V/ Ma chair a refleuri, alléluia,
R/ De tour cœur, je rends grâce, alléluia.
Livre de l'Apocalypse (Ap 18, 21-24 ; 19, 1-10)
Les noces de l'Agneau
Comme l'envers et l'endroit d'une même réalité, voici le tableau de la ruine des puissants, et du triomphe de tous ceux qui ont été immolés sur la terre.
Un ange puissant saisit une pierre comme une lourde meule et la précipita dans la mer en disant : Avec la même violence sera précipitée Babylone, la grande cité. On ne la retrouvera plus. Et le chant des joueurs de harpe et des musiciens, des joueurs de flûte et de trompette, on ne l'entendra plus chez toi. Aucun artisan d'aucun art ne se trouvera plus chez toi. Et le bruit de la meule, on ne l'entendra plus chez toi. La lumière de la lampe ne luira plus chez toi. La voix du jeune époux et de sa compagne, on ne l'entendra plus chez toi, parce que tes marchands étaient les grands de la terre, parce que tes sortilèges ont séduit toutes les nations et que chez toi on a trouvé le sang des prophètes, des saints et de tous ceux qui ont été immolés sur la terre.
Ensuite j'entendis comme la grande rumeur d'une foule immense qui, dans le ciel, disait : Alléluia ! Le salut, la gloire et la puissance sont à notre Dieu. Car ses jugements sont pleins de vérité et de justice. Il a jugé la grande prostituée qui corrompait la terre de sa prostitution, et il a vengé sur elle le sang de ses serviteurs. Et de nouveau ils dirent : Alléluia ! Et sa fumée s'élève aux siècles des siècles. Les vingt-quatre anciens et les quatre animaux se prosternèrent, ils adorèrent le Dieu qui siège sur le trône et dirent : Amen. Alléluia !
Alors sortit du trône une voix qui disait : Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands ! Et j'entendis comme la rumeur d'une foule immense, comme la rumeur des océans, et comme le grondement de puissants tonnerres. Ils disaient : Alléluia ! Car le Seigneur, notre Dieu tout-puissant, a manifesté son Règne. Réjouissons-nous, soyons dans l'allégresse et rendons-lui gloire, car voici les noces de l'agneau. Son épouse s'est préparée, il lui a été donné de se vêtir d'un lin resplendissant et pur, car le lin, ce sont les œuvres justes des saints.
Un ange me dit : Écris ! Heureux ceux qui sont invités au festin des noces de l'agneau ! Puis il me dit : Ce sont les paroles mêmes de Dieu. Alors je me prosternai à ses pieds pour l'adorer, mais il me dit : Garde-toi de le faire ! Je suis un compagnon de service, pour toi et pour tes frères qui gardent le témoignage de Jésus. C'est Dieu que tu dois adorer, car le témoignage de Jésus, c'est l'esprit de la prophétie.
R/ Alléluia, alléluia !
Le salut, la puissance,
La gloire à notre Dieu !
Ils sont justes, ils sont vrais,
Ses jugements.
Célébrez notre Dieu,
Serviteurs du Seigneur,
Vous tous qui le craignez,
Les petits et les grands.
Il règne, le Seigneur,
Notre Dieu tout-puissant,
Exultons, crions de joie,
Et rendons-lui la gloire !
Car elles sont venues,
Les Noces de l'Agneau,
Et pour lui son épouse
A revêtu sa parure.
HOMELIE DE SAINT MAXIME DE TURIN POUR LA PÂQUE
Le jour qui n'a pas de nuit.
Par la résurrection du Christ, les enfers s'ouvrent, par les nouveaux membres de l'Église, la terre est renouvelée, et le ciel est ouvert par le Saint-Esprit. Car les enfers en s'ouvrant laissent sortir les morts, la terre renouvelée fait germer ceux qui ressuscitent, le ciel ouvert accueille ceux qui y montent.
Enfin le malfaiteur monte au paradis, les corps des saints entrent dans la Cité sainte, les morts reviennent à la vie à la résurrection du Christ, tous les éléments sont comme transfigurés.
Les enfers font remonter ceux qu'ils détenaient, la terre envoie au ciel ceux qu'elle avait ensevelis, le ciel présente au Seigneur ceux qu'il accueille ; par une seule et même action la passion du Sauveur fait remonter des abîmes, élève au-dessus de la terre, fait trouver place dans les hauteurs.
