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21 dimanche

 

Livre de Sophonie (So 1, 1-7.14 ; 2, 1-3)

Le Jour du Seigneur

À ses contemporains dévoyés, Sophonie annonce l'imminence d'un Jour du Seigneur terrifiant. Jamais les Prophètes n'avaient été aussi catégoriques dans leur certitude d'éprouver les effets de la colère divine. Mais, pour la première fois aussi, une espérance est laissée à un peuple de pauvres : nous sommes proches de la première Béatitude.

Parole du Seigneur, qui fut adressée à Sophonie, fils de Koushi, fils de Guedalya, fils d'Amarya, fils d'Ézékias, au temps de Josias, fils d'Amôn, roi de Juda.

Je vais tout extirper de la surface de la terre – oracle du Seigneur. J'extirperai hommes et bêtes, oiseaux du ciel et poissons de la mer, j'extirperai ce qui fait trébucher les méchants, je supprimerai les hommes de la surface de la terre – oracle du Seigneur.

J'étendrai la main contre Juda et contre tous les habitants de Jérusalem, et je supprimerai de ce lieu ce qui reste du Baal, le nom de ses officiants et les prêtres avec eux, ceux qui se prosternent sur les terrasses devant l'armée des cieux, ceux qui se prosternent devant le Seigneur tout en jurant par leur dieu Mélek, ceux qui se détournent du Seigneur, qui ne le recherchent pas et ne le consultent pas.

– Silence devant le Seigneur Dieu, car le jour du Seigneur est proche. Le Seigneur prépare un sacrifice, il consacre ses invités. Il est proche, le grand jour du Seigneur, il est proche, il vient en grande hâte. On criera amèrement au jour du Seigneur, le brave lui-même appellera au secours.

Jour de fureur que ce jour, jour de détresse et d'angoisse, jour de désastre et de désolation, jour de ténèbres et d'obscurité, jour de nuée et de sombres nuages, jour de sonneries de cor et de cris de guerre contre les villes fortes et contre les hautes tours d'angle.

Je jetterai les hommes dans la détresse et ils marcheront comme des aveugles, car ils ont péché contre le SEIGNEUR. Leur sang sera répandu comme de la poussière et leurs tripes comme des ordures. Ni leur argent ni leur or ne pourra les délivrer : au jour de la fureur du SEIGNEUR, au feu de sa jalousie, toute la terre sera dévorée ; car il va faire l'extermination et ce sera terrible de tous les habitants de la terre.

Entassez-vous, tassez-vous, ô nation sans honte, avant que survienne le décret, et que le jour se soit enfui comme la bale, avant que vienne sur vous l'ardeur de la colère du Seigneur, avant que vienne sur vous le jour de la colère du Seigneur. Recherchez le Seigneur, vous tous les humbles de la terre, qui mettez en pratique le droit qu'il a établi ; recherchez la justice, recherchez l'humilité, peut-être serez-vous à l'abri au jour de la colère du Seigneur.

 

R/ Silence devant le Seigneur notre Dieu,

Car son jour est proche.

 

Le signe du Fils de l'homme apparaîtra dans le ciel,

Toutes les races de la terre se frapperont la poitrine.

 

Et l'on verra le Fils de l'homme venir sur les nuées,

Avec puissance et grande gloire.

 

Il enverra les anges pour rassembler ses élus

Des quatre coins de l'horizon.

 

IIème CONCILE du VATICAN – L'Église dans le monde de ce temps

L'ébauche du monde à venir

Nous ignorons à quelle époque la terre et l'humanité finiront nous ne savons pas de quelle manière l'univers sera transformé. Certes, elle passe la figure de ce monde, déformée par le péché : mais nous avons appris que Dieu prépare une demeure nouvelle et une terre nouvelle où réside la justice, dont la béatitude comblera et surpassera tous les désirs de paix qui gonflent le cœur de l'homme. Alors la mort sera vaincue, les fils de Dieu ressusciteront dans le Christ, et ce qui avait été semé dans la faiblesse et la corruption revêtira l'incorruptibilité. La charité demeurera, ainsi que son œuvre, et toute cette création, que Dieu a faite en faveur de l'homme, sera délivrée de l'esclavage du néant.

