V/ Si vous gardez ma parole,
R/ Vous saurez que vous êtes mes disciples.
Premier livre des Martyrs d'Israël (1M 1, 1-25)
La victoire des Grecs
Dans un raccourci saisissant, sur lequel il ne reviendra plus, le livre nous présente les causes profondes de la persécution : Alexandre le Grand, ses conquêtes et sa mort prématurée ; la séduction de l'hellénisme qui tente une fraction importante du peuple juif ; les difficultés financières dues aux guerres d'Antiochus, cause d'un premier pillage du Temple, qui annonce et inaugure les maux à venir.
Après qu'Alexandre, fils de Philippe, Macédonien sorti du pays des Kettiim, eut battu Darius, roi des Perses et des Mèdes, et fut devenu roi à sa place, tout d'abord sur l'Hellade, il entreprit de nombreuses guerres, enleva maintes places fortes et mit à mort les rois de la région.
Il poussa jusqu'au bout du monde et prit les dépouilles d'une multitude de nations. La terre se tut devant lui. Son cœur s'exalta et s'enfla d'orgueil ; il rassembla une armée très puissante et soumit provinces, nations et dynastes, qui durent lui payer tribut. Après cela, il s'alita et comprit qu'il allait mourir. Il convoqua ses officiers nobles, ceux qui avaient été élevés avec lui depuis sa jeunesse et partagea entre eux son royaume avant de mourir. Alexandre avait régné douze ans quand il mourut. Ses officiers nobles prirent le pouvoir chacun dans son fief. Tous ceignirent le diadème après sa mort et leurs fils après eux durant de longues années. Ils multiplièrent les maux sur la terre.
Il sortit d'eux un rejeton impie : Antiochus Épiphane, fils du roi Antiochus, qui, après avoir été otage à Rome, devint roi en l'an cent trente-sept de la royauté des Grecs. En ces jours là, des vauriens surgirent d'Israël, et ils séduisirent beaucoup de gens en disant : "Allons, faisons alliance avec les nations qui nous entourent car, depuis que nous sommes séparés d'elles, bien des maux nous ont atteints." Ce discours leur plut, et plusieurs parmi le peuple s'empressèrent de se rendre auprès du roi qui leur donna l'autorisation d'observer les pratiques des nations, selon les usages de celles-ci. Ils bâtirent donc un gymnase à Jérusalem, ils se refirent le prépuce, firent défection à l'alliance sainte, pour s'associer aux païens et se vendirent pour faire le mal.
Quand il vit son règne affermi, Antiochus projeta de devenir roi d'Égypte afin de régner sur les deux royaumes. Entré en Égypte avec une armée imposante, avec des chars, des éléphants et une grande flotte, il engagea le combat contre Ptolémée, roi d'Égypte, qui battit en retraite devant lui et s'enfuit en laissant de nombreux blessés. Les villes fortes égyptiennes furent prises et Antiochus s'empara des dépouilles de l'Égypte. Ayant vaincu l'Égypte, il revint en l'an cent quarante-trois et il monta contre Israël et Jérusalem avec une armée imposante.
Entré dans le sanctuaire avec arrogance, il prit l'autel d'or, le candélabre de lumière et tous ses accessoires, la table d'oblation, les vases à libations, les coupes, les cassolettes d'or, le voile et les couronnes ; quant à la décoration d'or sur la façade du temple, il l'enleva en entier. Il prit aussi l'argent, l'or, les objets précieux, et fit main basse sur les trésors cachés qu'il trouva. Ayant tout pris, il s'en alla dans son pays. Il avait fait un carnage et avait proféré des paroles d'une extrême arrogance.
Il y eut grand deuil sur Israël partout dans le pays.
R/ Lève-toi, Seigneur, défends ta cause.
Seigneur, on a brûlé ton sanctuaire,
Profané la demeure de ton nom.
Dirige tes pas vers ces ruines sans fin,
L'ennemi dans le sanctuaire a tout saccagé.
Rappelle-toi, l'ennemi a profané ton nom,
N'oublie pas plus longtemps les malheurs des tiens.
ACTES DU II° CONCILE DU VATICAN L'Église dans le monde de ce temps.
La véritable paix.