Car la résurrection du Christ est vie pour les morts, pardon pour les pécheurs, gloire pour les saints. Le saint Prophète invite toutes les créatures à fêter la résurrection du Christ, car il dit qu'il faut exulter et se réjouir en ce jour que le Seigneur a fait.
La lumière du Christ est un jour qui n'a pas de nuit, un jour qui n'a pas de fin. Que le Christ soit lui-même ce jour, l'Apôtre nous le dit : La nuit est partie, le jour est arrivé. La nuit est partie, dit-il, donc elle ne viendra plus ; comprenez-le : lorsque survient la lumière du Christ, elle dissipe les ténèbres du démon, et elle n'est pas suivie par la nuit du péché ; elle chasse par sa splendeur permanente l'obscurité présente, elle arrête la progression sournoise du péché.
C'est le Fils en personne qui est le jour, car le Père qui est aussi le jour lui dévoile son mystère. Je dis bien : il est le jour, lui qui a dit par la bouche de Salomon : J'ai fait se lever dans le ciel la lumière sans déclin.
De même que la nuit ne succède jamais à ce jour céleste, de même les ténèbres du péché ne succèdent pas à la justice du Christ. C'est pour toujours que la lumière céleste resplendit, éclaire et brille, et aucune obscurité ne peut l'emprisonner. De même, c'est pour toujours que la lumière du Christ étincelle, rayonne, illumine, et ne peut être arrêtée par aucune obscurité des péchés, ce qui fait dire à saint Jean : La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée.
Donc, mes frères, nous devons tous exulter en ce saint jour. Que personne ne se soustraie à la joie commune parce qu'il a conscience de ses péchés, que personne ne soit écarté des prières communes par le fardeau de ses fautes ! En un tel jour, même le pécheur ne doit pas désespérer du pardon ; c'est en effet un grand privilège. Si un malfaiteur a obtenu le paradis, pourquoi le chrétien n'obtiendrait-il pas le pardon ?
Créatures nouvelles dans le Christ,
Goûtez son pardon et sa paix :
Plus heureux que l'Apôtre Thomas
Qui toucha les plaies de Jésus,
Sans le voir, vous le croyez vivant
Lorsque vous confessez dans l'Esprit Saint :
R/ Tu es mon Seigneur et mon Dieu !
Alléluia ! Alléluia !
C'est moi le Seigneur ton Dieu,
Qui t'ai fait monter de la terre d'Égypte.
Je t'ai nourri de la farine du froment
Et rassasié avec le miel du rocher.
Oraison
Dieu qui as envoyé ton Fils pour nous sauver et pour faire de nous tes enfants d'adoption, regarde avec bonté ceux que tu aimes comme un père ; puisque nous croyons au Christ, accorde-nous la vraie liberté et la vie éternelle.
V/ Mon cœur et ma chair sont un cri, alléluia,
R/ Vers le Dieu vivant, alléluia.
Livre de l'Apocalypse (Ap 19, 11-21)
La victoire du Messie
La description du cavalier céleste s'inspire de plusieurs prophètes qui permettent de mieux préciser son identité.
Je vis le ciel ouvert : C'était un cheval blanc, celui qui le monte se nomme Fidèle et Véritable. Il juge et il combat avec justice. Ses yeux sont une flamme ardente ; sur sa tête, de nombreux diadèmes, et, inscrit sur lui, est un nom qu'il est seul à connaître. Il est revêtu d'un manteau trempé de sang, et il se nomme : la Parole de Dieu. Les armées du ciel le suivaient sur des chevaux blancs, vêtues d'un lin blanc et pur. De sa bouche sort un glaive acéré pour en frapper les nations. Il les mènera paître avec une verge de fer, il foulera la cuve où bouillonne le vin de la colère du Dieu tout-puissant. Sur son manteau et sur sa cuisse il porte un nom écrit : Roi des rois et Seigneur des seigneurs.