Nous en sommes bien avertis : il n'y a aucun avantage à gagner le monde entier si l'on se perd soi-même. Cependant l'attente de la terre nouvelle ne doit pas diminuer, mais plutôt exciter le souci de cultiver notre terre : c'est là que le corps de la nouvelle famille humaine grandit, lui qui peut déjà présenter l'esquisse du monde à venir. Par conséquent, s'il faut soigneusement distinguer progrès terrestre et croissance du Règne du Christ, ce progrès importe cependant beaucoup au Royaume de Dieu, dans la mesure où il peut contribuer à une meilleure organisation de la société.

En effet, ces valeurs de dignité humaine, de communion fraternelle et de liberté, tous ces fruits excellents de la nature et de notre liberté, que nous aurons multipliés sur la terre dans l'Esprit du Seigneur et selon son commandement, nous les retrouverons plus tard. Mais ils seront alors purifiés de toute souillure, illuminés, transfigurés, lorsque le Christ remettra à son Père "un règne sans limite et sans fin, règne de vie et de vérité, règne de grâce et de sainteté, règne de justice, d'amour et de paix." Sur cette terre, le royaume est déjà mystérieusement présent ; lorsque le Seigneur viendra, ce royaume atteindra sa perfection.

 

R/ Notre âme attend le Seigneur,

En lui la joie de notre cœur.

 

Proche est son salut pour qui le craint,

Et sa gloire habitera notre terre.

 

Amour et vérité se rencontrent ;

Justice et paix s'embrassent.

 

Vérité germera de la terre

Et des cieux se penchera la justice.

 

Te Deum

Oraison 21

Dieu qui peux mettre au cœur de tes fidèles un unique désir, donne à ton peuple d'aimer ce que tu commandes et d'attendre ce que tu promets ; pour qu'au milieu des changements de ce monde, nos cœurs s'établissent fermement là où se trouvent les vraies joies.


21 lundi

 

Livre de Sophonie (So 3, 8-20)

Dieu, salut des pauvres d'Israël

L'espérance messianique d'Israël visait une souveraineté du peuple élu dans un contexte de gloire, les païens soumis au vrai Dieu par son intermédiaire. Déjà Isaïe et Michée en avaient fait un royaume de justice et de paix. Sophonie, lui, renonce à tout triomphe : le peuple messianique sera un peuple de petits et d'humbles, dont Dieu sera la seule vraie richesse.

Eh bien ! Attendez-moi – oracle du Seigneur. Attendez le jour où je me lèverai comme témoin à charge ! Ma sentence sera d'extirper les nations, d'entasser les royaumes, de déverser sur eux mon indignation, toute l'ardeur de ma colère, car la terre tout entière sera consumée au feu de ma jalousie.

Alors je ferai que les peuples aient les lèvres pures pour qu'ils invoquent tous le nom du Seigneur, pour qu'ils le servent dans un même effort. D'au-delà des fleuves de Nubie, ceux qui m'adorent – ceux que j'ai dispersés – m'apporteront une offrande.

En ce jour-là, tu n'auras plus à rougir de toutes tes mauvaises actions, de ta révolte contre moi ; car à ce moment-là, j'aurai enlevé du milieu de toi tes vantards orgueilleux, et tu cesseras de faire l'arrogante sur ma montagne sainte. Je maintiendrai au milieu de toi un reste de gens humbles et pauvres ; ils chercheront refuge dans le nom du Seigneur. Le reste d'Israël ne commettra plus d'iniquité ; ils ne diront plus de mensonges, on ne surprendra plus dans leur bouche de langage trompeur ; mais ils pourront paître et se reposeront sans personne pour les faire trembler.

Crie de joie, fille de Sion, pousse des acclamations, Israël, réjouis-toi, ris de tout ton cœur, fille de Jérusalem. Le Seigneur a levé les sentences qui pesaient sur toi, il a détourné ton ennemi. Le roi d'Israël, le Seigneur lui-même, est au milieu de toi, tu n'auras plus à craindre le mal.

