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31 jeudi

 

Premier livre des Martyrs d'Israël (1M 4, 36-59)

Le Temple purifié et consacré

Fortifié par ses premiers succès, Judas rétablit le culte interrompu depuis la persécution. La joie éclate dans ce récit d'une journée qui fut pour les Juifs fidèles la fin d'une épreuve inconnue depuis l'exil de Babylone. Bien des combats devront encore être menés jusqu'à la paix religieuse, mais le culte de Dieu ne connaîtra plus d'interruption jusqu'au Christ.

Judas et ses frères dirent alors : "Voici, nos ennemis sont écrasés, montons purifier le sanctuaire et faire la dédicace." Toute l'armée se rassembla et ils montèrent au mont Sion. Ils virent le sanctuaire déserté, l'autel profané, les portes consumées ; dans les parvis, la végétation avait poussé comme dans un bois ou sur une montagne, et les salles étaient détruites. Ils déchirèrent leurs vêtements, menèrent grand deuil et répandirent de la cendre sur leur tête. Ils tombèrent la face contre terre et, au signal donné par la trompette, ils poussèrent des cris vers le ciel.

Judas donna l'ordre à certains de ses hommes de combattre ceux qui étaient dans la Citadelle, jusqu'à ce qu'il eût purifié le sanctuaire, puis il choisit des prêtres sans souillure et zélés pour la Loi, qui purifièrent le sanctuaire et reléguèrent en un lieu impur les pierres de souillure. On se demanda ce qu'on devait faire de l'autel des holocaustes, qui avait été profané, et on eut la bonne idée de le démolir, de peur qu'il ne devienne pour eux un objet de honte, puisque les païens l'avaient souillé. Ils le démolirent et déposèrent les pierres sur la montagne de la Demeure, en un lieu convenable, en attendant la venue d'un prophète qui se prononcerait à leur sujet. Selon la Loi, ils prirent des pierres non taillées et bâtirent un autel nouveau sur le modèle du précédent. Ils restaurèrent le sanctuaire et l'intérieur de la Demeure, ils sanctifièrent aussi les cours. Ayant fabriqué de nouveaux ustensiles sacrés, ils introduisirent dans le Temple le chandelier, l'autel des parfums et la table. Ils firent fumer l'encens sur l'autel, allumèrent les lampes du chandelier, qui brillèrent dans le Temple. Ils déposèrent les pains sur la table, tendirent les rideaux et achevèrent tous les travaux entrepris.

Le vingt-cinq du neuvième mois, nommé Kislew, en l'an cent quarante-huit, ils se levèrent de bon matin et ils offrirent, conformément à la Loi, un sacrifice sur le nouvel autel des holocaustes qu'ils avaient édifié. L'autel fut inauguré avec des cantiques, au son des cithares, des lyres et des cymbales, à la même époque de l'année et le même jour que les païens l'avaient profané. Tout le peuple tomba la face contre terre pour adorer, puis il fit monter la louange vers le Ciel qui l'avait conduit au succès. Ils célébrèrent la dédicace de l'autel pendant huit jours et ils offrirent des holocaustes avec une grande joie, ainsi que des sacrifices de communion et d'action de grâce. Ils ornèrent la façade du Temple de couronnes d'or et d'écussons et ils remirent à neuf les entrées ainsi que les salles, qu'ils munirent de portes. Une grande joie régna parmi le peuple, et la honte infligée par les païens fut effacée. Judas, ses frères et toute l'assemblée d'Israël décidèrent que les jours de la dédicace de l'autel seraient célébrés en leur temps, chaque année pendant huit jours, à partir du vingt-cinq Kislew, avec joie et gaieté.

 

R/ Nous sommes le Temple de Dieu,

Habités par son Esprit.

 

Si quelqu'un détruit le Temple de Dieu,

Dieu le détruira, car son Temple est saint ;

Et ce temple, c'est vous.

 

Jésus chassa tous les marchands du temple :

Ne faites pas de la maison de mon Père,

Un repère de voleurs.

 

Détruisez ce sanctuaire, disait Jésus,

En trois jours je le relèverai.

Il parlait du temple de son corps.

 

CATÉCHÈSE BAPTISMALE DE SAINT CYRILLE DE JÉRUSALEM

La transmission du Symbole.