La paix n'est pas simplement une absence de guerre, elle ne se réduit pas à l'établissement d'un équilibre entre forces adverses, elle ne provient pas d'une domination despotique, mais il est tout à fait exact et approprié de l'appeler l'œuvre de la justice. Elle est le fruit d'un ordre inscrit dans la société humaine par son divin Fondateur, ordre à réaliser par les hommes qui aspirent toujours à une justice plus parfaite. Il est vrai que le bien commun de l'humanité est dirigé, dans son plan fondamental, par la loi éternelle ; mais, dans ses exigences concrètes, ce bien commun, avec la marche du temps, est soumis à de perpétuels changements. La paix n'est donc jamais acquise une fois pour toutes : elle est sans cesse à construire. En outre, comme la volonté humaine est faillible et qu'elle est blessée par le péché, la réalisation de la paix exige que chacun sache toujours dominer ses passions et que l'autorité légitime demeure vigilante.
Mais cela ne suffit pas. Pour que la paix sur cette terre soit obtenue, il faut que le bien des personnes soit en sûreté ; il faut que les hommes se communiquent spontanément, dans la confiance, les richesses de leur esprit et de leur génie créateur. La ferme volonté de respecter les autres hommes et les autres peuples ainsi que leur dignité, la recherche effective de la fraternité sont absolument nécessaires pour la construction de la paix. C'est ainsi que la paix est encore le fruit de l'amour qui va bien plus loin que les avantages procurés par la justice.
La paix terrestre, qui naît de l'amour du prochain, est l'image et l'effet de la paix du Christ, laquelle découle de Dieu le Père. Car le Fils incarné en personne, Prince de la Paix, a réconcilié tous les hommes avec Dieu par sa croix. Il a rétabli l'unité de tous en un seul peuple et un seul corps. Dans sa propre chair, il a tué la haine et, une fois glorifié par sa résurrection, il a répandu l'Esprit d'amour dans le cœur des hommes.
C'est pourquoi tous les chrétiens sont appelés de façon pressante à vivre dans la vérité de l'amour pour s'unir aux hommes vraiment pacifiques afin d'implorer et de construire la paix.
Poussés par le même esprit, nous sommes tenus de louer ceux qui renoncent à l'action violente pour revendiquer leurs droits et qui recourent à des moyens de défense accessibles même aux plus faibles, pourvu que cela puisse se faire sans léser les droits et les obligations des autres ou de la communauté.
R/ Dirige nos cœurs, Seigneur,
Vers l'amour de Dieu et la constance du Christ.
Que la Parole du Seigneur
Accomplisse sa course
Et soit glorifiée.
Que le Seigneur de la paix
Vous donne lui-même la paix,
En tout temps, de toute manière.
Oraison 31
Dieu de puissance et de miséricorde, c'est ta grâce qui donne à tes fidèles de pouvoir dignement te servir ; aide-nous de progresser, sans que rien ne nous arrête, vers les biens que tu promets.
Premier livre des Martyrs d'Israël (1M 1, 41-64)
Antiochus le persécuteur
Pour la première fois de son histoire, Israël endure une persécution religieuse proprement dite. Si beaucoup d'apostats se manifestent, sans doute surtout chez les Juifs déjà séduits par l'hellénisme, beaucoup résisteront jusqu'au martyre. Trois siècles de vie en vase clos autour du Temple portent leurs fruits, en attendant qu'Israël retrouve son élan missionnaire et prenne le contre-offensive.
Le roi ordonna que, dans tout son royaume, tous ses peuples n'en forment qu'un et renoncent chacun à ses coutumes ; toutes les nations se conformèrent aux prescriptions du roi.
Beaucoup d'Israélites acquiescèrent volontiers à son culte, sacrifiant aux idoles et profanant le sabbat. Le roi envoya aussi à Jérusalem et aux villes de Juda des lettres par messagers, leur prescrivant de suivre des coutumes étrangères au pays, de bannir du sanctuaire holocaustes, sacrifices et libations, de profaner sabbats et fêtes, de souiller le sanctuaire et les choses saintes, d'élever autels, sanctuaires et temples d'idoles, de sacrifier des porcs et des animaux impurs, de laisser leurs fils incirconcis et de se rendre abominables par toutes sortes d'impuretés et de profanations, oubliant ainsi la Loi et altérant toutes les pratiques. Quiconque n'agira pas selon l'ordre du roi sera mis à mort. C'est en ces termes que le roi écrivit à tous ses sujets. Il créa des inspecteurs pour tout le peuple et ordonna aux villes de Juda d'offrir des sacrifices dans chaque ville. Beaucoup de gens du peuple – entendons tous ceux qui abandonnaient la Loi – ; se rallièrent à eux. Ils firent du mal dans le pays et contraignirent Israël à se cacher dans tous ses lieux de refuge.