En ce jour-là, on dira à Jérusalem : "N'aie pas peur, Sion, que tes mains ne faiblissent pas ; le Seigneur ton Dieu est au milieu de toi en héros, en vainqueur. Il est tout joyeux à cause de toi, dans son amour, il te renouvelle, il jubile et crie de joie à cause de toi."

Je rassemble ceux qui étaient privés de fêtes ; ils étaient loin de toi – honte qui pesait sur Jérusalem. Je vais agir à l'égard de tous ceux qui te maltraitent – en ce temps-là –, je sauverai les brebis boiteuses, je rassemblerai les égarées. Je vous mettrai à l'honneur et votre renom s'étendra dans tous les pays ou vous avez connu la honte. En ce temps-là, je vous ramènerai, ce sera au temps où je vous rassemblerai ; votre renom s'étendra, et je vous mettrai à l'honneur parmi tous les peuples de la terre quand, sous vos yeux, je changerai votre destinée, dit le Seigneur.

 

R/ Sois sans crainte, Sion :

Le Seigneur ton Dieu est au milieu de toi,

Il est tout joyeux à cause de toi.

 

Il ne laissera subsister en ton sein

Qu'un peuple humble et modeste,

Qui cherchera refuge dans le nom du Seigneur.

 

En ce jour-là,

Le Seigneur vous rassemblera,

Sous vos yeux, il accomplira votre salut.

 

COMMENTAIRE DE SAINT THOMAS D'AQUIN SUR L'ÉVANGILE DE JEAN

"Le pasteur donne sa vie pour ses brebis"

Moi, je suis le bon pasteur. Il appartient évidemment au Christ d'être pasteur. Car, de même que le troupeau est dirigé et nourri par le pasteur, c'est ainsi que les fidèles sont nourris par le Christ au moyen d'un aliment spirituel et même de son corps et de son sang. Comme dit l'Apôtre Pierre : Vous étiez comme des brebis qui n'ont pas de pasteur ; mais à présent vous êtes revenus vers le pasteur qui veille sur vous. Et le prophète : Comme un berger, il conduira son troupeau.

Mais puisque le Christ a dit que le pasteur entre par la porte et ensuite qu'il est la porte, il en découle nécessairement que lui-même entre par lui-même. Et c'est bien par lui-même qu'il entre, parce qu'il se manifeste lui-même et que par lui-même il connaît le Père. Quant à nous, c'est par lui que nous entrons, parce que c'est par lui que nous obtenons la béatitude.

Mais prenez garde que personne d'autre que lui n'est la porte, parce que personne d'autre n'est la vraie lumière les autres ne sont lumière que par participation : Jean-Baptiste n'était pas la lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage. Tandis qu'il est dit du Christ : Il était la vraie lumière, qui éclaire tous les hommes. Et c'est pourquoi aucun homme ne dit qu'il est la porte. Le Christ s'est réservé ce nom comme lui appartenant en propre. Tandis que la qualité de pasteur, il l'a communiquée à d'autres, il l'a donnée à ses membres. Car Pierre et les autres Apôtres ont été pasteurs, ainsi que tous les bons évêques. Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur, dit l'Écriture. Mais bien que les supérieurs de l'Église, qui sont des fils, soient tous pasteurs, il dit au singulier : Moi, je suis le bon pasteur, pour faire comprendre quelle est la force de l'amour de charité. Car aucun n'est bon pasteur, sinon celui qui, par la charité, est devenu un avec le Christ, et membre du vrai pasteur.

La charité est le devoir du bon pasteur. C'est pourquoi il dit : Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. Car il faut savoir que la différence entre le bon pasteur et le mauvais consiste en ce que le bon pasteur cherche l'avantage de ses brebis, et le mauvais pasteur, son propre avantage.

Dans le domaine des réalités corporelles, on n'exige pas du bon pasteur qu'il s'expose à la mort pour le salut du troupeau. Mais, parce que le salut du troupeau spirituel l'emporte sur la vie corporelle du pasteur, lorsque le salut du troupeau est en péril, chaque pasteur spirituel doit accepter la perte de sa vie corporelle pour le salut du troupeau. Et c'est ce que dit le Seigneur : Le bon pasteur donne sa vie – c'est-à-dire sa vie corporelle – pour ses brebis, et cela en raison de son autorité et de sa charité. Il faut en effet l'une et l'autre : que les brebis lui appartiennent, et qu'il les aime, car l'autorité sans la charité ne suffit pas.