Qu'il s'agisse d'étudier la foi ou de la confesser, acquiers et retiens seulement celle qui t'est transmise à présent par l'Église, celle qui a toutes les Écritures pour remparts. Or, tous ne peuvent lire les Écritures ; les uns à cause de leur ignorance, les autres parce que leurs occupations les éloignent de la connaissance. Pour que cette ignorance n'entraîne pas la perte de l'âme, nous renfermons dans un petit nombre de versets toute la doctrine de la foi.

Il faut que vous reteniez cette foi comme un viatique pendant toute votre vie et n'en acceptiez aucune autre. Même pas, si nous-mêmes, ayant changé, venions à dire le contraire de ce que nous enseignons maintenant ; même si encore, un autre venait, transfiguré en ange de lumière, tentait de vous égarer. Si quelqu'un, même nous, même un ange du ciel, vient annoncer un Évangile différent de celui que vous avez reçu maintenant, qu'il soit pour vous un maudit.

La foi dont tu viens maintenant d'entendre le texte, garde-la dans ta mémoire. Reçois aussi, quand le moment sera venu, sur chacun de ses articles, le témoignage des divines Écritures. Car ce n'est pas le caprice des hommes qui a composé ce résumé de la foi ; on a choisi les points les plus importants, à travers toute l'Écriture, pour récapituler l'ensemble de la foi. Et de même que la semence de moutarde renferme dans une petite graine de nombreux rameaux, de même ce symbole de la foi, en peu de mots, enveloppe toute la science de la piété contenue dans l'Ancien et le Nouveau Testament.

Faites donc attention, mes frères, gardez l'enseignement qui vous est transmis maintenant, et gravez-le sur les tables de vos cœurs.

Veillez religieusement à ce que l'ennemi ne vienne vous dépouiller dans un moment de négligence, à ce qu'un hérétique ne déforme pas une des vérités qui vous ont été transmises. Car la foi est comparable à de l'argent que l'on doit mettre à la banque, comme nous venons de le faire (en vous transmettant le symbole). Dieu vous demandera compte de ce qu'on vous a confié. Comme dit l'Apôtre : Je vous en adjure, devant Dieu, qui donne la vie à toutes choses, et devant Jésus Christ qui a rendu témoignage devant Ponce Pilate dans une belle profession de foi : gardez sans tache cette foi qui vous a été transmise, jusqu'à la manifestation de notre Seigneur Jésus Christ.

Un trésor de vie vient de t'être livré. Le Maître réclamera le dépôt qui lui appartient, au temps de sa manifestation que fera paraître aux temps fixés le bienheureux et Unique Souverain, le Roi des rois et Seigneur des Seigneurs, le seul qui possède l'immortalité, qui habite une lumière inaccessible, que nul homme n'a vu ni ne peut voir. À lui, gloire, honneur et puissance pour les siècles des siècles. Amen.

 

R/ Le juste par la foi vivra.

 

Approchons-nous de Dieu avec un cœur droit,

Dans la plénitude de la foi.

 

Ne soyons pas des hommes à faire défection,

Mais des hommes de foi

Pour le salut de notre âme.

 

Qui persévère jusqu'à la fin,

Celui-là sera sauvé.

 

Oraison

Dieu qui as relevé le monde par les abaissements de ton Fils, donne à tes fidèles une joie sainte : tu les as tirés de l'esclavage du péché ; fais-leur connaître le bonheur impérissable.


31 vendredi

 

Deuxième livre des Martyrs d'Israël (2M 12, 32-45)

Prière pour les morts

À la suite d'une bataille, les Juifs tués au combat sont trouvés violateurs de la Loi. Un sacrifice est offert pour eux afin qu'ils ne perdent pas par leur faute la récompense promise aux Juifs fidèles. L'espérance en la résurrection, nouvelle alors, soutient d'un bout à l'autre la constance des martyrs et le courage des combattants. Et la prière pour les morts, supposant la nécessité d'une purification dernière, fait ici sa première apparition.