Le quinzième jour de Kislew en l'an cent quarante-cinq, le roi construisit l'abomination de la dévastation sur l'autel des holocaustes, et dans les villes de Juda alentour on éleva des autels. Aux portes des maisons et sur les places, on brûlait de l'encens. Les livres de la Loi qu'ils trouvaient étaient déchirés, puis jetés au feu. S'ils parvenaient à découvrir chez quelqu'un un livre de l'Alliance, et si quelqu'un se conformait à la Loi, le décret du roi causait sa perte. Ils sévissaient chaque mois contre ceux d'Israël qui avaient été pris en infraction. Le vingt-cinq du mois, on sacrifiait sur l'autel dressé sur l'autel des holocaustes. Les femmes qui avaient circoncis leur enfant, étaient – conformément au décret – mises à mort, leurs nourrissons pendus au cou, ainsi que leurs proches et ceux qui avaient opéré la circoncision.
Toutefois, plusieurs en Israël restèrent fermes et eurent la force de ne pas manger de choses impures. Ils acceptèrent de mourir plutôt que de consommer des mets impurs et de profaner l'alliance sainte et ils moururent. Ce furent des jours de grande colère sur Israël.
R/ Ma part, et l'espoir de mon cœur,
C'est Dieu pour toujours.
Jusqu'à leur mort les impies ne manquent de rien,
Avec les autres ils ne sont point frappés.
Tous les gens de mon peuple
Courent derrière les infidèles,
Puisqu'il y pleut une abondance de biens.
Qui s'éloigne de toi périra, Seigneur,
Pour moi, j'ai mon refuge auprès de toi.
ACTES DU II° CONCILE DU VATICAN L'Église dans le monde de ce temps.
Changer les cœurs pour construire la paix
En matière de paix et de désarmement, les hommes doivent veiller à ne pas se limiter uniquement aux efforts de quelques-uns, en négligeant leur propre état d'esprit. Car les gouvernants qui sont les répondants du bien commun de leur propre nation, sont en même temps les promoteurs du bien de l'univers, sont très dépendants des opinions et sentiments de la foule. Il ne leur sert à rien de vouloir bâtir la paix aussi longtemps que des sentiments d'hostilité, de mépris et de défiance, des haines raciales et des partis pris idéologiques séparent les hommes et les dressent les uns contre les autres. Voilà pourquoi il s'impose avec urgence de rénover l'éducation des esprits et l'inspiration de l'opinion publique.
Ceux qui se consacrent à l'éducation, surtout auprès des jeunes, ou qui forment l'opinion publique, doivent considérer comme leur plus grave devoir celui d'inculquer à tous les esprits de nouveaux sentiments en faveur de la paix. Nous devons tous changer notre cœur, en considérant le monde entier ainsi que les tâches que nous pouvons entreprendre tous ensemble pour l'amélioration de notre humanité.
Mais ne nous laissons pas tromper par une espérance fallacieuse. Si les inimitiés et les haines n'ont pas été chassées, si l'on ne conclut pas pour l'avenir un pacte solide et loyal en faveur de la paix universelle, l'humanité qui se trouve déjà dans une situation critique, en dépit de la science admirable qu'elle possède, risque de parvenir à cette heure funeste où elle ne connaîtra plus une autre paix que la paix sinistre de la mort. Mais, tandis qu'elle parle ainsi, l'Église du Christ, plongée dans les angoisses de notre temps, n'abandonne pas une très ferme espérance. Elle veut présenter à notre époque, sans arrêt, à temps et à contretemps, le message de l'Apôtre : Voici maintenant le moment favorable pour la conversion des cœurs, voici maintenant le jour du salut.