Le Christ nous a donné l'exemple de cet enseignement : Jésus a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères.

 

R/ Jésus, tu es venu

Pour que les brebis aient la vie,

La vie en abondance.

 

Parole du Seigneur :

J'aurai soin moi-même de mon troupeau

Et je le passerai en revue.

 

Je chercherai la brebis perdue,

Avec justice je ferai paître mon troupeau.

 

Je les rassemblerai des pays étrangers

Et les ramènerai sur leur terre.

Oraison

Dieu éternel et tout-puissant, toi que nous pouvons déjà appeler notre Père, fais grandir en nos cœurs l'esprit filial, afin que nous soyons capables d'entrer un jour dans l'héritage qui nous est promis.


21 mardi

 

Livre de Jérémie (Jr 1, 1-19)

Vocation de Jérémie

Jérémie reçoit, presque malgré lui, une vocation sévère. Encore n'en connaîtra-t-il que plus tard toutes les amertumes, et reprochera-t-il à Dieu de ne pas tenir ses promesses d'assistance. Cela ne rend que plus admirable son héroïque fidélité, presque seul contre tous, à sa mission. Dieu donne la force.

Paroles de Jérémie, fils de Hilqiyahou, l'un des prêtres résidant à Anatoth, dans le territoire de Benjamin, où la parole du Seigneur s'adresse à lui, au temps de Josias, fils d'Amôn, roi de Juda, la treizième année de son règne. – Elle s'adressa encore à lui au temps de Yoyaqim, fils de Josias, roi de Juda, jusqu'à la fin de la onzième année de Sédécias, fils de Josias, roi de Juda, jusqu'à la déportation de Jérusalem, au cinquième mois.

La parole du Seigneur s'adressa à moi : Avant de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu ne sortes de son ventre, je t'ai consacré ; je fais de toi un prophète pour les nations.

Je dis : "Ah ! Seigneur Dieu, je ne saurais parler, je suis trop jeune."

Le Seigneur me dit : "Ne dis pas : Je suis trop jeune. Partout où je t'envoie, tu y vas ; tout ce que je te commande, tu le dis ; n'aie peur de personne : je suis avec toi pour te libérer – oracle du Seigneur."

Le Seigneur, avançant la main, toucha ma bouche, et le Seigneur me dit : "Ainsi je mets mes paroles dans ta bouche. Sache que je te donne aujourd'hui autorité sur les nations et sur les royaumes, pour déraciner et renverser, pour ruiner et démolir, pour bâtir et planter."

La parole du Seigneur s'adressa à moi : "Que vois-tu, Jérémie ?" Je dis : "Ce que je vois, c'est un rameau d'amandier." Le Seigneur me dit : "C'est bien vu ! Je veille à l'accomplissement de ma parole."

La parole du Seigneur s'adressa à moi une seconde fois : "Que vois-tu ?" Je dis : Ce que je vois, c'est un chaudron sur un foyer attisé grâce à une ouverture sur le nord."

Le Seigneur me dit : "C'est du nord qu'est attisé le malheur, pour tous les habitants du pays. Je vais convoquer tous les clans des royaumes du nord – oracle du Seigneur. Ils arrivent, et chacun place son trône à l'entrée des portes de Jérusalem, face aux remparts qui l'entourent et face à toutes les villes de Juda. Je leur annonce mes décisions au sujet de leurs méfaits : ils m'abandonnent, ils brûlent des offrandes à d'autres dieux, ils se prosternent devant l'œuvre de leurs mains.

Mais toi, tu vas te ceindre les reins, te lever et leur annoncer tout ce que je te commande ; ne te laisse pas accabler par eux, sinon c'est moi qui t'accablerai devant eux. Moi, aujourd'hui, je fais de toi une place forte, un pilier de fer, un rempart de bronze, face au pays tout entier, face aux rois de Juda, à ses ministres, à ses prêtres et à sa milice ; ils te combattront, mais ils ne pourront rien contre toi : je suis avec toi – oracle du Seigneur – pour te libérer."