Après la fête dite de la Pentecôte, les juifs marchèrent contre Gorgias, stratège de l'Idumée. Gorgias sortit à la tête de trois mille fantassins et quatre cents cavaliers. Dans la bataille rangée qui s'engageait, il arriva qu'un petit nombre de Juifs tombèrent. Un certain Dosithée, du corps des Toubiens, vaillant cavalier, s'était déjà rendu maître de la personne de Gorgias et, l'ayant saisi par la chlamyde, il l'entraînait de force avec l'intention de capturer vivant ce maudit, mais un cavalier thrace, fonçant sur Dosithée, lui trancha l'épaule, et Gorgias s'échappa et s'enfuit à Marisa. Quant aux soldats d'Esdrias, ils combattaient depuis longtemps et tombaient d'épuisement : Judas supplia le Seigneur de se montrer leur allié et leur guide dans la guerre, il entonna dans la langue paternelle le cri de guerre avec des hymnes et mit en déroute les gens de Gorgias.

Ayant rallié son armée, Judas la conduisit à la ville d'Odollam ; mais le septième jour de la semaine survenant, ils se purifièrent selon la coutume et célébrèrent le sabbat en ce lieu. Le lendemain, on vint trouver Judas – au temps où la nécessité s'en imposait – pour relever les corps de ceux qui étaient tombés et les inhumer avec leurs proches dans le tombeau de leurs pères. Or ils trouvèrent sous la tunique de chacun des morts des objets consacrés aux idoles de Jamnia, que la Loi interdit aux Juifs. Il fut ainsi évident pour tous que c'était là la raison pour laquelle ces soldats étaient tombés. Tous donc, bénissant la conduite du Seigneur, juge équitable qui rend manifestes les choses cachées, se mirent en prière en demandant que la faute commise fût entièrement effacée, et le valeureux Judas exhorta la troupe à se garder pure de tout péché, ayant sous les yeux ce qui était arrivé à cause de la faute de ceux qui étaient tombés peu avant. Ayant fait une collecte par tête, il envoya jusqu'à deux mille drachmes à Jérusalem, afin qu'on offrît un sacrifice pour le péché, agissant fort bien et noblement dans la pensée de la résurrection. Si, en effet, il n'avait pas espéré que les soldats tombés ressusciteraient, il eût été superflu et sot de prier pour des morts ; s'il envisageait qu'une très belle récompense est réservée à ceux qui s'endorment dans la piété, c'était là une pensée sainte et pieuse : voilà pourquoi il fit faire pour les morts ce sacrifice expiatoire, afin qu'ils fussent absous de leur péché.

 

R/ Grâce et bonheur

À ceux qui s'endorment dans la foi.

 

Pour les morts est offert le sacrifice d'expiation,

Afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés.

 

Le Christ est mort, puis ressuscité,

Pour être le Seigneur des morts et des vivants.

 

HOMÉLIE DE SAINT GRÉGOIRE DE NAZIANZE POUR LA MORT DE SON FRÈRE CÉSAIRE

Misère et grandeur de l'homme.

Qu'est-ce que l'homme, pour que tu te souviennes de lui ?

Quel est, autour de moi, ce nouveau mystère ? Je suis petit et grand, humble et élevé, mortel et immortel, terrestre et céleste. Il faut que je sois enseveli avec le Christ, que je ressuscite avec le Christ, que j'hérite avec lui, que je devienne fils de Dieu et Dieu même.

Voilà ce que nous indique ce grand mystère, celui d'un Dieu, qui s'est fait homme et pauvre pour nous. C'est pour relever la chair, sauver son image, remodeler l'homme afin que tous nous devenions un seul être dans le Christ, qu'en nous tous il est devenu parfaitement tout ce qu'il est lui-même. Ainsi n'y a-t-il plus chez nous l'homme et la femme, il n'y a plus ni barbare ni sauvage, ni esclave ni homme libre, car ce sont là des distinctions qui viennent de la chair. Nous portons seulement en nous l'empreinte de Dieu par qui et pour qui nous sommes crées. Cette empreinte nous a formés et marqués de telle sorte qu'elle seule permet de nous reconnaître.

Si nous pouvions être ce que nous espérons, selon la grande bonté de ce Dieu généreux en bienfaits. Il demande peu pour accorder beaucoup, maintenant et dans l'avenir, à ceux qui l'aiment sincèrement ; ceux qui supportent tout, endurent tout, parce qu'ils l'aiment et espèrent en lui ; qui rendent grâce pour tout ce qui nous arrive, que ce soit favorable ou funeste (car là aussi la parole de Dieu voit souvent des armes de salut). Ceux-là enfin confient à Dieu nos âmes et celles de nos compagnons qui nous ont quittés les premiers, comme dans un voyage commun certains sont plus rapides.