Pour construire la paix, il est requis avant tout que l'on extirpe les causes de discordes entre les hommes car ce sont elles qui alimentent les guerres, à commencer par les injustices. Beaucoup de celles-ci proviennent d'excessives inégalités d'ordre économique, et du retard à y apporter les remèdes nécessaires. D'autres naissent de l'esprit de domination, du mépris des personnes et, si nous en recherchons les causes profondes, de l'envie, de la méfiance, de l'orgueil et des autres passions égoïstes. L'homme étant incapable de supporter de si nombreux désordres, il s'ensuit que, même sans que la guerre soit déchaînée, le monde est continuellement empoisonné de rivalités et de violences.
En outre, comme ces maux se retrouvent dans les relations internationales elles-mêmes, il est absolument nécessaire que, pour les dominer ou les prévenir, et pour maîtriser les violences incontrôlées, les institutions internationales développent et affermissent leur collaboration et leur coordination : il est nécessaire aussi que l'on provoque sans se lasser la création d'organismes promoteurs de paix.
R/ Donne la paix, Seigneur,
À ceux qui comptent sur toi.
Que la Parole du Seigneur
Accomplisse sa course
Et soit glorifiée.
Que le Seigneur de la paix
Vous donne lui-même la paix,
en tout temps, de toute manière.
Oraison
Dieu tout-puissant, force de ceux qui espèrent en toi, sois favorable à nos appels : puisque l'homme est fragile et que sans toi il ne peut rien, donne-nous toujours le secours de ta grâce ; ainsi nous pourrons, en observant tes commandements, vouloir et agir de manière à répondre à ton amour.
Premier livre des Martyrs d'Israël (1M 2, 1.15-28.42-50.65-70)
Révolte et mort de Mattathias
Alors que triomphe l'apostasie sous la pression physique et morale des agents du souverain, un prêtre d'Israël donne le signal de la résistance active. Les moyens en sont souvent peu évangéliques ; mais reste pour nous cette fierté du fidèle, convaincu que c'est à lui de donner l'exemple.
En ces jours-là, se leva Mattathias, fils de Jean, fils de Siméon, prêtre d'entre les fils de Ioarib ; il quitta Jérusalem pour s'établir à Modîn.
Les envoyés du roi, chargés d'imposer l'apostasie, vinrent à Modîn pour les sacrifices. Beaucoup d'Israélites vinrent à eux, mais Mattathias et ses fils restèrent tous ensemble à part. Les envoyés du roi prirent la parole et dirent à Mattathias : "Tu es chef illustre et grand dans cette ville, appuyé par des fils et des frères. Avance donc le premier pour accomplir ce qui a été décrété par le roi, comme l'ont fait toutes les nations, les hommes de Juda et ceux qui ont été laissés à Jérusalem. Tu seras, toi et tes fils, parmi les amis du roi, vous serez honorés de dons en argent et en or et de nombreux cadeaux." Mattathias répondit d'une voix forte : "Si toutes les nations de l'empire du roi l'écoutent, s'éloignant chacune du culte de ses pères et se conformant à ses ordonnances, moi, mes fils et mes frères, nous marcherons dans l'alliance de nos pères. Qu'il nous accorde la grâce de ne pas abandonner la Loi et les observances. Nous n'écouterons pas les ordres du roi pour dévier de notre culte à droite ou à gauche."
Comme il terminait ce discours, un Juif s'avança aux yeux de tous pour sacrifier sur l'autel de Modîn, selon l'ordre du roi. À sa vue, le zèle de Mattathias s'enflamma et ses reins frémirent ; une juste colère monta en lui, il courut et l'égorgea sur l'autel. Quant à l'homme du roi, qui obligeait à sacrifier, il le tua sur-le-champ, et renversa l'autel. Il fut embrasé de zèle pour la Loi comme l'avait été Pinhas envers Zimri, fils de Salou. Puis Mattathias se mit à crier d'une voix forte à travers la ville : "Que tous ceux qui ont le zèle de la Loi et qui soutiennent l'alliance me suivent." Lui-même et ses fils s'enfuirent dans les montagnes, abandonnant tout ce qu'ils possédaient dans la ville.
