que nous sortirons de notre tour d’ivoire, et que nous ferons que beaucoup d’aveugles voient le Christ, que beaucoup de sourds L’écoutent, que beaucoup de paralytiques cheminent à son côté, car le Seigneur compte sur notre collaboration.

Regardons le Christ dans notre prière et contemplons aussi ceux qui nous entourent. Qu’avons-nous fait jusqu’à maintenant pour les rapprocher du Seigneur ? Regardons notre famille, notre travail ou notre étude, nos voisins, les personnes que nous rencontrons dans nos distractions ou nos voyages… N’avons-nous pas perdu de nombreuses occasions? Ne nous sommes-nous pas lassés ? Ne peuvent-ils pas dire un jour que nous ne leur avons pas parlé du Christ, dont ils avaient réellement besoin ?

Sachons que le bien ou le mal fait a toujours un effet multiplicateur. Cela nous aidera à faire un apostolat incessant. Ceux qui, ce soir-là, sentirent le Christ s’arrêter à leur côté et leur imposer ses mains divines comprirent que leur vie ne pouvait plus être comme avant. Ils se transformèrent en de nouveaux apôtres, annoncèrent partout le Chemin, la Vérité et la Vie, car ils avaient rencontré le Christ. Ils l’annoncèrent à voix haute dans leur famille, dans leur ville… partout où ils allaient. Essayons de les imiter avec la grâce de Dieu.

[01]. Lc 4, 38-44.
[02]. Cf. Mc 1, 33.
[03]. Saint Ambroise,
Traité sur la virginité, 8, 10.
[04]. Saint Josémaria Escriva,
Forge, n. 901.
[05]. Saint Jean Chrysostome, dans
Catena Aurea, vol. 5, p. 238.
[06]. Jac 5, 7-8.
[07]. Jean-Paul II,
Discours à Grenade, 15 novembre 1982 ; cf. Exhor. Apost. Christifideles laici, 30 décembre 1988, n. 33.



22e SEMAINE. JEUDI

34. LE POUVOIR DE L’OBÉISSANCE

— L’obéissance donne des forces et des fruits.

— Cette vertu est nécessaire pour suivre de près le Christ.

— Ne pas mettre de limites à la volonté de Dieu.

I. Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth, ainsi qu’une grande foule désireuse d’écouter la Parole de Dieu. Pierre et ses compagnons de travail lavaient leurs filets après s’être démenés toute la nuit sans avoir rien pêché. Et Jésus, qui veut entrer profondément dans l’âme de Simon, lui demande sa barque et le prie de s’éloigner un peu du rivage. Assis, de la barque Il enseignait la foule[01]. Pierre continua peut-être à mettre au point le matériel de pêche tout en écoutant le Maître, qu’il connaissait déjà depuis que son frère André l’avait conduit jusqu’à Lui[02] ; il ne soupçonne pas les plans si grandioses du Seigneur.

Lorsqu’Il eut terminé de parler, Jésus dit à Simon : Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson. Ils ont peut-être terminé de nettoyer les filets. Tout invite à l’excuse : la fatigue, qui est plus grande lorsque l’on n’a rien pêché, les filets lavés et préparés pour la nuit suivante, l’inopportunité de l’heure pour la pêche... Mais le regard de Jésus, la façon impérative et en même temps aimable de donner l’ordre, le suprême attrait que le Christ exerce sur les âmes nobles... firent que Pierre s’embarqua à nouveau. Le seul motif d’avancer au large avec les barques, c’est Jésus : Maître, Lui dit Pierre, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais sur ton ordre, je vais jeter les filets. In verbo autem tuo..., sur ta parole. Voilà quelle est la grande raison.

Lorsque nous sommes fatigués de ne pas voir de fruits dans notre vie intérieure ou dans notre apostolat, lorsqu’il nous semble que tout a été un échec et que nous rencontrons des raisons humaines pour abandonner la tâche, écoutons la voix de Jésus qui nous dit : Duc in altum, avance au large, recommence à nouveau, recommence... en mon Nom.