Maître et auteur de toutes choses, et particulièrement de cette créature-ci, Dieu des hommes qui sont à toi, Père et Seigneur de la vie et de la mort ! Protecteur et bienfaiteur de nos âmes. Toi qui, par l'activité de ton Verbe nous sauve et transformes toutes choses selon les profonds desseins de ta sagesse et de ta providence, prémices de notre départ pour la patrie, nous aussi, accueille-nous, au moment favorable, après avoir dirigé notre existence charnelle aussi longtemps qu'il était utile. Accueille-nous quand nous te craindrons, de façon à être préparés et non pas bouleversés. Au dernier jour, que nous partions non pas en nous faisant traîner hors d'ici par force, à la manière des âmes attachées au monde et à la chair, mais en nous élançant avec ardeur vers cette vie immortelle et bienheureuse qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur, à qui appartient la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

 

R/ Grâce et bonheur

À ceux qui s'endorment dans la foi.

 

Pour les morts est offert le sacrifice d'expiation,

Afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés.

 

Le Christ est mort, puis ressuscité,

Pour être le Seigneur des morts et des vivants.

 

Oraison

Dieu qui montres aux égarés la lumière de ta vérité pour qu'ils puissent reprendre le bon chemin ; donne à tous ceux qui se déclarent chrétiens de rejeter ce qui est indigne de ce nom, et de rechercher ce qui lui fait honneur.


31 samedi

 

Premier livre des Martyrs d'Israël (1M 9, 1-22)

Mort de Judas au combat

Pur héros d'une lutte pour la fidélité à l'Alliance, Judas reste un exemple jusque dans le courage de sa mort. Comme bien d'autres témoins de Dieu, sa vie se termine par un échec, mais la fécondité de son sacrifice se manifestera après sa mort.

Démétrius, ayant appris que Nikanor avait succombé avec son armée dans la bataille, envoya de nouveau au pays de Juda Bakkhidès et Alkime avec l'aile droite de l'armée. Ceux-ci prirent le chemin de la Galilée, ils assiégèrent Mésaloth dans le territoire d'Arbèles, ils s'en emparèrent et y tuèrent un grand nombre d'hommes. Le premier mois de l'an cent cinquante-deux, ils dressèrent le camp devant Jérusalem. Puis ils partirent et se dirigèrent vers Béerzeth avec vingt mille fantassins et deux mille cavaliers. Quant à Judas, il avait établi son camp à Élasa, ayant avec lui trois mille guerriers d'élite. À la vue du grand nombre de forces ennemies, ils furent pris de frayeur, beaucoup désertèrent, et il ne resta plus que huit cents hommes. Judas vit que son armée s'était évanouie alors que le combat le pressait : il eut le cœur brisé parce qu'il n'avait plus le temps de rassembler les siens. Désemparé, il dit à ceux qui étaient restés : "Debout ! Montons contre nos adversaires, au cas où nous pourrions les combattre." Eux l'en dissuadaient en disant : "Pour l'instant nous ne pouvons rien, sinon sauver nos vies. Nous reviendrons avec nos frères pour reprendre la lutte ; pour nous, nous sommes trop peu nombreux." Judas répliqua : "Il ne sera pas dit que j'ai choisi la fuite. Si notre heure est arrivée, mourons bravement pour nos frères et ne laissons pas ternir notre gloire."

L'armée ennemie sortit du camp et leur fit face. Leur cavalerie était partagée en deux corps, les frondeurs et les archers marchaient en avant de l'armée, ainsi que la troupe de choc – tous les braves – ; Bakkhidès étant à l'aile droite. La phalange s'avança des deux côtés au son des trompettes. Les hommes de Judas sonnèrent eux aussi des trompettes et la terre fut ébranlée par le vacarme des armées ; le combat s'engagea au matin et se prolongea jusqu'au soir. Judas vit que Bakkhidès et le fort de l'armée se tenaient sur la droite. Autour de Judas se groupèrent tous ceux qui étaient enflammés de courage. Ils culbutèrent l'aile droite et la poursuivirent jusqu'aux monts Azara. Voyant la déroute de l'aile droite, ceux de l'aile gauche se rabattirent sur les pas de Judas et des siens et ils le talonnèrent. Le combat devint acharné et il y eut beaucoup de victimes de part et d'autre. Judas succomba lui aussi et les autres s'enfuirent. Jonathan et Simon enlevèrent leur frère Judas et l'ensevelirent dans le tombeau de ses pères à Modîn. Tout Israël le pleura et mena sur lui un grand deuil ; ils se lamentèrent pendant plusieurs jours : Comment est-il tombé, le héros qui sauvait Israël ? Le reste des actions de Judas, de ses combats, des exploits qu'il accomplit, de ses titres de gloire, n'a pas été écrit, il y en avait trop.