Alors je vis un ange debout dans le soleil. Il cria d'une voix forte à tous les oiseaux qui volaient au zénith : Venez, rassemblez-vous pour le grand festin de Dieu, pour manger la chair des rois, la chair des chefs, la chair des puissants, la chair des chevaux et de ceux qui les montent, la chair de tous les hommes, libres et esclaves, petits et grands. Et je vis la bête, les rois de la terre et leurs armées, rassemblés pour combattre le cavalier et son armée. La bête fut capturée, et avec elle le faux prophète qui, par les prodiges opérés devant elle, avait séduit ceux qui avaient reçu la marque de la bête et adoré son image. Tous deux furent jetés vivants dans l'étang de feu embrasé de soufre. Les autres périrent par le glaive qui sortait de la bouche du cavalier, et tous les oiseaux se rassasièrent de leurs chairs.
R/ Alléluia ! Rédemption éternelle par son sang,
Jésus, splendeur du Père !
Je suis la lumière du monde.
Celui qui croit en moi
Ne demeure pas dans les ténèbres.
Nul ne vient à moi
Si mon Père ne l'attire,
Mais sans moi nul ne vient au Père !
HOMÉLIE PASCALE DE SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE
Le Premier-né de la création nouvelle.
Maintenant le règne de la vie est venu, le pouvoir de la mort a été détruit. Il est survenu une autre naissance, une vie différente, un nouveau genre de vie, une transformation de notre nature elle-même. Quelle naissance ? Celle qui est l'œuvre non de la chair et du sang, ni d'une volonté charnelle, ni d'une volonté d'homme : mais la naissance qui vient de Dieu.
Comment cela ? Je vais le montrer clairement par mon exposé. Cet enfant est porté dans le sein de la foi ; il est amené à la lumière par la nouvelle naissance du baptême ; sa nourrice, c'est l'Église qui l'allaite par son enseignement ; sa nourriture, c'est le pain venu du ciel ; son arrivée à l'âge adulte, c'est une conduite parfaite ; son mariage, c'est son union avec la sagesse ; sa postérité, c'est l'espérance ; sa maison, c'est le Royaume ; son patrimoine et ses richesses, ce sont les délices du paradis ; sa fin n'est pas la mort, mais la vie éternelle dans la béatitude préparée pour ceux qui en sont dignes.
Voici le jour que le Seigneur a fait, différent des jours apparus au commencement de la création, qui sont mesurés par le temps. Celui-ci est le commencement d'une autre création : Dieu fait, en ce jour, un ciel nouveau et une terre nouvelle, comme dit le Prophète. Quel est ce ciel ? Le firmament, l'édifice solide de la foi au Christ. Quelle est cette terre ? Le cœur excellent, comme dit le Seigneur, c'est la terre qui boit la pluie tombée sur elle, et qui donne une riche moisson. Dans cette création, le soleil, c'est la vie pure ; les astres sont les vertus ; l'air, c'est une conduite limpide ; la mer, c'est la profondeur des richesses de la sagesse et de la connaissance ; la verdure et les bourgeons, c'est la bonne doctrine et les enseignements divins dont se nourrit le troupeau du pâturage, c'est-à-dire le peuple de Dieu ; les arbres portant du fruit, c'est la pratique des commandements.
En ce jour est créé l'homme véritable, celui qui est fait à l'image et à la ressemblance de Dieu. Ce jour que le Seigneur a fait, tu vois de quel monde il est le principe. Le prophète dit que ce n'est pas un jour comme les autres jours, ni une nuit comme les autres nuits.
Mais nous n'avons pas encore parlé de ce qu'il y a de plus extraordinaire dans le don que ce jour nous apporte. C'est qu'il a détruit les affres de la mort. C'est qu'il a mis au monde le premier-né d'entre les morts.
Je monte, dit-il, vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. Quelle belle et bonne nouvelle ! Celui qui, pour nous, est devenu comme nous, a voulu, par suite de son unité de nature avec nous, faire de nous ses frères. C'est pourquoi il fait monter sa propre humanité auprès du Père véritable afin d'attirer par lui tous ceux de sa race.
Libre tu t'éveilles.
Premier-né d'entre les morts.
De ton cœur naît l'Église
À l'image de Dieu,
Car toi seul tu baptises
Dans l'Esprit et le feu.
R/ Libre, je m'éveille,
Renaissant d'entre les morts.
Comme une biche languit
Après l'eau vive,
Ainsi mon âme languit
Vers toi, mon Dieu.
Mon âme a soif de Dieu
Le Dieu vivant :
Quand pourrai-je m'avancer,
Paraître face à Dieu ?