Alors se joignit à eux le groupe des Assidéens, hommes vaillants en Israël et tout ce qu'il y avait de dévoué à la Loi. Tous ceux qui voulaient échapper à ces maux vinrent augmenter leur nombre et leur force. Ils rassemblèrent une armée, frappèrent les pécheurs dans leur colère, et les impies dans leur fureur. Le reste se sauva chez les nations. Mattathias et ses amis firent une tournée pour renverser les autels et ils circoncirent de force les enfants incirconcis qu'ils trouvèrent sur le territoire d'Israël. Ils chassèrent les fils d'arrogance et l'entreprise réussit entre leurs mains. Ils arrachèrent la Loi de la main des nations et des rois et ne laissèrent pas l'avantage au pécheur.
Les jours de Mattathias approchaient de leur fin, et il dit à ses fils : "Voici maintenant le règne de l'arrogance et de l'outrage, le temps du bouleversement et l'explosion de la colère. À vous maintenant, mes enfants, d'avoir le zèle de la Loi, et de donner vos vies pour l'alliance de nos pères. Voici Siméon votre frère, je sais qu'il est de bon conseil, écoutez-le toujours, et il sera pour vous un père. Judas Maccabée, vaillant dès sa jeunesse, sera le chef de votre armée et mènera la guerre contre les peuples. Quant à vous, groupez autour de vous tous ceux qui observent la Loi et assurez la vengeance de votre peuple. Rendez aux païens le mal qu'ils vous ont fait et attachez-vous aux préceptes de la Loi." Puis il les bénit et fut réuni à ses pères. Il mourut en l'an cent quarante-six et fut enseveli dans le tombeau de famille à Modîn et tout Israël mena sur lui un grand deuil.
R/ Voici, je viens, Seigneur :
Tes ordres, je les suis.
Souvenez-vous des actions de nos pères,
Vous gagnerez gloire et immortalité.
Ayez le zèle de la Loi, mes enfants,
Et donnez vos vies pour l'alliance de vos pères ;
Soyez vaillants pour défendre la Loi,
C'est elle qui vous comblera de gloire.
ACTES DU II° CONCILE DU VATICAN
L'Église dans le monde de ce temps.
"Partage ton pain avec celui qui a faim".
Les chrétiens collaboreront de bon gré et de tout leur cœur à la construction de l'ordre international. Cela doit se faire dans le respect loyal des libertés légitimes et une amicale fraternité avec tous. On le fera d'autant plus que la majeure partie du globe souffre encore d'une telle indigence, que le Christ lui-même, dans la personne des pauvres, implore pour ainsi dire à haute voix la charité de ses disciples. On doit épargner aux hommes ce scandale tandis que certaines nations jouissent d'une grande abondance, et que la majorité de leurs citoyens arborent l'étiquette chrétienne, d'autres nations sont privées du nécessaire et tourmentées par la faim, la maladie et toutes sortes de misères. L'esprit de pauvreté et de charité est en effet la gloire et le signe distinctif de l'Église du Christ.
Il faut donc louer et aider ces chrétiens, en particulier les jeunes, qui s'offrent spontanément à porter leur assistance aux autres hommes et aux autres peuples. Et même, il revient à tout le peuple de Dieu, entraîné par la parole et l'exemple des évêques, de soulager, dans toute la mesure de ses forces, les misères de ce temps et cela, comme c'était l'antique usage de l'Église, en prenant non seulement sur le superflu, mais aussi sur le nécessaire.
Sans être réglée d'une manière rigide et uniforme, la manière de collecter et de distribuer les secours doit cependant être bien organisée dans les diocèses, dans les nations, et au plan mondial. Partout où cela semble opportun, l'action des catholiques s'associera à celle des autres frères chrétiens. En effet, l'esprit de charité ne doit pas empêcher l'exercice prévoyant et ordonné de l'action sociale et caritative, il l'exige plutôt. Il est donc nécessaire que les hommes qui veulent se consacrer au service des nations en voie de développement reçoivent une formation dans des instituts appropriés.
Pour encourager et stimuler la coopération entre les hommes, l'Église doit absolument être présente à la communauté des nations – et cela aussi bien par des organes officiels que par l'entière et loyale collaboration de tous les chrétiens, collaboration inspirée uniquement par le désir d'être au service de tous.