 

R/ En tes mains, je remets mon esprit,

C'est toi qui me rachètes, Seigneur.

 

Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur,

Leurs œuvres les accompagnent.

 

Celui qui est entré dans la joie de Dieu

Se repose, comme Dieu, de ses œuvres.

 

HOMÉLIE DE SAINT AMBROISE SUR LE BIEN DE LA MORT

"Si nous sommes passés par la mort avec le Christ,

nous croyons que nous serons aussi ressuscités avec lui"

L'Apôtre dit : le monde est crucifié pour moi. Et moi pour le monde. Puis, pour nous apprendre qu'il y a une mort dans cette vie, et une mort qui est bonne, il nous exhorte à porter la mort de Jésus dans notre corps ; car celui qui a en lui la mort de Jésus aura aussi la vie de Jésus dans son corps.

Que la mort agisse donc en nous, pour que la vie aussi y agisse. Cette vie-là est bonne après la mort. Oui, elle est bonne après la victoire, elle est bonne quand le combat est terminé, si bien que la loi de la chair ne pourra plus combattre la loi de l'esprit ; alors il n'y aura plus en nous la contradiction apportée par ce corps de mort, mais il y aura dans ce corps de mort la victoire. Et je me demande moi-même si cette mort-là n'aurait pas plus de force que la vie. Mais oui, je suis poussé par l'autorité de l'Apôtre, qui dit : La mort est à l'œuvre en nous, mais la vie en vous. La mort d'un seul a engendré la vie de combien de peuples ! C'est pourquoi saint Paul enseigne, que ceux qui vivent ici-bas doivent désirer cette mort-là, pour que la mort du Christ transparaisse dans notre corps. Cette mort-là, c'est la mort bienheureuse par laquelle l'homme extérieur tombe en ruines, pour que l'homme intérieur se renouvelle, et notre demeure terrestre se détruit pour que notre habitation céleste nous soit ouverte.

Il imite donc la mort, celui qui s'éloigne des relations de la chair et se débarrasse de ces liens dont le Seigneur te dit par le prophète Isaïe : Défais tous les liens injustes, délie les obligations nées de contrats imposés, libère les opprimés et détruis toutes les fraudes iniques.

Le Seigneur a souffert d'être affronté à la mort, afin de faire disparaître la faute. Mais pour que la nature ne trouve pas son achèvement dans la mort, la résurrection des morts a été accordée. C'est ainsi que, la mort mettant fin à la faute, la résurrection ferait subsister la nature.

Aussi cette mort est-elle un passage pour tous les hommes. Il faut que tu passes constamment : passage de la corruption à l'incorruption, de la mortalité à l'immortalité, des agitations à la tranquillité. Ne sois pas heurté par le nom de la mort, mais réjouis-toi pour les bienfaits d'un heureux passage. Qu'est-ce que la mort, sinon l'ensevelissement des vices, le surgissement des vertus ? C'est pourquoi il est dit : Que mon âme meure parmi les âmes des justes, c'est-à-dire : qu'elle soit ensevelie pour enterrer ses vices, et qu'elle obtienne la grâce des justes qui portent la mort du Christ dans leur corps et dans leur âme.

 

R/ Tout homme qui croit en Jésus Christ

Aura la vie éternelle.

 

Je n'ai rien voulu savoir parmi vous,

Sinon Jésus Christ et Jésus Christ crucifié.

 

Nous avons cru, nous aussi, au Christ Jésus,

Afin d'être justifiés par la foi au Christ.

 

Oraison

Sois favorable à tes fidèles, Seigneur, et multiplie les dons de ta grâce : entretiens en eux la foi, l'espérance et la charité, pour qu'ils soient toujours attentifs à garder tes commandements.


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