Oraison
Dieu qui peux mettre au cœur de tes fidèles un unique désir, donne à ton peuple d'aimer ce que tu commandes et d'attendre ce que tu promets ; pour qu'au milieu des changements de ce monde, nos cœurs s'établissent fermement là où se trouvent les vraies joies.
V/ Ressuscité des morts, le Christ ne meurt plus, alléluia.
R/ Sur lui, la mort n'a plus aucun pouvoir, alléluia.
Livre de l'Apocalypse (Ap 20, 1-15)
Victoire finale et jugement
À la fin des temps, le Mal sera vaincu, les morts ressusciteront et notre monde laissera place à un univers nouveau.
Je vis un ange qui descendait du ciel. Il avait à la main la clé de l'abîme et une lourde chaîne. Il s'empara du dragon, l'antique serpent, qui est le diable et Satan, et l'enchaîna pour mille ans. Il le précipita dans l'abîme, qu'il ferma et scella sur lui, pour qu'il ne séduise plus les nations jusqu'à l'accomplissement des mille ans. Il faut, après cela, qu'il soit relâché pour un peu de temps.
Et je vis des trônes. À ceux qui vinrent y siéger, il fut donné d'exercer le jugement. Je vis aussi les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et de la parole de Dieu, et ceux qui n'avaient pas adoré la bête ni son image et n'avaient pas reçu la marque sur le front ni sur la main. Ils revinrent à la vie et régnèrent avec le Christ pendant mille ans. Les autres morts ne revinrent pas à la vie avant l'accomplissement des mille ans.
C'est la première résurrection. Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection. Sur eux la seconde mort n'a pas d'emprise : ils seront prêtres de Dieu et du Christ, et régneront avec lui pendant les mille ans. Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relâché de sa prison, et il s'en ira séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog. Il les rassemblera pour le combat : leur nombre est comme le sable de la mer. Ils envahirent toute l'étendue de la terre et investirent le camp des saints et la cité bien-aimée. Mais un feu descendit du ciel et les dévora. Et le diable, leur séducteur, fut précipité dans l'étang de feu et de soufre, auprès de la bête et du faux prophète. Et ils souffriront des tourments jour et nuit aux siècles des siècles.
Alors je vis un grand trône blanc et celui qui y siégeait : devant sa face la terre et le ciel s'enfuirent sans laisser de traces. Et je vis les morts, les grands et les petits, debout devant le trône, et des livres furent ouverts. Un autre livre fut ouvert : le livre de vie, et les morts furent jugés selon leurs œuvres, d'après ce qui était écrit dans les livres. La mer rendit ses morts, la mort et l'Hadès rendirent leurs morts, et chacun fut jugé selon ses œuvres. Alors la mort et l'Hadès furent précipités dans l'étang de feu. L'étang de feu, voilà la seconde mort ! Et quiconque ne fut pas trouvé inscrit dans le livre de vie fut précipité dans l'étang de feu.
R/ Christ a vaincu la mort,
Chantons sa gloire, alléluia !
Montant sur la hauteur, il a capturé des captifs,
Reçu des hommes en tribut !
Béni soit le Seigneur de jour en jour !
Il prend charge de nous, Dieu notre Sauveur !
Le Dieu que nous avons est le Dieu des victoires,
Et les portes de la mort sont à Dieu, le Seigneur.
COMMENTAIRE DE SAINT CYRILLE D'ALEXANDRIE SUR L'ÉVANGILE DE JEAN
"Je suis la vigne, vous êtes les sarments"
Le Seigneur dit qu'il est lui-même la vigne, pour nous apprendre à nous attacher à son amour et nous montrer combien d'avantages nous retirons de notre union avec lui. Et il compare aux sarments ceux qui lui sont unis, ajustés en quelque sorte et fixés en lui : ceux-là sont déjà participants de sa nature du fait qu'ils ont reçu le Saint-Esprit en partage. Car ce qui nous unit au Christ Sauveur, c'est son Esprit Saint.
L'union avec la vigne de ceux qui se joignent à elle vient de leur libre choix ; mais de la part de la vigne à notre égard, cela vient de sa nature. C'est en vertu d'un bon choix que nous, nous avançons par la foi, et nous devenons de sa race parce que nous avons reçu de lui la dignité de fils adoptifs. En effet, selon saint Paul, celui qui s'unit au Seigneur ne fait plus qu'un esprit avec lui.