« Le secret de tous les progrès et de toutes les victoires est de savoir “recommencer”, de tirer la leçon d’un échec et ensuite d'essayer une nouvelle fois[03]. » À travers ces échecs apparents le Seigneur veut peut-être nous dire que nous devons agir pour des motifs plus surnaturels, par obéissance, pour Lui et seulement pour Lui. « Pouvoir de l’obéissance ! — Le lac de Génésareth refusait ses poissons aux filets de Pierre. Toute une nuit perdue.

« — Mais, par obéissance, le filet est rejeté à l’eau et ils pêchèrent alors “piscium multitudinem copiosam” —une grande quantité de poissons.

« — Crois-moi, le miracle se répète chaque jour[04]. »

Si nous nous trouvons fatigués et sans forces pour recommencer, regardons le Seigneur qui nous accompagne dans notre barque. Jésus nous invite alors à mettre en pratique, avec docilité intérieure, avec effort, les conseils que nous avons reçus dans la Confession, dans la direction spirituelle, et nous y trouverons les forces dont nous avons besoin. « Très souvent, dit sainte Thérèse d’Avila, il me semblait ne pas pouvoir souffrir le travail selon ma pauvre nature ; le Seigneur me dit alors : Ma fille, l’obéissance donne des forces[05]. » Pierre s’avança au large avec Jésus dans sa barque et il se rendit rapidement compte que les filets se remplissaient de poissons ; il y en avait tellement qu’il semblait que les filets allaient se déchirer. Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient. Il y eut du poisson pour tout le monde ; Dieu récompense toujours l’obéissance par des fruits innombrables.

II. Ce passage de l’Évangile est rempli d’enseignements : toute la nuit, en l’absence du Christ, le travail avait été stérile. Il en est de même dans la vie des chrétiens lorsqu’ils prétendent mener à bien des tâches apostoliques sans compter sur le Seigneur, dans l’obscurité la plus grande, en se laissant conduire exclusivement par leur propre expérience ou par les seuls efforts humains. « Tu t’obstines à avancer tout seul, en faisant ta propre volonté, guidé exclusivement par ton propre jugement... et, tu le vois, le fruit de tout cela s’appelle le manque de fécondité.

« Mon enfant, si tu ne soumets pas ton jugement, si tu es orgueilleux, si tu te consacres à “ton” apostolat, tu pourras travailler toute la nuit — et toute ta vie sera une nuit ! Et à la fin tu te réveilleras avec tes filets vides[06]. »

Pierre montra son humilité en obéissant à quelqu’un dont on aurait bien pu penser que, n’étant pas un homme de mer, il saurait bien peu ou absolument rien du travail dans lequel, jour après jour, lui, Simon, avait acquis tant d’expérience. Il a cependant confiance dans le Seigneur, il a plus confiance en la parole de Jésus qu’en ses années de dur labeur. Cela nous indique aussi que le Seigneur l’avait déjà gagné à sa cause, qu’il était prêt à tout laisser pour le suivre.

Cette obéissance, cette confiance dans les paroles de Jésus fut la dernière préparation de Pierre pour recevoir son appel définitif. C’est comme si le Seigneur avait décidé de l’appeler après un acte d’obéissance et de pleine confiance.

L’obéissance fait partie du mystère de la Rédemption, car le Christ Lui-même « nous a révélé le mystère du Père et, par son obéissance, a opéré la rédemption [07] ». C’est pourquoi celui qui veut suivre les pas du Maître ne peut pas limiter son obéissance ; Lui-même nous enseigna à obéir lorsque c’est facile et lorsque c’est héroïque, « car il a obéi en des choses graves et difficiles, jusqu’à la mort sur la Croix [08] ».

L’obéissance nous mène à vouloir identifier en tout notre volonté avec la volonté de Dieu, qui se manifeste à travers nos parents, nos supérieurs, nos devoirs, nos occupations familiales, sociales et professionnelles. La volonté de Dieu se révèle d’une façon très particulière dans les conseils de la direction spirituelle.

Le Seigneur attend de nous, par conséquent, une conduite homogène en toute circonstance, une obéissance délicate et joyeuse : un assujettissement, pour Dieu, à l’autorité légitime dans les divers ordres de la vie humaine, et en priorité au Souverain Pontife et au Magistère de l’Église.