 

R/ Dieu nous a parlé par son Fils

Qu'il a établi héritier de toute chose.

 

Avant que tu sois sorti du sein maternel,

Je t'ai consacré prophète des nations,

Dit le Seigneur.

 

Te voici comme une ville fortifiée :

Ils ne pourront te vaincre, car je suis avec toi,

Oracle du Seigneur.

 

SERMON DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME SUR LE DIABLE TENTATEUR

Les chemins de la conversion

Voulez-vous que je vous indique les chemins de la conversion ? Ils sont nombreux, variés et différents, mais tous conduisent au ciel.

Le premier chemin de la conversion, c'est la condamnation de nos fautes. Commence toi-même par dire tes fautes, pour être justifié. Et c'est pourquoi le Prophète disait : J'ai dit : Je veux confesser au Seigneur les iniquités que j'ai commises ; et toi, tu as pardonné le péché de mon cœur. Condamne donc toi-même les fautes que tu as commises, et cela suffira pour que le Maître t'exauce. Celui qui condamne ses fautes, en effet, craindra davantage d'y retomber. Éveille ta conscience pour avoir ton accusateur en toi-même et ne pas le rencontrer devant le tribunal du Seigneur. Voilà donc un excellent chemin de conversion.

Il y en a un deuxième, qui n'est pas inférieur à celui-là : c'est de ne pas garder rancune à nos ennemis, de dominer notre colère pour pardonner les offenses de nos compagnons de service, car c'est ainsi que nous obtiendrons le pardon de celles que nous avons commises contre le Maître ; c'est la deuxième manière d'obtenir la purification de nos fautes. Si vous pardonnez à vos débiteurs, dit le Seigneur, mon Père, qui est au ciel, vous pardonnera aussi.

Tu veux connaître le troisième chemin de la conversion ? C'est la prière fervente et attentive que tu feras du fond du cœur.

Si tu désires connaître le quatrième chemin, je citerai l'aumône – elle a une puissance considérable et indicible.

La modestie et l'humilité ne sont pas des moyens inférieurs à ceux que nous avons dits pour détruire les péchés à la racine. Nous en avons pour témoin le publicain qui ne pouvait pas proclamer ses bonnes actions, mais qui les a toutes remplacées par l'offrande de son humilité et a déposé ainsi le lourd fardeau de ses fautes.

Nous venons donc d'indiquer cinq chemins de la conversion : d'abord la condamnation de nos péchés, puis le pardon accordé aux offenses du prochain ; le troisième consiste dans la prière ; le quatrième dans l'aumône le cinquième dans l'humilité.

Ne reste donc pas inactif, mais chaque jour emprunte tous ces chemins ; ce sont des chemins faciles et tu ne peux pas prétexter ta misère. Car, même si tu vis dans la plus grande pauvreté, tu peux abandonner ta colère, pratiquer l'humilité, prier assidûment et condamner tes péchés. Ta pauvreté ne s'y oppose nullement. Mais qu'est-ce que je dis là ? alors que, sur ce chemin de la conversion où il s'agit de donner ses richesses (c'est de l'aumône que je veux parler), même la pauvreté ne nous empêche pas d'accomplir le commandement. Nous le voyons chez la veuve qui donnait ses deux piécettes.

Nous avons donc appris comment soigner nos blessures ; appliquons ces remèdes : revenus à la vraie santé, nous profiterons hardiment de la table sainte et avec beaucoup de gloire nous irons à la rencontre du roi de gloire, le Christ. Obtenons les biens éternels par la grâce, la miséricorde et la bonté de Jésus Christ notre Seigneur.

 

R/ Partager son pain avec l'affamé,

Voilà le jeûne qui plaît à Dieu.

 

Ouvre ton cœur au pauvre : c'est ton frère.

Et Si tu cries, le Seigneur répondra ;

À tes appels, il dira : Me voici !

 

Ouvre ton cœur au pauvre : c'est ton frère.