En d'autres endroits de l'Écriture, par la voix du Prophète, le Christ est appelé base et fondement. En effet, c'est sur lui que nous sommes bâtis, et nous sommes appelés pierres vivantes et spirituelles, en vue d'un sacerdoce saint, pour devenir une habitation de Dieu dans l'Esprit, et nous ne pouvons pas entrer dans cet édifice si nous n'avons pas le Christ comme fondation. C'est dans le même sens que Jésus dit ici qu'il est la vigne qui engendre et nourrit les sarments.
En effet, nous avons reçu la nouvelle naissance de lui et en lui, dans l'Esprit, en vue de porter des fruits de vie ; non pas de la vie ancienne et dépassée, mais de la vie renouvelée par la foi et l'amour envers lui. Maintenons-nous dans cet état, greffés en quelque sorte sur le Christ, attachés coûte que coûte au commandement sacré qui nous a été donné. Évertuons-nous à conserver les avantages de notre noblesse, c'est-à-dire à ne laisser aucunement contrister le Saint-Esprit qui a fait son habitation en nous, et par qui l'on sait que Dieu demeure en nous.
Comment nous sommes dans le Christ, et lui en nous, le sage saint Jean nous l'a montré par cette parole : Nous reconnaissons qu'il demeure en nous, et nous en lui, parce qu'il nous a donné son Esprit.
De même que la souche de la vigne fournit et distribue aux sarments la qualité naturelle qui lui est propre et qui est en elle, c'est ainsi que le Verbe, Fils unique de Dieu le Père, introduit chez les saints une sorte de parenté avec sa nature en leur donnant l'Esprit, surtout à ceux qui lui sont unis par la foi et par une parfaite sainteté. Il les nourrit et fait progresser leur piété, il développe en eux la science de toute vertu et de toute bonté.
Si tu savais le don de Dieu,
Si tu croyais celui qui te parle,
Tu connaîtrais le Père en esprit et en vérité.
Laisse les puits de Samarie
Et viens boire l'eau vive du Rocher :
Jésus Christ.
R/ Seigneur, donne-moi cette eau,
Que je n'aie plus jamais soif !
En toi est la source de vie,
Par ta lumière nous voyons la lumière.
Garde ton amour à ceux qui t'ont connu,
La justice à tous les cœurs droits.
Oraison
Dieu qui nous recrées pour la vie éternelle dans la résurrection du Christ, fortifie la foi et l'espérance de ton peuple : ne laisse pas le doute entamer notre confiance en la promesse que toi-même nous as faite.
V/ Dieu qui a ressuscité le Seigneur, alléluia.
R/ Nous ressuscitera aussi par sa puissance, alléluia.
Livre de l'Apocalypse (Ap 21, 1-8)
Cieux nouveaux, Terre nouvelle !
La cité sainte, Jérusalem, désigne l'Église dans sa réalité glorieuse, rassemblement du peuple consacré. Elle descend du ciel, car c'est une communauté fondée et animée par Dieu.
Je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre ont disparu et la mer n'est plus. Et la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, je la vis qui descendait du ciel, d'auprès de Dieu, comme une épouse qui s'est parée pour son époux. Et j'entendis, venant du trône, une voix forte qui disait : Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il demeurera avec eux. Ils seront ses peuples et lui sera le Dieu qui est avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux, la mort ne sera plus. Il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance, car le monde ancien a disparu.
Et celui qui siège sur le trône dit : Voici, je fais toutes choses nouvelles. Puis il dit : Écris : Ces paroles sont certaines et véridiques. Et il me dit : C'en est fait. Je suis l'Alpha et l'Oméga, le commencement et la fin. À celui qui a soif, je donnerai de la source d'eau vive, gratuitement. Le vainqueur recevra cet héritage, et je serai son Dieu, et lui sera mon fils. Quant aux lâches, aux infidèles, aux dépravés, aux meurtriers, aux impudiques, aux magiciens, aux idolâtres et à tous les menteurs, leur part se trouve dans l'étang embrasé de feu et de soufre : c'est la seconde mort.
R/ Voici la demeure de Dieu parmi les hommes, alléluia.
Dieu lui-même est avec eux, alléluia !