Ce résultat sera plus efficacement atteint, si les fidèles eux-mêmes, conscients de leur propre responsabilité humaine et chrétienne, s'efforcent déjà dans leur propre milieu de susciter le désir d'une généreuse coopération avec la communauté internationale. À cet égard, dans l'éducation religieuse comme dans l'éducation civique, on sera particulièrement attentif à la formation des jeunes.
Enfin, il faut souhaiter que les catholiques, pour bien remplir leur rôle dans la communauté internationale, recherchent une coopération active et positive soit avec les frères séparés qui professent la même charité évangélique, soit avec tous les hommes désireux d'une paix véritable.
R/ Voyez quel grand amour nous est donné !
Enfants de Dieu, nous le sommes,
Discernés par avance dans le Fils unique.
Au prix du sang qu'il a versé,
Jésus nous conduit vers le Père.
Nos yeux sont fixés sur la cité de fête
Ou nous verrons le visage de Dieu.
Au-delà de toute souffrance,
Une joie éternelle nous attend.
Oraison
Fais-nous vivre à tout moment, Seigneur, dans l'amour et le respect de ton saint nom, toi qui ne cesses jamais de guider ceux que tu enracines solidement dans ton amour.
Premier livre des Martyrs d'Israël (1M 3, 1-26)
Judas Maccabée
Au nom de l'Alliance, Judas Maccabée mène la guerre contre les apostats et leurs défenseurs naturels, les armées syriennes. Malgré l'infériorité de ses moyens, il ira de succès en succès, sa foi lui procurant l'énergie du désespoir, et Dieu répondant à sa prière.
Le fils de Mattathias, Judas, appelé Maccabée, se leva à sa place ; tous ses frères et tous les partisans de son père lui prêtèrent secours et combattirent pour Israël avec joie.
Il étendit le renom glorieux de son peuple, revêtit la cuirasse comme un géant, ceignit ses armes de guerre et engagea des combats, protégeant le camp de son glaive. Tel un lion en action, un lionceau rugissant vers sa proie, il pourchassait les impies qu'il dépistait, il livrait au feu les perturbateurs de son peuple. Les impies furent réduits par la crainte qu'il inspirait, tous les agents de l'impiété furent pris de panique et la libération dans sa main fut menée à bonne fin. Il rendit la vie amère à bien des rois, ses exploits réjouirent Jacob et son souvenir sera une louange éternelle. Il sillonna les villes de Juda et en extermina les impies. Il détourna d'Israël la colère, il fut renommé jusqu'aux extrémités de la terre et il rassembla ceux qui étaient perdus.
Apollonius mobilisa des païens et un fort contingent de Samarie pour combattre Israël. Judas en fut informé, sortit à sa rencontre, le battit et le tua. Beaucoup tombèrent blessés à mort et les survivants s'enfuirent. On ramassa leurs dépouilles, Judas s'empara de l'épée d'Apollonius et s'en servit tous les jours au combat. Séron, commandant de l'armée de Syrie, apprit que Judas avait regroupé autour de lui une troupe de gens de guerre et une assemblée de fidèles et il se dit : "Je me ferai un nom et je me couvrirai de gloire dans le royaume. Je combattrai Judas et ses hommes qui méprisent l'ordre du roi." Il partit donc à son tour et, avec lui, monta un fort contingent d'impies pour tirer vengeance des fils d'Israël. Il s'approcha de la montée de Béthoron et Judas sortit à sa rencontre avec une poignée d'hommes. À la vue de l'armée qui montait à leur rencontre, ils dirent à Judas : "Comment pourrons-nous, étant si peu nombreux, lutter contre une multitude si forte ? Nous sommes exténués et à jeun." Judas répondit : "Il arrive facilement qu'une multitude tombe aux mains d'un petit nombre, et il importe peu au Ciel d'opérer le salut au moyen de beaucoup ou de peu d'hommes. Car la victoire au combat ne tient pas à l'importance de l'armée, mais à la force qui vient du Ciel. Ceux-ci viennent contre nous, débordant d'orgueil et d'impiété, pour nous faire périr, nous, nos femmes, nos enfants, et nous dépouiller. Mais nous, nous combattons pour nos vies et pour nos lois et Lui les brisera devant nous. Quant à vous, ne les craignez donc pas."