Et quand le Fils de l'homme viendra, il te dira :

J'avais faim et tu m'as donné à manger.

Oraison

Pour ceux qui t'aiment, Seigneur, tu as préparé des biens que l'œil ne peut voir : répands en nos cœurs la ferveur de ta charité, afin que t'aimant en toutes choses et par-dessus tout, nous obtenions de toi l'héritage promis qui surpasse tout désir.


21 mercredi

 

Livre de Jérémie (Jr 2, 1-13.20-25)

Le peuple a abandonné la source d'eau vive

Osée avait annoncé le retour en grâce d'une épouse du Seigneur, coupable mais convertie par un nouveau séjour au désert. Maintenant, l'épouse a dépassé la mesure : non seulement elle s'est endurcie dans le crime, mais elle n'en est même plus émue. Dieu et son prophète ne peuvent plus que pleurer son ingratitude.

La parole du Seigneur s'adressa à moi : Va clamer aux oreilles de Jérusalem : Ainsi parle le Seigneur : Je te rappelle ton attachement, du temps de ta jeunesse, ton amour de jeune mariée ; tu me suivais au désert, dans une terre inculte. Israël était chose réservée au Seigneur, prémices qui lui reviennent ; quiconque en mangeait devait l'expier : le malheur venait à sa rencontre – oracle du Seigneur.

Écoutez la parole du Seigneur, vous, la communauté de Jacob avec toutes les familles de la communauté d'Israël :

Ainsi parle le Seigneur : En quoi vos pères m'ont-ils trouvé en défaut pour qu'ils se soient éloignés de moi ? Ils ont couru après des riens et les voilà réduits à rien. Ils n'ont pas dit : "Où est le Seigneur qui nous a fait monter du pays d'Égypte, qui fut notre guide au désert, au pays des steppes et des pièges, pays de la sécheresse et de l'ombre mortelle, pays où nul ne passe, où personne ne réside ?" Je vous ai fait entrer au pays des vergers pour que vous en goûtiez les fruits et la beauté. Mais en y pénétrant, vous avez souillé mon pays et vous avez fait de mon patrimoine une horreur. Les prêtres ne disent pas : "Où est le Seigneur ?" Ceux qui détiennent les directives divines ne me connaissent pas. Les pasteurs se révoltent contre moi. Les prophètes prophétisent au nom de Baal et ils courent après ceux qui ne servent à rien.

Aussi vais-je encore plaider contre vous – oracle du Seigneur – et plaider contre les fils de vos fils. Passez donc aux rives des Kittim et regardez ; envoyez à Qédar et informez-vous bien ; regardez si pareille chose est arrivée : une nation change-t-elle de dieux ? – et pourtant ce ne sont pas des dieux ! Mon peuple, lui, échange sa gloire contre ce qui ne sert à rien.

De cela soyez stupéfaits, vous, les cieux, soyez-en horrifiés, profondément navrés – oracle du Seigneur ! Oui, il est double, le méfait commis par mon peuple : ils m'abandonnent, moi, la source d'eau vive, pour se creuser des citernes, des citernes fissurées qui ne retiennent pas l'eau.

Depuis toujours tu as brisé ton joug, rompu tes liens, en disant : "Je ne veux plus être esclave." Sur toute colline élevée, sous tout arbre vert, tu t'étales en prostituée. Moi, je t'avais plantée, vignoble de choix, tout entier en cépage franc. Comment as-tu dégénéré en vigne inconnue aux fruits infects ? Même si tu te laves avec de la soude et que tu emploies des flots de lessive, la crasse de ta perversion subsiste devant moi – oracle du Seigneur Dieu. Comment oses-tu dire : "Je ne suis pas souillée, je ne cours pas après les Baals" ? Vois ta conduite dans le vallon ; reconnais ce que tu fais.

Une chamelle légère qui entrecroise ses traces ! Une ânesse sauvage habituée à la steppe ! En chaleur, elle renifle le vent ; son rut, qui peut le refouler ? Tous ceux qui la cherchent n'ont pas à se fatiguer, ils la trouvent en son mois. Halte ! Sinon tu deviens une va-nu-pieds, et ton gosier va se dessécher. Mais tu dis : "Rien à faire ! Non ! Je raffole des étrangers et je veux courir après eux."