Je vis la nouvelle Jérusalem descendre du ciel,
Belle comme une épouse parée pour son époux.
J'entendis une voix crier :
Ils seront son peuple et lui sera leur Dieu !
Plus de mort ni de pleur, plus de cri ni de peine,
L'ancien monde s'en est allé !
LETTRE À DIOGNÈTE
Les chrétiens dans le monde.
Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les coutumes. Car ils n'habitent pas de villes qui leur soient propres ; ils n'emploient pas quelque dialecte extraordinaire, leur genre de vie n'a rien de singulier. Leur doctrine n'a pas été découverte par l'imagination ou par les rêveries d'esprits inquiets ; ils ne se font pas, comme tant d'autres, les champions d'une doctrine d'origine humaine.
Ils habitent les cités grecques et les cités barbares suivant le destin de chacun ; ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et le reste de l'existence, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur manière de vivre. Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés. Ils s'acquittent de tous leurs devoirs de citoyens, et supportent toutes les charges comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie, et toute patrie leur est une terre étrangère. Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants, mais ils n'abandonnent pas leurs nouveau-nés. Ils prennent place à une table commune, mais qui n'est pas une table ordinaire.
Ils sont dans la chair, mais ils ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies, et leur manière de vivre est plus parfaite que les lois. Ils aiment tout le monde, et tout le monde les persécute. On ne les connaît pas, mais on les condamne ; on les tue et c'est ainsi qu'ils trouvent la vie. Ils sont pauvres et font beaucoup de riches. Ils manquent de tout et ils ont tout en abondance. On les méprise et, dans ce mépris, ils trouvent leur gloire. On les calomnie, et ils y trouvent leur justification. On les insulte, et ils bénissent. On les outrage, et ils honorent. Alors qu'ils font le bien, on les punit comme des malfaiteurs. Tandis qu'on les châtie, ils se réjouissent comme s'ils naissaient à la vie. Les Juifs leur font la guerre comme à des étrangers, et les Grecs les persécutent ; ceux qui les détestent ne peuvent pas dire la cause de leur hostilité.
En un mot, ce que l'âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde. L'âme est répandue dans tous les membres du corps comme les chrétiens dans les cités du monde. L'âme habite dans le corps, et pourtant elle n'appartient pas au corps, comme les chrétiens habitent dans le monde, mais n'appartiennent pas au monde. L'âme invisible est retenue prisonnière dans le corps visible ; ainsi les chrétiens : on les voit vivre dans le monde, mais le culte qu'ils rendent à Dieu demeure invisible. La chair déteste l'âme et lui fait la guerre, sans que celle-ci lui ait fait de tort, mais parce qu'elle l'empêche de jouir des plaisirs ; de même le monde déteste les chrétiens, sans que ceux-ci lui aient fait de tort, mais parce qu'ils s'opposent à ses plaisirs.
L’âme aime cette chair qui la déteste, ainsi que ses membres, comme les chrétiens aiment ceux qui les détestent. L'âme est enfermée dans le corps, mais c'est elle qui maintient le corps ; et les chrétiens sont comme détenus dans la prison du monde, mais c'est eux qui maintiennent le monde. L'âme immortelle campe dans une tente mortelle : ainsi les chrétiens campent-ils dans le monde corruptible, en attendant l'incorruptibilité du ciel. L'âme devient meilleure en se mortifiant par la faim et la soif ; et les chrétiens, persécutés, se multiplient de jour en jour. Le poste que Dieu leur a fixé est si beau qu'il ne leur est pas permis de le déserter.
Hommes nouveaux
Baptisés dans le Christ, alléluia !
Vous avez revêtu le Christ, alléluia !
Héritiers avec lui d'un Royaume de lumière,
Vous possédez la liberté des fils de Dieu
Pour annoncer au monde :
R/ Nous sommes au Christ,
Et le Christ est à Dieu, alléluia, alléluia !
Venez, voyez les gestes de Dieu,
Redoutable en hauts faits pour les hommes.
Il changea la mer en terre ferme,
On passa le fleuve à pied sec.
Oraison
Dieu qui aimes l'innocence et la fais recouvrer, oriente vers toi le cœur de tes fidèles : tu les as libérés des ténèbres de l'incroyance, fais qu'ils n'abandonnent jamais la lumière de ta vérité.