Dès qu'il eut fini de parler, il se rua sur eux à l'improviste. Séron et son armée furent écrasés devant lui. Ils les poursuivirent dans la descente de Béthoron jusqu'à la plaine. Huit cents hommes environ tombèrent, et le reste s'enfuit au pays des Philistins. Judas et ses frères commencèrent à inspirer de la crainte et à faire trembler les nations alentour. Son renom parvint jusqu'au roi et chaque nation commentait les batailles de Judas.
R/ C'est du ciel que vient la force !
Ma grâce te suffit, dit le Seigneur,
Car ma puissance se déploie dans la faiblesse.
Je me vanterai surtout de mes faiblesses,
Afin que repose sur moi la puissance du Christ.
La folie de Dieu est plus sage que les hommes,
Et la faiblesse de Dieu, plus forte que les hommes.
CATÉCHÈSE BAPTISMALE DE SAINT CYRILLE DE JÉRUSALEM
La foi et les charismes.
Le nom de "foi" est unique, mais il désigne deux réalités distinctes. Le premier genre de foi est celui qui se rapporte aux dogmes ; il implique l'adhésion de l'âme à un objet. Il est utile à l'âme selon la parole du Seigneur : Celui qui écoute ma parole et croit en Celui qui m'a envoyé possède la vie éternelle et il ne vient pas au jugement. Et encore : Celui qui croit au Fils échappe au jugement, car il est passé de la mort à la vie.
Qu'il est grand, l'amour de Dieu pour les hommes ! Les justes de l'ancienne Loi ont mis de nombreuses années à devenir agréables à Dieu. Or, ce qu'ils ont obtenu par de longues années de sérieux labeur, voici que Jésus Christ t'en gratifie en un moment ! En effet, si tu crois que Jésus Christ est Seigneur et que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé et transporté dans le paradis par celui qui y fait entrer le malfaiteur. Ne doute pas que cela soit possible, car celui qui a sauvé, sur le saint Golgotha, le malfaiteur qui avait cru en un moment, celui-là même te sauvera quand tu auras cru.
Il y a un deuxième genre de foi : celui qui nous est donné par le Christ à titre purement gracieux. À celui-ci est donné, grâce à l'Esprit, le langage de la sagesse de Dieu à un autre, toujours grâce à l'Esprit, le langage de la connaissance de Dieu – ou autre reçoit, dans l'Esprit, le don de la foi , un autre encore, des pouvoirs de guérison.
Cette foi qui est conférée par l'Esprit à titre gracieux n'est pas seulement dogmatique ; elle réalise ce qui est au-delà des forces humaines. Celui qui possède une telle foi, dira à cette montagne : Passe d'ici là-bas, et elle y passera. Quand quelqu'un dira même cela avec foi, croyant que cela se fera, sans hésiter dans son cœur, alors il recevra la grâce du miracle.
C'est au sujet de cette foi qu'il est dit : Si vous avez de la foi gros comme un grain de moutarde. En effet un grain de moutarde est tout petit, mais brûlant d'énergie ; semé dans un étroit espace, il étend de grands rameaux si bien, qu'après avoir grandit, il peut même offrir de l'ombre aux oiseaux. De même la foi, dans une âme, accomplit les plus grandes choses en un petit moment. L'âme en effet, quand elle est éclairée par la foi, se représente Dieu et le contemple autant qu'elle en est capable. Elle embrasse les limites de l'univers et, avant la fin des temps, elle voit déjà le jugement et l'accomplissement des promesses.
Toi qui possède cette foi qui dépend de Dieu et qui te porte vers lui, demande lui, alors tu recevras de lui cette foi qui agit au-delà des forces humaines.
R/ Ressuscités avec le Christ,
Cherchons les choses d'en haut.
Vous qui êtes baptisés dans le Christ,
Vous avez revêtu le Christ.
Revêtez l'homme nouveau, créé selon Dieu,
Dans la justice et la sainteté de la vérité.
Oraison
Tu as voulu, Seigneur, qu'en recevant ta grâce nous devenions des fils de lumière ; ne permets pas que l'erreur nous plonge dans la nuit, mais accorde-nous d'être toujours rayonnants de ta vérité.