Si nous restons avec le Christ, Il remplit toujours nos filets. Près de Lui, même ce qui semblait stérile et sans aucun sens devient efficace et fructueux. « L’obéissance rend nos actes et nos souffrances méritoires, de telle façon que, d’inutiles qu’ils pourraient sembler, ils peuvent en arriver à être très féconds. L’une des merveilles réalisées par notre Seigneur est d’avoir fait que soit profitable la chose la plus inutile, comme l’est la douleur. Il l’a glorifiée par l’obéissance et par l’amour. [09] »

III. Pierre resta tout étonné devant la capture qu’il avait réalisée. Dans ce miracle, le Seigneur s’est manifesté à lui d’une façon très particulière. Pierre regarda Jésus, et alors il tomba à ses pieds, en disant : Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. Il comprit sa petitesse devant la suprême dignité du Christ. Jésus dit alors à Simon : Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. Pierre et ceux qui l’accompagnaient dans la pêche, ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils Le suivirent.

Jésus commença par lui demander de Lui prêter sa barque, et Il finit par lui prendre sa vie. Et Pierre laissera derrière lui des traces ineffaçables chez bien des personnes que le Christ lui fera rencontrer. Il commença par obéir dans une petite chose et le Seigneur lui offrit les plans grandioses qu’Il avait préparés de toute éternité pour lui, pauvre pécheur de Galilée. Il n’aurait jamais pu soupçonner la transcendance et la valeur de sa vie. Des milliers et des milliers de personnes eurent la foi grâce à ceux qui suivirent Jésus ce jour-là, et tout particulièrement grâce à Pierre, qui sera le rocher, les fondations inébranlables de l’Église.

Nous ne pouvons pas soupçonner les conséquences de notre fidélité au Christ. Il nous demande de répondre toujours plus à son appel, plus de docilité et plus d’obéissance. Si nous sommes fidèles, un jour le Seigneur nous fera contempler la transcendance de l’avoir suivi. « Âme d’apôtre, tu es parmi les tiens comme la pierre tombée dans le lac. — Ton exemple et ta parole produisent un premier cercle... qui en produit un autre... et celui-ci un autre... et un autre. Et les cercles sont de plus en plus larges.

« Comprends-tu maintenant la grandeur de ta mission ? [10] »

Ne limitons pas la bonté du Seigneur, comme Pierre. « Si tu es de ceux qui vont au large, cloue fermement ton gouvernail (...). Si tu te donnes à Dieu, donne-toi comme les saints se donnèrent. Qu’il n’y ait rien ni personne qui mérite ton attention pour freiner ta marche ; tu appartiens à Dieu. Si tu te donnes, donne-toi pour l’éternité. Ni la houle ni le ressac n’ébranleront tes fondations. Dieu s’appuie sur toi ; donne toi aussi un coup de main, et navigue à contre-courant (...). Duc in altum. Lance-toi au large avec l’audace des amoureux de Dieu [11]. »

Notre Mère Sainte Marie, Stella maris, Etoile de la mer, nous enseignera à être généreux avec le Seigneur lorsqu’il nous demande de Lui prêter une barque et lorsqu’Il veut que nous Lui donnions notre vie entière. Ne mettons aucune condition pour Le suivre.

[01]. Lc 5, 1-11.
[02]. Cf. Jn 1, 41.
[03]. G. Chevrot,
Simon Pierre, p. 34.
[04]. Saint Josémaria Escriva,
Chemin, n. 629.
[05]. Sainte Thérèse,
Fondations, prol. 2.
[06]. Saint Josémaria Escriva,
Forge, n. 574.
[07]. Concile Vatican II, Const.
Lumen gentium, 3.
[08]. Saint Thomas,
Commentaire à l’Épître aux Hébreux 5, 8, lec. 2.
[09]. R. Garrigou-Lagrange,
Les trois âges de la vie intérieure, vol. II, p. 683.
[10]. Saint Josémaria Escriva,
Chemin, n. 831.
[11]. J. Urteaga,
Dieu vomit les tièdes.


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