 

R/ Pitié pour moi, Seigneur,

Guéris-moi, car j'ai péché contre toi.

 

Ô mon peuple,

Je me rappelle l'affection de ta jeunesse,

L'élan de ton amour au jour des fiançailles.

 

Tu m'as abandonné, moi, la source d'eau vive,

Pour te creuser des citernes lézardées

Qui ne tiennent pas l'eau.

 

LE CHRIST, SOURCE DE VIE, PAR SAINT COLOMBAN

"Que celui qui a soif vienne à moi et qu'il boive"

Frères bien-aimés, prêtez l'oreille à mes paroles, comme à quelque chose que vous avez besoin d'entendre ; et si votre âme a soif de la source divine dont je désire maintenant vous parler, attisez cette soif et ne l'éteignez pas. Buvez, mais ne soyez pas rassasiés. Car la source vivante nous appelle et la fontaine de vie nous dit : Que celui qui a soif vienne à moi et qu'il boive. Boire quoi ? Comprenez-le. Que le prophète vous le dise, que la source elle-même vous le déclare : Ils m'ont abandonné, moi, la source de vie, dit le Seigneur. Le Seigneur lui-même. Jésus Christ, notre Dieu, est donc la source de vie, et c'est pourquoi il nous invite pour que nous le buvions. Le boit, celui qui l'aime ; le boit, celui qui se rassasie de la Parole de Dieu, qui l'aime et la désire assez vivement ; le boit, celui qui brûle d'amour pour la sagesse.

Voyez d'où jaillit cette source : elle vient du lieu d'où est descendu le Pain ; car le Pain et la source sont un : le Fils unique, notre Dieu, Jésus Christ le Seigneur, dont nous devons toujours avoir soif. Même si nous le mangeons et le dévorons par notre amour, notre désir nous donne encore soif de lui. Comme l'eau d'une source, buvons-le sans cesse avec un immense amour, buvons-le avec toute notre avidité, et délectons-nous de sa douce saveur. Car le Seigneur est doux et il est bon. Que nous le mangions ou que nous le buvions, nous aurons toujours faim et soif de lui, car il nous est une nourriture et une boisson à jamais inépuisables. Lorsqu'on le mange, il n'est pas consommé ; lorsqu'on le boit, il ne disparaît pas ; car notre Pain est éternel, et perpétuelle notre source, notre douce source. D'où ce mot du prophète : Vous qui avez soif ; allez à la source. Il est en effet la fontaine des assoiffés et non celle des satisfaits. Les assoiffés, qu'ailleurs il déclare bienheureux, il les invite : ceux qui n'en ont jamais assez de boire, mais qui ont d'autant plus soif qu'ils ont bu.

Frères, la source de la sagesse, la dans les cieux, désirons-la, cherchons-la, aimons-la sans cesse : en elles sont cachés, comme dit l'Apôtre, tous les trésors de la sagesse et de la science ; et elle invite ceux qui ont soif à venir y puiser. Si tu as soif, bois à la source de vie ; si tu as faim, mange le Pain de vie. Heureux ceux qui ont faim de ce Pain et soif de cette source ! Ils mangent et boivent sans cesse, et ils désirent encore boire et manger. Que c'est bon, ce qu'on peut manger ou boire toujours sans perdre ni soif ni appétit, ce que l'on peut continuellement goûter sans cesser de le désirer ! Le roi prophète le dit : Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur.

 

R/ Partout où passera le torrent,

Il fera naître la vie.

 

L'eau que je donnerai, dit Jésus,

Deviendra en vous source d'eau

Jaillissant en vie éternelle.

 

Si quelqu'un a soif, dit Jésus,

Qu'il vienne à moi et qu'il boive :

De lui couleront des fleuves d'eaux vives.

Oraison

Dieu qui peux mettre au cœur de tes fidèles un unique désir, donne à ton peuple d'aimer ce que tu commandes et d'attendre ce que tu promets ; pour qu'au milieu des changements de ce monde, nos cœurs s'établissent fermement là où se trouvent les vraies joies.


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