Ressources Catholiques Missel Romain

d. Apparition aux Apôtres.

Mc 16.14. — Parall. Lc 14.36-43 ; Jn 20.19-25.

Enfin il apparut aux onze, tandis qu’ils étaient à table ; et il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur coeur, parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui avaient vu qu’il était ressuscité.
Novissime recumbentibus illis undecim apparuit : et exprobravit incredulitatem eorum et duritiam cordis : quia iis, qui viderant eum resurrexisse, non crediderunt.
'Yστερον άνακειμένοις αύτοι̃ς τοι̃ς ένδεκα έφανερώθη καὶ ώνείδισεν τὴν άπιστίαν αύτω̃ν καὶ σκληροκαρδίαν ότι τοι̃ς θεασαμένοις αύτὸν έγηγερμένον ούκ έπίστευσαν

16.14. — Il y a une gradation manifeste dans les trois apparitions de Jésus dont saint Marc a conservé le souvenir : le Sauveur se montre d’abord à une femme, puis à deux disciples, puis aux onze Apôtres. — Novissime n’est pas une traduction exacte, car, dans le texte grec, il n’y a point ύστατον, mais ύστερον, « postea ». Cet adverbe n’introduit donc pas nécessairement la dernière de toutes les manifestations du Christ ressuscité, c’est-à-dire celle qui eut lieu le jour de l’Ascension, comme l’ont pensé saint Augustin[591], saint Grégoire-le-Grand[592] et le Vén. Bède, h. l. Nous croyons, avec la plupart des exégètes, qu'il s’agit encore du jour de la Résurrection et de l’apparition faite en présence des Apôtres dans le Cénacle, à la manière racontée par saint Luc et par saint Jean. — Recumbentibus illis undecim, άνακειμένοις αύτοι̃ς τοι̃ς ένδεκα. Le pronom « illis » est emphatique, de même que αύτοι̃ς du texte grec. Les Onze, ou plus exactement les Dix, puisque saint Thomas était absent, Jn 20.24 et ss., étaient donc à table quand Jésus se montra subitement à eux. Cf. Lc 24.41 et ss.Apparuit. Dans le texte original, έφανερώθη, comme au V. 12. — Exprobravit incredulitatem… Le verbe ώνείδισε est très expressif et désigne de sérieux reproches, qui étaient d’ailleurs justement mérités. Cf. les VV. 41 et 43. Saint Marc, en signalant ainsi à plusieurs reprises l’incrédulité des Apôtres par rapport au grand fait de la Résurrection au Sauveur, confirme énergiquement la réalité de ce fait. « Son récit prouve que les témoins du miracle n'élaient pas des enthousiastes qui crurent aussitôt ce qu’ils désiraient être vrai[593] ». « Après ce verset, on lisait autrefois dans certains exemplaires, surtout dans les grecs, ces paroles : Mais ils lui répondirent. Ce siècle est formé d’iniquité et d'incrédulité, qui nous empêche, par le moyen des esprits impurs, de parvenir à la vraie vertu de Dieu. C'est pourquoi, commencez enfin à découvrir votre justice. On voit aisément que ces paroles sont une addition tirée de quelques livres apocryphes, et venue originairement des Montanistes, ou de quelques autres hérétiques qui admettaient dans le monde un mauvais principe, cause nécessaire du mal[594] ». Cf. saint Jérôme[595].



[581] Pseudo-Hieron., h. l.

[582] Comp. Johann Jahn, Archæologio biblica, § 207 ; Samuel Burder, Oriental Customs, n° 1046.

[583] Saint Augustin d’Hippone, De Consensu Evangelistarum, l. iii, c. 24

[584] Georg Benedikt Winer, Grammatik des neutestamentlichen Sprachidioms, p. 392.

[585] Saint Ambroise de Milan, de Virginibus.

[586] Saint Anselme de Cantorbéry, Lib. VI de Excell. Virgin.

[587] Saint Bonaventure, Meditationes Vitae Christi.

[588] Frederic Charles Cook, Holy Bible, N. T., t. I, p. 297.

[589] Ernest Renan, Les Apôtres, p. 13.

[590] Henry Alford, The New Testament for English readers, t. I, p. 288.

[591] saint Augustin d’Hippone, De Consensu Evangelistarum, l. VII, c. xxv.

[592] Saint Grégoire-le-Grand, Homilia in Evang. xxix.

[593] Brooke Foss Westcott, Introduction to the study of the Gospel, 5e éd. p. 334.

[594] Dom Augustin Calmet, Commentaire littéral sur saint Marc, p. 162.

[595] Jérôme de Stridon, Contra Pelagianos, ii, 6.